C'est une exclusivité des Echos, jeudi 4 septembre : dans une interview, le président de la commission des finances de l'Assemblée, Didier Migaud (PS), annonce « près de 7 milliards de moins-values fiscales en 2008 ». Aidés par l'AFP, une vingtaine de médias reprennent vite ce propos au titre accrocheur. Sauf qu'une interview quasi-identique était parue la veille dans Le Dauphiné Libéré !
Les questions sont proches, les réponses aussi, et le titre est presque le même, comme le note Agoravox. Alors, plagiat ? Oui, mais « involontaire ». C'est ce que plaide Guillaume Delacroix, le journaliste des Echos qui a signé de son nom l'« interview » de Didier Migaud :
« J'ai demandé une interview de Didier Migaud, mais son collaborateur parlementaire m'a répondu qu'il n'était pas disponible. Je lui ai donc demandé un argumentaire, qu'il m'a envoyé. »
L'argumentaire en question était en fait l'interview envoyée par la journaliste du Dauphiné Libéré, Stéphène Jourdain, au collaborateur de Migaud, pour validation. Le collaborateur en question confirme avoir transmis le texte tel quel parce qu'il l'a « fait dans l'urgence ». « C'est la première fois que je fais ça », jure-t-il.
Comparés au texte envoyé par Stéphène Jourdain, les « propos recueillis par Guillaume Delacroix » sont sensiblement similaires, à part quelques changements de conjonctions et de ponctuation. Même les questions sont semblables. La version publiée dans Le Dauphiné est légèrement différente, car raccourcie par la rédaction du quotidien grenoblois. Guillaume Delacroix assure avoir signé cette « interview » de son nom, car il a « posé les questions » :
« Je suis sidéré par la proximité des questions. Je les ai posées, je n'ai pas fait de copier-coller. On est très embêtés ici, car on s'est tous faits rouler dans la farine par le collaborateur parlementaire de Didier Migaud. »
Augustin Scalbert


























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De pablico
18H36 | 09/09/2008 |
faire du journalisme de guerre, c'est risqué. C'est sur.
Mais je ne savais pas que faire du journalisme politique l'était aussi. Ce n'est pas mortel me direz-vous, juste roulé dans la farine, mais la fierté doit en prendre un sacré coup.
à pablico
De I.P
Flat4 | 18H54 | 09/09/2008 |
Faire du journa-quoi ?
Je me demande si ce genre de journalistes relit les réponses qu'il reçoit, je suis certain qu'un « poil au nez » placé au milieu d'une phrase finirait imprimé et diffusé.
De Sexus Empiricus
19H40 | 09/09/2008 |
S'agit-il d'un effet larcin (le plagiat implique la propriété) ou d'un effet Larsen ? Et dans ce cas, l'effet est-il voulu ?
Après tout, les lecteurs d'un journal qui s'appelle « Les Echos » s'attendent bien à trouver ce qu'ils sont venus y chercher : de la répétition, - « à part quelques changements de conjonctions et de ponctuation ».
De compte supprimé14
19H47 | 09/09/2008 |
Le « Dieu » AFP auquel les journalistes se soumettent avec bonheur, faute de temps !
Sarkozy (pardon, Albanel) veut remettre l'AFP dans les clous, en voulant lui imposer de publier intégralement tous les communiqués de presse des partis et syndicats. Les agences de relations publiques et autres officines de communication se frottent les mains. Joli paysage de la presse de demain ! Je sais, la gangrène a commencé depuis longtemps.
PS : vous avez lu le papier de Backchich info sur les Echos etles résultats de Carrefour ?
De jlou
medecin | 09H00 | 10/09/2008 |
Une chose m'étonne : selon vous, c'est donc l'attaché de presse qui est responsable de ce pataques. Or, à mon avis, il n'a fait que son travail en cherchant à faire parler de son patron. Ce qui est choquant, en revanche, c'est l'attitude d'un journaliste qui signe sans se poser de question un texte dont il n'est pas l'auteur. L'indulgence de cette article doit-elle nous laisser craindre qu'il s'agit d'une pratique courante et admise dans les médias ?
Par ailleurs, il aurait été judicieux de mettre les liens pour permettre à chacun de juger : les deux papiers sont en ligne et avec les signatures « d'origine ». En voyant à quel point ils se ressemblent, on comprend d'ailleurs mieux que le journaliste des Echos soit « sidéré »… lol comme dirait mon fils…
http://www.lesechos.fr/info/france/4767941.htm
http://www.ledauphine.com/finances-publiques
à jlou
De Augustin Scalbert
Rue89 | 09H10 | 10/09/2008 |
Mais les liens sont là, respectivement à la 2e ligne (pour Les Echos) et à la 5e ligne (pour Le Dauphiné) de l'article.
Je ne vois pas pourquoi vous dites que mon article est « indulgent ». Parler de cette histoire, expliquer comment elle a pu arriver, revient à dénoncer cette pratique, non ?
De jlou
medecin | 14H43 | 10/09/2008 |
Merci de votre réponse.
De quelle pratique parlez vous ? De celle consistant, pour un attaché de presse, à faire du « buzz » de son employeur ? Personnellement, cela ne me choque pas : c'est son métier. Qu'il oublie de préciser au passage qu'il s'agissait, en l'occurrence, d'un article déjà paru dans un autre journal est un manque incontestable de délicatesse… En revanche, qu'un journaliste signe un texte transmis par un attaché de presse, sans se poser de question me paraît choquant et inquiétant. QUel crédibilité peut-on accorder aux médias ? Déjà qu'il est bien difficile, par les temps qui courent, de faire la différence entre information et communication… Voilà pourquoi je serais quant à moi plus « indulgent » avec l'attaché de presse qu'avec le journaliste (et encore plus quand j'apprends sur le site d'Acrimed qu'il intente un procès pour plagiat à un inspecteur du travail… ; -)
POur les liens, autant pour moi, je ne les avais pas vu : je vous promets de mieux régler le contraste de mon écran pour lire Rue 89 !
à jlou
De caroo
16H21 | 10/09/2008 |
faudrait pas non plus confondre totalement attaché de presse et attaché parlementaire … quoi que parfois…