sur le terrain

Echasses urbaines : un sport monté sur ressorts

VaniPod en salto avant, à Nancy (Vincent Raton/www.fox39.fr).

De la simple ballade au freestyle, la pratique des échasses urbaines devient un sport à part entière. À Nancy, l'association Easyriser organisait samedi une journée d'initiation et de démonstration.

J'ai donc essayé ces trucs aux allures de prothèses médicales, montées sur des ressorts en en fibre de verre. Quatre kilos sur chaque jambe, ça pèse. Le surnommé VaniPod, membre de l'association Easyriser Nancy, m'énonce les trois règles d'or : « regarder droit devant, lever les genoux et écarter les jambes. »

Mes premières enjambées sont hésitantes, cinq minutes passent, avant de pouvoir marcher seule (à ma grande surprise). Agréable sensation d'apesanteur. Sautiller est vite éprouvant pour les mollets. Mais bien d'autres muscles travaillent. Selon les données de Poweriser, l'un des deux fabricants de matériel en France, « 98% des muscles sont utilisés », et surtout « les abdominaux, les cuisses, le fessier, le haut du corps ». Sans pouvoir confirmer scientifiquement ces chiffres, je peux juste affirmer que j'ai des courbatures des pieds à la tête.

Inspiré de l'handisport

Le concept d'échasses urbaines vient de l'allemand Alexander Bock. Inspiré par le handisport, il a déposé le brevet en 2003. En France, les premiers produits ont été commercialisés en 2006. Si le terme « échasses urbaines » reste le plus compréhensible, d'autres noms sont utilisés, comme « booking », « poweriser », « powerbocking », ou encore « flyjumper », souvent des appellations commerciales.

Easyriser Nancy est née le 4 août 2008, et compte une dizaine d'adhérents. C'est le troisième club de pratiquants d'échasses urbaines en France, avec Rise-up à Bry sur Marne et Skyppy à Bordeaux. Le nom Easyriser regroupe deux entités différentes : un site de revente de matériel, et l'association de loi 1901, destiné à promouvoir ce sport.

A terme, leur volonté est « d'avoir un gymnase, donner des cours, mais aussi développer la culture urbaine. A Nancy on est spécialisés dans le street (figures exécutées dans la rue, ndlr) », explique Patrick Closset. Des aficionados de Strasbourg, Reims et Lyon ont fait le déplacement ce week-end pour venir s'exercer.

Marches, murets, barrières : la ville est le terrain idéal. Les bonds peuvent attendre deux mètres de haut et les pas trois mètres de long. La vitesse maximale serait de 40 km/h. Les plus confirmés font des saltos, mais ils se comptent en France sur les doigts d'une main. VaniPod en fait partie. Petite démonstration lors d'un passage à Paris : (Voir la vidéo)


Des tarifs élevés

Les avantages des échasses sont nombreux (tout le monde peut s'y mettre facilement, sur presque tous les terrains, et sans dégrader le milieu urbain), mais un défaut subsiste : les tarifs. Avec environ 1500 adeptes en France et seulement deux fabricants, les prix sont très élevés. Chez Poweriser, la paire d'échasses coûte 419€ pour les adultes et 239€ pour les enfants, contre respectivement 269€ et 219€ chez son concurrent Powerstrider.

Seule une multiplication du nombre de passionnés pourrait engendrer une démocratisation de ce sport, et donc faire baisser les prix. Pour l'heure, aucune pratique en club, mais la Fédération française d'échasses urbaines (FFEU) est en cours de création. En attente de l'agrément du ministère de la jeunesse et des sports, elle compte bientôt licencier les pratiquants et organiser les premières compétitions dès l'année prochaine.

Réalisation et montage de la vidéo : Guillaume Pagnard, lespetitsfilms.com

3 commentaires sélectionnés

Portrait de N.MARECHAL

De N.MARECHAL

12H49 | 09/09/2008 | Permalien

A lyon, avez-vous des copains que l'on puisse contacter pour essayer.

C'est géant ce machin là est génial. Une solution extra pour le déplacement urbain.

Que du plus, Bravo.

Portrait de Amsterman

De Amsterman

Riser de l'Est | 13H33 | 09/09/2008 | Permalien

Et si vous êtes en Alsace, près de Strasbourg par exemple, n'hésitez pas à me contacter pour essayer ces engins. (ou VaniPod, qui transmettra…)

Portrait de VaniPod

De VaniPod

Jumper fou | 13H36 | 09/09/2008 | Permalien

Protection de roller, genoux poignet et casque. Coude pour ceux qui veulent la total ; -)

Pour ce qui est du corps, à part la chute qui évidement peut faire mal, ce n'est pas tromatisant pour le corps, loin de la. Le rebonds est agréable et fait travailler quasiment tout le corps !

En fait, d'aprés les chiffres officiels, comme c'est dit dans l'article courir avec ce genre d'engin demande 5 fois plus d'énergie que sans. Donc, 10 minutes de course en poweriser correspondent à 50 » de footing. Je pense que tu comprendras que ça fatigue bien et que c'est le but !

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