Swaziland : Mswati III, ce roi qui fait honte à l'Afrique
Les uns mangent… les autres regardent. C'est ainsi que naissent les révolutions. Le Swaziland, dernière monarchie absolue d'Afrique, n'échappe pas à cette règle. Au contraire !
Son souverain, Mswati III, est plus connu pour ses excès que pour ses qualités hypothétiques d'homme d'Etat. Ce jeune homme barbu, bien en chair et toujours ceint du pagne traditionnel, des plumes dans les cheveux et un collier de petites perles au cou, est un habitué des rubriques mondaines et de faits divers.
Dernier excès en date, la célébration, le week-end dernier, de son 40e anniversaire, couplé avec celui de l'indépendance. Pour l'occasion, 41 BMW ont été livrées au palais, tandis que 8 des 13 épouses royales faisaient leur shoping à Dubaï.
Comme il est désormais de coutume, les vierges ont dansé seins nus devant le roi. Elles étaient 50 000, histoire de marquer les festivités d'une pierre blanche.
Quelle débauche de moyens dans un pays très pauvre, frappé de plein fouet par la crise ! Le scandale est d'autant plus criant que deux tiers des sujets du roi vivent sous le seuil de pauvreté. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), près d'un tiers des Swazis ont besoin d'une aide alimentaire.
Et, comme un malheur n'arrive pas seul, le royaume vient de détrôner le Botswana au premier rang des pays les plus touchés par le sida, avec 40% de personnes infectées.
C'est sur cette vallée de larmes que prétend régner le monarque fantasque, entouré de ses courtisans et de son harem, d'un autre âge. Une verrue sur le visage d'une Afrique en pleine mutation, en quête de bien-être pour ses fils et filles.
Décidément, ce roi fait honte à l'Afrique et l'on comprend aisément qu'un vent de révolte ait quelque peu perturbé la fête. Les uns mangent, les autres regardent…
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De le soudanais
ici et là | 11H25 | 08/09/2008 |
Il est vrai que les célébrations du 40-40 comme on dit là bas (40 ans d'indépendance et 40 ans du souverain) ont déclenché la colère d'une partie de la société civile, fait relativement nouveau dans ce petit pays coincé entre le Mozambique et l'Afrique du Sud.
On notera avec plaisir que Mugabe faisait partie des invités à ces réjouissances.
En revanche le taux de prévalence du VIH parmi la population globale s'élève à 26%.
40% représente la part de la population adulte (âgée de 15 à 49 ans…) infectée.
Ce qui n'enlève rien au fait que la situation est en effet gravissime dans ce petit pays d'un peu plus d'un million d'habitants.
De Pierre Haski 9
Rue89 | 11H26 | 08/09/2008 |
Bonjour,
je découvre cet article alors que je me trouve en Afrique du sud, le pays voisin du Swaziland, participant à une conférence sur le « journalisme citoyen » en Afrique.
Et cet article me fait remonter vingt ans en arrière, car, en 1988, j'était présent à Mbabane pour cette cérémonie annuelle au cours de laquelle le roi choisit sa ou ses nouvelles épouses. Toutes les jeunes vierges du royaume défilent ce jour-là devant le roi -il avait à l'époque une vingtaine d'années et venait de succéder à son père qui avait laissé plus de 200 veuves et des milliers de descendants-, une cérémonie haute en couleur, mais qui laisse profondément mal à l'aise.
Je suis ravi de voir que c'est d'un journal africain que vient cette critique virulente. Tout comme ce que je vois et entends à cette conférence Highway Africa, à Grahamstown, l'Afrique n'hésite plus à regerder en face certains de ses problèmes. Bravo !
De Alex Engwete
Consultant | 21H44 | 08/09/2008 |