L'information circule depuis dimanche matin, relayée par l'AFP : « Trois jeunes juifs âgés de 17 et 18 ans ont porté plainte samedi au commissariat du Xe arrondissement, après avoir été agressés rue Petit non loin du square où un autre jeune juif, Rudy, 17 ans avait été roué de coups le 21 juin dernier ».
La police judiciaire -toujours à la recherche des agresseurs- a souligné expressément qu'il ressortait des « témoignages unanimes des trois garçons qu'aucune injure ni propos antisémites n'ont été prononcés ». Les faits ont eu lieu peu avant 19 heures, samedi, et se sont soldés par des contusions au visage et une fracture du nez pour deux des trois plaignants. Suite de la dépêche :
« Raphaël Haddad, le président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui a relayé la nouvelle, a déploré une “agression à caractère antisémite”, expliquant que les jeunes avaient été pris à parti par leurs agresseurs, au nombre d'une dizaine, au seul motif qu'ils avaient “un profil de juif traditionnel” et qu'ils “portaient une kippa”. »
Escalade ? Raphaël Haddad connait bien le XIXe arrondissement puisqu'il vient de ce quartier populaire, aujourd'hui l'un des principaux centres névralgiques de la communauté juive à Paris. Selon plusieurs observateurs, le président de l'UEJF se montre « plutôt mesuré et assez subtil » sur son analyse de la situation.
Qu'est ce qu'un « profil juif traditionnel » ?
Reste donc la question de la visibilité et du « profil juif traditionnel », essentielle selon notre blogueur Jean-Yves Camus pour comprendre ce qui distingue les affrontements entre bandes dans le XIXe d'un fait divers. Pour ce spécialiste de l'antisémitisme, la communauté juive a gagné en visibilité par vagues, en France : d'abord avec l'arrivée des juifs d'Afrique du Nord, qui n'avaient pas connu Vichy et la Shoah et manifestaient plus explicitement leur appartenance. Puis dans les années 80, à la faveur notamment de cette affirmation de la communauté séfarade (très majoritaire en France).
Mais aussi sous l'influence de Joseph Sitruk, devenu Grand rabin de France en 1987 (pour être remplacé le 1er janvier prochain par Gilles Bernheim), dont Jean-Yves Camus dit qu'il a œuvré « en pasteur et pas seulement en porte-parole de la communauté, prônant un retour à la religion, dans mais aussi en dehors de la communauté ».
Au fur et à mesure, la communauté juive s'est ainsi « décomplexée », selon Jean-Yves Camus qui témoigne qu'il y a une vingtaine d'années, « sortir avec une kippa sur la tête n'allait pas de soi, y compris chez beaucoup de juifs. » Au point que Paris représente une exception, aux yeux du chercheur, à l'échelle des autres grandes capitales d'Europe. A Londres, les quartiers estampillés « juifs » sont du reste très excentrés dans l'agglomération et rarissimes sont les restaurants explicitement casher :
« Vous avez à Paris quatre radios juives, un hebdomadaire, trois mensuels… des tas d'écoles juives, de synagogues, de restaurants casher. Le XIXe arrondissement de ce point de vue-là est le quartier de Paris où les juifs ont le plus de visibilité car vous trouvez à la fois une forte population juive, une forte population juive religieuse, des écoles et notamment cet énorme établissement de la rue Petit, des groupes orthodoxes et une importante communauté loubavitch ; des restaurants ; des lieux de culte extrêmement fréquentés avec une synagogue consistorielle mais des dizaines d'autres synagogues par communautés religieuses ou géographiques… »
Après le passage à tabac de Rudy, le 21 juin, dans la même rue, plusieurs scénarios s'étaient affrontés : agression antisémite ou affrontements entre bandes certes communautaires ? Finalement, le parquet avait retenu l'« agression antisémite » pour chef d'accusation dans ce quartier où l'on a répertorié vingt-et-une actions et menaces antisémites en 2007.
A l'époque, Jean-Yves Camus soulignait combien il était dangereux et erroné de banaliser les actes antisémites qui se produisent dans la capitale au nom d'une simple « guerre des gangs ». Comme pour Rudy, c'est en effet un samedi que l'agression a eu lieu cette semaine. Soit un jour de shabbat « jour où à part étudier et rester en famille, il n'y a pas grand chose à faire sinon sortir au coin de la rue comme ces jeunes le font au pied des Buttes Chaumont ».
Davantage d'allées et venues, donc, mais aussi de visibilité, puisque « la tradition séfarade veut qu'on porte la kippa les jours de shabbat, même si on ne la porte pas les autres jours. » Alors que, côté ashkénaze, certains arguent parfois d'un surcroît de discrétion, au nom d'une mémoire familiale de la Seconde guerre mondiale.
La kippa, une réponse au faible degré de connaissance des codes identitaires ?
Intéressant : Jean-Yves Camus donne d'ailleurs peu de crédit à l'idée que les jeunes noirs qui agressent les jeunes juifs rue Petit (comme dans le cas du passage a tabac, rappelons-le) sont « ceux qui n'ont pas la culture historique, la connaissance du génocide ». Pour le chercheur, tous les jeunes juifs du XIXe sont loin d'avoir une connaissance historique du génocide ou une culture religieuse charpentée :
« Trois générations plus tard, beaucoup ont un très faible degré de culture historique. Même en termes de culture du judaïsme et de pratique religieuse. On peut d'ailleurs partir de l'idée que le port de la kippa ou les codes du “juif traditionnel” dont parle l'UEJF relèvent non pas de la provocation mais de l'ostentation parce que c'est une réponse au faible degré de connaissance des codes identitaires.
Pour beaucoup de ces jeunes, c'est le port de la kippa et éventuellement des tsitsits qui fait un juif traditionnel. Or il n'y a pas de code normatif du juif traditionnel ! Simplement, un jeune qui se fait agresser avec sa kippa, ça reste un juif visible. »
Tout en réclamant davantage de présence policière à l'approche des fêtes juives en octobre, le président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, Sammy Ghozlan, a appelé les jeunes du XIXe à « n'exercer aucune tentative de revanche qui ne pourrait qu'aggraver la situation ».
► A lire aussi : A Paris, XIXe : « On se bat, mais on s'entretue pas »




















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à Jean-François@Carenton
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 22H02 | 07/09/2008 |
Ne me faîtes pas dire ce que je n'ai pas dit :
Je ne me suis pas prononcé sur les moeurs des jeunes dont il est question dans l'article.
Et je ne fais aucune « allusion fine » en disant qu'un juif respectueux de la loi ne doit porter aucun objet sur lui le jour du shabbat.
à Jean-François@Carenton
De Desactivé
Pourvu d 'antennes , c 'est pas cou... | 22H15 | 07/09/2008 |
@ Jean-François@Carenton : ça pue peut-être mais j » ai éclaté de rire ! et je vais la mettre sur mon blog si possible , et surtout si j » en trouve d « aussi bonnes sur les cathos , musulmans et tout ce qui … pue les religions. Et exhale leur ridicule.
à Desactivé
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 22H30 | 07/09/2008 |
Et on peut savoir ce qui vous fait rire ?
à leconcombrevert
De Desactivé
Pourvu d 'antennes , c 'est pas cou... | 06H26 | 08/09/2008 |
@ Lecomcombrevert : qu » un mec ait une pratique religieuse ( c'est déjà une aberration, la religion ) aussi ridicule : un catholique qui se promènerait sans objet, sans argent sur lui, le dimanche, cela ne vous ferait pas hurler de rire , hausser les épaules, ou vous mettre en colère ? moi oui.
Marre des simagrées religieuses, qui en génèrent d « autres bien plus graves.
Ma réaction n » a RIEN A VOIR avec la race, les origines, etc des hurluberlus désignés , et je ne suis pas antisémite, mais anti-judaïque , etc et surtout anti-connerie.
Je suis contre le port de tout uniforme, qu » il soit militaire, religieux, ou autre .
Et j » ai porté plainte auprès de Dieu. Qui m'a répondu être comme moi pour la déconnade et contre la connerie.
à Desactivé
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 08H49 | 08/09/2008 |
Ben, on a la meme réligion alors : -))
à Jean-François@Carenton
De lifka
02H00 | 09/09/2008 |
Quelqu'un qui porte une kippa et un talit katan et va à la syna tous les samedis a de fortes chances d'être un juif pratiquant.
Quand à ne pas porter d'argent le jour de Shabbat, c'est simplement une injonction religieuse : les juifs pratiquants ne portent rien le shabbat (et les jours de fête chômées) ? C'est donc le seul jour de la semaine en effet où on peut être certain qu'ils n'auront sur eux ni argent, ni quoi que ce soit de « volable ». Et soyez certain que leurs agresseurs qui habitent le quartier et les voient tous les samedi faire le même trajet le savent.
Donc si ils les attaquent ce jour là, c'est non seulement en sachant qu'ils n'y a rien à voler, mais qu'ils sont particulièrement vulnérables (rien pouvant servir d'armes, ni pour se défendre). Alors question à mille francs, pourquoi s'attaquer à quelqu'un qui n'a rien à voler le jour où il est vulnérable ?
à Chloé Leprince
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 21H08 | 07/09/2008 |
Je n'ai absolument rien réclamé (à part un lien qui fonctionne). J'ai simplement fait remarquer que, si Rue89 tenait à faire une suite, autant y mettre les réactions politico-religieuses. Nuance !
à Compté supprimé 2
De lifka
01H48 | 08/09/2008 |
Sauf que toute personne un peu avertie sait qu'un juif religieux qui va le Shabbat à la synagogue n'a ni portable ni argent sur lui…. Non, il s'agit bel et bien d'agresser pour agresser et de préférence un juif. Tout le reste n'est que spéculation pour mieux minimiser les faits.
Les agresseurs savaient pertinemment à qui ils avaient à faire.
Mais pourquoi veut-on à tout prix démontrer qu'un acte antisémite n'en est pas un ? C'est la question que moi je me pose. Quel intérêt a-t-on à cette dénégation ?
Qu'est-ce que ça vous enlève ?
à lifka
De Compté supprimé 2
Compte supprimé 2 | 08H44 | 08/09/2008 |
on attend la qualification des faits : on ne suppute rien !
à lifka
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 20H49 | 08/09/2008 |
« Mais pourquoi veut-on à tout prix démontrer qu'un acte antisémite n'en est pas un ? »
On ne veut rien démontrer du tout. C'est vous me semble-t-il, qui affichez des certitudes qu'il semble mal venu de discuter.
Si vous dites : il est très probable qu'il s'agit d'une agression antisémite, je vous suis.
Si vous dites : il est certain qu'il s'agit d'une agression antisémite, je ne vous suis pas.
Ca ne vous semble pas raisonnable ?
De babayaga
musique du monde | 15H53 | 07/09/2008 |
pour une fois, Thierry, je ne suis pas d'accord avec vous. Ca n'arrive pas souvent.
Vous venez de trouver une des différences entre racisme et antisémitisme. Si des jeunes noirs ou arabes visibles se font agressés, c'est pour la couleur de leur peau et de leur « faciès » car on ne connait pas leur religion et s'ils en ont une, si des jeunes portant une kippa se font agressés, c'est bien parce que là, il n'y a aucun doute, il s'agit de juifs.
à babayaga
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 17H38 | 07/09/2008 |
Bonsoir Babayaga.
Je me demande si nous sommes tellement en désaccord (et je me le demande plus encore après les précisions de Chloé qui me démontrent que je me suis mépris sur le projet de l'article).
J'irais peut-être même au-delà (dites-moi si vous jugez que c'est trop loin) de votre propos : je suis tout à fait convaincu que l'antisémitisme est le racisme qui vise ceux qui sont à la fois différents et semblables. C'est en cela que le port de la kippa, pour un antisémite, fonctionne comme un signal.
Cela dit, et d'une manière générale, je demeure persuadé qu'on peut tout à la fois porter la kippa et se faire agresser pour des motifs autre que l'antisémitisme (voir ma réponse plus haut à Venezuela). (Et je précise à toutes fins utiles que je demeure tout aussi persuadé qu'une agression quelle qu'elle soit est inacceptable.)
à thierry reboud
De babayaga
musique du monde | 00H38 | 08/09/2008 |
j'ai lu votre réponse à Venezuela ; ) là vous prenez un exemple extrême ! un « grand bandit » musulman en djellaba se faisant descendre pas un concurrent, ne le serait pas non plus à cause de sa religion.
« le port de la kippa, pour un antisémite, fonctionne comme un signal. »
Je suis absolument d'accord avec vous et c'est bien ce que j'ai voulu dire dans ce fameux commentaire qui a réuni plus de 40 votes « inutiles » ! ; -)) A croire que je me suis mal expliquée.
à babayaga
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 07H35 | 08/09/2008 |
Oui, bien sûr que l'exemple était extrême : -) : il ne s'agissait que d'illustrer mon propos de manière tout à fait claire.
à thierry reboud
De lifka
01H55 | 08/09/2008 |
Mais là en l'occurrence, dans le contexte de ce quartier le doute n'est pas possible. Il y a dans ce quartier des bandes profondément antisémites et lâches de surcroit qui s'en prennent presque chaque samedi aux jeunes juifs qui se rendent à la synagogue quand ils les savent sans défense.
C'est un fait dont témoignent tous les gens du quartier. C'est encore arrivé la semaine dernière, bien qu'on n'en ait pas parlé parce que cette fois là, les jeunes juifs se sont défendus et que ce sont leurs agresseurs qui ont dérouillé. Mais la police a établi que ce sont eux les agressés.
Dans ce quartier, les jeunes juifs ont pour consigne de ne jamais circuler seuls, c'est pourquoi d'après vous ?
à lifka
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 07H33 | 08/09/2008 |
Savez-vous ce qui me surprend dans votre argumentaire, Lifka ? C'est que vous donnez l'impression d'oublier que ces jeunes gens qui ont été agressés sont des personnes, et qu'à ce titre ils ont une histoire qui ne se borne pas au fait qu'ils portent une kippa le jour du shabbat.
De quelles informations disposez-vous qui vous permettent d'exclure qu'il s'agirait peut-être d'un règlement de comptes entre bandes ? Qu'il est simplement possible qu'il y ait entre tous ces jeunes gens des contentieux dont nous ignorons tout ?
Il y a une enquête en cours, qui a notamment pour tâche d'éclaircir ce point. Nous avons toutes les raisons de croire que la PJ connaît son boulot, et nous savons que l'hypothèse de l'acte antisémite n'est pas exclu. Cela devrait, il me semble, nous suffire à tous.
Vous rappelez-vous l'incendie de cette synagogue, à Trappes je crois ? On a aussitôt entonné le couplet Quand une synagogue brûle… avant de découvrir (si ma mémoire est exacte) que l'incendie avait été provoqué par une négligence du veilleur de nuit. Êtes-vous incapable d'attendre la fin de l'enquête, Lifka ?
Dans cette histoire d'agression, et compte tenu de l'information rendue publique pour le moment, c'est vous qui commentez comme si ces jeunes gens pouvaient être réduits au port de leurs kippas.
=====
D'autre part, vous réfutiez plus haut le caractère peu laïque de cette affaire au motif que l'antisémitisme n'est pas une question religieuse.
Autant je vous suis pour contester le caractère religieux de l'antisémitisme, autant je ne vous suis pas quand il s'agit d'examiner cet épisode au regard de la laïcité.
La laïcité ne devrait pas seulement se résumer aux relations de la République avec les cultes. La laïcité devrait aussi avoir affaire avec les relations de la République avec les communautés (quelles que soient les définitions de ces communautés) : la laïcité, ce devrait être aussi la manière que nous avons de soumettre les relations communautaires aux relations républicaines.
De ce point de vue, que des jeunes gens se reconnaissent plus volontiers aujourd'hui dans des tribus plutôt que dans la République constitue bel et bien, selon moi, une attaque contre la laïcité prise dans un sens à la fois plus large et plus ambitieux. (Par quoi, du reste, nous pourrions reprendre le vieux débat sur l'assimilation ou l'intégration…)
à thierry reboud
De lifka
02H30 | 09/09/2008 |
Vous ne trouvez pas curieux, vous ces règlements de compte entre bandes qui se produisent toujours un samedi et où ce sont toujours les mêmes les agresseurs et toujours les mêmes qui se retrouvent à l'hôpital ? Toujours les mêmes qui sont armés et toujours les mêmes qui ne le sont pas ? Toujours les mêmes qui sont à 10 et toujours les mêmes qui sont seuls ou à 3 ou 4 ?
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En quoi est-ce se reconnaître « dans une tribu » que d'aller à la synagogue à 3 copains le samedi ? ? ? ? ? ?
En quoi, ces jeunes seraient-ils de mauvais républicains ? Que savez-vous d'eux pour pouvoir dire de telles choses ?
C'est vrai que depuis 2000, avec la montée de l'antisémitisme dans certains quartiers et dans certaines écoles, les Juifs ont eu tendance à changer leurs habitudes : ils ont changé de quartier, changé leurs enfants d'école. Mais quel est le phénomène premier ?
Si la République avait fait son travail de protection, comme on le lui demandait à cor et à cris en 2002 ou 2003, au lieu de répondre aux parents : « changez votre gosse d'école » (comme ça s'est passé par exemple dans l'affaire du lycée Montaigne où c'est l'agressé qui a dû changer d'école alors que les agresseurs ont été réintégrés sous le haut patronage de la LDH), les Juifs auraient-ils éprouvé le besoin de se regrouper ?
Pour tout vous dire, moi même adepte de l'école laïque et républicaine et membre pendant 20 ans de la FCPE, j'ai hésité à enlever mon fils de son lycée public de Seine Saint Denis quand j'ai appris que certains élèves ne voulaient pas qu'on leur parle de la théorie de l'évolution et qu'ils avaient exigé qu'on retire l'étoile au haut du sapin de Noël dans le hall, parce que c'était un « symbole juif », ce à quoi l'administration s'est empressée de céder pour calmer le jeu.
Ceci dit, les tribus ça a toujours existé, quoi qu'on en dise : il y a toujours eu des enfants scolarisés dans l'enseignement privé catholique ou juif, il y a toujours eu à Paris des quartiers bretons, auvergnats, espagnols, juifs, chinois… des quartiers riches et des quartiers pauvres, des filières professionnelles qui se transmettaient aux gens d'une même région ou parfois d'un même village… et les uns ne fréquentant pas les autres. Fréquentiez-vous les gosses de la cité d'à côté ?
Le melting pot à la française, c'est une hypocrisie. C'est quelque chose dont je peux vous parler assez longtemps ayant un peu travaillé le sujet.
à thierry reboud
De lifka
21H04 | 09/09/2008 |
Article de Cecilia Gabizon ce matin dans le Figaro. Ne le cherchez pas sur Internet, ça n'y est pas. C'est une enquête dans le 19e :
»« Ces jeunes-là [les adolescents juifs du quartier] ont subi des humiliations quotidiennes depuis qu'ils sont petits. On leur a demandé de baisser la tête », avance Sammy Gozlan du Bureau de vigilance contre l'antisémitisme. « Certains sont révoltés ». Des crachats, des mises à l'index. Des coups parfois. Des filles avaient frappé deux jumelles scolarisées au lycée Bergson pour les obliger à demander « pardon d'être juives » à genou. Un autre garçon avait eu la clavicule cassée dans une bousculade au cours de gym. Les agressions ont semé la terreur chez les parents. En quelques années, beaucoup ont opté pour les écoles juives, jugeant les collèges alentours mauvais et dangereux. Jusqu'à construire une scolarité presque séparée.
Désormais dans les établissements du quartier, les proviseurs assurent ignorer la religion de leurs élèves, mais confessent qu'il y a « peu de juifs ». Un professeur du collège Michelet raconte anonymement comment son seul élève juif a dû quitter sa classe, en proie à l'hostilité des autres. « J'ai demandé qu'il aille dans un autre collège, hors de l'arrondissement » se désole-t-elle.
(…) Lorsqu'on évoque les Juifs dans la cité, les jeunes sont méfiants, la provocation le dispute à l'ignorance : « ils sont riches », « tiennent le pouvoir », « ont tué Jésus » ou sont « esclavagistes ». Ceux qui pensent autrement sont inaudibles, débordés par les plus radicaux. « C'est un phénomène de bouc émissaire tragique », s'alarme Georges Louis Tin, du Cran. « Ces jeunes Noirs oublient que les Juifs ont largement contribué au mouvement des droits civiques aux Etats-Unis »….. »
Excusez-moi de vous le dire, mais je crois que la responsabilité du repli communautaire des Juifs revient à ceux qui refusent d'entendre ce que disent les gens qui vivent cet antisémitisme au quotidien. A force de dire à ces gens : « ce que vous vivez n'existe pas, c'est juste une illusion » vous les jetez dans les bras de la LDJ et des Loubavitchs. Exactement comme il y a quelques années à force de dire aux gens qui la vivaient tous les jours que « l'insécurité ça n'existe pas, c'est juste une illusion », on a réussi à faire passer Le Pen au 2e tour des présidentielles.
Ce sont les discours de dénégation du vécu des gens qui amènent au pouvoir ceux qui les entendent et savent les utiliser.
Il serait peut-être temps de réaliser que ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on fait tomber la fièvre, ni en la niant. Il faut la reconnaître et l'identifier pour la soigner.
à babayaga
De MarcTibo
"Change Can Happen", Explorateur, O... | 17H53 | 07/09/2008 |
« c'est bien parce que là, il n'y a aucun doute, il s'agit de juifs »
Ah, parce que Noir de peau, cela fait un doute qu'on soit Noir ? Affligeant … Et qu'on soit Noir protestant, catho, juif, vodou … cela change quelque chose pour celui qui croit que les Noirs sont une race inférieure ?
Différence entre racisme et antisémitisme ? L'un englobe tous les actes ou croyances qui pronent une supériorité ou inferiorité entre les gens en focntion de leur appartenance à une race, le second, la même chose, sauf que la race en question est Juive.
à MarcTibo
De Jean-François@Carenton
21H37 | 07/09/2008 |
Hum, la « race » juive. Là on dérape vachement…
à Jean-François@Carenton
De MarcTibo
"Change Can Happen", Explorateur, O... | 23H10 | 07/09/2008 |
et en quoi, je vous prie ? Ne parle-t-on pas des descendants des Hebreux, le peuple d'Israel, les fils d'Abraham ? Demandez à un Levi ou un Cohen ou un Rabbi, ils vous l'expliqueront peut etre mieux que moi. Maintenant si le terme « race » vous fait peur …
à MarcTibo
De babayaga
musique du monde | 00H09 | 08/09/2008 |
le mot « race » fait peur car il induit le racisme.
à MarcTibo
De otto didakt
citoyen en colère | 11H48 | 08/09/2008 |
je ne connais qu'une race
la race humaine !
à MarcTibo
De caro
délinquante avérée | 23H28 | 07/09/2008 |
personnellement, si c'était une jeune fille voilée qui s'était faite agressée, j'aurai parlé d'islamophobie. Babayaga parle de jeunes à kippa, il s'agit d'antisémitisme ou anti-judaïsme si vous préférez. Dans les deux cas, il s'agit d'attaques religieuses. S'il n'y a pas de signes religieux, il s'agit bien de racisme, non ?
La « race » juive n'existe pas, en revanche, pour les racistes, il y a des races noires, jaunes ou blanches.
à caro
De lifka
02H01 | 08/09/2008 |
Pour les racistes, il existe bel et bien une race juive. D'après vous que s'est-il passé en 1939-45 ? C'est parce qu'ils portaient la kippa qu'on a gazé les Juifs ?
La kippa est juste un signe qui permet d'identifier plus surement les Juifs. Mais autrefois, on écrivait des pages et des pages pour expliquer comment les reconnaître….
Si une jeune fille voilée se fait agresser parce qu'elle est voilée, c'est en effet une attaque religieuse : pas nécessairement contre l'islam mais contre une certaine interprétation de l'Islam. Si un garçon à kippa se fait agresser, ce n'est habituellement pas à cause de sa conception du judaïsme.
à lifka
De Teez-teez
Back in the USSR | 13H16 | 08/09/2008 |
« Si un garçon à kippa se fait agresser, ce n'est habituellement pas à cause de sa conception du judaïsme. »
… mais ça pourrait aussi être parce qu'il s'est engueulé avec son agresseur la veille en boite, ou parce qu'il y a un contentieux quelconque entre eux…
à lifka
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 20H38 | 08/09/2008 |
Lifka, vous soutenez qu'il est IMPOSSIBLE que ce garçon ait été agressé, par exemple, par un rival amoureux jaloux, c'est bien ça ? Pour vous c'est inconcevable ?
à lifka
De jéjéone
12H17 | 09/09/2008 |
je ne vois pas ou vous trouvez une différence entre porté une kippa et le port du voile en tant que signe religieux ostentatoire, le port de ces deux coiffes temoigne a mes yeux et dans les deux cas d'une certaine conception de la religion en question.
à jéjéone
De lifka
21H29 | 09/09/2008 |
D'abord, il y a une différence symbolique :
Pour un juif, la kippa lui rappelle qu'il y a quelque chose au dessus de lui (Dieu). Les Juifs religieux portent en permanence quelque chose sur la tête, (certains cachent leur kippa sous une casquette ou un chapeau, mais elle est toujours là), les moins religieux ne mettent de kippa qu'à la synagogue et quand ils prient si ils le font, et tout homme, juif ou non qui entre dans une synagogue se couvre la tête par respect des croyances des autres, comme toute personne qui entre dans une mosquée enlève ses chaussures.
Le voile a un tout autre sens symbolique : il rappelle à la femme que son corps peut attirer la convoitise des hommes, que son corps est impur. La chevelure est vue comme un objet sexuel. Le voile sert donc à inférioriser la femme, simple objet sexuel. De ce point de vue, ce que font les femmes juives orthodoxes est à peu près similaire. Sauf qu'aujourd'hui, seules les très orthodoxes se rasent la tête pour mettre un foulard. La plupart des femmes religieuses mettent une perruque qui est souvent plus belle que leurs propres cheveux.
Le voile ou le foulard, que ce soit chez les musulmanes ou chez les juives est non seulement un signe ostentatoire, mais c'est en outre un signe de l'asservissement et de l'indignité des femmes.
C'est donc deux objets totalement différent.
à caro
De lifka
02H02 | 08/09/2008 |
Pour les racistes, il existe bel et bien une race juive. D'après vous que s'est-il passé en 1939-45 ? C'est parce qu'ils portaient la kippa qu'on a gazé les Juifs ?
La kippa est juste un signe qui permet d'identifier plus surement les Juifs. Mais autrefois, on écrivait des pages et des pages pour expliquer comment les reconnaître….
Si une jeune fille voilée se fait agresser parce qu'elle est voilée, c'est en effet une attaque religieuse : pas nécessairement contre l'islam mais contre une certaine interprétation de l'Islam. Si un garçon à kippa se fait agresser, ce n'est habituellement pas à cause de sa conception du judaïsme.