
Fallait-il publier les photos des talibans ayant combattu des soldats français ? La polémique, initiée par le ministre de la Défense et relayée par les généraux, masque une autre réalité : dans les cercles militaires français, la vieille doctrine de la « guerre révolutionnaire » revient dans le débat sur l'Afghanistan. Avec moult références à l'Algérie et à la méthode Bigeard, certains voudraient réinventer la forme ultime de la guerre. Une tentation dangereuse.
Jeudi dernier, sur France Inter, un général à la retraite commentait la publication des photos controversées. François Cann, ancien chef de corps du 8e RPIMa, préside l'Amicale des anciens du « 8 ». Que dit-il ? Que les talibans mènent une « guerre révolutionnaire » où la dimension médiatique est de première importance, car elle vise « notre opinion ». (Ecouter le son)
« Guerre révolutionnaire » ? Un terme rarement employé publiquement. Il a pourtant une histoire qui mérite d'être évoquée, notamment parce qu'il renvoie à une doctrine (la DGR) bannie de l'armée française par le général De Gaulle en… 1961. Le président de la République sait que les généraux putschistes d'Alger furent les plus ardents partisans de cette doctrine, forgée dans les rizières d'Indochine par des officiers des troupes coloniales.
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Fondée sur une conception totalisante du conflit, elle préconise de retourner contre l'adversaire l'arme des « hiérarchies parallèles », dans un cadre répressif ou, au contraire, pour faire adhérer la population à sa cause.
En clair : organiser le ralliement de la population car une guérilla s'appuie toujours sur l'environnement civil dans lequel elle évolue. Cela s'appelle la « guerre des bascules », l'objectif étant de faire basculer le peuple en sa faveur. Contre les « rebelles » ou les « insurgés » comme disent les généraux en parlant des étudiants en religion.
« L'enjeu dans les zones d'insécurité est la population »
Certes, sur France Inter, Cann évoque la « guerre révolutionnaire » mené par les talibans, sans aller jusqu'à proner l'application de la même stratégie. Mais ce qu'il a écrit dans les jours qui ont suivi l'embuscade du 18 août dernier (alors que de nombreuses critiques s'élevaient sur l'impréparation des troupes, les erreurs de l'état-major, le manque de moyens des soldats) est équivoque.
Le 27 août, il livre un long texte d'analyse (voir le document ci-contre) de la situation militaire en Afghanistan. Les anciens, dit fort justement le général Cann, sont là pour « rappeler ce qu'il ne faut surtout pas refaire ». Pourtant son propos est truffé de références à la guerre d'Algérie :
« Sur ce chapitre aussi (des actions de pacification, ndlr) nous avons, nous les Français, une solide expérience avec ce système ingénieux et efficace des Sections administratives spécialisées (SAS, ndlr), chargées de prendre le contrôle des populations jusqu'alors soumises aux rebelles. »
SAS… l'Algérie. L'officier rappelle aussi les vertus de la méthode « d'immersion dans le Djebel » du colonel Bigeard, chef du 3e Régiment des parachutistes coloniaux où l'auteur fut, jeune lieutenant, chef de section. Et de vanter les mérites de soldats « rustiques, souples, félins et manœuvriers », les mots de Bigeard. Sa conclusion « tactique » est nette et sans appel :
« Le bon sens voudrait qu'on oriente nos forces vers une fluidité qui lui permettent d'occuper le terrain de ces zones suspectes pour y retourner l'insécurité et gêner l'action des rebelles.
Mais comme nous sommes censés être en Afghanistan pour aider ce pays à accéder à la démocratie, l'enjeu dans les zones d'insécurité est la population. Les opérations de contre-guérilla, pour nécessaires qu'elles soient, sont insuffisantes. Il faut pouvoir les compléter par des actions de pacification. »
Autrement dit, un plaidoyer pro domo en faveur de l'usage des forces spéciales, dont le 8e RPIMa est l'un des régiments d'élite, avec le 1er, le 3e, le 6e RPIMa, le 2e REP et le 13e RDP. L'essentiel du Commandement des opérations spéciales (COS).
Une mythologie qui se réveille depuis dix ans
En lâchant le terme de « guerre révolutionnaire », le général Cann convoque donc une mythologie qui s'est discrètement réveillée depuis une bonne décennie dans les cercles militaires. L'article du colonel Grégoire de Saint-Quentin, paru en 1997 dans la revue de la Défense nationale, a donné le signal de ce réveil.
Cet officier des Troupes de marine, ancien coopérant au Rwanda, s'interroge sous un titre limpide : « Retour à la guerre révolutionnaire ? ». Futur patron du 1er RPIMa, Saint-Quentin pose la question de l'usage des forces spéciales dans les conflits contemporains. Sa réponse, positive, sera confirmée par les conflits suivants. Kosovo, Côte d'Ivoire, Centrafrique, Afghanistan : à chaque fois, le COS est en première ligne pour mener la « guerre sur les arrières ». Le 11 septembre achève de convaincre les derniers réticents : remplacez « marxiste » par « islamiste », « communistes » par « moudjahidins » et ne changez rien.
Depuis, les travaux de recherche consacrés au renseignement -pierre angulaire de la DGR- se multiplient. En septembre 2006, Doctrine, revue d'études générales, dont le thème est « Renseigner pour les forces » publie le témoignage d'un officier de renseignement en Afghanistan. Le diagnostic du capitaine Negroni (2e REP) est critique :
« La chaîne renseignement semble bien souvent déconnectée de la chaîne opérationnelle et tourne ainsi “à vide”. De plus le renseignement ne fonctionne que du bas vers le haut. »
Juste après, dans le même numéro, un article du lieutenant-colonel Rémy Porte se penche sur un classique de la DGR, « Le renseignement en Indochine ». Voici sa première phrase (promis, je n'invente rien) :
« Rappelons rapidement, pour nous en convaincre, deux principes marxistes-léninistes de la guerre révolutionnaire : “La stratégie la plus saine consiste à différer les opérations jusqu'à ce que la désintégration morale de l'ennemi permette de lui asséner le plus facilement un coup mortel”, il s'agit de “gagner du temps, de démoraliser l'adversaire et d'accumuler des forces pour ensuite passer à l'offensive”. »
Non, vous ne rêvez pas. Nous sommes dans une revue officielle de doctrine de l'armée française. Mieux : dans ce qui est aujourd'hui la bible doctrinale de référence du fantassin, l'essence des conflits contemporains est résumée sans ambiguïtés. C'est à lire dans « Gagner la bataille, conduire à la paix, les forces terrestres dans les conflits aujourd'hui et demain » dont vous pouvez lire un extrait ci dessous :
Un risque majeur : la tentation du cavalier seul
Dans la pratique, l'Afghanistan est un terrain idéal pour ranimer la doctrine de la guerre révolutionnaire. D'un côté, la carotte avec le retour intensif des « actions civilo-militaires » où l'on jurerait revoir les SAS de l'Algérie. Comme ce récit d'une mission réalisée en décembre 2007 par un capitaine de gendarmerie l'indique explicitement :
« Nous devons être en mesure de proposer, monter, organiser et mener tous types d'actions (aide vétérinaire, aide médicale, aide ophtalmologique, dons en tous genres [vêtements, fournitures scolaires…), mais également réhabilitation voire construction d'écoles, et pompes villageoises, etc.). En bref, tout ce qui peut permettre à la force présente sur le théâtre, d'accomplir sa mission d'assistance et de sécurité des populations locales dans les meilleures conditions. »
De l'autre, le bâton, car il faudrait être bien naïf pour imaginer que la violence sera absente du bras de fer qui oppose les forces de l'ISAF aux talibans. Et pas n'importe quelle violence… tortures, exécutions sommaires, disparitions. La liste est longue des tentations dangereuses de la DGR. Que fera l'officier de renseignement confronté à un prisonnier « insurgé » dont les copains ont égorgé ses camarades quelques semaines auparavant ?
Bien sûr, le soldat de 2008 n'est pas celui de 1958. Les officiers aussi ont sans doute retenu les leçons de l'Histoire. Mais lesquelles ?
- La guerre d'Algérie fut une défaite politique mais une victoire militaire, appliquons les mêmes méthodes.
- Prenons les politiques à leur propre piège en leur démontrant que la cause n'est pas aussi juste qu'ils le prétendent.
- Menons les opérations à notre manière, en négociant sur le terrain une autonomie que nous autorise l'éloignement du théâtre de conflit.
Le risque majeur d'un retour de la doctrine de la « guerre révolutionnaire » est bien de ranimer la tentation du cavalier seul, d'un corps expéditionnaire qui finit par se penser comme légitimement titulaire des plein-pouvoirs. Un processus où la vieille méfiance traditionnelle entre responsables politiques et généraux peut vite se réveiller. Au risque d'un retournement complet de l'opinion publique, contre les militaires.
Serait-ce parce qu'ils l'ont anticipé que les généraux sont montés vent debout contre une série de photos dans Paris Match ?
Photo : Forces afghanes et étrangères après un attentat à Kaboul le 11 août 2008 (Omar Sobhani/Reuters).




























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De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 17H40 | 07/09/2008 |
je viens bien d'entendre par je ne sais qu'elle porte parole de l'armée française que l'afghanistan c'était pas une guerre ça m'a rappellé une sombre histoire personnel, mais apparement je dois pas être seul
à patrick du 14
De mec de banlieue
un martien sur cette planete | 08H59 | 08/09/2008 |
François Fillon en guerre contre le monde musulman
envoyé par Amago82
à mec de banlieue
De zecky
11H54 | 08/09/2008 |
Quel ironie, dénoncer la propagande des talibans dans paris-match ! Comme ça c'est Ben Laden qui nomme le rédac-chef.
De plus, aucun journaliste n'a relié la prise d'objets sur les corps de nos soldats et la polémique au sujet du déroulement des évènements. Le sujet est-il classé, j'ai raté un épisode ?
Tant d'amalgames dans le discours officiel…
Quand ils élargiront leur vocabulaire avec les mots pachtounes, insurgés, résistants, guerre d'occupation (etc…) on aura enfin dépassé cette fable de « monde musulman contre le reste du monde ».
Etant donné que les journalistes ne comptent pas nuancer, je propose que l'on attaque en justice Mr Fillon (et les autres) pour dénonciation calomnieuse, diffamation voire appel à la haine envers les musulmans !
N'oubliez pas, ce ne sont pas des comiques ou des romanciers. Leurs propos étant donné leurs rôles dans la société doivent être soumis à plus de rigueur.
Qu'en pensez vous ?
à patrick du 14
De padiran
Chroniqueur mondain | 22H25 | 08/09/2008 |
Chacun son vocabulaire
Les Américains parlent de « combattants illégaux », les Français avec les militaires parlent d'« insurgés ». Dans les milieux politiques occidentaux, il ne faut surtout pas parler de « guerre » contre des combattants, des résistants ou toutes autres structures politiques et civiles qui s'y rattachent. En parlant de façon abstraite de « combattants illégaux » ou « d'insurgés, on se contente de “conflits” et de “terroristes”. C'est une manière simpliste de faire admettre aux citoyens Américains et Européens la réalité des morts et du coût de ces guerres absurdes.
L'unique raison de ces déploiements surdimentionnés est l'appropriation des réserves énergétiques et leur acheminement vers des lieux “amis”
De EulChe
Humaniste hère | 16H58 | 07/09/2008 |
la DGR (connue aussi comme la « doctrine française ») a ensuite été exportée et enseignée dans les écoles de guerre du continent américain.
Si elle a été officiellement « abandonnée » par De Gaulle, elle ne l'a pas été par les militaires d'outre-Atlantique. Aujourd'hui, le manuel de contre-insurrection de l'armée US (http://www.fas.org/irp/doddir/army/fm3-24.pdf) dont l'un des auteurs, le Général Petraeus, est en charge de le mettre en application en Iraq, est clairement inspiré de cette doctrine.
Les forces françaises étant impliquée dans cette guerre au côté des américains, je ne vois pas pourquoi ils tergiverseraient en se demandant s'ils devraient l'appliquer. A part pour en faire passer l'idée dans l'opinion publique alors que s'ouvre une nouvelle page de la guerre de communication concernant le conflit en Afghanistan. Or la guerre de communication est partie intégrante de la doctrine française…
à EulChe
De C. Creseveur
D'actualité | 08H54 | 08/09/2008 |
Cette tactique est tellement efficace que l'année d'après l'Algérie devenait indépendante !
Alors félicitons nous de ce choix tactique : avec un peu de chance les afghans seront bientôt libérés de notre joug comme le furent les Algériens en 62.
à C. Creseveur
De EulChe
Humaniste hère | 15H42 | 08/09/2008 |
l'année après son abandon officiel. auparavant cette doctrine avait été mise en application lors de la bataille d'Alger et avait été beaucoup plus « efficace », au détriment des civils, des droits humains, de la liberté etc…
à EulChe
De C. Creseveur
D'actualité | 16H21 | 08/09/2008 |
Naturellement.
Pour autant il me semble qu'il y a une différence fondamentale avec l'Afghanistan dans la mesure où la France avait une forte connaissance de l'Algérie et des algériens.
La tactique d'influence en question me paraît moins efficace dans un pays dont on ne maîtrise ni la langue, ni la culture, et, pire, dont on affiche un certain mépris puisqu'on s'attaque à sa religion et à sa structure clanique.
à C. Creseveur
De EulChe
Humaniste hère | 01H15 | 09/09/2008 |
Je ne pense pas qu'on puisse effectivement comparer les deux contextes. Cependant le degré « d'efficacité » de la dite tactique m'importe finalement peu. Sa seule application est déjà suffisamment contre-productif à long terme, et surtout suffisamment violente et arbitraire pour les populations civiles pour qu'une nation qui se prévaut de la défense de principes humanitaires et humanistes l'évite à tout prix.
Cette tactique, qui a été développée et mise en application un peu partout dans le monde depuis les « essais » de la bataille d'Alger a fait (et fait toujours, cf ce qui se passe en Irak) des dizaines de milliers de victimes, pour la plupart innocentes. Au final, elle a été mise au pinacle par des courants de l'ultra droite chrétienne au niveau mondial et sert bien souvent des desseins qui font pour beaucoup dans l'abhorration qu'ont les sociétés attaquées du monde occidental.
NB - Juste une remarque concernant la connaissance de la langue : je ne suis pas certain que Bigard et ses sbires aient parlé un arabe courant…
De JePise
retraité | 17H05 | 07/09/2008 |
Il faudrait un référendum pour savoir si la France doit ou non continuer en AFGHANISTAN.
Osons et arrêtons tous ces discours !
Les articles ne régleront en rien le problème , même pas l'information du plus grand nombre.
à JePise
De pablico
18H37 | 07/09/2008 |
oui, quand on parle de guerre, de révolutions il y a tellement « à boire et à manger » dans tous les arguments, aussi vrais les uns que les autres, et aussi faux les uns que les autres.
qui est dans son droit ?
qu'est-ce que le bon droit ?
ai-je raison ? a-t-il raison ?
pourquoi s'ingérer ?
pourquoi se révolter ?
pourquoi perdre des vies, de militaires, de civils, d'enfants et de vieillards ?
Pourquoi détruire une économie, les infrastructures ?
etc .. etc …
je ne parle pas que de l'Afghanistan.. je parle de toutes les guerres.
Je me refuse de prendre parti. C'est trop difficile et injuste de prendre parti honnêtement dans mon fauteuil bien au chaud.
à pablico
De Peureux anonyme
20H00 | 07/09/2008 |
Laissez donc les industriels de l'armement et tous ceux qu'ils contrôlent, (politiques, généraux,…) prendre parti à votre place.
à pablico
De Teberli
Enseignant | 21H27 | 07/09/2008 |
Tout homme peut prendre parti contre la guerre, contre le commerce officiel des armes, le trafic d'armes, la fabrication d'armes autorisées (quelle absurditée qu'une machine à tuer légale ! ) et celle d'armes interdites par les « cons-inventions » internationales.
Je crois que l'argument principal des non-pacifistes , c'est qu'il faut bien se défendre. Si l'on demande à un autre pays ce qu'il en pense, il dira la même chose ou presque et il faudra chercher longtemps pour trouver un seul pays qui dira : Nous fabriquons des armes et entretenons une armée afin d'attaquer des pays qui ne nous ont fait aucun mal.
Il me semble que les armes et les armées, aussi « civilisées » qu'elles soient sont deux éléments qui favorisent la guerre, la mort prématurée de nombreuses personnes et le recul de la civilisation. D'autres peuvent peut-être nous expliquer pourquoi le non-pacifisme apporte des bienfaits aux civilisations, nous étudierons leurs idées avec attention.
à Teberli
De mechante langue
22H04 | 07/09/2008 |
« D'autres peuvent peut-être nous expliquer pourquoi le non-pacifisme apporte des bienfaits aux civilisations, nous étudierons leurs idées avec attention. »
Et quels sont les bienfaits du pacifisme qui se contente en fait de sauter comme un cabris en criant « A bas la guerre ! » ?
à mechante langue
De Teez-teez
Back in the USSR | 14H12 | 08/09/2008 |
« Et quels sont les bienfaits du pacifisme qui se contente en fait de sauter comme un cabris en criant “ A bas la guerre ! ” ? »
Eviter une brutalisation de la société ?
à JePise
De Houvaton nouveau compte
19H16 | 07/09/2008 |
Il faudrait un référendum …
Il faudrait surtout une vraie démocratie. C'est-à-dire une démocratie directe à commencer dans chaque municipalité pour l'étendre à toute la nation.
Ce ne sont pas les maires des grandes agglomérations ou les parlementaires français qui vont vous offrir sur un plateau les referendums. Il faut aller se le chercher, les exiger, manifester, certainement se battre pour les obtenir. Je parle bien sûr des vrais referendums. Pas ceux d'initiative présidentielle (je consens à) ou parlementaires mais d'initiatves citoyennes.
Le seul pays, à ma connaissance, qui est une démocratie directe est la Suisse. Elle est neutre. Ce n'est pas dû au hasard.
Dès 1840, les demandes pour la liberté deviennent de plus en plus forts dans toute l'Europe occidentale. En Suisse, les radicaux suivent ce mouvement et s'impatientant organisent des marches de corps francs, en provenance d'Argovie et d'autres cantons en direction de Lucerne (le centre des conservateurs). En 1846, les cantons à gouvernements catholiques-conservateurs (LU, UR, SZ, OW, NW, ZG, FR, VS) réagissent en signant un traité secret (Sonderbund) avec l'Autriche contre les libéraux (libéral au sens de liberté, ou si vous préférez libertaires, libertariens voire anarchistes, commme aux USA d'ailleurs ultraliberal signifiant chez eux anarchiste, « an » absence « archie » pouvoir )
Enfin bref, lorsque les autres cantons apprennent l'existence de ce traité, une nouvelle guerre civile semble inévitable. Grâce à l'intervention du général Henri Dufour, commandant des troupes de la Confédération, la guerre contre le Sonderbund ne dure que quelques jours et ne fait pas plus de 86 morts et environ 500 soldats blessés. La victoire de la Sonderbundskrieg laisse ainsi le chemin libre à un nouveau système politique. En 1848, la Suisse se donne une nouvelle constitution fédérale.
La révision de la Constitution Fédérale de 1874 et la démocratie directe :
De 1848 à 1891 les instruments typiques de la démocratie directe suisse ainsi que le référendum facultatif sur les lois (1874) et l'initiative populaire (possibilité pour les citoyens suisses de modifier la Constitution en recueillant un nombre précis de signatures, 1891) sont développés. Le recours au référendum se fait de plus en plus fréquent (plusieurs fois par année).
Au court de cette période, l'Église catholique romaine souhaite limiter l'évolution vers une société démocratique et c'est pour cette raison, que des clauses restrictives sont ajoutées à la Constitution Fédérale complètement révisée en 1874.
Depuis 1874 et 1891, suite à la prise de pouvoir par le peuple en 1848, la Suisse est devenu le pays le plus libre au monde car il s'auto-gouverne. Il s'auto-gouverne car son peuple n'est pas un peuple de moutons et bien sûr ne connait de présidentielles à la con, n'attend pas un homme providentiel qui va faire tout le boulot et réfléchir à votre place. Il y a un (ou une) Président en Suisse mais n'a pas de réel pouvoir, est renouvelé chaque année par un Collège de 7 parlementaires.
Tout ça pour dire que si vous voulez des vrais referendums en France va falloir aller se les chercher. Va falloir se bouger. Ne pas préférer la sécurité (toute relative d'ailleurs) en échange de la liberté.
à Houvaton nouveau compte
De ericj
21H06 | 07/09/2008 |
La Suisse n'est pas un bon exemple, ne vous en déplaise : sa « neutralité » qui lui permet de blanchir tous les trafics possibles la disqualifie.
Sans les banques et leurs secrets (et les milliards qui vont avec), qu'est la Suisse ?
Rien. Absolument rien !
Un peuple de lâches et de complices de tous les malheurs de ce monde.
Facile de jouer les démocrates quand on fait son beurre sur le dos des opprimés…
Vous pensez que les dictateurs, les marchands d'armes, les escrocs de haut vol ont un compte chez notre « ami » Peyrelevade ?
Non, ils se retrouvent tous, étrange, à Genève, à Zurich, à Locarno…
Tiens, si on pacifiait la Suisse pour changer ?
à ericj
De Houvaton nouveau compte
21H48 | 07/09/2008 |
Je vois que le matraquage presse radiotélévisuel français est très efficace mais ne reflète qu'une réalité sordide pour cacher tout un ensemble systématiquement éludé.
Savez-vous qui était Basil Zaharoff ? Le plus grand des marchands d'armes et magnat de la presse de chaque côté du Rhin pendant la première boucherie 14-18. Boucherie à laquelle le peuple suisse a eu la sagesse de ne pas participer. L'immense fortune accumulée par Zaharoff, et celles probablement des ministres de chaque pays belligerant, a atterrie … à Monaco.
Enfin, vous ne devez pas connaître non plus Carla Del Ponte sauf bien sûr quand elle se fait salir par une presse française lèche-bottes, et que les moutons suivent, pour ne pas dire plus.
à Houvaton nouveau compte
De ericj
22H09 | 07/09/2008 |
À propos de moutons, vos chers Suisses ne sont-ils pas du genre à n'accepter que les blancs ?
Qaund à Monaco, le Luxembourg, les Caïmans et les autres pardis fiscaux, ce ne sont que des succursales de l'Helvétie.
« Si un banquier Suisse saute par la fenêtre, suivez-le ! Il y a sûrement de l'argent à gagner. »
(Voltaire)
à ericj
De Houvaton nouveau compte
23H42 | 07/09/2008 |
Sauf que Voltaire, qui a réhabilité Calas et Sirven et qui avait un compte personnel à régler avec le duc de Rohan, a passé ensuite la plus grande partie de sa vie … de Genève à Ferney en très riche propriétaire terrien et que sa fortune était placée …. chez des banquiers suisses.
Je vois également que le matraquage français est toujours aussi efficace car l'affiche du mouton noir du parti UDC a marqué tous les esprits en France. Sauf que les merdias français ont ensuite oublié de signaler que ce fut lors de trois questions referendaires initiées par ce même parti et que ces trois questions furent rejettées par le peuple suisse ! ! ! !
C'est oublier de dire également que l'UDC (l'équivalent de l'UMP FN en France) n'a pas le pouvoir en Suisse dudit UMP en France, loin de là :
- 28,9 % de sièges au Conseil national
- 17,4 % au Conseil des Etats ! ! !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_de_la_Suisse
Alors il faudrait donc arrêter de suivre comme des vrais moutons cette fois-ci, blancs ou noirs, les merdias de masse français et apprendre à vous forger vous même votre propre opinion. Internet est quand même là pour ça. Profitez-en.
à Houvaton nouveau compte
De Servais-Jean
4591
HS | 01H06 | 08/09/2008 |
Et en regardant les infos de la télé Suisse romande on en sait plus sur la France ou sur l'international qu'en regardant TF1 ou 2.
Les médias suisses ne sont pas pourris.
à ericj
De Peureux anonyme
22H20 | 07/09/2008 |
Mon grand père est mort à Verdun à 25 ans. S'il avait été suisse, il serait probablement mort vieux et chenu.
à JePise
De Gandijyn
10H43 | 08/09/2008 |
Faire un référendum, en France ?
Impossible, car 99% de la population ne peuvent « intégrer en intelligence » cette problématique. Il faudrait tout expliquer - et donc JUSTIFIER l'ERREUR - et repartir à zéro, ce qui est inconvevable étant donné l'avancement du « merdier » dans lequel les politiques ont collé la France en acceptant d'accompagner les US dans cette guerre intentionnelle affairiste.
Bien que l'opinion globale est convaincue de l'erreur, l'engagement est trop haut dans la pyramide hiérarchique pour abandonner le terrain : il y a (aurait) trop d'enjeux politico-financiers en jeu (au niveau International) ! …
Ce qui fait la position de force de NS - qui profite du chaos actuel - sans faire référence au Gouvernement, ni au Parlement…
Les militaires sur place sontcertes formés à la guerre des tranchées, mais pas en stratégie géopolitique. Ils doivent conserver des positions, mais n'en possèdent ni les clés, ni aucune source, ni les aboutissments. Ils se battent, point barre ! (déplorable, mais il en est ainsi ! )
En cas de référendum - avec une volonté à ne plus participer - il en résulterait un désaveu politique (avec des conséquences sévères sur les affaires), et cela NS ne peut l'accepter, lui qui fait tout pour « parader » et « avoir un rôle de Tout-puissant ».
L'avis du peuple (s'il n'est pas truqué) a bien peu de probabbilité de voir le jour, et serait insignifiant dans la décision de NS (comme il en est de tout le reste).
à rajouter que, malgré la « Présidence de la France » en Europe, nous représentons seulement un petit jouet de médiation entre US et Russie, qui brasse beaucoup d'air, mais n'a pas (plus) les moyens d'intervenir, hormis en salon… bien pâle figure au regard du monde… Chine, Russie, US rigolent, s'amusent et le font savoir… La France excelle dans le rôle de « planton », porteurs de documents & de valises diplomatiques.
à JePise
De micke
utopiste | 10H52 | 08/09/2008 |
super bonne idée,
et pas que la france, les us et les autres
allez dimanche prochain tous les afghans aux urnes, parce que ce sont quand même les premiers concernés, pour décider si la france, les us et les autres bouchers doivent continuer ou non leur boucherie.
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 14H52 | 08/09/2008 |
1) Une guerre révolutionnaire se gagne avec la population, pas contre la population.
2) une guerre de pacification ne consiste pas a êmpecher de se battre des gens qui veulent se battre. Depuis des siecles.
3) Dans une situation comme l'Afghanistan, le seul ennemi est le désordre et nous n'avons pas d'alliés. Comment définir une victoire ?
Sortons d'Afghanistan. Inconditionellement. Par le plus court chemin.
Pierre JC Allard
http://nouvellesociete.org/5166.html
De solstice
pigiste | 17H19 | 07/09/2008 |
A JePise,
Je ne vous suis pas du tout : nous avons des députés et, sur ces questions de politique étrangère, ils sont certainement plus qualifiés pour peser le pour et le contre.
Notre présence ou notre absence d'Afghanistan, comme dans tous les conflits où notre présence est demandée, demande une étude aprofondie, loin de la passion soulevée par la mort de 10 soldats, dont certains étaient très jeunes.
Le référendum devrait être réservé à des questions de société qui concernent directement les électeurs. Je pense au mariage homosexuel, au droit au suicide assisté : toutes ces questions, et leur réponses, permettraient au législateur de comprendre la perception d'un changement de société et la réception éventuelle d'un texte de loi.
à solstice
De Sup.25.08.09 àlademandeduriverain
18H05 | 07/09/2008 |
Le référendum ne paraît pas très facile à utiliser en l'espèce, il est certain aussi que l'on peut légitimement se poser des questions sur le résultat d'un « réflexion » parlementaire. Je n'ai pas personnellement l'impression que le parlement réfléchisse à quoique ce soit. Les godillots suivent Sarko qui suit Sam. ca se passe tout simplement ainsi. J'ai peur que trouver une solution soit particulièrement difficile en ce moment. Nous manquons singulièrement d'esprits éclairés. Moi qui n'en suis pas un, je peux le dire…
à Sup.25.08.09 àlademandeduriverain
De Houvaton nouveau compte
19H30 | 07/09/2008 |
Le Parlement français réfléchit et même bien, sauf que c'est à ta place qu'il réfléchit (pendant que tu bosses ou que tu regarde la télé dirigée par le CSA) et contre TES intérêts.
Et tu peux devenir aussi éclairé que n'importe quel « spécialiste ». Tu es où là ? sur internet. Eh bien c'est un excellent début. Tu cliques sur le lien et hop on t'offre la visite guidée du CSA comme tu ne l'as jamais vu.
http://www.dailymotion.com/relevance/search/csa%2Bchiottes/video/x15k3m_…
Sympa non ?
à solstice
De Peureux anonyme
20H15 | 07/09/2008 |
Les députés ne sont pas plus malins que vous. Peut être moins. Deux remarques :
1) Votre député est supposé représenter les citoyens de votre circonscription. C'est la source de la légitimité du Parlement !
Votre député doit voter en fonction des opinions des citoyens de votre circonscription et non de son opinion à lui ou de celle de son parti politique de rattachement.
S'en remettre à lui est donc un non sens, voire une insulte à la démocratie.
2) Croire que les députés sont mieux informés que vous est une grave erreur.
Lors des votes sur l'approbation du référendum du traité constitutionnel en 2005 et sur le traité de Lisbonne en 2007, une enquête auprès des députés a montré que l'immense majorité, presque la totalité, n'avaient pas lu les textes en question ! ! !
Les citoyens de 2008, dotés d'accès à Internet, trouvent de l'information bien plus pertinente et réfléchie qu'au près de leurs députés.
Le Monde évolue, nous ne sommes plus au 19éme siècle !
à Peureux anonyme
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 23H41 | 07/09/2008 |
Il est clair qu'actuellement, voter pour un parlementaire ou un candidat à la présidence de la République revient plus à signer un chèque en blanc à un notable qu'à choisir quelqu'un qui défende les intérêts de ses électeurs.
Bref, le jour où le député sera révocable par ceux qui l'ont élu, je recommencerai à avoir un peu plus confiance dans la vie politique…