decryptage 04/09/2008 à 14h40

Embuscade d'Uzbin : les trois erreurs de l'armée française


Témoignages et fuites contredisent la version officielle sur la façon dont sont morts les dix soldats français en Afghanistan.


Cérémonie aux Invalides en hommage aux soldats tués à Ubzin le 21 août 2008 (Reuters).

Comment sont morts les dix soldats français, en Afghanistan, le 18 août ? Absence de renseignement, dysfonctionnements dans la coordination, pénurie de forces d'appui : le débat fait rage à l'état-major, où certains officiers admettent avoir sous-estimé le « saut qualitatif » des combattants afghans.

Doutes sur l'enquête
du Canard enchaîné


Dans son blog Defense ouverte, sur LePoint.fr, Jean Guisnel remet en question la validité du rapport sorti par Le Canard enchaîné le 3 septembre.

Un document présenté comme écrit par « officiers de renseignements », dont plusieurs points étonnent le journaliste spécialiste des questions de défense.

En cause, la chronologie de l'embuscade, « très proche » de celle qu'il a lui-même établi le 21 août, et qui contient notamment les mêmes approximations sur la quantité de munitions utilisées.

Guisnel remarque aussi que les termes utilisés par l'article publié dans l'hebdomadaire de Claude Angéli de se retrouvent dans des commentaires publiés sur son blog et sur celui de la Fédération nationale des combattants volontaires. Y.G.

Eric de Lavarène a décroché le scoop pour Paris-Match. Installé depuis plusieurs années dans la région, ce journaliste français a pu rencontrer les auteurs de l'embuscade tendue par les Talibans le 18 août dernier dans la vallée d'Uzbin.

Bien que parcellaires, les précisions livrées par le commandant Farouki, chef d'un groupe de 500 combattants, permettent de mieux comprendre la bataille rangée qui a opposé les rebelles afghans aux soldats français :

« L'embuscade n'était pas préparée. Nous avons juste été prévenus un peu avant l'attaque de la présence de soldats étrangers sur notre territoire. Ensuite, nous avons agi très rapidement. Ce n'était pas compliqué.

“Nous disposons de caches d'armes un peu partout et nous connaissons évidemment bien le terrain. Nous étions positionnés avant qu'ils arrivent. Cent quarante combattants bien entraînés. Si la nuit n'était pas tombée, nous les aurions tous tués.”


La faillite du renseignement.

Il est donc 13h15, heure locale, lorsque le convoi de VAB (Véhicule de l'avant-blindé) de la patrouille de l'Isaf (les forces de l'Otan en Afghanistan) s'arrête au pied d'un col, près du village de Sper Kunday, à 70 kilomètres à l'est de Kaboul. Il fait chaud -30 degrés-, dans une “ atmosphère poussiéreuse ” dixit Jean-Louis Georgelin, le chef d'Etat-major des armées.

Cette patrouille est composée de trois compagnies :

  • Des parachutistes du 8e RPIMa de Castres
  • Une compagnie de l'armée nationale afghane encadrée par des légionnaires du 2e REP de Calvi
  • Une compagnie du régiment de marche du Tchad, de Noyon.

En tout, 300 soldats. Plus un “ détachement des forces spéciales américaines ”, dont on ne sait précisément ce qu'ils ont fait.

A ce stade, aucune explication crédible n'a été donnée sur la nature du renseignement dont ont bénéficié les talibans : est-ce la défection d'un interprète au dernier moment, comme l'avance Le Canard enchaîné ? Ou la simple rumeur des villages, prévenu par le bruit des véhicules blindés ?

L'un des survivants de l'attaque, interrogé par Le Monde, précise :

“Il faut près de trois heures pour arriver au col, suffisamment de temps pour que les talibans soient prévenus par des complices de notre arrivée.”

L'élément de tête -la section “ Carmin 2 ”, 11 gradés et 19 paras ayant 24 ans et 8 mois de moyenne d'âge- débarque des VAB pour reconnaître le col : 1 500 mètres de montée, à pied. Pas d'hélicoptère, ni de drône pour observer la crête : les parachutistes tombent dans un piège parfait, ajoute l'un des témoins interrogés par le quotidien :

“Lorsque nous sommes arrivés à cinquante mètres de la ligne de crête, raconte un soldat, les tirs ont commencé. Ils n'ont pas cessé pendant six heures. Parmi les attaquants, il y avait des tireurs d'élite, ils étaient plus nombreux que nous et nous attendaient. On les entendait recharger leurs armes.”

“ Qui tient les hauts, tient les bas ” : ce vieil adage enseigné à tous les officiers n'a pas du tout été respecté par la patrouille du 8ème RPIMa. Avec la carence de renseignement, c'est la première erreur.


La carence d'un appui-feu de soutien.

A 15h40, la section est prise sous un feu nourri. D'après les témoignages des survivants, des tireurs embusqués équipés de fusils russes Dragunov doublent des tireurs de RPG, lance-roquettes russe, qui vont immobiliser les VAB.

Le tout par des “ tirs désynchronisés ”, selon un officier cité par Jean Guisnel dans Le Point, qui nécessitent une vraie préparation. D'après le chef d'état-major des armées, Jean-Louis Georgelin, l'effet de surprise est fatal :

“ Les neuf tués l'ont été dans les premiers instants du combat, ainsi que la majorité des 21 blessés. ”

Un interprète afghan est aussi été tué lors des premiers tirs, information qui ne sera livrée qu'une semaine après les faits.

Les parachutistes sont-ils mal équipés ? Outre les rangers et les 30 kilos de barda peu adaptés au terrain afghan, c'est sans doute le port des gilets pare-éclats qui a sauvé des vies. Dans une longue analyse, le général François Cann, président de l'Amicale des anciens du 8ème RPIMa est formel :

“ On dit que les paras étaient mal protégés. Le nouveau chef d'état-major de l'armée de terre, le général Irastorza, m'a dit qu'il y a deux ans, nous aurions eu, selon l'avis des chirurgiens, deux morts de plus à déplorer : le nouveau gilet pare-éclats (EFB) les a sauvés. ”

Commence alors la longue attente... d'un renfort. Dans l'enquête que publie Le Monde ce jeudi, un rescapé témoigne, amer :

“Nos chefs sont passés nous voir avec le Président. Ils ont donné leur version et c'est celle-là qui restera. (...) Mais nous, on était sous le col et on pense qu'on a été lâchés et qu'on s'est fait baiser ; ils nous ont laissés là-haut tout seuls pendant des heures.”

Le premier appui aérien (des avions américains A-10 à 16h20) ne peut intervenir, par crainte de tirer sur les Français. D'après le rapport des officiers de renseignement français publié ce mercredi dans le Canard enchaîné, “ l'ordre d'envoyer une section de réaction rapide ” est donnée à 15h55, elle arrive sur place une heure plus tard.

A 17h50, deux hélicoptères sanitaires américains arrivent sur place, mais ils ne peuvent se poser, “ les tirs trop nourris les empêchant d'atterrir ”. “ Toute la zone est à feu et à sang, poursuit le rapport, ils rebroussent chemin. ”

A 18h40, les hélicoptères sanitaires français (les Caracal) parviennent à se poser pour ravitailler en munitions, “ ils en apporteront plus de deux tonnes au cours de la bataille ”.

Dans tous les cas, ni le soutien aérien de l'Isaf, ni l'artillerie ne parviennent à déloger les talibans de leur position. Selon la porte-parole de l'Otan à Bruxelles, Carmen Romero, les A-10 américains, avions anti-guérilla, n'ont pu intervenir :

“Nous savons que les avions chargés d'apporter un soutien aérien rapproché ne pouvaient pas être engagés parce que les soldats français étaient très proches des insurgés talibans.”

Enfin, les deux hélicoptères de combat français déployés en Afghanistan ne sont pas disponibles. Ils accompagnent le président Hamid Karzaï à l'occasion des cérémonies de la fête de l'indépendance.

La nuit tombe. A 21 heures, les “ insurgés ” décrochent, emportant leur trophée de guerre. Un dixième soldat français trouvera la mort mardi 19 août, dans le renversement de son VAB.


La gestion médiatique de la guerre.

Manifestement, les talibans ont profité de l'obscurité pour parachever leur embuscade. Au petit matin, trois corps de soldats français sont retrouvés “ alignés ”, indique le rapport du renseignement français. Ces soldats ont-ils été torturés, achevés ou simplement déplacés ? Là encore, difficile d'y voir clair.

L'armée française a conservé un silence prudent sur ce point. Les talibans ont prouvé qu'ils avaient récupéré du matériel sur les cadavres : une montre, un casque, un uniforme et deux fusils d'assaut Famas, d'après le reporter de Paris Match.

A la question de savoir s'ils ont “ torturé des soldats ”, le commandant Farouki répond :

“ Non. Ces hommes sont morts à cause de Bush et de votre président. Nous n'avons pas voulu tuer vos maris ou vos enfants. Nous n'en voulons pas aux Français. S'ils partent, alors tout ira bien. Tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons. Tous. ”

Un message en forme de menace qui contredit la déclaration tonitruante du général Benoit Puga. Le sous-chef opérations de l'Etat-major qui, le 28 août, parle d'une “ sacrée raclée ” avec 40 morts côté taliban. Sauf qu'un seul corps des “ insurgés ” a été retrouvé sur le terrain. Où sont les autres ? Comment les forces de l'Isaf ont-elles évalué ce nombre de tués ? Cela reste flou.




Agrandir

Ayant bien compris tout l'intérêt de médiatiser leur coup de main, les talibans ont donc pris la pose pour Paris Match dans leur repli montagneux. Or, si le schéma de la bataille présentée à Paris, permet de mieux comprendre le déroulement des opérations, l'avantage psychologique est net. Sans oublier un gouvernement français qui refuse d'employer le terme de “guerre”.

Bien sûr, après une telle défaite médiatique, les débats font rage au sein des cercles militaires. C'est la guerre, “ une guerre totale ” ajoutent ceux qui ont connu l'Algérie, où il y a cinquante ans les responsables politiques refusaient obstinément de reconnaître publiquement la brutalité des faits. Faut-il partir ou rester ? Et si on reste, à quelles conditions ?

Le débat aura lieu le 22 septembre au Parlement, où les députés pourront méditer ce proverbe afghan cité par la Fédération nationale des combattants volontaires :

“ Donne un cheval à celui qui dit la vérité, il en aura besoin pour s'enfuir. ”

La première chronologie de l'embuscade, établie par Jean Guisnel, dans Le Point
La chronologie de l'Etat-major des armées présentée par le général Benoit Puga

A lire aussi :
Halte au management compassionnel de l'armée

Photo : Cérémonie aux Invalides le 21 août 2008 en hommage aux soldats tués à Ubzin (Reuters).

Mis à jour le 04/09/2008 à 17h. Encadré sur l'article de Jean Guisnel sur LePoint.fr et passage sur l'enquête du Monde parue dans son édition du 5 septembre.

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  • Thorgal46
    Thorgal46
    Informaticien dans le Lot
    • Posté à 15h11 le 04/09/2008
    • Internaute
      Informaticien dans le Lot

    Je m'adresse par ce commentaire directement à celui qui ose se présenter comme le Président de tous les Français :

    Monsieur,
    une poignée d'indépendantistes cagoulés envahit le jardin d'un de vos amis et cette « erreur » professionnelle coûte sa place au responsable de la sécurité en Corse.
    Dix de nos soldats sont tués dans une embuscade à cause « d'erreurs » de l'encadrement militaire et personne n'est viré ! ! ?

    De qui vous moquez vous, Monsieur, si ce n'est du Peuple Français !
    Vous êtes une insulte à l'esprit Républicain car vous vous comportez comme un monarque autoritaire !

  • bloqué le 24.09.09
    • Posté à 15h12 le 04/09/2008

    Pour comprendre ce que sont les afghans, et la situation en Afghanistan, vraiment prenez quelques minutes pour écouter cette vidéo qui reprend des passages d'une émission de télé (évidemment tardive, on ne raconte pas cela à une heure de grande écoute) :

    Lien

  • le soudanais
    le soudanais
    ici et là
    • Posté à 15h33 le 04/09/2008
    • Internaute
      ici et là

    Pour une fois Paris Match fait son boulot de journalisme. En tant que publication française, ils n'ont pas à prendre parti, ils rapportent des évènements, interviewent des protagonistes et illustrent leurs reportages de photos qui montrent une réalité, celle de troupes afghanes qui contrôlent plus de la moitié d'un pays – le leur - et qui estiment devoir débarrasser leur pays de troupes étrangères et infidèles. Couvrir un conflit implique de tenir compte de tous les bords. Et puis c'est vrai quoi, qu'est ce qu'ils ont à dire des Afghans qui se battent en Afghanistan contre des troupes étrangères… ? Alors oui, on est loin de la propagande de l'Etat français et de son armée qui est distillée jours après jours dans les médias français. Mais bon, si on se contente de rapporter les propos et les idées de nos amis et alliés, on ne va très loin dans la compréhension d'un conflit. La guerre tue, notre ennemi nous considère comme un ennemi et estime être dans son bon droit (bein comme nous en fait ! ), et au bout du compte qu'est ce qu'on a : des parents qui pleurent leurs enfants, c'est inévitable.

    Que l'armée ait fait des erreurs c'est fort probable, en revanche je commence à en avoir assez qu'on nous présente les soldats français comme des « gamins ». Ils sont jeunes sans doute, mais sont armés et entraînés pour se défendre et tuer. Depuis fort longtemps on n'envoie plus d'appelés faire le sale boulot, mais des professionnels qui en s'engageant savent à quoi s'attendre quoi qu'en disent les gens. Ça ne doit pas être facile d'avoir un membre de sa famille dans l'armée, mais j'estime que quand on fait le choix de s'engager, on sait un minimum à quoi s'attendre, même si on espère s'en sortir indemne. Si quelqu'un s'engage pour rester toute sa carrière dans une caserne en France, je pense qu'il a fait une connerie quelque part. S'engager signifie aussi faire preuve d'abnégation et d'obéir aux ordres pour le bien de la sa patrie, la bien belle et glorieuse France et être prêt au sacrifice ultime comme on dit. Faut pas être Einstein pour comprendre que la France envoie souvent ses troupes pour des raisons plus que fallacieuses dans toutes sortes de terrains d'opérations soutenir des initiatives pas toujours aussi glorieuses que la libération de Paris par la 2ème DB, rien de nouveau sous le soleil non plus. C'est fini le temps des bons contre les méchants. L'armée française ne combat pas pour le « bien », elle fait en sorte que la présence de la France soit assurée dans certaines régions du monde et que ses intérêts soient sécurisés. Ici elle fait en sorte que Karzai reste au pouvoir. Point. Alors que ce dernier ne contrôle rien dans son pays et qu'on le surnomme le maire de Kaboul.

    On nous présente les talibans comme les grands méchants et Karzai comme un grand progressiste. Que nenni. La lapidation, les condamnations à mort arbitraires, l'interdiction de l'homosexualité, les femmes sous burqa, les viols, les abus, la corruption, la violence clanique ou politique, le trafic de drogue, etc… existent tout aussi bien sous le régime Karzai, que sous un régime taliban. D'ailleurs les taliban sont soutenus par les services secrets pakistanais eux même soutenus par les USA, qui viennent de se rendre compte, oh surprise, que le Pakistan osait soutenir en sous main les talibans, oulala quelle surprise ! Ils nous prennent vraiment pour des cons parfois ! Et puis il faut se faire une raison : les troupes françaises, si elles restent, sont considérées comme des troupes d'occupation, ce qu'elles sont.

    Quelques jours après la mort de 10 soldats français, de 75 à 90 civils afghans ont été tués par un bombardement de l'OTAN. Ah oui, c'était une erreur. Désolé les gars. Le coup de l'unité nationale face à un ennemi horrible, ça ne marche pas pour l'Afghanistan les gars. Pas pour moi. La mort de ces 10 soldats me chagrine, mais moins que celle des dizaines de milliers civils afghans qui payent les frais de politiques désastreuses, et ce n'est pas l'instauration d'un pouvoir afghan fort soutenu par les USA et d'autres puissances occidentales qui va changer la donne.

    Les brutes, les barbares, les monstres de quel côté ils sont déjà ?

    La violence géopolitique décidée dans les salons feutrés du pouvoir est toujours plus discrète que celle guerrière et armée d'un fusil d'assaut, mais au bout du compte, c'est elle qui fait le plus de ravage.

  • mendel
    mendel
    Citoyenu du monde vivant en (...)
    • Posté à 15h56 le 04/09/2008
    • Internaute
      Citoyenu du monde vivant en (...)

    Une fois de plus l'histoire ne se répète pas, elle bégaie. Nous sommes dans une guerre qui ne veut dire son nom, on disait cela de l'Algérie. Face aux échecs militaires, on envoie plus de troupes, plus de matériel, pour toujours les mêmes modes opératoires tirés des mêmes doctrines qu'il y a 50 ans, sans en avoir tiré aucune leçon. Les situations de guerres asymétriques n'ont jamais été payantes, souf pour les plus faibles. Il serait pas mal que toutes ces ganaches pleins de certitudes et de suffisances lisent ou peut être relisent, les textes de Mao Tsé toung ou du Ché sur la guerre révolutionnaire et la guerre de guérilla. Remplaçons talibans par fellaghas ou guerilléros, on verra qu'ils appliquent les mêmes méthodes qui sont payantes.
    Une guerre de guérilla, lorsque toutes les conditions sociales et politiques sont réunies, est TOUJOURS gagnante. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'histoire

  • GG Lapraline
    • Posté à 16h06 le 04/09/2008

    Depuis quelques jours, dans le métro parisien, cette nouvelle et magnifique campagne de pub : sur une affiche 4 par 3 écrit en noir un gros « ENGAGEZ-VOUS », l'autre partie de l'affiche occupée par le visage d'un militaire en tenue de camouflage. En bas à droite, en rouge cette fois-ci « NOUS NOUS ENGAGEONS ».
    Là, je ne peux m'empêcher de ricaner doucement : nous nous engageons, nous nous engageons .... Ah oui, c'est ça, nous nous engageons à vous envoyer dans un pays où vous ne serez pas du tout vus comme des combattants de la liberté mais plutôt des affidés des désormais célèbres « pots-de-chambre », nous nous engageons aussi à vous fournir un matériel inadapté voire obsolète, nous nous engageons à ce que nos alliés américains vous y voient vous faire tirer comme des lapins, nous nous engageons à vous fournir un appui aérien non opérationnel, bref, nous nous engageons à vous fournir un petit bout d'enfer sur Terre. Vite, où est ce que je signe ? !

  • antoinelecanut
    • Posté à 16h19 le 04/09/2008

    Il se trouve que la photographe en question est Véronique de Viguerie (Eric de Lavarène étant le journaliste), qui est tout sauf « un charognard ». Elle est en Afghanistan depuis 2004, et à notamment publié en 2006 avec Marie Bourreau le livre « Afghanistan, Regard croisés », que je vous conseille.
    Comme je vous conseille ce portrait la concernant : Lien
    On peut différencier le travail du photographe, et les raisons pour lesquels un journal les publie.

    On peut comprendre également que ces photos choquent, en particulier les familles et les proches des victimes. Mais qu'est ce qui est abjecte : ces photos où cette querre, qui fait que ce type de photos puissent être prisent ? Qu'est ce qui est le plus indécent, ces photos où notre Ministe de la Défense qui tente de nier qu'une guerre a lieu (un grand classique depuis l'Algérie).
    Je ne souhaite pas défendre Paris Match, qui n'est pas un journal que j'apprécie, mais qui est reponsable de la mort de ces garçons ? Les journaux, où nos politiques et stratèges militaires ?

  • Sergius3
    • Posté à 18h31 le 04/09/2008

    Petit rappel aux pacifistes méprisables ....

    En 1917, ils crièrent « Non à la guerre » ils firent... la guerre civile, et créèrent l'URSS. Massacres et camps surgirent aussitôt... Naquit un système qui fit cent millions de morts.
    En 1934, ils recommandaient de déposer les armes quand l'armée allemande préparait les siennes. En 1938 ils applaudirent le pacte qui éviterait la guerre ! En 1940 ils recommandèrent de fraterniser avec les troupes de l'occupant. Quelques jours avant l'invasion ils manifestaient à Paris « pour la paix et contre le militarisme français ! »
    Suivit une guerre de cinq ans d'exterminations.
    En 1950 ils manifestaient pour « la paix en Indochine » pendant que nos soldats tombaient lâchés par notre gouvernement. Suivit une dictature, des camps et des massacres. Ceux qui purent tentèrent de fuir cette « paix-là » !
    En 1960, ils manifestèrent « pour la paix en Algérie », tout en acclamant ceux qui égorgeaient femmes et enfants et qui posaient des bombes au milieu des civils. Ils applaudirent les accords d'Evian. L'encre à peine sèche, la population civile fut massacrée, torturée, civils et soldats disparurent ; vint ensuite le génocide des Harkis. 150.000 Harkis engagés par la France et leurs familles sont égorgés, mutilés, décapités, coupés en morceaux, cuits en méchoui jeté aux chacals et aux chiens...
    Tortures, exécutions, génocide et épuration ethniques. On n'entendit guère protester les pacifistes... après 1962.
    Vint 1968 et les grandes manifestations « pour la paix au Viêt-Nam, pour la paix au Cambodge ». On soutint « le camp de la paix » contre les USA. Le camp de la paix... celui de Ho Chi Minh et Pol Pot... Suivit le génocide cambodgien, les camps vietnamiens, bref un « détail » de millions de morts, des déportations et des radeaux pour fuir par la mer. Les pacifistes ne manifestaient plus...
    La Turquie envahit Chypre...les pacifistes oublièrent de manifester la Turquie massacra les Kurdes...les pacifistes oublièrent de manifester. La Chine occupait toujours le Tibet...et qui s'en souciait ? Soudan, Indonésie, Côte d'Ivoire pays envahis et massacrés... Mugabe organisa la chasse ethnique...et vint rendre visite à Chirac... Pas de manifestation des pacifistes à Paris ! Bouteflika réprimait les Kabyles et laissait égorger sa population. Il vint s'afficher avec arrogance à Paris... Pas de manifestation des pacifistes !
    Les pacifistes en revanche, trépignaient, impatients qu'on bombarde Belgrade. Les pacifistes manifestaient avec des drapeaux palestiniens. Au milieu des drapeaux du Hamas et du Hezbollah, on y criait « le djihad, le djihad » et parfois « mort aux Juifs » !

    La morale de ce siècle de pacifistes est la suivante : Quand on veut connaître le camp le plus meurtrier, et celui qui apportera les longues ténèbres des dictatures... Il suffit de regarder les pacifistes : ils vous l'indiqueront sans jamais se tromper. Ils soutiennent toujours ce camp-là !

    Alliés « involontaires », du nazisme ils soutinrent : hier les dictatures communistes, et aujourd'hui le terrorisme islamique !

    Comme dit notre président Sarkozy bien aimé, élu avec une grande majorité, celle de la France qui se lève tôt,, il est temps de recadrer de temps en temps .
    cqfd

  • Quixano David
    • Posté à 07h07 le 05/09/2008

    Personne ne semble se souvenir de l'intervention de Guénant, juste après l'embuscade, affirmant que les assaillants venaient d'Irak.

    Soit il a menti sciemment, soit Paris Match est mieux informé que le premier flic de France.

    édité :
    ajout de la citation (Le Figaro du 25 Août)

    « La majorité des assaillants n'étaient pas afghans »
    « il y a une sorte d'internationale du terrorisme islamiste. Ses combattants se déplacent d'un pays à l'autre et, maintenant que la situation change en Irak, ils repartent sur un front nouveau qui est celui de l'Afghanistan »