
Après des mois de rumeurs, La Poste vient de confirmer sa privatisation partielle, à partir de 2010. Rien de réjouissant pour les particuliers, comme j'ai pu à nouveau m'en rendre compte après avoir commandé des livres sur Internet.
Il y a presque un an, je vous racontais mes déboires pour récupérer une commande de livres auprès de Coliposte, la branche d'activités du groupe déjà privatisée. Déboires largement partagées par tous les habitants des quartiers où cette société estime qu'il est trop compliqué de livrer des paquets.
Le même scénario se reproduit, en plus kafkaïen
La semaine dernière, il m'est arrivé exactement la même histoire, mais en plus kafkaïen. Cette fois-ci, j'ai commandé des livres à l'excellent éditeur Guérin spécialisé dans les livres sur la montagne. Au bout d'une semaine sans nouvelles, j'envoie un mail au service commercial qui me rappelle quelques heures plus tard :
« Mais monsieur Servenay, votre commande est déjà arrivée, elle vous attend au bureau de poste ! »
Première surprise : l'expéditeur sait que la commande est arrivée, pas le destinataire. Je file au bureau de poste avec le numéro de colis communiqué par Guérin. Miracle, le colis est bien là. Le guichetier de service -un remplaçant que je ne connaissais pas- me confirme que la livraison des paquets est toujours aussi erratique dans le quartier. « Tout le monde se plaint », dit-il. Précision : j'habite en plein Paris, capitale de la France.
Motif de la non livraison : « pas d'indication d'étage »
Trois jours plus tard, que vois-je arriver dans ma boîte aux lettres ? Un avis de passage pour colis, daté du 20 août, alors que nous sommes le 27… cherchez l'erreur. Mieux : le livreur a pris soin d'inscrire un motif parfaitement fallacieux pour justifier sa non-livraison du paquet :
« Pas d'indication d'étage »
Evidemment, il n'y a pas d'indication d'étage, puisque les noms des occupants figurent sur l'interphone de l'immeuble.
Résumons : je passe une commande, je paie Coliposte pour me faire livrer, j'attends huit jours une livraison promise en 48 heures dont je ne suis prévenu (officiellement) qu'après être allé la chercher… Bilan : j'ai payé un service à moitié rendu, le livreur a vraisemblablement fait semblant de faire son travail, provoquant ainsi l'irritation du client (moi) et du guichetier qui a le sentiment de faire le travail de son collègue privatisé.
Entre les particuliers et les entreprises, le choix de la rentabilité
Les raisons de ces dysfonctionnements n'ont pas varié par rapport à l'an dernier :
- Mon quartier de centre-ville n'est pas adapté à la livraison des colis aux particuliers.
- Comme dans certains quartiers de banlieue, Coliposte a manifestement décidé de réduire ses activités au minimum (un petit tour au bureau de poste et la tournée est finie).
- Cette activité n'est pas rentable lorsqu'elle s'adresse aux particuliers, alors qu'elle croît de 4% par an, selon les chiffres de Coliposte. En revanche, c'est une vache à lait pour les entreprises qui, elles, sont livrées sans délai.
- Privatisée depuis 1996, la Deutsche Post a considérablement réduit son rythme de tournées aux particuliers dans certaines zones (courrier deux fois par semaine).
Si j'ai bien suivi les explications de Jean-Claude Bailly, PDG de la Poste, il reste encore deux ans avant que les activités postales ne basculent dans le champ de la concurrence ouverte, le 1er janvier 2011. Il me reste donc deux solutions :
- Trouver un concurrent sérieux à Coliposte, qui me garantira un service de livraison.
- Retrouver le chemin des librairies réelles.
Par acquit de conscience, je suis allé vérifier sur le site de Coliposte leur définition de la qualité du service. Elle n'a pas changé depuis un an mais elle est toujours aussi mensongère :
Qu'est-ce que la qualité pour ColiPoste ?
« C'est offrir le bon service à nos clients de manière durable et reproductible à tous les niveaux de la chaîne de traitement. C'est également offrir le même niveau de service à tous nos clients sur tout le territoire. “
► Article suivi : Quand la Poste renonce à distribuer les colis en banlieue


























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De siko
cherche un moyen élégant pour gagne... | 14H44 | 31/08/2008 |
Coliposte… A chaque fois que je passe par eux, il y a des problèmes et je sais pourquoi, ils ne sont que deux pour tout Bruxelles à être de service au dépôt. Il faut les menacer d'aller venir chercher avec eux dans leurs rayons pour que soudain ils retrouvent le colis égarés depuis trois jours… Vraiment pénible.
De matin brun
militant de gauche | 15H17 | 31/08/2008 |
Et oui et c'est pas tout….
J'ai mon meilleur ami qui vient d'être embauché comme facteur à PARIS. Il a du passer un concours, avoir plusieurs entretiens, y compris un psycholoque, attendre 2 ou 3 mois pour enfin avoir confirmation.
SUPER, un chomeur de moins et un fonctionnaire de plus ! ! ET BIEN NON. Un chomeur de moins mais un esclave de plus car :
CONTRAT DE DROIT PRIVE
HORAIRE 6H A 13H SAUF AU DEBUT QUAND TU NE CONNAIS PAS LES TOURNEES,SI TU FINIS + TARD C'EST PAS PAYE.Comme tu changes de tournée assez souvent (cadeau d'heures à LA POSTE)et ce 6J/7J et 1 W-END avec ta famille toutes les 4 semaines
Salaire et bien……. le SMIC
Résultats, beaucoup abandonnent ce boulot, certains ne distribuent même pas le courrier (ils le balancent à l'entrée des immeubles). Les facteurs que tout le monde aimaient ne vont plus exister, ils sont remplacés par des livreurs.
BOUGEZ AVEC LA POSTE était le slogan, moi je clame :
BOUGEONS NOUS POUR SAUVER LA POSTE ! ! !
De Goodtime
15H47 | 31/08/2008 |
J'ai travaillé à la poste une dizaine d'années. Le processus que vous décrivez a commencé à la fin des années 80. A cette époque, nous sentions déjà arriver cette privatisation. Je me souviens m'être mis en grève très souvent pour tenter d'alerter l'opinion. Pour nous heurter à l'indifférence (dans le meilleur des cas) et presque toujours souvent à la bonne vieille agressivité vis à vis de ces fainéants de postiers (le fameux petit travail tranquille). Quelle époque émouvante…
Plusieurs petites choses : déjà, vous, les particuliers, vous devez savoir que depuis longtemps, pour la poste, vous êtes passés du statut d'usager à celui de client.
Vous (toujours les usagers), au début des années 90, vous ne représentiez plus que 20 % du trafic global de cette entreprise. 80 % des clients représentaient 20 % du trafic… Le reste (les entreprises, administrations---> 20 % des clients) représentaient 80 % du trafic. Le calcul est vite fait.
Enfin, il faut savoir que depuis pas mal d'années, la poste emploie énormément de personnes sous forme de contrats précaires, renouvelés à l'envi… Je ne sais pas si les fonctionnaires soient encore majoritaires dans cette boîte.
De demilune
15H58 | 31/08/2008 |
Honnêtement moi je ne redoute pas la privatisation de la poste.
En effet, le service postal fonctionnant déjà très mal, je me dit qu'avec la privatisation cela pourra difficilement être pire.
A titre d'exemple, certaines lettre mettent plus de 20 jours pour arriver, d'autres n'arrivent tout simplement jamais. Quand au facteur, il ne passe pas tout les jours (tout le monde dans le quartiers reçoit une pile de courrier en fin de semaine et parfois rien les autres jours). On peut aussi signaler que fréquemment, on reçoit du courriers mal distribué à tel point que bien des gens préfèrent jeter le courrier qui n'est pas pour eux plutôt que de le ramener systématiquement à la poste. Enfin, en cas de lettre recommandé, le facteur ne prend pas la peine de sonner (ce qu'il est pourtant censé faire) et préfère mettre l'avis de passage directement dans la boite aux lettres. Vous étiez chez vous mais vous devez quand même du coup vous rendre à votre bureau de poste qui n'ouvre pas avant 9h et ferme à18h.
Je veux bien défendre le service public mais encore faut il que celui ci fasse un effort !
De affreuxjojo
16H00 | 31/08/2008 |
Toute privatisation des services publics se prépare longuement à l'avance. Une étape essencielle consiste a saboter le fonctionnement du service public concerné. De cette manière, il n'y a plus grand monde pour le défendre. Les postes n'échappent pas à cette règle d'or.
La manoeuvre se précise pour l'Education et la Santé qui seront les opérations suivantes (si on laisse faire).
De pomponette75
=^..^= | 16H51 | 31/08/2008 |
Je reçois des colis du monde entier, puisque je suis collectionneuse.
Il y a un possibilité de suivre les colis
http://www.coliposte.fr
Mais encore faut-il connaitre le numéro de suivi, et avoir un avis de passage (certains livreurs omettent de laisser l'avis de passage)
Secondo la poste s'engage à livrer en 48 heures, si le colis part après 16 heures il faut compter 72 heures.
En cas de retard, l'expéditeur doit écrire à l'adresse du service client, indiquée au dos du bon et demander un bon de dédommagement, donnant droit à l'envoi d'un colis gratuit.
Si je dois faire un pourcentage entre le nombre de colis que je reçois depuis des années, j'avoue avoir eu très peu de déboires.
1)J'ai un avantage, le livreur me connait
2) j'ai l'organigramme de toutes les agences colispostes, avec les noms et les numéros de postes des employés de chaques agences.
j'évite donc le numéro en 08 du service clientéle colisposte avec des réponses non sastisfaisante, cet organigramme me permet d'avoir un responsable en ligne en cas de problème.
A l'époque d'un changement de l'ancien livreur j'avais quelques colis en souffrance
J'ai téléphoné directement au chef de service de l'agence colisposte et mes colis ont été retrouvés.
J'ai expédié un colis avec assurance, qui n'a pas été expédié au bon destinataire
Colis poste a refusé de me rembourser ce colis.
je me suis rapprochée de la direction de la poste, et colisposte m'a été remboursé.
Si les utilisateurs des services colisposte arrivent à avoir en ligne les responsables d'agences coliposte, et écrivent un lettre de réclamation à l'agence, en CCI à la direction de la poste, certaines agences ne peuvent plus feindre ignorer les dysfonctionnements.
De laogong
08H25 | 01/09/2008 |
J'ai eu des gros problèmes à Chronopost l'année dernière qui a renvoyé une lettre de ma femme pour Taiwan sous prétexte que l'adresse est… en chinois (Taiwan était bien écrit en Français). le service de la poste lui n'a jamais posé de problème pour envoyer une lettre avec l'adresse en chinois. Bref, on a payé 50 euros pour envoyer une lettre en urgence qui serait arrivée plus vite si on avait utilisé le service postal. Et quand on demande le remboursement, Chronopost nous demande de nous retourner… contre La Poste !
Bref, le privé ce n'est pas le Paradis. Et je suis d'accord : une privatisation se prépare dix ans à l'avance en commençant par le sabotage du service public. La Poste et la SNCF en sont les exemples actuellement. En particulier la SNCF était un execellent service public jusqu'il y a dix ans. Maintenant ils utilisent toutes les méthodes des compagnies aériennes privées, ils n'ont plus aucune vocation de service public et ce sabordage servira les partisans de la privatisation ! Chaque fois que je vais sur leur site internet j'ai envie de pleurer en voaynt ce qu'est devenu le service public..