Aujourd'hui, des long-métrages français, comme « Martyrs » de Pascal Laugier, prennent la voie lucrative des films sadiques et très réalistes des séries « Hostel » (d'Eli Roth) et « Saw » (J. Wan). D'une violence extrême, ils ont connu un grand succès auprès du public et sont à l'origine d'un nouveau genre cinématographique stigmatisé en 2006 par le critique David Edelstein du New York Magazine sous le vocable de « torture porn ». Fabriqué avec un budget de 1,2 million de dollars, « Saw » en a rapporté 55 aux Etats-Unis, se plaçant parmi les plus rentables de l'histoire du cinéma.
« Martyr » présente de façon crue et complaisante des scènes de boucherie sur des adolescents qui rappellent les exactions de Fourniret. Adoptant des postures intello de radicalisme cinématographique, Pascal Laugier et Wild Bunch, producteurs du film, ont reçu le soutien de quelques critiques. Cela leur a malheureusement permis d'éviter l'interdiction aux moins de 18 ans qui les menaçait.
Interminables scènes de mutilations hyperréalistes
Ces films de torture sont une dérive du « gore », sans le coté grandguignolesque rigolo. Ce sont des films conçus pour satisfaire les pulsions sadiques, comme les films pornographiques sont faits pour satisfaire les pulsions sexuelles. Si l'on considère que les films X traditionnels peuvent perturber les adolescents, comment peut-on les laisser visionner d'interminables scènes de mutilations hyperréalistes sans penser qu'ils seront traumatisés, salis, avilis par ce spectacle ?
Les films de torture comme « Martyrs » devraient non pas être censurés, mais interdits au moins de 18 ans. Le fait qu'ils ne le soient pas est scandaleux, quelles que soient leurs éventuelles qualités plastiques. N'importe quel adolescent influençable, en mal de sensation forte ou désireux de choquer sa copine, pourra entrer louer « Martyrs » dans un vidéo-club : c'est déjà le cas des premiers films de la série Hostel et Saw.
Incroyable de penser qu'au nom de la liberté d'expression, un tel film sera seulement déconseillé aux moins de 16 ans comme les téléfilms vaguement érotiques de M6 ! Décidémment le sadisme et la perversité sont à la mode… et ça rapporte aux réalisateurs et aux producteurs sans scrupules, ce qui est sans doute le plus choquant de l'affaire.


























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De Verbal Kint
Étudiant | 23H14 | 30/08/2008 |
L'objectif des cinéastes qui réalisent de tels films est justement de montrer qu'il n'y a pas de limite. Car cette forme d'art qu'est le cinéma n'échappe à l'éternelle question philosophique : « peut-on fixer des limites à l'art ? ».
L'interdiction aux moins de 18 ans qu'a connu ce film dans un premier temps (avant qu'il ne soit réévalué) va probablement provoquer chez les jeunes réalisateurs français une forme d'auto-censure pour éviter qu'à l'avenir leurs films ne connaissent le même sort que « Martyrs ».
Car il faut savoir qu'un film interdit aux mineurs est considéré comme une oeuvre mort-née étant donnée sa non-exploitation par les grands diffuseurs (sortie dans un nombre très limité de salles, impossibilité pour les chaînes hertziennes de le diffuser à des horaires décents, etc.). Ce qui, en somme, vise involontairement à encourager le piratage !
à Verbal Kint
De wieeinstlilimarleen
riesling.free.fr | 10H53 | 31/08/2008 |
En 74, le film les Valseuses (Depardieu, Dewaere, Miou Miou, de Blier) fut interdit aux moins de 18 ans. C'est pourtant aujourd'hui un film culte.
Si des cinéastes font des films de boucher-charcutiers, doivent-ils se scandaliser que l'on puisse penser leur oeuvre destinée à un public adulte ?
Dans le fond, n'est-ce pas cocasse que ceux qui veulent s'inscrire dans une démarche artistique sans limite… se soucient du devenir commercial de leur travail. En somme, chez l'artiste branché, il ne faudrait poser aucune limite sinon les limites du marketting, en gros les limites du fric ? Les branchés sont finalement très plan plan.
à wieeinstlilimarleen
De Utilisateur désinscrit 2
nc | 11H57 | 31/08/2008 |
Mais « Les Valseuses » cher Wi, est un vrai poème, tendre et provocant. Le déballage de violence de ces films « torture porn », ne seront pas, j'espère, cultes dans 30 ans.
« On est pas bien là ? Paisibles, à la fraîche, décontractés du gland, et on bandera quand on aura envie de bander… »
à Utilisateur désinscrit 2
De wieeinstlilimarleen
riesling.free.fr | 12H20 | 31/08/2008 |
« Tu les sens les coussins d'huiles, sous ton cul ! Hydropneumatique mon p'tit bonhomme… »
(d'accord avec vous, c'était juste pour souligner que l'interdit aux moins de 18 ans n'est pas une censure, vu qu'il n'empêche pas la célébrité - par contre, cet interdit peut être une excuse risible pour justifier le peu d'audience de films minables)
à wieeinstlilimarleen
De Utilisateur désinscrit 2
nc | 12H31 | 31/08/2008 |
He bien, tout arrive… Nous avons finalement trouvé un terrain d'entente. Voyez, les bobos sont même capables d'être d'accord avec vous !
à wieeinstlilimarleen
De SkippyleGrandGourou
| 11H58 | 31/08/2008 |
Malheureusement la mode n'est plus au fonctionnariat artistique, qui résoudrait pourtant bien des problèmes (mais en créerait également d'autres, évidemment).
De ericj
23H23 | 30/08/2008 |
Il est assez ironique de constater que c'est un publicitaire qui parle de perversion et d'avilissement des masses adolescentes abruties d'images…
à ericj
De Dadavid
00H38 | 31/08/2008 |
J'aurais tendance à dire la même chose, mais une recherche rapide sur l'auteur le différencie de l'image que l'on a d'un publicitaire.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Pasche
http://www.dailymotion.com/video/x1bfrn_alexandre-pasche_people
De parti
punishment park | 00H03 | 31/08/2008 |
ce n'est ni plus ni moins que du cinéma d'exploitation…ça fait des décénnies que le phénomène est dans la place…il est de bon ton désormais de palabrer sur hershell gordon lewis et consorts…alors …que d'autres fassent leur saw ou à l'intérieur….ce n'est guère grave…
De parti
punishment park | 00H59 | 31/08/2008 |
messieurs les nazeurs bonsoir…
De Veum
doctorant | 01H15 | 31/08/2008 |
L'interdiction aux moins de 18 ans est beaucoup plus tranchante qu'un simple hausse de deux ans de la limite d'age. Elle implique une non distribution dans les salles classiques, et une absence de passage à la télévision, en dehors du créneau porno de canal. Ce système est à revoir en profondeur..
De Grégory
02H47 | 31/08/2008 |
Primo, ce genre de film n'a absolument rien (mais rien) de nouveau. Ce n'est pas parcequ'un journaleux fait son métier et fabrique une nouvelle case que la réalité est modifée : il y a 20 ans, avec Halloween et Vendredi 13, le carnage d'adolescent via des meurtres sanguignolesques était déjà un créneau marketing bien identifié. Ces franchises elles-même n'étaient pas des précurseurs - ce type de fiction existe depuis un moment.
Secondo, ces fictions (qu'elles soient en BD, en jeux vidéo, de rôle, en roman, en film) ont toujours été accompagnée d'un cortège de commentateurs horrifiés tentant de justifier leur horrification par de la morale. Ce sont les mêmes qui au moindre meurtre d'ado par ado vont chercher des GTA4 sous les matelas, qui accusaient les super héros de pervertir la jeunesse et les jeux de roles de rendre fous.
Problème : ces personnes qui n'ont aucun goût pour ce type de fictions touvent tout naturel d'expliquer à ceux qui les connaissent et les apprécient pourquoi il les apprécient (« parceque ce sont des sadiques refoulés »)… Sans un instant envisager qu'au mieux leurs opinions ne sont que des opinions, et qu'ils franchissent rubicon de l'inéptie assomante en les érigeant en certitudes.
Les effets de ce genre de violence sur de jeunes esprits sont en pratique loin d'être connus. On sait déjà qu'aucune corrélation n'a pu être réellement établie entre l'exposition à ce type de fictions et des comportements violents. Car tous les sujets étudiés sont par ailleurs confrontés à une société qui d'un coté banalise la violence (info, légendes urbaines, divers médias) et de l'autre aseptise le quotidien. On sait au moins qu'une vaste majorité d'amateurs de super héros, jeux de roles, GTA, ne deviennent pas des personnages violents. Au pire, ils/elles deviennent des geeks : P
Mais ce genre de doute n'effleure pas trop nos amis les commentateurs outragés. Pas plus que ne les effleure l'hypothèse que ces fictions peuvent aussi bien faire office de défouloir évitant le passage à l'acte. Hypothèse pourtant un peu plus documenté scientifiquement…
Ceci dit je comprends tout à fait que ce genre de film soit choquant et pénible pour certains. Moi même, qui les appréciait encore il y a une dizaine d'année, j'ai finalement développé un peu trop d'empathie au point de souffrir au delà de l'agréable avec les victimes. Mais comme dit souvent mon père : « si vous n'aimez pas ça, n'en dégoutez pas les autres ». Les ados sont clients de l'ultra violence, parceque c'est un age où l'on commence à envisager sa propre mortalité et que c'est du boulot. Ce genre de film, qui au final leur est plutot adressé, est à mon avis plus une aide qu'une gène pour eux.
Là dessus on peut ne pas être d'accord, mais si vous tenez l'inverse pour acquis et n'êtes là que pour l'asséner, vous m'envoyez un signal fort présentant votre article comme un pissage violent dans un violon. Belle exemple pour la jeunesse !
à Grégory
De wieeinstlilimarleen
riesling.free.fr | 12H33 | 31/08/2008 |
« Les effets de ce genre de violence sur de jeunes esprits sont en pratique loin d'être connus. On sait déjà qu'aucune corrélation n'a pu être réellement établie entre l'exposition à ce type de fictions et des comportements violents. Car tous les sujets étudiés sont par ailleurs confrontés à une société qui d'un coté banalise la violence (info, légendes urbaines, divers médias) et de l'autre aseptise le quotidien. »
Je ne serais pas aussi catégorique. Il y a certes des études contradictoires, mais on ne peut pas dire qu'aucune n'établi de corrélation, même si, comme toujours en psychiatrie, il y a de place pour le débat et le désaccord. Il y a certes des individus qui parviennent à devenir dangereux sans télévision ni jeux vidéo. Mais ça ne rend pas moins vrai que la violence à laquelle de jeunes esprits sont confrontés nécessite explication, encadrement.
Ce n'est pas parce que quelqu'un joue à GTA qu'il va voler des voitures. C'est un jeu ludique, et lorsque dans ce jeu on blesse autrui, on le prive de son bien, on sait bien qu'en réel, il n'en est rien. C'est la joie du virtuel, la duplication et la destruction n'ôte rien aux autres, les heurte pas.
Mais ce jeu valorise un certain mode de vie, tout comme des séries comme The Sopranos. Sur un esprit influençable, ça peut donner des résultats anti-sociaux.
à wieeinstlilimarleen
De parti
punishment park | 19H53 | 31/08/2008 |
et c'est pas parce que j'aime les films de zombies que je vais vous mordre…
pour en revenir au sujet, aux états-unis, c'est en interdisant un film au moins de 17 ans qu'on le « tue » puisque les ados sont les principaux spectateurs ( en nombre)…c'est ce qui est arrivé à tim burton pour sleepy hollow » il y a quelques années…motif : une scène de décapitation…un telle hypocrisie laisse songeur…
quant à l'influence des séries et des jeux vidéo, les élèves qui m'entourent en sont fans, mais savent aussi relativiser…
à Grégory
De Maaltanen
étudiante | 12H47 | 31/08/2008 |
Excellent.
Je pense également que tout ceci est la continuité logique du débat sur la pornographie, aujourd'hui considéré comme désuet. Le puritanisme a trouvé une nouvelle tête de turc, d'ailleurs associée également à la pornographie (« torture porn »), avec les mêmes débats : comment protéger nos enfants de ces images « avilissantes » (sic ! ), comment des gamins influençables pourraient-ils réagir devant de telles images, et faut-il interdire ces films aux moins de 18 ans, et les cantonner définitivement au genre X ?
Ces films se basent sur ce qu'il y a de plus humain en nous : le phénomène fascination/répulsion par rapport à la mort. Ca n'est d'ailleurs pas nouveau, comme cela a été souligné pertinemment dans divers commentaires. Aujourd'hui, les images sont simplement plus explicites, mais l'intention est la même. Satisfaire le voyeurisme que nous pouvons avoir pour ce sujet, et qui est tout à fait normal.
Qualifier cela de malsain, c'est faire preuve d'un puritanisme mal placé. Qu'est ce qui est le plus malsain entre un film de FICTION, considéré comme tel par ses spectateurs, et le journal télévisé nous abreuvant de visages de gamins morts ou disparus (Maddie, le petit Valentin…) ? Qu'est ce qui est le plus obscène ? Des images de fiction ou les portraits toujours plus larmoyant de ces gamins ?
Sûr que les moralisateurs concernant les films de ce genre seront les plus aptes à baver et à réclamer des détails sordides sur le sort des victimes des faits divers, sous couvert de pouvoir s'en offusquer davantage.
On croirait les films ridicules de Michael Haneke, moralisateur de notre temps, qui se goure complètement de débat en s'offusquant sur la violence des films actuels.
Un film est une fiction, et les parents qui s'inquiètent trop sur la façon dont leurs rejetons pourraient réagir devant ces films (mon dieu mon fils va-t-il devenir un psychopathe après avoir vu Saw, ou bien va-t-il resté planqué dans sa chambre à vivre dans la peur du monde extérieur ? ) feraient surtout mieux de s'inquiéter de la façon dont ils les ont éduqués. Quand on a peur que son gamin ne fasse pas la part des choses entre ce qui est réel et ce qui ne l'est pas, c'est qu'il y a un gros problème dont la source est d'abord… les parents.
De RETRO
artiste guitariste/chanteur/travell... | 09H26 | 31/08/2008 |
AU ROYAIME DES AVEUGLES LES BORGNES SONT ROI……..
au royaume du pognon les benefs font foi………..
De la boite blanche
au calme | 10H42 | 31/08/2008 |
Dans les années 1970 j'ai vu entre les doigts de mes mains « massacre à la tronçonneuse ».
J'avais une quinzaine d'année - pourtant il devait être interdit au moins de 18 ans j'imagine mais bon… Ce film à l'époque était ce qui pouvait exister de pire dans le genre. Il paraissait monstrueux, immonde, d'une cruauté innommable et pourtant…
Ce qui m'impressionne le plus c'est la pensée que des hommes aient un jour envie de mettre cela en scène afin d'en livrer les images au monde.
De karlM
12H01 | 31/08/2008 |
le Lolita de NaboKov est un hymne à la pédophilie, mais extraordinairement bien écrit alors quand on ajoute « art » on peut enlever morale ?
à karlM
De meg
15H12 | 31/08/2008 |
C'est vous qui voyez un hymne à la pédophilie dans le « Lolita » de Nabokov. Nabokov lui n'a jamais affirmé une telle chose. Ce roman est bien plus complexe que vous semblez le dire, il peut très bien être interprété à l'opposé de ce que vous en faites.
Pour moi, le protagoniste/narrateur passe son temps à se discupler, et embobiner le lecteur, rejetant la faute sur Lolita et niant le viol qu'il commet, fesant d'elle non pas une victime mais l'actrice du crime qu'il lui fait subir. Il cherche à étouffé sa culpabilité afin de jouir librement de son crime, le thème de la culpabilité est omniprésent tout au long du roman, pour moi c'en est la clé. Ce qui est écrit par Nabokov c'est le mécanisme du fantasme du violeur qui refuse de se rendre compte du mal qu'il fait, est incapable d'empathie et manipule sa proie jusque dans son psychisme. Tout au long du roman on peu comprendre les rouages de cette pervertion qu'est le viol et la manipulation mentale et peut être s'armer contre le discours de ces criminels qui cherchent à se disculper violant une seconde fois leur victime.
Nabokov donne le choix au lecteur, il y a plusieurs niveaux de lectures possibles, en voici 2 mais il doit y en avoir d'autres.
a- Le lecteur peut choisir de lire au premier degrés et fantasmer avec le narrateur et concidérer Lolita comme une allumeuse qui l'a bien chercher, comme vous semblez l'avoir fait et comme la plus part des gens le font malheureusement puisque vous et d'autres avez lu un « hymne à la pédophilie » et que le sense courant du prénom Lolita est une allumeuse, une jeune perverse à la sexualité déviante, une fausse innocente.
b- Ou alors le lecteur peut garder à l'esprit que le narrateur lui ment du début à la fin, qu'il veut jouir de Lolita la conscience tranquille avec la bénédiction du lecteur et se sert de sa belle écriture pour vous avoir en profondeur. Le lecteur peut être attentif à la structure mentale d'un perveres manipulateur (j'en ai connu et je trouve que Nabokov a génialement compris ce type de personnes), être attentif aux souffrances que Lolita endure et que Nabokov laisse subtilement percevoir à qui le veut bien… Et alors « Lolita » n'est pas du tout d'un hymne à la pédophilie, mais bien au contraire d'une dénonciation brillante et fine d'un tabou encore en vigueur qui consiste à rendre les victimes de viol coupable de leurs souffrances. Et Lolita est alors un prénom d'une tristesse infinie, c'est le prénom d'une victime innocente que la posterité a rendu coupable.
Et pour votre question à propos d'art et de morale, de mon point de vue, c'est surtout le spectateur ou lecteur qui donne leurs significations aux oeuvres qui lui sont montrées, comme vous ou moi venons de le faire avec « Lolita ». Les multiples significations des oeuvres échappent la plus part du temps à leurs auteurs. C'est cette liberté donné au spectateur de se reconnaitre dans ce qu'il regarde à un instant précis, qui pour moi fait la richesse d'une oeuvre d'art. Il y a bien sur d'autres critères, probablement autant qu'il y a de spectateurs face à des oeuvres, mais de mon point de vue je n'aime pas les artistes qui me font la morale, j'aime ceux qui sont à la limite et qui concoivent ce que je n'avais pas imaginé et si cela me déplait ou ne me mène à rien, je regarde ailleurs.
Désolé pour la longueur de mon poste, mais ca me brise toujours le coeur de voire Lolita trainé dans le boue et cet immonde narrateur rouler le lecteur dans la farine.
à meg
De kountakinté
consultant | 11H35 | 01/09/2008 |
Merci infiniment pour ce commentaire sur Lolita. Enfin, on voit que quand on a appris à lire vraiment, on peut décrypter l'immonde et pourtant sublime prose d'Humbert Humbert, qui est quand même un des plus épouvantables monstres de la littérature. Un monstre tellement réussi qu'il finit d'ailleurs par convaincre presque tout le monde qu'effectivement Lolita est une petite perverse qui s'adonne au hoola-hoop comme d'autres au bondage et qui n'a pas mérité, mais conspiré pour que lui arrive ce qui lui arrive - alors même, Nabokov prend bien soin de le faire préciser à son abject héros avec un luxe de détail extrêmement désagréables pour qui lit vraiment ce qui est écrit, que leurs anatomies, leurs mensurations ne correspondent pas du tout et que leur première nuit d'amour est douloureuse - difficile de ne pas y voir un horrible viol, effectivement.
Mais justement, peu de gens y voient un viol, peu de gens comprennent à quel point est immonde le mépris du pédophile quand il revoit Lolita qui tente déséspérement de devenir « normale », à la fin du roman, avant de mourir misérablement en couches… Peu de gens acceptent de voir Lolita en Lolita et pas en Lilith. Question dérangeante pour meg (en tous cas pour moi) : Kubrick l'a-t-il vu, tout cela ?
Mais justement, cela re-pose bien la question des films comme Martyrs ou Saw, parce que même si on peut défendre la liberté d'expression, il faut quand même se poser la question de savoir qui saura lire ces oeuvres. Cela me fait penser à Nietzsche qui disait que ce qu'il écrivait sur la volonté de puissance, le ressentiement, le christianisme, le bouddhisme et le judaîsme opposés à la pensée antique, c'était « la force de celui qui le lisait qui lui donnait son sens », sous-entendu si vous êtes un faible vous le lirez comme un faible. Moyennant quoi, lui qui dénonçait sans ambiguïté les « braillards antisémites » a été lu par eux comme un des plus talentueux et visionnaire d'entre eux. Donc, pardon pour ce très très long post, mais qui saura lire Martyrs ? Je n'ai pas la réponse mais au moins j'ai la question.
à karlM
De lesuperdidou
Saltimbanque | 09H43 | 01/09/2008 |
Vous vous droguez ?
à lesuperdidou
De kountakinté
consultant | 10H03 | 02/09/2008 |
Non, j'essaie de répondre à une question que je trouve compliquée (parce que mon QI est un peu faible, sans doute)avec un peu de dialectique et de culture, autrement que par oui/non, j'aime / j'aime pas , c'est bien / c'est pas bien, vous êtes d'accord avec moi / vous ne comprenez rien. Je sais bien que c'est démodée comme démarche mais je suis trop vieux pour en adopter une autre maintenant, c'est foutu et j'en suis désolé.
De Gosseyn
13H05 | 31/08/2008 |
L'interdiction du porno est tellement efficace qu'il est évidant que c'est la solution pour empecher les gosses de regarder ces films…
Sérieusement, aller faire un tour dans une cour de récréation !
Et cette manie de dire aux gens ce qu'ils sont capables de regarder.
De DorianD
Refugié politique en Germanie | 13H53 | 31/08/2008 |
Le gros problème c'est qu'un cinéma classique n'a pas le droit de projeter des films interdits aux moins de 18 ans, ce type d'interdiction est une censure pure et simple. De ce fait tres peu de films subissent cette inderdiction, il faudrait changer la reglementation pour autoriser les cinemas a passer tout types de films, mais aussi imposer des obligations de controle de l'age, on le fait avec les cigarettes, alors pourquoi pas avec le cinema, c'est bien moins dangereux.
De Tyb
(par ici, par là) | 10H20 | 01/09/2008 |
Article ridicule avec environ 20 ans de retard
à venir, pamphlet dénonçant les effets du roman sur les esprits faibles des jeunes filles sensibles
De philon
11H29 | 01/09/2008 |
Bizarre,
- ma liberté de fumer dans un bar tabac est punie par la société
- mon désir de rouler à 93 km/h sur une nationale déserte est puni par la société
- ma liberté de traiter NS de facho est punie par la société
- etc.
Par contre, le désir sadique de voir sur mon écran des gens écorchés vifs puis découpés à la tronçonneuse est considéré par certains comme une liberté inaliénable ! Liberté de consommateurs et de réalisateurs abrutis qui se laissent peu à peu priver de toutes les libertés fondamentales pour réclamer à la place des libertés bidon
Quelle société de merde !
à philon
De wieeinstlilimarleen
riesling.free.fr | 15H14 | 01/09/2008 |
En effet, votre « liberté de fumer dans un bar tabac » et par conséquent d'enfumer les autres (fumées dont le caractère nocif n'est plus à démontrer) « est punie par la société ».
Votre « désir de rouler à 93 km/h sur une nationale déserte » n'est pas vraiment puni, compte tenu des marges retenues. Disons que votre désir de rouler à 103 km/h sur une nationale déserte, peut être « puni par la société »… Mais y a t-il des contrôles sur les nationales désertes, au fait ?
Votre « liberté de traiter NS de facho » est, évidemment, punie, puisqu'il s'agit soit d'une diffamation, soit d'une injure publique, dans les deux cas une manière d'heurter autrui de manière abrutie. Je doute que vous appréciez qu'on vous insulte ou bien que l'on vous prête des idées peu honorables.
C'est cela, vos libertés fondamentales ?
Comme un idiot, je pensais qu'il s'agit de choses un peu plus élaborées telles que : la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui (comme par exemple leur injecter de la fumée de cigarette dans les bronches).
Ou encore : la Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.
Au fait, étant donné que la Loi est l'expression de la volonté générale (Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse), ça dit quoi de notre « société de merde » ? Vous en êtes aussi responsable, non ?
à wieeinstlilimarleen
De philon
11H17 | 02/09/2008 |
Je n'ai peut-être pas bien choisi mes exemples de liberté perdue. Quoique : avoir la possibilité de fumer entre amis dans un bar-TABAC ou avoir la possibilité de dire les 4 syllabes sar-ko-fa-cho sans récolter un mois de prison, ce n'était pas mal. Il y avait jusqu'à Chirac une coutume qui faisait que la Présidence de la République ne s'abaissait pas à porter plainte devant l'injure d'un SDF.
Mais bref, l'idée générale demeure : des libertés importantes sont rognées chaque jour (flicage croissant des individus, code du travail aboli) sans réactions alors que des « libertés » sans intérêt sont défendues par des ministres
Je suis désolé mais la possibilité de voir et de jouir devant des supplices sadiques au cinéma n'est en rien une liberté fondamentale. Interdire ces films ne provoquerait absolument aucun préjudice à la société. C'est juste du cinéma de malades pour un public de malades qui refusent de se soigner
De La Marmotte qui louche
11H30 | 01/09/2008 |
Travaillant quotidiennement auprès de personnes ayant été réellement victimes de torture, je ne supporte guère l'idée que des spectateurs se délectent de telles images, que ce soit devant une fiction ou devant un journal télévisé. Ajoutez-y les effets de réminiscence et la nouvelle plongée en enfer psychologique pour qui, trop fragile, les voit.
Vous allez répondre qu'on est libre de ne pas les regarder, et vous avez raison, à condition d'avoir le choix ou de ne pas tomber dessus par hasard - comme les enfants trop curieux farfouillant dans la vidéothèque de leurs parents et qui restent choqués longtemps par un film pornographique ou trop violent qu'ils n'auraient pas dû voir à leur âge : il faut avoir une certaine maturité pour avoir la capacité de prendre du recul face aux images.
De même que si l'initiation à la sexualité se fait uniquement par la pornographie, cela peut fausser le jugement sur ce qui est réellement acceptable (très bonne illustration dans « La pianiste » de comment notre jugement peut être faussé), de même la banalisation de la cruauté sans réflexion ni dénonciation des effets à long terme sur la victime et ses proches peut être également nocif.
PS : je fais du jeu de rôle, et reste persuadée que c'est un excellent révélateur de troubles pour les personnes qui en ont déjà…
à La Marmotte qui louche
De LienRag
12H32 | 03/09/2008 |
Role-playing ou Role-playing game ?
Le français utilise le même terme pour les deux, le jeu de société avec règles et la technique dramatique/psychologique, qui relèvent pourtant de deux réalités différentes.