Constructeurs automobiles : les écolos ont le CO2 dans le nez
Devant un concessionnaire Volkswagen près de la Tour Eiffel, ils étaient une petite dizaine du RAC, le Réseau Action Climat qui regroupe de nombreuses associations environnementales, à manifester le 28 août contre la prochaine loi européenne sur les émissions de CO2 qui sera votée en octobre, jugée insuffisamment ambitieuse. Autour d'une belle Coccinelle blanche de 1978, des acteurs sur échasses, un happening ludique et joyeux. Leur slogan est simple :
« En 1948, la première Coccinelle consommait 7,5 litres d'essence aux 100 km. En 2008, la nouvelle Coccinelle consomme… toujours 7,5 litres d'essence aux 100 km. »
Efficace, même si réducteur : on pourrait penser que consommer autant avec des performances infiniment supérieures, ce n'est peut-être déjà pas si mal. Mais la New Beetle rejette plus de CO2 que les autres voitures de sa catégorie. En 1998, l'association des constructeurs européens automobiles, signait un accord volontaire avec la Commission européenne pour réduire ses émissions à 140g de CO2/km par voitures vendues neuves pour 2008. Aujourd'hui, avec 158g de CO2/km2 de moyenne, on est loin des objectifs.
Les constructeurs allemands sont les mauvais élèves de l'Europe. Loin derrière FIAT et les Français, que le RAC n'oublie pas non plus. En mai dernier, il remettait la palme d'or du dérèglement climatique à Renault pour son nouveau 4x4 Koleos.
Les Français seraient prêts à payer plus cher une voiture qui consomme moins
Dans un sondage publié aujourd'hui par l'association les Amis de la terre et réalisé par Tns Opinion, les Allemands, Anglais, Espagnols, Français et Anglais seraient prêts à payer 15% plus cher une voiture qui consomme moins. 87% pensent qu'il est urgent d'introduire des mesures obligeant les constructeurs automobiles à réduire d'un quart la consommation d'essence des voitures neuves.
Joachim Broomberg est enseignant-chercheur et chargé de mission Transport et climat au RAC. Son souhait : que les députés européens écoutent le peuple et soient ambitieux. (Voir la vidéo)
Relations franco-allemandes : derrière l'environnement, les gros sous
Les émissions de CO2 sont un sujet de discorde entre La France et son voisin d'outre-Rhin. Angela Merkel a convaincu Nicolas Sarkozy en juin dernier de mettre de l'eau dans son vin en réduisant les objectifs chiffrés et les sanctions possibles. Car, derrière l'environnement, c« est encore une histoire de gros sous.
Des sanctions fortes pour les pollueurs, et les constructeurs français seraient avantagés puisqu'ils ont des gamme de voitures qui consomment et polluent moins. Des sanctions faibles, et les constructeurs de voitures comme BMW ou Mercedes pourront continuer dans leur politique de grosses cylindrées. Sachant que pour leur image, ils peuvent difficilement baisser en gamme. Et ils sont essentiels à l'économie allemande. Au Parlement européen, le lobby des constructeurs allemands est d'ailleurs particulièrement actif.
Avec la future loi européenne, les véhicules vendus en Europe devront émettre en moyenne moins de 130g CO2/km parcouru à partir de 2012. Les associations environnementales voudraient 120g CO2/km et des objectifs sur le long terme. Cela représenterait une économie de carburant de 1,5 L/100km par rapport à la moyenne actuelle. Des amendes seront mises en place pour les constructeurs ne respectant pas ces limites : 20€ par véhicule et par gramme de CO2 au-dessus de la limite en 2012 ; puis 35€ en 2013 ; 60€ en 2014 ; et 95€ en 2015 et au-delà.
Problème, souligne la sénatrice et députée européenne Fabienne Keller dans un rapport de mai 2008, “ les modalités de mise en œuvre prévues sont plutôt critiquables.” Notamment l'absence d'instauration d'un bonus/malus comme pour le Grenelle de l'Environnement. Une mesure qui a déjà coûté plus de 137 millions d'euros au gouvernement. Pour le RAC, les sanctions ne sont pas suffisamment dissuasives et la proposition de règlement ne fixe aucun objectif de réductions supplémentaires après 2012.
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De Viking
Barbare | 11H03 | 29/08/2008 |
La croissance ce n'est rien d'autre que de l'« argent », il est tout à fait possible d'avoir une croissance forte et écologique.
Certes de nos jours une croissance forte est plutôt synonyme de vente de produits bon marché en grande quantité, prenons pour exemple la croissance chinoise et comme exemple produit un mixeur bon marché.
Maintenenant prenons comme contre exemple une économie basée sur des produits à forte valeur ajoutée comme celle de l'Allemagne avec comme exemple produit un Robot Vorwerk Thermomix.
En apparence les deux produits « mixent »,
Durée de vie produit :
- qq mois pour l'un et des annés pour l'autre (j'ai hérité de celui de ma grand-mère après 20 ansd'utilisation)
- une conso énergétique énorme pour l'un et normale pour l'autre
- un produit est facilement reyclable et l'autre non
- l'un est produit dans de très mauvaises conditions et l'autre dans une usine norme iso 14011
- le premier coute 40€ et le second 500€
Sur une vie les coûts sont équivalents que vous achetiez un mixeur à 10€ tous les ans ou mixeur à 100€ tous les 10ans, en revanche l'impact écologique est complétement différent et pourtant la vente de 10 mixeurs chinois ou d'un mixeur Allemand permettra une croissance équivalente.
Si vous transposez ce principe de calcul de coût ce cycle de vie à l'échelle de l'économie mondiale il vous sera possible de maintenir un haut niveau d'économie tout en réduisant l'impact écologique.
De François G
blogueur | 12H42 | 29/08/2008 |
Bonjour,
Je voudrais signaler à ceux qui souhaiteraient agir dans le cadre de cette problématique CO2 le site http://www.pourdesvoituresmoinspolluantes.org - fait pas les Amis de la Terre et Réseau Action Climat, il comporte une page « agir » où en deux clics on peut écrire aux eurodéputés concernés.
Maintenant, pourquoi ce qui se passe au Parlement européen est-il important ?
Chacun peut agir à son niveau pour lutter contre le réchauffement, par des gestes au quotidien, etc. Mais rien n'est plus efficace que la Loi.
Or les automobiles représentent environ 15% des émissions de gaz à effet de serre en Europe. Si on parvient donc à limiter les émissions de CO2 automobile, on peut réellement faire quelque chose d'efficace contre le réchauffement.
Le problème de la proposition de la Commission est qu'elle cherche des compromis entre les objectifs environnementaux et les demandes de l'industrie automobile. C'est son rôle, mais dans le cas présent, on revient en arrière sur des engagements anciens de l'industrie. (voir : http://www.euractiv.com/fr/transport/etude-industrie-automobile-tres-obj…)
L'industrie s'était en effet engagée en 1998 à atteindre une moyenne d'émissions à 140 g CO2/km pour 2008, et 120 g CO2/km en 2012.
Elle n'est pas au rendez-vous puisqu'on est aujourd'hui plus près des 160 g CO2/km… et que la Commission propose comme limite 130 en 2012. Machine arrière, donc.
Pourtant l'industrie automobile s'y était engagée… Mais la stratégie commerciale des constructeurs va plutôt vers la valorisation de gros véhicules polluants : ce sont eux qui font gagner le plus d'argent aux fabricants.
Puisque les engagements volontaristes ne sont pas respectés, il reste la loi. Voilà pourquoi les discussions du Parlement européen sont hyper importantes : on peut déboucher sur un statu quo, ou faire de vrais progrès.
Ce que demandent les associations environnementales n'est pas utopique : 120 g CO2/km en 2012 (objectif initial de l'industrie, c'est aussi la proposition du Grenelle de l'environnement), ajouter un objectif de long terme (80 g CO2 en 2020 : il est inquiétant que le projet de la Commission ne comporte pas d'objectif de long terme) et installer un système de pénalités dissuasives pour que le tout soit vraiment respecté.
Ce n'est pas utopique car les technologies pour y parvenir existent déjà. L'industrie automobile PEUT le faire, c'est une question de volonté.
Et je ne mentionne même pas le fait que des voitures qui consomment moins sont des voitures qui soulagent le portefeuille. Une politique plus ambitieuse environnementalement est aussi une politique de lutte pour le pouvoir d'achat.
Rien n'est encore décidé donc chacun PEUT agir.
De gvsbini
Chargé étude environnement | 14H43 | 29/08/2008 |
Le lobby de l'écologie n'est-il pas lui même pervers ?
Je m'explique avant les cris : ).
A mon sens, il n'y aurait aucune loi et aucune mention dans les médias à propos du risque de dérèglement du climat si il n'y avait pas les produits avec label « vert » disponibles.
L'écologie est un non sens humain dans la mesure ou l'humain et ses activités sont par nature incompatibles avec le respect intégrale de la nature. Et ce depuis que l'homme a allumé son premier feu. Les premiers signes de pollution massive dans le sol datent bien de la société du plomb développée par les romains en leur temps…
Le mouvement écologiste existe depuis plus de 40 ans et, si on cherche la petite bête, l'« écologie sociale » remonte à Rousseau.
L'écologie est devenu un argument de vente qui fait perdre de vue les enjeux essentiels… Qu'importe que vous achetiez des ampoules basse consommation si aucune loi PENALISANTE n'obligent les entreprises ou les lieux publics à éteindre les lumières la nuit.. L'économie énergétique de l'ensemble des ménages français ne représente qu'une toute petite fraction par rapport à ces grands centres commerciaux éclairés comme en plein jour à 2h00 du matin…
L'écologie est devenu une plus-value des entreprises occidentales afin de contrer la vague de produits bon marché en provenance de pays au coûts salariaux bien moindre.
Je travaille dans le secteur de l'aide à la décision environnementale pour les infrastructures publiques et je ne peux témoigner que d'une chose : les questions qui préoccupe le plus nos décideurs sont « suis-je dans la loi » et « combien ça coûte ».
Et la loi me donne l'impression de n'être qu'un alibi pour que les technico-commerciaux déboulent en mairie pour vendre leurs « produits verts »…
La question réelle est environnementale, dans le sens strict du terme : comment intégrer une activité humaine incontournable dans son environnement en limitant les dégats.
La réponse ne pourra se trouver qu'au travers de législations restrictives prenant en compte l'INTERET PUBLIC…ce qui est en totale contradiction avec la notion de profit.
La préoccupation environnementale sérieuse ne pourra jamais être source de profit…au même titre que la Santé ou autres domaines du même ordre.
Aux partisans de la décroissance, une interrogation me taraude : que faites vous des progrès sociaux et sanitaires, eux mêmes générateurs important de pollution ?
Personnellement, je suis heureux que les femmes ne meurent pas en couche, que l'agriculture produise assez pour qu'au moins une partie de la population mondiale mange à sa faim, que la culture puisse se diffuser autrement qu'en attendant le passage annuel d'un troubadour dans le village, que mes parents puissent vivre au-delà de 40 ans… Autant d'acquis qui nous sont accessibles parce que nous polluons ! Après tout, nous tous sur ce site, nous sommes possesseurs d'ordinateurs, produits polluant s'il en est (exploitations minières du silicium, platine et autres, potentiel recyclable faible,etc… et tout ça à un prix relativement modeste pour le produit…).
Je n'ai pas de réponse mais seulement 2 questions :
- à quoi voulez vous ou pouvez vous renoncer (oui vous, pas les chinois ! ) ?
- comment faites vous pour concilier votre qualité de vie et votre désir d'« empreinte écologique » nulle ? …et quand je parle de qualité de vie, je n'évoque pas de points aussi triviaux que d'hésiter entre un 4x4 ou une 4L…