Decryptage

Soutien scolaire : gros budget, grosse com, maigres résultats ?


Salle de classe, école primaire, Paris (Gilles Coulon).

Xavier Darcos faisait sa grosse journée de rentrée, ce jeudi. Le ministre de l'Education nationale, très décrié l'an dernier pour avoir annoncé la suppression de plus de 11 200 postes d'enseignants, dévoilait en effet les grandes orientations de l'année scolaire qui démarrera officiellement mardi 2 septembre.

Parmi les mesures annoncées ou confirmées par Darcos, figure en bonne place la remise à niveau des élèves. Cela vaut pour le primaire comme pour le secondaire. En primaire, deux heures supplémentaires iront aux élèves en difficulté, triés par le chef d'établissement. Mais, pour les CM1 et CM2, les stages de soutien vont se généraliser pendant les vacances.

Plusieurs expériences pilotes avaient déjà cours cet été. Côté statistiques, le ministère précise que 115 000 élèves de primaire s'étaient inscrits. Soit 22 000 enseignants sur le pont, à raison de trois heures par jour en maths et en français pour les CM1 et CM2 volontaires.

Dans son discours de rentrée, ce jeudi, Xavier Darcos a vanté la généralisation du principe en secondaire :

« Devant le succès de ce dispositif voulu par le président de la République, les lycéens m'ont demandé au printemps dernier de l'étendre aux lycées en difficulté. Ce sont près de 6 000 lycéens volontaires issus de quelque 200 lycées réputés difficiles qui ont pu en bénéficier au mois d'août. »

20 millions d'euros pour deux semaines : un coût énorme

Au total, le coût de l'opération est énorm e : 20 millions d'euros sur quinze jours, avec 900 profs mobilisés au lycée. Le ministère, qui n'a pas mégoté sur les moyens, ne lésine pas non plus sur la communication. Ce vendredi, Xavier Darcos se rendra même dans un lycée Jean-Jaurès, à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) pour vanter un dispositif qui aurait finalement dépassé les prévisions.

Sur le terrain, la réalité est plus contrastée, même si tous s'accordent à dire que l'idée va bien sûr plutôt dans le bon sens. Depuis le début des stages d'août, plusieurs salariés de l'Education nationale ont en effet alerté Rue89. Une de ces internautes -qui tient à rester anonyme- travaille au lycée Robert-Doisneau, de Corbeil-Essonnes.

Elle nous a contacté la semaine dernière après la visite de l'inspectrice d'académie et d'une « palanquée de journalistes » dans son établissement. Au moment où cette riveraine écrit, toute l'équipe pédagogique se prépare à la venue de Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy, annoncée pour la deuxième semaine de stage (soit ces jours-ci).

Entre-temps, le ministre a donc changé son fusil d'épaule, et opté pour un autre lycée. Et pour cause : alors que l'Education nationale assure que l'opération fait un carton, les élèves se sont montrés plus frileux, à Robert-Doisneau. A l'issue de la première semaine de stage, notre internaute précisait que seulement 34 élèves s'étaient manifesté, mais que 250 étaient inscrits pour la deuxième semaine.

Contacté ce jeudi, Jean-Louis Dodeman, proviseur-adjoint du lycée, a sorti ses chiffres :

« La semaine dernière, on attendait 34 élèves. Certains inscrits ne sont pas venus, mais le bouche-à-oreille a marché pour d'autres, et nous avons fini par atteindre jusqu'à 60 élèves vendredi. Cette semaine, 230 étaient inscrits. Il y a eu un pic à 111, mais les premiers jours, certains groupes étaient clairsemés avec un total de 75 élèves. »

Un lancement trop tardif mais des élèves motivés

Pour lui, si les élèves présents étaient « très volontaires », le dispositif a souffert de la précipitation dans laquelle il a été mis en place par le ministère, qui a lancé l'opération seulement le 5 juin :

« On a proposé aux parents d'inscrire leurs enfants en envoyant le bulletin de notes du troisième trimestre l'an dernier. Mais c'était très tard pour prévenir les familles, sans compter la démotivation en cours d'été. »

Le lycée misait pourtant gros sur les stages pour rééquilibrer ses statistiques de réussite au bac. En effet, ces stages sont avant tout destinés aux élèves entrant en terminale -ainsi qu'à une poignée de néo-bacheliers qui souhaiteraient préparer leur rentrée universitaire.

Or, « de nombreux parents forcent le passage en terminale en refusant que leur enfant redouble », explique la direction de Robert-Doisneau. De facto, les statistiques plongent et la remise à niveau estivale a aussi pour but d'améliorer les résultats en fin de terminale. A cela, le lycée de Corbeil-Essonnes a par ailleurs ajouté une prise en charge des élèves les plus fragiles qui sortent de seconde.

A noter : Jean-Louis Dodeman précise qu'il a constaté « une forte proportion de filles, dont beaucoup issues de familles africaines ». Son explication : « Elles s'accrochent à l'école et préfère étudier que rester dans leurs familles, à effectuer par exemple des tâches domestiques. »

Photo : Salle de classe, école primaire, Paris (Gilles Coulon/tendance Floue).

A lire aussi : Pourquoi développer le soutien scolaire est une idée néfaste

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Portrait de Nondupe

De Nondupe

07H28 | 29/08/2008 | Permalien

Ah, ce bon Mr Darcos !

Il effectue sa rentré en fanfare.
Il est Bon : donnr des primes aux jeunes…Que du bon sens. C'est vrai que ça aide pour réaliser une bonne rentrée. Achat de conditions de travail acceptables, achat de gilet pare-balles, de crayons tout neufs, cotisation pour cours de yoga (faut rester zen),…Et oui, la rentrée coûte cher, Mr le ministre.

Quand aux 500€ de pirmes pour ceux qui ferons plus de 3h sup /semaine, Voilà encore que du bon. Rien que pou pouvoir masquer que du bouot, il y en a plein, mais qu'on a pas assez d'employeés.
Comme dans une vraie entreprise de production : « les carnets de commande sont pleins,alors je recrute des inérimaires (les contractuels sont de plus en plus nombreux dans l'éducnat ou je propose des heurs sup.
Comme une vraie entreprise de cac40 (stocks-options en moins).

Mais là, où darko est aussi fort que son maître, c'est qu'il utilise à souhait la vieille mécanique des véreux de la politique : créer et jouer des divisions entre les individus, entre ceux qui vont refuser d'entrer dans ce jeu et ceux qui le feront, pour x raisons et en particulier pour le fric (parce que quand on est jeune ou chargé de famille, il est toujouts tentant de mettre “du beurre dans le pinard” (vieille déclaration d'un père d'élève, réel), quitte à ne pas réfléchir au protocole dans son ensemble, ni dans sa portée (le sens politique des masses est soluble dans le mac do, les JO…et la démagogie des dirigeants (ex : le samedi matin qui va surtout plaire aux parisiens qui vont à doville le vendredi soir. Les autres enfants iront faire les courses au supermarché comme leurs parents).
Et quand les masses sont divisées, voire montées l'une contre l'autre, le politique est ravi. Il peut mener ses petites affaires.
Et ce ne sont pas (ou rarement) les journalistes qui vont débusquer la supercherie (ah, pujadas et ses questions à la con. Il serait mieux à gala ! ).

Brave Mr darcos : instruit certes, mais pas en français ! Intelligent, il faudrait le percevoir.
Mais servile à son maître, oui.

Et tant que les français gobent…pourquoi ne pas rejouer !
Qui a dit les français sont des veaux ?

Portrait de papy55

De papy55

prof. en province | 08H11 | 29/08/2008 | Permalien

Monsieur le Ministre a fait une bonne renrée hier, il a constaté que ses « bons élèves » du ministère étaient toujours présents, leur nombre n'a pas changé, ils sont toujours bien sages et obéissants, bien contents d'être encore là……, donc tout va bien, il a eu raison de supprimer des postes !

Quant au soutien scolaire d'avant rentrée, il existait déjà dans certains établissements depuis quelques années……, il y a toujours des élèves volontaires…., mais ce ne sont pas ceux qui posent problème le reste du temps, ça ne changera rien dans les cas des classes à fort effectif.

Quant à la suppression des cours le samedi matin, en primaire, pour les remplacer par du soutien…, c'est transitoire, pour servir de contre feu….., le budget pour cette mesure sera vite épuisé… !

L'EN va rapidement devenir la « CMU » pour l'enseignement, les moins « pauvres » devront se tourner vers les « mutuelles privées » pour améliorer l'ordinaire !

Portrait de survivant

à papy55 Portrait de papy55 De survivant

09H12 | 29/08/2008 | Permalien

Hélas mon cher papy55 il me semble que vous n'avez pas très bien compris la méthode coué. Récapitulons : rentrée 2008 plus de 11000 postes en moins rentrée 2009 plus de 13000 postes en moins soit environ sur ces deux rentrées 25000 postes en moins. Comment darcos va -t-il combler ce trou en proposant des heures sups à des profs qui savent qui ne seront jamais payées ? A moins de travailler pour la gloire mais à l'heure où tout le monde attend impatiemment une hausse de son pouvoir d'achat les profs ne sont pas des milliardaires. Simple mon cher en faisant appel aux retraités mon ami cout de l'opération pour le budget de l'état 0 euros au compteur pas beau ce tour de passe passe libéral ?

Portrait de papy55

à survivant Portrait de survivant De papy55

prof. en province | 09H25 | 29/08/2008 | Permalien

Il ne s'agit pas de la méthode du bon docteur Coué, il s'agit de « tromperie caractérisée par personne ayant autorité ».

Je suis bien entendu parfaitement d'accord avec le fond de votre commentaire, je suis parfaitement au courant de ce qui se passe sur le terrain et je connais l'évolution du montant situé en bas sur ma fiche de paie !

Portrait de davids2142

De davids2142

Professeur désagrégé | 08H13 | 29/08/2008 | Permalien

Du « beurre dans le pinard » ! excellent. Ca m'a bien fait rire ! ça fait du bien dans ce climat morose…

Portrait de jma14

De jma14

09H49 | 29/08/2008 | Permalien

c'est mieux que rien. Il vaut mieux faire quelque chose que de ne rien faire. Les adeptes du manichèisme, le corps professoral et l'opposition vont essayer de nous faire croire que tout était nul et que dans ces cas là, il fallait plutôt ne rien faire.

Mais c'est faux, il aura au moins aidé les élèves qui ont participés et qui surement auront au moins appris quelque chose. S'ils n'ont rien ou mal appris, ce sera de la faute des profs.

Portrait de jma14

De jma14

09H52 | 29/08/2008 | Permalien

Votre titre ne va pas avec le texte.
Pour annoncer des résultats, il aurait fallu faire une étude. Hors le texte de l'artcile nous montre plutôt que vous avez superposé des impressions, des dogmes plusque subjectifs.

Portrait de Tintin89

De Tintin89

Etudiant | 10H16 | 29/08/2008 | Permalien

A Ciencien,

Le rejet de l'élitisme est de bon ton sur Rue 89 à en croire les votes élogieux de votre commentaire. En même temps vous vous fendez d'un discours paternaliste à propos des plus fragiles ! C'est contradictoire, non ?

Ne pas oublier qu'un système scolaire est un outil pour instruire et pour sélectionner.

Cordialement.

Tintin

Portrait de Firenze

De Firenze

| 11H03 | 29/08/2008 | Permalien

Darcos a déclaré dernièrement que l'année 2008-2009 serait « l'année des enseignants ».
Quel humour ce Xavier !

Portrait de Nanni

De Nanni

14H09 | 29/08/2008 | Permalien

Le gouvernement des primes et des taxes ! Ca, c'est de la politique sur mesure ! Ca va vous enrober les plus récalcitrants…Qui va résister à cette distribution de loukoums ou de coups pieds dans le cul ?
Le corps enseignant ?

Il faut les entendre, dans ce bordel généralisé que cause ces réformes, tous ces parents d'élèves, ou ces profs (là, c'est plus grave) qui pensent que « tout ça, c'est pour le bien-être des enfants. » Il n'y a pas à dire : politiquement (dans la mauvais sens du terme, bien sûr), c'est fort !

Force est de constater, l'Etat n'est plus ce « monstre froid » dont parlait Nietzsche, il serait bien plutôt cette main toute chaude qui se glisse…

Portrait de pomme53

De pomme53

Médiation | 14H52 | 29/08/2008 | Permalien

Le Ministre Xavier DARCOS n'oublie surtout pas de mettre en avant les 1500 Euros de prime de « bienvenue » aux nouveaux enseignants qui vont débuter leur carrière dans la grande maison de l'éducation nationale. Façon de ne pas arriver les mains vides après les tumultueux mouvements de grèves de l'année 2007-2008, et une image de ministre de l'éducation passablement discréditée ! Une manière aussi d'acheter la paix sociale ( ? )tandis que les grévistes purs et durs affutent déjà leurs arguments revendicateurs pour les toutes prochaines grèves de la rentrée…
L'avenir de Xavier DARCOS (à ce poste) ne s'annonce guère brillant surtout lorsque, après avoir supprimé plus de 11000 postes d'enseignants pour cette rentrée, il lui faudra encore en supprimer un peu plus pour la rentrée 2009 !
Quant aux heures supplémentaires prévues pour le rattrapage des « mauvais élèves », il est effectivement bien trop tôt pour en évaluer la réelle efficacité !

Portrait de jma14

à pomme53 Portrait de pomme53 De jma14

08H28 | 30/08/2008 | Permalien

« Quant aux heures supplémentaires prévues pour le rattrapage des “ mauvais élèves ”, il est effectivement bien trop tôt pour en évaluer la réelle efficacité ! »
Des études, des études, des études. Avec quoi un double centimètre pour mesurer le savoir ou les remises à niveau.
Il n'y pas besoin d'étude. Même le plus bête ou le moins concentré des élèves aura soit appris quelques choses, soit confirmé une notion… Parce qu'agir c'est mieux que de ne pas agir. Toutes heures supplémentaires ne peuvent être que bénéfiques et cela quelque soit la couleur politique qui l'a mis en place.

La seule raison pour laquelle se ne serait pas efficace, ce serait que l'enseignement soit de mauvaise qualité, dans ce cas là il faut se tourner vers les profs et leur corps professoral.

Vous avez peut-être quelque chose à nous dire sur la qualité de notre enseignement, peut-être ?

Portrait de f.titi

De f.titi

Professeur des Ecoles | 16H04 | 29/08/2008 | Permalien

Je suis enseignant (professeur des écoles) et lors de l'année scolaire 2007-2008 j'ai demandé des prise en charge par des enseignants spécialisés pour 7 élèves. Il se trouve que seulement 2 ont pu être pris en charge. Pour les autres, il n'y avait plus de créneau de disponible (ce que je comprends bien).

Dans mon académie (aix-marseille) du soutien a été proposée lors des vacances d'avril.

Le coût de cette opération pour la première semaine de vacances équivaut à l'embauche de 40 enseignants spécialisés (RASED) à l'année dans notre académie.

Donc d'un côté on refuse d'aider certains élèves sur toute l'année et de l'autre on leur propose une aide ponctuelle de 15h sur 1 semaine ! Et tout ça, pour le même coût. Je ne comprends plus.

Portrait de kk

à f.titi Portrait de f.titi De kk

star malgré elle | 19H31 | 29/08/2008 | Permalien

Il me semble que le but n'est pas d'aider les enfants (je préfère ce mot à « élèves », pour les bambins qui nous concernent).
Toutes ces mesures sont purement idéologiques ; on revient à des programmes rétrogrades, on diminue le nombre d'enseignants, on diminue le nombre d'heures d'enseignements pour les enfants, surement pas dans le but d'élever le niveau moyen des français, surement pas dans le but d'en faire des citoyens responsables.

Pour ce qui est de ce soutien « bidon » pendant les vacances, il a juste pour but (idéologique) de dire qu'on propose aussi des heures sup » aux enseignants du primaire et on justifie ainsi le « travailler plus pour … »
C'était le seul moyen pour notre profession de proposer des heures sup'
Et dire que certain(e)s acceptent !

Mais je pense que vous aviez compris.

Portrait de zaotitus

à kk Portrait de kk De zaotitus

instit | 08H09 | 30/08/2008 | Permalien

« C'était le seul moyen pour notre profession de proposer des heures sup' »

C'est vrai, et les journalistes ont l'air de l'ignorer, que dans le primaire nous n'avons pas la possibilité de faire des Heures sup. Pourquoi les journalistes donnent-ils une image souvent fausse du primaire ? ou alors très parisienne ?

Portrait de kk

à zaotitus Portrait de zaotitus De kk

star malgré elle | 10H47 | 30/08/2008 | Permalien

Puisque nous sommes entre nous, je vous livre le fond de ma pensée en toute franchise : c'est parce qu'on nous prend pour des « sous-merdes » , dans la tête de tous ces gens (et même de certains collègues du secondaire ), si on était vraiment bons, on serait profs en collège ou lycée.
Et puis, s'occuper des jeunes enfants, c'est un boulot de femme ça : pas bien intéressant.

Je me demande même si les gens ne se disent pas (comme pour la peinture abstraite)« c'est facile, je pourrais le faire »

Et puisque j'en suis à cracher mon fiel, on oublie de dire que les instit's font plus d'heures (c'est normal, c'est facile), ne « banalisent » pas de journées, ont des taux de grévistes plus élevés, se mobilisent plus pour défendre l'école (nuit des écoles et autres écoles occupées avec les parents), font « avec les parents », ne remettent pas en cause l'école pour tous … Des gens pas bien intéressants on vous dit

Portrait de jma14

à f.titi Portrait de f.titi De jma14

09H34 | 01/09/2008 | Permalien

« Le coût de cette opération pour la première semaine de vacances équivaut à l'embauche de 40 enseignants spécialisés (RASED) à l'année dans notre académie. »
C'est bien maintenant, on va embaucher des enseignts que pour les vacances. Gestion de m… pou gestion de m… autant faire faire des heures sup aux enseignants en fonction.

Portrait de Julos

De Julos

ex E.N | 20H54 | 29/08/2008 | Permalien

A ce stade des échanges, je me demande si un petit rappel historique ne serait pas utile pour fixer les idées.
Au cours des années 70 (celles où s'épanouissaient les soixante-huitards pas encore attardés ; -)4 grands types d'organisation pédagogique à l'école élémentaire ont été expérimentés et évalués par l'INRP. Tous ayant pour objectif principal l'égalité des chances et son corollaire la lutte contre la discrimination et l'échec scolaire.

type 1 : l'organisation traditionnelle avec le redoublement et les classes spécialisées (adapt et perf)
type 2 : l'organisation par groupes de niveau
type 3 : l'organisation par groupes de soutien
type 4 : différents modes d'organisation alternatifs recherchant et s'appuyant sur l'hétérogénéité des groupes et la fonctionnalité des situations d'apprentissages. Nous regrouperons par commodité ces différentes approches dans l'appellation « enseigner autrement »

Quels enseignements retira-t-on de l'évaluation de ces dispositifs relativement à l'efficacité dans l'égalitarisme et la lutte contre l'échec ?

-le plus discriminant (creusement des écarts) : type 2 --> les groupes de niveau font que les forts sont encore plus forts, les faibles moins faibles mais au final l'écart s'est aggravé.

- le plus neutre (pas d'évolution en sortie par rapport à l'état initial) : type 1. L'école traditionnelle reproduit les inégalités de départ, inégalités socio-culturelles pour l'essentiel, se traduisant par des lacunes et des retards scolaires, à l'arrivée.

- le soutien (type 3) ayant lieu dans la classe, pendant les cours a conduit à observer un nivellement par le bas (les faibles progressant grâce à une aide importante, tandis que les forts, en étant privés stagnent, voire se démotivent).

- seules,les écoles regroupées dans le type 4 (enseigner autrement)attestaient de résultats où les écarts avaient tendance à se tasser, particulièrement dans les domaines transversaux (langages, autonomie), tassement moins marqué en mathématique.

************
Epilogue : comment ces résultats furent-ils pris en compte dans les choix et recommandations de la décennie suivante par les différents responsables qui se succédèrent au ministère de l'E.N ?

Ce que le groupe type 4 avait expérimenté (regroupement par cycles, articulations souples entre homogénéité et hétérogénéité, tutorat, coopération, ouverture de l'école aux parents, bibliothèques centre documentaire, informatique, journaux et radios scolaires …etc) connurent une plus large diffusion par les canaux officiels relayant ce qui jusqu'ici se limitait aux réseaux militants. Mais quelques années suffirent pour mettre en évidence à la fois le coût très élevé en énergie,en engagement personnel, en formation que supposaient de tels choix et de telles pratiques pédagogiques. Les désillusions et les abandons se firent nombreux dès le milieu des années 80, à de rares exceptions près.

Quant aux 3 autres solutions, malgré leurs imperfections notoires, elles continuèrent bon an mal an leur petit bonhomme de chemin, enseignants et parents ignorant le plus souvent la valeur de tels choix. Du reste, il s'est même trouvé desministres de l'EN pour vanter les mérites, qui du redoublement, qui des groupes de niveau… ou de soutien !
Et c'est ainsi qu'en 2008 un ministre n'éprouve aucune gêne à préconiser et à mettre en place un dispositif d'aide aux élèves en difficulté, le soutien,qui est loin d'avoir fait ses preuves…
Mais, après tout, ce n'est peut-être pas son problème, à ce ministre…

 ; -)

Portrait de Pneumatique

De Pneumatique

Gonflé à bloc ! | 17H28 | 30/08/2008 | Permalien

Le soutien scolaire ?

Je vais vous donner l'opinion d'un… ancien lycéen.

C'était au siècle dernier, en 1992, pour être plus précis. En cette époque héroïque, nous n'avions pas de portable, nous étions donc obligés d'aller à la cabine téléphonique la plus proche pour téléphoner à nos copines, et…

Comment ? Vous dites ? Je m'éloigne du sujet ?

Autant pour moi… Je reprends…

En 1992, donc, nous avions déjà du soutien scolaire. En histoire-géographie et en maths. Nous voyions d'abord cela comme une louable idée : nous pensions qu'il s'agirait d'un réexplication concrète des cours que nous suivions tant bien que mal.

Nous déchantâmes rapidement. Le « soutien scolaire » ne se différenciait pas d'un cours classique : le prof » nous distribuait des feuilles photocopiées d'exercices : travaux dirigés. Pratiquement tout le temps.

Résultat des courses ? Non seulement des heures de cours en moins, mais un dégoût des matières en question chez, je pense, presque tous les élèves…

Aujourd'hui, le lycée est bien loin pour moi, et je pense que beaucoup de mes camarades d'hier ont définitivement oublié ces laborieuses séances.

Mais, il y a quelques années encore, je méditais sur mes souvenirs, et je ne pouvais m'empêcher de me faire la reflexion suivante : pourquoi n'allège-t'on pas les programmes scolaires, puisque les enseignants eux-même disent qu'ils ne peuvent pas les boucler à la fin de l'année ? !

Aujourd'hui, nous avons la réponse. Elle nous a été donnée par les riverains : privatisation.

Cela m'attriste d'autant plus qu'un membre de ma famille ( aujourd'hui décédé )a exercé quarante-et-un ans durant en tant que conseiller d'éducation. Et je me demande bien ce qu'il penserait aujourd'hui du bazar actuel ( et je dis ça pour rester poli )

Pneumatique
( en surpression )

Portrait de mipo

De mipo

11H59 | 31/08/2008 | Permalien

Je trouve regrettable de constater une fois encore que les journalistes participent à une vaste campagne de désinformation et que certains enseignants acceptent de jouer des rôles de figuration devant les caméras et les micros. Au lieu de marginaliser un peu plus certains enfants en les faisant venir à l'école alors que les copains (les bons eux ! ) sont à la maison, il serait peut-être plus intelligent de développer les moyens de dépistage d'aide et de soutien durant le temps scolaire. Au lieu de gonfler les effectifs et de réduire encore le nombre des personnels spécialisés dont on a toujours manqué en milieu scolaire, il est à mon avis urgent de parler des besoins en enseignants spécialisés, psychologues, médecins scolaires, assistants sociaux, orthophonistes, pédopsychiatres etc. Dire qu'il suffit d'heures supplémentaires pour améliorer un bulletin scolaire relève d'une monstrueuse incompétence ou du mensonge le plus vulgaire. De plus, mélanger les besoins des bacheliers avec ceux des élèves du primaire me semble assez évocateur d'une absence de connaissance des besoins réels sur le terrain. Toute ces réformes ne sont que de la poudre aux yeux.

Portrait de michelpa

De michelpa

prof honoraire univ paris7 | 16H57 | 01/09/2008 | Permalien

c'est bien joli tout ça mais que va-t-il se passer quand, après des heures de soutien, un élève se révèlera tout aussi nul que par le passé ? Cela sera souvent le cas, quand l'élève est gravement largué, faute d'avoir compris quelque chose d'important à un moment donné.
On se mettra a dauber sur le prof de soutien, incapable ?
ou bien sur notre ministre qui promet la lune ? Ou bien falsifiera-t-on les notes pour justifier le soutien ? Qui dit que les élèves aient tous envie d'être soutenus ? Qui s'occupera des élèves qui voudraient bien qu'on les soutienne mais qui ne seront pas jugés assez mauvais pour être soutenus ? Faudra-t-il qu'ils fassent exprès d'avoir de sales notes pour qu'on les soutienne ?
bien triste farce que les rodomontades de notre ministre : depuis quand ne s'est-il pas retrouvé devant une classe avec des élèves qui ne comprennent pas ?

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