Xavier Darcos faisait sa grosse journée de rentrée, ce jeudi. Le ministre de l'Education nationale, très décrié l'an dernier pour avoir annoncé la suppression de plus de 11 200 postes d'enseignants, dévoilait en effet les grandes orientations de l'année scolaire qui démarrera officiellement mardi 2 septembre.
Parmi les mesures annoncées ou confirmées par Darcos, figure en bonne place la remise à niveau des élèves. Cela vaut pour le primaire comme pour le secondaire. En primaire, deux heures supplémentaires iront aux élèves en difficulté, triés par le chef d'établissement. Mais, pour les CM1 et CM2, les stages de soutien vont se généraliser pendant les vacances.
Plusieurs expériences pilotes avaient déjà cours cet été. Côté statistiques, le ministère précise que 115 000 élèves de primaire s'étaient inscrits. Soit 22 000 enseignants sur le pont, à raison de trois heures par jour en maths et en français pour les CM1 et CM2 volontaires.
Dans son discours de rentrée, ce jeudi, Xavier Darcos a vanté la généralisation du principe en secondaire :
« Devant le succès de ce dispositif voulu par le président de la République, les lycéens m'ont demandé au printemps dernier de l'étendre aux lycées en difficulté. Ce sont près de 6 000 lycéens volontaires issus de quelque 200 lycées réputés difficiles qui ont pu en bénéficier au mois d'août. »
20 millions d'euros pour deux semaines : un coût énorme
Au total, le coût de l'opération est énorm e : 20 millions d'euros sur quinze jours, avec 900 profs mobilisés au lycée. Le ministère, qui n'a pas mégoté sur les moyens, ne lésine pas non plus sur la communication. Ce vendredi, Xavier Darcos se rendra même dans un lycée Jean-Jaurès, à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) pour vanter un dispositif qui aurait finalement dépassé les prévisions.
Sur le terrain, la réalité est plus contrastée, même si tous s'accordent à dire que l'idée va bien sûr plutôt dans le bon sens. Depuis le début des stages d'août, plusieurs salariés de l'Education nationale ont en effet alerté Rue89. Une de ces internautes -qui tient à rester anonyme- travaille au lycée Robert-Doisneau, de Corbeil-Essonnes.
Elle nous a contacté la semaine dernière après la visite de l'inspectrice d'académie et d'une « palanquée de journalistes » dans son établissement. Au moment où cette riveraine écrit, toute l'équipe pédagogique se prépare à la venue de Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy, annoncée pour la deuxième semaine de stage (soit ces jours-ci).
Entre-temps, le ministre a donc changé son fusil d'épaule, et opté pour un autre lycée. Et pour cause : alors que l'Education nationale assure que l'opération fait un carton, les élèves se sont montrés plus frileux, à Robert-Doisneau. A l'issue de la première semaine de stage, notre internaute précisait que seulement 34 élèves s'étaient manifesté, mais que 250 étaient inscrits pour la deuxième semaine.
Contacté ce jeudi, Jean-Louis Dodeman, proviseur-adjoint du lycée, a sorti ses chiffres :
« La semaine dernière, on attendait 34 élèves. Certains inscrits ne sont pas venus, mais le bouche-à-oreille a marché pour d'autres, et nous avons fini par atteindre jusqu'à 60 élèves vendredi. Cette semaine, 230 étaient inscrits. Il y a eu un pic à 111, mais les premiers jours, certains groupes étaient clairsemés avec un total de 75 élèves. »
Un lancement trop tardif mais des élèves motivés
Pour lui, si les élèves présents étaient « très volontaires », le dispositif a souffert de la précipitation dans laquelle il a été mis en place par le ministère, qui a lancé l'opération seulement le 5 juin :
« On a proposé aux parents d'inscrire leurs enfants en envoyant le bulletin de notes du troisième trimestre l'an dernier. Mais c'était très tard pour prévenir les familles, sans compter la démotivation en cours d'été. »
Le lycée misait pourtant gros sur les stages pour rééquilibrer ses statistiques de réussite au bac. En effet, ces stages sont avant tout destinés aux élèves entrant en terminale -ainsi qu'à une poignée de néo-bacheliers qui souhaiteraient préparer leur rentrée universitaire.
Or, « de nombreux parents forcent le passage en terminale en refusant que leur enfant redouble », explique la direction de Robert-Doisneau. De facto, les statistiques plongent et la remise à niveau estivale a aussi pour but d'améliorer les résultats en fin de terminale. A cela, le lycée de Corbeil-Essonnes a par ailleurs ajouté une prise en charge des élèves les plus fragiles qui sortent de seconde.
A noter : Jean-Louis Dodeman précise qu'il a constaté « une forte proportion de filles, dont beaucoup issues de familles africaines ». Son explication : « Elles s'accrochent à l'école et préfère étudier que rester dans leurs familles, à effectuer par exemple des tâches domestiques. »
Photo : Salle de classe, école primaire, Paris (Gilles Coulon/tendance Floue).
► A lire aussi : Pourquoi développer le soutien scolaire est une idée néfaste























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De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 20H01 | 28/08/2008 |
Le soutien scolaire est chose nécessaire.
Ce serait paradoxal que ces hommes politiques là … arrivent à faire sortir le bateau Soutien Scolaire du port.
Avec un ministre dont les compétences comptables
(sans connaître « la règle de trois » bien sûr) semblent primer sur toutes les autres.
L'article est documenté mais on ne comprend pas comment les choses se concrétisent, les modes d'organisation, les choix méthodologiques.
Sont-ce des actions en salle-de-classe-like, en ateliers, par petits groupes ou (mieux) des relations duelles ?
Toujours dans le concret. Comment se monnayent les questions de transport scolaire ?
NB :
Essai pour lire le lien signalé en fin d'article = texte trop pénible ou lecteur trop fatigué. L'étonnement de l'auteur devant l'encadrement des élèves par les adultes m'a fait jeter l'éponge.
à Claude PELLETIER
De Nondupe
10H11 | 29/08/2008 |
Vous dites ne pas comprenre comment cela s'organise…
Vous n'êtes pas le seul. En fait, toute l'éducation nationale, (celle qui bosse avec les enfants( ne pige rien. chacun va donc brisoler dans son coiN
Bon début pour une régionalisation de l'éducation…projet de darkos aux ordres de son chef.
darkos a balancé cela avant la sortie, mais rien n'est organisé. Tout est laissé à l'appréciation des gens du terrain… et aux bon plaisir des municipalités qui doivent ramer derrière pour organiser transports, cantines,…
Mais qu'importe la cohérence. Ce qui est important, c'est la communication et les effets d'annonce.
à Nondupe
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 15H39 | 29/08/2008 |
Pour le PRIMAIRE,
je vous conseille d'aller voir la réponse faite par KK ( message à 09H42 )
à ZAOTITUS ( posté à 07H38 )
où elle donne beaucoup d'informations essentielles.
La comm » du ministre est efficace.
De jjhb
cosmonaute | 20H15 | 28/08/2008 |
Le soutien scolaire est une bonne chose. Et je crois que bon nombre d'entre nous aurait bien aimé connaître un tel dispositif jadis.
Espérons qu'un maximum de professeurs joueront le jeu. C'est tellement important une bonne instruction.
Je me dis d'ailleurs que le seconde classe sarkozy a du cruellement en manquer dans sa tendre enfance lorsque l'on constate actuellement le néant culturel qui remplit son quotidien.
à jjhb
De papy55
prof. en province | 08H14 | 29/08/2008 |
Pour le soutien scolaire, les profs joueront le jeu, jusqu'à ce qu'on leur dise que le budget est épuisé… !
De LeSultanDeBruni
. | 20H26 | 28/08/2008 |
Travailler moins pour apprendre plus.
Une mesure qui va permettre à une minorité de partir plus facilement en week-end.
Une mesure pour stigmatiser encore plus les élèves en difficulté, en leur infligeant 2 heures supplémentaires et des stages de rattrapage pendant les vacances pendant que leurs petits camarades seront en train de buller.
Et les mémères, qui étaient les premières à gueuler pour que l'école organise une garderie en cas de grève, ne disent rien alors que les élèves ne vont plus en classe le samedi matin !
Apparemment quand c'est M. Darcos qui impose le temps libre ça ne dérange personne mais quand ce sont les grévistes là ça ne va plus.
à LeSultanDeBruni
De La péronnelle
toute petite petite | 21H50 | 28/08/2008 |
A mon avis, il ne s'agit pas seulement « qu'une minorité puisse partir en week-end ». Si on prive nos enfants de deux heures d'école par semaine, ne nous leurrons pas, c'est surtout pour que la majorité d'entre eux soit emmenés avec les parents dans les caddies des super marchés. C'est bien connu que ce sont les meilleurs clients. Vous verrez, les ventes vont exploser !
De Humain
20H33 | 28/08/2008 |
Il est bien évident que le soutient scolaire est un business ! !
Des sociétés et pas des moindres s'y penchent, et en font un chiffre d'affaire superbe sur le dos de nos chers enfants.
Le principal est de s'arranger pour diminuer le nombre d'heures de cours, ainsi que celles du samedi matin, qui seront re-facturées au prix fort.
Le principla est que chacun croit que le soutient scolaire est une bonne chose !
Comment ?
Mais tout simplement en diminuant les horaires, les heures de cours et les profs'…. Facile !
De désenchantée
aucune | 20H40 | 28/08/2008 |
bonsoir
pour vous répondre LeSultanDeBruni, je crois que les Français sont las de tout et devienent fatalistes, à quoi bon aller dans la rue faire grève puisqu'au bout là haut ça ne s'entend pas, nos gouvernements font ce qu'ils veulent « t'es content tant mieux tu ne l'es pas tant pis » semble t on nous dire……
De N.MARECHAL
20H46 | 28/08/2008 |
Gros budget, grosse com », maigres résultats.
Bref, la routine …
C'est tout un programme ! ! !
De Infovite
Plébéien. | 20H48 | 28/08/2008 |
Si l'école avait les moyens pour assurer sa mission, la réalité du soutien se passerait de com'.
Mais la politique actuellement menée semble se résumer aux primes et aux suppressions.
Si ce n'est pas pour l'instant le chaos ; c'est indéniablement le KO !
http://info-espress.over-blog.com/
De patoche39
enseignant | 20H53 | 28/08/2008 |
Quelques idées pour subventionner le soutien scolaire……Là où certains syndicats rétrogrades et quelques soixante-huitards attardés crient aux coupes sombres et au dégraissage intempestif, nous préférons voir dans ces suppressions de postes au sein de l'Education Nationale de justes mesures d'économie visant à enrayer une gabegie unanimement constatée et condamnée.
Mieux, le Groupuscule Marche ou Grève, las des critiques aussi stériles que bêtement prévisibles, a décidé d'apporter sa pierre à l'édifice et de proposer quelques mesures modestes et pragmatiques afin de contribuer, dans un souci d'effort national, à assainir les finances d'une institution que le gaspillage éhonté a fini par mettre en péril.
Si ces quelques conseils, bien faciles à mettre en œuvre, vous paraissent dérisoires, rappelez vous l'adage selon lequel il n'y a pas de petites économies.
Et participez vous aussi à cet élan nécessaire en vous rappelant à chaque instant que les bénéficiaires en seront vos élèves, bien avant Mr Darcos.
· proposez à votre chef d'établissement des regroupements de classes avec cours en amphithéatre, notamment en seconde : vous aurez l'illusion d'être maître assistant à la Sorbonne, et vous préparerez vos élèves dès le lycée à ce qui les attend après le bac dans une fac surchargée.
· le poste budgétaire « feutres pour tableaux blancs » est le cauchemar de tout intendant qui se respecte. Prolongez la durée de vie de vos feutres en les faisant mariner, dès vos cours terminés, dans un mélange vinaigre-sang de veau qui leur rendra la netteté et la fluidité indispensables à une écriture de standing.
· n'allumez vos salles de cours que lorsque c'est vraiment nécessaire, en particulier le matin : vos élèves vous sauront gré de les aider à prolonger leurs nuits toujours trop courtes, et vous réaliserez ainsi de substantielles économies d'énergie.
· on ne compte plus les hectares de forêt éradiqués par suite d'une consommation de papier gargantuesque : rédigez au tableau l'énoncé de vos devoirs en classe, vos élèves bénéficieront ainsi d'une demie-heure inespérée pour effectuer une révision salutaire ; les documents indispensables pourront eux être photocopiés sur quelques-uns des innombrables prospectus qui inondent votre boîte aux lettres.
· la cantine génère elle aussi des dépenses en croissance quasi exponentielle : un plateau creux pour servir la totalité du repas permettra de diminuer les coûts de fonctionnement et améliorera la rapidité du service pour un secteur plus productif et plus compétitif.
Le nettoyage des plateaux pourra être assuré par un sans-papiers bénévole et provisoirement interdit de charter.
· n'utilisez les ordinateurs qu'en cas d'absolue nécessité, par exemple lors des cours d'éducation musicale pour télécharger l'album de Carla. Ou pour initier vos élèves aux techniques de management sauvage et de placement boursier en vigueur.
Cette liste n'est pas exhaustive.
Faites nous part de vos idées par courrier à l'adresse suivante :
Opération « Les profs : une variable d'ajustement »
Ministère de l'Education Nationale
1, rue de l'Equarrissage
75792 PARIS cedex 9
à patoche39
De ToRDReLoRDRE
chien de talus | 21H16 | 28/08/2008 |
AAAAAHAHAHAH HA HA cynique mais drôle !
De el loco
éducateur spécialisé | 21H40 | 28/08/2008 |
bon sans rire
il est balèze le ministre faire passer une réduction des heures de cours (et donc de cout) comme un bénéfice au profit des élèves c'est fort et si pour cela il faut pointer du doigt les élèves en difficultés en leur disant qu'ils vont faire des heures de cours en plus (alors que leur copains seront en train de jouer) et au final en creusant encore plus le fossé qui les séparent des bons élèves …. pourquoi s'en priver ? ? ? ? ?
parce que je sais pas pour vous mais moi quand je me sent en difficulté dans un domaine j'ai pas forcement envie d'en faire plus
De Carmagnole
retraité de l'Education Nationale | 21H50 | 28/08/2008 |
J'espère que « notre ministre de “l'éducation” a mis à profit ses conseils aux élèves en difficultés et qu'il aura suivi les stages de remise à niveau CM1/CM2 ; à son prochain passage à la télé il pourra peut-être nous faire une éclatante démonstration de la résolution d'une règle de trois ! Cela serait la meilleure preuve de l'utilité de ces stages !
De Ciencien
Prolo étudiant en pharmacie | 22H21 | 28/08/2008 |
Je crois que ça saute aux yeux, on se dirige vers un élitisme des plus profonds. Tout d'abord, la suppression de la carte scolaire. Ensuite, on utilise la méthode du sandwich. On prend par le haut, en privatisant les universités et tout ce qui s'en suit, et on prend désormais par le bas. En réduisant le nombre d'heure de cours obligatoire, on distinguera aisément qui a besoin d'heure de soutien et qui n'en aura pas besoin. Les élèves avec de la facilité seront ainsi repéré beaucoup plus tôt, et voilà. Et pour les endroits où les profs n'assureront pas les heures sup » de soutien, et bien, c'est les société privées qui se feront la malle, et seules les familles les plus aisées pourront assurer une éducation convenables pour leurs bambins. Les sales pauvres eux, on s'en fout, du moment qu'ils apprennent bien la Marseillaise, qu'ils savent compter jusqu'à 10, qu'ils sachent les principales victoires de Napoléon et le jour du terrible et effroyable assassinat de Guy Moquet et qu'ils comprennent le fonctionnement et la nécessité d'une belle armée.
Avec la réduction du nombre d'heure de cours, et le terme « d'heure obligatoire », j'ai l'impression de parler d'une éducation à la carte, forfaitaire en sorte.
Il faut bel-et-bien abrutir les masses populaires…
à Ciencien
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 13H18 | 29/08/2008 |
C'est important d'avoir une vue d'ensemble, de synthétiser, de ne pas se laisser distraire par les petits détails mais je renâcle si vous traitez cette forme d'aide avec la même grille de lecture.
Cher lycéen, cela fait des décennies que j'entends parler d'échec scolaire
avec le même degré de fatalisme qu'inspire le temps qu'il fait ou les lois gravitationnelles. Ici et là, de façon clandestine, certains élèves étaient assistés, et certains dopés. Et l'institution prenait en charge, une partie des « cas ». Sans toucher au tabou des horaires !
Jusqu'à ce jour,
une partie des élèves en difficulté avait le droit de se faire aider.
Et les autres avaient le droit de vivre avec leurs difficultés,
bien cachés au milieu d'enfants de leur âge.
Pour une fois qu'on annonce vouloir aller au delà,
…… un seul mot d'ordre = « CHICHE ! “
De Alexad
22H43 | 28/08/2008 |
Excellent ! Les jeunes profs débutant leur carrière vont percevoir une prime d'entrée dans la vie active de 1500 €…(très drôle : gagner plus avant d'avoir commencé à travailler, un grand moment ! ! )
2 heures de cours en moins : travailler moins ! !
De quoi enrayer d'avance tout mouvement de grève ! ! ! …
Pour le reste, les enfants en difficulté et les éventuels profs qui voudraient faire des heures sup, à suivre ! …
à Alexad
De baxbrin
Enseignant en IdF | 22H29 | 29/08/2008 |
Et soyons même plus cyniques. La « prime d'installation » existe depuis des lustres, mais seuls les concernés la connaissent.
Il faudra vérifier, mais je suis presque sûr que ce que le sinistre annonce n'est qu'une « communication » de cette prime. Il fait passer un truc (justifié) qui existait déjà pour une nouveauté.
Courageux débutants, vérifiez ! Vous devez percevoir la « prime d'installation » (1200 € si je me rappelle bien) PLUS la fabuleuse générosité de notre Sinistroz (1500 €). Mais où est l'économie alors ?
Sinon on nous aurait menti ? Non… Si on nous prenait pour des cons on le saurait…
Dans le dernier Charlie, vous avez le pedigree de notre Msinistre. On comprend beaucoup de choses…
à Alexad
De zaotitus
instit | 07H43 | 30/08/2008 |
Non, nous ne travaillons pas 2 heures en moins nous les utilisons pour le soutioen aux élèves en difficulté, je me demande d'ailleurs si sur nos fiche de paie il n'y a pas encore écrit 39 heures ?
De fabbb
00H55 | 29/08/2008 |
Pour certains élèves ayant des difficultés d'abstraction tous les soutiens du monde ne changeront rien à leur difficultés scolaires. Faîtes les partir en vacances (les séjours proposés aux enfant sont de plus en plus courts et de plus situés en périphérie des grandes villes, fautes de moyens financiers) pour qu'ils puissent expérimenter, découvrir et tâtonner dans différents milieux. Bourdieu dénonçait déjà dans les années 60 les inégalités culturelles à l'école qui n'ont fait que s'aggraver ces dernières années.
De zaotitus
instit | 06H38 | 29/08/2008 |
Aider les enfants en difficulté, oui bien sûr mais en supprimant 2heures par semaine… est-ce bien judicieux ?
Pour avoir un peu épluché les « nouveaux » programmes de primaire, je cherche en quoi ils peuvent lutter contre l'échec tant qu'il y aura des classes de 30 élèves, ce n'est pas en faisant de la rédaction plutôt que de l'expression écrite, de la récitation au lieu de la poésie ; ça c'est vraiment que du blabla.
Dans notre école nous avons eu un stage pendant les vacances de Pâques, un instit d'une autre école est venu pour 4 enfants, 4 jours. Nous n'avons eu aucun retour quant au travail fait. Aucun volontaire chez les instits pour les stages de cet été (1semaine début juillet, 1 semaine fin août).
Je veux bien croire que le budjet de l'éducation Nationale est collossal, certes, mais les sous doivent se perdre en chemin, et puis c'est pas des sous en sous dont on a le plus besoin, c'est du personnel. Attention, si nous, instits en classe, nous arrivons à diminuer l'échec, qu'adviendra-t-il des rased (les instits spécialisés qui travaillent sur des secteurs de + en + étendus 1 pour 5 ou 6 écoles de plus de 200 élèves) ? Là aussi il y aura des économies à faire. Et la maternelle est-elle vraiment nécessaire… ?
Bon ben, bonne rentrée à tous, moi c'est ce matin…
à zaotitus
De kk
star malgré elle | 08H42 | 29/08/2008 |
Bonjour zaotitus, moi, c'est kk, instit » rurale à ses (nombreuses) heures.
Je crains que l'agacement n'ait rendu votre post un peu confus pour les lecteurs peu au fait de l'enseignement primaire, et pourtant vous avez fait le tour de tout ce qui nous fache.
Comme d'hab, seul le lycée intéresse, alors que ce qui se passe dans les écoles est grave et a suscité aux mois de mai et juin des mobilisations dont on a peu parlé ici.
Deux types de « soutien scolaire » font leur apparition dans les écoles :
- un pendant les vacances pour les élèves de CM signalés par leur enseignant . Les enfants peuvent travailler une semaine ( seulement le matin )début juillet et/ou une semaine fin août avec des enseignants volontaires et grassement rémunérés en heures supplémentaires défiscalisées.
De nombreux enseignants refusant ce soutien « bidon » ( j'y reviens) il a lieu dans les écoles les plus importantes avec des enfants venant parfois d'autres écoles (chez nous, des enfants venaient d'un village éloigné de 11 km, espérons que les parents de ces enfants avaient un véhicule, ce qui n'est pas toujours le cas)
Ce soutien est « bidon » (et gageons qu'aucune évaluation sérieuse ne sera menée ) parce que le/la collègue qui arrive ne connait pas les mômes, ne rencontre pas leur enseignant(e), bidouille dans une école qui n'est pas la sienne, et ne transmet rien à l'instit » des mômes à la fin de la semaine
- l'autre soutien aurait pu ne pas être bidon mais …
pour le mettre en place, on a commencé par supprimer deux heures de classe à tous les élèves de l'école primaire, ce qui sera préjudiciable au « niveau moyen »
Avec ces deux heures supprimées à tous, on peut mettre en place deux heures de soutien ( on maintient ainsi le volume horaire des enseignants) A chaque école de proposer un aménagement de la semaine (sachant qu'on ne doit plus travailler le samedi )
Chez nous, depuis une trentaine d'années, on travaillait le mercredi, on n'aurait donc pas du avoir de problèmes : seulement voilà …
- Le conseil général qui gère les transports scolaires (très nombreux en secteur rural) a déjà signé les appels d'offres et ne peut pas changer sans garantie de l'Educ Nationale.
- l'Educ Nat ne peut pas s'engager sans garantie des transports.
- les municipalités (je suis élue locale) et les instit » ne savent pas toutes comment va se passer la rentrée (dans mon école, l'inspectrice n'a toujours pas validé notre proposition … le 27 aout et ne répond pas au téléphone), dans ma commune, la même inspectrice a validé le projet mais les transports viennent de nous apprendre que c'est impossible ! , on ne sait donc pas quels horaires afficher pour le jour de la rentrée dans les deux cas.
- Dans notre école, nous REFUSONS d'allonger la journée de classe pour les enfants dits « en difficulté »
celà nous oblige donc à continuer à travailler 9 1/2 journée, le mercredi compris : ce choix règle en plus le problème de garde des enfants puisque sur le secteur, rien n'existe et pour cause, il y avait l'école.
Toutes nos propositions incluant le mercredi sont refusées par l'inspectrice qui accepte sans sourciller un rallongement d'une heure deux fois par semaine (des mômes de 5 ou 6 ans auront 7 heures de classe par jour ! ) au mépris de toute efficacité.
Alors ?
En juin, les propositions de formation continue sont arrivées dans les écoles ; tout se passera dorénavant le mercredi matin et non plus par « semaine de stage »
Alors ?
Elémentaire mon cher Watson !
ON ECONOMISE TOUS LES POSTES DE REMPLACANTS qui intervenaient sur les classes des instit » en formation.
Vous avez dit soutien ?
à kk
De jcmig
09H08 | 29/08/2008 |
je suis bien content d'être à la retraite depuis 4 ans, parce que ma santé n'aurait pas suivi avec toutes ces réformes à la C.. . Quant à ton inspectrice, d'où sort-elle celle-là surement pas issue du corps des instits. Voilà à quoi on arrive quand on on a des inspecteurs qui ne proviennent que des universités et qui ne sont que bardés de diplômes. J'estime que ces gens-là devraient avoir été instits au moins 10 ans avant de devenir inspecteur.
Quand allons-nous ENFIN prendre L'ENFANT en compte dans cette société.
IL Y A BIEN PLUS IMPORTANT QUE LE SAVOIR C'EST L'IMAGINATION. Quand en France, allons-nous avoir une école qui donne la priorité à l'imagination et à la créativité plutôt qu'au savoir.
à jcmig
De kk
star malgré elle | 19H41 | 29/08/2008 |
Désolée, cette femme très compétente (on ne sait toujours rien quant à notre semaine scolaire ; le maire est fou de rage )est une ancienne instit d'une cinquantaine d'année.
J'ADORE ces gens qui se croient des pédagogues si talentueux et qui quittent les classes et les élèves à la première occasion
Elle nous a dit que nous étions fonctionnaires et devions appliquer les textes,que c'est ce qu'elle fait ce à quoi, nous avons répondu (pardon pour la comparaison), qu'heureusement que certains fonctionnaires avaient résisté par le passé.
Je l'aime et la respecte ; o)
à kk
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 15H31 | 29/08/2008 |
Merci pour toutes ces précisions qui sont essentielles et que la journaliste ne donnait pas. J'en ai adoré certaines. Notamment cette formation reportée sur le mercredi matin. Dans la presse, je lisais que l'on laissait toutes latitudes localement. Un détail, qui au vu d'autres expériences, peut être inquiétant.
Vous ne le dites pas mais j'imagine que vous raisonnez ces activités de soutien en terme de « groupe-classe », que le nombre d'élèves concernés est suffisamment important pour empêcher de fonctionner en petit groupe (sans oser parler de relations purement duelles … sans doute une idée à conserver au frais pour dans 50 ans).
à Claude PELLETIER
De kk
star malgré elle | 20H07 | 29/08/2008 |
Il est vrai qu'au départ on donne latitude localement, le Conseil d'écoles (enseignants, parents élus et élus de la commune) fait une proposition que l'administration valide ou non ; on est dans le grand Guignol : on vient de nous refuser hier ce qui a été imposé par un autre inspecteur à une école située à une trentaine de km.
Quant au soutien, je ne comprends pas bien le sens de votre question.
Celui qu'on nous demande de mettre en place (si celà n'a pas changé pendant l'été )concerne des petits groupes d'enfants (à partir de la moyenne section sauf erreur) ces groupes sont évolutifs : un enfant peut par exemple bénéficier de trois séances pour améliorer sa compréhension de la technique opératoire de la division (pardon pour le jargon)
Un autre pourra en bénéficier toute l'année.
L'idée en soi ne serait pas mauvaise si elle ne se faisait au détriment de deux choses :
- tous les élèves perdent deux heures d'école par semaine (soit près de trois semaines dans l'année)
- la difficulté scolaire ne relève pas toujours des compétences des instit's, il existe des enseignants spécialisés pour aider certains enfants ( problèmes de comportement, refus d'apprendre, refus de grandir …), ceux qui travaillent dans les réseaux d'aide (RASED) et nous craignons de voir disparaitre ces postes ( précieux bien qu'en nombre très insuffisant)
à kk
De zaotitus
instit | 07H54 | 30/08/2008 |
merci
De Pépé61
Enterré vivant | 06H41 | 29/08/2008 |
La vraie rentrée se fera le 11 septembre. C'est là que l'on commencera à voir ce qui va peut-être se passer par la suite. Et qe l'on va savoir si les Français vont continuer longtemps à être et rester dupes d'une politique menée par des génies autoproclamés.
à Pépé61
De septentrion
_/) _/) _/) | 07H09 | 29/08/2008 |
Les Français étaient des veaux. Ils sont maintenant devenus des moutons et « pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton“[A. EINSTEIN]