Le Revenu de solidarité active (RSA) est une mesure défendue par la gauche depuis plusieurs années. Belle réforme dans son principe, cette prestation sociale universelle garantit un revenu minimum aux foyers à faibles revenus et croissant avec les revenus d'activité.
Les mérites du RSA sont clairs : il permet de lutter contre la pauvreté tout en encourageant le travail et en réduisant les trappes à inactivité. Face aux « travailleurs pauvres », il injecte des aides financières là où la précarité et les emplois les moins décents se sont le plus développés, là où les inégalités et les besoins de pouvoir d'achat sont les plus criants. Même si les ambitions ont dû être revues à la baisse, il simplifie le système des minima sociaux, il accroît sa visibilité et donc l'efficacité des politiques de l'emploi. Il donne l'occasion de repenser les politiques d'insertion. Il n'est donc pas question de rejeter la mesure en bloc.
Cependant, le diable, c'est bien connu, est dans les détails. La mise en œuvre, telle qu'elle était initialement prévue, était gravement défaillante.
Le RSA n'améliore pas le retour à l'emploi
Un point très contestable concernait le financement global de la mesure. Le gouvernement comptait financer le RSA par un redéploiement de la prime pour l'emploi, amputant ainsi les revenus de ménages modestes ou moyens : on finance les travailleurs pauvres au détriment des classes populaires. Aujourd'hui, le gouvernement semble y renoncer en choisissant une taxation du capital.
Finalement, il reconnaît qu'on ne peut à la fois augmenter les dépenses, réduire la dette et baisser les impôts, que la lutte contre la pauvreté a un coût qui doit être financé par la solidarité nationale et qu'il existe des marges de manœuvre pour taxer le capital. Il reste à vérifier que les plus riches ne seront pas exonérés de cet effort supplémentaire pour cause de bouclier fiscal. C'est donc un point positif très important, car il ouvre la possibilité de ressources importantes dont le RSA a besoin. Il est à mettre à l'actif de la gauche et de la mobilisation sociale de ces derniers mois : le gouvernement n'en voulait pas, il s'est rangé aux arguments de l'opposition.
Il reste toutefois d'autres points défaillants. Le RSA n'améliore pas le retour à l'emploi, même s'il en améliore les conditions financières. Plusieurs études ont montré que ce sont les freins non financiers au retour à l'emploi qui sont prédominants : absence de formation adéquate, absence de véhicule et de permis de conduire, problème de santé ou de logement, problème de garde d'enfant… Et le RSA n'est pas inscrit dans une politique globale d'insertion visant à l'accompagnement généralisé des personnes éloignées de l'emploi dans une logique de personnalisation. Par exemple, il n'est pas prévu d'appliquer le dispositif du RSA aux jeunes de moins de 25 ans au travail ou en recherche d'emploi (2,5 millions). Leur taux de pauvreté relatif, deux fois environ celui de l'ensemble des adultes, a toutes les chances de ne pas baisser.
Le RSA tend à valoriser les emplois à temps très partiels
Par ailleurs, l'introduction du RSA tend à valoriser les emplois à temps très partiels et dès lors à gêner l'accès à un emploi à temps plein. Il est donc indispensable d'introduire des mécanismes pour inciter les bénéficiaires à aller vers des emplois de meilleure qualité. Il faut pour cela que les bénéficiaires soient tous inscrits auprès du service public de l'emploi et soit accompagnés vers un temps plein, jusqu'à leur sortie du RSA.
Ce RSA continue enfin de faire des « victimes collatérales » : les populations aux minima sociaux ne retrouvant pas un emploi ne bénéficieront pas du RSA. Or leur niveau de vie baisse : le rapport entre RMI et SMIC n'a cessé de se dégrader depuis 1988. Cet abandon des plus démunis est assumé. Il correspond au rejet par ce gouvernement de « l'assistanat ». La gauche doit rejeter cette analyse. S'il y a des « assistés », des « tricheurs » qui profitent du système et devraient légitimement être sanctionnés, ils ne se confondent en aucun cas pas avec l'ensemble des populations aux minima sociaux. Et contrairement à une idée reçue, les minima sociaux français sont parmi les moins généreux d'Europe.
Le gouvernement s'apprête à améliorer la copie du RSA. C'est bien. Il reste encore du chemin.
En partenariat avec :


























3
De pablico
18H24 | 28/08/2008 |
dans sa dernière déclaration sur le RSA, Sarko a tenu un discours de gauche, que ne renierait pas aucun des éléphants. Il en est même venu à fustiger les revenus faramineux des actionnaires.
Tiens tiens, une coup de barre à gauche ? au risque de se faire lâcher par une partie de la droite dont ces 4 ou 5 copains milliardaires en euro.
veut-il atténuer l'échec sur le pouvoir d'achat ?
veut-il atténuer la crise qui est là ?
Veut-il affaiblir un parti socialiste déjà, et encore amorphe ?
POURQUOI ce virage ?
De papy55
prof. en province | 18H42 | 28/08/2008 |
Sarko a tenu un discours de gauche, mais en fait, il continue dans sa stratégie, qui est de piocher à gauche, sans pour autant que cela se traduise dans les faits avec des solutions de gauche :
Dans le cadre du RSA, qu'en est-il réellement ?
Il taxe les revenus pour l'essentiel des épargnants modestes en évitant de reprendre à ceux qui bénéficient du bouclier fiscal…. ! Et cette mesure ne concerne que 10% du financement du RSA,….. de la poudre aux yeux !
Madame PARISOT met en garde pour la forme, pour « donner le change », dans les faits, il y aura bien quelques possibilités pour certains d'échapper à cette taxation !
En fait la politique de Sarko, c'est le « maquillage » et le discours plus que les solutions de rupture, au final ce sera encore les plus modestes qui vont trinquer !
De hagalma 8451
23H45 | 28/08/2008 |
Encore du boulot pour Eco89 : comment ça va marcher ce bidule de RSA ?
Pour le reste, et le quidam que je suis, je m'interroge sur cette première mesure de solidarité sociale depuis 16 mois, après le Fouquet's, les potes riches, l'augmentation de salaire du Président, le triplement du personnel élyséen au servie de la famille, l'envie d'avoir des aussi gros avions que Bush pour se déplacer, la Carla, la Dati en Dior, le « casse-toi-pauv'con », le p'tit rire à la cérémonie des soldats tués, la breloque chère au poignet, le stylo Mont Blanc chouravé, la biture au G8, le paquet fiscal, le désingage de France télévision, Edvige, le scooter de Jean, le tapis rouge à Khadafi, la commémoration des morts par les élèves de CM2, l'augmentation des prix, la stagnation des salaires, la suppression de milliers de postes à l'éducation nationale, l'installation d'une Santé à deux vitesses, etc…mais qu'est-ce que c'est que ce truc qui torpille d'abord une partie de son cher électorat ? !