Depuis le début du conflit en Ossétie du Sud, Géorgiens et Russes s'accusent des exactions les plus épouvantables sur les civils.

Depuis le début du conflit en Ossétie du Sud, Géorgiens et Russes s'accusent des exactions les plus épouvantables. A coup de « génocide » et de « nettoyage ethnique », les deux camps se livrent une guerre des mots ajoutant un peu plus à la confusion de cette guerre. Ce mardi, Bernard Kouchner a accusé les troupes russes de préparer un nettoyage ethnique dans la ville d'Akhalgori.
Le 7 août 2008, l'armée géorgienne lance une attaque contre l'Ossétie du Sud. La capitale, Tskhinvali est bombardée. Immédiatement, les russes ripostent. Des chars russes gagnent la ville -en passant par le tunnel de Roki qui relie l'Ossétie du Nord à l'Ossétie du Sud. Des roquettes sont lancées. En moins de trois jours, la situation s'est retournée et les Géorgiens battent en retraite.
Les estimations du nombre de victimes de ces bombardement varient énormément. Les Russes avaient commencé par avancer le nombre de 2000 personnes tuées. Les Sud-Ossètes parlent de 1500 morts. Les Géorgiens démentent et font état de 95 morts géorgiens à Tskhinvali. Actuellement, les associations avancent prudemment le chiffre de 100 à 200 victimes (des deux camps), se référant aux hôpitaux de la région.

Aucun journaliste en provenance de Géorgie n'avait accès, jusqu'au 21 août, à la capitale de l'Ossétie du Sud. Seule l'organisation internationale Médecin Sans Frontières est parvenue à franchir la frontière. « La visite a été très courte. Nous n'avons été qu'à l'hôpital républicain. Nous n'avons pas pu voir la ville, ni la région », explique Philippe Ribeiro, coordinateur du programme d'urgence de MSF en Géorgie.
Dès l'arrêt des combats à Tskhinvali, les Russes ont envoyé un hôpital de campagne installé dans l'hôpital républicain. « Il fonctionne plus ou moins. En tous cas, il reprend une activité régulière », affirme Philippe Ribeiro. D'autres blessés ont été transférés en Ossétie du Nord pour être soignés. MSF demeure davantage présente à Tbilissi où ont fui des dizaines de milliers de géorgiens :
« L'urgence, c'est que les gens puissent rentrer chez eux. Il faut leur apporter des soins de santé. Le principal problème concerne l'interruption de traitement sur les patients chroniques -ils sont parti sans rien. Les diabétiques, épileptiques ou hypertendus, ont un besoin vital de poursuivre leur traitement. Enfin, les populations déplacées sont traumatisées. On a mis en place un service d'aide psychologique. »
Les populations ossètes sont également traumatisées par la guerre. Le 21 août, les Russes ont enfin autorisé les journalistes en provenance de Géorgie à pénétrer en Ossétie. Dans les ruines du centre-ville, Valery Guerguiev, chef d'orchestre russe célébrissime, a rendu hommage aux morts Ossètes. Une manifestation musicale fortement politique. Les télés russes étaient là. Le reportage publié par Etienne Gernelle dans le Point rapporte les paroles des civils ossètes, dont les maisons ont été détruites. Les bombardements ont également touché des bâtiments importants. Dans son article, Etienne Gernelle souligne :
« Pour les habitants de Tskhinvali, le fait que l'armée géorgienne ait pilonné une ville qu'elle revendique comme sienne suffit à couper les derniers liens avec Tbilissi. »
A Gori, ville natale de Staline en Géorgie, les bombardements du 9 au 11 août ont aussi fait des dégâts. Moins importants qu'à Tskhinvali, notent toutefois toutes les personnes interrogées à ce sujet. La ville n'est pas détruite mais un grand nombre d'habitants a déserté les lieux par peur des Russes. L'organisation américaine Human Rights Watch a dénoncé, après enquête, l'utilisation de bombe à sous-munitions par l'armée russe à Gori et alentours.
Interdites par une centaine de pays, ces armes sont particulièrement meurtrières et n'explosent pas forcément immédiatement. Elles représentent donc un danger permanent pour les populations qui peuvent être blessées ou tuées si un déminage n'est pas effectué.
Jusqu'à la semaine dernière, l'accès à la ville était rendu très difficile par les forces russes. Les humanitaires y étaient présents -au terme d'âpres négociations.

« Plus on va au nord, plus les témoignages d'exactions sont nombreux », commente Christophe Boltanski, de retour à Paris. Reporter au Nouvel Observateur, il a pu accéder à Gori et à certains villages un peu plus au Nord, donc plus proches de la frontière avec l'Ossétie. Comme d'autres journalistes, il a recueilli des témoignages de déplacés géorgiens qui font état de violences particulièrement dures.
Tkviavi est un petit village situé entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud. Détruit. Pillé. Vidé. Une vidéo réalisée par le New York Times montre des traces de sang près d'une porte. Certains habitants sont restés. Ils racontent aux journalistes avoir vu un homme se faire exécuter. Pourquoi ? Ils ne savent pas. Quelqu'un avance que c'est à cause de sa Jeep qu'il n'a pas voulu remettre aux pillards. Christophe Boltanski rapporte ce qu'il a vu dans ces villages :
« A Karaleti et Tkviavi, il y a énormément de maisons brûlées ou pillées. Je suis arrivé à Tkviavi. Le village était vide. Dans une cour, j'ai vu un cadavre. Puis des femmes, onze ou douze, ont surgi les unes après les autres et ont raconté que tous les hommes avaient fui par peur d'être tués. Elles se cachaient dans les champs la nuit et rentraient dans le village le jour. Une femme, plus jeune, m'a raconté ce que d'autres m'avaient dit. Des militaires arrivés dans des minibus civils et les visages masqués. Elle a failli se faire tuer mais s'est enfuie et s'est cachée dans une grange. »
Dans ce nord difficile d'accès et contrôlé par les Russes, les récits se ressemblent : maisons pillés, bétail abattu ou disparu, population terrorisée, civils abattus, villages désertés, chiens errants. Combien ? Impossible à savoir. Certaines zones sont encore inaccessibles et aucun bilan de ces mises à sac meurtrières n'a été établi. Toutefois, selon des sources géorgiennes citées par un journaliste français, huit civils ont été tués à Tkviaki.

Des hommes violents, armés et parfois ivres, sèment la terreur dans la région de Gori. Ils sont dépeints comme des criminels en goguette dans un Caucase en ruines par tous ceux, nombreux, qui ont croisé leur chemin. Impossible de les avoir ratés en Géorgie. En dépit du retrait russe, ces miliciens -troupes armées irrégulières- continuent à terroriser la population et à contrôler l'accès à la frontière et à de nombreux villages. Dans un reportage pour Paris Match, Michel Peyrard raconte un épisode édifiant :
« “On a enculé les Géorgiens, éructe l'un d'eux, originaire de Tskhinvali. Et on les enculera jusqu'à Tbilissi par le feu.” A leur rapidité d'exécution, on devine que les huit occupants de la Vilisi ont un tout autre programme. Le canon de son kalachnikov pointé sur la tempe de Gaioz, notre chauffeur, l'un d'eux lui ordonne de démarrer. “Obéis ou je te bute ! ” Le Géorgien oppose une résistance obstinée à son assaillant. L'intervention du sous-officier russe évite le pire, mais le soldat de Moscou devra employer toute sa force de conviction pour que les miliciens ossètes abandonnent leur proie. »
Christophe Boltanski a également assisté à une scène similaire :
« Le matin du 14 août des chars interdisaient l'entrée aux portes de Gori. Deux miliciens ont surgi et braqué des voitures. L'un d'eux a braqué son arme sur la hanche d'un membre du HCR (UNHCR, l'agence des Nations unies pour les réfugiés, ndlr). L'armée russe n'a rien dit. S'ils font ça alors qu'il y a des centaines de journalistes, je crains le pire pour les paysans lorsqu'il n'y a personne. »
Qui sont ces hommes ? Des irréguliers ossètes qui répandent l'horreur partout où ils passent. Les Russes laissent faire. Selon nos informations, ils seraient affiliés au bataillon Vostok, soldats du service russe de renseignement de l'armée (GRU) ; trois cents hommes, protégés par le ministère de la Défense russe. Alexis Bautzmann, rédacteur en chef de la revue Diplomatie, était présent en Géorgie :
« Les réfugiés racontent des choses terribles et sont terrifiés par ces hommes qui les poussent à partir. Ce bataillon a une sinistre réputation en Tchéchénie où il a commis des actes barbares : viols de masse, pillages, massacres. »
Constitué par des Tchéchènes pro-russes, le bataillon est dirigé par Soulim Iamadaïev, ennemi de Ramzan Kadyrov. Une enquête est d'ailleurs diligentée contre ce bataillon par le parquet russe pour ses exactions en Tchéchénie.
Au CICR, on ne commente pas ces questions mais on précise que dans les villages vidés de leur population, certaines personnes vulnérables sont restées et que leur situation est « inquiétante ». L'accès à ces endroits est impossible pour des raisons de sécurité et les réfugiés ont peur d'y retourner.

Entre 80 000 et 160 000 personnes ont été déplacées durant cette guerre selon le HCR et le CICR. 15 000 personnes ont fui les villages géorgiens d'Ossétie du Sud. Environ 73 000 personnes ont quitté la région de Gori pour aller vers Tbilissi et Kutaissi. Les officiels russes en Ossétie du Nord indiquent que près de 30 000 personnes originaires d'Ossétie du Sud se trouvent toujours en Fédération de Russie.
Depuis vendredi 22 août, un mouvement de retour important a été constaté. 40 000 personnes ont quitté la capitale géorgienne pour retourner à Gori et ses environs. Les hommes partent en premier pour s'assurer de la sécurité de la zone et de la salubrité de leurs maisons. Melita Sunjic du HCR avertit toutefois qu'il était encore « déconseillé » de se rendre dans les villes non sécurisées par le gouvernement :
« Huit villages seulement sont sûrs là bas. On n'a pas vu beaucoup de destructions mais beaucoup de pillages (meubles, bétail). La situation est plus difficile dans les petits villages qu'à Gori. Dans un village, le HCR a constaté qu'un vieil homme était resté. Ces personnes vulnérables manquent de tout là-bas. »
Le rapport le plus récent du HCR (27 août) alerte sur la situation catastrophique au nord de Gori. Les déplacés qui tentent de rentrer chez eux se replient à Gori car ils sont chassés par des « pillards ». Les personnes malades ou âgées sont contraintes de rester car incapables de marcher les dizaines de kilomètres qui les séparent de Gori. L'accès à cette zone-tampon, contrôlée par les Russes, est ainsi rendue impossible.
Les autorités d'Ossétie du Sud se sont montrées fermes concernant ces déplacés géorgiens. Le président sud-ossète Edouard Kokoïty a déclaré à la presse russe que personne ne passerait la frontière : « Plus de 18 000 réfugiés ossètes ont fui la Géorgie pour l'Ossétie du Nord. Ce sont eux que nous devons faire revenir en Ossétie du Sud. » Quant à cette fameuse zone-tampon, laissée aux pillards, le président a admis qu'elle serait désormais la frontière de l'Ossétie du Sud.

Dès la première étincelle en Ossétie du Sud, le mot « génocide » a surgi. Les officiels russes et ossètes accusent la Géorgie d'avoir cherché à éliminer les Ossètes. Sergueï Ivanov, Premier ministre adjoint du gouvernement de Vladimir Poutine, a ainsi parlé de l'offensive géorgienne : « Un génocide ! Une opération de destruction massive à coup de pilonnage d'artillerie, de chars et de fusils d'assaut contre des milliers de citoyens russes. En somme, un nettoyage ethnique ! »
L'accès à la région étant très restreint, aucune source fiable n'est en mesure de confirmer cette affirmation. Toutefois, le nombre de civils tués annoncé par les Ossètes -plus de 1500- serait gonflé.
Le 12 août, la Géorgie a annonce avoir déposé une plainte contre la Russie pour nettoyage ethnique auprès de la Cour pénale internationale (CPI). Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, a averti ce mercredi de l'imminence d'un « nettoyage ethnique », précisément dans la ville d'Akhalgori dans la nuit du 27 août. A quoi faisait-il allusion ? Au Quai d'Orsay, on précise :
« Le ministre se référait à des témoignages sur des cas d'exactions commises par des milices sud-ossètes contre la population géorgienne. Selon Human Rights Watch et le HCR, des cas de pillages, de destructions d'habitations et d'intimidations à l'encontre des Géorgiens, majoritaires dans cette ville, ont été signalés à Akhalgori, en Ossétie du Sud. »
Une sorte d'alerte. Cette nuit là, Akhalgori a connu des heures plutôt calmes.
Si l'on se réfère à la définition du « nettoyage ethnique », il s'agit du déplacement forcé d'un groupe ethnique hors d'un territoire et de l'utilisation de violences pour y parvenir (bombardements, pillages, viols, massacres).
Dans ses articles, Adrien Jaulmes décrit les miliciens ossètes, les villages dévastés et les populations terrorisées. Le grand reporter au Figaro se montre prudent :
« Le problème des témoignages, c'est que les personnes qui racontent sont en état de choc. Elles intègrent parfois comme expérience propre ce qu'elles écoutent ou voient à la télé. Très souvent, quand on les interroge le récit est différent. Attention, je ne remets en cause ni leur douleur, ni la gravité des exactions commises. »
Entre 80 000 et 160 000 Géorgiens ont fui leur village. Destructions, pillages et exécutions sommaires ont été observés. La plupart ne pourront jamais rentrer en Ossétie du Sud. Selon nos informations, un nombre incompressible de 20 à 30 000 personnes seront contraintes de rester à Tbilissi ou dans d'autres villes d'accueil. En 1992, 250 000 Géorgiens avaient fui l'Abkhazie. Leur retour n'est pas à l'ordre du jour.
Photos : Une famille fuit Gori le 23 août, tandis qu'un convoi de l'armée géorgienne y entre (Adrees Latif/Reuters). Chars russes au nord de Ossétie du Sud le 24 août (Denis Sinyakov/Reuters). Des habitants de Gori sauvent quelques meubles le 24 août (David Mdzinarishvili/Reuters). A Kvemo-Achebeti, un couple géorgien fuit après l'incendie de sa maison par des miliciens ossètes le 19 août (Denis Sinyakov/Reuters). Un réfugié à Tbilissi, après la mis à sac de son village près de Tskhinvali (Adrees Latif/Reuters).





















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à Blaise11
De Compte supprimé 6
15H13 | 28/08/2008 |
En 1992 c'est la première proclamation de l'indépendance de l'Ossétie du Sud par référendum, c'est là que commence mon compteur… je vous l'accorde cela ne fait pas tout à fait 20 ans. Sinon, vous avez raison, il y a longtemps que l'on force les Ossétes du Sud à être Géorgien.
Wahou, il traîne pas chez wikipédia !
à Compte supprimé 6
De hogan
actif | 19H39 | 28/08/2008 |
« c'était une région indépendante déjà »
Vous vous contredisez, si elle est indépendante ce n'est pas une région mais un état, si c'est une région elle n'est pas indépendante mais autonome. L'ossétie, une bonne fois pour toutes n'est pas un état indépendant mais une provine autonome de la Géorgie au même titre que les provinces canadiennes, espagnoles, etc… Le gouvernement géorgien n'a violé aucune frontière en entrant en Ossétie ! ! !
à hogan
De Compte supprimé 6
19H44 | 28/08/2008 |
Exacte, je voulais dire autonome, autant pour moi.
à Dolores Messmaker
De la champenoise
15H21 | 28/08/2008 |
En fonction du nom, rien de pire comme préjugé … Pour être amateur de généalogie, j'ai remonté les origines françaises de notre famille jusque vers 1650 et pourtant notre nom n'en a pas vraiment l'air … C'est exactement la même chose que de juger les gens sur leur mine (délit de sale gueule, excuse l'expression)
à freddysun
De uppercut
16H16 | 28/08/2008 |
@freddysun
Excuses..Si tu veux apprendre,comprendre,documentes-toi..Ne compte pas sur Zineb dont la devise est : toujours plus d'articles, pour beaucoup plus d'euros.Chez Rue 89,les journalistes se battent pour la publication : ça rapporte gros .Ce n'est pas comme les Riverains : réaction en roue libre….
à uppercut
De Pascal Riché
7
Rue89 | 16H44 | 28/08/2008 |
Si Zineb continue à faire de telles enquêtes approfondies, on la couvrira d'or et de pierreries.
à Pascal Riché
De uppercut
18H48 | 28/08/2008 |
Pascal Riché
Pour une enquête,elle est bien profonde et toute fraîche (08/28/2008)Comme je voudrais y être et toucher le fond….
De Compte supprimé 6
14H26 | 28/08/2008 |
Bonjour,
Pour l'accusation de Bernard Kouchner, il faut lire le très bon article du nouvelObs.com :
Les rues du bourg géorgien, où les troupes russes prépareraient, selon les propos de Bernard Kouchner, un « nettoyage » ethnique, étaient quasi-vides mercredi matin. L'ARTICLE DU NOUVEL OBS
13h30 Douchanbe : Les accusations de Bernard Kouchner à l'égard de Moscou - qui pourrait avoir « d'autres objectifs » après l'Ossétie du Sud et l'Abkahzie, dont « la Crimée, l'Ukraine, la Moldavie » - relèvent d'une « imagination maladive », selon le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
C'est le Président géorgien qui a déclenché cette guerre en attaquant son propre pays, comment ne pas comprendre que l'Ossétie du Sud demande son indépendance après ça ? Les Russes l'ont reconnu avec la demande de l'Abkahzie aussi et nous devrions faire de même.
Pour le reste, la guerre est une horreur quelque soit les camps concernés, les guerres propres n'existent que dans l'imagination des dirigeants américains (réf. « frappes chirurgicales).
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 14H37 | 28/08/2008 |
Salut proselyte,
en l'occurence l'article mentionne un recoupement de témoignages selon lesquelles des milices osséto-russe pillent, tuent et détruisent des villages géorgiens.
La responsabilité de Saakagvili - son hallucinante stratégie d'attaques sur ceux qu'il revendique comme étant ses « concitoyens » - n'est plus a montré.
Mais l'art de la guerre des Russes est d'armer et financer ces sinistres excités. Ils battent la muraille dans les villages géorgiens pour se remplir les poches de sang.
Cela n'enlève rien à la responsabilité et la niaiserie antlantiste dans cette guerre, mais la virulence de Kouchner repose sur ce constat. Et la finalité de l'action de ces milices est ce qu'il y a de plus urgent à éviter.
à Blaise11
De Compte supprimé 6
15H00 | 28/08/2008 |
Oui, tout le problème réside là, comment empêcher l'armée géorgienne d'attaquer (soit-disant) son peuple, tout en empêchant certains groupes de crapules de profiter de l'état de guerre ?
Dans toutes les guerres, il y aura toujours des salaupards pour profiter de la situation, encore une fois dans les deux camps, la guerre n'a rien de bon.
à Compte supprimé 6
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 15H12 | 28/08/2008 |
ok, mais les « certains groupe de crapules » ne sont pas des groupes isolés. Ils sont utilisés par les russes comme des soldats. Le mot « organisé » ne doit pas être tabou…
L'absence totale de diplomatie de Kouchner est qu'il vise directement, dans son discours, les Russes.
Erreur !
S'il ne parle que de « milices » pour laisser à la justice le soin de faire le lien avec les russes, il y gagnerait. Au lieu de ça, il fait son numéro traditionnelle d'éloquence resucée ; quel pitre !
à Blaise11
De Compte supprimé 6
15H37 | 28/08/2008 |
Vous êtes amusant, vous reprochez à Kouchner de critiquer directement les Russes et vous faites exactement la même chose.
Pouvez-vous prouver ce que vous affirmez ?
à Compte supprimé 6
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 16H56 | 28/08/2008 |
(J'ai l'impression que vous me demandez de choisir un camp)
Ah !
c'est que je me suis mal expliqué sur la subtilité de ce propos :
Le but est d'arriver à ce que ces milices cessent leur activité de terroristes afin d'éviter que l'emploi du terme génocide ne soit justifié…
Selon l'article - vous me demandez d'affirmer - ces milices sont soutenues par le ministère de la défense russe. (Re)lisez. Cette stratégie de la main propre est connue et pratiqué par tout le monde, US en tête.
Pour mener à bien une action diplomatique, ce qui est le boulot de Kouchner, il faut avoir l'art de ménager les susceptibilités. En visant directement la Russie dans son discours, Kouchner commet une faute professionelle qui donne à l'arrogante Russie un argument pour répondre, car attaquée.
S'il avait présenter les évènements sous la forme de ce qu'ils sont sur le terrain (de groupe de terroristes sans uniforme), en taisant les liens entre ces milices et l'État Russe pour laisser à la justice le soin de les dénouer (un diplomate n'est pas un juge, et Kouchner fait ici office de procureur…) les Russes n'aurait, sur la scène diplomatique, rien eu à redire, et aurait été mis devant le fait accompli de devoir coopérer.
On parle stratégie, proselyte, et je rappelle l'objet de celle-ci : éviter à des pauvres gens de se faire éliminer.
à Blaise11
De Compte supprimé 6
17H54 | 28/08/2008 |
Non blaise, vous parlez stratégie, moi je vous fais juste remarquer que vous faites la même erreur que Bernard Kouchner, vous accusez directement les Russes, mais sans apporter la moindre preuve. Il n'est pas question de choisir un camp, il est possible que cela soit vrai et je suis prêt à le reconnaître, mais faut-il encore le prouver, sinon, à ce compte, on peut mettre tout et n'importe quoi sur le dos des Russes.
Le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghaï soutient l'effort de paix de la Russie :
http://www.courrierinternational.com/article.asp ? obj_id=88786
Vous voyez, le monde entier ne condamne pas la Russie.
à Compte supprimé 6
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 12H15 | 29/08/2008 |
à Compte supprimé 6
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 09H43 | 29/08/2008 |
Salut proselyte,
Effectivement, je vous parle de stratégie. Mais celle-là est strictement diplomatique.
Le matin-même (hier) la Rue publie un article (une messe ? ) dénonçant l'attitude de la Géorgie et de la Russie. J'ai violemment réagi contre un texte ne s'appuyant sur aucune source mis-à-part celle de Dieu (sic ! ).
Celui de Zineb est sourcé. Elle nous en donne d'ailleurs une liste pour le moins exhaustive. Le point de notre discorde apparait sur l'existence ou non de liens entre ces milices et l'État russe. Dans les commentaires, deux riverains confirment ce concubinage : un le détaille, l'autre, YEAM (et j'aime bien son commentaire que je vous invite à lire) les fait confirmer par un historien. À cela rajouter la confirmation de l'article…
Depuis le début de ce conflit, j'ai sensiblement le même avis que vous. Je lisais vos commentaires et les appréciais. Peut-être avec un bémol qui me faisait positionner comme anti-tout, anti-camps, anti-OTAN, anti-russe etc. Soit anti guerre.
Maintenant, il me semble que le problème est autre : ce n'est plus de conflit et stratégie de guerre dont on parle mais du sort de civils, qu'ils soient géorgiens, ossètes ou abkhazes.
La conférence que vous mentionnez donne un avis favorable à la Russie pour maintenir la paix. Je ne remet pas en question cette décision commune, mais je me méfie comme de la peste de l'idée d'une force de « paix » uninationale. Et surtout dans ce cas précis : avez-vous lu sur l'Histoire commune de ces trois contrées, Russie, Géorgie et Ossétie ? Il apparaît que les Ossètes ont toujours été les pantins idéales. C'est pourquoi je n'aurai rien à redire sur leur déclaration d'indépendance.
Maitenant, je vous poserai quelques questions un brin personnelles.
Que se passera-t'il avec votre conscience si vous admettez que ces mercenaires sont grassement payés par les Russes pour semer la terreur dans les villages géorgiens et chasser leurs habitants (en somme, procéder à un début d'un génocide) ? Continuerez-vous à soutenir cette force de paix uninationale russe ? Sachez, pour ma part, que si l'on me confirme l'existence de tels actes similaires dans l'autre sens, je réagirai de la même façon que maintenant : penser aux sorts de ces civils.
En admettant ceci, ces actes de mercenaires terrorisant les Ossètes ou plus « simplement » la confirmation de ces 1500 morts, serez-vous aussi scrupuleux concernant les sources ?
Enfin, pour revenir à Kouchner, je persiste et signe : le gaillard nous a resorti son numéro d'atlantiste favori, en s'emballant de trop et, en diplomatie, surtout dans ce cas de la protection de civils, c'est une erreur monumentale que d'avoir désigné dans le texte, dans les mots, les russes malgré mon accord sur le fond. Mais la diplomatie c'est 99% sur la forme : l'art de ne pas froisser les susceptibilités nationales, surtout lorsque que l'on vise la Russie (c'est presque un comble).
à Blaise11
De Yawn
Chomiste | 02H57 | 29/08/2008 |
D'accord avec Blaise11 (si, si…) pour dire que les exactions des milices sont urgentes à arrêter.
Par contre, le rôle d'un Ministre des Affaires Etrangères est-il de toujours faire dans la finasserie diplomatique ? Je ne le crois pas. Le rôle d'un Ministre des Affaires Etrangères, c'est aussi de dire que les Etats-Unis ont déclenché une guerre illégitime en envahissant l'Irak et que la Russie n'avait pas à envahir la Géorgie pour essayer de dépecer le pays.
à Yawn
De chinchilla1967
plate | 04H58 | 29/08/2008 |
En effet la présence de l'armée américaine en Irak, illégale, confère le statut de milice à ces troupes en treillis : il est urgent des les arrêter, nous sommes d'accord.
à Yawn
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 15H56 | 29/08/2008 |
Le mot finasserie est peu fin diplomate.
Je ne faisais que relever un détail d'ordre sémiologique, mais qui a une incidence peu négligeable dans la vitesse d'exécution d'un plan de paix concerté, soit d'un retour immédiat et dans la transparence « des chassés ». Car c'est aujourd'hui-même que ce scelle leur sort.
Et aller demander aux Ossétes, Géorgiens ou Abkhazes de bien vouloir patienter pendant qu'on rallume une querelle de notre côté, pas vraiment certain qu'ils acceptent notre façon de faire avancer le schmilblick.
Mais les Russes, oui.
Ils ne demandent que ça d'ailleurs…
à Blaise11
De boris-boris
| 17H45 | 28/08/2008 |
C'est drole, si, dans « l'art de la guerre des Russes », on remplace Russes par Américains, le reste de la phrase sonne mieux. Beaucoup mieux.
à Blaise11
De DBL8
Retraité | 19H05 | 28/08/2008 |
Les Russes font payer le « Kosovo » qui a été reconnu indépendant par les pays occidentaux !
Les occidentaux ont ouvert la boite de pandore et maintenant que le vent souffle trop fort ils s'agitent comme des pantins. Les Russes en ont rien à faire de cette agitation, c'est nous qui avons besoin d'eux, pas le contraire, c'est regrettable mais c'est comme ça ; surtout pour les habitants de ses pays.
Et maintenant, les anciens Républiques (actuellement indépendantes) de l'URSS serre le fesses en ce rendant-compte que nous ne sommes pas capable de les aider en cas d'emmerdes de leur ancien maitre !
De Tintinac
14H06 | 28/08/2008 |
Sauf erreur de ma part, je croyais que sarkozy avait réglé le problème.
De freddysun
14H10 | 28/08/2008 |
@Bateleur
Reste chef de projet en informatique.
Ce qui est surprenant, étant moi-même informaticien, c'est que tu ne profite pas de tes temps libres pour parcourir la toile politique afin d'obtenir des informations un peu moins « orientées » ! ! ! !
System failure
De beerootfr
rentier baroudeur | 14H12 | 28/08/2008 |
Je suis nul en géopolitique, sniff…
L'Ossétie, ça ne serait pas le Kosovo de l'Est, des fois ?
Au Kosovo, « l'occident » est intervenu : c'était super normal.
En Ossétie, les Popofs sont intervenus : c'est un scandale.
c'est comme un film en somme : le daltonien ne le voit pas de la même couleur.
Et puis, je dirais qu'on ne s'amuse pas à danser avec l'Ours russe en lui piétinant les pieds, pour s'étonnant ensuite qu'il balance une beigne griffue.
Tout ça pour monter à l'Oncle Sam que son neveu sait danser…et finir par aller pleurer dans le giron de la tante Europe.
à beerootfr
De Yawn
Chomiste | 03H22 | 29/08/2008 |
L'Ossétie n'est pas vraiment le Kossovo de l'Est. L'armée géorgienne n'a pas fait aux Ossètes ce que l'armée serbe avait fait aux kossovars. Le génocide mis en avant par l'armée russe pour essayer de justifier son invasion de la Géorgie et le dépeçage de ce pays n'a pas trompé le monde très longtemps.
Quant à la métaphore de l'ours, je ne la comprends pas trop : voulez-vous dire qu'en intervenant sur son propre territoire, la Géorgie a attaqué la Russie ? Etonnant raisonnement…
à Yawn
De chinchilla1967
plate | 04H50 | 29/08/2008 |
La situation est tendue depuis 1992 et les georgiens ont eu le temps de faire bien des misères aux ossètes depuis.A noter que les nationalistes georgiens n'apppellent meme pas ce territoire l'Ossetie, alors qu'il n'est rattaché à la georgie que depuis Staline.
De indiana
Aventurier | 14H16 | 28/08/2008 |
Vivement Siné Hebdo ! ! !
De Chad
14H16 | 28/08/2008 |
Très impartial ce reportage. 1/4 sur les exactions géorgiennes, 3/4 sur les exactions russes.
On s'attarde, décrit avec moulte détails (même quand on admet que l'accès à la région est très restreint)les souffrances des Géorgiens et on passe rapidement sur ce qui est arrivé en Ossétie du sud (d'ailleurs les chiffres des victimes seraient gonflés par les Russes mais ceux donnés par les géorgiens seraient sûrs, bien entendu).
Les témoignages cités vont tous dans le même sens et sont à charge. Un peu de retenue et de prudence dans les affirmations auraient été les bienvenues.
Il aurait peut-être fallu insister sur le fait que l'agresseur premier est la Géorgie (avec l'aide possible des USA) qui pensait peut-être que la Russie allait laisser faire sans réagir.
La conclusion de l'article est claire : les méchants sont les Russes, les gentils : les Géorgiens.
à Chad
De Compte supprimé 6
14H31 | 28/08/2008 |
Oui, c'est déplorable, nos médias sont pro-OTAN en majorité, difficile pour eux de ne pas soutenir une organisation qui devrait représenter nos pays… Il y a de gros intérêts en jeux, sous couvert de Géorgie, c'est la guerre des ressources qui se poursuit.
à Compte supprimé 6
De kemardo
Trublion | 14H53 | 28/08/2008 |
Je suis complètement d'accord avec toi.
Le but réel de la manœuvre est bel et bien le contrôle des ressources pétrolières dans le bassin Caspien.
Le pipeline qui traverse l'Ossétie, l'Abkhazie et donc la Géorgie devrait réveiller certains.
Les Américains et les Européens souhaitent sécuriser cette zone et la mettre hors d'influence russe, au même titre que les pipelines traversant l'Ukraine et la Pologne. La Géorgie, l'Azerbaïdjan, la Turquie, l'Ukraine et la Pologne collaborent déjà ensembles pour mettre en place une politique de sécurisation des approvisionnement en pétrole pour l'Occident, sous l'égide de l'OTAN.
Les Russes ne voient pas ça d'un très bon œil.
Sous couvert de ravitaillement en matériel humanitaire, l'OTAN a ainsi dépêché il y a 2 jours plus de 18 navires équipés en missiles longue-portée dans la mer Noire.
Il faut être dupe pour ne pas voir ce qu'il se joue actuellement en Géorgie. Les images de navires US sur-armés, remplis de militaires, ravitaillant les pauvres géorgien ce matin sur Euronews m'ont mis la puce à l'oreille.
Je ne pense pas que Rue89 consacre le moindre article aux enjeux énergétiques de cette guerre. C'est du trop gros poisson pour un petit journal comme ça…
Sinon, ben comme dans toutes les guerres, il y a des massacres et des exactions, et cela dans les deux camps. Personnellement, je ne compterai pas les points, je laisserai volontiers les journaleux s'en occuper.