Pour financer le RSA, Sarkozy crée une taxe sur les revenus du capital. Une mesure de gauche ? Pas pour le socialiste Michel Sapin.

Nicolas Sarkozy s'apprête à annoncer une mesure aux (faux ? ) airs de Robin des Bois. Il manquait à Martin Hirsch 1,4 milliard d'euros pour financer son Revenu de solidarité active (RSA) ? Il les prend dans la poche des épargnants, avec une nouvelle taxe sur les revenus du capital. Sont visés par ce nouveau prélèvement les revenus issus du patrimoine, ainsi que les dividendes et l'assurance-vie. Les détails de ces mesures doivent être donnés ce jeudi lors d'un déplacement présidentiel à Laval (Mayenne).
Une mesure « de gauche » ? Bousculant les traditionnelles lignes politiques, elle a eu le don, en tout cas d'embarrasser le PS, qui depuis longtemps prône ce type de mesure.
La gauche s'est sentie obligée de saluer une décision « légitime » (Hollande), allant même jusqu'à envisager de le voter, tandis qu'à droite des voix comme celle du député UMP Hervé Mariton s'élevaient pour dénoncer un « impôt nouveau ».
« Il n'y a aucune raison de bouder son plaisir »
Michel Sapin, secrétaire national du Parti socialiste en charge de l'économie, relativise pourtant la bonne nouvelle, comparant des « montants qui n'ont rien à voir », entre les 15 milliards du paquet fiscal de l'an dernier et ce milliard et demi dont les contours doivent encore être précisés.
« Je ne suis pas dans l'embarras », assure-t-il, « ce qui est embarrassant, c'est que le président de la République annonce de mauvaises mesures qui sont mal financées ». D'ailleurs, ajoute le député de l'Indre, « ce n'est pas une bonne action aujourd'hui qui va effacer le péché originel du bouclier fiscal ». Avec certaines réserves, il avoue tout de même : « Il n'y a aucune raison de bouder son plaisir. » (Ecoutez le son.)
L'ancien ministre de l'Economie rappelle qui seront les victimes de cette nouvelle taxe :
« Ce sont les moyens revenus qui seront assujettis à cette forme d'impôt de solidarité. Il reste de très fortes injustices même après une décision qui pourrait paraître bonne. »
« Que les très riches ne s'inquiètent pas, ils ne paieront pas d'avantage », insiste-t-il, car ils sont protégés par le fameux « bouclier fiscal », et ne peuvent être taxés au-delà de 50% de leurs revenus.
L'assurance-vie, « épargne chouchoute » des Français, visée par la nouvelle taxe
Par ailleurs, l'assurance-vie, souvent présentée comme « l'épargne chouchoute » des Français et à qui les gouvernements successifs ont souvent été tentés de s'attaquer, est cette fois visée. Mais de manière infime (on parle actuellement d'une taxe de 1%) et sa transmission reste défiscalisée jusqu'à 152 000 euros. (Ecoutez le son.)
Le RSA a beau avoir désormais l'air d'être financé, reste à surveiller son efficacité sur le terrain de la justice sociale. Jean Matouk, économiste qui tient un blog sur Rue89, souligne « le diable se niche toujours dans les détails, donc dans la formulation de la loi de finances et des décrets d'application ».
Tout ne semble pas réglé pour une entrée en vigeur du RSA à la mi 2009, comme l'ont montré les expérimentations dans les départements. Ainsi, Michel Sapin surveillera trois points en particulier :
- Le montant du RSA
- L'évolution des autres contributions de solidarité
- La charge financière pour les collectivités locales
(Ecoutez le son.)

























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De pablico
21H08 | 27/08/2008 |
on se demande pourquoi il a besoin d'affaiblir la gauche en allant chasser sur ses idées ? la gauche étant exsangue et quasiment aphone pour le moment malheureusement.
serait-il au courant de quelque chose, que nous ne savons pas ?
Est-il en train de négocier quelque chose ?
on le saura assez tôt.
De Deamon7
petit merdeux | 21H19 | 27/08/2008 |
Ah ! enfin une nouvelle taxe… Ca faisait longtemps
De sinclair 2580
21H35 | 27/08/2008 |
On va attendre le détail avant d'hurler mais d'ors et déjà si vraiment on voulait taxer les plus riches il suffisait de taxer les parachutes dorées les retraites chapeau les mouvements spéculatif supprimer le bouclier fiscal travailler sur l'isf et restaurer les droits de successions sur au dessus d'un certain montant. On pouvait aussi supprimer quelques niches fiscales les options étaient nombreuses.Tiens taxer les jetons de présences etc etc…
Si vraiment il s'agit de taxer les assurances vie qui sont des assurances pour la retraites et le placement des économies en cas de coup dur inclus le petit boursicotage et la location d'un bien pour arrondir une pauvre retraite, ce serait un coup dur pour le français moyen, une insulte au revenu du travail prie d'exempter le capital et les plus riches
Mais là je crains que dans la continuité du mensonge du faux semblant de la pur com on taxe les revenus faible moyens et légèrement au dessus, les capitaux et les riches ne seront pas touches. Ainsi se creusera un peu plus l'abime entre les plus riches et 80% des français.
Si vraiment le PS soutien ce genre de truc il risque de ramasser une veste monumentale aux prochaines élections. En ce qui m concerne il n'aurait plus mon vote
De norman
21H42 | 27/08/2008 |
Quand j'ai entendu la mesure envisagée sur les ondes, j'ai d'abord trouvé cela judicieux. Pour une fois que ce n'était pas le revenu du travail qui trinquait. Et puis j'ai réalisé que ceux (les potes à Sarko) qui bénéficient du bouclier fiscal ne verseront rien. Sauf s'il nous annonce à Laval que le bouclier fiscal passe à 51%, cette décision sera donc encore un sale coup pour les classes moyennes. Mais qui fera un jour payer ceux qui remplissent leurs baignoires de fric ? La crise cogne à tour de bras sur les gens modestes et pendant ce temps-là les yachts se louent très bien, les villas de rêve aussi, Ferrari vend des bagnoles, Cartier des bijoux. Il y a même des salopards qui osent toucher les allocs familiales alors qu'ils nagent dans la tune. Et au bout de cela, on trouve des gens dits de gauche, tendance bobo PS, pour nous expliquer que Besancenot est un dangereux utopiste avec son NPA. Comme si l'histoire était figée et le capitalisme triomphant pour le reste des temps. Non mais ça va pas ou quoi ?
De Alain Pacifique
22H16 | 27/08/2008 |
sauf qu'un gouvernement de gauche n'aurait certainement pas voté le bouclier fiscal. donc , dans ce cas, tout le monde aurait payé cette taxe , y compris les plus riches. ca, ca aurait été une mesure de gauche ! ! là, c'est la classe moyenne qui cotise pour les plus pauvres, vachement équitable ! ! en fait , il y a 2 politiques : une pour les bas et moyens revenus ( qui se débrouillent entre eux ) , et une autre pour les plus riches ( qui se débrouillent entre eux aussi )