En donnant un point de vue rwandais sur le génocide, le rapport de la commission Mucyo (dont Rue89 a publié et commenté des extraits) nous montre que la France a bien mené une guerre secrète entre 1990 et 1994 sur le mode de la stratégie indirecte. Cette guerre s'inspire d'une doctrine bien connue dans les états-majors : la « guerre révolutionnaire ».
Pour comprendre l'histoire militaire du Rwanda, il faut remonter à la période des indépendances. Plus précisément à 1953, en Indochine, où l'armée française découvre la doctrine de la « guerre révolutionnaire » (DGR) grâce à un officier de la coloniale : Charles Lacheroy.
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Sur le front de la guérilla communiste du Viet Minh, Lacheroy comprend qu'une série de « hiérarchies parallèles » parvient à faire basculer la population en faveur des rebelles communistes, contre l'une des meilleures armées du monde. Le Viet Minh, a remarqué Lacheroy, accompagne chaque individu « du berceau jusqu'à la tombe », par trois hiérarchies distinctes :
- Le« Lien Viet », pyramide d'associations de toutes sortes (jeunesses masculines ou féminines, vieux, associations professionnelles…).
- Une autre basée sur le découpage colonial du territoire (village, province, région), qui supplante l'administration locale « vermoulue », comme le dit Lacheroy ; contrôle la circulation des habitants, organise l'hygiène, l'instruction, ainsi que l'autodéfense des populations ; et permet ainsi l'engagement des guérillas sur les arrières du Corps expéditionnaire français.
- Une troisième hiérarchie coiffe et contrôle les deux autres, celle du parti communiste, dont 10% de la population sont membres, et où de jeunes cadres sont acquis à la cause par les méthodes d'une propagande associant « le fanatisme, l'intérêt et la crainte », précise l'officier.
Lorsque la France perd ce conflit, le colonel Lacheroy devient rapidement le maître à penser de l'Ecole de guerre de Paris. Il conseille le ministre de la Défense et se lance dans la création des cinquièmes bureaux d'Action psychologique. A partir de 1956, la France conduit une « guerre révolutionnaire » sur le territoire algérien. Avec le FLN, elle s'estime confrontée à une guérilla politico-militaire, rurale et urbaine, où il faut remporter la bataille « des coeurs et des esprits » en « tenant la population ».
Quel rapport avec le Rwanda, vous dites-vous ? Les parallèles sont si nombreux qu'ils dépassent de loin le statut de coïncidences bénignes. Lorsque le processus de l'indépendance rwandaise commence en 1959, Bruxelles envoie à Kigali deux de ses meilleurs officiers de la Force publique (les troupes coloniales belges du Congo).
Le rôle du lieutenant-colonel Guy Logiest est connu, celui du major Louis Marlière a laissé moins de traces. Chef du Deuxième Bureau (renseignement) de Léopoldville - il portera Mobutu au pouvoir avec l'aide de la CIA après avoir fait torturer et assassiner Patrice Lumumba-, il fait des allers-retours sur Kigali pour bâtir un Etat garnison.
Quel est son modèle ? La « guerre révolutionnaire » qu'il a longuement observée sur le terrain, avec l'armée française : sur les hauts-plateaux du Laos (du 23 février au 18 juin 1954), puis pendant quinze jours en 1959 au Centre d'instruction à la pacification et à la contre-guérilla d'Arzew en Algérie (CIPCG). La lecture de ses deux rapports de missions est édifiante. Dès 1954, il écrit :
« La guérilla, forme de guerre la plus probable et la plus efficace en Afrique, ne se gagne qu'avec l'appui total de la population. »
En 1957, un exercice conjoint associant officiers belges, britanniques, portugais et français se déroule au Katanga, province du Congo. Le programme de Tornade est limpide :
- mettre au point le plan troubles généralisés de la province du Katanga
- étudier le problème de la collaboration entre les autorités civiles et militaires
- appliquer la tactique de la guérilla et de la contre-guérilla en brousse
- exécuter une opération de rétablissement de l'ordre public dans un centre urbain
Logiest et Marlière participent à l'exercice. Deux ans plus tard, ils appliquent le « plan troubles » à la lettre au Ruanda-Urundi. Le pays devient un état à parti unique, dont les opposants sont pourchassés sur la base d'une idéologie raciale non assumée, mais bien réelle car l'ennemi est là, sous les traits du « communiste tutsi ».
Lorsque les Français prennent pied au Rwanda, en 1975, ils fondent leur présence sur un premier triptyque : un accord particulier d'assistance militaire pour « organiser et instruire » la gendarmerie rwandaise, des fournitures d'armes et de bonnes relations (un avion Caravelle et son équipage) avec le général-président Juvénal Habyarimana.
Pourquoi la gendarmerie ? Officiellement, parce que la police a été dissoute la veille du coup d'Etat de juillet 1973. Mais, comme nous l'ont confirmé plusieurs officiers supérieurs rwandais de cette époque, la gendarmerie est l'arme idéale pour mettre en place des réseaux de renseignements efficaces. Elle va être l'interface entre l'armée et la population.
Jusqu'en 1990, ce modèle fonctionne exactement comme celui des « hiérarchies parallèles » décrit par le colonel Lacheroy :
- Le premier axe du pouvoir assure le contrôle vertical et militaire de la population, par le biais de la planification de la Défense interne du territoire (DIT).
En temps de paix, la gendarmerie renseigne en articulation avec la police communale et protège l'ordre public. En temps de crise, elle passe aisément sur le mode militaire, les forces armées dans leur totalité peuvent alors encadrer et mobiliser la population pour faire la guerre.
- Le deuxième axe est horizontal. C'est celui du découpage administratif parfait de ce petit pays (approximativement, la taille de la Bretagne) très peuplé (près de 10 millions d'habitants). En septembre 1974, le décret-loi sur l'organisation communale change la désignation du bourgmestre (nommé par le général-président de la République) et affine la pyramide administrative : préfecture, secteur, commune, cellule.
Une cellule égale 10, 50, parfois 100 familles sur une colline ou dans un quartier. Organisation qui n'est pas sans rappeler le mode de contrôle des populations préconisé par le colonel Trinquier lors de la bataille d'Alger : le Dispositif de protection urbaine (DPU).
- La troisième hiérarchie de contrôle est politique, avec le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND), le parti unique au service de son « président-fondateur ». A sa création, en janvier 1976, on peut lire dans La Relève, organe officiel du régime :
« Chaque colline, chaque quartier de ville, habités par plus de 50 familles, chaque établissement ou entreprise tant public que privé occupant plus de 30 travailleurs et agents constituent des cellules de base du Mouvement. L'oeil du Mouvement est le militant. »
Cette dernière hiérarchie contrôle les deux précédentes, comme l'a écrit Lacheroy. La DGR est d'ailleurs abondamment citée et étudiée par les élèves-officiers de l'Ecole supérieure militaire (ESM) de Kigali. Là aussi, les thèses des élèves et les cours de leurs professeurs, parfois belges, foisonnent de références françaises.
Paris soutient une dictature « pure, dure et cruelle », pour reprendre les termes de Lacheroy. Tout le monde le sait, à commencer par le président François Mitterrand, qui fut ministre de l'Intérieur en 1954, puis ministre de la Justice en 1956 chargé de défendre au Parlement la loi accordant les pleins-pouvoirs à l'armée en Algérie.
Venons-en au débat qui nous occupe aujourd'hui. Tout ce savoir-faire, les soldats français ne l'ont jamais perdu. Malgré l'interdiction d'enseignement de la DGR sur le territoire métropolitain, imposée par De Gaulle après le putsch des généraux (1961), malgré les alternances politiques, les corps d'élite (des troupes de marine, de la légion, et de la gendarmerie,) conservent cet acquis, surtout en Afrique.
Or, lorsqu'ils découvrent le conflit rwandais en 1990, les officiers français engagés au côté du régime Habyarimana font un constat sans appel des forces en présence.
D'un côté, une armée faible (5000 hommes), peu motivée et mal équipée. De l'autre, une rébellion formée dans les maquis, experte en renseignement (Paul Kagamé était alors le chef du renseignement militaire de l'armée ougandaise), disciplinée, motivée et adepte du coup de force audacieux.
A chaque offensive du FPR, le scénario se répète : attaque spectaculaire des rebelles sur un objectif, déroute des Forces armées rwandaises (FAR), constitution d'un front intérieur sur le territoire rwandais, tentative de reprise en main par les troupes françaises, représailles sur les civils en arrière de la ligne de front, et retour aux négociations politiques dans le cadre des conférences d'Arusha.
Mais à chaque fois aussi, les violences contre les populations civiles montent d'un cran, tout comme l'intensité de la propagande raciste. Jusqu'à ce qu'un groupe d'officiers rwandais extrémistes, rassemblés autour du colonel Théoneste Bagosora, prennent les choses en main avec leurs homologues français directement intégrés dans les états-majors et impliqués dans l'entraînement des combattants des FAR.
Compte tenu de la faiblesse chronique des FAR, les tacticiens n'ont pas vraiment le choix et réagissent avec leur savoir-faire et près d'un demi-siècle d'expérience de la « guerre froide-chaude » sur le continent africain.
C'est d'ailleurs ce qui ressort du rapport de mission effectué par le colonel Gilbert Canovas au premier trimestre 1991. Comme l'a parfaitement souligné la mission d'information parlementaire (p.156), l'officier du 1er RPIMa propose la mise en place d'un dispositif complet de « mesures visant notamment à améliorer l'organisation, le renseignement et la formation des forces de l'armée rwandaise ». Voici le passage des « conseils donnés aux FAR » :
Autrement dit, un véritable dispositif défensif de quadrillage du territoire en milieu rural. Le dispositif offensif va être élaboré en trois étapes, principalement sous la houlette des officiers extrémistes proches du colonel Bagosora :
- Dès décembre 1991, le président Habyarimana demande à cet officier de présider une commission chargée de répondre à la question suivante :
‘Que faut-il faire pour vaincre l'ennemi sur le plan militaire, médiatique et politique ? ’
Après plusieurs séances de travail, un document est rédigé puis diffusé à partir de septembre 1992, dans toutes les unités des FAR. Ce document de ‘Définition de l'ennemi ’ détaille la nature de l'adversaire, le ‘ Tutsi de l'intérieur ’ et les ‘ Hutu mécontents du régime en place ’, mais aussi les ‘ sans emploi ’, les ‘ étrangers mariés aux femmes Tutsi ’, les ‘ peuplades nilo-hamitiques de la région ’ et les ‘ criminels en fuite ’. L'ennemi est bien défini sur une base idéologique non seulement politique, mais surtout raciale.
- Au cours du premier trimestre 1993, Théoneste Bagosora écrit sur son agenda un plan complet de ‘ défense collective contre la subversion ’, rebaptisée ‘ autodéfense civile ’. Sur une trentaine de pages, tout y passe : les armes, le rôle de la radio qui n'est politiquement plus sûre, l'encadrement des miliciens par la police communale, le rôle des réservistes. Le 13 février, il note aussi :
‘ Amnistie générale pour tous les crimes de guerre notamment. ’
- Janvier 1994, la confession d'un informateur auprès du service de renseignements de la Minuar (la force de l'ONU) permet de découvrir l'existence de caches d'armes dans Kigali, dans des locaux du MRND, et l'existence de listes permettant ‘ d'éliminer un millier de Tutsis et démocrates hutus à Kigali dans la première heure après le déclenchement des troubles ’. L'ONU sait, mais ne fera rien.
Le plan du conflit est prêt. A Maisons-Laffitte, au siège de la Force d'action rapide, chaque vendredi, le bureau renseignement de l'Etat-major fait un tour d'horizon des points de tension dans le monde.
Dans les semaines qui précèdent le mois d'avril, les alertes se multiplient sur le Rwanda. Toute la chaîne hiérarchique politico-militaire française sait que ce pays est une poudrière, que la guerre y sera beaucoup plus meurtrière, car là-bas, elle se fera avec la masse mobilisée, dans le peuple rwandais et contre lui.
Gabriel Périès, politiste et David Servenay, journaliste, ont co-écrit ‘ Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994) ’, La Découverte, 2007
A lire aussi :
► La matrice intellectuelle de la ‘guerre révolutionnaire’
► A lire aussi : Génocide rwandais : décryptage du rapport qui accable la France




















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à Karine Lavestal
De David Servenay
Rue89 | 09H01 | 29/08/2008 |
Vous avez un goût prononcé pour les mots et la rhétorique Karine. N'oubliez pas les faits et la réalité.
D'accord avec vous sur le premier point : les Rwandais n'ont pas attendu la période coloniale pour s'intéresser et pratiquer avec virtuosité l'art de la guérilla, qui n'est qu'une sous-partie de la DGR.
Comparer l'Umuganda (travaux communautaires collectifs obligatoires) à l'instruction du DAMI, là je crois que vous frôlez le non-sens.
D'accord avec vous sur la complexité des dynamiques, entre l'échelon central et le local. Mais le Rwanda a une tradition très forte de respect de l'autorité. De très nombreux témoignages et documents attestent que les gens ont commencé à massacrer sur les collines dès lors qu'ils en recevaient l'ordre d'une autorité (du simple conseiller communal au préfet, en passant par le gendarme, le policier, le bourgmestre… etc).
Nous ne sommes pas à la bataille d'Alger, dispositif de milieu urbain pur. Mais que se passe-t-il à Kigali en avril 94 ? Barrages filtrants avec vérification des identités, quadrillage par quartier, liste des « opposants », escadron de la mort de la GP, exécutions sommaires : ça ne vous rappelle rien ?
Je ne connais pas Scott Strauss, je le lirai.
Sur les officiers rwandais : heureusement que certains n'ont pas suivi à la lettre les enseignements de l'ESM de Kigali. Tous les officiers d'Alger ont-ils torturé ? Le libre arbitre, l'éthique personnelle, la conscience : tout cela existe aussi et surtout chez les militaires qui sont d'abord des hommes confrontés dans leur métier à la mort. La question du choix est essentielle. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avons longuement rencontré pour notre livre le général Rusatira. Ceux qui ont choisi la voie radicale sont d'autant plus condamnables qu'il y avait alors d'autres solutions que les massacres de civils. Le TPIR le mentionne souvent dans ses jugements.
Enfin, nous n'avons pas systématisé une « méthode » avec Gabriel Périès. Nous avons essayé d'examiner point par point si la doctrine (la DGR) pouvait expliquer les faits, les uns après les autres. Nous ne prétendons pas tout expliquer. Mais si vous ne vous penchez pas sur la nature et la forme de la guerre qui se déroule au Rwanda, vous ne pouvez pas comprendre le printemps 1994. Un génocide est un processus de guerre, pas une farce et attrapes sorti de nulle part, un beau matin, fut-ce après un attentat contre un avion. Il ne viendrait à personne l'idée de déterminer le sens historique de la Première guerre mondiale à partir de l'attentat contre l'archiduc François-Joseph. Soyons sérieux.
Après, on peut discuter de la responsabilité des uns et des autres : est-ce à vous de le faire ? A moi ? Au TPIR ou à des magistrats rwandais ? Ou Français ?
Je ne crois pas qu'aucun d'entre nous n'ait la légitimité de juger. On peut avoir des opinions personnelles, s'interroger, douter surtout. L'important c'est d'établir des faits.
Enfin, vous avez encore raison, l'ouvrage d'Olivier Lanotte est très bon, mais il a pour lacune de ne pas avoir poussé la réflexion sur la matrice militaire en action, comme tous les Africanistes de cette région d'ailleurs (à l'exception de Gérard Prunier) qui ne se sont jamais intéressés à cette question.
De Richie rich
Consience | 21H21 | 28/08/2008 |
Comme d'habitude ça parle du Rwanda sans connaître le Rwanda, l'histoire du Rwanda et du génocide rwandais de 1994 ne se résume pas à partir de 1990 mais bien avant 1959.
1° Sebundandi ment quand il affirme que Habyarimana a empêché les réfugiés Tutsis de rentrer au Rwanda, il omet de dire que le FPR a attaqué en Octobre 1990 alors qu'une année auparavant Habyarimana avait chargé son ministre des Affaires Etrangères Bizimungu Casimir d'étudier le retour de ces derniers dans leurs pays, ils ne se sont jamais présentés aux rencontres prévus avec le gouvernement rwandais et ont préférés attaquer le Rwanda parce qu'avec les armes et savaient qu'ils pouvaient prendre tout le pouvoir sans le partager.
2 GYnn a raison, la France n'a pas intervenu en 1990
(la Belgique aussi) pour sauver un régime qui pérsecutait les tutsis, et pour preuve vous ne trouverez aucun rapport écrit avant Octobre 1990 par les ONG des droits de l'Homme comme Amnesty International qui parle du régime Habyarimana avant 1990 comme étant un régime sanguinaire tuant les tutsis : 17 ans de paix sans massacres entre Hutus et tutsi peuvent le prouver de 1973 à 1990, c'est pour cela d'ailleurs que la Belgique qui avait coupé ces relations avec Mobutu les a maintenu avec Habyarimana, les deux pays étant les anciennes colonies de la Belgique.
3° Comme le disait Abdul Ruzibiza Tutsi et transfuge du FPR, l'histoire du Rwanda et l'une des histoires les plus manipulés au Monde, chacun y trouvant son compte, Survie et Rue89 y trouvent un moyen pour se mettre en avant comme objecteurs de Conscience, Kagame un moyen pour se maintenir au pouvoir, qui parmis vous se soucie vraiment du sort des rwandais ? L'ONU n'a-t-elle pas rétiré ses troupes du pays en Avril 1994 au moment ou les rwandais avaient le plus besoin de ce dernier ?
à Richie rich
De Gaétan Sebudandi
Journaliste | 16H07 | 02/09/2008 |
Richie Rich,
Avant de faire la lecon à ceux qui parlent du Rwanda sans rien connaître de ce pays, vous feriez mieux de mettre en cause vos propres connaissances du dossier. Vous m'accusez de mensonge à propos du refus de Habyarimana d'envisager le retour des réfugiés Tutsi. Alors même qu'il en avait confié la mission à son Ministre des Affaires Etrangères, Casimir Bizimungu. A vous entendre, ce sont ces réfugiés qui ont refusé de se rendre aux rendez-vous du gouvernement rwandais.
Désolé de vous contredire. Sur cette question précise, vous êtes tombé sur un os. Car, figurez-vous que c'est à moi que s'était adressé, en juin 1989, le ministre rwandais des Affaires Etrangères pour contacter la communauté des réfugiés en vue d'une rencontre avec le gouvernement de Kigali. J'ai noué les contacts et j'ai obtenu l'accord de leurs dirigeants, disposés à exposer leurs desiderata aux autorités de Kigali, à la seule condition que le gouvernement rwandais leur fasse connaître la date d'une telle rencontre trois semaines à l'avance. Afin de mieux préparer leurs dossiers et la composition de leur délégation.
Cet accord de principe, je l'ai transmis au ministre Bizimungu, en juillet 1989, par voie du courrier diplomatique. Ma lettre n'a donc pas pu s'égarer dans les services du tri postal à Kigali. Eh bien, jusqu'en octobre 1990, aucune réponse du gouvernement de Kigali n'était venue concrétiser les bonnes intentions d'ouvrir des négociations sur l'avenir des réfugiés Tutsi.
En fait, la mise en place d'une Commission mixte rwando-ougandaise pour examiner le problème des réfugiés n'était qu'une manoeuvre de diversion du régime Habyarimana. Ce dernier s'imaginait pouvoir régler définitivement le sort de ces réfugiés par des contacts bilatéraux avec les gouvernements des pays limitrophes. Il n'avait nullement l'intention d'associer à de tels pourparlers les représentants des associations de réfugiés rwandais dans la diaspora.
De bolobat
etudiant/salarié | 23H27 | 28/08/2008 |
Rue 89 se montre brillant dans l'exposé des faits et de l'implication de la France dans toutes les étapes du génocide. La tendance journalistique est de s'arrêter uniquement sur l'évenement, aussi horrible soit il, des 800000 morts rwandais. L'intérêt dans ces documents est de remonter bien avant l'évènement.
L'implication française dans toutes les phases du processus (qu'on appelle aussi le continuum) est évidente. Ayant eu la chance de visiter un pays voisin, le Burundi, j'ai pu rencontrer des réfugiers rwandais, qui tous ont attesté de la présence de militaires français sur certains barrages de la capitale, Kigali. Et ces personnes ne sont pas intoxiquées par la propagande de Kigali.
A ceux qui contestent la véracité de ces documents, il faut rappeler certains faits. Tout d'abord, il est évident que Kagame a les mains plus que sales dans le génocide. Il en est peut être l'élément déclencheur, encore qu'il n'a toujours pas été prouvé qui a abattu l'avion contenant les deux président rwandais et burundais. Mais ce qui est certain c'est qu'il a laissé pourrir la situation dans leâys pendant les massacres pour mieux paraitre comme étant le libérateur du peuple. Ainsi, aujourd'hui il dispose d'une formidable arme, qui est celle de « ne me dites rien car vous n'avez rien fait en 1994 » qu'il peut balancer à la face de l'Occident. Aujourd'hui, il mène le pays d'une poigne de fer. Mais on ne peut l'accusé d'« actes de génocide », contrairement à la France et aux dirigeants rwandais.
Qui peut nier de bonne foi que le fait ethnique et les antagonismes qui ont atteint leurs paroxysmes en 1994 n'est pas un héritage colonial. Qui sont ces hulo et autre Gyann qui décrètent que Kagame a créé les tensions ethniques. Comment peuvent ils nier la révolution Hutu des années 60 qui a mis en place le gouvernement qu'on retrouve à Kigali en 1994. Qui peut nier que dans le Burundi voisin, des massacres de types génocidaires et ethniques (les victimes étant succèssivement hutu et tutsi) ont eu lieu en 1969, 1972, 1988 ou encore 1993.
Bref autant d'inepties me révolte. La France se doit de s'excuser platement devant Kagame au lieu de l'attaquer. Qui sommes nous pour le juger ? A t-on des leçons de morale à donner ? Une véritable enquête indépendante ouverte à des historiens amènera certainement UNE vérité probalement plus proche de LA vérité.
Le plus dramatique dans cette Histoire est qu'au Rwanda les plaies ne sont pas refermées. On a fait qu'y mettre un pansement de mauvaise qualité. Le traumatisme est tel que les événements sont occultés par les population. Cette région de la planète est encore une poudrière et il ne manque pas grand chose pour que cela explose à nouveau, d'autant plus que l'arrogance de KAgame crispe les relations avec les pays voisins.
Mais ici on s'en fout, l'essentiel est de ne pas froisser notre égo, notre fibre patriotique et surtout l'honneur de la Grande Muette qui s'est tant de fois montrée irréprochable…
à bolobat
De gyann
citoyen | 11H17 | 29/08/2008 |
bolobat
Si Kagamé n'est pas génocidaire, il reste un des plus grands massacreurs de notre temps. Bien pire que Pol Pot au Cambodge. Aprés 95, Kagamé est responsable des 3 millions de victimes des guerres rwandaises pour la conquête des richesses minières du nord-Congo. La guerre civile rwandaise entre 90 et 94 a fait prés de 2 millions de morts. Je vous engage à regarder la courbe démographique du Rwanda :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rwanda#D.C3.A9mographie
La chute démographique de 90 à 94 est tout à fait évidente et impressionnante. En revanche, avant 1990, la population croit régulièrement. Sans aucun doute la guerre, et donc Kagamé sont responsables de l'embrasement des tensions ethniques à partir de 1990.
Pour autant, je suis d'accord avec vous qu'ici nous parlons beaucoup trop de la France. Pour ma part ces débats franchouillards me motivent peu. Mais je suis obligé de m'y plonger car les accusations absurdes de SURVIE et de ses affidiés créent un nuage opaque autour du criminel de guerre Kagamé et lui assurent une impunité aussi scandaleuse que dangereuse.
Ma seule motivation est la dénonciation de Paul Kagamé, un des plus grands criminels contre l'humanité de notre temps (j'ai mis 12 ans à comprendre ça). Kagamé est responsable de prés de 2 millions de morts au Rwanda entre 90 et 94, et de 3 millions de morts au Congo aprés 95. Ce dictateur infame est toujours chef d'état, personne ne lui demande de comptes (grace à la complicité active de SURVIE). Pourtant il reste terriblement dangereux pour les populations de la région. Il faut absolument l'empécher de nuire au plus vite.
Vous avez encore raison quand vous dites que les plaies du Rwanda sont toujours béantes. Comment pourrait-il en être autrement quand le président actuel du pays a lui même ouvert ces plaies ? La réconciliation des rwandais restera impossible tant que leur principal tortionnaire continuera à diriger le pays.
Voilà ce que Rony Brauman et Claudine Vidal, deux personnalités morales incontestables, écrivaient dans la revue ESPRIT en août 2000, quelques semaines aprés que le général Paul Kagamé soit devenu chef de l'état du Rwanda : « La consécration de Paul Kagame revêt une signification politique universelle : au lendemain d'un génocide que la communauté internationale n'a pas su empêcher, un responsable de crimes contre l'humanité accède à la tête de l'État rwandais au nom des victimes qu'il prétend représenter. »
http://rwandanet.tripod.com/articlerwandaseptembre2000.html#_ftn6
De pomponette75
=^..^= | 23H26 | 28/08/2008 |
Le sujet « comment économiser l'encre de son imprimante » attire plus qu'un sujet, sur ce génocide si peu médiatisé.
De Karine Lavestal
etudiante à aix en provence | 00H06 | 29/08/2008 |
Bolobat vous auriez du profiter de la chance d'être allé au Burundi pour apprendre ce qu'une poignée d'officiers français avait fait fin 93 aprés l'assassinat du président Ndadaye par l'armée tutsi, évènement qui joua un rôle important dans l'échec des accords d'Arusha au Rwanda.
Ces militaires français ont aidé a stabiliser l'armée et à faire arréter les massacres qui risquaient de prendre une dimension génocidaire. Et c'est probablement ce que les autorités françaises cherchaient à faire au Rwanda : soutenir le régime allié d'une main tout en le poussant de l'autre à négocier un compromis.
C'est là où l'attentat contre l'avion a une responsabilité bien plus grande que ne le croient certains. Et ne pas voir qui a descendu l'avion est un vrai problème d'information. Car j'ai pu vérifier à mon modeste niveau que quand on cherche on trouve : des dissidents tutsi qui vous disent : c'est nous il en existe, par exemple Aloïs Ruyenzi, ex secrétaire de Kagamé qui galère dans la région parisienne, ou Rusibisa, ou Mushaïdi à Bruxelles etc. Par contre des radicaux hutu libres de paroles qui disent la même chose on trouve pas.
Par ailleurs kagamé ne peut honnètement reprocher une non intervention occidentale alors qu'il la refusait en avril 94.
Il est vrai que l'accompagnement de militaires français à des contrôles d'identité, dans les années qui ont précédé 94, est criticable. Mais ces mêmes militaires répondent que leur présence aidaient les personnes controlées à avoir un minimum de garantie. Et un observateur connu comme Eric Gillet avocat belge des Droits de l'Homme, confirme que les Tutsi arrêtés s'en sortaient mieux quand il y avait une présence française. Donc ce n'est pas si simple.
Qui suis-je pour critiquer Kagame ? Un ami de nombreux Rwandais pleins de dignité qui n'ont pas droit à la parole.
Et si l'on veut que les plaies se referment il faut que tout le monde puisse parler et être entendu. Ce n'est pas le cas aujourd'hui au Rwanda ni dans les enceintes internationales les plus manichéennes…
De gyann
citoyen | 10H59 | 29/08/2008 |
Démographie du Rwanda.
La courbe accessible par le lien ci dessous prouve de façon définitive la responsabilité absolue de ceux qui ont déclenché la guerre de 90-94.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rwanda#D.C3.A9mographie
De Gabriel Périès
Politologue | 10H00 | 29/08/2008 |
En réponse à Karina Lavestal :
Je vous remercie pour votre commentaire. Il pose un vrai problème relatif à notre méthode d'analyse et surtout celui du statut des doctrines militaire et de leur fonction dans l'organisation spécifique des Etats qu'elles impliquent. Mettre en avant l'importance de la DGR ne constitue pas un simple jeux d'esprit. Cette doctrine fonctionne comme une régle manageriale en quelque sorte de l'appareil d'Etat qui possède le monopole de la violence. C'est un système qui s'enseigne, qui contient des procédures, des textes réglementaires, des commentaires en « retours d'expériences » et préconisent pour telle ou telle sorte de conflit un ensemble de dispositions qui va depuis le type d'armement jusqu'à l'organisation territoriale en cas de conflit externe ou interne… Cela s'appelle le plan de Défense. Avec David, nous avons suivi depuis de nombreuses années ce dispositif spécifique au Rwanda sur la base d'un travail d'archives, en France comme au Rwanda, et d'entretiens avec les principaux protagonistes. En ce qui me concerne, j'ai fait le même travail pour l'Amérique latine et en particulier pour l'Argentine. Force est de constater que la DGR, par la présence de missions militaires françaises directement intégrées dans l'Etat-major des Forces armées Argentine dès 1956 jusqu'en 1983 a été également enseignée dans ce pays, avec les résultats que l'on connaît bien aujourd'hui. Des officiers y sont aussi condamnés pour crime de génocide par la justice argentine. Il ne s'agit pas là d'une opinion ou d'un « methodisme ». Mais bel et bien de faits historiques et juridiques. Ce n'est qu'une des facettes d'un problème qui est beaucoup plus large. mais si on choisi scientifiquement un aspect, on ne peut en toute honnêteté méthodologique, aborder tous les versants en même temps. Au risque de la dispersion.
Cordialement,
GP
à Gabriel Périès
De gyann
citoyen | 12H29 | 29/08/2008 |
Gabriel,
Vous ecrivez : « (La doctrine militaire) … n'est qu'une des facettes d'un problème qui est beaucoup plus large. mais si on choisi scientifiquement un aspect, on ne peut en toute honnêteté méthodologique, aborder tous les versants en même temps. Au risque de la dispersion. »
D'abord je voudrai m'excuser auprés de David et vous même d'avoir traité vos travaux « d'imbéciles ». Le déroulement des actes de la guerre 90-94 éclaire en effet le déclenchement du génocide, et il est donc légitime d'émettre des hypothèses sur les tactiques et stratégies employées par chacun des protagonistes. Pour autant, rue89 est un média grand public généraliste et non une publication scientifique. Les analyses trés pointues et spécialisées comme la votre y sont décalées et prêtent à confusion. C'est ce qui explique mon erreur. Quand j'ai lu votre article qui, comme vous le dites, n'aborde qu'une (petite) facette des racines du génocide, je n'y ai vu qu'une n-ième manipulation réductrice et fantaisiste des affidiés de SURVIE et la colère m'a pris… J'espère sincèrement que je me trompai et vous renouvelle mes excuses.
PS : je maintiens bien sûr le cœur de mes autres interventions, à savoir la dénonciation du criminel de guerre Kagamé.
De Mandrin
12H30 | 29/08/2008 |
« Valeurs actuelles » n'est pas ma tasse de thé mais il s'agit là d'un témognage d'un de ceux qui connaissent le mieux le dossier Rwanda.
Les accusations sont troublantes et ne sont pas surpreantes compte tenu de tout ce qu'on a déjà lu et entendu en matière de bidonnage sur ce dossier ; à vous de vous faire une religion.
Valeurs actuelles du 28 Août 2008 page 25
La stratégie du mensonge
Par BERNARD LUGAN expert devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR)
Un rapport fallacieux et manipulateur visant à exercer un chantage sur la France et sa justice
Un rapport rwandais rendu public le 5 août accuse plusieurs dizaines d'hommes politiques et d'officiers français de complicité dans le génocide de 1994. Ce document largement médiatisé a pour but de faire oublier que les actuels dirigeants de Kigali sont considérés par la justice française et espagnole comme des criminels de guerre. Pour les juges Bruguière et Merelles, le président Kagarne est même directement à l'origine de la tragédie rwandaise puisqu'il a fait abattre l'avion du président Habyarimana. L'étau se resserre d'ailleurs sur l'actuel maître de Kigali :
- en 2006, le juge français a lancé des mandats d'arrêt contre plusieurs membres de son premier cercle pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide ;
- en février 2008, via Interpol, le juge espagnol a, pour les mêmes motifs, lancé plusieurs di¬zaines de mandats d'arrêt contre de hautes personnalités de l'actuel régime rwandais ;
- en mars dernier, l'ancien procureur du TPIR, Carla DeI Ponte, a révélé que depuis 2003, le TPIR détient des preuves contre Paul Kagame. Elle a longuement expliqué pourquoi, après les pressions du département d'État améri¬cain, aucune procédure n'a à ce jour été ouverte ;
- au mois de juin, le procureur du TPIR a déclaré devant le Conseil de sécurité de l'Onu que pendant le génocide de 1994, les hommes du général Kagame avaient assassiné la quasi-totalité des évêques du Rwanda, et qu'il s'ap¬prêtait à lancer plusieurs mandats d'arrêt.
Le rapport qui accuse la France a été confectionné par llle commission « indépendante » présidée par Jean de Dieu Mucyo, procureur général de la République du Rwanda, dont le nom a été cité devant le TPIR pour assassinats de civils hutus. Parmi ses membres, un fonctionnaire français, José Kagabo, universitaire ayant bénéficié du droit d'asile dans les années 1970 avant d'être naturalisé. Aujourd'hui maître de conférences à l'EHESS à Paris, cet agent de l'État est également membre de la commission française de l'Unesco. Le rapport dont il a bâti l'ha¬billage scientifique repose sur la technique classique de la manipulation : mélange des époques, avec attribution à l'armée française, qui a quitté1e Rwanda au début décem¬bre 1993, de faits qui n'auraient pu se produire qu'après le 6 avril 1994, imputations imprécises et donc invérifiables, faux témoignages et tàux en écriture. Or, les accusations contenues dans ce rapport sont en total décalage avec l'état des connaissances. Devant le TPIR, en quatorze années d'existence, au terme de milliers d'heu¬res de témoignages, aucune des parties n'a produit le moindre document pouvant lais¬ser entendre une implication française dans le génocide. Tout au contraire, les travaux ont montré que si, à la suite de l'ultimatum de Paul
Kagame, les troupes françaises n'avaient pas _ été retirées du Rwanda en décembre 1993, le
génocide d'avril 1994 n'aurait pas eu lieu.
La crédibilité du rapport rwandais est totalement détruite par la seule « preuve concrète » de la « culpabilité » française qu'il contient. Il s'agit d'une lettre que le colonel Gilles Bonsang, chef de corps du 7 emeRIMa, aurait signée « place de Caylus » en date du 2 juin 1998, soit quatre ans après le génocide, par ordre du général « Yves Germaanos », « chef d'état-major des Forces spéciales », et adressée aux miliciens hutus réfugiés au Congo pour leur annoncer de prochaines livraisons d'ar¬mes françaises. Or :
1. -le 7eme RIMa a été dissous le 30 juin 1977, vingt et un ans plus tôt ;
2. -le lieutenant-colonel Gilles Bonsang n'a jamais été colonel et ne l'a pas commandé ;
3. -le 2 juin 1998, il était affecté depuis un an à Marseille et non à Caylus ;
4. -le général Germanos ne se prénomme pas Yves mais Raymond, et le 2 juin 1998, il n'exerçait pas les fonctions qui lui sont prêtées puisque, du l » septembre 1995 au 17 juillet 1998, il fut chef du cabinet militaire du minis¬tre de la Défense.
Cette lettre étant un faux grossier, les auteurs du rapport se sont donc rendus coupables de confection et d'usage de faux en écriture et, dans le cas de M. Kagabo, d'intelli¬gence avec une puissance étrangère. C'est en fait une monnaie d'échange : si la France retire les mandats d'ar¬rêt lancés par le juge Bruguière, Kigali ne déposera pas de plaintes contre les personnalités françaises. Selon les « recommandations » du rapport, il faudra en plus que Paris « reconnaisse l'entière étendue de sa responsabilité » et prenne « des mesures de réparation conséquentes, en accord avec le gouvernement rwandais ». Rien de moins.
à Mandrin
De JCBD
15H22 | 29/08/2008 |
Je peux personnellement citer trois autres invraisemblances dans le rapport Mucyo.
Page 19
Venuste Kayimahe affirme que « peu avant octobre 1990, la France était bien informée des préparatifs de la guerre » En effet, « le 9 novembre 1989, l'ambassadeur Martres » aurait révélé dans un discours d'accueil de nouveaux coopérants : « ce pays va être attaqué par des personnes venues de l'extérieur qui n'aiment pas le Rwanda. »
Il est invraisemblable que l'ambassadeur Martres fasse ce genre de révélation publique et de toute façon, pour avoir habité Kigali à cette époque, je peux affirmer que si ce type d'information avait été lâché, il aurait fait le tour de la communauté française (et au-delà) dans l'heure qui suit. Et, bien-sûr, je ne connais personne qui en ait entendu parler.
Page 98
Je cite :
« Un militaire rwandais et un militaire français contrôlaient la barrière de Gako. Le Rwandais servait d'interprète au Français. […]Le militaire français a lu les documents. Quand il a vu la mention “ Umuganda ”, il a pensé, par confusion, “ Umugande ” (qui signifie ougandais en kinyarwanda)
Est-il seulement vraisemblable qu'un militaire français fasse ce genre de confusion ?
Cette anecdote me fait plutôt penser à un “ private joke ” à destination interne au Rwanda.
Page 146
Je cite encore :
“ Il convient de préciser que le téléphone n'était pas coupé dans Kigali pendant l'opération Amaryllis. […]
La principale centrale téléphonique du pays avait été déplacée à l'hôtel des Mille collines et était sous la surveillance de militaires français. ”
Que le central téléphonique de Kigali (qui remplissait aussi les fonctions de centre de transit national et international) soit sous la protection de militaires français lors d'Amaryllis me paraît logique, le plan d'évacuation mis en place par l'ambassade reposant en partie sur le téléphone. Mais quiconque a vu un central E10B comprendra que l'idée de le déplacer même d'une centaine de mètres est plus que farfelue. Et si le rapport ne fait pas allusion au central E10B, je ne vois pas de quoi il peut s'agir.
à JCBD
De hullo
consultant | 18H44 | 29/08/2008 |
J'ajouterai que le témoignage relaté page 59 -60 est totalement et formellement démenti par les familles des personnes mises en cause.
Et on pourait continuer comme cela pendant environ 361 pages…
Si vous lisez les témoignages eux-mêmes, présentès dans 160 et quelques pages annexées au rapport, vous vous appercevrez que la majorité des témoins sont :
- soit des individus incarcéréès pour génocide dans les prisons kagamesques,
- soit d'anciens membres des FAR ralliés plus ou moins tôt et plus ou moins volontairement et qui ont eux aussi quelques casseroles à faire oublier ;
-soit quelques belges de passage qui servent les récits les plus invraisemblables et carrément matériellement impossibles.
On connait la justice accusatoire rwandaise et le marchandage odieux auquel elle procède : tu accuse quelqu'un et tu gagne une remise de peine !
La seule chose étonnnante est qu'il n'y ait que 160 pages de témoignages….. Ils ont du oublier de faire témoigner les hutus réfugiés au Zaïre avant de les massacrer à Tingi -Tingi et autres lieux !
à Mandrin
De Gaétan Sebudandi
Journaliste | 13H32 | 31/08/2008 |
Mandrin,
Vous nous citez longuement la démonstration de Bernard Lugan, que vous considérez comme faisant partie de ceux qui connaissent le mieux le dossier rwandais. Je vous avouerai que ses théories raciales, sur le peuple rwandais, ne me permettent pas de le classer dans cette catégorie. Mais je vous reconnais le droit d'avoir une opinion différente de la mienne sur ce personnage.
Par contre, la conclusion hâtive que tire cet historien de ce qu'il appelle « un faux grossier » ne me paraît pas digne d'un habitué de la critique historique. Il accuse les membres de la commission Mucyo d'être coupables de confection et d'usage de faux en écriture, sans en apporter la moindre preuve.
Si le document cité dans le rapport de la Commission rwandaise est un faux, rien n'indique qu'il a été fabriqué par les membres de cette commission, en vue d'étayer la thèse de la complicité de la France avec les forces génocidaires. Au demeurant, ils n'avaient nul besoin de cette preuve supplémentaire. Ils avaient assez de témoignages attestant que les principaux chefs militaires des FAR ont été évacués du Rwanda à bord des hélicoptères de l'opération Turquoise, par exemple. Le fait est confirmé par des officiers francais ayant supervisé cette opération.
Par ailleurs, le simple examen du contenu de ce faux document indique clairement qu'il peut difficilement être attribué à un rédacteur rwandais. L'orthographe des noms rwandais comporte des altérations révélatrices. L'auteur ne maîtrisait, de toute évidence, ni la langue ni la culture rwandaise.
Qui pouvait imaginer, à votre avis, tirer profit d'un faux document, glissé habilement dans le rapport d'une Commission d'experts rwandais contre les responsables francais ? Je vous le donne en mille. Cette manipulation, à mon avis, ressemble à s'y méprendre aux coups tordus de la DGSE. Sauf que dans leur précipitation les services francais ont négligé un petit détail. Celui de recourir à un sous-fifre possédant la maîtrise de la langue rwandaise ou simplement capable d'écrire correctement un nom comme Habyarimana.
Quoi qu'il en soit, pour démêler un jour une telle embrouille, il suffira de se demander : « A qui profite le crime ? » Pas le moins du monde aux auteurs du rapport de la Commission Mucyo.
à Gaétan Sebudandi
De gyann
citoyen | 21H14 | 01/09/2008 |
A qui profite le génocide des tutsis ? A Kagamé et à lui seul.
De Gabriel Périès
Politologue | 17H07 | 29/08/2008 |
A l'attention de Mandrin.
Il y a un problème avec B. Lugan. Il axcepte la division de la société rwandaise en races biologiquement opposées. Ce sont ces termes. Il faut lire ces ouvrages. Toutefois, malgré ce petit travers, il est toujours très bien informé, surtout pour la partie militaire.
Au fait le 7ème RIMA existerait bien en 98 à Caylus. Il suffit d'aller sur le net. Il y a même des gens qui y ont fait leur service militaire. Il y a les photo. Est-ce que ça fait de Péan un menteur ? Car s'il se trompe sur un fait, cela veut dire qu'il ment sur tout le reste non ? (logique de Troll).
Cordialement
G. Périès
à Gabriel Périès
De hullo
consultant | 18H46 | 29/08/2008 |
Et quand vous dites que le 7° RIMa existait bel à bien à Caylus en 98, vous mentez monsieur PERIES !
Car ce n'est pas vrai !
Vous avez vraiment la manie de raconter n'importe quoi sans rien vérifier !
à hullo
De gyann
citoyen | 19H12 | 29/08/2008 |
Hullo, il n'a pas dit que le 7°RIMA « existait », il a dit qu'il « existerait » ! Voilà le conditionnel qui autorise l'escamotage d'une réalité par une rumeur mensongère. Rien que de trés habituel chez SURVIE.
à gyann
De hullo
consultant | 11H13 | 30/08/2008 |
oui, la nuance dans le mensonge m'avait échapé§
L'aspect tortueux du mensonge ne le rend que plus désagréable !
à Gabriel Périès
De Mandrin
10H29 | 30/08/2008 |
Cher Monsieur,
Que vient faite Pierre Péan dans un article de B. Lugan ?
Au secours Freud ?
Vous n'écririez pas trop vite ?
Autre question : que vient faire ce rappel de position de B. Lugan (positions que je ne connais pas… donc je n'ai pas d'avis) dans cet article ?
Si B. Lugan dit que deux et deux font 4 est-ce que vous mettre en doute cette affirmation au nom de telle ou telle sa position sur un pb africain ?
Encore une fois je suis surpris par ce genre de dialectique : simplement dites-nous si oui ou non vous pensez que Bernard Lugan dit vrai quand il vitriolise ce rapport.
Ses arguments sont-ils oui ou non recevables ?
C'est le sujet de mon fil et non pas une position sur tel ou tel sujet.
Oui ou non ses affirmations sont-elles fondées ?
De Gabriel Périès
Politologue | 17H10 | 29/08/2008 |
A l'attention de Mandrin.
Il y a un problème avec B. Lugan. Il axcepte la division de la société rwandaise en races biologiquement opposées. Ce sont ces termes. Il faut lire ces ouvrages. Toutefois, malgré ce petit travers, il est toujours très bien informé, surtout pour la partie militaire.
Au fait le 7ème RIMA existerait bien en 98 à Caylus. Il suffit d'aller sur le net. Il y a même des gens qui y ont fait leur service militaire. Il y a les photo. Est-ce que ça fait de Péan un menteur ? Car s'il se trompe sur un fait, cela veut dire qu'il ment sur tout le reste non ? (logique de Troll).
Cordialement
G. Périès
à Gabriel Périès
De Mandrin
10H34 | 30/08/2008 |
Cher Mr Péries,
Je m'amuse de vous voir mettre en avant une logique de troll alors que vous tentez une manoeuvre dilatoire sur des positions de Lugan sur les races au Rwanda…
en évitant bien évidemment de répondre sur le fond de l'article de Lugan.
Il ya ensuite vos affirmation sur Caylus et le Rima et la confusion Péan - Lugan…
On va vérifier auprès des milis qui trancheront ; ce n'est pas bien difficile.
Je ne voudrais pas m'abaisser au niveau de la cour de récréation mais dans la cour de récréation les enfants disent : « c'est celui qui le dit qui l'est… ».
à Mandrin
De hullo
consultant | 11H24 | 30/08/2008 |
C'est tout tranché, Mandrin, et cette information est confirmée par les mili !
J'ajouterai que, quand on connait la rigueur avec laquelle travaille LUGAN et le souci qu'il a de recouper les renseignements qu'il reçoit et d'aller à la source, je mettrais ma main au feu qu'il a été chercher la date de dissolution du régiment directement à l'état-major des armées.
Je n'en dirai pas autant de Periès et Servenay qui ont commis un bouquin mettant en cause - ou en scène selon le cas - quelques dizaines de militaires sans en avoir contacté aucun….
Je vous laisse appécier !
à hullo
De David Servenay
Rue89 | 12H44 | 30/08/2008 |
Cher Hullo,
Je ne peux pas vous laisser écrire cela.
Les militaires, comme les principaux responsables politique, les diplomates et divers protagonistes cités dans notre livre ont été contactés. Cela fait d'ailleurs l'objet, à chaque fois (qu'ils nous aient répondu ou non, certains ont refusé) d'une note de bas de page.
Vous devriez être plus prudent avec vos mains.
à David Servenay
De Mandrin
16H45 | 30/08/2008 |
Monsieur Servenay,
Vous dires avoir contacté les militaires cités dans votre livre.
Fort bien je vous crois.
Avez-vous pour autant cité leurs déclarations, leurs positions même si vous n'êtes pas d'accord ce qui est votre droit le + absolu ?
Il me semble logique dans le cadre d'une démarche journalistique normale en terme de déontologie de citer ceux avec qui on n'est pas d'accord quite bien évidement à critiquer et à débattre. C'es tout à fait norma en démocratie.
Rassurez-moi : c'est bien ce que vous avez fait ?
Vous n'auriez pas passé sous silence par ex, les témoignages qui n'allaient pas dans votre sens ?
Rassurez-moi car je suis dans le doute …
à Mandrin
De hullo
consultant | 00H15 | 31/08/2008 |
Mandrin, vous avez tort de croire SERVENAY : il ment !
Je maintiens qu'il n'a pas contacté la plus grande part des militaires citès dans son livre.
Je sais qu'il en a contacté un qui n'a pas répondu. SERVENAY n'a jamais rappelé cet officier.
Voilà ce qu'il appelle « contacter » !
Et j'en connais beaucoup d'autres qu'il n'a jamais appelés bien qu'il les ait citès !
PS : le 7° Rima a toujours été dissous en 77 !
à hullo
De Mandrin
09H12 | 31/08/2008 |
@Hullo
En attendant de découvrir le contraire, je fais confiance …ou je fais semblant de faire confiance !
Je remarque toutefois que le duo est étrangement muet sur les questions essentielles.
Comme j'ai remarqué en octobre dernier que les journalistes et les membres d'associations les + vitulents étaient étonnement muets du colloque organisé par le club Démocraties sur le Rwanda.
A part lancer leurs injures habituelles (« négationniste, », « révisionniste ») on ne les a pas vus ni entendus ; pire, un membre très actif de Survie a été obligé de reconnaitre à la fin que ce colloque avait été « de haute tenue ».
Pourtant des tas de gens n'avaient pas été tendres durant ce colloque sur la désinformation qui prévaut sur ce dossier et sur l'atitude de certains.
La désinformation me passionne et ce dossier m'intéresse aussi en ce sens.
Pourquoi et comment la clique de Survie a proféré autant de mensonges ?
Pourquoi 80 % de la presse leur a emboité le pas ?
Pourquoi des tas d'associations emboitent le pas ?
Piourquoi des politiques ont-ils répercutés ces mensonges ?
Certes le rôle des bêtes à cornes et la manière dont on les flatte n'est pas à ignorer. On l'a vu dans la pantalonnade concernant Ingrid Betancourt : à part Jacques Thomet qui a essayé de ne pas se laisser entrainer dans ce torrent lacrymal.
Autre fantastique désinformation : l'affaire Alègre où depuis 4 ans 95 % des médias essaie de nous faire croire que cette affaire se réduit aux infortunes médiatiques de deux gentils notables injustement calomnies par deux prostituées manipulées par un Adjudant de Gendarmerie au mieux naïf au pire pervers.
La vérité est toute autre : ce sont des dizaines de filles qui ont disparu ou qui ont été assassinées dans des conditions atroces…Ce sont des magouilles incoyables de la ,justice et de certains enquêteurs pour camoufler ces meurtres en suicide contre toute évidence… Et c'est le rapport d'un Procureur de la république abondamment renseigné qui est occulté par la Chancellerie et les autorités judiciaires assises sur une cocotte minute qui si elle explose un jour va éclabousser beaucoup, beaucoup de monde.
Alors certes il n'est pas dans les habitudes des médias français français d'être courageux et d'aller à contresens de l'opinion publique dans la recherche dela « vérité »..
Certes il n'est pas coutumier d'entendre de la part des médias français un mea-culpa en disant « On s'est trompés, on vous a trompés… ».
Certes l'ego incroyable de certains journalistes est à prendre en compte dans cet acharnement dans des voies sans issue…
Certes un goût pouvoir mal maitrisé, pour les magistrats comme pour les journalistes, deux professions qui peuvent faire quasiment ce qu'elles veulent sans avoir à rendre des comptes peut conduire à des dérives très graves (Maitre Dupont Moretti parlant devant la commission d'Outreau de « ces magistrats ivres depouvoir »…).
Je vais m'arrêter là en continuant quand même à m'interroger : pourquoi sur ce dossier dramatique autant de désinformation, pourquoi autant de méthodes qui n'honorent pas la profession ?
Je vais m'arrêter là car la digression qui est la mienne va fournir à certains un leurre bien commode : je vais être accusé de « complotiste faisant le lit de ceux qui disnet “tous pourris”, etc, etc… toutes les injures que l'on entend chaque fois que l'on pose des questions qui dérangent…
Comme les injures “négationniste et révisionniste” lorsqu'on veut parler avec rigueur de ce dossier dramatique qui est le Rwanda.
à hullo
De David Servenay
Rue89 | 12H34 | 31/08/2008 |
Des noms, hullo, citez des noms.
Et (re)lisez notre livre, car visiblement, votre lecture comporte des lacunes.
à David Servenay
De Mandrin
14H05 | 31/08/2008 |
Monsieur Servenay,
Pourriez-vous nous affirmer :
- que vous avez rencontré des mmilitaires français,
- qu'ils ont mis en avant des positions contraires à celles que vous défendez,
- que vous les avez scrupuleusement rapportées dans votre ouvrage,
- qu'ensuite vous les avez critiquées, ce qui est votre droit le + absolu en fonction des éléments dont vous disposez ?
Il serait très désagréable d'apprendre de la bouche de certains militaires :
- que vous les avez rencontrés,
- qu'ils vont ont exposé leur position et leur arguments,
- que vous avez totalment ignoré leur position et leurs arguments car elles n'allaient pas dans la direction que vous voulez.
Juste une question : pouvez-vous nous confirmer que vous n'avez pas procédé ainsi en censurant les témoignages qui n'allaient dans les sens qui vous agréait ?
à Mandrin
De David Servenay
Rue89 | 11H07 | 02/09/2008 |
Cher Mandrin,
Si vous faites les questions et les réponses, je ne vois pas bien ce que je peux ajouter.
L'enjeu que vous soulignez est très important pour ce genre de recherches. Je me suis donc astreint à quelques règles simples, que j'essaie aussi d'appliquer au quotidien dans mon travail.
1/ Avoir une démarche pluraliste en matière de sources.
2/ Contacter les gens qui sont mis en cause par d'autres sur tel ou tel point particulier.
3/ Retranscrire avec honnêteté le point de vue des uns et des autres.
4/ Peser les arguments des uns et des autres pour en dégager une vérité donnée, à un instant T.
Tout cela permet d'aboutir, en général, à un résultat équilibré : c'est ce que j'appelle une enquête. Evidemment, une enquête n'est jamais une vérité absolue, gravée dans le marbre. Elle peut évoluer dans le temps. Aujourd'hui, mon avis n'a pas changé : c'est un processus de guerre révolutionnaire qui a été appliqué au Rwanda et s'est transformé en génocide.
S'agissant des militaires, contrairement à ce que sous-entendez avec une certaine perfidie :
1/ Je n'ai jamais eu un point de vue anti-militariste.
2/ J'ai contacté, vu et me suis entretenu avec de très nombreux acteurs de ce conflit, y compris et surtout des militaires français, rwandais et belges.
3/ Ils sont nommément cités dans le livre, aucun n'a adressé un droit de réponse, une demande de rectification ou quoi que ce soit d'autre. Aucun n'a contesté les propos que nous leur attribuons.
4/ Certains ont refusé de répondre (les généraux Quesnot et Huchon par exemple), d'autres ont imposé le « off » comme condition à l'entretien (drôle de manière de pratiquer la transparence).
Une fois encore, Mandrin, citez des noms. A commencer par le vôtre peut-être, puisque vous prétendez faire oeuvre de transparence…