La France et le génocide rwandais (2/3)

La « guerre révolutionnaire » menée par la France au Rwanda

En donnant un point de vue rwandais sur le génocide, le rapport de la commission Mucyo (dont Rue89 a publié et commenté des extraits) nous montre que la France a bien mené une guerre secrète entre 1990 et 1994 sur le mode de la stratégie indirecte. Cette guerre s'inspire d'une doctrine bien connue dans les états-majors : la « guerre révolutionnaire ».

Une doctrine inventée en Indochine…

Pour comprendre l'histoire militaire du Rwanda, il faut remonter à la période des indépendances. Plus précisément à 1953, en Indochine, où l'armée française découvre la doctrine de la « guerre révolutionnaire » (DGR) grâce à un officier de la coloniale : Charles Lacheroy.

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Sur le front de la guérilla communiste du Viet Minh, Lacheroy comprend qu'une série de « hiérarchies parallèles » parvient à faire basculer la population en faveur des rebelles communistes, contre l'une des meilleures armées du monde. Le Viet Minh, a remarqué Lacheroy, accompagne chaque individu « du berceau jusqu'à la tombe », par trois hiérarchies distinctes :

  • Le« Lien Viet », pyramide d'associations de toutes sortes (jeunesses masculines ou féminines, vieux, associations professionnelles…).

  • Une autre basée sur le découpage colonial du territoire (village, province, région), qui supplante l'administration locale « vermoulue », comme le dit Lacheroy ; contrôle la circulation des habitants, organise l'hygiène, l'instruction, ainsi que l'autodéfense des populations ; et permet ainsi l'engagement des guérillas sur les arrières du Corps expéditionnaire français.
  • Une troisième hiérarchie coiffe et contrôle les deux autres, celle du parti communiste, dont 10% de la population sont membres, et où de jeunes cadres sont acquis à la cause par les méthodes d'une propagande associant « le fanatisme, l'intérêt et la crainte », précise l'officier.

Lorsque la France perd ce conflit, le colonel Lacheroy devient rapidement le maître à penser de l'Ecole de guerre de Paris. Il conseille le ministre de la Défense et se lance dans la création des cinquièmes bureaux d'Action psychologique. A partir de 1956, la France conduit une « guerre révolutionnaire » sur le territoire algérien. Avec le FLN, elle s'estime confrontée à une guérilla politico-militaire, rurale et urbaine, où il faut remporter la bataille « des coeurs et des esprits » en « tenant la population ».

… appliquée dans l'Afrique des indépendances

Quel rapport avec le Rwanda, vous dites-vous ? Les parallèles sont si nombreux qu'ils dépassent de loin le statut de coïncidences bénignes. Lorsque le processus de l'indépendance rwandaise commence en 1959, Bruxelles envoie à Kigali deux de ses meilleurs officiers de la Force publique (les troupes coloniales belges du Congo).

Le rôle du lieutenant-colonel Guy Logiest est connu, celui du major Louis Marlière a laissé moins de traces. Chef du Deuxième Bureau (renseignement) de Léopoldville - il portera Mobutu au pouvoir avec l'aide de la CIA après avoir fait torturer et assassiner Patrice Lumumba-, il fait des allers-retours sur Kigali pour bâtir un Etat garnison.

Quel est son modèle ? La « guerre révolutionnaire » qu'il a longuement observée sur le terrain, avec l'armée française : sur les hauts-plateaux du Laos (du 23 février au 18 juin 1954), puis pendant quinze jours en 1959 au Centre d'instruction à la pacification et à la contre-guérilla d'Arzew en Algérie (CIPCG). La lecture de ses deux rapports de missions est édifiante. Dès 1954, il écrit :

« La guérilla, forme de guerre la plus probable et la plus efficace en Afrique, ne se gagne qu'avec l'appui total de la population. »

En 1957, un exercice conjoint associant officiers belges, britanniques, portugais et français se déroule au Katanga, province du Congo. Le programme de Tornade est limpide :

  • mettre au point le plan troubles généralisés de la province du Katanga
  • étudier le problème de la collaboration entre les autorités civiles et militaires
  • appliquer la tactique de la guérilla et de la contre-guérilla en brousse
  • exécuter une opération de rétablissement de l'ordre public dans un centre urbain

Logiest et Marlière participent à l'exercice. Deux ans plus tard, ils appliquent le « plan troubles » à la lettre au Ruanda-Urundi. Le pays devient un état à parti unique, dont les opposants sont pourchassés sur la base d'une idéologie raciale non assumée, mais bien réelle car l'ennemi est là, sous les traits du « communiste tutsi ».

Les Français prennent le relais des Belges

Lorsque les Français prennent pied au Rwanda, en 1975, ils fondent leur présence sur un premier triptyque : un accord particulier d'assistance militaire pour « organiser et instruire » la gendarmerie rwandaise, des fournitures d'armes et de bonnes relations (un avion Caravelle et son équipage) avec le général-président Juvénal Habyarimana.

Pourquoi la gendarmerie ? Officiellement, parce que la police a été dissoute la veille du coup d'Etat de juillet 1973. Mais, comme nous l'ont confirmé plusieurs officiers supérieurs rwandais de cette époque, la gendarmerie est l'arme idéale pour mettre en place des réseaux de renseignements efficaces. Elle va être l'interface entre l'armée et la population.

Jusqu'en 1990, ce modèle fonctionne exactement comme celui des « hiérarchies parallèles » décrit par le colonel Lacheroy :

  • Le premier axe du pouvoir assure le contrôle vertical et militaire de la population, par le biais de la planification de la Défense interne du territoire (DIT).

    En temps de paix, la gendarmerie renseigne en articulation avec la police communale et protège l'ordre public. En temps de crise, elle passe aisément sur le mode militaire, les forces armées dans leur totalité peuvent alors encadrer et mobiliser la population pour faire la guerre.

  • Le deuxième axe est horizontal. C'est celui du découpage administratif parfait de ce petit pays (approximativement, la taille de la Bretagne) très peuplé (près de 10 millions d'habitants). En septembre 1974, le décret-loi sur l'organisation communale change la désignation du bourgmestre (nommé par le général-président de la République) et affine la pyramide administrative : préfecture, secteur, commune, cellule.

    Une cellule égale 10, 50, parfois 100 familles sur une colline ou dans un quartier. Organisation qui n'est pas sans rappeler le mode de contrôle des populations préconisé par le colonel Trinquier lors de la bataille d'Alger : le Dispositif de protection urbaine (DPU).

  • La troisième hiérarchie de contrôle est politique, avec le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND), le parti unique au service de son « président-fondateur ». A sa création, en janvier 1976, on peut lire dans La Relève, organe officiel du régime :
    « Chaque colline, chaque quartier de ville, habités par plus de 50 familles, chaque établissement ou entreprise tant public que privé occupant plus de 30 travailleurs et agents constituent des cellules de base du Mouvement. L'oeil du Mouvement est le militant. »

Cette dernière hiérarchie contrôle les deux précédentes, comme l'a écrit Lacheroy. La DGR est d'ailleurs abondamment citée et étudiée par les élèves-officiers de l'Ecole supérieure militaire (ESM) de Kigali. Là aussi, les thèses des élèves et les cours de leurs professeurs, parfois belges, foisonnent de références françaises.

Paris soutient une dictature « pure, dure et cruelle », pour reprendre les termes de Lacheroy. Tout le monde le sait, à commencer par le président François Mitterrand, qui fut ministre de l'Intérieur en 1954, puis ministre de la Justice en 1956 chargé de défendre au Parlement la loi accordant les pleins-pouvoirs à l'armée en Algérie.

En Afrique, la guerre noire des militaires français

Venons-en au débat qui nous occupe aujourd'hui. Tout ce savoir-faire, les soldats français ne l'ont jamais perdu. Malgré l'interdiction d'enseignement de la DGR sur le territoire métropolitain, imposée par De Gaulle après le putsch des généraux (1961), malgré les alternances politiques, les corps d'élite (des troupes de marine, de la légion, et de la gendarmerie,) conservent cet acquis, surtout en Afrique.

Or, lorsqu'ils découvrent le conflit rwandais en 1990, les officiers français engagés au côté du régime Habyarimana font un constat sans appel des forces en présence.

D'un côté, une armée faible (5000 hommes), peu motivée et mal équipée. De l'autre, une rébellion formée dans les maquis, experte en renseignement (Paul Kagamé était alors le chef du renseignement militaire de l'armée ougandaise), disciplinée, motivée et adepte du coup de force audacieux.

A chaque offensive du FPR, le scénario se répète : attaque spectaculaire des rebelles sur un objectif, déroute des Forces armées rwandaises (FAR), constitution d'un front intérieur sur le territoire rwandais, tentative de reprise en main par les troupes françaises, représailles sur les civils en arrière de la ligne de front, et retour aux négociations politiques dans le cadre des conférences d'Arusha.

Mais à chaque fois aussi, les violences contre les populations civiles montent d'un cran, tout comme l'intensité de la propagande raciste. Jusqu'à ce qu'un groupe d'officiers rwandais extrémistes, rassemblés autour du colonel Théoneste Bagosora, prennent les choses en main avec leurs homologues français directement intégrés dans les états-majors et impliqués dans l'entraînement des combattants des FAR.

Un dispositif défensif et un dispositif offensif

Compte tenu de la faiblesse chronique des FAR, les tacticiens n'ont pas vraiment le choix et réagissent avec leur savoir-faire et près d'un demi-siècle d'expérience de la « guerre froide-chaude » sur le continent africain.

C'est d'ailleurs ce qui ressort du rapport de mission effectué par le colonel Gilbert Canovas au premier trimestre 1991. Comme l'a parfaitement souligné la mission d'information parlementaire (p.156), l'officier du 1er RPIMa propose la mise en place d'un dispositif complet de « mesures visant notamment à améliorer l'organisation, le renseignement et la formation des forces de l'armée rwandaise ». Voici le passage des « conseils donnés aux FAR » :

Autrement dit, un véritable dispositif défensif de quadrillage du territoire en milieu rural. Le dispositif offensif va être élaboré en trois étapes, principalement sous la houlette des officiers extrémistes proches du colonel Bagosora :

  1. Dès décembre 1991, le président Habyarimana demande à cet officier de présider une commission chargée de répondre à la question suivante :
    ‘Que faut-il faire pour vaincre l'ennemi sur le plan militaire, médiatique et politique ? ’

    Après plusieurs séances de travail, un document est rédigé puis diffusé à partir de septembre 1992, dans toutes les unités des FAR. Ce document de ‘Définition de l'ennemi ’ détaille la nature de l'adversaire, le ‘ Tutsi de l'intérieur ’ et les ‘ Hutu mécontents du régime en place ’, mais aussi les ‘ sans emploi ’, les ‘ étrangers mariés aux femmes Tutsi ’, les ‘ peuplades nilo-hamitiques de la région ’ et les ‘ criminels en fuite ’. L'ennemi est bien défini sur une base idéologique non seulement politique, mais surtout raciale.

  2. Au cours du premier trimestre 1993, Théoneste Bagosora écrit sur son agenda un plan complet de ‘ défense collective contre la subversion ’, rebaptisée ‘ autodéfense civile ’. Sur une trentaine de pages, tout y passe : les armes, le rôle de la radio qui n'est politiquement plus sûre, l'encadrement des miliciens par la police communale, le rôle des réservistes. Le 13 février, il note aussi :
    ‘ Amnistie générale pour tous les crimes de guerre notamment. ’

  3. Janvier 1994, la confession d'un informateur auprès du service de renseignements de la Minuar (la force de l'ONU) permet de découvrir l'existence de caches d'armes dans Kigali, dans des locaux du MRND, et l'existence de listes permettant ‘ d'éliminer un millier de Tutsis et démocrates hutus à Kigali dans la première heure après le déclenchement des troubles ’. L'ONU sait, mais ne fera rien.

Le plan du conflit est prêt. A Maisons-Laffitte, au siège de la Force d'action rapide, chaque vendredi, le bureau renseignement de l'Etat-major fait un tour d'horizon des points de tension dans le monde.

Dans les semaines qui précèdent le mois d'avril, les alertes se multiplient sur le Rwanda. Toute la chaîne hiérarchique politico-militaire française sait que ce pays est une poudrière, que la guerre y sera beaucoup plus meurtrière, car là-bas, elle se fera avec la masse mobilisée, dans le peuple rwandais et contre lui.

Gabriel Périès, politiste et David Servenay, journaliste, ont co-écrit ‘ Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994) ’, La Découverte, 2007

A lire aussi :
La matrice intellectuelle de la ‘guerre révolutionnaire’
A lire aussi : Génocide rwandais : décryptage du rapport qui accable la France

162 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de amilcar

à gyann Portrait de gyann De amilcar

peureux célèbre | 12H33 | 28/08/2008 | Permalien

« continuer le travail de paix », eh bien vous vous n'avez pas honte, trop de culot tue le culot, la France fait de manière générale en Afrique un « travail de paix », ça crève les yeux, surtout de ceux qui étudient sérieusement ces questions depuis des dizaines d'années, vos arguments c'est quoi ? Des insultes, des imprécations, des vociférations, contre des rapports, des livres, des articles fort nombreux, vous n'avez que votre mouvement d'humeur voulant écarter d'un geste de la main des accusations portant sur des centaines de milliers de morts qu'on n'aurait pas le droit d'investiguer au nom d'un prétendu crime de lèse-France, contre des faits précis et étayés vous avez quoi ?

Contre des témoignages recoupés vous avez quoi ? Je suis quand même étonné de voir la teneur des propos de ceux qui prétendent défendre l'honneur de la France en défendant l'indéfendable, ils se trompent sur la véritable nature de l'honneur d'une nation, l'honneur commence dans la vérité et se nourrit de justice, sinon ce n'est pas de l'honneur mais de la criante mauvaise foi, trop d'articles sur un génocide ?

Elle est bonne celle-là, vous nous conseillez un journalisme plus varié et pipole, plus papillonnant, plus divertissant, moins de suivi dans les enquêtes, vous nous conseillez de passer rapidement sur un génocide de 800.000 personnes. Ou bien l'accusation que les victimes du génocide l'ont déclenché elles-mêmes ; ou bien vous avez peur d'entendre que les livraisons d'armes prouvées à l'est de la RDC par la France sont la cause principale du drame terrible et de la déstabilisation de cette partie du Congo Kinshasa, avant que nos militaires n'aillent foutre le bordel en soutenant un autre génocide, celui du Congo Brazzaville, nos militaires au service d'ELF, où l'on a démis un président élu et aidé à éradiquer la population de toute une région et à asseoir au pouvoir un « ami » de la France Sassou Nguesso encore au pouvoir et soutenu par la France aujourd'hui, les mêmes militaires qui étaient au Rwanda sont ensuite allés répandre la mort et l'injustice au Congo Brazza.

Je suis étonné de lire ici ou là que le rapport rwandais est un tissu de mensonges et de faux témoignages, mais prouvez-le, dites-nous où sont les erreurs et les preuves que vous avez, argumentez vos dires sinon ils ne pèsent rien.

Alors je comprends bien les commentaires virulents et vociférants des défenseurs de l'honneur de la France, c'est la peur de voir ceux qui étudient calmement les dossiers découvrir que le rôle de la France au Rwanda et en Afrique en général est bien plus criminel et coupable que ce que croyaient ou pouvaient imaginer les chercheurs eux-mêmes, bien pire, bien plus grave encore, les découvertes que nous faisons en étudiant ces sujets sont étourdissantes et vont conduire au jugement global de la politique africaine de la France et c'est cela que voudraient éviter à tout prix les zélateurs de l'honneur perdu. Heureusement ou malheureusement, l'invective et la négation péremptoire se repèrent de loin, vous n'avez pas d'arguments concrets face aux accusations portées, répondez-nous viol par viol, largage par hélicoptère par largage par hélicoptère, répondez-nous sur chaque amputation arbitraire, sur chaque entraînement de civils à tuer, sur chaque présence de militaires français aux barrages filtrants « triant » ceux qui vont vivre et ceux qui vont mourir, mais les preuves s'amoncellent, les documents tant français que rwandais sont éloquents, et accablants, et ne nous répondez plus par des insultes et autres imprécations de mauvaise humeur outragée cela se voit,la mauvaise foi se reconnaît de loin, soit on est précis et argumenté, soit on parle de faits avec lieux et dates, soit on ne fait que confirmer l'impression générale partagée par une immense majorité de gens sérieux sur le sujet, l'impression d'une intention manipulatrice pour défendre l'indéfendable, et répondre aux faits historiques par une intox maladroite, la meilleure ou pire des défenses étant l'attaque, on voit bien l'intérêt à charger la barque de Kagamé pour se dédouaner, mais avec quelles preuves ?

Nos recherches sont plus politiques que celles de Bruguière ? Qui le croira ? Mais attention, outre le génocide rwandais, il va falloir nous intoxiquer beaucoup, il va falloir nous expliquer Foccart et Pasqua, il va falloir nous expliquer toute la politique africaine de la France, « le travail de paix » comme vous dites, il va falloir nous expliquer le rôle de l'armée française et des services secrets en République de Centre Afrique, au Tchad, il va falloir nous expliquer l'indépendance bidon du Cameroun ou du Gabon, quand Léon Mba nommait son successeur auditionné auparavant par de Gaulle, depuis l'ambassade du Gabon à Paris, il va falloir nous expliquer la réélection bidon du fils Eyadema, il va falloir nous expliquer la présence de Kaddafi à Paris, j'en passe et des meilleures, je vous l'assure, c'est tout le dossier africain de la France qu'il faut apurer, il va falloir nous expliquer toute la présence criminelle de la France et de son armée en Afrique depuis des décennies, criminelle et raciste parce qu'il est inconcevable d'avoir mené une telle politique émaillée de massacres de masses, incompréhensible qu'un pays développé et se réclamant des lumières, un pays qui a eu des écrivains comme Diderot, Rousseau, Hugo, s'abaisse à une telle politique ignoble, incompréhensible si on n'admet pas que cette politique ne considère pas les africains comme des êtres humains dignes d'être comptabilisés comme des victimes comme les autres, des victimes qui ne feraient pas de bruit, des massacres qui seraient passés à la trappe, sans comptabilité de l'horreur, mais ces « gens-là » comme disait Mitterrand ont à peine un état-civil crédible, la plupart ne sont même pas déclarés à la naissance, leur assassinat aurait pu ne pas se voir. Heureusement ou malheureusement, ça s'est vu, et le temps aidant les preuves remontent à la surface, des masses de preuves, qui nie aujourd'hui le massacre de Madagascar en 1947, qui nie le soutien de la France à Bokassa premier et dernier mais « ami et parent » de Giscard dont l'épouse assista au grandiose couronnement, l'indécent décorum étant financé par les contribuables français ? Alors le rôle positif de la colonisation en Afrique, les chercheurs le cherchent, et ne le trouvent pas, ce que nous trouvons au contraire est une durable politique de crimes contre l'Afrique et ses populations et donc contre l'humanité, broyant des culture et brisant des économies, pour de basses et viles raisons d'intérêts économiques à courte vue et de prestige de la France, on va voir comment cela va finir, cette politique africaine de la France ne s'est nourrie que de mensonges, une longue série de mensonges pour couvrir des crimes, de quelle philosophie se réclament les tenants de cette politique ? le droit de 1% de la population mondiale de tondre un pré carré en Afrique ? Ce n'est pas une philosophie c'est la justification bricolée des intérêts les plus bas et des instincts les plus vils, c'est indéfendable entre gens sérieux et responsables et c'est indéfendable devant l'histoire, croient-ils pouvoir intoxiquer l'histoire de manière durable ? Croient-ils pouvoir manipuler les faits ad vitam aeternam ?

C'est alors qu'ils font bien peu confiance à la science et à la recherche. L'honneur de la France c'est Rue89, c'est ça la grandeur de la France, c'est la recherche de la vérité par l'honnêteté, en dépit des intérêts mercantiles du moment, l'honneur ne se nourrit pas de haine et de justification par dessus les cadavres, l'honneur se nourrit de justice, l'honneur de la France c'est ces journalistes qui appuient là où ça fait mal pour rétablir la vérité et la justice et rendre ainsi aux victimes ce qui leur est dû, et ce quel que soit le temps qu'il faudra pour y parvenir, bravo à Rue89 pour cette série d'articles, ça c'est du journalisme, ça c'est du travail courageux et honnête, enfin dans le paysage français de l'information un travail qui ne flatte pas le populo dans ce qu'il a de plus vil, c'est un grand et admirable courage éditorial au service de la vérité, Rue89 sur ce coup se fera peut-être quelques ennemis encore bien placés pour quelques temps, mais Rue89 s'est fait aussi beaucoup d'amis sur qui on peut compter parce que ce ne seront pas des amitiés de circonstances ou d'intérêts mais des amitiés de principe, de celles qui durent et ne tournent pas leur veste si facilement, l'amitié de ceux qui aiment la vérité et la justice par dessus tout. Il est sain que personne ne puisse plus croire à l'impunité et très noble d'oeuvrer dans ce sens.

Portrait de Abder

à amilcar Portrait de amilcar De Abder

En retraite forcée | 12H34 | 28/08/2008 | Permalien

Merci ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

Portrait de gyann

à amilcar Portrait de amilcar De gyann

citoyen | 12H47 | 28/08/2008 | Permalien

amilcar
Je persiste : au Rwanda pendant 20 ans la France a fait tout ce qu'elle a pu pour aider le pays, réconcilier les communautés, améliorer la démocratie et préserver la paix. Il s'agit là de faits irréfutables (développés dans mes autres posts). Mon analyse est basée sur des réalités concrètes, et non sur des généralités idéologiques et indigestes comme celles auxquelles vous vous referrez.

Portrait de Blaise11

à gyann Portrait de gyann De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 13H42 | 28/08/2008 | Permalien

Et l'idéologie de la France qui ne fait que le bien partout où elle passe : indigeste, irrecevable ou vision bigote ?

Portrait de gyann

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De gyann

citoyen | 14H30 | 28/08/2008 | Permalien

Mon cher Blaise,
Peut-être vous souvenez-vous que, 19 ans avant le Rwanda, un autre terrible génocide avait lieu au Cambodge. La France, ce coup ci, est réellement impliquée dans la catastrophe. C'est en effet dans les universités françaises que Pol Pot et tous les idéologues du futur génocide ont été formés, en particulier à l'idéologie marxiste au nom de laquelle les Kmhers Rouges ont massacré le tiers de la population du Cambodge… Les médias franchouillards en parlent rarement et encore moins l'association SURVIE, je me demande bien pourquoi…

L'idéologie de la France universellement bonne est aussi stupide celle de SURVIE qui veut faire croire que les français seraient responsables de tous les malheurs de l'Afrique.

Portrait de hullo

De hullo

consultant | 10H11 | 28/08/2008 | Permalien

Il suffit de lire le titre ce cet article pour saisir tout le parti pris et toute la dimension de l'entreprise de désinformation.

La France n'a pas « mené une guerre » au Rwanda. Elle a accompagné un gouvernemnt légal qui subissait une guerre menée par le FPR depuis l'Ouganda.

Celui qui « menait » la danse était le FPR ! et lui seul !

- Lui seul a attaqué en 90 ;
- Lui seul a attaqué de nouveau en jenvier 91 en violation d'un premier cessez le feu ;
- Lui seul a attaqué de nouveau à l'été 92 en violation d'un second cessez le feu ;
- Lui seul a attaqué de nouveau en février 93 en violation d'un troisième cessez le feu ;
- Lui seul a attaqué de nouveau en avril 94 en violation des accords d'Arusha.

et lui seul entre deux attaques frontales a mené une campagne de terrorisme au moyen de mines anti chars et autres explosifs pour déstabiliser le pays, provoquer des troubles interethniques et justifier ses offensives militaires.

Alors cesseaz der dire que quelqu'un d'autre que le FPR a mené quoi que ce soit dans cette affaire !

Portrait de David Servenay

à hullo Portrait de hullo De David Servenay

Rue89 | 11H13 | 28/08/2008 | Permalien

Et tout cela, hullo, justifiait de planifier, préparer et exécuter un génocide en bonne et due forme ?

Portrait de Blaise11

à David Servenay Portrait de David Servenay De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 11H34 | 28/08/2008 | Permalien

David,

c'est des noirs.
On s'en fout…

Mais nous, oui, notre beau Moi+Moi ? clean, affables, généreux, bons négociants, va-t'en-paix, consciencieux, fins diplomates et j'en passe…

Portrait de hullo

à David Servenay Portrait de David Servenay De hullo

consultant | 11H40 | 28/08/2008 | Permalien

Qui vous a dit que cela justifiait quoi que ce soit !

De même que le génocide ne justifie en rien la désinformation et les mensonges - au moins par omission - que vous conduisez avec une détermination qui apparemment étonne vos lecteurs !

Portrait de gyann

à David Servenay Portrait de David Servenay De gyann

citoyen | 09H58 | 29/08/2008 | Permalien

David,
Vous avez raison, rien, absolument rien ne peut jusfier le génocide des tutsis. Les premiers coupables sont ceux qui tenaient les machettes. A ce propos je me permets de recommander à tous la lecture des actes du procés qui a jugé 4 rwandais et rwandaises à Bruxelle en 2001. C'est long, mais terriblement instructif.
http://www.assisesrwanda2001.be/010000.html

Pour autant, David, je continue à vous rappeller que sous le régime Habyarimana, avant 1990, les pogroms contre les tutsis avaient complétement cessé. C'est la guerre civile déclenchée par Kagamé qui a fragilisé le gouvernement Habyarimana et poussé les extrémistes hutus vers le pouvoir. Quand les terribles guerilleros de Kagamé sont arrivés en avril 1994 aux portes de Kigali accompagnés de rumeurs de massacres de hutus, les extrémistes ont imposé leur solution insensée : éliminer la totalité des tutsis (les français étaient partis depuis plusieurs mois)… En aucun cas le rappel de ces faits n'est une excuse ou une justification de ceux qui ont organisé le génocide (ils ont déjà été largement jugés et condamnés). Seulement tout le monde doit prendre conscience que sans la guerre civile déclanchée par Kagamé pour ses ambitions personnelles, il n'y aurait pas eu de génocide. D'ailleurs lorsque Kagamé a fait exploser l'avion du président, il savait parfaitement que son acte déclencherait le génocide contre les tutsis de l'interieur. Mais il s'en fichait, sa soif de pouvoir valait bien 2 millions de morts…

Kagamé est un trés grand criminel qui continue à faire des victimes au Rwanda et au Congo, David. Vous feriez bien mieux votre travail de journaliste en dénonçant ce trite individu plutôt que de vous en prendre à la France qui a fait tout ce qu'elle a pu pour aider ce malheureux pays.

Portrait de Mandrin

à David Servenay Portrait de David Servenay De Mandrin

07H26 | 29/08/2008 | Permalien

Cette dialectique est surprenante…

Comment appelez-vous les morts que la clique à Kagamé a faits au Rwanda et dans l'Est du Congo : des millions selon la plupart des rapports.

Des dommages collatéraux ?

Des victimes de guerre ?

A partir de combien de millions de morts on passe de « victimes de guerre » à « génocide » ?

Ou la la : j'ai prononcé l'imprononçable. Je sens les injures arriver (révisionniste, négationniste…On connait…

C'est surprenant que cette dialectique : un autre contributeur à qui un débatteur conseillait de lire le rapport de la justice espagnole a rétorqué « mais en quoi cela exonère la France de ses responsabilités ? ».

Ben voyons puisque par postulat la France est responsable de tout… quelque rapport de quelque puissance (négationniste et révisionniste aussi la justice espagnole ? ) ou organisme on puisse vous mettre vous les yeux…

Ne croyez-vous pas que vous vous enferrez dans un cul de sac et qu'a trop vopuloir prouver en niant certaines évidences, en particulier la stratégie de Kagamé et les résultats évidents de cette stratégie vous avez un grande responsabilité dans ce qu'il faut appeler de la désinformation ?

Mais a-t-on jamais vu un journaliste dire qu'il s'est trompé et qu'il a enfumé ses lecteur volens nolens ?

Portrait de Gabriel Périès

à Mandrin Portrait de Mandrin De Gabriel Périès

Politologue | 18H04 | 29/08/2008 | Permalien

Cher Mandrin,
le problème qui est posé et celui du génocide des tutsi du Rwanda. Que le général kagamé ait fait une guerre, voire même que le FPR soit le responsable de crimes de guerre. Bien, nous attendons les preuves, les circulaires, les archives du FPR qui ne sont pas encore accessibles. mais alors on verra, on étudiera, on fera toutes les vérifications, avec méthode.
Pour l'instent ce qui est devant le TPIR c'est le génocide des tutsi. Je pense que vous êtes au moins d'accord sur ce point.
Un autre élément de réflexion, qui renvoie au fait génocidaire lui même et sa qualification par la justice depuis Nuremberg. Vous avez remarqué qu'il n'y a pas un génocide qui n'ait pas eu sa structure militaire : les Jeunes Turcs en 1915, l'Operation Babarossa, le Cambodge dans le cadre d'une militarisation totale des intervenants dans l'espace politique cambodgien : Pol Pot, les US, les Vietnamiens…, toute la région était militarisée. Tous les acteurs étaient militarisés. Tout comme au Rwanda, tout comme en Bosnie. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ce facteur est si important dans le cadre de la détermination d'un génocide ? C'est une vraie question. Pas pour polémiquer.
Cordialement
Gabriel Périès

Portrait de gyann

à Gabriel Périès Portrait de Gabriel Périès De gyann

citoyen | 18H56 | 29/08/2008 | Permalien

Gabriel,
Vous écrivez : « Tous les acteurs étaient militarisés. Tout comme au Rwanda, tout comme en Bosnie. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ce facteur est si important dans le cadre de la détermination d'un génocide ? »

C'est vous le spécialiste. On attend vos explications. Juste une remarque préalable et fondamentale : la région était militarisée à cause de la guerre civile qui ensanglantait le pays depuis octobre 90. Si, selon vous, cette militarisation est la principale cause du génocide, alors Kagamé en est le premier responsable puisque c'est lui qui a déclenché la guerre…

D'ailleurs je vous trouve scandaleusement timoré sur le cas Kagamé. On va attendre l'ouverture des archives du FPR et patati et patata ! ! Pendant ce temps là ce criminel contre l'humanité vit en toute impunité dans son palais de Kigali en terrorisant les populations rwandaises et congolaises ! ! Est-ce que vous vous moquez de nous, Mr Peries de SURVIE (le masque est jeté ! ) ? Est-ce que vous avez attendu une quelconque mise en cause du TPIR pour harceler mensongèrement la France ? Pourquoi laissez-vous ce criminel en paix ?

Non Mr Peries, le problème que les honnêtes gens se posent est celui des responsabilités de la mort par violence de 2 millions de gens au Rwanda entre 90 et 94, puis celle de 3 millions au nord Congo aprés 97. Votre tentative de ne retenir que le génocide des tutsis en vous abritant derrière le TPIR est une insulte à toutes les victimes, quelque soit leurs communautés.

Portrait de Gabriel Périès

à gyann Portrait de gyann De Gabriel Périès

Politologue | 21H25 | 29/08/2008 | Permalien

Cher Gyann,
je ne me cache pas et je le répète : je ne suis pas à Survie. Et je vous rappelle que la France a signé tous les accords internationaux relatifs à l'établissement de la Justice pénale internationale. Vous devriez lire la jurisprudence du TPIR. Vous ne croyez pas au droit ? Moi si. Et je ne parle que du génocide des Tutsi et du silence des autorités françaises sur la question. Vous savez, il n'y a qu'une trentaine de personnes au sein de l'Etat français qui prennent des décisions concernant la vie de millions d'Africains sans qu'il y ait le moindre contrôle d'une quelconque instance démocratique. Vous n'êtes pas démocrate ? Moi si. C'est cela qui me gêne le plus en tant que citoyen. Vous dites que nous harcelons la France, mais je suis français et j'estime que je suis en droit et j'ai le devoir de demander qu'il y ai une vraie commision d'enquête publique (et non pas une simple mission sans aucun pouvoir réel de convocation) sur la participation de certains secteurs de l'Etat français dans l'ensemble des décisions qui ont amené des forces armées à avoir le comportement qu'elles ont eu sur le terrain. Car il y a eu un génocide, le dernier du XXème siecle. C'est comme ça depuis Nuremberg, car les accords signés par la suite par la France sur le plan international impliquent aussi la prévention des génocides. Cela est-il déshonorant ? Les Etats-Unis, dont je ne suis pas un fanatique, sont capable de faire des enquêtes sénatoriales relatives aux comportements douteux de certains de leurs soldats sur le terrain. Je n'y suis pas opposé. Vous si ? Tant que le droit de la défense est respecté. Vous demandez justice pour les victimes de la guerre au Rwanda et au Congo, moi aussi. Mettez votre énérgie à établir les faits, sortez les archives, apportez de l'information vérifiable et mettez-la sur la table. C'est long. Mais le crime de génocide, crime contre l'humanité et imprescriptible, est une forme spécifique de criminalité qu'il faut combattre et sanctionner. C'est la loi. Et il y a bien eu crime de génocide contre les tutsi au Rwanda en 1994. C'est simple. Maintenant il faut dégager les faits et les circonstances de ce génocide. Et cela est compliqué, difficile. Un exemple : lorsque Villepin est allé en 2004 (je crois) en Amérique latine, en revenant du Chli , il a fait des déclaration comme quoi jamais des militaires français n'avaient collaboré avec l'armée Argentine dans les années 70. Or il y avait une mission militaire française au sein de l'Etat major des forces armées argentine depuis 1956-1957 jusqu'en 1983 et qui enseignait la même chose qu'aux FAR. Aujourd'hui il y a des condamnations par la justice argentine d'officiers supérieurs pour crime de génocide. Mais il a fallu près de trente années pour que cela arrive, après de longues enquêtes. Comme au Rwanda aujourd'hui des témoins, des survivants disparaissent, ou sont assassinés. Encore une fois, le problème c'est le crime et sa sanction mais aussi ceux qui ne veulent pas que passe la justice. Pourquoi ?
Cordialement
GP

Portrait de gyann

à Gabriel Périès Portrait de Gabriel Périès De gyann

citoyen | 10H48 | 30/08/2008 | Permalien

Mr Peries
Bien sûr que je crois au droit. Mais nous ne sommes pas ici dans le cabinet d'un juge d'instruction. Nous sommes sur un média grand public généraliste et les règles n'y sont pas les mêmes. Vous ne pouvez pas nous imposer les restrictions qui vous conviennent en invoquant le TPIR. Sur un forum populaire, chacun exprime son opinion, la seule contrainte étant le respect de l'autre. C'est cela l'internet moderne Mr Peries, et vous êtes bien obligé de l'accepter.

Le génocide des tutsis est un terrible évènement qu'il est impossible de comprendre sans le replacer dans son contexte. Refuser de regarder les périodes qui l'ont précédées et celles qui l'ont suivies (révolution de 59, coup d'état de 73, régime Habyarimana, guerre civile du FPR, génocide, régime Kagamé, guerres du nord-Congo) c'est se mettre la tête dans un sac. A moins que ça ne soit une volonté délibérée d'éviter la mise en cause de certaines personnalités.

Vous n'hésitez pas vous-même à sortir des cadres du droit et du génocide quand cela vous convient. La France n'a jamais été inculpée par le TPIR, pourtant 95% de vos actions la concernent. Le Vietnam que vous invoquez dans l'article ou l'Argentine dans le précédent post sont vraiment trés loin du Rwanda. Les archives de SURVIE sont remplies de disgressions dillatoires comme celles-là. Bref, votre injonction à rester dans le sujet n'est autre que le fameux « Faites ce que je dis et non ce que je fais ».

Quant aux faits, Mr Peries, je vous en aie proposé un, fondamental, la courbe démographique du Rwanda. Elle prouve indubitablement la responsabilité de la guerre civile de Kagamé dans les immenses malheurs du Rwanda. Vous ne m'en n'avez pas répondu un seul mot. Les ragots mensongers du rapport Mucyo doivent être plus interessants…

lien sur la démographie au Rwanda :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rwanda#D.C3.A9mographie

Portrait de Gabriel Périès

à gyann Portrait de gyann De Gabriel Périès

Politologue | 16H39 | 30/08/2008 | Permalien

Cher gyann,
peut-être que je réagis comme cela parce que je suis aussi juriste. Mais ce n'est pas parce que Rue89 est un journal grand public qu'il ne devrait pas diffuser de l'information et des dossiers d'enquête sérieux, sinon vous liriez « Voici » puis vous vous feriez votre opinion sur le monde. Puis quand même, nous parlons histoire, droit, stratégie et vous évoquez de la démographie. Soit, mais cela démontre simplement qu'une partie de la population du Rwanda a disparu dans la période qui nous intéresse. cela peut être un élément de preuve sur le fait de la destruction d'une population. Ensuite le droit et l'histoire, comme discipline, et qui joue souvent le rôle d'auxiliaire de justice, déterminent les faits. le Droit les qualifie.
Vous parlez de digression dilatoire en ce qui concerne les doctrines militaires appliquées au Vietnam, en Argentine, ou encore au Rwanda. Rien ne m'interdit depuis 25 ans que je travaille sur ce sujet d'en voir les fonctionnements, les différences, les continuités, les hommes qui la transmettent et ceux qui l'appliquent… où que ce soit de part le monde. Je peux alors comparer les méthodes, les origines, tout comme les conséquences stratégiques comme juridiques que cela implique. Est ce que vous êtes juriste pour utiliser l'expression « digression dilatoire » ? Vous restez encore dans l'opinion. Mais il n'y a pas qu'à Survie qu'il y a des archives, il en a à la Fondation Mitterrand, à l'Ecole de guerre de Buenos Aires et de Kigali, au Pentagone, la NSA, aux archives nationales, à Bruxelles. Travaillez un peu par là, avec patience et application. Et encore un fois, ne vous contentez pas d'une courbe démographique pour établir les origines de la logistique et le type d'organisation de la violence ou l'origine du racisme, ou le type d'entrainement qu'ont eu les forces en présence qui non seulement ont déclanché la guerre, mais déterminer les origines des combattants et de leurs uniformes… et de ceux qui rédigent les décision de l'engagement… Là la démographie restera muette, mais n'en gardera pas moins son statut de science. Elle ne détermine qu'un certains nombre de faits. Mais pas tous. Puis, un bon journal qui apporte de la bone information, ou qui ouvre le débat est là aussi pour fair bouger les opinions. Vous ne croyez pas ?
Cordialement,
GP

Portrait de gyann

à Gabriel Périès Portrait de Gabriel Périès De gyann

citoyen | 18H51 | 30/08/2008 | Permalien

Mr Peries
Vous écrivez : « Est ce que vous êtes juriste pour utiliser l'expression “ digression dilatoire ” ? »

Pas besoin d'être juriste pour utiliser les mots de la langue française. Voyez-vous Mr Peries, l'argument d'autorité est le pire de tous quand on parle d'un génocide…
Je vous souhaite une bonne continuation.

Portrait de Gaétan Sebudandi

à gyann Portrait de gyann De Gaétan Sebudandi

Journaliste | 19H57 | 30/08/2008 | Permalien

Citoyen Gyann,

Dans votre réponse à Gabriel Périès, vous vous aventurez sur un terrain très glissant. Vous affirmez notamment : « Si la militarisation est la principale cause du génocide, alors Kagame en est le premier responsable, puisque c'est lui qui a déclenché la guerre. »

Que cela vous plaise ou pas, Kagame n'a pas déclenché la guerre en octobre 1990 au Rwanda. Il était en formation aux USA. Et d'un. Vous avez une curieuse tendance à confondre Kagame et le FPR. Même si l'actuel président du Rwanda figure parmi les membres fondateurs du mouvement des réfugiés rwandais en Ouganda, ce n'est pas lui qui en était le dirigeant à l'époque. C'était Fred Rwigema. Et de deux. Il faut rendre à César ce qui est à César.

Vous oubliez encore un simple détail, sans doute. Avant l'attaque du FPR en octobre 1990, le Rwanda disposait d'une armée et d'une gendarmerie dont les effectifs étaient estimés à environ 5.000 hommes. La militarisation était donc déjà entamée dans le pays. On n'a pas attendu Kagame pour y voir les premiers soldats.

Enfin, et c'est la remarque la plus importante. A quel moment estimez-vous qu'un conflit est déclenché ? Faut-il attendre le premier coup de canon tiré pour s'apercevoir qu'on est engagé dans un conflit armé ? Que dites-vous de celui qui laisse s'accumuler les prémices d'une déflagration inéluctable sans s'inquiéter de continuer à danser sur une poudrière ?
A suivre votre raisonnement, il faudrait en conclure que la responsabilité des destructions de la seconde guerre mondiale incombe à la France et à l'Angleterre, qui ont déclaré la guerre à l'Allemagne nazie. Celle-ci ne s'était occupé militairement que de la Pologne.

Désolé de vous le faire remarquer, mais un conflit armé ne commence jamais le jour des premiers coups échangés entre belligérants.

Portrait de gyann

à Gaétan Sebudandi Portrait de Gaétan Sebudandi De gyann

citoyen | 13H29 | 01/09/2008 | Permalien

Gaétan,

Je vous ai déjà répondu sur la culpabilité de Kagamé dans la guerre civile qui est à l'origine de tous les malheurs du Rwanda dans la décennie 90. Même si Kagamé n'était pas dans la toute première invasion du FPR le 1er octobre 90, c'est bien lui qui avait fondé le FPR et définit ses objectifs avec son vieil ami Rwigema. C'est Rwigema qui commandait l'invasion sur le terrain, mais dés le 2 octobre il a été tué et Kagamé l'a remplacé quelques jours plus tard. Ensuite c'est Kagamé seul qui a dirigé la guerilla sanguinaire du FPR avec comme unique objectif de conquérir le pouvoir au Rwanda pour lui même. Il y a réussi en 4 ans et 2 millions de morts.

En ce qui concerne précisemment le génocide des tutsis, Kagamé en porte aussi une part de culpabilité écrasante (qui s'ajoute à celle des extrémistes hutus). D'abord c'est incontestablement la guerre civile déclenchée en octobre 90 par le FPR qui a fait renaitre la terreur et les massacres inter-communautaires qu'on avait plus vus dans le pays depuis 17 ans. Ensuite quand il a assassiné en avril 94 le président légitime du Rwanda, Kagamé était parfaitement informé que la mort d'Habyarimana déclancherait immédiatement le génocide des tutsis de l'interieur, mais il s'en fichait, ou pire il y avait intérêt… Comme le précise le repenti du FPR Addul Ruzibiza : « Aucun Tutsi né au Rwanda ne pouvait susciter la confiance du FPR. S'il était tué et que nous pouvions imputer sa mort au régime, c'était autant pour nous. ». De fait, cette remarque de Ruzibiza continue d'être confirmée tous les jours : les 800 000 victimes du génocide sont systématiquement invoquées pour justifier la sanglante dictature de Kagamé.

Le début du conflit qui a fait 2 millions de morts au Rwanda se situe sans aucun doute le 1er octobre 1990 avec l'invasion du pays par les troupes du FPR venues d'Ouganda. Avant, le pays vivait en paix, et même s'il y avait de nombreuses difficultés à résoudre, rien ne justifiait une guerre. Le difficile problème des réfugiés peut permettre de comprendre (en partie), mais en aucun cas il ne peut justifier la guerre. D'abord le soi-disant « retour au pays » des réfugiès s'est transformé dés l'arrivée de Kagamé en conquête générale du Rwanda. De plus massacrer ou faire massacrer 2 millions de gens pour permettre à quelques centaines de milliers de réfugiés de revenir est totalement insensé et criminel. Quant à votre critique de la gendarmerie rwandaise, c'est encore une argutie dilatoire : tout pays souverain a des moyens pour assurer l'ordre et la défense. De plus, avant octobre 90, la petite force rwandaise n'était coupable d'aucune exaction. C'est la guerilla de Kagamé qui libéré les haines ancestrales…

Gaétan, Paul Kagamé est un des pires criminels contre l'humanité de notre temps. Vous le défendez vainement, il sera rattrapé par ses victimes. Nous ne parlons ici que du Rwanda, mais Kagamé a aussi prés de 3 millions de morts sur la conscience au nord-Congo. Un jour il paiera. Rappellez vous de Charles Taylor. Cessez de vous rendre complice d'un assassin.

Portrait de Kadrik

à gyann Portrait de gyann De Kadrik

Consultant | 15H31 | 01/09/2008 | Permalien

Addul Ruzibiza est un faux. Ni sa position à l'intérieur du FPR à l'époque (simple sous-officier), ni ses nombreuses divergences de témoignage ne permettent de croire qu'il soit un témoin crédible.

Ensuite, prétendre que sans l'attaque de 90 il n'y aurait pas eu de génocide, est un argument fallacieux. On pourrait en effet tout autant dire que sans colonisation il n'y aurait jamais eu de génocide…

On retrouve dans vos arguments les deux tenants du révisionnisme rwandais : 1) la thèse du double-génocide (alors que Kagame ou le FPR n'ont jamais eu l'intention d'exterminer tous les hutus), 2) Les tutsis sont responsables de leur propre malheur.

Portrait de gyann

à Kadrik Portrait de Kadrik De gyann

citoyen | 22H09 | 01/09/2008 | Permalien

Kadrik
La justice utilise largement les témoignages de Ruzibiza. Je la crois beaucoup plus fiable que vous au sujet de la crédibilité de ses témoins.

Je pense en effet que sans la guerre civile, le Rwanda avait une grande chance de continuer à vivre en paix comme il le faisait avant 1990 depuis 17 ans. Votre argument sur la colonisation est nul et dilatoire. On reconnait la mauvaise foi innée de la secte SURVIE.

Je n'ai jamais dit (ni pensé) que les tutsis étaient responsables de leurs propres malheurs. J'ai dit que Kagamé était le premier coupable des malheurs de TOUS les rwandais de 90 à 94. Le racisme ethnique n'est pas mon affaire. Pour moi que Kagamé soit tutsi ou hutu n'a aucune importance, il est un criminel contre l'humanité, point final. Cela n'exonère en rien les autres criminels du Rwanda, mais Kagamé a déclenchée la guerre, il est de très loin celui qui a le plus de victimes sur la conscience (regardez la courbe démographique du Rwanda).
Je n'ai jamais dit (ni pensé) que le FPR voulait éliminer tous les hutus. J'ai dit que Kagamé voulait le pouvoir à tout prix, quelque soit le nombre et la communauté des cadavres sur lesquels il devait passer.

Merci de cesser vos insultes imbéciles du style révisioniste ou négationiste.

Portrait de Abder

De Abder

En retraite forcée | 11H25 | 28/08/2008 | Permalien

TARPON : « Ce que je fais sur rue89 ? je me passionne pour vos specialites ,ceux qui attirent les lecteurs ,les sujets sur les imprimantes (un tabac) ,l'orgasme (le pied) ,c'est d'ailleurs peut etre là qu'il faut chercher votre voie. »

Personnellement ce n'est pas ces articles qui m'attirent ! Sur RUE89, on a cette possibilité de dire, contrairement à d'autres sites où la censure fait ravage.
Cette article parle beaucoup plus de la doctrine de la guerre révolutionnaire inventée par l'armée française. Et puis la France et l'ONU n'avait rien fait contre ce génocide : qui ne répond pas, consent. Peu de mots suffisent pour celui qui veut comprendre, donc la France y est pour quelque chose.

« Le journaliste Patrick de St Exupéry rapportera dans Le Figaro du 12 janvier 1998 un commentaire du président Mitterrand relatif au génocide : “ dans ces pays-là, un génocide n'est pas trop important ”. Le soutien largement documenté du gouvernement français au gouvernement rwandais, y compris durant le génocide, semble provenir de la perception d'un complot anglo-saxon visant à détruire la francophonie, comme le démontre une lettre du général Quesnot à Mitterrand » (source : Wikipédia)

Portrait de hullo

à Abder Portrait de Abder De hullo

consultant | 15H44 | 28/08/2008 | Permalien

Depuis que j'ai lu la phrase citée par St Exupéry, j'ai vainement cherché à savoir qui avait entendu Mitterrand dire que « dans ces pays là, un génocide n'est pas très important ».

Qui a entendu cette phrase et qui l'a rapportée au romancier ?

Si quelququ'un peut me renseigner …merci d'avance !

Mais j'ai bien peur que ce vieillard rusé ne se soit jamais allè à une telle sottise !

Portrait de Abder

à hullo Portrait de hullo De Abder

En retraite forcée | 17H01 | 28/08/2008 | Permalien

Et cette phrase, ce n'est pas St Exupéry qui l'avait dite ?
à la fin du second septennat ( » Je le dis solennellement : la France doit maintenir sa route et refuser de réduire ses ambitions africaines.
La France ne serait plus tout à fait elle-même si elle renonçait à être présente en Afrique « 
Discours de François Mitterrand à l'ouverture de la conférence France-Afrique de Biarritz, 8/11/1994.

Portrait de sylvainD

De sylvainD

marié | 11H28 | 28/08/2008 | Permalien

Tristes, tristes tous ces commentaires ahuris et révisionnistes… Entre ceux qui continuent à érrire RUANDA, comme au bon vieux temps des colonies, et ceux qui ne comprennent pas que Rue89 publient des articles sur ce sujet (800 000 morts africains c'est peu de choses après tout, non ? ), que reste-t-il à espérer ? … C'est vrai pourquoi Rue89 ne se comporte pas comme le reste de la presse française en gardant le silence. Le Tibet ou la Georgie sont tellement plus importants, vu que les méchants ne sont assurément pas français.
Messieurs les ahuris et révisionnistes, ne lisez pas la Presse étrangère, vous allez croire à un complot international contre la France, et vous verrez que les commentaires volent un peu plus haut que vos commentaires de comptoir.
SylvainD (reactions.unblog.fr)

Portrait de Bateleur

De Bateleur

Chef de projet informatique | 13H39 | 28/08/2008 | Permalien

Bonjour,

J'ai apprécié l'article sur ce sujet bien épineux, mais c'est cette même stratégie de « Guerre révolutionnaire » qui à fait la domination du Hezbollah au Liban et du Hamas dans la bande de Gaza, ce qui démontre que cette stratégie fonctionne toujours, et peut être même de mieux en mieux.

Quand le « social » devient une arme de guerre…

Cordialement à tous.

Portrait de Gabriel Périès

à Bateleur Portrait de Bateleur De Gabriel Périès

Politologue | 20H03 | 29/08/2008 | Permalien

Cher Bateleur,
Je ne pense pas que le hezbollah soit marxiste-léniniste. Mais vous avez raison sur un point au moins, c'est que nous sommes dans le cadre de ce qui s'appelle un conflit « asymétrique » où le faible supposé riposte de façon imprévue face à une armée qui se représente l'ennemi comme il y a vingt ou trente ans, avec des reservistes bedonnants et qui fonctionnent avec des frappes aériennes massives. Comme ce fut le cas au Sud Liban. Ils n'avaient pas prévu que le Hez avait des drônes par exemple, un système de communication sofistiqué, des déplacements rapides. L'utilisation d'armes à sous-munitions a ruiné psychologiquement, sur le terrain de la propagande l'Armée israelienne. Bref, tout c'est mal passé. mais le Hezbollah n'utilise pas les mêmes moyens que le Viet-minh ou une armée de guerilla « pure ». Elle assure sa base sur un territoire qu'elle contrôle totalement. cetains spécialistes parlent en l'occurrence de « quasi-Etat » : possèdant des infrastructures sociales et politique depassant le cadre d'une mobilisation faite pour la guerre. Il s'agit là, et vous mettez le doigt sur quelque chose d'intéressant sur le plan de l'organisation politique, militaire, social, économique, religieuse qui est plus intégré qu'un parti politique, qu'une armée et qui est presque un Etat, mais sans l'être. Ce serait sans doute à développer.
Bien à vous,
Gabriel Périès

Portrait de Jacques BOLO

De Jacques BOLO

Auteur-Editeur-Libraire | 13H52 | 28/08/2008 | Permalien

En fait de « guerre révolutionnaire », il s'agit plutôt de « guerre CONTRE révolutionnaire ».
Que des opposants développent des contre pouvoirs, c'est normal en démocratie. Que l'armée tente de les en empêcher par la politique de la canonnière, de la terre brûlée, la torture et la terreur, l'assassinat de dirigeants, et pour finir le génocide, c'est simplement une dictature, coloniale ou raciste.
On sait que cette « guerre CONTRE révolutionnaire » est la technique enseignée par l'armée française dans de nombreux pays. Il ne faut d'ailleurs pas s'étonner (France ou pas) que l'armée ne soit pas particulièrement indiquée pour former à la démocratie. Il fallait plutôt envoyer des éducateurs, des juristes, des journalistes pour former les Rwandais.
Il faut arrêter les sottises. Tout ces débats ci-dessus sont simplement inutiles, car ils manquent le fond du problème.

http://www.exergue.com/

Portrait de Gabriel Périès

à Jacques BOLO Portrait de Jacques BOLO De Gabriel Périès

Politologue | 19H09 | 29/08/2008 | Permalien

Cher Jacques Bolo,
la doctrine était d'abord attribuée à Mao Tsé Tung comme on l'écrivait à l'époque. Pour établir la distance, le col Lacheroy a mis des guillemets pour signifier qu'il s'appropriait la doctrine de l'ennemi. C'est vrai, vous avez raison, sur cette base il y a eu en effet la doctrine de la guerre contre-révolutionnaire. En général proposée par les officiers nationaux-catholiques comme le col Chateau-Jobert. Puis il y a eu la guerre subversive et anti-subversive, dont les tenants tentaient de se séparer de Lacheroy, puis ceux qui préconisaient la « lutte anti-subversive », tendance laïque et professionnelle qui refusait de faire de la politique tout en faisant ce type de guerre, dans un cadre de très basse intensité. Enfin la dernière en date et celle qui se détermine comme contre-insurrectionnelle, qui a passé le flambeau aux US. Les mémoires du Gal Aussaresses sont très intéressantes sur ce point. Mais en règle général les doctrines militaires fonctionnent en « mille -feuilles », des couches successives qui prennent en compte les expériences antérieures et qui font différentes chapelles dans le cadre de la doctrine générale. Le problème que pose militairement le Rwanda est qu'une doctrine de guerre froide a été appliquée en dehors de la guerre froide et après que son application de part le monde ait été suivie de défaites militaires puis par la condamnation de ses principaux responsables, traduits devant des tribunaux pénaux nationaux ou internationaux. Après la guerre d'Algérie, il a fallu deux lois d'amnistie pour éviter les poursuites pénales. Quant au « pré-carré »… Il serait temps de changer de doctrine.
Cordialement,
Gabriel Périès

Portrait de Karine Lavestal

De Karine Lavestal

etudiante à aix en provence | 18H38 | 28/08/2008 | Permalien

L'idée de guerre révolutionnaire, me paraît trop « parachutée » si j'ose dire, pour être juste et suffisante concernant le Rwanda.
Ce pays n'a pas attendu la France pour se structurer, avec des processus de mobilisations guerriers qui datent déjà d'avant le colonialisme si l'on en croît le grand historien du Rwanda qu'est Jan Vansina. Et les mêmes méthodes de pouvoir, qui prévalaient sous le mwami ont été reprises après l'indépendance.
De même l'umuganda obligatoire sous Hayarimana au nom du développement était sans doute plus pratique pour mobiliser les masses que les formations à la va vite dispensées par l'armée française en trois ans…
Sans compter que nous sommes loin d'avoir une vue générale fiable sur le déroulement des massacres.Entre dirigeants politiques, militaires, miliciens, bourgmestres et autres administratifs, déplacés, voyoux, voisins jaloux et autres prédateurs, selon les endroits les pousse-au-crime n'étaient pas les mêmes et ça ne venait pas toujours d'en haut.
Sans doute ces dimensions se recoupent-t-elles avec la formation framçaise mais nous ne sommes pas à la bataille d'Alger en 1957.
Jusqu'à présent il me semble que celui qui a travaillé le plus sur les motivations des tueurs est le chercheur américain Scott Strauss : 230 entretiens avec des tueurs sur un an : c'est plus conséquent que les entretiens stylisés de Hatzfeld. Et il en ressort que la montée de la guerre et le meurtre du président ont été déterminants (publié dans : The age of genocide).
Certes des officiers rwandais importants ont goûté aux théories de Lacheroy. Mais leur « efficacité » dans le génocide et les massacres n'est pas exclusive et d'autres officiers non moins importants, qui ont eu la même formation, comme Rusatira, ont lancé des appels contre la guerre et les massacres, et pour les négociations afin d'arréter les tueries. De même, ailleurs, d'autres militaires formés aux théories de la guerre révolutionnaire, comme Sankara au Burkina ou Otello de Carvallo au Portugal, ont été des leaders admirables…
Je me trompe peut être, mais systématiser une théorie, n'est-pas prendre la partie pour le tout David Sernenay ? Ce que vous m'avez reproché par ailleurs (et à quoi je réfléchi, ne rejetant pas la critique par principe.
Comme vous le dites vous mêmes au passage, avec votre coauteur, dans votre livre, le FPR n'était pas en reste pour la guerre révolutionnaire. Donc la guerre révolutionnaire n'explique pas grand chose me semble-t-il. Ce n'est qu'une méthode, même si cette cette méthode a une histoire que vous avait le mérite d'avoir cherché à décortiquer. Mais je sais que les « méthodistes » ont de profondes et intimes convictions, donc je ne doute pas que vous êtes sûr d'avoir raison…
Reste que l'aspect le plus « moderne » de cette guerre est la propagande. Et face à cela celui qui a le mieux parcouru la course d'obstacles de l'information concernant le rôle de la France au Rwanda reste, je le répète, le chercheur belge Oliver Lanotte. Trop nuancé sans doute pour intéresser les redresseurs de torts français.

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