En donnant un point de vue rwandais sur le génocide, le rapport de la commission Mucyo (dont Rue89 a publié et commenté des extraits) nous montre que la France a bien mené une guerre secrète entre 1990 et 1994 sur le mode de la stratégie indirecte. Cette guerre s'inspire d'une doctrine bien connue dans les états-majors : la « guerre révolutionnaire ».
Pour comprendre l'histoire militaire du Rwanda, il faut remonter à la période des indépendances. Plus précisément à 1953, en Indochine, où l'armée française découvre la doctrine de la « guerre révolutionnaire » (DGR) grâce à un officier de la coloniale : Charles Lacheroy.
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Sur le front de la guérilla communiste du Viet Minh, Lacheroy comprend qu'une série de « hiérarchies parallèles » parvient à faire basculer la population en faveur des rebelles communistes, contre l'une des meilleures armées du monde. Le Viet Minh, a remarqué Lacheroy, accompagne chaque individu « du berceau jusqu'à la tombe », par trois hiérarchies distinctes :
- Le« Lien Viet », pyramide d'associations de toutes sortes (jeunesses masculines ou féminines, vieux, associations professionnelles…).
- Une autre basée sur le découpage colonial du territoire (village, province, région), qui supplante l'administration locale « vermoulue », comme le dit Lacheroy ; contrôle la circulation des habitants, organise l'hygiène, l'instruction, ainsi que l'autodéfense des populations ; et permet ainsi l'engagement des guérillas sur les arrières du Corps expéditionnaire français.
- Une troisième hiérarchie coiffe et contrôle les deux autres, celle du parti communiste, dont 10% de la population sont membres, et où de jeunes cadres sont acquis à la cause par les méthodes d'une propagande associant « le fanatisme, l'intérêt et la crainte », précise l'officier.
Lorsque la France perd ce conflit, le colonel Lacheroy devient rapidement le maître à penser de l'Ecole de guerre de Paris. Il conseille le ministre de la Défense et se lance dans la création des cinquièmes bureaux d'Action psychologique. A partir de 1956, la France conduit une « guerre révolutionnaire » sur le territoire algérien. Avec le FLN, elle s'estime confrontée à une guérilla politico-militaire, rurale et urbaine, où il faut remporter la bataille « des coeurs et des esprits » en « tenant la population ».
Quel rapport avec le Rwanda, vous dites-vous ? Les parallèles sont si nombreux qu'ils dépassent de loin le statut de coïncidences bénignes. Lorsque le processus de l'indépendance rwandaise commence en 1959, Bruxelles envoie à Kigali deux de ses meilleurs officiers de la Force publique (les troupes coloniales belges du Congo).
Le rôle du lieutenant-colonel Guy Logiest est connu, celui du major Louis Marlière a laissé moins de traces. Chef du Deuxième Bureau (renseignement) de Léopoldville - il portera Mobutu au pouvoir avec l'aide de la CIA après avoir fait torturer et assassiner Patrice Lumumba-, il fait des allers-retours sur Kigali pour bâtir un Etat garnison.
Quel est son modèle ? La « guerre révolutionnaire » qu'il a longuement observée sur le terrain, avec l'armée française : sur les hauts-plateaux du Laos (du 23 février au 18 juin 1954), puis pendant quinze jours en 1959 au Centre d'instruction à la pacification et à la contre-guérilla d'Arzew en Algérie (CIPCG). La lecture de ses deux rapports de missions est édifiante. Dès 1954, il écrit :
« La guérilla, forme de guerre la plus probable et la plus efficace en Afrique, ne se gagne qu'avec l'appui total de la population. »
En 1957, un exercice conjoint associant officiers belges, britanniques, portugais et français se déroule au Katanga, province du Congo. Le programme de Tornade est limpide :
- mettre au point le plan troubles généralisés de la province du Katanga
- étudier le problème de la collaboration entre les autorités civiles et militaires
- appliquer la tactique de la guérilla et de la contre-guérilla en brousse
- exécuter une opération de rétablissement de l'ordre public dans un centre urbain
Logiest et Marlière participent à l'exercice. Deux ans plus tard, ils appliquent le « plan troubles » à la lettre au Ruanda-Urundi. Le pays devient un état à parti unique, dont les opposants sont pourchassés sur la base d'une idéologie raciale non assumée, mais bien réelle car l'ennemi est là, sous les traits du « communiste tutsi ».
Lorsque les Français prennent pied au Rwanda, en 1975, ils fondent leur présence sur un premier triptyque : un accord particulier d'assistance militaire pour « organiser et instruire » la gendarmerie rwandaise, des fournitures d'armes et de bonnes relations (un avion Caravelle et son équipage) avec le général-président Juvénal Habyarimana.
Pourquoi la gendarmerie ? Officiellement, parce que la police a été dissoute la veille du coup d'Etat de juillet 1973. Mais, comme nous l'ont confirmé plusieurs officiers supérieurs rwandais de cette époque, la gendarmerie est l'arme idéale pour mettre en place des réseaux de renseignements efficaces. Elle va être l'interface entre l'armée et la population.
Jusqu'en 1990, ce modèle fonctionne exactement comme celui des « hiérarchies parallèles » décrit par le colonel Lacheroy :
- Le premier axe du pouvoir assure le contrôle vertical et militaire de la population, par le biais de la planification de la Défense interne du territoire (DIT).
En temps de paix, la gendarmerie renseigne en articulation avec la police communale et protège l'ordre public. En temps de crise, elle passe aisément sur le mode militaire, les forces armées dans leur totalité peuvent alors encadrer et mobiliser la population pour faire la guerre.
- Le deuxième axe est horizontal. C'est celui du découpage administratif parfait de ce petit pays (approximativement, la taille de la Bretagne) très peuplé (près de 10 millions d'habitants). En septembre 1974, le décret-loi sur l'organisation communale change la désignation du bourgmestre (nommé par le général-président de la République) et affine la pyramide administrative : préfecture, secteur, commune, cellule.
Une cellule égale 10, 50, parfois 100 familles sur une colline ou dans un quartier. Organisation qui n'est pas sans rappeler le mode de contrôle des populations préconisé par le colonel Trinquier lors de la bataille d'Alger : le Dispositif de protection urbaine (DPU).
- La troisième hiérarchie de contrôle est politique, avec le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND), le parti unique au service de son « président-fondateur ». A sa création, en janvier 1976, on peut lire dans La Relève, organe officiel du régime :
« Chaque colline, chaque quartier de ville, habités par plus de 50 familles, chaque établissement ou entreprise tant public que privé occupant plus de 30 travailleurs et agents constituent des cellules de base du Mouvement. L'oeil du Mouvement est le militant. »
Cette dernière hiérarchie contrôle les deux précédentes, comme l'a écrit Lacheroy. La DGR est d'ailleurs abondamment citée et étudiée par les élèves-officiers de l'Ecole supérieure militaire (ESM) de Kigali. Là aussi, les thèses des élèves et les cours de leurs professeurs, parfois belges, foisonnent de références françaises.
Paris soutient une dictature « pure, dure et cruelle », pour reprendre les termes de Lacheroy. Tout le monde le sait, à commencer par le président François Mitterrand, qui fut ministre de l'Intérieur en 1954, puis ministre de la Justice en 1956 chargé de défendre au Parlement la loi accordant les pleins-pouvoirs à l'armée en Algérie.
Venons-en au débat qui nous occupe aujourd'hui. Tout ce savoir-faire, les soldats français ne l'ont jamais perdu. Malgré l'interdiction d'enseignement de la DGR sur le territoire métropolitain, imposée par De Gaulle après le putsch des généraux (1961), malgré les alternances politiques, les corps d'élite (des troupes de marine, de la légion, et de la gendarmerie,) conservent cet acquis, surtout en Afrique.
Or, lorsqu'ils découvrent le conflit rwandais en 1990, les officiers français engagés au côté du régime Habyarimana font un constat sans appel des forces en présence.
D'un côté, une armée faible (5000 hommes), peu motivée et mal équipée. De l'autre, une rébellion formée dans les maquis, experte en renseignement (Paul Kagamé était alors le chef du renseignement militaire de l'armée ougandaise), disciplinée, motivée et adepte du coup de force audacieux.
A chaque offensive du FPR, le scénario se répète : attaque spectaculaire des rebelles sur un objectif, déroute des Forces armées rwandaises (FAR), constitution d'un front intérieur sur le territoire rwandais, tentative de reprise en main par les troupes françaises, représailles sur les civils en arrière de la ligne de front, et retour aux négociations politiques dans le cadre des conférences d'Arusha.
Mais à chaque fois aussi, les violences contre les populations civiles montent d'un cran, tout comme l'intensité de la propagande raciste. Jusqu'à ce qu'un groupe d'officiers rwandais extrémistes, rassemblés autour du colonel Théoneste Bagosora, prennent les choses en main avec leurs homologues français directement intégrés dans les états-majors et impliqués dans l'entraînement des combattants des FAR.
Compte tenu de la faiblesse chronique des FAR, les tacticiens n'ont pas vraiment le choix et réagissent avec leur savoir-faire et près d'un demi-siècle d'expérience de la « guerre froide-chaude » sur le continent africain.
C'est d'ailleurs ce qui ressort du rapport de mission effectué par le colonel Gilbert Canovas au premier trimestre 1991. Comme l'a parfaitement souligné la mission d'information parlementaire (p.156), l'officier du 1er RPIMa propose la mise en place d'un dispositif complet de « mesures visant notamment à améliorer l'organisation, le renseignement et la formation des forces de l'armée rwandaise ». Voici le passage des « conseils donnés aux FAR » :
Autrement dit, un véritable dispositif défensif de quadrillage du territoire en milieu rural. Le dispositif offensif va être élaboré en trois étapes, principalement sous la houlette des officiers extrémistes proches du colonel Bagosora :
- Dès décembre 1991, le président Habyarimana demande à cet officier de présider une commission chargée de répondre à la question suivante :
‘Que faut-il faire pour vaincre l'ennemi sur le plan militaire, médiatique et politique ? ’
Après plusieurs séances de travail, un document est rédigé puis diffusé à partir de septembre 1992, dans toutes les unités des FAR. Ce document de ‘Définition de l'ennemi ’ détaille la nature de l'adversaire, le ‘ Tutsi de l'intérieur ’ et les ‘ Hutu mécontents du régime en place ’, mais aussi les ‘ sans emploi ’, les ‘ étrangers mariés aux femmes Tutsi ’, les ‘ peuplades nilo-hamitiques de la région ’ et les ‘ criminels en fuite ’. L'ennemi est bien défini sur une base idéologique non seulement politique, mais surtout raciale.
- Au cours du premier trimestre 1993, Théoneste Bagosora écrit sur son agenda un plan complet de ‘ défense collective contre la subversion ’, rebaptisée ‘ autodéfense civile ’. Sur une trentaine de pages, tout y passe : les armes, le rôle de la radio qui n'est politiquement plus sûre, l'encadrement des miliciens par la police communale, le rôle des réservistes. Le 13 février, il note aussi :
‘ Amnistie générale pour tous les crimes de guerre notamment. ’
- Janvier 1994, la confession d'un informateur auprès du service de renseignements de la Minuar (la force de l'ONU) permet de découvrir l'existence de caches d'armes dans Kigali, dans des locaux du MRND, et l'existence de listes permettant ‘ d'éliminer un millier de Tutsis et démocrates hutus à Kigali dans la première heure après le déclenchement des troubles ’. L'ONU sait, mais ne fera rien.
Le plan du conflit est prêt. A Maisons-Laffitte, au siège de la Force d'action rapide, chaque vendredi, le bureau renseignement de l'Etat-major fait un tour d'horizon des points de tension dans le monde.
Dans les semaines qui précèdent le mois d'avril, les alertes se multiplient sur le Rwanda. Toute la chaîne hiérarchique politico-militaire française sait que ce pays est une poudrière, que la guerre y sera beaucoup plus meurtrière, car là-bas, elle se fera avec la masse mobilisée, dans le peuple rwandais et contre lui.
Gabriel Périès, politiste et David Servenay, journaliste, ont co-écrit ‘ Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994) ’, La Découverte, 2007
A lire aussi :
► La matrice intellectuelle de la ‘guerre révolutionnaire’
► A lire aussi : Génocide rwandais : décryptage du rapport qui accable la France





















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à marie.sauvage
De gyann
citoyen | 09H34 | 28/08/2008 |
Drôle d'information, mensongère et manipulatrice. Et je ne vois pas où est la propagande dans les trés réelles inculpations du régime actuel de Kigali par les justices espagnole et française.
De johnGalt
libre penseur | 20H30 | 27/08/2008 |
Je me demande ou Rue89 s'est procure les documents cites (dont celui que nous pouvons telecharger). Je suppose qu'ils ont ete fournis par le gouvernement Rwandais actuel. Ils ont certainement servis au rapport Mucyo. Ce sont donc des documents laisses par le precedent regime Hutu. Je pense que ce sera tres difficile pour la France de les contester. Ils semblent authentiques.
Si les Rwandais ont des preuves de nature similaire documentant l'action des soldats Francais pendant le genocide ce fera encore plus mal.
Je comprends maintenant le silence des autorites Francaises concernant le rapport Mucyo (a part le qualifier d'innacceptable ou quelque chose comme ca). Elles ne peuvent pas le contredire.
à johnGalt
De David Servenay
Rue89 | 22H08 | 27/08/2008 |
Vous vous trompez JohnGalt.
La première source documentaire, pour qui veut travailler sur le sujet, reste aujourd'hui le rapport de la mission d'information parlementaire française de 1998.
Entre le texte du rapport, les annexes et les auditions des témoins interrogés, vous avez déjà là de quoi comprendre ce qui s'est passé au Rwanda. Seulement, ces 1000 pages n'ont pas été lues par beaucoup de monde. Pas plus que le rapport rwandais d'ailleurs, que nous avons jugé utile de lire pour vous dans le précédent article.
Ces documents sont parfaitement authentiques. Ils émanent en général du ministère de la Défense ou des archives de l'Elysée gérées par l'Institut François Mitterrand.
Les documents cités ici (rapports Marlière) proviennent des archives du ministère belge des Affaires étrangères).
Le gros reproche que l'on peut faire à l'actuel régime rwandais, c'est de ne pas laisser d'accès aux archives du FPR et aux archives de l'ancien ministère de la Défense. Contrairement aux clichés habituellement véhiculés sur l'Afrique (rien n'est organisé) le Rwanda était et reste un pays très administré, où la moindre demande de fournitures d'un ministère était faite en cinq exemplaires, avec copie à la présidence…
Bref, les archives existent et il faut les ouvrir pour écrire l'Histoire et reconstruire l'avenir.
à David Servenay
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 08H11 | 28/08/2008 |
« Ils émanent en général du ministère de la Défense ou des archives de l'Elysée gérées par l'Institut François Mitterrand. »
Drôle. L'institut François Mitterrand qui fournit des preuves contre François Mitterrand.
à johnGalt
De gyann
citoyen | 09H28 | 28/08/2008 |
Le courrier de l'ambassade de France du 4/4/91 présent dans l'article de rue89 est la preuve formelle que la France a fait son devoir de paix au Rwanda en aidant le gouvernement légitime à s'opposer une invasion venue de l'extèrieur.
à gyann
De zorbek
10H06 | 30/08/2008 |
Résultat : 800 000 personnes massacrées comme des chiens.
Si c'était ça « le devoir de paix » de la France, on ne s'étonnera pas que les entreprises de pacification de la France provoquent comme un malaise…
à zorbek
De gyann
citoyen | 19H58 | 30/08/2008 |
La France n'est pour rien dans le génocide. Vous dites n'importe quoi Mr zorbek. En plus vous ne savez pas compter : c'est prés de 5 millions de personnes qui ont été massacrés dans la région en moins de 10 ans.
à gyann
De zorbek
08H21 | 31/08/2008 |
C'est peut-être 5 millions de personnes qui ont été massacrées dans la région, mais sur ces 5 millions il y en a 800 000 dans une boucherie épouvantable et qui l'ont été suite aux ingérences françaises, et c'est ça qui compte pour moi apparemment plus que pour vous. Sans le soutien militaire, logistique et financier de la France, le régime en place serait tombé depuis longtemps et les massacres éventuels n'auraient pu atteindre l'échelle d'un génocide, voila en peu de mots les reproches que la communauté internationale est en droit de faire à la France, qui que vous le vouliez ou non, a bel et bien du sang sur les mains, il suffit de regarder la presse non francophone (celle dont les actionnaires principaux ne sont pas des marchands d'arme français) pour s'en rendre compte.
« La France n'est pour rien dans le génocide ».
Ce n'est pas nouveau. On a déja entendu ca à propos de Vichy et de la déportation, et ca montre bien que le négationisme est une spécialité francaise. (Ca me rappelle de Marenches qui déclara suite au debarquement de 44 : « J'ai été très surpris de trouver 40 millions de résistants ». Il parait que Mitterand lui en a beaucoup voulu, on se demande pourquoi)
Il n'y a effectivement qu'en France qu'on trouve le culot à défendre ce genre d'ineptie. Question mauvaise foi, vous voulez faire plus fort que les neo-cons et leurs armes de destruction massive ? Il y a un record à battre ? Entre les campagnes de démocratisation à la Bush et celles de pacification à la Française, mon cœur balance, balance…
à zorbek
De gyann
citoyen | 21H56 | 01/09/2008 |
Zorbeck
Non, vous vous trompez, la France n'a aucune complicité dans le génocide. Mais je ne suis pas ici pour la France. Je suis ici pour dénoncer le criminel contre l'humanité, Kagamé. Il est responsable de prés de 5 millions de victimes et il continue à martyriser les populations du Rwanda et du Congo. Il est infiniment plus important de mettre ce grand criminel hors d'état de nuire que d'instruire stupidement pour ou contre la France.
à gyann
De Kadrik
Consultant | 15H10 | 01/09/2008 |
5 millions dans la région ? Vous devez y inclure les morts en RDC selon des extrapolations des organisations humanitaires. Ce chiffre inclus tous les morts directs et indirects du conflit, y compris ceux qui sont morts de malnutrition, de manque d'accès aux soins ou à l'eau potable. Le terme « massacré » est donc trompeur et mensonger.
Ensuite, permettez-moi de vous informer que je connais personnellement des témoins qui ont vu des soldats français pendant le génocide à Kigali même. En outre, des observateurs internationaux à l'aéroport de Kigali ont vu les avions français censés évacuer les ressortissants tricolores décharger des caisses d'armes et de munition destinés aux Forces armées Rwandaises avant d'embarquer les civils.
Finallement, penchez-vous sur l'histoire des uniformes des nations unies de soldats belges volés quelques jours avant que l'avion du président Habyarimana soit abattu, sur les témoins qui ont vu une voiture blanche avec des blancs à l'intérieur déguisés en casques bleus qui descendaient de la colline de Massaka juste après l'attentat (ce qui a ensuite justifié l'assassinat de 10 casques bleus belges dans les heures suivantes), sur les casques bleus voulant accéder au site du crash et stoppés par les forces spéciales françaises, sur la relation entre Boutros-Gali et Mitterand qui filtraient la communication au Conseil de Sécurité des Nations Unies par l'intermédiaire de Jacques-Roger Booh-Booh, ainsi que sur l'histoire de la fausse boîte noire présentée par Barill au JT de France 2. Vous risquez de réviser votre position.
Je ne suis d'accord avec vous que sur deux points :
1) Kagame est un criminel de guerre et il mériterait de finir ses jours en prison, non pas pour ses actions au Rwanda, mais pour les massacres de civils dans l'est du Zaïre (env. 200'000 morts).
2) Kagame n'est pas plus démocrate qu'Habyarimana et il abuse de son pouvoir.
à Kadrik
De gyann
citoyen | 22H02 | 01/09/2008 |
Kadrik
Vous avez raison, les 3 millions de morts du Congo incluent tous les dommages colatéraux de la guerre. J'ai eu tort de globaliser en utilisant le terme « massacres », mais ce n'est pas mensonger. Je maintiens que la guerre des rwandais au Congo est responsable de la mort de tous ces pauvres gens.
Heureux que vous reconnaissiez que Kagamé est un criminel de guerre. S'il l'a été au Congo, il l'a aussi été au Rwanda. La guerre civile qu'il a déclenchée est directement responsable de 2 millions de morts. Kagamé porte en outre une écrasante part de culpabilité dans le génocide des tutsis (qui s'ajoute à celle des extrémistes hutus). Lisez ma réponse à Gaétan en p3.
Pour les rumeurs que vous citez, pardonnez moi de simplement hausser les épaules.
à gyann
De Kadrik
Consultant | 07H52 | 02/09/2008 |
Ce chiffre de 2 million me trouble. Qu'y incluez-vous ?
A ma connaissance le nombre de civils morts sous les armes du FPR derrière la ligne de front dans les préféctures de Byumba et Ruhengeri ne dépassent pas les quelques milliers. On peut ajouter les morts du camp de Bisesero et ceux des camps de réfugiés du Kivu. En comptant très large on arrive à 300'000 et cela inclut des milliers de génocidaires.
Cela suffit largement pour que Kagame et le FPR soit inculpé de crime de guerre et de crime contre l'humanité. Mais on parle ici du crime des crimes, du génocide rwandais auquel la cellule Afrique de l'Elysée et les forces spéciales françaises ont activement participé.
Sinon, tout ce que j'affirme ne sont pas des rumeurs, je connais personnellement des occidentaux qui étaient au Rwanda et qui ont été témoin de tout ce que j'affirme. D'ailleurs la CIA a affirmé début juin 1994 que c'est la DGSE qui a abattu l'avion. La CIA n'est jamais revenu sur cette affirmation. Les services de renseignements belges sont arrivés à la même conclusion.
Lisez les écrits de Gourevitch, de Dallaire, de Alison Des Forges et les procès verbaux du TPIR, ce sera un bon début.
à Kadrik
De gyann
citoyen | 11H15 | 02/09/2008 |
Oui Kadrik, ce chiffre de prés de 2 millions de morts entre 90 et 94 me trouble et m'effraie terriblement moi aussi. L'humanité se doit de pourchasser et de mettre hors d'état de nuire le principal coupable des immenses malheurs qui se sont abattus sur le Rwanda. Ce chiffre n'est pas contestable. Il provient tout simplement de la courbe démographique du Rwanda publiée par la FAO. Vous pouvez l'étudier sur le lien ci dessous :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rwanda#D.C3.A9mographie
On y voit trés bien qu'avant 1990, le Rwanda vivait en paix avec une population qui croissait régulièrement. A partir de la guerre civile déclenchée en 90 par le FPR, c'est l'hécatombe de plus de 1,9 millions de gens jusqu'à la prise de pouvoir par le criminel contre l'humanité Paul Kagamé.
En ce qui concerne la France, je n'aie pas de temps pour rentrer dans vos fausses rumeurs invraisemblables. SURVIE est une secte obsédée par ses délires schizoïdes et insensés. Pendant ce temps le fauve Kagamé reste bien à l'abri caché par des millions de cadavres. Vous vous trompez de combat. Paul Kagamé est un des pires criminels contre l'humanité de notre temps. Un jour il paiera. Rappellez vous de Charles Taylor et de Pol Pot. Cessez de vous rendre complice de cet assassin.
à gyann
De Kadrik
Consultant | 11H15 | 02/09/2008 |
C'est tout ce que vous avez ? Un graphique approximatif et introuvable sur le site de la FAO, tiré de Wiki ? C'est plutôt maigre… Permettez-moi de mettre en doute la crédibilité de ce graphique du fait qu'on n'y voit ni les 800'000 morts du génocide entre avril et juin 1994, ni la baisse démographique lié à l'exil des hutus de 1994 à 1998. Et, s'il y aurait effectivement eu une baisse démographique entre 1990 et mai 1994 dans la zone contrôlée par le gouvernement je vois difficilement comment les rebelles du FPR pourraient en être directement responsables.
Mais…
Je viens de comprendre votre esprit manipulateur !
Pour vous « guerre civile » est égal à génocide au Rwanda. Vous ne distinguez pas les différents épisodes de cette tragédie. Vous êtes comme ces négationnistes qui n'osent écrire génocide qu'entre des guillemets parce que vous ne l'avez pas vu, vous ne l'avez pas senti. Et bien moi si ! Et je peux vous dire que vos mots puent autant que les cadavres qui jonchaient les milles collines.
Je ne parle pas de SURVIE, que je ne connais d'ailleurs pas et je ne suis complice de personne si je tente d'établir la vérité.
Je constate simplement le monceau de désinformation dont vous êtes l'auteur et qui pourrit le débat sur le Rwanda en France depuis 1994 à cause de gens comme Stephen Smith dans « Le Monde », Bruguière ou Pierre Péan. Toute la presse étrangère a remis en cause le rôle de la France à divers degrés. Celle qui a été la plus précise dans ce rôle fut Colette Braekman dans « RWANDA Histoire d'un génocide ». Une journaliste qui fut au Rwanda en 1994 et qui sait de quoi elle parle au contraire de vous, sûrement obscédé par votre patriotisme franchouillard maladif.
De TARPON
20H50 | 27/08/2008 |
On est sur Trottoir89 .
à TARPON
De David Servenay
Rue89 | 22H09 | 27/08/2008 |
Et vous y faites quoi Tarpon ?
à David Servenay
De parti
punishment park | 23H19 | 27/08/2008 |
il y chie ses p'tites crottes…
l'article de la rue est fort intéressant, il m'apprend que cette haine n'est pas née en 94, comme certains aimeraient à nous le faire croire…ceux qui découvrent et pérorent à postériori…
merci…
à parti
De TARPON
09H44 | 28/08/2008 |
Lis donc le livre de David : http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index.php ? ean13=9782707149145
à TARPON
De David Servenay
Rue89 | 11H14 | 28/08/2008 |
Vous l'avez lu Tarpon ? Votre avis m'intéresse.
à TARPON
De parti
punishment park | 23H32 | 28/08/2008 |
une injonction de votre part ? perso, pour lire, pas besoin de conseil et de http, je file direct à la librairie sans pique dans le dos…
à David Servenay
De TARPON
09H07 | 28/08/2008 |
On est tres eloigné de la charte de Rue89 .Où sont les fameuses verifications ?
En realité ,votre premier article n'ayant pas été repris par la presse etablie ,vous en avez refait un second avec le meme echec .Vous avez du vous dire qu'un troisieme au moment de la rentree serait peut etre plus efficacemais rien à faire ,ça marche pas.La presse n'en a rien à faire et ils ont raison.
Peut etre vous faites vous tout simplement de la promo pour votre livre sur le Rwanda ?
Ce que je fais sur rue89 ? je me passionne pour vos specialites ,ceux qui attirent les lecteurs ,les sujets sur les imprimantes (un tabac) ,l'orgasme (le pied) ,c'est d'ailleurs peut etre là qu'il faut chercher votre voie.
De Davidlemac
Annaba | 21H42 | 27/08/2008 |
la guerre révolutionnaire menée par l'armée a commencé après la débacle de 1940 suivie de Dien Bien Phu. L'armée, sa tradition depuis Dreyfus du moins, n'est pas sortie de son esprit revanchard.
cf marie noéle Robin « les escadrons de la mort », La Découverte
Et aujourd'hui en afghanistan on continue de travestir l'info, cf le Canard enchainé du jour
Le pouvoir, et le Président de la République à sa tête (malgré ses fanfaronnades), n'a pas eu à ce jour le courage de mettre l'armée au service de la politique et non l'inverse.
De hullo
consultant | 23H01 | 27/08/2008 |
Quatre articles en quatre jours !
Quels réglements de comptes personnels poursuivez-vous dans cette affaire ?
Pourquoi ne dites vous pas que le rapport Mucyo est truffé de faux docuents ?
Et pourquoi n'expliquez vous pas pourquoi Kageme est obligé de mentir pour accuser la France ?
Et pourquoi occultez vous systématiquement tout ce qui innocente la France et en particulièrement l'ordonnance des magistrats espagnols ?
De Corsaire du Peuple et de la Raison
ingénieur | 08H33 | 28/08/2008 |
Dans ce genre d'histoires il y a rarement de fumée sans feu. Ensuite, la france avait-elle des intérêts économiques dans ce pays ?
Néanmoins cela parait suspect, moi qui croyait ce genre de pratique oublié avec Jacques Focard…
à Corsaire du Peuple et de la Raison
De gyann
citoyen | 09H18 | 28/08/2008 |
En effet, il y a rarement de fumée sans feu. Mais dans le cas de l'action de la France au Rwanda, il s'agit d'un contre-feu allumé par le criminel de guerre Kagamé (actuel président du Rwanda) pour camoufler ses propres crimes.
à gyann
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 11H15 | 28/08/2008 |
Ah.
Il y a u mieux.
Donc vous ne niez pas une responsabilité française ?
à Blaise11
De gyann
citoyen | 12H18 | 28/08/2008 |
Si je nie toute responsabilité française.
à gyann
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 13H18 | 28/08/2008 |
même pas un petit « responsable mais pas coupable » ?
Pour ma part je trouve qu'elle s'est montré coupable d'avoir été irresponsable.
à Blaise11
De gyann
citoyen | 13H54 | 28/08/2008 |
Si c'est tout ce que vous avez à dire d'interessant sur le génocide, je vous engage à vous rendormir. Bonne sieste.
à gyann
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 15H55 | 28/08/2008 |
Étonnement, votre ton pisse-mémé ne me permet pas de la faire.
Car encore une queue de poisson !
En quelle langue il faut que je vous dise que je ne parle pas du génocide mais de la période d'avant, appelée par certains « pré-génocidaire », et pendant laquelle la France, bien que présente, est restée tragiquement muette. Si cela ne vous intéresse pas, je vous prierai de le faire. Ça urge.
Par exemple : seriez-vous capable de me faire une analyse de texte des extraits de ce rapport qui, au passage, vous semble être le journal intime d'une innocente étudiante ? Ces extraits sont disponibles dans l'article et dans les commentaires. Avec citation et tout le toutim, hein. Pas de coup d'anguille, « citoyen ».