Radiohead, Manu Chao, Nine Ich Nails, Saul Williams, Jamiroquai ont ceci en commun qu'ils ont quitté leur maison de disque. Ce choix de rupture est aujourd'hui partagé par des milliers d'artistes et devient de moins en moins marginal. La raison principale de ce déclin est que le modèle offert par les maisons de disque a fait son temps et que nous assistons à une redéfinition des rapports entre artistes, producteurs, et nous autres auditeurs.
Un modèle en déclin
Le rôle des maisons de disque s'estompe de jours en jours. Elles n'effectuent plus la découverte pas des nouveaux artistes qui se font connaître directement sur le terrain ou sur Internet. Internet a permis cette minirévolution dans la musique qu'est la redécouverte de la promotion des artistes par un modèle purement méritocratique. Via Myspace, sellaband, ou encore jamendo, les artistes « méritants » se font repérer par des mélomanes en mal de matière première.
Reste la distribution, emblème des maisons de disques, qu'elles font miroiter aux artistes comme le synonyme de la viabilité économique de leur art. Mais la encore le bât blesse, un artiste touche environ trente centimes par album vendu, et trois centimes par chanson sur les plateformes en ligne, quand on compare ces sommes à la récente réussite de Radiohead le paradoxe devient évident. Radiohead a récemment mis en ligne sur Internet son dernier album en téléchargement libre, la participation financière étant laissé à la libre appréciation du visiteur. Résultat des courses : 200 000 albums téléchargé, avec un prix de vente moyen de quatre euros.
Le réveil des artistes
Saul Williams a sorti son nouvel album sous un modèle à peu près similaire à celui de Radiohead : téléchargement gratuit ou à cinq dollars pour soutenir l'auteur. Cet exemple est également parlant car il s'agit presque d'un brûlot contre les maisons des disques et autres labels, je cite le monsieur :
« La plupart des gens n'ont pas conscience du monde de l'art et du commerce où l'exploitation dépouille chaque artiste comme un nègre. Chaque label, à l'instar de l'apartheid, nous divise par nos différences et nous bat jusqu'à ce que nous acceptions les plus petits chiffres. Ce qui tombe entre les mailles du filet, c'est une pile de disques empilés sur la montagne de talents qui ne sont pas mis en lumière. »
Les démarches de ce genre se développent exponentiellement sur Internet aujourd'hui. Le home studio est devenu quelque chose d'abordable pour tous les jeunes groupes un peu sérieux, le boom de la musique sous licence « creative commons » est en marche (téléchargement gratuit mais pas d'utilisation commerciale) avec des plateformes telles que jamendo.com (10 000 albums disponibles) ou Myspace et les plateformes de vente en ligne s'ouvrent aux artistes indépendants.
De la nécessité d'une maison de disque
Bien entendu ce réveil n'est pas unilatéral et les maisons de disques bien conscientes de la situation font des efforts pour relancer leur « attractivité » : CD collector, interopérabilité, streaming gratuit de musique, et bien entendu toujours un réseau de distribution et de promotion monstrueux. Les événementiels physiques, les opérations de co-branding, les ventes de produits dérivés sont autant de moyens que l'artiste seul ne peut se permettre de réaliser ou tout du moins pas aussi bien, et cette distinction est très importante.
Aujourd'hui avec Internet et un bon ordinateur je peux tout faire moi-même, un Home Studio pour enregistrer et mixer mon CD, un ami qui me développe mon site Internet, je fais mon autopromo avec des sites web2.0 et j'attends que la mayonnaise prenne. Mais bien que je sois le plus grand de tous les artistes, rien ne dit que j'ai l'expérience ou encore le talent nécessaire pour réaliser toutes ces étapes correctement. C'est ici que réside la nécessité d'une maison de disque : le talent de centaines de personnes au service de mon petit talent artistique.
On peut imaginer que dans quelques années, si l'évolution continue dans le même sens, on ne trouvera plus beaucoup de grands groupes internationaux mais beaucoup plus de petits groupes pouvant vivre de leur musique. Via la suppression des intermédiaires entre eux et le public, se créerai une sorte de mécénat généralisé qui permettrait à tous d'accéder à la musique. Finalement les grands vainqueurs de cette guerre, c'est nous. Pendant que les artistes se débattent pour être sur de pouvoir vivre de leur art, et que les maisons de disques se démènent pour prouver qu'elles ont encore leur place dans l'écosystème musical, c'est la création artistique dans son ensemble qui est bousculée, motivée, excitée, et pour nous une qualité supérieure.
Tribune originellement publiée sur Musiko




















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De youngtree
J'ai rien fait | 10H45 | 25/08/2008 |
ça, c'est plutôt une bonne nouvelle pour les artistes et les mélomanes. Mais le revers de la médaille c'est que ce système à l'instar des majors étouffera des artistes qui mériteraient d'êtres connus… mais qui ne disposeront pas de visibilité suffisante (faute de moyens, de savoir faire …). Néanmoins, je suis pour l'auto-prod, les collectifs et autres systèmes alternatifs de création, cela va sans dire !
Ce n'est donc pas vraiment un boulversement du système de distribution. À part des artistes connus, qui à les moyens de proposer sont album en téléchargement libre en tablant sur la générosité de ses auditeurs ?
à youngtree
De tomboul
09H25 | 26/08/2008 |
Les moyens et savoir faire pour être visible sur internet sont très accessibles, bien plus que de paraitre sur le catalogue d'une maison de disque ! ! ! !
De Mbelekete
11H45 | 25/08/2008 |
C'est sans doute le mauvais endroit pour dire ça (et aussi le mauvais moment, après le « témoignage » de BHL dans Le Monde : ) mais selon moi un label est comme un magazine, il prémâche l'information, il propose des choix avec une pertinence qu'on lui reconnaît, il a une ligne éditoriale dans laquelle on se retrouve. Je le tiens pour indispensable même s'il est appelé à évoluer.
à Mbelekete
De parti
punishment park | 12H40 | 25/08/2008 |
un label indépendant ?
De gwennran
12H01 | 25/08/2008 |
Manu Chao a quitté Because Music ? Ah bon ? Première nouvelle… parce que selon mes sources c'est pas le cas mais bon… Je vous conseille de vérifier l'info.
Ensuite, faire miroiter qu'un artiste émerge grâce à internet, c'est simpliste. Combien d'artistes sortent effectivement d'internet directement vers le public et réussissent ? A part les trois ou quatre noms habituels genre Lily Allen (qui remplit les pages de Public plus que les bacs des magasins de disque).
Dernier commentaire, je ne vois pas ce que le consommateur amateur de musique gagne la dedans pour le moemnt.
Les prix des disques ont-ils baissé ? Non !
Les prix des concerts ont-ils baissé ? Non ! (pire ils montent en flèche car génèrent une nouvelle source de revenus fraichement redécouverte par les maisons de disque)…
Quant à la profusion d'artistes, elle a toujours été. Je suis d'accord avec Mbelekete qui évoque les choix du label et sa ligne éditoriale.
Internet révolutionne l'industrie de la musique c'est évident, les maisons de disque, jusque là assises sur une montagne d'or, se rendent compte que le modèle du business n'est plus ce qu'il était et qu'il va falloir se bouger les fesses pour continuer à gagner de l'argent. Et c'est très bien. Mais la qualité supérieure, pour le moment… J'attends de voir…
Et avant internet aussi on pouvait découvrir des tonnes d'artistes, question de curiosité.
à gwennran
De Tyb
(par ici, par là) | 09H04 | 26/08/2008 |
non on pouvait pas les écouter aussi facilement…
De leon.trotski
Trés à gauche | 12H41 | 25/08/2008 |
Bonjour,
Je n'ai plus aucun rapport à l'objet (le CD)et je m'en porte trés bien ! (D'autant plus que chez moi c'est pas grand)
Des comme moi, il doit en exister des millions et le chiffre doit augmenter régulièrement.
Je ne suis pas un pirate et je suis prés à payer le téléchargement de morceau (pas à 0,99 € ! c'est trop cher et pas justifiés ! )
Tout cela pour dire que je n'ai aucune compassion pour les maisons de disques qui se sont bien « gavées » sur le dos des consommateurs et des artistes.
Et je suis désolé pour leurs salariés, qu'ils aient été employés par des blaireaux complétement imprévoyants.
à leon.trotski
De Mbelekete
13H10 | 25/08/2008 |
Il y a maison de disques et maison des disques. Les maisons de disques qui se sont bien gavées sont les majors, non seulement sur le dos des artistes et des consommateurs mais aussi des petits labels indépendants qui depuis les années 80 font gratuitement, ou presque, le travail de flairer les tendances, découvrir les talents et les aider à se développer, un travail qui représentait jusque là une part non négligeable des dépenses… Un label que je connais a été le premier à flairer le potentiel de la drum'n'bass alors que c'était encore un phénomène limité aux faubourgs de Londres. Dès que ça a commencé à marcher, les majors ont fait leur petite tournée auprès des artistes, leur faire signer des contrats d'exclusivités, et ramasser la mise…
à Mbelekete
De leon.trotski
Trés à gauche | 13H49 | 25/08/2008 |
Bonjour,
Bien sûr ! Mais ces petits labels sont extrèmement mobiles et réactifs et je les voit mieux s'adapter aux évolutions technologiques.
Tout de même, j'ai encore en moi le souvenir vivace d'une musique « chère » Alors, et au moins sur ce point, le consommateur vit(va vivre) une époque formidable !
A+
à Mbelekete
De unagi
Fatalitas | 19H57 | 25/08/2008 |
sound of london : regardez depuis 2005 la naissance commerciale et le développement du dubstep.
La promotion des dubs se fait par les mix live bien sur mais aussi radio : rinsefm pour la plus fameuse. Les mix sont téléchargeables sur des sites spécialisés.
Le mouvement est constitué de petits labels, les plus importants étant le Label Planète Mu, ninja tune et aussi warp record. Les labels ont à leur tête des DJ producteurs.
La distribution se fait sur deux axes :
Les 45 maxis en tirage limité pour les magasins spécialisés et ensuite sous forme de fichiers numériques par les plateformes de téléchargement payant.
MP3, WMA et Mpg4.
Une des sources phinancières très importante pour la scène dubstep est le live. On se retrouve sur une production et une distribution telle que la pratiqué les jamaïcains jusque dans les années 80.
Les majors sont totalement exclues du truc et le mouvement se porte extrêmement bien.
De muzzzak
etudiante | 15H21 | 25/08/2008 |
allez donc faire un tour sur deezer.com
je ne jure plus que par ce site
c est un site de streaming musical gratuit et LEGAL
il est vraiment tres bien fait et possede un tres gros catalogue de musique
je ne peux plus m en passer
à muzzzak
De leon.trotski
Trés à gauche | 18H57 | 25/08/2008 |
Absolument d'accord !
et maintenant il y aussi Jiwa dans le style et Chilirec et ils se tirent la bourre !
(c'est pas de la pub, c'est pour illustrer le billet ! )
De Gringo
| 17H04 | 25/08/2008 |
Le seul (en tout cas, le meilleur) moyen de se faire connaître (même un peu, je ne parle pas de remplir des stades), c'est de jouer et surtout d'être joué.
Comme toutes les autres formes, la musique est une forme d'art et dans l'art, le plus important est souvent d'avoir un réseau.
Le « je mets un morceau sur myspace et les gens viennent écouter et la mayonnaise prend », c'est un mythe. Perso, je fouine beaucoup et pas que sur myspace, mais rien que pour l'exemple cité, je ne vais jamais voir un myspace au hasard (même pas un lien sous un message dans un forum ou autre). Par contre, si on connait tel ou tel artiste, on va voir dans ses amis (plus précisément dans sa sélection d'amis, d'ailleurs), il y a son label, son collectif qui mènent à d'autres artistes etc.
Myspace ou ailleurs, si on n'a pas de contact un peu sérieux, sa page perso reste à l'abandon.
Les nouveautés techniques permettent effectivement de s'affranchir de producteur (home studio) et de distributeur (suppression de l'objet disque). Mais seulement en partie… L'éditeur, d'une part, reste incontournable et c'est un boulot monstrueux, qui n'est pas celui de l'artiste, surtout quand on part de rien, sans réseau pour diffuser. Et puis, s'affranchir du modèle physique reste encore très compliqué, parce que pour être joué, il faut bien que les Disc Jokey aient des… disques.
Essayez d'envoyer une URL de votre myspace à des radios, collectifs etc. pour voir s'ils vont vous jouer.
De olilup
musicien | 18H25 | 25/08/2008 |
Pas d'accord… ce type de condensé est rabâché depuis des années ; il est est vrai que le marché de la musique est bouleversé, que les maisons de disque commencent à franchement paniquer, mais rien n'avance encore.
La création en home studio ? Ça coûte très cher et on ne s'improvise pas ingénieur du son ; c'est un mythe entretenu pour justifier l'amateurisme ambiant (un bon disque, c'est un ingé-son, un réalisateur et un producteur). la distribution ? Sans maison de disque, ce n'est même pas la peine d'y penser (les distri indépendants sont encore plus radins que les gros). La révélation par internet ? C'est encore un mythe…
Bref, ce type d'article m'énerve parce qu'il se complaît à balancer des lieux communs trop éloignés de la réalité…
« Je peux tout faire moi-même » : ça c'est vraiment de l'intox… c'est comme donner une truelle et du ciment à un architecte pour qu'il construise lui-même l'immeuble qu'il a conçu sur papier.
Les artistes cités dans cet article sont déjà sur le marché et le circuit depuis longtemps… ils ne représentent pas un modèle.
La solution (l'avenir ! ) : la bonne vieille méthode… jouer, jouer, jouer. Il manque encore des salles… et des gens ; -) (qui préfèrent écouter de la zik sur « deezer » que d'aller voir un concert dans un bar…)
Voyez… c'est pas gagné.
à olilup
De Satiricon
00H02 | 26/08/2008 |
Entièrement d'accord avec olilup et désolé d'être un peu méchant en affirmant que ce type d'analyse n'a rien à voir avec la réalité et génère toutes les imbécillités qu'on peu régulièrement lire dans les forums sur le sujet. J'aimerais bien que l'auteur nous livre la liste des « milliers » d'artistes qui rompent avec leur maison de disque. Désolé on ne peut produire ni enregistrer un opéra de Mozart avec un home studio. La musique c'est vaste et ça ne se limite pas à la variété.
Ce qui est certain c'est qu'avec les chutes de ventes de CD les maisons de disque perdent une partie de leur monopole sur la distribution, que ça change, qu'elle vont devoir évoluer. L'internet est important mais ça n'est pas la panacée, pas plus que les licences creative commons qui permettent de donner gratuitement mais certainement pas de commercialiser car même si la possibilité existe, encore faut-il financer avocats et procès pour récupérer ses droits d'auteur. Mieux vaut confier ce travail à la SACEM qui a quand même un siècle et demi d'expérience et qui connaît la chanson puisqu'elle a débuté en s'attaquant à la « restauration 2.0“ (cf. histoire de sa création).
Pour ce qui est du Web 2.0, peut-être faudrait-il commencer à comprendre que ça consiste à faire de l'argent sur les créations d'autrui, les producteurs de contenu, sans bourse délier. Cf. la bonne analyse de Maître Eolas sur l'affaire Wizzgo :
http://maitre-eolas.fr/2008/08/18/1052-l-affaire-wizzgo
En bref cet article relève du simplisme utopique.
à olilup
De Tyb
(par ici, par là) | 09H10 | 26/08/2008 |
on peut avoir un home studio pour environ 1000 euros, 600 euros de portable, 400 euros de logiciel et c'est plié.
je suis désolé quand je lis des trucs du style « sans ingé son rien de possible » ou « on peut pas faire un opéra de mozart sur un pc » je me dis vraiment que non seulement vous vivez dans une bulle mais qu'en plus ça fait longtemps qu'elle est devenue opaque à force d'être couverte de poussière
à Tyb
De Propergol
à bord du Head Hunter | 19H14 | 26/08/2008 |
Comme d'habitude, la vérité n'est ni noire ni blanche..
- Carte d'acquisition Roland usb ea4fx : 200€ (je l'ai, y a plus cher et nettement plus pro bien sûr)
- table de mixage : 200 à 1000€
- PC/Mac : 300 à 1000€ (je ne compte pas l'écran, mais aujourd'hui tout le monde a un pc qu'il peut upgrader, récupérer l'écran, la souris etc..)
- pièce très bien insonorisée : bah ouai ça coûte plus cher, mais déjà un garage bien moquetté+livres sur les murs, ca crée un bon début de protection.
- le logiciel de mixage, au pif magix music studio 2007 : 50€, Cubase : 300€
Voilà, pour un home studio de base gentil, c'est effectivement « abordable ». Maintenant si vous voulez vendre des disques, il faut de la qualité de matos.
J'avais discuté avec un ingé son-producteur indépendant chez lequel je bossais, pour commencer en pro, il faut compter 10000€.
Pour le « sans ingé son on a rien », c'est comme toujours nuancé : sans ingé son et avec un bon niveau en informatique et bidouille on peut se faire plaisir, mais si vous voulez des chansons mixées au micro-poil de qualité, il va falloir penser à une personne qui saura tirer parti à 200% du studio et de toutes les possibilités. S'enregistrer c'est facile. Mixer c'est carrément plus ardu si on veut quelque chose de vraiment bien.
Pour avoir vu bosser mon chef, référence en la matière (il a composé des mélodies pour Zazie entre autre), et le nombre d'heures passées pour donner tel ou tel caractère à une ligne de basse des plus basiques…et effectivement ça détonnait !
De Cetras (auteur)
Etudiant à l'ESSEC | 09H15 | 26/08/2008 |
« Why so serious ? »
Le but de cet article est avant tout de parler d'une tendance que je pense réelle, pas d'affirmer comment va se jouer l'avenir de l'industrie musicale.
Je crois que vous caricaturez un peu le home studio, je ne parle pas d'un enregistrement en une prise avec un micro « skype capable ». www.jamendo.com, www.muziko.fr (mon humble contribution), www.auboutdufil.com, allez faire un tour sur ces sites, il a de bons enregistrements, voire de très bons. Et surtout, des artistes de talents.
Bref, j'ai fait un paragraphe entier sur mes réserves quant à l'abandon pur et simple d'une maison de disque, ou de cette structure de l'industrie musicale plus généralement. Ce n'est de toute façon pas un choix viable pour 99% des artistes. Mais quid de l'avenir ?
Evidemment le but de ces sites « web2.0 » est à terme d'être monétisé, mais la n'est pas la question, le modèle n'est pas à jeter parce qu'une des partie veut faire de l'argent. Laissons le temps à un modèle qui cherche encore ses marques, un peu d'optimisme ne ferait de mal à personne.
à Cetras
De Gringo
| 10H00 | 26/08/2008 |
Je suis d'accord avec vous pour la production en home studio, on peut faire des pistes tout à fait correctes chez soi. Pour mettre un petit bémol au post de Tyb au dessus, il faut un peu plus de 1000 € quand même… Et surtout beaucoup de temps, d'investissement, de formation (même autodidacte) etc.
Je « produis » 3 projets musicaux, dont un auquel je ne prends pas part en tant que musicien. Même si je prêtais le matériel au groupe, il est évident qu'ils ne sauraient rien en faire. Et puis, quand on fait toutes ses prises tout seul, c'est un travail monstre (pour chaque piste : réglages, plusieurs prises, plusieurs écoutes, sauvegarde, classement, traitement de signal, mixage des prises) et on est bien content, quand on est simple musicien que quelqu'un soit aux manettes et qu'on ait juste à jouer et décider si on garde ou on refait, si on veut un peu d'écho ou plus de basses.
C'est au niveau de l'édition et de la distribution que je pense que vous vous trompez. Au minimum, il faut une structure (maison de disque, label, collectif, association, ce que vous voulez) derrière l'artiste. D'abord, toute la partie graphique (flyers, pochettes, affiches…) rajoute un boulot considérable. Ensuite, jouer dans un ou deux cafés dans sa ville, oui, on peut tous le faire, mais pour que ça prenne, il faut un genre de « carte de visite'.
Voilà, on est machin du label truc, vous savez ceux qui produisent aussi X et Y, d'ailleurs, on joue en première partie de Y samedi prochain etc. Il n'y a que comme ça qu'on acquiert un minimum de crédibilité auprès de salles plus grandes, de radios, de maga/web-zines etc.
Et je reste convaincu que pour que quelqu'un aille voir sur votre site, votre myspace ou autre ce que vous faites, il est impératif qu'ils aient déjà entendu quelque chose. Donc, il faut passer par la case concert ou être joué par des DJs, en club, à la radio campus du coin, par votre pote qu'est gérant d'un bar, peu importe.
à Gringo
De Propergol
à bord du Head Hunter | 19H17 | 26/08/2008 |
Pour avoir bossé dans un petit label indépendant, je confirme : ce n'est qu'en faisant des dizaines et des dizaines de bars, lives, scènes en tout genre qu'on a une chance d'être remarqué (sauf le 1% dit « Beatles » qui se font remarquer très vite).
Et les relations sont horriblement importantes. Plus vous connaissez de monde, plus vous pourrez fourrer votre maquette à un type du milieu, un tourneur, un responsable de salle. Même si votre disque est pas plus original que celui du groupe d'en face, il sera déjà un échelon plus haut vers la reconnaissance et la popularité (qui amènent le succès commercial).
à Cetras
De tomboul
10H09 | 26/08/2008 |
« maison de disque » n'aura pas de sens puisque à terme le disque n'existera plus. En revanche il existera toujours des structures pour produire des artistes quelques soit le support qui reste à mon avis secondaire car la musique est avant tout vivante. Elle existe depuis que l'homme existe et ses plus belles oeuvres ont été créé avant que n'existe le moindre support d'enregistrement.
à tomboul
De Gringo
| 10H13 | 26/08/2008 |
Le disque vinyl n'est jamais mort… contre toute attente.
De tomboul
09H57 | 26/08/2008 |
Cet article, même si par certains égard est critiquable, montre néanmoins qu'on commence à voir autrement les changements que provoque la dématérialisation des oeuvres musicales. Jusqu'à présent par les voix médiatiques dominantes, on faisait passer les internautes pour de méchants voleurs et qu'à cause d'eux les artistes seraient ruinés. En vérité c'est surtout les major, qui n'ayant pas su s'adapter, sont en train de déguster.
La musique est vivante par définition, donc pas d'inquiétude pour les artistes, c'est le star système qui commence à devenir ridicule et tant mieux ! ! !
Je m'inquiète beaucoup plus pour le cinéma qui étant un art non vivant, reste une des principales « vrai » victimes de cette dématérialisation.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 13H00 | 26/08/2008 |
Euh, j'ai pas de commentaire à faire sur les messages qui précèdent, mais comme je suis un vieux croûton, je me demande comment le système (finalement totalitaire) préconisé dans l'article va pouvoir m'aider à trouver les meilleures interprétations de Schubert ou de Mahler… Les amateurs de classique et de jazz étaient déjà minoritaires, et il y a fort à craindre qu'ils soient (au mieux) réduits à la portion ultra-congrue dans l'avenir.
Les internautes devraient quand même se rendre compte que le système qu'ils défendent se conformera à la règle impitoyable du marché, comme tout le reste. Les personnes ayant des goûts minoritaires seront implacablement laissées pour compte, sauf si Deutsche Gramophon, Decca, Erato, etc., arrivent à sauver leur peau d'une manière ou d'une autre. C'est un combat pour le moins douteux.
Je ne vois pas comment un home studio pourrait aider des artistes comme Nicholas Angelich et Anne Keffelec à s'auto-produire. Un piano Steinway & Sons, Bösendorffer ou Yamaha coûte déjà la peau des fesses, et ce coût est incontournable. Idem, en pire, pour les Stradivarius des violonistes. Y avez-vous songé ?
De Cetras (auteur)
Etudiant à l'ESSEC | 13H46 | 26/08/2008 |
Si je puis me permettre, les maisons de disque ne sont pas des mécénats, alors dire que le système du 2.0 va faire mourir le classique ou le jazz est un peu déplacé.
Je vous reprend d'ailleurs sur le terme totalitaire, c'est tout à fait le contraire de ça. Je vous conseille de lire quelques extraites de la Sagesse des Foules de Surowiecki, qui à mon avis permet de bien saisir le fonctionnement du « web communautaire », sans ses à priori, et sans ses détournements commerciaux.
Ensuite on peu bien entendu réfléchir sur : qu'est ce que de la bonne/jolie musique, et quelle est la finalité d'un artiste, être écouté le plus possible ou faire ce qui lui tient à coeur. Les deux mon capitaine vous me direz, mais s'il faut choisir ?
On tombe la dans des débats de convictions personnels, et plus dans une réflexion sur l'avenir du modèle commercial de la musique.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 15H06 | 26/08/2008 |
« On tombe la dans des débats de convictions personnels, et plus dans une réflexion sur l'avenir du modèle commercial de la musique. »
Débats de convictions personnelles ? Pas du tout. Je ne conteste les goûts ou les « convictions » ( ? ) de personne, je voudrais seulement qu'on fasse la part des miens. Je n'en vois pas trace ici.
Sur le deuxième point, en revanche, je vous rejoins, on est effectivement dans une « réflexion sur l'avenir du modèle commercial de la musique. » Si vous croyez que le 2.0 va pouvoir indéfiniment échapper au modèle consumériste et néanmoins restrictif sur lequel le système capitaliste est fondé, vous vous faites de graves illusions, à mon sens.
L'Histoire fourmille d'exemples de systèmes libertaires coopératifs (Fourrier, Proudhon, Freinet, et d'autres préconisations d'inspiration anarchiste, dont je ne conteste nullement les bonnes intentions) que le capitalisme a balayés ou dévorés, selon sa volonté.
Exemple extérieur au domaine musical : les fichiers auto-correcteurs (mécaniques) destinés par l'école Freinet aux élèves du primaire ont été mis au point dans les années 50, sans aucun dépôt de brevet, et communiqués gratuitement (moins le coût de production, minime) aux écoles primaires et/ou aux enseignants (souvent très minoritaires à l'Education Nationale).
En 1973, j'ai vu exactement les mêmes fichiers, mais informatisés cette fois par la société Control Data, et… « naturellement » protégés par un brevet mondial. Depuis, tout le monde peut se les procurer, mais au prix fort, sous prétexte qu'il y a eu « innovation » technique de la part de Control Data au départ. Les rachats de ces brevets n'ont fait qu'alourdir les coûts.
Vous croyez vraiment qu'une telle évolution ne se reproduira pas dans le secteur du 2.0 ? Bien sûr que vous -- et beaucoup d'autres -- ferez de la résistance ! Heureusement ! Mais au bout du compte, rien n'y fera. Il y aura une alliance du genre Microsoft-Warner-xxx pour mettre un terme au libertarisme intégral. (Notez que je vous dis pas de ne pas profiter de ce dernier quand il est encore temps ! )
Autre exemple, peut-être plus prégnant : il y a quelques années, j'ai appris que la Société Générale s'apprêtait à renégocier ses prêts à Sun Microsystems (grand promoteur des logiciels libres et très proche des programmeurs GNU) de façon à mieux l'étouffer. J'ai averti Sun confidentiellement, et le stratagème n'a pas tué cette entreprise, qui a pu trouver une autre banque, mais il a mis à mal toute une politique d'expansion de Sun au sein de l'administration française (entre autres). Vous admettrez que la diffusion de Sun est très, très faible comparée à celle de Windows. Quant aux GNU, je voudrais bien que leurs divers modèles soient en vente dans les lieux de vente de produits informatiques, mais le marché les exclut, point à la ligne. C'est ce que je voulais dire par totalitaire : nous sommes dans un système où les libertés individuelles de téléchargement de musique seront piégées tôt ou tard, et exclues derechef (sauf contre paiement d'abondantes espèces sonnantes et trébuchantes, naturellement).
à Jaycib
De chapolin
scoresdownload.com | 16H30 | 26/08/2008 |
Non je ne pense pas qu'ils pourront bloquer les telechargements de musique gratuite … car il y a des lois qui les protègent comme par exemple la licence creative commons et ils ne sont pas au dessus des lois. (Ils ? les méchants qui ne veulent pas partager ).
D'autres part il y a des millions d'artistes qui de toute façon n'ont pas le choix : ils ont besoin de créer parce qu'ils sont comme çà, avec ou sans public les productions se font ! ils existent, ils vivent, ils se cultivent, ils progressent, ils aiment leur art … alors de toute façon même si on ne leur achette pas leurs oeuvres, ils les laisseront en telechargement gratuit car l'un des buts d'un artiste est avant tout d'être écouté … quand même il n'est pas raisonnable de penser que ces gens vont créer des oeuvres et puis les oublier sur un disque dur qui finira a la casse. Je crois que c'est çà qui s'est rééllement passé, c'est tout un monde de créativité qui était dans l'ombre et qui soudainement c'est retrouvé au grand jour, une explosion, une revolution … un mmoyen de communication qui a tout changé comme le téléphone en son temps a sans doute provoqué des phénomènes de communications a grande échelle …
Qu'importe ils metront le grapin sur les formats de fichiers comme par exemple le format proprietaire mp3. C'est pas grave car il y aura toujours un cerveau libre pour ecrire un code nouveau comme ogg et le monde du freeware est déjà immense, il est infini en fait.
Et puis il s'agit d'un progres surtout ne l'oublions pas. La vie tragique d'un Jimi Hendrix esclave est écrite dans l'histoire … et le resultat au bout du compte c'est une revolution, mais peut-être pas si anodine que çà parce que peut-être que le public aussi évolue et le niveau augmente, c'est le progres. L'un des plus grands progres et qui est necessaire c'est que la musique puisse redevenir plus proche du public et que l'on voit les artistes différemment et pas forcément comme une star inabordable véritable machine à écumer les foules de leur deniers.
Les artistes ont d'autres fonctions tout aussi louables tout autant qu'ils sont utiles d'un point de vue sociologique. Maintenant qu'il est interdis de fumer dans les bars et pubs, peut-être que plus de gens iront le soir ecouter l'artiste du coin.
De Cetras (auteur)
Etudiant à l'ESSEC | 15H45 | 26/08/2008 |
Que de pessimisme : )
Si l'on prend justement l'exemple du GNU, que de belles choses pouvons nous observer. Le consumérisme qui est pourtant passer par la n'a pas pu détruire ce que des communautés entières ont mis 10, 15 ans à construire.
Les licences, GNU, Art Libre, Creative Commons, sont à elles seules de beaux exemples d'un modèle hybride, entre nécessité de transferts d'argents pour que tout le monde y gagne et gratuité des distributions.
Tout n'est évidemment pas rose, et je ne pense pas que les majors disparaitront un jour sous l'assaut d'une sorte de grande révolution 2.0, mais il est à mon avis pessimiste de donner déjà pour mort une philosophie « en-ligne », qui pour le moment se débrouille pas mal : )
à Cetras
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 16H28 | 26/08/2008 |
Je m'attendais bien à ce que vous me taxiez de pessimiste. On n'est pas étudiant à l'ESSEC pour rien ! Comme vous je résiste, et je veux pas vous décourager de le faire de votre côté, mais disons que j'ai une vue plus globale des choses. Pour l'instant, les GNU et d'autres sont tolérés car ils ne nuisent au marché qu'à la marge. Mais dans l'hypothèse -- à mon avis très réaliste dans l'immédiat ou dans un futur proche -- d'un resserrement brutal du marché, vous verrez bien qu'on n'aura qu'une volonté -- celle de les bouffer ou de les détruire. Alors, permettez-moi de me répéter, profitez-en quand il en est encore temps…
De Satiricon
16H32 | 26/08/2008 |
Un piano Steinway de concert coûte autour de 40 000 à 100 000 € — d'accord ça se loue — ajouter à ça le matériel d'enregistrement haut de gamme, la correction acoustique du local, le salaire de l'artiste*, etc. Si l'on veut produire correctement un soliste classique on est très loin du cadre home studio. Alors un opéra ! J'aimerais qu'on m'explique, sur papier avec devis chiffrés.
Quant à l'expérience de Radiohead qu'on cite souvent en exemple, on oublie un peu vite que ce n'était qu'un coup de pub :
http://www.numerama.com/magazine/9482-Radiohead-ne-renouvellera-pas-l-ex…
L'opération ne se reproduira plus l'album ayant été massivement piraté :
http://www.numerama.com/magazine/9482-Radiohead-ne-renouvellera-pas-l-ex…
Bien sûr, pour ceux qui gagnent ou souhaitent gagner de l'argent avec le web 2.0 il est profitable que des cohortes d'artistes naïfs se précipitent en masse pour abandonner leurs créations sous licence creative commons en espérant décrocher le jackpot. C'est le principe des ruées vers l'or : n'y font fortune que les marchands de pelles et de pioches, voir de jeans (Levi Strauss). Dans cette ruée virtuelle 2.0, les opérateurs réseaux, FAI, éditeurs de logiciel musique, fabricants de matériel de studio, hébergeurs 2.0 (Myspace, Jamendo, Youtube, etc.), régies de pub, etc., tous ceux-là y trouveront leur compte ; pas les artistes, gros-jean comme devant lorsque la bulle finira par éclater.
* salaire de l'artiste : de part la législation du travail il est obligatoire même si réduit au minimum du tarif syndical conventionnel. Voir :
http://samup.synd.free.fr/samup/tarif%20Syndicaux.htm