Beaucoup de réactions au reportage de Sophie Verney-Caillat (son premier sur Rue89, on en profite pour souhaiter à nouveau la bienvenue à cette nouvelle recrue) et aux vidéos de Zineb Dryef sur le grand déballage de fruits et légumes organisé par des producteurs à Paris. Parmi elles, ce décryptage de Keldan, qui revient sur la complexité des rapports entre fournisseurs et distributeurs.
En fait, le réel problème de cette filière, ce sont les innombrables intermédiaires, dont je doute de l'intérêt de certains.
Pour commencer, le producteur (agricole ou industriel) doit négocier son référencement au niveau national (assez rare, seuls quelques enseignes et les grandes marques jouent à ce jeu), le plus souvent au niveau des centrales et parfois aussi au niveau du point de vente (surtout chez les franchisés et pour les produits locaux).
Même avec le concept du commerçant du coin ou le camelot du marché, il y aura baston pour placer son produit local, car soit la demande n'est pas suffisante et il y a perte d'espace et péremption, soit la demande est trop forte, et du coup, il faut négocier avec celui qui décide des places en rayon : vous pouvez coucher avec le boucher du coin, ou bien offrir des cadeaux au chef de rayon ou au directeur du magasin (je ne citerais pas de nom, mais un de mes anciens clients offre des places de cirque), soit négocier financièrement au niveau des centrales : ce sont les fameuses marges arrières.
Dans ce dernier cas, le producteur doit payer diverses choses (payer des prospectus, payer pour un placement en « tête de gondole », pour une pauvre étiquette du style « la fête des prix », etc.) ou se soumettre à diverses contraintes : installer le produit soi-même en rayon, fournir des animatrices qui serviront aussi de femme de ménage d'un jour, etc.
Parfois le distributeur est en position de force, parfois c'est le fournisseur
A propos du prix d'achat des produits par les enseignes, il faut savoir qu'il existe un tarif minimum : le seuil de revente à perte (SRP). Il est régi par les lois Galland et Dutreuil, mais c'est un tel fatras de chiffres et de mots que je n'ai jamais réussi à comprendre comment le calculer.
La seule chose à savoir, c'est qu'il y a un plancher en dessous duquel la centrale d'achat ne peut descendre, raison pour laquelle elle impose ces conditions à ses fournisseurs : ces derniers payent mais cela respecte le SRP.
En plus, il faut considérer la logistique : le transport et le stockage des marchandises, ainsi que le retour ou la mise à la décharge. Parfois, c'est à la charge du fournisseur, qui joue la simplicité ou possède les moyens pour le faire (flotte de transporteur intégré ou tiers), parfois c'est sous la responsabilité du distributeur qui bien sûr le fait payer au fournisseur.
Inversement, il arrive aussi que des grandes marques pratiquent une sorte de chantage : imaginez une grande marque de soda à base de cola qui impose que son nouveau produit soit placé en rayon, de manière attractive (le niveau des yeux de la ménagère), le tout pour une compensation financière minimum.
Si le magasin refuse, alors l'industriel retire son produit phare du supermarché, ou participe plus activement à la promo d'une enseigne concurrente. Il perdra une part infime de son chiffre d'affaires, mais le magasin perdra une grosse part de la clientèle, qui ira dans une autre grande surface alimentaire (GSA), où elle pourra trouver son produit fétiche, et aussi tout le reste.
Un cauchemar de négociation, que le producteur ne peut mener seul
Autre détail qui a son importance, la recette des ventes des produits est reversée au producteur après que le consommateur a payé la facture, ce qui fait que le distributeur possède toujours une somme d'argent temporaire dans ses mains qu'il peut utiliser pour diverses choses, dont les principales sont les investissements, les crédits à la consommation et autres activités très lucratives mais qui nécessitent du cash.
Donc pour en revenir au référencement, c'est un véritable cauchemar de négociation auquel un producteur seul dans son coin ne peut prendre part : il doit donc soit passer par une centrale d'achat, soit par une coopérative (qui peut être pire qu'une centrale).
Et si la taille de l'entreprise le permet, elle peut avoir une force de vente dédiée à cette tâche (souvent des esclaves qui triment comme des fous avec toute une hiérarchie plus ou moins compétente).
Inversement, les chefs de rayon ou les directeurs n'ont pas toujours le poids ou la marge de manœuvre nécessaire pour arbitrer ces négociations, surtout les petites surfaces, et doivent se soumettre aux décisions de leurs centrales d'achat (même si chaque enseigne à une politique différente sur ce point).
Et pour être tout à fait honnête, il existe encore une couche qui se greffe là-dessus et augmente encore la facture : les services qui permettent de gérer tout ce bazar. Ils se nomment ERP (gestion des ressources humaines), CRM (gestion de la clientèle), EDI (gestion des commandes et factures) ou encore ETMS (gestion territoriale de la force de vente).
Les produits bio et du commerce équitable font aussi partie de ce système
Objectivement, je dirais que c'est un mal nécessaire pour que la gestion de l'équipe de vente ne soit pas un cauchemar, et surtout pour s'assurer que les distributeurs tiennent leurs engagements, que les livraisons soit assurées et les chèques bien encaissés.
Mais c'est aussi un véritable mouchard qui surveille le travaille des commerciaux et peut leur mettre une pression terrible. Subjectivement, je dirais que c'est essentiel, car c'est ce qui me fait manger : -)
Je n'ai fait que survoler la complexité du système de la grande distribution, en me centrant sur le référencement et abordant légèrement le reste, histoire que vous compreniez de quoi il en retourne réellement.
Donc il ne faut pas rêver : les produits bio et issus du commerce équitable font aussi partie de ce système, cela ne change rien.
Le commerce de proximité n'est pas non plus une solution valable, car l'épicier du coin peut appliquer les mêmes méthodes que les enseignes de la grande distribution, et surtout qu'ils peuvent se liguer pour imposer leur volonté.
Créer une enseigne qui change ces procédés et respecte ses fournisseurs, une sorte de hard discount inversé, est envisageable à condition d'avoir un gros capital de départ et un bon marketing pour tenir contre une concurrence violente.
Syndiquer les producteurs pour avoir plus de poids est peut être la meilleure solution, mais on retombe dans le principes existants des coopératives, et ce sont ces dernières qui impose leur volonté.
Quant à la législation, il faudrait qu'elle soit simple, radicale et sans faille qui permettrait de la contourner, ce qui me semble utopique.
En clair, bonne nouvelle pour vous, vous allez pouvoir continuer à déblatérer sur le sujet pendant des siècles, la situation est loin de s'arranger.
► A lire aussi : Fruits et légumes : les paysans déballent, le public s'emballe





















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De Infovite
Plébéien. | 11H45 | 23/08/2008 |
Ouf !
Nous avons eu peur un instant d'avoir enfin une chance de s'en sortir.
Nous continuerons donc d'être consumés… par le « système ».
http://info-espress.over-blog.com/
De olivier p
face à la mer | 12H02 | 23/08/2008 |
vous devriez porter votre attention sur là où ça marche de manière très ordinaire, frappé d'un certain bon sens, d'une logique simple, et pour ce que je connais des endroits commerciaux qui limitent les intermédiaires, là aussi il faut connaître les concurrents pour faire son marché ; alors qu'il n'existe pas de réelle concurrence dans la grande distribution… faîtes la carte de france de l'implantation des marques, vue des territoires intercommunaux par exemple… dans plein d'endroit en france c'est éloquent
mais il n'empêche qu'aujourd'hui je peux acheter du poisson côtier, de la bonne viande, du bon pain, des vrais fromages, des légumes plus goûeux (c'est moins vrai pour les fruits cette année), du vin, étiquetés bio ou pas,équitables ou pas, mais respectueux et respectables de l'environnement et des hommes, pour le même prix voire exceptionnellement moins cher que dans la grande distribution… ce n'est pas un rêve. il est vrai que je n'habite pas dans un grand centre urbain, mais quand même. Pour connaître aussi des producteurs, et des personnes vivant dans les grandes villes, il y a un énorme potentiel de développement économique… qui souffre de l'absence de politiques claires, respectées et respectables… et c'est peut être là que vous avez raison…mais c'est « peut-être », en effet ces réseaux ont structurellement augmentés ces dernières années et c'est le bouche à oreille qui reste le vecteur plus puissant que n'importe quelle campagne de publicité conjoncturelle. Nombre de producteurs redeviennent indépendants et gagnent leur vie parce que le système de distribution et les conditions de production sont de plus en plus absurdes… et là posez des questions aux routiers ? ? ? ? nombre d'entre eux viennent de familles d'agriculteurs…. un exemple : par où, pour quelles raisons, par qui, passent les marchandises ? ? ? rungis est exemplaire
De pablico
12H40 | 23/08/2008 |
pourquoi les coopératives agricoles, ne se regroupent-elles pas ?
Pourquoi ne font-elles pas des marchés libres ?
Pourquoi ont-elles si peu de poids ?
le commerce équitable est-il compatible et applicable à nos agriculteurs ?
à pablico
De emmanuel24
08H36 | 24/08/2008 |
il existe dejà des cooperatives,qui n'en n'ont que le nom,pour la fraise par ex,ce sont en fait des entreprises comme les autres,comme il existe un syndicat dominant, la fnsea,ces machins servent quelques interets privés,la grande distribution.
à emmanuel24
De pablico
11H57 | 24/08/2008 |
pourquoi alors les « paysans » ne font pas leur jacquerie, en créant de vraies coopératives ; Un bon boulot pour Bovet
à pablico
De minguinhirigue
Architecte | 20H17 | 24/08/2008 |
Il y a quelques « vraies coopératives » qui se créent sous la forme de Scop, donc tous les salariés sont actionnaires de la coopérative, ils ont donc intérêt à ne pas se marcher sur la gueule, sinon ils font couler la boite, et leur pognon avec !
Il y a également le consommateur, qui peut devenir acteur et aller « chercher » sa nourriture. D'où la naissance des amap : Association pour le maintien de l'agriculture paysanne. Ces associations achètent directement à l'agriculteur, dans un point de réunion hebdomadaire (MJC, mairie, salle de fête ? ), des paniers avec les légumes de saisons fait maison. Et hop ! Plus d'intermédiaire !
Par contre dans l'amap, l'acheteur s'engage à prendre X paniers toutes les semaines. Donc pour les vacances, il faut que les voisins en prennent… Et oui, pour sortir du système il faut de la bonne volonté chez le producteur, comme chez le consommateur.
Si la chaine de négociation, d'échange et tout et tout est super compliquée dans la grande distribution, elle l'est beaucoup moins dans la vente directe. Donc l'argument comme c'est compliqué il ne peuvent pas le faire est bien douteux ! C'est compliqué aujourd'hui en grande distribution, mais ça ne l'est pas en vente directe : négociations mensuelles ou trimestrielles en association, déplacements simples du paysan comme des consommateurs, partages des frais pour la location de la salle… et hop.
De vol19
awash | 15H24 | 23/08/2008 |
Concrètement. Habitant une ville moyenne de Bretagne, j'arrive tout de même à ce que 80% de ma consommation de légume provienne de producteurs locaux via le marché hebdomadaire, en partie moindre pour les fruits. Celà suppose de consommer de saison. Idem pour les oeufs, les huîtres (indispensable).
Par contre, ce que je trouve dommage, cette démarche est impossible pour la viande de volaille et le poisson…(la mer n'est qu'à 20km)…Sur le modèle des Amap, j'aurai bien aimé trouver une filière pour un ravitaillement hebdomadaire… et laisser l'épicerie de base aux supermarchés.
Peut-être un jour quelqu'un aura l'idée.. ?
Il me semble que la proposition acheter local, régulièrement, et en contrepartie obtenir des prix équivalents ou inférieurs à la grande distri locale serait un deal honnête…celà peut fonctionner probablement, dans une relation basée sur du long terme… si le producteur a intérêt de jouer le jeu ?
Bien sûr, c'est possible en région, tout le monde ne peut habiter Paris…fort heureusement.
De asozial
aus Berlin | 15H31 | 23/08/2008 |
pas assez familier avec ce que recouvre maintenant le terme coopérative, il me semble pourtant que éthymologiquement cela propose un modèle qui devrait contourner l'inéluctable décrit dans l'article…
quid d'un regroupement de producteurs assurant eux-mêmes la distribution en direct via une succursale ayant des intérêts commun ?
De el Chiquito
en promenade | 15H54 | 23/08/2008 |
Il est certains qu'il faille équilibrer les rapports de forces pour que tout le monde puisse se tirer d'affaire. Mais il ne me semble pas que la dernière loi « sur la liberté de l'économie » adoptée par le parlement va dans ce sens.
Il reste qu'il faut à mon avis, encourager la diversification, c'est à dire développer la vente directe du producteur au consommateur, en en facilitant l'organisation, ceci permettrait de contrer la grande distribution.
On peut rêver…malgré tout !
De belaragoth
17H51 | 23/08/2008 |
Je n'ai pas l'habitude de dire cela mais je suis désolée de vous dire que vous n'avez rien compris à l'économie Mr Keldan… Je vous conseille de lire certains livres sur la grande distribution…
Assez surprise que Rue89 crée eco89…
De azerty69
ExecutieveBranleur | 20H34 | 23/08/2008 |
Du producteur au consommateur : pourquoi ça a marché pendant des millénaires…
Comme toute personne aimant vraiment manger, je fais mes courses de produit frais au marché. Je mange des produits de saison et de proximité vendu directement par des producteurs locaux. C'est le même prix qu'en grande surface mais la qualité est bigrement supérieur.
Pour des produits moins frais (confiture, miel, viande et dérivé - saucisson, paté - …) des coopératives sont sur la route.
Je dirais que plus de 50% de ma nourriture est acheté quasi directement au producteur. Pour le même prix qu'a Auchan mais bien meilleur.
Comme quoi c'est tout a fait possible. Sauf a Paris/banlieue bien sur…
Et evidemment, vendre directement au consommateur inclut de faire des bons produits. Et ça c'est pas tous les paysans qui le font ! !
De LienRag
20H37 | 23/08/2008 |
Votre texte décrit assez bien le fonctionnement actuel, mais n'explique pratiquement pas à quoi sert chacun des échelons que vous présentez, ni pourquoi on ne peut s'en passer.
De General Subverciòn
viva Makhnovchtchina | 22H00 | 23/08/2008 |
Ben voyons…des fois que les intermédiaires,ceux notamment qui pratiquent les marges arrières ne puissent plus se sucrer sur nôtre dos…Oû irait-on mon Pov'Monsieur….Les parasites,au chomdu,comme moi et les autres…
De survivant
22H59 | 23/08/2008 |
Pas besoin de se creuser trop la matière grise pour comprendre le système et le jeu des intermédiaires qui pratiquent le chantage à l'emploi. Combien de professions et de salariés sur le carreau sans eux ? L'agriculture intensive, les industriels qui conditionnent les produits, les enseignes de la grande distribution et toutes leurs armadas de salariés, les routiers, les publicitaires, ect. Alors la question des producteurs aux consommateurs revient à dire que seul une catégorie de consommateurs peut encore se procurer des produits frais ce qui n'est pas faux surtout pour les citadins obligés de se fournir dans les enseignes. Le système sans intermédiaire produit avant tout par des petites exploitations agricoles et les maraichers se retrouvent souvent sur les marchés et certains d'entre eux ont la chance d'obtenir le fameux label AB pour faire grimper les prix ce qui n'est pas au goût de toutes les bourses. Les empoisonneurs ont encore de beaux jours devant eux !
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 00H38 | 24/08/2008 |
« En clair, bonne nouvelle pour vous, vous allez pouvoir continuer à déblatérer sur le sujet pendant des siècles, la situation est loin de s'arranger. »
Les commentaires faits ici même en sont la parfaite illustration.
De emmanuel24
08H58 | 24/08/2008 |
ça ne touche pas que l'agriculture,ces supermarches sont des plaies :
imaginez un super dans un region touristique 2 mois de l'année,on embauche des locaux pour un vil prix(1 emploi gr distri egale 10 emplois perdus ailleurs),on vend des produits cultivés parfois à des milliers de km(frites surgelées,rose,ect)s'ajoute le cout environemental,on fait travailler un peu les agri locaux,« pour la galerie »,au prix du rond-point ça vaut le coup,
les benefices quittent le departement,c'est un cambriolage,une mise à sac,c'est un desastre.
Une etude sur les mefaits cumulés de ce systeme pourrait faire du bruit,peut-etre existe t-elle ?
à emmanuel24
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 11H05 | 24/08/2008 |
emmanuel, veillez jeter immédiatement votre ordinateur mélange de fabrication chinoise et malaisienne ou américaine. A partir d'aujourd'hui, vous marcherez pied nu, les chaussures sont chinoises. Non, non pas de chaussettes non plus => chinoises et puis tant que j'y suis, à poil, le textile en France c'est pas ça. Je suis d'accord avec vous ça sera très dur… d'autant plus que vous êtes à pied, votre voiture à donnée de l'emploi à des Roumains.
De plus que votre idée de 9 emplois perdus à cause de la GD. Vous oubliez un détail : l'argent ne tombe pas du ciel. Mais pour vous faire plaisir on va imaginer la situation. La GD s'est barrée et 10 vendeurs de légumes se sont mis sur le bord de la route. Y'en a un, je sais comment on le paye, c'est le résultat de la vente de légume (les même qu'aurais vendu la GD), un autre, aller (c'est dimanche je suis de bon poil) 2 autres reçoivent la marge qu'aurais récupéré la GD (c'était une GD très crade), mais ces 2 là n'ont rien vendu et ça inclut de faire une marge pour payer des gus qui ne bossent pas. Quand aux 7 derniers, ben là je sais pas comment vous voulez les payer. A moins de multiplier le prix des denrée vendue par 3 pour payer vos emplois supplémentaires…
Bon maintenant, je vais vous expliquer comment fonctionne un client. Ça fait mal, mais demandez vous si vous n'avez jamais eu cette démarche vous là devant votre écran.
1/ Un client est feignant. Il râle déjà comme un cochon quand on lui annonce que le produit qu'il cherche est à l'autre bout du magasin. Imaginez un peu ce que ça donne si je l'envoi chez le boucher à l'autre bout de la ville. La majorité des gens n'a pas envie de traverser la ville de long en large pour faire la totalité de ses courses. Ce point de caractère est le plus visible. Certains diront qu'ils n'ont pas le temps, non, non c'est de la paresse.
2/ Un client demande du choix. Et alors rien à foutre mais rien à foutre du nombre de kilomètres parcourus. La majorité des gens se disent que d'accord c'est bien quand c'est produit localement. Mais il le veulent leur smutella et leur cocu colique et leur pticon pour mettre dans la bière heinetienne. Et gare à nous employés du magasin si le produit n'est pas présent en rayon, rien à foutre si il y a 40 intermédiaires qui ont pu faire une erreur avant. C'est notre faute, point.
Soit dit en passant je ne suis pas mieux. J'adore un fruit produit en Indonésie qui s'appelle le mangoustan et alors ? Je fais quoi ? J'oublie et je pleure ? Morne vie que celle où il est interdit de découvrir ce qui se trouve à plus de 20 Kilomètre de chez soi…
3/ Un client va automatiquement au moins cher, pire qu'un radar. Le comportement type, c'est quelqu'un qui va passer devant les tomates française en disant « elles ont l'air bonne » et qui va prendre 1Kg de tomates marocaines. La preuve, on est obligé de cacher les premiers prix au ras du sol pour vendre un truc un peu plus cher. Je vous rappel que quand un produit augmente même si c'est intégralement pour mieux payer les employés de l'entreprise ça gueule sec et naturellement avec les employés de la GD parce que fatalement, quand c'est plus cher c'est notre faute. C'est bien connu : tous les fournisseurs nous vendent tous leurs produits à 1ct, tout ce qu'il y a au dessus c'est notre saloperie de marge. Et puis, le home cinéma à crédit ne va pas se payer tout seul (C'est le cas le plus caricatural, la plupart mangent des pâtes parce que ils se sont payé un nid douillet : quid des marges du marché immobilier ces dernières années ? )
Vous oubliez un gros détail, la GD vit de ses clients. Sans client, pas de GD.
Si elle adopte se concept, c'est parce que il répond aux attentes des clients.
- Enlevez la proximité de tous ces produits même les plus difficiles à trouver => La GD ferme.
- Enlevez les produits préférés souvent produits ailleurs => La GD ferme.
- Augmentez les prix pour payer tout le monde comme il l'entend => La GD ferme.
Vous l'avez dit mieux que moi, il existe un tas d'autres systèmes d'approvisionnement mais il n'ont pas le succès de la GD. Que je sache les clients ne rentrent pas avec un pistolet sur la tempe, c'est que la GD doit répondre aux attentes de la majorité. Et c'est ballot, mais il faut un nombre incroyable d'intermédiaire pour centraliser entre 30 000 et 80 000 produits par grande surface pour répondre à ces attentes.
N'empêche je vous comprend. On n'a pas le choix quand au prix de notre logis, pareil pour les transports, pareil pour les énergies, alors on râle sur le dernier bastion sur lequel les prix peuvent baisser : l'alimentaire.
à Homer555
De azerty69
ExecutieveBranleur | 12H59 | 24/08/2008 |
En total accord avec Homer555.
Il s'agit la encore de relever la totale contradiction entre ce que l'on fait et ce que l'on dit ou idéologise.
(C'est la même différence entre la personne de gauche et le gauchiste, pour ceux qui me demandaient la définition de gauchiste).
La GD ne fait que suivre et répondre a la demande du consommateur.
Le consommateur veut dépenser peu et facilement pour bouffer afin de s'acheter des DVD et des écrans plasma.
On peut aujourd'hui acheter de bons produits pour moins cher qu'en GD tout en favorisant l'emploi de qualité et local. Encore faut il se bouger le cul. Et que l'on ne me sorte pas la question de « pas le temps ». Ceux sont les pauvres sans emplois qui « en moyenne » bouffent le plus des repas préparés
à Homer555
De vol19
awash | 20H12 | 24/08/2008 |
@homère
Question annexe, vous arrivez à trouvez des mangoustans en France… ? A quel prix ? Si ça vient par avion ? Les litchies ou les mangues par bateau, très décevant.C'est comme les Durians, on en trouve dans les supermarchés spécialisés mais j'ose pas.
L'Espagne (dans le Sud) se met à produire des fruits exotiques, des mangues au goût assez farineux. C'est sans doute le début. Déculpabilisant sur le plan bilan carbone ?
Par contre, on pouvait trouver des mangues sur le marché expédiée par avion quasiment au prix des pêches bio du Monsieur. Au final, je consomme plutôt local même si je préfère largement les fruits de làbas.
à vol19
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 12H01 | 25/08/2008 |
J'en trouve uniquement à noël. Dans le magasin où je travaille, on en fait venir une bonne quantité pour les corbeilles par avion d'indonésie. Elles sont à plus de 25€/Kg mais j'en prend toujours 3-4 pour me faire plaisir.
Il est impossible d'en cultiver en Europe car le mangoustanier meurt sous 30° et à besoin d'un sol tout le temps humide. Il meurt hors zone tropicale.
à Homer555
De emmanuel24
08H24 | 25/08/2008 |
je ne suis pas contre le fait d'acheter des produits venant d'ailleurs que mon departement,seulement je n'achete pas de tomates en hiver,je regarde la provenance des produits,je n'ai d'aileurs aucune envie d'acheter des tomates marocaines ou du sud espagne,allez a campo-hermoso et regardez certains visages si vous le pouvez,moi je n'ai pas pu(utilisation de pesticide carrement sur les ramasseurs,ça fait de droles d'enfants)en plus de venir de loin,c'est du poison.alors j'y pense quand je fais mes achats,et aussi quand je recolte mes legumes bio pour moi et mes enfants.
Sur le commerce ,j'etais agriculteur,j'ai travailé avec des supermarchés,les marchés,oui les supermarchés savent vendre,et les agriculteurs doivent s'en inspirer.
Quand ces pauvres enseignes augmentent les prix pour mieux payer leurs employés,là c'est drole,vous etes directeur de grandes surfaces ? « notre » marge,demasqued…c'est vrai que les gd sont de vrais meres poules,le systeme hierarchique est tel que tout le monde a peur,tres bonne emission de mermet sur FInter,avec micro,camera,mec planqué dans des caisses,chantage,de toute beauté….personellement apres avoir reclamé 5000 frs pendant 1 an,je suis entré 1 jour dans le supermarché,j'ai ete au rayon champagne,puis au rayon verre,je me suis mis a l'entrée,et un quart d'heure apres j'avais mon cheque,intermarché ça rime avec enfoiré,mais les autres aussi.Les collegues m'avait prevenu,ça n'est pas une legende.
1 emploi de supermarché,10 emploi perdu ailleurs,je n'ai pas parlé de vendeur de légumes,ce ne sont pas « mes » chiffres ,c'est la realité mesurée et maintes fois entendue.
Justement j'ai le choix pour les energies les transports de mes tomates,pour la baisse des prix,j'ai un jardin,des animaux,je reconnais avoir beaucoup de chance de reflechir et d'etre le plus en accord avec moi meme et ne faire que « couiner »,je pense juste que les gd pourraient s'en foutre moins dans les fouilles,et avoir un peu d'humanité,que si ce systeme a des avantages,il est adapté a une vie de con,je pense que l'on peut faire autrement,je ne suis pas fataliste,mais realiste,je m'informe,je n'avale pas n'importe quoi,j'agi.
à emmanuel24
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 12H39 | 25/08/2008 |
Faisons un jeu.
Demain on organise un vote à bulletin secret avec les clients d'une grande surface. Pour ou contre l'augmentation des prix pour mieux rémunérer les employés (du magasin ou des fournisseurs on s'en fout c'est du pareil au même).
D'après vous, quel sera le résultat ? Moi, je mise sur une victoire écrasante du contre. Parce que quand on touche au porte monnaie des gens ils sont capables de montrer une face très sombre.
Il faut vraiment comprendre que la politique d'une grande surface, n'est que la réponse aux envies des clients aussi sombres et immorales soit elles.
Relisez j'ai bien mis MÊME si c'est pour mieux rémunérer les employés les clients râleront. Et j'ai écrit NOTRE marge parce que les client nous balancent toujours : « VOTRE saloperie de marge ». Normal que je pense que je l'empoche quand j'entends leurs expressions à longueur d'année…
Je suis employé GS, j'ai été cadre GS, je connais bien le système pour y avoir trempé jusqu'au cou et je suis doué pour la sociologie/psychologie.
C'est important : Un client n'en à rien à foutre de vous, de moi, de tout ce qui se trouve en amont du produit. Il ne pense qu'au prix et à son porte monnaie, le reste se n'est pas son problème.
Vous me semblez partir du principe que le client est citoyen et gentil, c'est ultra faux.
Comme je l'ai dit : vous voulez changer les choses, c'est bien. La majorité ne le souhaite pas visiblement.
Et puis pour s'en mettre plein les fouilles… Quand je vois des entreprises de l'immobilier, des énergies, des fonds de pensions dégager des marge à 2 voir 3 chiffres, je n'ai jamais trouvé choquant qu'une grande surface dégage 5% de bénéfice.
Comme je l'ai dit dans un autre post, si on prend un rayon fruit et légume, il faut payer 6 employés, un chef de rayon, en partie un réceptionnaire, une personne de la déco, comptable, secrétaires, directeur etc… plus un peu d'électricité, de gestion des dechets, de matériel léger type tirepal… La marge fond comme neige au soleil.
Vous pouvez analyser les chiffre : Une grande surface dégage 5% de bénéfice une fois tous ces frais payés. Et elle n'a pas encore investie ni donné la prime de bénéfice. Sérieusement il doit rester 2-3% du chiffre d'affaire qui traine sur un compte tous les ans. Je le répète, je ne trouve pas ça choquant.
à Homer555
De azerty69
ExecutieveBranleur | 17H44 | 25/08/2008 |
Homer555, vos coms sont instructifs en plus d'être moralement honnête et loin de la démagogie ambiante.
Moi aussi j'ai travaillé en Grande surface : Logiciels de calcul de marge sur les produits frais (fruit/légume/poisson/boulangerie)…
Ce que j'y ai appris c'est que quasiment personne ne connait la marge que se fait une GS sur un produit.
Il y a la marge de l'acheteur Auchan, la marge de la plateforme de stockage Auchan, la marge du magasin vendeur Auchan, la marge du développement Auchan (basé en suisse bien sur), les marges arrières… On avait même coutume de dire : « Une fois que le produit est en magasin, le but est de s'en débarrasser, même a prix coutant, la marge est déjà bien assurée ».
Je me souviens aussi de la marge brute sur matière première du pain au chocolat : 95%.
à azerty69
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 18H31 | 25/08/2008 |
C'est totalement ça le problème avec la mauvaise réputation des grandes surface : Tout le monde observe la marge brut alors que c'est la marge tous frais payés qu'il faut regarder.
De alf40
commercial | 15H52 | 24/08/2008 |
Cher nous tous,
perso je souhaite plus réagir sur l'interaction GD/commerce équitable.
Je pense que ce messieur qui cela dit décrit assez bien le fonctionnement de la GD pour les fournisseurs conventionnels ne sait peut etre pas qu'il en n'est pas de même pour l'ensemble des fournisseurs.
Irreductible gaulois ou simple prise de conscience de la GD, dans le cas des puristes du commerce équitable (CE) la GD s'engage à ne pas nous décortiquer comme des crevettes. N'oublions pas tout de même que ce sont des hommes et des femmes qui dirigent la GD et qu'ils ont aussi un cerveau (oui oui je vous jure). ils sont capable de comprendre que le commerce peut etre different et qu'il peut se faire sans budget de référencement et tous les classiques que la GD demande…
Alors oui peut etre le CE est dans la gueule du grand méchant loup, mais pour le moment cela fonctionne très bien. juste pour info : aujourd'hui le commerce equitable n'aurait mais pas du tout le même impact auprès de la population française et des producteurs si la GD ne nous avait pas permis de rentrer dans ses magasins…
(pour le CE 1GD représente en vente 10 magasins spécialisés ; il vaudrait pas loin de 1 boutique par commune pour arriver à effectuer l'ensemble des volumes CE réalisés en France (et encore je suis gentil) (aujourd'hui le reseau le plus développé c'est artisans du monde avec plus de 100 boutiques spécialisées en france…)
à alf40
De azerty69
ExecutieveBranleur | 16H13 | 24/08/2008 |
Les limites du bio et du CE.
Il faut bien distinguer 2 sortes de commerce « différent ». Je prends souvent l'exemple du chocolat ou du vin.
Une très grande partie de ces produits (chocolat et vin) bio ou CE sont mauvais. LA raison, je l'imagine : quand on a un produit de mauvaise qualité, soit on en fait des tablettes de chocolat Cemoi avec une marge très très faible, soit on marketing « bio » et on vend très cher avec une grosse marge sur un produit dégueulasse.
En dehors du militant ayant la foi, le commerce « différent » ne peut se développer que si on respecte l'équation : « produit plus cher, plus difficile a acheter mais meilleur et avec un meilleur rapport qualité / prix ».
Autre exemple : le commerce de proximité de produit pseudo locaux et pseudo artisanaux sur les places touristiques. Heureusement qu'il y a des grandes surfaces pour ne pas être obligé de partir avec une remorque pleine de nourriture.
à azerty69
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 20H40 | 24/08/2008 |
Juste une petite parenthèse. Je suis vendeur de vins.
Le Bio représente environ 2% du rayon, ça n'a l'air de rien mais il y a entre 2 et 3 références bio par AOC/famille de vin. Il y a de cela 5 ans, j'avais environ 5 références bio pour tout le rayon.
Même si il est vrai que les producteurs de vins bio pensaient alors que les consommateurs bio devaient acheter leur vin parce qu'il est bio, c'est en train de changer car la concurrence se met en place dont des producteurs très sérieux.
à Homer555
De DIOPZO
09H57 | 25/08/2008 |
Le vin bio n'existe pas (pas de texte législatif). Ce qui existe c'est la viticulture bio, c'est à dire le travail de la vigne.Le jour où la législation obligera les producteurs de vin à mentionner la composition du breuvage sur l'étiquette, nous aurons des surprises (grands crus compris).N'oublions pas que la viticulture représente 10% des surfaces cultivées mais consomme 80% des produits Phytosanitaires…Ce qui ne m'empêche pas d'être amateur de vins.
à DIOPZO
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 11H55 | 25/08/2008 |
Oui bon, c'est un abus de langage, je le concède. Le terme exacte est « vin issu de raisins cultivés en agriculture biologique ». Mais ça inclus que ce raisin à été cultivé sans produits phytosanitaire. On touche alors à la culture des raisins bio, identique à celle des raisins de table bio.
Ensuite, il est possible, même dans les vins bio, de rajouter des additifs du type sulfites. Sous ce nom barbare, se cache un composé (SO² ou dioxyde de soufre) produit naturellement par les bactéries lors de la fermentation. On aide simplement la nature en rajoutant un peu de ce produit qui empêche les maladies du vin.
Je pense que se qu'on appel un vin bio ne compte pas de rajouts purement chimique dans sa composition.
Vous savez, dans la fabrication du vin, outre les contrôles et les connaissances actuelle en terme de réaction aux évènements, la méthode n'a pas changé énormément en 2000 ans.
De Keldan (auteur)
Polytoxicomane à temps partiel | 16H21 | 25/08/2008 |
Je voudrais tout d'abord présenter mes excuses sur la qualité du texte. A l'origine ce n'était qu'un commentaire de l'article initial, rédigé rapidement et donc laissant de cotés de nombreux détails, usant de raccourcis parfois rapides, utilisant un style pas vraiment propre et n'étant pas très bien structuré.
Je ne voulais pas faire un véritable exposé mais plus une explication du contexte et du fonctionnement de ce gros machin bien complexe.
De plus, même si je m'intéresse à toute la chaine du producteur au consommateur, par ma profession mon point de vue se situe au niveau commercial de l'industriel, c'est à dire en aval de l'usine et en amont du supermarché.
Mais par contre je travaille avec une gamme très large de clients, allant du petit fabriquant local aux grandes multinationales, en nombre assez grand pour pouvoir affirmer sans trop me mouiller qu'un jour ou l'autre chaque riverain a payé une part de mon salaire en faisant ses courses : )
Je ne tiens pas à raconter ma vie, mais je me devais de faire le point afin que vous puissiez vous faire une idée de ma crédibilité.
Pour démontrer la nécessité perverse du système des centrales d'achat, je vais prendre en exemple une célèbre société suisse qui vend de nombreuses variétés de glaces et de chocolats dans tous les supermarchés de France.
Si elle doit placer ses produits dans le gigamarché de Ste Banlieue sur Seine, surface de 12000m², 30m de linéaire glace et 1 million d'habitants sur la zone de chalandise dont 7000 clients rien que le Samedi, la société peut se permettre d'envoyer un commercial sur place pour négocier directement.
Par contre, à St Perdu en Nulpart, 50m², 300 hbts et 10 client par jour, il n'est pas rentable de négocier directement. Mais il ne faut pas passer à coté, car il y a des milliers de point de vente de ce genre. Et c'est donc là qu'il est nécessaire de passer par un organisme central.
Dans l'autre sens, imaginons une petite entreprise qui fabrique une boisson quelconque, selon une recette brevetée (donc non reproductible ailleurs), et que cette boisson finit par connaitre un succès à l'échelle national.
Quelle solution a l'industriel pour pouvoir la vendre partout en France ? Il ne peut pas se permettre d'ouvrir une usine à coté de chaque supermarché de France, l'usine devant produire une quantité minimum pour être rentable. Il ne peut pas non plus se payer le luxe de livrer chaque point de vente.
Il doit donc passer par un intermédiaire qui distribuera son produit, que ce soit une centrale d'achat cotée en bourse ou bien une association de consommateurs suffisamment importante pour couvrir tout le territoire.
A moins de raser les villes de plus de dix mille habitants et de revenir à une consommation uniquement local, le système des centrales d'achat est nécessaire, car efficace, pratique et hygiénique. Mais, grand fléau de ce monde post-capitalisme, la cupidité de chaque parti (producteur, vendeur et consommateur) grippe cette belle machinerie.