Choqué par le texte que vous avez écrit sur le reportage de BHL et par l'utilisation que vous avez faite du témoignage détaillé que j'ai bien voulu vous donner, je vous demande d'avoir l'honnêteté de publier ces lignes sur votre site.
J'ai accompagné votre cible dans la quasi totalité de son périple géorgien et tout ce qu'il dit avoir vu en ma compagnie est vrai. A deux moments, nous avons été séparés.
1/ Lorsqu'il a pu passer le barrage russe qui nous empêchait de rentrer dans Gori : sur cette partie de son reportage, consultez le papier de la journaliste du Washington Post présente à ses côtés et qui confirme ses vues (il n'a jamais écrit dans le Monde avoir atteint le centre de Gori).
2/ Quand nous avons dû descendre le lendemain de notre camionnette blanche (qui n'avait rien de luxueuse, je peux vous le garantir) sur la route de Gori au dernier barrage géorgien avant le check-point russe où ont eu lieu le vol de voitures dont il parle dans son article. A cet instant, je suis parti avec ma caméra faire des sonores de militaires géorgiens à l'écart de la route pendant plus d'une demi-heure. Je vous ai expliqué que nous étions si près du check-point russe qu'il a pu les voir en se déplaçant à pieds (je vous ai décrit le coude fait par la route à cet endroit). Il marche assez bien pour faire un cent mètres en moins de trente minutes (pas un record olympique, vous en conviendrez).
Je me suis confié à vous en croyant à votre histoire de « fact-checking », alors que vous n'aviez qu'un but : détruire un témoignage important et, surtout, conforme à la réalité que j'ai constatée sur place. Quand un peuple se bat pour sa liberté (et indirectement la nôtre), vous jugez primordial de vous arrêter à une histoire d'avion privé. C'est votre choix, mais je vous prie de ne pas tronquer mes propos pour servir un objectif que je me réjouis de ne pas partager.
Raphaël Glucksmann




















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De Rue89 (auteur)
12H44 | 23/08/2008 |
La réponse de Rue89
Notre entretien téléphonique avec Raphaël Glucksmann a duré près de trois quart-d'heure, en reprenant point par point et chronologiquement les détails du voyage en Géorgie. Il a répondu précisément aux questions que nous lui posions.
1/ Il est clair que Bernard-Henri Lévy ne pouvait pas décrire Gori « ville brûlée » là où il se trouvait. Raphaël Glucksmann n'était pas avec lui à ce moment-là, mais c'est ce que mettent en évidence plusieurs témoignages, en particulier celui de Marie-Anne Isler-Béguin. D'ailleurs, lorsque nous demandons à BHL de préciser ce point, il répond :
Ce n'est donc plus une ville qui brûle, comme il l'écrit dans Le Monde.
2/ Sur cette journée du vendredi et le « braquage » invoqué dans Le Monde, Raphaël Glucksmann nous a effectivement précisé avoir fait des interviews avec des militaires géorgiens, au bord de la route, mais il n'a en revanche jamais évoqué le détail d'un déplacement à pied de BHL, ce qu'il suppose toutefois dans son droit de réponse :
Or, BHL lui-même n'a jamais invoqué, ni à nous ni dans Le Monde, un quelconque déplacement à pied. Et la phrase que nous attribuons à Raphaël Glucksmann est très précisément celle qu'il nous a dite au téléphone :
Et lorsque nous insistons, lui demandant « mais alors, il n'a pas vu cette scène ? », il répond « moi, en tout cas, je ne l'ai pas vu ». C'est pourquoi nous avons ensuite posé la question à BHL :
A noter que nous avons donc bien demandé à Bernard-Henri Lévy s'il avait assisté à la scène personnellement, mais qu'il a choisi de ne pas répondre à cette question.
Alors, qui dit la vérité ? Etait-ce au barrage géorgien ou au barrage russe ? Une équipe de journalistes ou une équipe du HCR ? Ni BHL, ni Raphaël Glucksmann n'apporte de réponse convaincante à ces questions. Le philosophe s'est-il rendu à pied au barrage russe, observant seul la scène racontée ? Si c'est le cas, pourquoi le documentariste nous parle d'une scène racontée par les policiers géorgiens ?
Autant de questions que nous aurions pu poser à Bernard-Henri Lévy si celui-ci n'avait accepté, pour seul mode d'échange, le questionnaire écrit par mail reproduit dans l'article.
Dernier point : Raphaël Glucksmann nous reproche d'avoir voulu « détruire un témoignage important et, surtout, conforme à la réalité que j'ai constatée sur place ». Nous n'avons jamais discuté les « convictions » de BHL, qu'il défend régulièrement dans les colonnes de la presse française, nous avons uniquement vérifié ce qui dans ce « témoignage » relevait du reportage ou du « romanquête », un genre revendiqué par l'auteur par le passé. Ce dont Raphaël Glucksmann semblait se réjouir, puisque, au deux tiers de notre entretien, il déclarait :
Pourquoi a-t-il changé d'avis ?
Julien Martin, Pascal Riché et David Servenay
De Philou017
Informaticien | 13H55 | 23/08/2008 |
Les ci-devant BHL et Glücksmann junior ont bien du mal à s'extraire de leur « bourbier » Géorgien.
A noter la réaction de l'AFP qui tente de minimiser l'affaire :
http://afp.google.com/article/ALeqM5i185s9PEGH_BOBPxTy7H7ksulLEQ
Les médias se serrent les coudes. Faites circuler l'info !
à Philou017
De Ashel
écrivain | 21H56 | 23/08/2008 |
Très bonne info qui montre bien comment opère la banalisation de ce qui gêne. Presque encore plus écoeurant que les récits de BHL. Et c'est pas peu dire.
De vecek
musicien | 17H39 | 23/08/2008 |
Bravo pour cette enquête fouillée !
Enfin un travail d'investigation respectable.
De C. Creseveur
D'actualité | 21H31 | 23/08/2008 |
Nous avons vu Gori aux infos : en matière de destruction et de ville brûlée, « Pillée. Réduite à l'état de ville fantôme. Vidée. » on nous a montré un impact dans la chaussée et des traces de chenilles. Quant à la population elle était bien là, et ce qui semblait la gêner plus que « l'odeur, légère, de putréfaction et de mort », c'était la présence militaire.
Malgré l'évidence BHL continue à nier. Mais il a fait du ridicule son métier. Serait-il en train de faire des émules ?
De P a z
22H25 | 23/08/2008 |
Je reprends le titre d'un article de Esther Benbassa :
Rue89, les auriez-vous tous rendus fous ?
Et l'occasion de vous applaudir.
De pomme53
Médiation | 09H10 | 24/08/2008 |
Serions-nous revenus au temps de la « guerre froide » ? Où la désinformation était pareillement mise en scène ? ?
Au delà de l'idée d'un « romanquête » , possible futur succès littéraire, par ses déclarations « aléatoires » et ses « appréciations personnelles » des faits, que cherche à « diffuser » dans l'opinion un Bernard Henri Lévy en mal de crédibilité ?
De anamaywong
12H35 | 24/08/2008 |
Rue 89, en vérifiant l'article de BHL, « le prince des médias » a soulevé un beau tollé.
En ces temps de communautarisme les journalistes se serrent les coudes, se soutiennent malgés toutes le dérives imputés aux médias français.
- Le Monde a fait un communiqué et c'est tout !
- Liberation a fermé ses commentaires.
- le Nouvelobs a fermé deux commentaires de ses lecteurs : BHL et l'arrivée d'askolovitch au JDD.
- Le huffington post (ou la chronique de BHL a été publiée) vous etes souvent cités, les réactions different mais au moins les lecteurs américains sont au courant des affabulations du personnage.
Votre « fast-checking » devrait faire des émules dans la profession.
Ou la conclusion est que le seul moyen de s'informer est de lire la presse « on line“puisque les médias (presse écrite, radio, tv) sont muselés par leur lacheté, leur soumition et leur manque d'ambition.
Vous les anciens journalistes de Libe et autres faites un beau travail. Continuez !
De Avril
19H10 | 24/08/2008 |
BHL essaime : l'article du Monde a été totalement traduit pour le Huffington Post, un gros média démoctate de la côte ouest.
http://www.huffingtonpost.com/bernardhenri-levy/georgia-at-war-what-i-sa…
Bien sur, aucune allusion à la polémique… sauf dans de trop rares commentaires.
De Janus 333
Slainte! | 06H28 | 27/08/2008 |
« Quand un peuple se bat pour sa liberté, et indirectement la nôtre… », « un témoignage important.. », à qui Mr Glucksmann va-t-il faire croire ces fadaises ? Il serait tout de même intéressant de savoir qui a financé cet avion privé et ce pseudo-reportage, pour lever les doutes qui planent sur ses commanditaires. Quant à la caution d'une journaliste du Washington Post, elle n'est guère convaincante, vu le part-pris américain dans cette affaire.
De Compté supprimé 2
Compte supprimé 2 | 18H48 | 30/08/2008 |
c'est quoi un fact checking ?
à Compté supprimé 2
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 18H57 | 30/08/2008 |
Hestia ?
Tu vois cette bouteille de lait ?