Contrairement à ce qu'il a écrit dans Le Monde, le philosophe n'a pu se rendre dans la ville de Gori. Ce n'est pas la seule affabulation.

Qu'on l'apprécie ou non, il faut reconnaître que Bernard-Henri Lévy, qui s'est rendu la semaine dernière en Géorgie, ne manque ni de courage, ni de convictions. Mais BHL n'est pas un journaliste, et le récit qu'il a rapporté pour Le Monde, titré « Choses vues dans la Géorgie en guerre », est à prendre avec des pincettes. Ainsi, lorsque BHL déclare qu'il est arrivé à Gori mercredi 13 août et qu'il a vu une ville « brûlée », il affabule. Il n'a pas réussi à entrer dans la ville.
Rue89 a entrepris de faire ce que les confrères anglo-saxons appellent un « fact-checking », une vérification des informations livrées par un reporter. Ce que BHL n'est pas : il est présenté dans le quotidien comme « philosophe et essayiste » et son récit a été prudemment rangé sous l'étiquette de « témoignage ». Il n'en reste pas moins que ce récit occupe deux pages au centre d'un journal jouissant d'une autorité certaine en matière d'information internationale.
Deux jours et demi de balade, dans la confusion de la guerre
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Commençons par ce que ne raconte pas le « témoignage » de BHL : les conditions de la balade. Mercredi 13 août, rendez-vous est pris à l'aéroport du Bourget devant l'aérogare de Darta, une compagnie d'aviation privée. Le philosophe a loué un jet pour rallier Tbilissi, qui n'est plus desservie.
Il est accompagné par son vieux complice, l'éditeur Gilles Hertzog, le documentariste Raphaël Glucksmann et un journaliste de France Culture, Omar Ouamane. Plus un garde du corps. Le jet se pose vers midi en Géorgie, « juste pour le déjeuner », précise Raphaël Glucksmann. Prévenue par son ambassadeur à Paris, la présidence géorgienne a dépêché l'un de ses traducteurs pour accompagner BHL durant tout son séjour.
Celui-ci sera court, puisque Bernard-Henri Lévy repartira samedi matin, à 8 heures, de Tbilissi. Il aura donc passé deux jours et demi en Géorgie. L'équipage descend au Marriot Tbilissi, un hôtel cinq étoiles fréquenté par les journalistes et les diplomates.
Plusieurs journalistes français, surpris par sa présence, interrogent dès son arrivée l'intellectuel qui ne cache pas les motifs de son voyage : défendre la liberté en Géorgie contre l'ogre russe. Plusieurs radios, comme France Inter, France Info ou RFI, diffuseront des extraits de ces interviews.
La multiplication des chars
Dans un minibus blanc climatisé, direction Gori, l'une des villes occupées par les troupes russes. Première « chose vue », sur la route :
« Le fait est que la première présence militaire significative à laquelle nous nous heurtons est un long convoi russe, cent véhicules au moins, venu tranquillement faire de l'essence en direction de Tbilissi. »
L'envoyé spécial du Nouvel Observateur, Christophe Boltanski, qui emprunte la même route, le même jour, a compté les véhicules de cette colonne. Il en a recensé trente : six camions de troupes, six camions citernes, sept blindés APC, trois camions essence, six chars, deux ambulances.
Encore quelques kilomètres et l'équipage retrouve un groupe de journalistes, bloqués à un barrage tenu par la police géorgienne. Les journalistes ont suivi Alexandre Lomaia, le conseiller géorgien pour la sécurité nationale, qui avait décidé courageusement de se rendre à Gori, accompagné de l'ambassadeur d'Estonie. Le convoi est bloqué à quelques kilomètres au sud de la ville. BHL descend alors de sa camionnette blanche.
Vincent Hugeux, grand reporter à L'Express, s'étonne :
« J'ai reconnu sa silhouette. Il était accompagné de Gilles Hertzog et Raphaël Glucksmann. BHL a même lancé à un journaliste français : “Ah, mais nous sommes confrères ! ‘’
Ne pas voir Gori, mais en parler quand même
BHL franchit le barrage, dans des conditions sur lesquelles nous reviendrons, et racontera dans Le Monde la scène suivante :
‘Nous arrivons à Gori. Nous ne sommes pas au centre-ville. Mais, du point où Lomaia nous a laissés avant de repartir, seul, dans l'Audi, récupérer ses blessés, de ce carrefour que contrôle un char énorme et haut comme un bunker roulant, nous pouvons constater les incendies à perte de vue. Les fusées éclairantes qui, à intervalles réguliers, illuminent le ciel et sont suivies de détonations brèves. Le vide encore. L'odeur, légère, de putréfaction et de mort.Et puis, surtout, le bourdonnement incessant des véhicules blindés et, une fois sur deux à peu près, des voitures banalisées remplies de miliciens reconnaissables à leurs brassards blancs et à leurs cheveux retenus par des bandanas.
Gori n'appartient pas à cette Ossétie que les Russes prétendent être venus libérer’. C'est une ville géorgienne. Or ils l'ont brûlée. Pillée. Réduite à l'état de ville fantôme. Vidée.”
Problème : BHL n'est jamais “arrivé à Gori”, et les Russes n'ont pas “brûlé” la ville.
Que s'est-il passé ? Avec son équipe, il s'est débrouillé pour passer ce premier barrage en compagnie d'Alexander Lomaia et de quelques autres personnes (l'ambassadeur estonien, la députée européenne Marie-Anne Isler-Béguin et la journaliste du Washington Post Tara Bahrampour).
Deux heures plus tard, vers 22h30, dans la nuit noire, BHL est de retour au premier barrage où attend la presse. Il sort du véhicule, le visage grave, et avec sa voix de Malraux, il témoigne devant les journalistes :
“La ville est nettoyée, Gori est une ville fantôme, il y a des flammes partout ; apparemment pas âme qui vive, Gori a été vidée de sa population. C'est ce que les Russes appellent la pacification.”
L'eurodéputée Marie-Anne Isler-Béguin intervient alors pour démentir : “mais non, on n'était pas à Gori”, dit-elle aux journalistes, “on a été bloqués à un barrage à 1,5 kilomètre de la ville”. Elle connaît cette région depuis huit ans. Seuls les champs brûlaient, ajoute-t-elle. Les armées brûlent parfois les champs pour éviter le risque des snipers embusqués.
Plusieurs témoins confirment : BHL n'était pas à Gori
Déléguée du Parlement européen pour le Caucase Sud, Marie-Anne Isler-Béguin revient sur l'épisode pour Rue89 :
“Je viens de découvrir son témoignage. Je suis un peu surprise qu'il n'ait pas tout à fait dit comment ça s'était réellement passé. Mais il a peut-être oublié… J'ai vu Bernard-Henri Lévy pour la première fois lors de ce voyage au check-point où étaient bloqués tous les journalistes, à cinq kilomètres de Gori.‘Si Bernard-Henri Lévy est monté avec Lomaia et moi, c'est parce que j'ai intercédé en sa faveur. C'est lui qui m'a demandé : Madame la députée, je voudrais me joindre à la délégation.’ Et c'est moi qui ai obtenu l'accord de l'ambassadeur d'Estonie. Dommage qu'il ait oublié ce petit détail… En plus, c'est le seul qui soit monté dans la voiture avec son garde du corps.
‘Et il y a d'autres approximations. S'il arrive à distinguer les militaires des paramilitaires, il est plus doué que moi. S'il a senti une odeur de putréfaction, moi pas. Il écrit aussi que Gori a été brûlée, pillée et réduite à l'état de ville fantôme, mais à ce moment-là, on ne pouvait pas le dire, tout simplement parce que personne n'y était encore allé. Enfin, nous nous sommes arrêtés à 1,5 kilomètre de Gori.’
Gilles Hertzog, fidèle compagnon de route de BHL, confirme lui aussi la version de l'élue :
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‘Non, on n'est pas rentrés dans la ville, on est resté à l'orée de la ville, je ne sais pas à combien de kilomètres de Gori. Il faisait nuit, on apercevait vaguement des bâtiments quand il y avait des fusées éclairantes, mais on n'était que sur le bas-côté d'une route. Il y avait des champs qui brûlaient autour de nous, on nous a dit que c'était du farming’ [des feux allumés par des cultivateurs, ndlr], mais je ne l'ai pas cru.”
Et même divergence avec BHL sur l'odeur de putréfaction :
“Personnellement, je n'ai rien ressenti, mais peut-être que mon ami Bernard-Henri Lévy lui l'a ressentie.”
Dans son reportage, la journaliste du Washington Post raconte elle aussi cette virée, mais en précisant bien clairement, en début de l'article, qu'elle n'a pas vu la ville. Le “byline”, l'indication du lieu et de la date du reportage placée au début du texte, est très clair : “OUTSIDE GORI, Georgia, Aug. 13” [“En dehors de Gori, en Géorgie, le 13 août‘].
Vendredi 15 : un braquage’ qu'il n'a pas vu
Et que penser de la seconde tentative pour se rendre à Gori le vendredi ? BHL écrit dans Le Monde :
‘Vendredi matin. Nous décidons, avec Raphaël Glucksmann, Gilles Hertzog et la députée européenne, de revenir à Gori que, suite à l'accord de cessez-le-feu rédigé par Sarkozy et Medvedev, les Russes auraient commencé d'évacuer et où nous sommes censés rejoindre le patriarche orthodoxe de Tbilissi en partance, lui-même, pour Shrinvali, où des cadavres géorgiens seraient livrés aux porcs et aux chiens.Mais le patriarche est introuvable. Les Russes n'ont rien évacué. Et nous sommes même, cette fois, bloqués vingt kilomètres avant Gori quand une voiture, devant nous, se fait braquer par un escadron d'irréguliers qui, sous l'œil placide d'un officier russe, fait descendre les journalistes et leur arrache caméras, argent, objets personnels et, finalement, leur véhicule.
Fausse nouvelle, donc. L'habituel ballet des fausses nouvelles dans l'art duquel les artisans de la propagande russe semblent décidément passés maîtres. Alors, direction Kaspi, à mi-chemin entre Gori et Tbilissi, où l'interprète de la députée a de la famille et où la situation est, en principe, plus calme.’
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Le documentariste Raphaël Glucksmann conserve un souvenir différent de ce ‘braquage’. Le convoi de trois voitures est stoppé au dernier barrage de la police géorgienne où on leur déconseille fortement de continuer :
‘Les policiers nous ont raconté qu'une voiture de l'UNHCR [le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies, ndlr] venait de se faire dépouiller au barrage russe. Nous avons donc rebroussé chemin. Je n'ai pas vu cette scène. C'est simple, la route fait un coude et juste après, à 500 mètres environ de là où nous sommes, il y a le barrage russe, mais on ne le voit pas.’
La version de l'eurodéputée sonne, elle aussi, bien différemment de celle de BHL. Contrairement à ce qu'affirme l'intellectuel, elle n'était pas à ses côtés à ce moment précis :
‘Le jeudi, les autorités géorgiennes m'ont assuré que je pourrais aller le lendemain à Gori avec un convoi humanitaire. Mais, le vendredi, on attend une heure, deux heures, et on n'obtient toujours pas d'accord des Russes pour faire partir le convoi humanitaire.Je n'ai donc pas pris de voiture en direction de Gori avec Bernard-Henri Lévy. Je n'ai pas non plus cherché le patriarche, qui a eu l'autorisation de se rendre à Shrinvali pour aller récupérer des corps de Géorgiens, car je savais où il était, mais j'ai seulement regretté de ne pas l'avoir contacté avant.
Je n'avais toujours pas bougé de Tbilissi quand, avec mon assistante géorgienne, on décide alors de se rendre au village de Kaspi, qui n'est pas en zone occupée. Et c'est là que Bernard-Henri Lévy revient vers moi et me dit : On a fait équipe hier, est-ce qu'on continue à faire équipe ?
Gilles Hertzog, n'était pas non plus avec BHL :
Moi, je ne sais pas, je n'étais pas dans la même voiture que lui. Je ne sais plus exactement… Vous savez, on laisse faire nos chauffeurs, ce sont eux qui décident, qui savent où on peut aller.’
Les autos partent en fait à Kaspi pour constater la destruction d'une usine électrique que filmera Glucksmann.
Dernière soirée à Tbilissi, Sartre et la pureté dangereuse
Vendredi, seconde rencontre du philosophe avec le président géorgien Mikheïl Saakachvili. Bloqué depuis plusieurs jours dans sa résidence, le chef d'Etat interroge BHL et Raphaël Glucksmann :
‘Il nous a demandé comment c'était à Gori et Kaspi. Puis, ils ont un échange sur le thème : Pourquoi l'Occident ne répond pas ?
Dans le récit qu'il a rapporté pour VSD, Hertzog raconte :
Bernard-Henri Lévy tente de leur remonter le moral. Pourquoi ne pas inciter les pays de l'Otan qui ont appuyé la demande de la Géorgie à se prononcer solennellement ? Pourquoi ne pas tenir vos conseils des ministres dans une ville menacée ? Saakachvili retrouve un instant le sourire. Très bonnes idées ! , lance-t-il.’
Ensuite, selon Glucksmann, les deux hommes parlent philosophie :
‘Saakachvili a lu La Pureté dangereuse’ et puis il a eu une prof de philo, ancienne correspondante de Sartre, et comme BHL a écrit sur Sartre…”
Retour à l'hôtel à l'aube, fin de l'escapade, tout le monde reprend l'avion vers 8h du matin. Direction Nice, où BHL a un rendez-vous. La folle vie continue.
Le journal britannique The Independent ne s'est pas trompé sur la leçon à tirer de toute l'histoire. Dès lundi 18 août, il écrivait :
“ Les Américains ont envoyé des couvertures, les Estoniens des médecins, mais ce sont les Français qui, assurément, sont venus au secours des gens de l'Ossétie du Sud en proposant d'envoyer leur ‘nouveau philosophe’ [en français dans le texte, ndlr] Bernard-Henri Lévy. ”
Julien Martin, Pascal Riché et David Servenay
Photo : Bernard-Henri Lévy à Cannes en 2008 (Eric Gaillard/Reuters).





















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à patrick du 14
De george.B
16H17 | 22/08/2008 |
de qui ? de laporte ? ou de Sarko ? ou de … ? ou de …. ?
De Luca
là | 11H31 | 22/08/2008 |
Cet article porte en lui les germes du dernier avatar anti démocratico-libéral de Rue 89 et Sartre comme Derrida mes maitres , ceux qui m'ont confié leurs glorieux héritages s'en seraient retournées dans leurs tombes !
BHL
(Désolé mais en tant inconditionnel de Derrida, je peine à supporter ce Monsieur que l'on qualifie de philosophe et qui se prend pour son successeur.)
De affreuxjojo
11H33 | 22/08/2008 |
On le critique, c'est facile. Est-ce qu'on reproche a Hergé ne ne pas avoir visité le Tibet, l'Amérique Latine, les Balkans, etc ? Au moins BHL se rapproche des pays et des guerres dont il parle. Mais pas trop quand même, il serait dramatique que le monde libre perde son plus grand défenseur.
De plus, BHL est nettement supérieur à Hergé. Car il est à la fois l'auteur ET le héros de ses jolie histoires. Et peu d'écrivain peuvent en dire autant.
Les critiques contre le monde sont également très injustifiées. Il y a juste un malentendu. Ce n'est pas un journal d'information. C'est un journal de bande dessinée (mais sans dessin ce qui crée une légère confusion).
à affreuxjojo
De Clarence
11H38 | 22/08/2008 |
; o)))
à affreuxjojo
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 13H57 | 22/08/2008 |
Tintin écrivant les histoires de Tintin, sans doute, mais je me demande finalement comment ne peut-il pas en avoir conscience lui-même ?
Lorsqu'on lit certains extraits de sa bio dans certains commentaires, on se dit que face à tant d'abscence de déontologie journalistique répétée, face à tant de nullité de ceux qu'il l'ont publié en connaissance de cause ou non d'ailleurs, malgré tout, et ce facon récurrente, comment ne pas sombrer dans un nihilisme et, après tout, écrire ce que bon lui semble, puisque son expérience lui a pertinemment montré que peut importe que celà soit vrai ou non, il y en a qui le publieront.
Je ne sais donc pas s'il est si supérieur que celà à Hergé, finalement, je pense que tous les deux ont intimement conscience de raconter des histoires, sauf que l'un avait au moins de l'estime pour ces lecteurs, tandis que l'autre les méprisent sans doute profondément, aussi profondément sans doute qu'il méprise le métier de journaliste.
à affreuxjojo
De Gotch
15306
ancien ouvrier de la banque | 14H51 | 22/08/2008 |
Jules Verne non plus n'a pas fait tous les voyages qu'ont accomplis ses héros. Mais il écrivait des romans, pas des pseudo-témoignages ! Je doute que les écrits de BHL aient dans un siècle l'impact qu'ont encore les Voyages Extraordinaires aujourd'hui !
De JP_JP
11H35 | 22/08/2008 |
Le plus étonnant reste la prépondérance de tels individus dans notre paysage médiatique. Une autre tarte à la crème le gloupier STP !
De Clarence
11H36 | 22/08/2008 |
Bonjour.
Merci à LaRue pour cet excellent article.
Le problème, c'est qu'au-delà du côté marrant qui voit BHL pris - une fois de plus - la main dans le pot de confiture, tout ça fait froid dans le dos.
Le passage sur Gori de son article au Monde par exemple, et sur les incendies que BHL y décrit, est une pure et simple manipulation qui laisse au lecteur à penser que la ville a été totalement détruite par l'armée russe après que ses habitants y aient été massacrés (Ahhh, « l'odeur, légère, de putréfaction et de mort »… Encore bravo pour ce « légère » ! ).
Etant donnée la place qu'accordent la plupart des organes de presse, écrite ou audio-visuelle, aux divagations de BHL ou de ses semblables (Z'avez besoin de noms ? Vraiment ? …), étant donnée aussi l'émotivité de l'opinion et la façon dont les politiques en jouent, on se dit qu'on a déjà déclenché des guerres pour moins que ça (même si la Russie, c'est un assez gros morceau, même pour notre vieux nouveau philosophe).
à Clarence
De Pas lolo
fasciné | 21H58 | 22/08/2008 |
Tout ça n'est rien d'autre qu'une partie de la manipulation d'ensemble qui nous fera avaler les subventions massives que l'UE, à travers divers organismes, va verser à Tbilissi, pour reconstruire.
Il y a une brève dans les Echos de jeudi là dessus.
« Les ministres des Finances du G7 sont “ prêts à soutenir ” l'économie de la Géorgie »
http://www.lesechos.fr/info/inter/4762923-les-ministres-des-finances-du-…
Désolé, c'est payant et je ne lis que le papier, pas d'abt, mais en gros tout le monde va s'y mettre BERD, BEI , BM etc… avec nette prépondérance de l'euro dans les virements.
Alors oui, quand on explique à Marcel, Ulrich ou Carlos que les caisses sont vides (et elles le seront effectivement dans les mois qui viennent) et qu'il serait de bon ton de pas trop râler pour des pécadilles genre pouvoir d'achat ou remboursement médicaux. Mais d'un autre coté, la nécessaire solidarité avec la petite démocratie géorgienne, notamment pour rebatir leur armée est un devoir sacré…
Y a intérêt à bétonner la com. Première phase, la culpabilisation du bon peuple ouest-européen qui préfère son petit confort à une juste guerre mondiale.
De Janus 333
Slainte! | 11H37 | 22/08/2008 |
Décidément, Le Monde n'est pas très regardant en matière de publication. C'est la foire aux vaniteux : après le nombriliste Dutreil, nous avons droit au narcissique Lévy. Pitoyable !
De Milarepa-voyageurdanslespace
retraité | 11H39 | 22/08/2008 |
Quand il parle d » Israel, c'est pareil ! Un vrai guignol, mais quand même, les médias qui publient ces « mensonges » sont quand même responsables , non ?
De eynesse
assistante | 11H54 | 22/08/2008 |
Après votre article sur le vrai faux récit de BHL (bravo ! )et après avoir lecture du Canard enchainé de cette semaine (les militaires US auraient aider le président georgien pour la réalisation de l'opération en Ossetie) on finit par se demander à qui cela va profiter, et qu'est-ce qui se passe réellement .. ?
Oui, à qui profite tout ça ? Je ne peux pas croire que BHL soit seulement mégalo et menteur, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il y a bien quelque chose derrière tout ça …
à eynesse
De wam
mwa | 12H11 | 22/08/2008 |
encore une complotiste…
Ben nan ! C justement parce que vous l'avez lu dans Le Canard et R89, qu'il n'y a rien d'autre derrière tout ça.
BHL megalo et menteur est une explication qui se suffit
à eynesse
De eynesse
assistante | 13H08 | 22/08/2008 |
Pourquoi complotiste ? y a pas que les complots qui nous menacent, ya aussi des questions d'intérets économques et tutti quanti..C'est bien pour ça qu'on ne peut pas ignorer l'orignie socila de BHL…
On est en droit de se poser des questions dans une période ou la propagande se développe (vous vous souvnez de la séance aux NU et des « preuves photographiques » des armes de destructions massives soi disant détenues par l'arméee de Sadam Hussein …
D'autre part, vous n'êts pas obligé d'écrire sur ce to, ou alors inscrivez-vous directemetn sur le site de Polytechnique comme ça vous serez sur d'avoir des commentaires à votre niveau…
à eynesse
De wam
mwa | 13H29 | 22/08/2008 |
socila
kesaco ? ? ?
« dans une période ou la propagande se développe »
pas plus qu'hier ni moins que demain et il serait d'extrême mauvaise foi d'affirmer que vous n'avez pas les instruments pour la percer a jour, votre connexion internet vous permet un accès instantané et gratuit a un nombre impressionnant de sources et notamment journalistiques qui empêchent de prétendre konoukachetouhonoudirien
vous avez quoi contre les polytechniciens ? ? ?
à wam
De Lairderien
00H57 | 23/08/2008 |
Oui, vous est moi avons internet ET nous nous en servons pour nous informer, la preuve nous sommes sur Rue89 !
Mais la majorité de la population ne va pas sur internet pour s'informer et c'est cette majorité qui avale toute cette désinformation/manipulation, généralisée dans la presque totalité des médias.
Rue89 vient de démontrer (brillament) le bidonnage d'un personnage hyper-médiatique, hélas BHL et ses semblables continuerons leurs manipulations imperturbablement.
De Susanna
11H56 | 22/08/2008 |
Impeccable.
C'est exactement pour ce genre d'enquête que je viens ici.
De Jicéhel
11H57 | 22/08/2008 |
PUTAIN ! ! ! ! Arrêtez avec ce clown .
De anamaywong
12H04 | 22/08/2008 |
Comment Le Monde ,un journal réputé sérieux, peut-il encore donner des pages et des pages à cet affabulateur qu'est BHL.
Enorme faute professionelle ! la crédibilité de ce journal en prend un coup !
A lire sur bakchich l'article de Fontenelle concernant les voyages de guerre de BHL au liban et à Gori. le parralele des deux textes est à huler de rire.
à anamaywong
De trobador
22H16 | 22/08/2008 |
Ca fait déjà des années que le monde n'est plus un journal sérieux - Arrétez a la fin avec cette soi-disant réputation… Personnelement je n'ai plus acheté ni libé ni le monde depuis plus de 10 ans ! (je ne parle pas des journaux de droite dont je me contrefiche).
à anamaywong
De Lairderien
01H01 | 23/08/2008 |
Non, ce n'est pas à mourir de rire, cela fait trop froid dans le dos de voir la manipulation exercée par BHL et vers qui vont ses préférences.
Bravo également à S. Fontenelle d'avoir mis ces deux textes de BHL en parallèle.
De ysengrimus
12H05 | 22/08/2008 |
Il se cuisine des tartes à la crème en Géorgie ?
Paul Laurendeau
De Wicem Souissi
Journaliste | 12H10 | 22/08/2008 |
Un regard journalistique de BHL sur les choses ? Voire !
Que Bernard Henri Lévy n'ait pas vu des choses qu'il a néanmoins vues est une constante.
Il a même « conceptualisé » par le passé les descriptions imaginaires qu'il affectionne en qualifiant lui-même ses pseudo-reportages de « romanquêtes ».
Voici une interprétation possible de sa « quête » de « roman » : à défaut de produire une écriture littéraire, il s'est tout bonnement inventé un genre en la matière. Histoire de n'avoir pas de rivaux…
Sur les faits, parmi les articles de journaux relatant le personnage et sa production médiatique, un papier du Monde diplomatique (*) apporte un éclairage rétrospectif qui complète utilement celui d'actualité de Rue89.
(*)
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2003-12-11-BHL-Romanquete-ou-mau…
De cardamome
12H12 | 22/08/2008 |
Pourriez-vous cesser d'appeler BHL « le philosophe » ? Il n'a rien d'un philosophe -- vous-mêmes, journalistes, soulignez qu'il n'est pas non plus journaliste, alors peut-être « essayiste médiatique » ?
Je ne comprends pas qu'on parle encore de ce type. Il est ridicule depuis si longtemps…
De sunra7
12H14 | 22/08/2008 |
Pourquoi ça ne me surprend aucunément.L'époque est à ce genre de dérapage , guère sanctionné puisque celà vient d'un ami du Prince.La responsabilité est décidément le devoir du pauvre.
De Hououji_Fuu
Racaille Syndicale (oh yeah !) | 12H23 | 22/08/2008 |
Merci pour cet article, qui explique et démonte la fiction de BHL.
Que son article soit publié sous la pudique bannière « Témoignage » dédouane peut-être Le Monde de ses responsabilités de vérifier et valider une histoire avant de la publier. Cependant, quand on décortique la construction, et la manipulation, on se dit que « Témoignage » est un bien trop beau mot pour qualifier le texte de BHL. « Propagande » aurait mieux convenu.
BHL n'est pas le premier, ni le dernier, à tourner les choses comme il le souhaite, quitte à rajouter un peu de piment s'il juge que la sauce n'est pas encore assez goûteuse pour prendre et remplir ses objectifs. Rien de finalement trop étonnant dans le chef de quelqu'un coutumier de ce genre « d'exagération » dans le récit.
Par contre, ce qui est étonnant, désolant, et inquiétant, c'est l'empressement au Monde de publier cette sympathique fiction sans précaution. Et surtout, une fois la supercherie découverte, de ne pas faire de mise au point, et de ne pas rétablir la réalité des faits.
Si Le Monde joue à ça avec BHL, il peut jouer à ça avec d'autres intervenants/contributeurs extérieurs. De là, la question de la crédibilité du journal est plus que posée, et il serait bon que le journal bouge, se sorte la tête du sable et prenne ses responsabilités.
Tout le monde fait des erreurs. Une fois que ces erreurs sont connues, la moindre des choses est de les reconnaître.
à Hououji_Fuu
De eynesse
assistante | 13H21 | 22/08/2008 |
le problème c'est que Le Monde est lié à ses actionnaires…Un ex ces dernières années m'a frappé : Le journal traite régulièrement dans la rubrique finance investissement le grand chantier Euromed à Marseille, en conseillant à ses lecteurs d'investir, par contre, il ne me semble pas avoir lu d'enquête sur qui a vraiment investit à Marseille (fond s depension américains.comment on s'est débarrasé des vieux locataires de ces quartiers du centre ville remis à neuf etc etc
Je persiste à penser que si la presse était libre, le candidat PS aurait été élu en 2007, c'est ça la grosse différence, la sempiternelle question des moyens et donc des moyens de propagandes qui ssont fait pour ne pas être trop détectable et surtout pour être efficace
BHL c'est la même
à eynesse
De brigadoon
ouf!!! | 13H43 | 22/08/2008 |
Tout a fait correct, non seulement le Monde (et Libé aussi) devient nul mais ne parle pas des pratiques mafieuses de l'expulsion des habitants du quartier de la République (comme à Pékin) à Marseille avec la complicité de la mairie…
à brigadoon
De Tesla
yesmen | 14H33 | 22/08/2008 |
euh rue89 aussi…
De bahramH
12H25 | 22/08/2008 |
Quoi d'étonnant que « le monde » publie une tribune de BHL ? Relire « les nouveaux chiens de garde » de Serge Halimi, une réactualisation des « chiens de garde » de Paul Nizan de 1932.