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BHL n'a pas vu toutes ses « choses vues » en Géorgie

Contrairement à ce qu'il a écrit dans Le Monde, le philosophe n'a pu se rendre dans la ville de Gori. Ce n'est pas la seule affabulation.

Bernard-Henri Lévy à Cannes en 2008 (Eric Gaillard/Reuters).

Qu'on l'apprécie ou non, il faut reconnaître que Bernard-Henri Lévy, qui s'est rendu la semaine dernière en Géorgie, ne manque ni de courage, ni de convictions. Mais BHL n'est pas un journaliste, et le récit qu'il a rapporté pour Le Monde, titré « Choses vues dans la Géorgie en guerre », est à prendre avec des pincettes. Ainsi, lorsque BHL déclare qu'il est arrivé à Gori mercredi 13 août et qu'il a vu une ville « brûlée », il affabule. Il n'a pas réussi à entrer dans la ville.

Rue89 a entrepris de faire ce que les confrères anglo-saxons appellent un « fact-checking », une vérification des informations livrées par un reporter. Ce que BHL n'est pas : il est présenté dans le quotidien comme « philosophe et essayiste » et son récit a été prudemment rangé sous l'étiquette de « témoignage ». Il n'en reste pas moins que ce récit occupe deux pages au centre d'un journal jouissant d'une autorité certaine en matière d'information internationale.

Deux jours et demi de balade, dans la confusion de la guerre

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Commençons par ce que ne raconte pas le « témoignage » de BHL : les conditions de la balade. Mercredi 13 août, rendez-vous est pris à l'aéroport du Bourget devant l'aérogare de Darta, une compagnie d'aviation privée. Le philosophe a loué un jet pour rallier Tbilissi, qui n'est plus desservie.

Il est accompagné par son vieux complice, l'éditeur Gilles Hertzog, le documentariste Raphaël Glucksmann et un journaliste de France Culture, Omar Ouamane. Plus un garde du corps. Le jet se pose vers midi en Géorgie, « juste pour le déjeuner », précise Raphaël Glucksmann. Prévenue par son ambassadeur à Paris, la présidence géorgienne a dépêché l'un de ses traducteurs pour accompagner BHL durant tout son séjour.

Celui-ci sera court, puisque Bernard-Henri Lévy repartira samedi matin, à 8 heures, de Tbilissi. Il aura donc passé deux jours et demi en Géorgie. L'équipage descend au Marriot Tbilissi, un hôtel cinq étoiles fréquenté par les journalistes et les diplomates.

Plusieurs journalistes français, surpris par sa présence, interrogent dès son arrivée l'intellectuel qui ne cache pas les motifs de son voyage : défendre la liberté en Géorgie contre l'ogre russe. Plusieurs radios, comme France Inter, France Info ou RFI, diffuseront des extraits de ces interviews.

La multiplication des chars

Dans un minibus blanc climatisé, direction Gori, l'une des villes occupées par les troupes russes. Première « chose vue », sur la route :

« Le fait est que la première présence militaire significative à laquelle nous nous heurtons est un long convoi russe, cent véhicules au moins, venu tranquillement faire de l'essence en direction de Tbilissi. »

L'envoyé spécial du Nouvel Observateur, Christophe Boltanski, qui emprunte la même route, le même jour, a compté les véhicules de cette colonne. Il en a recensé trente : six camions de troupes, six camions citernes, sept blindés APC, trois camions essence, six chars, deux ambulances.

Encore quelques kilomètres et l'équipage retrouve un groupe de journalistes, bloqués à un barrage tenu par la police géorgienne. Les journalistes ont suivi Alexandre Lomaia, le conseiller géorgien pour la sécurité nationale, qui avait décidé courageusement de se rendre à Gori, accompagné de l'ambassadeur d'Estonie. Le convoi est bloqué à quelques kilomètres au sud de la ville. BHL descend alors de sa camionnette blanche.

Vincent Hugeux, grand reporter à L'Express, s'étonne :

« J'ai reconnu sa silhouette. Il était accompagné de Gilles Hertzog et Raphaël Glucksmann. BHL a même lancé à un journaliste français : “Ah, mais nous sommes confrères ! ‘’

Ne pas voir Gori, mais en parler quand même

BHL franchit le barrage, dans des conditions sur lesquelles nous reviendrons, et racontera dans Le Monde la scène suivante :

‘Nous arrivons à Gori. Nous ne sommes pas au centre-ville. Mais, du point où Lomaia nous a laissés avant de repartir, seul, dans l'Audi, récupérer ses blessés, de ce carrefour que contrôle un char énorme et haut comme un bunker roulant, nous pouvons constater les incendies à perte de vue. Les fusées éclairantes qui, à intervalles réguliers, illuminent le ciel et sont suivies de détonations brèves. Le vide encore. L'odeur, légère, de putréfaction et de mort.

Et puis, surtout, le bourdonnement incessant des véhicules blindés et, une fois sur deux à peu près, des voitures banalisées remplies de miliciens reconnaissables à leurs brassards blancs et à leurs cheveux retenus par des bandanas.

Gori n'appartient pas à cette Ossétie que les Russes prétendent être venus libérer’. C'est une ville géorgienne. Or ils l'ont brûlée. Pillée. Réduite à l'état de ville fantôme. Vidée.”

Problème : BHL n'est jamais “arrivé à Gori”, et les Russes n'ont pas “brûlé” la ville.

Que s'est-il passé ? Avec son équipe, il s'est débrouillé pour passer ce premier barrage en compagnie d'Alexander Lomaia et de quelques autres personnes (l'ambassadeur estonien, la députée européenne Marie-Anne Isler-Béguin et la journaliste du Washington Post Tara Bahrampour).

Deux heures plus tard, vers 22h30, dans la nuit noire, BHL est de retour au premier barrage où attend la presse. Il sort du véhicule, le visage grave, et avec sa voix de Malraux, il témoigne devant les journalistes :

“La ville est nettoyée, Gori est une ville fantôme, il y a des flammes partout ; apparemment pas âme qui vive, Gori a été vidée de sa population. C'est ce que les Russes appellent la pacification.”

L'eurodéputée Marie-Anne Isler-Béguin intervient alors pour démentir : “mais non, on n'était pas à Gori”, dit-elle aux journalistes, “on a été bloqués à un barrage à 1,5 kilomètre de la ville”. Elle connaît cette région depuis huit ans. Seuls les champs brûlaient, ajoute-t-elle. Les armées brûlent parfois les champs pour éviter le risque des snipers embusqués.

Plusieurs témoins confirment : BHL n'était pas à Gori

Déléguée du Parlement européen pour le Caucase Sud, Marie-Anne Isler-Béguin revient sur l'épisode pour Rue89 :

“Je viens de découvrir son témoignage. Je suis un peu surprise qu'il n'ait pas tout à fait dit comment ça s'était réellement passé. Mais il a peut-être oublié… J'ai vu Bernard-Henri Lévy pour la première fois lors de ce voyage au check-point où étaient bloqués tous les journalistes, à cinq kilomètres de Gori.

‘Si Bernard-Henri Lévy est monté avec Lomaia et moi, c'est parce que j'ai intercédé en sa faveur. C'est lui qui m'a demandé : Madame la députée, je voudrais me joindre à la délégation.’ Et c'est moi qui ai obtenu l'accord de l'ambassadeur d'Estonie. Dommage qu'il ait oublié ce petit détail… En plus, c'est le seul qui soit monté dans la voiture avec son garde du corps.

‘Et il y a d'autres approximations. S'il arrive à distinguer les militaires des paramilitaires, il est plus doué que moi. S'il a senti une odeur de putréfaction, moi pas. Il écrit aussi que Gori a été brûlée, pillée et réduite à l'état de ville fantôme, mais à ce moment-là, on ne pouvait pas le dire, tout simplement parce que personne n'y était encore allé. Enfin, nous nous sommes arrêtés à 1,5 kilomètre de Gori.’

Gilles Hertzog, fidèle compagnon de route de BHL, confirme lui aussi la version de l'élue :

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‘Non, on n'est pas rentrés dans la ville, on est resté à l'orée de la ville, je ne sais pas à combien de kilomètres de Gori. Il faisait nuit, on apercevait vaguement des bâtiments quand il y avait des fusées éclairantes, mais on n'était que sur le bas-côté d'une route. Il y avait des champs qui brûlaient autour de nous, on nous a dit que c'était du farming’ [des feux allumés par des cultivateurs, ndlr], mais je ne l'ai pas cru.”

Et même divergence avec BHL sur l'odeur de putréfaction :

“Personnellement, je n'ai rien ressenti, mais peut-être que mon ami Bernard-Henri Lévy lui l'a ressentie.”

Dans son reportage, la journaliste du Washington Post raconte elle aussi cette virée, mais en précisant bien clairement, en début de l'article, qu'elle n'a pas vu la ville. Le “byline”, l'indication du lieu et de la date du reportage placée au début du texte, est très clair : “OUTSIDE GORI, Georgia, Aug. 13” [“En dehors de Gori, en Géorgie, le 13 août‘].

Vendredi 15 : un braquage’ qu'il n'a pas vu

Et que penser de la seconde tentative pour se rendre à Gori le vendredi ? BHL écrit dans Le Monde :

‘Vendredi matin. Nous décidons, avec Raphaël Glucksmann, Gilles Hertzog et la députée européenne, de revenir à Gori que, suite à l'accord de cessez-le-feu rédigé par Sarkozy et Medvedev, les Russes auraient commencé d'évacuer et où nous sommes censés rejoindre le patriarche orthodoxe de Tbilissi en partance, lui-même, pour Shrinvali, où des cadavres géorgiens seraient livrés aux porcs et aux chiens.

Mais le patriarche est introuvable. Les Russes n'ont rien évacué. Et nous sommes même, cette fois, bloqués vingt kilomètres avant Gori quand une voiture, devant nous, se fait braquer par un escadron d'irréguliers qui, sous l'œil placide d'un officier russe, fait descendre les journalistes et leur arrache caméras, argent, objets personnels et, finalement, leur véhicule.

Fausse nouvelle, donc. L'habituel ballet des fausses nouvelles dans l'art duquel les artisans de la propagande russe semblent décidément passés maîtres. Alors, direction Kaspi, à mi-chemin entre Gori et Tbilissi, où l'interprète de la députée a de la famille et où la situation est, en principe, plus calme.’

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Le documentariste Raphaël Glucksmann conserve un souvenir différent de ce ‘braquage’. Le convoi de trois voitures est stoppé au dernier barrage de la police géorgienne où on leur déconseille fortement de continuer :

‘Les policiers nous ont raconté qu'une voiture de l'UNHCR [le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies, ndlr] venait de se faire dépouiller au barrage russe. Nous avons donc rebroussé chemin. Je n'ai pas vu cette scène. C'est simple, la route fait un coude et juste après, à 500 mètres environ de là où nous sommes, il y a le barrage russe, mais on ne le voit pas.’

La version de l'eurodéputée sonne, elle aussi, bien différemment de celle de BHL. Contrairement à ce qu'affirme l'intellectuel, elle n'était pas à ses côtés à ce moment précis :

‘Le jeudi, les autorités géorgiennes m'ont assuré que je pourrais aller le lendemain à Gori avec un convoi humanitaire. Mais, le vendredi, on attend une heure, deux heures, et on n'obtient toujours pas d'accord des Russes pour faire partir le convoi humanitaire.

Je n'ai donc pas pris de voiture en direction de Gori avec Bernard-Henri Lévy. Je n'ai pas non plus cherché le patriarche, qui a eu l'autorisation de se rendre à Shrinvali pour aller récupérer des corps de Géorgiens, car je savais où il était, mais j'ai seulement regretté de ne pas l'avoir contacté avant.

Je n'avais toujours pas bougé de Tbilissi quand, avec mon assistante géorgienne, on décide alors de se rendre au village de Kaspi, qui n'est pas en zone occupée. Et c'est là que Bernard-Henri Lévy revient vers moi et me dit : On a fait équipe hier, est-ce qu'on continue à faire équipe ?

Gilles Hertzog, n'était pas non plus avec BHL :

Moi, je ne sais pas, je n'étais pas dans la même voiture que lui. Je ne sais plus exactement… Vous savez, on laisse faire nos chauffeurs, ce sont eux qui décident, qui savent où on peut aller.’

Les autos partent en fait à Kaspi pour constater la destruction d'une usine électrique que filmera Glucksmann.

Dernière soirée à Tbilissi, Sartre et la pureté dangereuse

Vendredi, seconde rencontre du philosophe avec le président géorgien Mikheïl Saakachvili. Bloqué depuis plusieurs jours dans sa résidence, le chef d'Etat interroge BHL et Raphaël Glucksmann :

‘Il nous a demandé comment c'était à Gori et Kaspi. Puis, ils ont un échange sur le thème : Pourquoi l'Occident ne répond pas ?

Dans le récit qu'il a rapporté pour VSD, Hertzog raconte :

Bernard-Henri Lévy tente de leur remonter le moral. Pourquoi ne pas inciter les pays de l'Otan qui ont appuyé la demande de la Géorgie à se prononcer solennellement ? Pourquoi ne pas tenir vos conseils des ministres dans une ville menacée ? Saakachvili retrouve un instant le sourire. Très bonnes idées ! , lance-t-il.’

Ensuite, selon Glucksmann, les deux hommes parlent philosophie :

‘Saakachvili a lu La Pureté dangereuse’ et puis il a eu une prof de philo, ancienne correspondante de Sartre, et comme BHL a écrit sur Sartre…”

Retour à l'hôtel à l'aube, fin de l'escapade, tout le monde reprend l'avion vers 8h du matin. Direction Nice, où BHL a un rendez-vous. La folle vie continue.

Le journal britannique The Independent ne s'est pas trompé sur la leçon à tirer de toute l'histoire. Dès lundi 18 août, il écrivait :

“ Les Américains ont envoyé des couvertures, les Estoniens des médecins, mais ce sont les Français qui, assurément, sont venus au secours des gens de l'Ossétie du Sud en proposant d'envoyer leur ‘nouveau philosophe’ [en français dans le texte, ndlr] Bernard-Henri Lévy. ”

Julien Martin, Pascal Riché et David Servenay

Photo : Bernard-Henri Lévy à Cannes en 2008 (Eric Gaillard/Reuters).

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Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 10H47 | 22/08/2008 | Permalien

Merci infiniment pour ce travail de décryptage que vous avez fait sur les aspects factuels du récit de Lévy.

Je dois dire que ma première surprise, c'est que Le Monde ne se soit pas donné la peine de procéder à ce travail avant de publier ce texte. Il me semble que publier des choses dans ce genre ne peut que porter gravement préjudice à la crédibilité que ce journal peut avoir encore conservé.

En 2006, Lévy avait fait le même genre d'excursion en Israël (alors que l'essentiel des bombardements avaient lieu au Liban, mais passons…). Il y interrogeait un militaire israélien qui témoignait de la situation, sans préciser autre chose que le nom de ce militaire. Or ce militaire n'était autre que celui qui apparaissait chaque soir sur les écrans de télévision au titre de sa fonction de porte-parole de l'armée israélienne.
Autre parallèle avec la promenade à Gori : Lévy y avait qualifié Sdérot de ville martyre. Sans justifier les roquettes sur Sdérot (ce n'est de toute façon pas le lieu), la qualifier de ville martyre m'avait paru un tantinet exagéré.

Les turpitudes de Lévy sont tout de même assez connues, et depuis asez longtemps. Un journaliste étasunien, spécialiste de l'Inde et du Pakistan, avait ainsi lu et démonté précisément le livre de Lévy sur Daniel Pearl. Résultat en France : rien. Que Lévy continue d'être seulement écouté, c'est bien cela finalement qui me stupéfie le plus.

Portrait de thierry reboud

à wam Portrait de wam De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 11H02 | 22/08/2008 | Permalien

L'article de Bakchich est excellent, merci.
A lire également l'article d'Acrimed (dont Bakchich donne le lien).

A lire surtout, les réponses de Lévy aux questions de Rue89 : là, c'est du grand art.

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à thierry reboud Portrait de thierry reboud De lioe

berlin | 11H11 | 22/08/2008 | Permalien

bonjour thierry

comment va ?

j ai lu les reponse de bhl ! c est d un niveau olympien.

D ailleur faudrait peut etre proposer cette discipline aux JO

bonne journee

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mwa | 11H39 | 22/08/2008 | Permalien

pfiou, je reviens de sa bio sur wikipedia, c édifiant & très instructif ! (évidemment, extraits sélectionnés a charge : -)

1981-93 : « En janvier 1981 paraît L'Idéologie française, Grasset, coll. “ Figures ”, dans lequel B-H. Lévy fait rétrospectivement de la France le laboratoire du fascisme européen. D'un côté, de la part de certains universitaires reconnus de l'époque, tels Raymond Aron, Paul Thibaud, Emmanuel Le Roy Ladurie ou encore Pierre Nora, le livre fait l'objet de critiques assez sévères. Par exemple, dans L'Express du 7 février 1981, Raymond Aron écrira : “ Bernard-Henri Lévy viole toutes les règles de l'interprétation honnête et de la méthode historique.‘(…)De l'autre, d'autres penseurs, journalistes et écrivains, tels Jean-François Revel, Edwy Plenel ou Philippe Sollers, considèrent toujours cet ouvrage comme le plus important, voire le plus prophétique de Bernard-Henri Lévy.’

En 1979, son livre Le testament de Dieu est étrillé par l'historien Pierre Vidal-Naquet et par le philosophe Cornelius Castoriadis, qui pointent de nombreuses erreurs grossières.

Qui a tue D Pearl ? ‘L'épouse de Daniel Pearl, et les autres membres de la famille de ce dernier, reprochent à BHL un viol littéraire ’[18], et ils contestent la vérité de ce livre.”
“Le spécialiste du sous-continent indien, journaliste au Guardian et historien William Dalrymple a publié dans Le Monde diplomatique une critique sévère du ‘ romanquête ’ sur l'assassinat de Daniel Pearl[20]. Il y accuse notamment Bernard Henri Lévy de confondre certaines villes…”

fevrier 2002 “À son retour en France au printemps, Lévy présente son Rapport au Président de la République et au Premier Ministre sur la contribution de la France à la reconstruction de l'Afghanistan (…) qui comporte en seule annexe : un discours de Bernard-Henri lui-même”

Portrait de parti

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De parti

punishment park | 11H06 | 22/08/2008 | Permalien

en même temps bhl n'est pas le seul à occuper le terrain médiatique…beaucoup de « spécialistes » viennent nous donner des leçons…hier encore, j'écoutais sur france inter les arguments définitifs d'un adler sûr de lui, péremptoire, sans contradicteur à propos de la situation en géorgie…il serait presque amusant d'enregistrer ou noter les dires de ces pontifiants et de leur remettre quelques temps plus tard sous les yeux…ça ne risque pas d'arriver de si tôt, que des journalistes leur fassent un tel affront…

Portrait de thierry reboud

à parti Portrait de parti De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 11H15 | 22/08/2008 | Permalien

Bien vu sur Adler : je rêve qu'on lui relise ses chroniques sur France Culture lorsque, à quelques jours d'écart, il se contredit grossièrement.

Portrait de parti

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De parti

punishment park | 11H20 | 22/08/2008 | Permalien

faut pas dire du mal d'adler…sinon il va se fâcher tout rouge contre les crypto-staliniens…

Portrait de thierry reboud

à parti Portrait de parti De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 22H51 | 22/08/2008 | Permalien

De Deleuze, dans le texte sur les « nouveaux philosophes » (cité par Linden un peu plus loin dans les commentaires) :

« C'est pourquoi les staliniens sont les seuls à pouvoir donner des leçons d'antistalinisme. »

Qu'est-ce que tu veux ajouter à ça, lamorille ?

Portrait de wam

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De wam

mwa | 12H00 | 22/08/2008 | Permalien

aaaaaah mes deux chroniques « favorites » des « matins » de France Cul :

A. Adler et Alain-Gerard Slama

Portrait de orties

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De orties

17H58 | 22/08/2008 | Permalien

Adler sévit aussi sur la chaîne « Histoire ». Il est d'aussi mauvaise foi et aussi pontifiant que BHL.

Portrait de parti

à orties Portrait de orties De parti

punishment park | 18H30 | 22/08/2008 | Permalien

A qui appartient la chaîne histoire ? pas tf1 des fois ?

Portrait de PonG

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De PonG

rationaliste fondamentaliste à Pari... | 02H59 | 24/08/2008 | Permalien

Adler qui se contredit ? Adler qui se plante ? Impossible : Adler Sait.

Voir ici par exemple : http://www.acrimed.org/article2266.html ? var_recherche=%22Alexandre%20Adl…

Ah oui, il y a bien aussi ceux qui se souviennent de ce parfait jeune apparatchik communiste, sur le plateau d'Apostrophe. Le visionnaire expliquait à ce grand naïf d'Emmanuel Todd qui affirmait, du haut de ses 25 ans- le sot - , que le modèle soviétique allait s'écrouler de lui même sous peu, pourquoi ce modèle qu'il aimait tant était si solide.

Ceux là pourraient laisser croire que toute sa vie n'est qu'une immense contradiction. Ou une immense lâcheté. Ou une immense fâtuité. Ceux là auraient tort.

Portrait de brigadoon

à parti Portrait de parti De brigadoon

ouf!!! | 13H03 | 22/08/2008 | Permalien

Le problème c'est que « les spécialistes » occupent tous les débats sur tous les médias et ce sont toujours les même spécialistes => résultat ? :
On arrive pas à sortir de le pensée molle, dominante, duale (noir/blanc)et des paradgmes éculés ainsi que les discours des mecs et des femmes qui les prononcent. Faites l'essai vous parcourez les différents grands quotidiens, passez sur l'écran C dans l'air, Canal +,« les dessous de cartes », … et même les variétés (« on n'est pas couché »), etc., et vous avez la vague impression que les mecs passent d'un plateau à l'autre et se sont toujours les même. Comment voulez vous qu'une démocratie puisse exister et avoir un esprit critique sur ses propres pratiques quand on a une telle main mise sur l'info, la réflexion collective, les recettes proposées aux crises, etc.
BHL fait comme les autres, il défend son fond de commerce « au fond » sauf qu'il a choisi de ne pas avoir le cul devant un écran à interviewer les autres, c'est lui l'évènement et il en fait encore la preuve aujourd'hui.

Portrait de thierry reboud

à brigadoon Portrait de brigadoon De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 13H06 | 22/08/2008 | Permalien

Je suis assez d'accord avec votre propos.
On peut sans doute rajouter que nous (pris comme un ensemble) avons une très fâcheuse tendance à confondre analyse et opinion.

Portrait de brigadoon

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De brigadoon

ouf!!! | 14H17 | 22/08/2008 | Permalien

exactement et ça fait souvent rire mes copains quand je leur dis qu'un bon intello ou citoyen se doit de s'informer sur tout ce qui s'écrit sur un évènement de Minutes à l=Libé en passant par les arcanes de sources moins glorieues ou offcielles… sans compter histoire, géographie, socio, ethno, politique, etc., toutes informations qui permettent la construction de l'analyse et la force de la critique… On a BHL, on a eu Bourdieu, De Gaulle, Mitterand… l'abbé Pierre… et même Loana du Loft (sur Wikipédia)… craignons que les prochains ne soient pires…
Soit on est réellement aveugle soit on manque de goût et de culture ou de recul…

Portrait de Dr Maboul

à brigadoon Portrait de brigadoon De Dr Maboul

Développeur | 18H20 | 22/08/2008 | Permalien

Je suis assez d'accord sur le peu de variété des invités et des sujets traités à la télévision. Mais je vous trouve un peu dur avec « le dessous des cartes », on y voit des invités qui ne sont pas forcément ailleurs et l'analyse est en général assez fine et objective. Enfin c'est l'avis d'un béotien…
En plus c'est une émission qui a l'avantage de choisir librement son sujet et pas en fonction des dépêches AFP ou Reuters. Même si dernièrement les émissions sont consacrées à la Chine ce qui n'est pas très original en ces temps de JO.
Enfin c'est vrai que le niveau peut varier beaucoup d'une émission à l'autre.

Portrait de Blaise11

à brigadoon Portrait de brigadoon De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 18H36 | 22/08/2008 | Permalien

Idem !

Farpaitement d'accord… même si je regarde pas la télait, la téloloche, la tétélaid… bon, j'arrête !

Portrait de Merveilleuse_Alice

à brigadoon Portrait de brigadoon De Merveilleuse_Alice

| 13H14 | 23/08/2008 | Permalien

Il fait l'événement, oui, à la façon dont les merdes attirent les mouches : le nombre de commentaires qu'il suscitent sur nombre de sites témoigne de l'arnaque intellectuelle mâtinée de relents pestilentiellement va-t-en-guerre qu'il dégage.
Tout le monde se rue dessus, alors que le mieux ne serait-il pas d'ignorer cet arnaqueur ? Étant entendu qu'il ne faut compter sur aucun grand média pour contredire le prosélytisme (égotiste) de ce personnage.
Si c'est ça les lumières de la France (enfin, de la pensée, parce que la France, on s'en tape), éteignons-les.

Portrait de PonG

à parti Portrait de parti De PonG

rationaliste fondamentaliste à Pari... | 01H14 | 24/08/2008 | Permalien

« un adler sûr de lui, péremptoire, sans contradicteur »

Ben Adler, quoi.

Portrait de Julien Martin

De Julien Martin

Rue89 | 11H09 | 22/08/2008 | Permalien

Voici ce que nous a répondu Alain Frachon, directeur de la rédaction du Monde, à notre demande de précisions sur les conditions de publication du témoignage de Bernard-Henri Lévy :

« Nous avons reçu le témoignage de Bernard-Henri Lévy par mail -comme c'est en général le cas pour les témoignages d'écrivains que nous publions à intervalles réguliers. Dans une rédaction habituée à la publication de témoignages provenant d'écrivains aux sensibilités les plus diverses, ce texte-là n'a pas suscité d'émoi particulier. »

Portrait de parti

à Julien Martin Portrait de Julien Martin De parti

punishment park | 11H13 | 22/08/2008 | Permalien

tiens tiens tiens, susciter l'émoi…d'autres l'ont fait…alors qui décide du buzz ?

Portrait de thierry reboud

à Julien Martin Portrait de Julien Martin De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 11H19 | 22/08/2008 | Permalien

Merci pour cette précision.
Tant que vous y êtes, pourriez-vous transmettre à Frachon ?
Comment se fait-il qu'on ne se donne pas la peine de vérifier les faits allégué par un témoin, fût-il écrivain ? Comment se fait-il qu'un texte de cet écrivain-là particulièrement ne fasse pas l'objet de plus de sollicitude, eu égard aux précédents démontrés ?

Portrait de Julien Martin

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De Julien Martin

Rue89 | 11H34 | 22/08/2008 | Permalien

Les questions que nous avons posées à Alain Frachon et qui ont entraîné cette réponse étaient les suivantes :

1/ Dans quelles conditions avez-vous reçu le témoignage de Bernard-Henri Lévy ? Vous tenait-il au courant au fur et à mesure de ses déplacements ou avez-vous reçu son témoignage prêt à publier dès son retour ?

2/ Une vérification des faits allégués dans son témoignage a-t-elle été effectuée par les journalistes du Monde ?

3/ La publication de son témoignage a-t-elle occasionné un débat interne au Monde ?

Portrait de wam

à Julien Martin Portrait de Julien Martin De wam

mwa | 11H46 | 22/08/2008 | Permalien

et évidemment, Le Monde ne parlera pas de votre article et il n'y aura aucun communique/rectificatif pour indiquer aux lecteurs qu'ils ont été abuses…

c lamentable

Portrait de trobador

à wam Portrait de wam De trobador

22H13 | 22/08/2008 | Permalien

Il faudrait demander au monde la raison de cette défense systématique (au point de perdre totalement et pour longtemps toute crédibilité) des Ètats Unis et Israël…

et aussi ce que le mot vérité signifie pour eux !

Marre (et peur encore plus) de tous ces bien pensants qui font tout pour qu'antisionisme devienne demain antisémitisme !

Portrait de Weatherboy

à Julien Martin Portrait de Julien Martin De Weatherboy

Comédien dans un système oligarchiq... | 11H39 | 22/08/2008 | Permalien

Mais ce qui me surprend dans cette histoire, c'est qu'à bien lire votre article il vous a donc suffit d'interroger les personnes l'ayant accompagné, desquels viennent les attaques les plus vives, et qui vous étaient certainement tout autant connues qu'elles l'étaient du Monde à la lecture de l'article original :
« Vendredi matin. Nous décidons, avec Raphaël Glucksmann, Gilles Hertzog et la députée européenne, de revenir à Gori »

Le fait que le Monde n'ai même pas pris la peine de demander leurs avis alors même que celà aurait consisté au minimum de vérification pour établir la crédibilité ou la simple véracité( ! ) d'un tel témoignage, semble pour le moins indiquer une sorte de connivence avec ce quotidien.

Je ne savais pas que « Le Monde » jugeait de la rigueur journalistique d'un témoignage à la mesure de l » « émoi particulier » qu'il suscite au sein de la rédaction !

Portrait de nieuwendammerdijk

à Weatherboy Portrait de Weatherboy De nieuwendammerdijk

bilig et crayon | 12H34 | 22/08/2008 | Permalien

« Le fait que le Monde n'ai même pas pris la peine de demander leurs avis alors même que celà aurait consisté au minimum de vérification pour établir la crédibilité ou la simple véracité( ! ) d'un tel témoignage, semble pour le moins indiquer une sorte de connivence avec ce quotidien. »
Ne pensez vous pas que c'est justement tres interressant ? Tres revelateur du caractere, de la situation et du Monde et de la sauce a Bechamel ? Au moins on sait comment elle peut tourner…

Portrait de thierry reboud

à nieuwendammerdijk Portrait de nieuwendammerdijk De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 12H49 | 22/08/2008 | Permalien

Je crois que vous avez tout à fait raison et qu'on peut le rapprocher de ça :
http://www.rue89.com/2008/08/22/ces-signatures-qui-quittent-le-monde

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