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BHL n'a pas vu toutes ses « choses vues » en Géorgie

Contrairement à ce qu'il a écrit dans Le Monde, le philosophe n'a pu se rendre dans la ville de Gori. Ce n'est pas la seule affabulation.

Bernard-Henri Lévy à Cannes en 2008 (Eric Gaillard/Reuters).

Qu'on l'apprécie ou non, il faut reconnaître que Bernard-Henri Lévy, qui s'est rendu la semaine dernière en Géorgie, ne manque ni de courage, ni de convictions. Mais BHL n'est pas un journaliste, et le récit qu'il a rapporté pour Le Monde, titré « Choses vues dans la Géorgie en guerre », est à prendre avec des pincettes. Ainsi, lorsque BHL déclare qu'il est arrivé à Gori mercredi 13 août et qu'il a vu une ville « brûlée », il affabule. Il n'a pas réussi à entrer dans la ville.

Rue89 a entrepris de faire ce que les confrères anglo-saxons appellent un « fact-checking », une vérification des informations livrées par un reporter. Ce que BHL n'est pas : il est présenté dans le quotidien comme « philosophe et essayiste » et son récit a été prudemment rangé sous l'étiquette de « témoignage ». Il n'en reste pas moins que ce récit occupe deux pages au centre d'un journal jouissant d'une autorité certaine en matière d'information internationale.

Deux jours et demi de balade, dans la confusion de la guerre

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Commençons par ce que ne raconte pas le « témoignage » de BHL : les conditions de la balade. Mercredi 13 août, rendez-vous est pris à l'aéroport du Bourget devant l'aérogare de Darta, une compagnie d'aviation privée. Le philosophe a loué un jet pour rallier Tbilissi, qui n'est plus desservie.

Il est accompagné par son vieux complice, l'éditeur Gilles Hertzog, le documentariste Raphaël Glucksmann et un journaliste de France Culture, Omar Ouamane. Plus un garde du corps. Le jet se pose vers midi en Géorgie, « juste pour le déjeuner », précise Raphaël Glucksmann. Prévenue par son ambassadeur à Paris, la présidence géorgienne a dépêché l'un de ses traducteurs pour accompagner BHL durant tout son séjour.

Celui-ci sera court, puisque Bernard-Henri Lévy repartira samedi matin, à 8 heures, de Tbilissi. Il aura donc passé deux jours et demi en Géorgie. L'équipage descend au Marriot Tbilissi, un hôtel cinq étoiles fréquenté par les journalistes et les diplomates.

Plusieurs journalistes français, surpris par sa présence, interrogent dès son arrivée l'intellectuel qui ne cache pas les motifs de son voyage : défendre la liberté en Géorgie contre l'ogre russe. Plusieurs radios, comme France Inter, France Info ou RFI, diffuseront des extraits de ces interviews.

La multiplication des chars

Dans un minibus blanc climatisé, direction Gori, l'une des villes occupées par les troupes russes. Première « chose vue », sur la route :

« Le fait est que la première présence militaire significative à laquelle nous nous heurtons est un long convoi russe, cent véhicules au moins, venu tranquillement faire de l'essence en direction de Tbilissi. »

L'envoyé spécial du Nouvel Observateur, Christophe Boltanski, qui emprunte la même route, le même jour, a compté les véhicules de cette colonne. Il en a recensé trente : six camions de troupes, six camions citernes, sept blindés APC, trois camions essence, six chars, deux ambulances.

Encore quelques kilomètres et l'équipage retrouve un groupe de journalistes, bloqués à un barrage tenu par la police géorgienne. Les journalistes ont suivi Alexandre Lomaia, le conseiller géorgien pour la sécurité nationale, qui avait décidé courageusement de se rendre à Gori, accompagné de l'ambassadeur d'Estonie. Le convoi est bloqué à quelques kilomètres au sud de la ville. BHL descend alors de sa camionnette blanche.

Vincent Hugeux, grand reporter à L'Express, s'étonne :

« J'ai reconnu sa silhouette. Il était accompagné de Gilles Hertzog et Raphaël Glucksmann. BHL a même lancé à un journaliste français : “Ah, mais nous sommes confrères ! ‘’

Ne pas voir Gori, mais en parler quand même

BHL franchit le barrage, dans des conditions sur lesquelles nous reviendrons, et racontera dans Le Monde la scène suivante :

‘Nous arrivons à Gori. Nous ne sommes pas au centre-ville. Mais, du point où Lomaia nous a laissés avant de repartir, seul, dans l'Audi, récupérer ses blessés, de ce carrefour que contrôle un char énorme et haut comme un bunker roulant, nous pouvons constater les incendies à perte de vue. Les fusées éclairantes qui, à intervalles réguliers, illuminent le ciel et sont suivies de détonations brèves. Le vide encore. L'odeur, légère, de putréfaction et de mort.

Et puis, surtout, le bourdonnement incessant des véhicules blindés et, une fois sur deux à peu près, des voitures banalisées remplies de miliciens reconnaissables à leurs brassards blancs et à leurs cheveux retenus par des bandanas.

Gori n'appartient pas à cette Ossétie que les Russes prétendent être venus libérer’. C'est une ville géorgienne. Or ils l'ont brûlée. Pillée. Réduite à l'état de ville fantôme. Vidée.”

Problème : BHL n'est jamais “arrivé à Gori”, et les Russes n'ont pas “brûlé” la ville.

Que s'est-il passé ? Avec son équipe, il s'est débrouillé pour passer ce premier barrage en compagnie d'Alexander Lomaia et de quelques autres personnes (l'ambassadeur estonien, la députée européenne Marie-Anne Isler-Béguin et la journaliste du Washington Post Tara Bahrampour).

Deux heures plus tard, vers 22h30, dans la nuit noire, BHL est de retour au premier barrage où attend la presse. Il sort du véhicule, le visage grave, et avec sa voix de Malraux, il témoigne devant les journalistes :

“La ville est nettoyée, Gori est une ville fantôme, il y a des flammes partout ; apparemment pas âme qui vive, Gori a été vidée de sa population. C'est ce que les Russes appellent la pacification.”

L'eurodéputée Marie-Anne Isler-Béguin intervient alors pour démentir : “mais non, on n'était pas à Gori”, dit-elle aux journalistes, “on a été bloqués à un barrage à 1,5 kilomètre de la ville”. Elle connaît cette région depuis huit ans. Seuls les champs brûlaient, ajoute-t-elle. Les armées brûlent parfois les champs pour éviter le risque des snipers embusqués.

Plusieurs témoins confirment : BHL n'était pas à Gori

Déléguée du Parlement européen pour le Caucase Sud, Marie-Anne Isler-Béguin revient sur l'épisode pour Rue89 :

“Je viens de découvrir son témoignage. Je suis un peu surprise qu'il n'ait pas tout à fait dit comment ça s'était réellement passé. Mais il a peut-être oublié… J'ai vu Bernard-Henri Lévy pour la première fois lors de ce voyage au check-point où étaient bloqués tous les journalistes, à cinq kilomètres de Gori.

‘Si Bernard-Henri Lévy est monté avec Lomaia et moi, c'est parce que j'ai intercédé en sa faveur. C'est lui qui m'a demandé : Madame la députée, je voudrais me joindre à la délégation.’ Et c'est moi qui ai obtenu l'accord de l'ambassadeur d'Estonie. Dommage qu'il ait oublié ce petit détail… En plus, c'est le seul qui soit monté dans la voiture avec son garde du corps.

‘Et il y a d'autres approximations. S'il arrive à distinguer les militaires des paramilitaires, il est plus doué que moi. S'il a senti une odeur de putréfaction, moi pas. Il écrit aussi que Gori a été brûlée, pillée et réduite à l'état de ville fantôme, mais à ce moment-là, on ne pouvait pas le dire, tout simplement parce que personne n'y était encore allé. Enfin, nous nous sommes arrêtés à 1,5 kilomètre de Gori.’

Gilles Hertzog, fidèle compagnon de route de BHL, confirme lui aussi la version de l'élue :

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‘Non, on n'est pas rentrés dans la ville, on est resté à l'orée de la ville, je ne sais pas à combien de kilomètres de Gori. Il faisait nuit, on apercevait vaguement des bâtiments quand il y avait des fusées éclairantes, mais on n'était que sur le bas-côté d'une route. Il y avait des champs qui brûlaient autour de nous, on nous a dit que c'était du farming’ [des feux allumés par des cultivateurs, ndlr], mais je ne l'ai pas cru.”

Et même divergence avec BHL sur l'odeur de putréfaction :

“Personnellement, je n'ai rien ressenti, mais peut-être que mon ami Bernard-Henri Lévy lui l'a ressentie.”

Dans son reportage, la journaliste du Washington Post raconte elle aussi cette virée, mais en précisant bien clairement, en début de l'article, qu'elle n'a pas vu la ville. Le “byline”, l'indication du lieu et de la date du reportage placée au début du texte, est très clair : “OUTSIDE GORI, Georgia, Aug. 13” [“En dehors de Gori, en Géorgie, le 13 août‘].

Vendredi 15 : un braquage’ qu'il n'a pas vu

Et que penser de la seconde tentative pour se rendre à Gori le vendredi ? BHL écrit dans Le Monde :

‘Vendredi matin. Nous décidons, avec Raphaël Glucksmann, Gilles Hertzog et la députée européenne, de revenir à Gori que, suite à l'accord de cessez-le-feu rédigé par Sarkozy et Medvedev, les Russes auraient commencé d'évacuer et où nous sommes censés rejoindre le patriarche orthodoxe de Tbilissi en partance, lui-même, pour Shrinvali, où des cadavres géorgiens seraient livrés aux porcs et aux chiens.

Mais le patriarche est introuvable. Les Russes n'ont rien évacué. Et nous sommes même, cette fois, bloqués vingt kilomètres avant Gori quand une voiture, devant nous, se fait braquer par un escadron d'irréguliers qui, sous l'œil placide d'un officier russe, fait descendre les journalistes et leur arrache caméras, argent, objets personnels et, finalement, leur véhicule.

Fausse nouvelle, donc. L'habituel ballet des fausses nouvelles dans l'art duquel les artisans de la propagande russe semblent décidément passés maîtres. Alors, direction Kaspi, à mi-chemin entre Gori et Tbilissi, où l'interprète de la députée a de la famille et où la situation est, en principe, plus calme.’

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Le documentariste Raphaël Glucksmann conserve un souvenir différent de ce ‘braquage’. Le convoi de trois voitures est stoppé au dernier barrage de la police géorgienne où on leur déconseille fortement de continuer :

‘Les policiers nous ont raconté qu'une voiture de l'UNHCR [le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies, ndlr] venait de se faire dépouiller au barrage russe. Nous avons donc rebroussé chemin. Je n'ai pas vu cette scène. C'est simple, la route fait un coude et juste après, à 500 mètres environ de là où nous sommes, il y a le barrage russe, mais on ne le voit pas.’

La version de l'eurodéputée sonne, elle aussi, bien différemment de celle de BHL. Contrairement à ce qu'affirme l'intellectuel, elle n'était pas à ses côtés à ce moment précis :

‘Le jeudi, les autorités géorgiennes m'ont assuré que je pourrais aller le lendemain à Gori avec un convoi humanitaire. Mais, le vendredi, on attend une heure, deux heures, et on n'obtient toujours pas d'accord des Russes pour faire partir le convoi humanitaire.

Je n'ai donc pas pris de voiture en direction de Gori avec Bernard-Henri Lévy. Je n'ai pas non plus cherché le patriarche, qui a eu l'autorisation de se rendre à Shrinvali pour aller récupérer des corps de Géorgiens, car je savais où il était, mais j'ai seulement regretté de ne pas l'avoir contacté avant.

Je n'avais toujours pas bougé de Tbilissi quand, avec mon assistante géorgienne, on décide alors de se rendre au village de Kaspi, qui n'est pas en zone occupée. Et c'est là que Bernard-Henri Lévy revient vers moi et me dit : On a fait équipe hier, est-ce qu'on continue à faire équipe ?

Gilles Hertzog, n'était pas non plus avec BHL :

Moi, je ne sais pas, je n'étais pas dans la même voiture que lui. Je ne sais plus exactement… Vous savez, on laisse faire nos chauffeurs, ce sont eux qui décident, qui savent où on peut aller.’

Les autos partent en fait à Kaspi pour constater la destruction d'une usine électrique que filmera Glucksmann.

Dernière soirée à Tbilissi, Sartre et la pureté dangereuse

Vendredi, seconde rencontre du philosophe avec le président géorgien Mikheïl Saakachvili. Bloqué depuis plusieurs jours dans sa résidence, le chef d'Etat interroge BHL et Raphaël Glucksmann :

‘Il nous a demandé comment c'était à Gori et Kaspi. Puis, ils ont un échange sur le thème : Pourquoi l'Occident ne répond pas ?

Dans le récit qu'il a rapporté pour VSD, Hertzog raconte :

Bernard-Henri Lévy tente de leur remonter le moral. Pourquoi ne pas inciter les pays de l'Otan qui ont appuyé la demande de la Géorgie à se prononcer solennellement ? Pourquoi ne pas tenir vos conseils des ministres dans une ville menacée ? Saakachvili retrouve un instant le sourire. Très bonnes idées ! , lance-t-il.’

Ensuite, selon Glucksmann, les deux hommes parlent philosophie :

‘Saakachvili a lu La Pureté dangereuse’ et puis il a eu une prof de philo, ancienne correspondante de Sartre, et comme BHL a écrit sur Sartre…”

Retour à l'hôtel à l'aube, fin de l'escapade, tout le monde reprend l'avion vers 8h du matin. Direction Nice, où BHL a un rendez-vous. La folle vie continue.

Le journal britannique The Independent ne s'est pas trompé sur la leçon à tirer de toute l'histoire. Dès lundi 18 août, il écrivait :

“ Les Américains ont envoyé des couvertures, les Estoniens des médecins, mais ce sont les Français qui, assurément, sont venus au secours des gens de l'Ossétie du Sud en proposant d'envoyer leur ‘nouveau philosophe’ [en français dans le texte, ndlr] Bernard-Henri Lévy. ”

Julien Martin, Pascal Riché et David Servenay

Photo : Bernard-Henri Lévy à Cannes en 2008 (Eric Gaillard/Reuters).

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Portrait de Pas lolo

à A.V. Portrait de A.V. De Pas lolo

fasciné | 15H45 | 24/08/2008 | Permalien

Oui, ça me paraît assez clair que Mr est un obligé, ou entend l'être. De toute façon, directeur d'un truc quelconque à France 3, le gus est certainement pas un rebelle.

Portrait de parti

à A.V. Portrait de A.V. De parti

punishment park | 21H11 | 24/08/2008 | Permalien

un abhorré arboré ?

Portrait de compte supprimé 22

à Daniel RIOT Portrait de Daniel RIOT De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 15H58 | 24/08/2008 | Permalien

« Il est juif. Eh ! Oui…Moi pas. Et alors ?
C'est cela le pire, souvent non dit mais toujours ou presque prégnant : Lévy cristallise sur sa personne une partie de ce fond d'antisémitisme (de droite et de gauche) qui caractérise tant les voyageurs du train “ Vichy-Moscou via Munich ”qui, (je cite encore Sollers) traverse encore nos campagnes et nos villes. »

L'ensemble du texte est contestable, d'autres l'ont fait et bien. Ce passage est déplaisant (et je reste poli).

Je ne suis ni juif ni anti-juif, ça ne m'empêche pas d'être anti-BHL, le beau souflé médatico-politico-philosophico-narcissococo qu'on a.

Portrait de ababush

à Daniel RIOT Portrait de Daniel RIOT De ababush

18H38 | 26/08/2008 | Permalien

Ça alors ! Les fatals flatteurs, c'était donc vous !

Moi, je ne comprend pas qu'on puisse en tant que journaliste défendre le sensationnalisme de BHL, qui représente l'inverse de ce que la déontologie journalistique commande, qui s'apparente plus à des torchons comme « Voici », et qui laisse penser que BHL n'avait pas vraiment pas grand chose d'intéressant à exprimer.

Je comprend que vous le défendiez comme votre ami, mais votre défense serait plus efficace si vous ne l'encensiez par lorsqu'il se fourvoie.

Portrait de Oranais

De Oranais

12H19 | 23/08/2008 | Permalien

Par contre, pendant les années 90, lorsque B.H.L est venu en Algérie, il a fait semblant de ne pas voir la terreur de l'armée algérienne sur sa propre population. Pour lui il fallait soutenir coute que coute le régime d'Alger. Mais malheureusement, les faits ne lui ont pas donnée raison plus tard. L'Algérie est toujours mal dirigée.

Portrait de Asteriks

De Asteriks

13H17 | 23/08/2008 | Permalien

« Déshumaniser l'ennemi, c'est la première étape pour justifier qu'on le traite de manière inhumaine. »

Oui, c'est exactement ce que font les Français régulièrement et systématiquement, mais pas avec les Russkoffs (beaucoup trop dangereux ; vaut mieux essayer de les « comprendre », ceux-là ! ) ; non, c'est beaucoup moins dangereux de déshumaniser — et de caricaturer (et de diaboliser) — les Ricains ! (Ainsi que leurs alliés ! )

BHL « fait une manipulation scandaleuse »

Quand les gens (français ou autres) s'en prennent à Bush et aux Yankees (ainsi qu'à leurs alliés, par exemple les Géorgiens), là c'est tout à fait légitime, bizarrement ; ce n'est jamais une manipulation (scandaleuse ou autre).

« Vu son parti-pris anti-russe, on peut se poser des questions… »

Il faudrait plutôt dire, « Vu le parti-pris anti-américain (et anti-alliés-des-américains) de Rue89 et de tous ses lecteurs qui sont ici, on peut se poser des questions… »

Et sur le site du Monde, justement, certaines (rares) personnes se posent des questions et font des remarques on ne peut plus pertinentes…

http://www.lemonde.fr/web/article/reactions/1,1-0,36-1085547@51-1036786,…

Trois extraits :

1) Honte à tous les lecteurs … encore englués dans leurs archéo-réflexes pro-russes (pro-soviétiques ? ) et STUPIDEMENT anti-U.S. Cette « guerre froide » chez les lecteurs … est proprement surréaliste : il n'y a même plus aucun prétexte idéologique mais de la seule et pure sordide géostratégie bricolée sur des résidus de clivage Est/Ouest. Fort PEU de contre-argumentation sur le fond MAIS BEAUCOUP de viles attaques « ad hominem » [contre BHL]

2) Les réactions haineuses contre BHL dont je suis loin d'être un admirateur sont sidérantes de parti-pris ! Ce qu'il raconte est banal si l'on suit la situation dans la presse internationale et les analyses économiques et géopolitiques. Toute cette HAINE de MUNICHOIS HAÏSSEURS D'AMÉRIQUE, aux yeux de Chimène pour Poutine qui souhaitent dépendre à 100% du gaz et du pétrole russes rappelle la TRADITION d'AVEUGLEMENT INTELLECTUEL de certains Français à l'égard des DICTATURES d'Hitler à Mao !

3) Bon, allez, lâchons la Géorgie — entièrement responsable (bien sûr ! ) de tous les maux qui lui arrivent (les BRAVES Russes n'y sont ÉVIDEMMENT pour rien, ne pensant QU'À la défense des valeureux Ossétiens). Et demain, lâchons l'Ukraine — coupable AUSSI d'être allié avec (quelle horreur ! ) les USA. Après-demain, la Pologne — pour le même « crime ». Ensuite, les Tchéques. Puis, les Baltes.

Et nous prétendrons que c'est pour la paix. Et nous dirons que les Russkoffs, il faut — quelque part — les comprendre (et il ne faut pas trop essayer de les froisser ; et il faut sympathiser avec leurs déclarations — TOUT à fait crédibles ! — de n'avoir agi QU'EN ( ! ) état de légitime défense). Et nous dirons que c'est (que TOUT EST) la faute des… vils RICAINS ! Non, mais sérieusement : Elle n'est pas belle, notre… LÂCHETÉ ? !

Portrait de sebasto-oo

De sebasto-oo

communicant | 13H02 | 23/08/2008 | Permalien

Mille mercis pour cette édifiante analyse.
Je renvoie tous les vrais amateurs de Béhâchelleries au génial papier de Dalrymple sur « qui a tué Daniel Pearl », consultable sur le site du Diplo, terriblement cruel pour le seul philosophe français qui ne fut jamais enseigné nulle part, faut-il le rappeler.
Ce triste pitre ne recule devant rien, jamais, la notion de ridicule lui demeurant parfaitement et totalement étrangère.
Je me souviens, pour avoir été documentaliste dans un grand hebdo d'actualité, d'une série de photos —80 au total, signées Jacques Langevin de chez Sygma, je crois— qui le dépeignaient, au début de la première planche, prostré derrière un muret de Sarajevo, en train de gratter sur un carnet je crois, shooté en plan serré au téléobjectif. La lumière est bleue, dense, le climat dramatique, on dirait du Albert Londres dans le texte. Ne manque plus que le bruit des balles ricochant autour de lui.
Puis le photographe élargit progressivement, tout en continuant à shooter en rafale, toujours cadré sur BHL. De sorte que, dès le début de la deuxième planche, l'on réalise que le muret en question borde une rue de l'autre côté de laquelle on commence par apercevoir des rangers, puis des treillis et, enfin, la totalité de 4 casques bleus aux manches relevées, le torse dépoilé, aussi détendus et rigolards que faire se peut…
Enfin, vers la fin de la planche lorsque le photographe a fini de dézoomer, l'on obtient un impitoyable aperçu de l'ahurissante fatuité du personnage. Le voici qui git là, prostré derrière son bout de muret, dans l'ombre du soleil de l'après midi, posant en héros d'une pathétique mise en scène à l'arrière-plan de laquelle l'on voit désormais la totalité du décor : une rue tranquille de Sarajevo, par une après-midi ensoleillée où des militaires souriants en bras de chemise croisent des passants détendus revenant du marché, leurs sacs de provisions à la main…
R.I.P.

Portrait de yan

De yan

loin | 13H04 | 23/08/2008 | Permalien

je le vois bien porte parole de l'Élysée pour les questions internationales

Portrait de Ashel

De Ashel

écrivain | 13H41 | 23/08/2008 | Permalien

Merci pour ces réactions au commentaire de Daniel Riot. A le lire, on croit rêver. Et puis on comprend vite comment BHL trouve toujours son public et ses supports-soutiens médiatiques. Merci, Monsieur Riot, de ces éclairages qui ne parviennent qu'à confirmer ce dont on aurait osé espérer douter encore.

Portrait de brigadoon

De brigadoon

ouf!!! | 14H11 | 23/08/2008 | Permalien

Interessante votre réaction Daniel Riot.
Je suis d'autant plus à l'aise pour vous répondre que j'ai pris position plus haut sur un autre post sur certains points que vous citez :
- Que BHL soit bel homme, question de goût je ne suis pas une femme, ni homo,
- Qu'il soit riche tant mieux pour lui, surtout si son fric il dépene au service d'un certain humanisme,
- Qu'il ait une belle femme, ma foi il y en a d'autres mais je suis content pour lui,
- Qu'il se déplace en jet, si on en a les moyens et qu'on veut aller vite pourquoi pas, j'y vois rien d'amoral (sauf à savoir qui sponsorise une action),

Donc sur tous ces aspects persos je suis plutôt d'accord avec vous, mais là où je vous trouve indéfendable c'est que vous n'allez pas assez loin dans vos analyses sous couvert d'indignation :

De quoi s'agit-il dans le travail de BHL en Georgie ?

- Si c'est d'un travail de philosophe : il pouvait le faire à une autre hauteur sans se déplacer, écrire un pamphlet sur Guerre/pouvoir/minotrités, citer des références, etc., et là il n'y aurait rien eu a redire car comme vous dites on peut être d'accord ou non avec ses positions, souvenons nous de Camus et la guerre d'Algérie, la plume parfois a plus d'effet qu'un voyage …

- S'il s'agit d'un travail de journaliste visiblement il y a des lacunes, du parti pris et des informations érronées voire fabulées comme le montre les auteurs de l'enquête de Rue89,donc pas d'information interessante produite par BHL, diffficile de critiquer PPDA sur son interview à Cuba et pas BHL non ?

Votre argument « il faut vraiment ne pas avoir l'expérience de témoin professionnelsur le terrain » ça fait bondir ! Qu'est ce que vous en savez des gens à qui vous vous adressez quant à leurs compétences professionneles et de leur rapport au terrain, pourquoi d'autres journalistes n'affabulent-ils pas sur des terrains aussi difficiles ?

- S'il s'agit d'un travail ethnographique, BHL n'est pas qualifié pour ça et ça prend du temps d'aller côté Russe et côté Georgien sans parti pris « faire ressortir “ le terrain ” et ses spécificités. La France compte de nombreuses personnalités compétentes sur le sujet (IRIS, CNRS, etc) qu'on peut interroger et à partir de là faire un bon papier sur les rapports entre minorités,

- Enfin si c'est le parti d'un citoyen qui veut alerter le monde sur ce conflit, pourquoi pas, mais ce n'était pas forcément la meilleure stratégie,

- Peut-être alors le point de vue du romancier du réel… Pourquoi pas, mais alors il faut le dire…

Sur sa judéité, il me semble que dans ce cas comme dans d'autres BHL n'est pas le meilleur défenseur des Juifs, car son manichéisme fait peur même aux juifs : tout ce qui semble être américano-sioniste est bon et vrai le reste non, idéologie du Diable et du bon Dieu, le bien et le mal.. Je peux vous dire que mes copains juifs en ont marre parfois de le voir s'agiter en leur nom, on peut en discuter quand vous voulez, d'autant que les génocides ne s'adressent pas qu'aux juifs (même si le cas de la Shoa est particulier). En plus vraiment c'est l'argument de censure de type “ vous le critiquez parcequ'il est juif ”… primaire.

Enfin, stigmatiser les lecteurs anonymes de Rue89 et d'autres sites (Meetic ? ) depuis votre fauteuil et votre position institutionnelle peut être un exercice facile en vous drapant dans votre fausse dignité, mais ce qu'on peut ressentir ici à la lecture des posts et ailleurs et vous devriez changer de métier si vous n'entendez pas cela, c'est un certain ras le bol des gens d'être pris pour des billes et leur impuissance à changer le monde (ou Le Monde)et là vous avouerez que les ambiguités de BHL ajoutent à la confusion, on le voit partout, sur tous les fronts et pas toujours avec pertinence.

Donc il aurait fallu nous dire de quel point de vue il parlait dans son reportage ?
Voilà ce que je voulais vous répondre sans agressivité, sans références littéraires ou philosophiques, sans références aux textes et au passé de BHL.

Portrait de Ashel

à brigadoon Portrait de brigadoon De Ashel

écrivain | 14H34 | 23/08/2008 | Permalien

Excellent commentaire,brigadoon, qui s'ajoute aux nombreuses autres réactions qui s'imposaient ! La précision des développements de vos arguments est bonne à lire, merci !

Portrait de brigadoon

à Ashel Portrait de Ashel De brigadoon

ouf!!! | 02H25 | 24/08/2008 | Permalien

J'ai encore quelques patisserie en réserve pour ce Monsieur complètement à côté de la plaque et de mauvaise foi… Comment a-t-il eu son job ? Encore un pistonné !
Comme dirait le Marseillais (plus haut) C'est Degun !

Portrait de brigadoon

à brigadoon Portrait de brigadoon De brigadoon

ouf!!! | 03H01 | 24/08/2008 | Permalien

Ashel
serait-ce l'arme secrète des occidentaux qu'on voit émerger pour forcer les négociations ? vu ce matin
« Les marchés sanctionnent la guerre russe en Géorgie »
LE MONDE | 23.08.08 | 14h16 • Mis à jour le 23.08.08 | 14h16
site du Monde

Portrait de Ashel

à brigadoon Portrait de brigadoon De Ashel

écrivain | 10H22 | 24/08/2008 | Permalien

J'ai lu. Intéressant, en effet ! Mais depuis l'affaire BHL, je ne sais comment encore faire confiance à ce qui se lit dasn Le Monde… ?

Portrait de fakhrunissa

De fakhrunissa

chercheur | 14H48 | 23/08/2008 | Permalien

Il est injuste de dire que William Dalrymple a été le seul à démonter le roman-quête de BHL sur Daniel Pearl. J'ai affronté BHL sur France-Culture et j'ai publié dans Maghreb-Machrek le texte suivant.
Voir aussi l'excellent ouvrage de Jade Lindgaard « le B-A BA du BHL ».

Daniel Pearl, correspondant en Asie du Sud du Wall Street Journal, a été assassiné le 31 janvier 2002, une semaine après son enlèvement à Karachi, par des fondamentalistes qui ont filmé sa décapitation. Qui l'a tué et pourquoi, quels étaient les secrets que Daniel Pearl s'apprêtait à révéler ? C'est pour répondre à ces questions que Bernard-Henri Lévy a mené pendant plus d'un an une enquête qui l'a conduit des Etats-Unis au Pakistan et en Inde en passant par Londres, Kandahar et Sarajevo.
BHL a choisi d'écrire un « romanquête », à mi-chemin entre l'enquête et le roman : « les faits ; rien que les faits ; et, quand le réel se dérobait, la part forcée de l'imaginaire ». Confusion des genres dangereuse, car à moins d'avoir vécu au Pakistan et d'être familier, entre autres, des subtilités de la région et de l'organigramme des mouvements jihadistes, le lecteur risque de s'y perdre sans parvenir à distinguer le réel du produit de l'imagination parfois débridée de l'auteur.
Le livre est un véritable réquisitoire contre le Pakistan que BHL prétend bien connaître et dont il dresse un portrait terrifiant : « pays drogué au fanatisme, dopé à la violence », le « plus voyou des États voyous » où flotte une « odeur d'apocalypse » entre Islamabad et Karachi. La charge commence dès les toutes premières pages : la description hallucinante de l'aéroport de Karachi ne peut que laisser perplexes les habitués du lieu. BHL nous dépeint aussi le Pakistan comme un pays « qui a perdu jusqu'à l'idée de ce que peut être une presse libre », un pays où les journalistes sont perpétuellement en danger de mort, alors que la presse n'a jamais été aussi libre que depuis l'arrivée au pouvoir du général Musharraf.
L'ouvrage s'articule en cinq parties. La première est consacrée à la personnalité de Daniel Pearl, l'« ami posthume », et à sa mise à mort à Karachi. BHL s'identifie tour à tour à la victime et à ses bourreaux et il relate longuement et avec force détails sanglants les derniers moments de Pearl tels qu'il les imagine à partir des images horribles de la cassette vidéo.
La deuxième partie est consacrée à Sheikh Omar Saeed, le bourreau, condamné à mort pour avoir été l'organisateur de l'enlèvement. Omar pour lequel BHL éprouve une fascination, voire une empathie comme il l'a confié dans une interview au Magazine littéraire, est le « second personnage » du livre. BHL veut comprendre ce qui se passe « dans la tête du diable », il rencontre sa famille à Londres, retrace son parcours en Bosnie, dans les camps d'entraînement des zones tribales pakistanaises et des montagnes afghanes – non sans quelques imprécisions, ainsi le camp appelé Salman al Farsi devient Salam Fassi ! – puis dans les prisons indiennes et enfin à Kandahar et à Lahore après sa remise en liberté à la suite du détournement d'un avion d'Indian Airlines en décembre 1999.
Dans les trois autres parties, l'auteur remet ses pas dans ceux de Pearl et de Sheikh Omar, il revisite le lieu où Pearl a été détenu, reconstitue l'emploi du temps d'Omar, rencontre les témoins et se plonge dans les interrogatoires de police et les rapports de services de renseignements pour formuler son hypothèse d'un « crime d'État ». BHL dénonce les liens entre l'ISI (services de renseignement de l'armée) et Al Qaïda et fait de Sheikh Omar, agent de l'ISI et « fils préféré de Ben Laden », à la fois le financier et l'informaticien d'Al Qaïda. Pour l'auteur, Pearl qui enquêtait sur les liens de Richard Reid (l'homme aux chaussures piégées) avec Mubarak Shah Gilani, chef d'un groupuscule obscur, a probablement été tué par des agents de l'ISI. Son assassinat aurait été commandité par Al Qaïda car il était sur le point de révéler les contacts entre Al Qaïda et des savants atomistes pakistanais et d'apporter des preuves de la collaboration nucléaire du gouvernement pakistanais avec la Corée du Nord, l'Iran ou des terroristes islamistes.
Beaucoup ont trouvé la démonstration convaincante, en effet elle renforce les stéréotypes sur le Pakistan en insistant sur les points qui sont les cibles favorites des médias occidentaux : la toute-puissance de l'ISI, « Etat dans l'Etat », le programme nucléaire, les liens présumés des plus hautes autorités avec Al Qaïda et le rôle des madrassas.
Le lecteur averti qui n'a rien appris de nouveau n'est pas, loin s'en faut, convaincu par ces hypothèses. Trop de spéculations, de manipulations de services de renseignements, d'erreurs factuelles grossières, de zones d'ombre et d'aspects opportunément occultés quand ils pourraient remettre en cause la démonstration.
BHL est sûr de lui, il connaît le Pakistan, il a la certitude d'avoir compris (certainement mieux que les chercheurs ! ) ce qui se passe dans la tête d'Omar, il nous le présente comme parfaitement assimilé à la société britannique et il néglige le témoignage, pourtant pertinent, de Peter Gee, un Anglais qui a partagé sa cellule dans les prisons indiennes. Selon Gee, « le secret d'Omar, c'est l'inappartenance… la double culture… il s'était rendu compte que l'inappartenance jouait dans les deux sens et qu'il n'était pas plus chez lui, finalement, à Aitchison qu'à la Forest School. » Tout est dit, ce témoignage qui rejoint celui de camarades de lycée d'Omar à Lahore explique mieux que toutes les spéculations hasardeuses la transformation d'un parfait gentleman britannique en un dangereux terroriste islamiste. Omar, qui était un « Paki » en Angleterre et un « gora [Blanc], crazy Angrez » à Lahore, a trouvé une identité et une appartenance dans l'islamisme.
Ce « romanquête » est aussi l'occasion pour l'auteur de se mettre en scène et de revenir, parfois trop longuement, sur de précédents séjours en Bosnie, en Afghanistan ou au Pakistan. Il semble parfois jouer à se faire peur, par exemple dans cette descente aux enfers dans le quartier des drogués de Karachi, digne d'un mauvais film de série B, pour rencontrer un policier qui lui révèle une information pointue que tout le monde savait depuis le début… On passera sur le récit surréaliste de l'inévitable visite à la célèbre madrassa de Binori Town.
L'auteur fait aussi preuve dans certains cas d'une naïveté surprenante. Ainsi, il préfère descendre dans une petite guest house plutôt qu'au Marriott pour passer inaperçu, ce qui est au contraire le meilleur moyen de se faire repérer. Tout journaliste (ou chercheur) occidental qui établit des contacts avec des groupes extrémistes est surveillé de près. Penser que les « agences » pakistanaises ne savaient pas très exactement qui était Pearl et notamment ignoraient le fait qu'il était juif, penser qu'ils n'en savaient pas plus sur BHL, est faire preuve d'une méconnaissance totale du Pakistan. La même remarque est valable pour les militants qui ont enlevé Pearl et qui avaient eu suffisamment de temps pour se renseigner à son sujet. En effet, Pearl essayait depuis des mois d'entrer en contact avec Mubarak Shah Gilani, notamment par l'intermédiaire de personnes influentes aux Etats-Unis, et il est tombé dans le piège que Sheikh Omar lui a tendu. BHL ne fait pas état de l'excellent reportage publié dans Vanity Fair en août 2002 et qui relate ces contacts.
L'assassinat de Daniel Pearl est peut-être tout simplement l'aboutissement d'une enquête journalistique qui a mal tourné. La vision du monde des militants islamistes est simpliste : Pearl était un journaliste occidental donc a priori un espion, américain donc agent de la CIA ou manipulé par elle à son insu ce qui revient au même, juif de surcroit donc agent du Mossad, basé en Inde donc suspect. Tout cela en faisait malheureusement une proie idéale d'autant plus qu'il avait choisi un très mauvais moment : le 12 janvier, soit 11 jours avant son enlèvement, le président Musharraf avait prononcé un discours de rupture et interdit plusieurs mouvements jihadistes et il était en visite aux Etats-Unis quand Pearl a été enlevé. On s'attendait logiquement à une action d'éclat des militants soucieux à la fois de démontrer que leur capacité de nuisance était intacte et de mettre en difficulté le général Musharraf.
L'affaire Pearl reste une énigme et la vérité ne sera peut-être jamais connue. La controverse risque d'être relancée par la parution du livre de Mariane Pearl – qui donne un autre éclairage à l'affaire et une image beaucoup plus positive de la police pakistanaise. Par ailleurs, les autorités américaines ont annoncé que le meurtrier de Pearl était Khalid Sheikh Mohammad, ce qui tendra it à confirmer l'implication d'Al Qaida mais sans fournir de réponse à la question principale : pourquoi a-t-on tué Daniel Pearl ?

Portrait de onegus

à fakhrunissa Portrait de fakhrunissa De onegus

in & out | 22H07 | 24/08/2008 | Permalien

« pourquoi a-t-on tué Daniel Pearl ? »

Une piste, au hasard :

Dans les jours qui suivent le 11 septembre, les enquêteurs sont à la recherche des traces financières laissées par les terroristes. C'est grâce à elles qu'ils pourront remonter la chaîne de commandement des attentats, jusqu'aux commanditaires eux-mêmes. Le 1er octobre 2001, le FBI découvre un lien entre les pirates de l'air et Al-Qaïda, à travers un transfert d'argent au profit de Mohammed Atta, le leader des kamikazes, en Floride (BBC, 1er octobre 2001). Le 6 octobre, CNN révèle que Mohammed Atta a reçu de l'argent venant du Pakistan et que le financier serait Omar Saeed Sheikh, un Britannique d'origine pakistanaise, diplômé de l'école des Sciences Economiques de Londres, parlant cinq langues, mais surtout connu pour être l'un des financiers d'Al-Qaïda. Toute la presse publie l'information, mais omet de dire que Sheikh n'est pas seulement un agent d'Al-Qaïda, mais aussi de l'ISI, l'agence de renseignement militaire du Pakistan (voyez le remarquable portrait de ce personnage clé tracé par Paul Thompson, l'auteur du site Complete 9/11 Timeline, la plus grande base de données médiatiques sur le 11 septembre).

La suite ici :
J'ai financé le 11 septembre et tout le monde s'en fout !
http://www.agoravox.fr/article.php3 ? id_article=28889

Portrait de logos

De logos

Etudiant | 15H00 | 23/08/2008 | Permalien

Le crédit que l'on apporte à cet homme est d'autant plus injustifié que c'est loin d'être la première fois qu'il crée une « réalité parallèle ».
En tant qu'étudiant en sciences-politiques il est très pénible de pouvoir se dire que des mythomanes se cachent derrière ceux qui devraient être une référence fiable dans nos recherches.

Salomé Zourabichvili (franco-georgienne, ancien ministre des affaires étrangères de Georgie) émet un avis beaucoup plus modéré et sérieux alors même qu'elle parle de son propre pays (cf. le libre journal de Catherine Rouvier du 22/08/08) que ce romancier idéologue et caricatural.
En effet, elle y affirme nottament qu'elle désaprouve l'instauration du bouclier anti-missile américain et comprendre les motivations des russes même si elle condamne fermement leur méthode.

Portrait de fakhrunissa

à logos Portrait de logos De fakhrunissa

chercheur | 16H24 | 23/08/2008 | Permalien

BHL une référence fiable ? je ne peux pas dire tout ce que je sais sur les conditions dans lesquelles il a fait le terrain pour son livre sur Daniel Pearl, je vous laisse imaginer… et c'est pareil pour la Bosnie, BHL et Marek Halter à Peshawar dans les années 80, j'y étais…

Portrait de dragut

De dragut

marseille | 15H58 | 23/08/2008 | Permalien

il nous avez deja fait le coup en Afghanistan,où il etait soi disant entré et avait rencontré feu Massoud ; tu parles il était resté à la frontière,et il avait vu dequn,et surtout pas Massoud ; ça l'empêche pas de recommencer ses sournoiseries ; c'est navrant ! !

Portrait de Léon1

De Léon1

16H13 | 23/08/2008 | Permalien

Bonjour,hélas ,trois fois hélas,les informations souvent recueillies dans l'urgence sous la pression des médias concurrents risquent, si elles sont pesées et vérifiées,d'atteindre la « date de péremption“et ainsi, de désinteresser les lecteurs.La fraicheur des infos prime sur leur fiabilité ; souvenez-vous ,de tf1 avec l'annonce fausse de la mort d'un enfant perdu,et du journal du soir sur la 2 qui commence à 7h58,de peur qu'une grande nouvelle ne soit phagocytée par la concurrence.Méfions- nous donc de tout discours péremptoire, de ceux qui croient savoir et qui oublient ainsi toute objectivité et qui finissent par mentir pour peu que leurs avis correspondent à leurs idées.

Portrait de jorge_Atlan

De jorge_Atlan

16H21 | 23/08/2008 | Permalien

Ce qui m'étonne c'est que vous puissiez débattre sur un bouffon milliardaire en mal d'existence social. Ce monsieur n'est ni un intello, ni un défenseur d'autre cause que son égo..
C'est une engeance médiatique qui n'a qu'une utilité celle de faire rire lors de ces entartages..
Crédibilité = 0

Portrait de labyrinthesansissue

De labyrinthesansissue

dilettante | 16H46 | 23/08/2008 | Permalien

le vide fait le plein, je vois.

Portrait de Sylvain7

De Sylvain7

19H17 | 23/08/2008 | Permalien

Par delà le décryptage, deux confirmations : le Monde et BHl sont des rigolos

Souvenons nous en quand le très honnête et objectif grand philosophe français BHL nous reparlera de son cher Israël.

Portrait de Antomarchi Anne

De Antomarchi Anne

Journaliste | 20H00 | 23/08/2008 | Permalien

Bonjour félicitations pour cette mise au point…une enquête bien menée semble t-il.. cette façon d'agir de la part de BHL est tout à fait scandaleuse…est ce que ce que je viens de lire a été éditée ailleurs que sur Rue89 ? visible dans un grand quotidien.. entendu à la radio ou vu à la télé ? peut-on assiéger ce monsieur BHL et lui sommer de s'expliquer ?
Que font les journalistes, les directeurs de journaux et des postes de télé ?

Portrait de brigadoon

à Antomarchi Anne Portrait de Antomarchi Anne De brigadoon

ouf!!! | 11H48 | 24/08/2008 | Permalien

Libération en a fait un petit article.

Portrait de pugil

De pugil

las | 21H01 | 23/08/2008 | Permalien

Avec la complicité de Georges…(j'espère)

C'est à travers un large esprit
que l'émissaire en blanc coton
contemplait, impuissant, Gori
sans se soucier du qu'en dira-t-on

Avec impudeur, comme un hère,
il lorgnait un endroit précis
que la rigueur toute militaire
m'interdit de nommmer ici

Gare de Gori ….

Portrait de General Subverciòn

à pugil Portrait de pugil De General Subverciòn

réfractaire délocalisé | 21H35 | 23/08/2008 | Permalien

tous avec Georges…

Une rafale de mitraillette
Eût pu faucher le bel imprudent
Et à défaut d'y boire une bière
Il aurait pu finir dedans…
Gare de Gori…
La Camarde trop à l'ouvrage
A cette fois loupé son coup
C'est pour ça qu'a la prochaine alerte
Il postillonnera encore beaucoup
Gare de Gori…

Portrait de Clarence

De Clarence

23H54 | 23/08/2008 | Permalien

@ Monsieur Daniel Riot :

Là, franchement, ça commence à bien faire !
Et vous devriez soit vous taire, soit répondre, si vous voulez vous faire l'avocat de BHL, aux questions qui lui sont posées.
Au lieu de faire comme toujours diversion en répondant à des reproches que personne ne lui a fait ici, ni dans l'article initial de Rue89, ni dans les commentaires des internautes qui lui ont fait écho.
Selon vous, BHL est beau, BHL est riche, BHL a une jolie femme, j'en oublie…, et c'est bien sûr, selon vous, pour tout cela qu'on le déteste.
J'allais oublier l'essentiel : BHL est juif, et tous ceux qui le critiquent sont donc antisémites (CQFD. Air connu).
Eh bien non ! Désolé, mais je n'envie pas la fortune de BHL, me contrefous d'Arielle Dombasle, et ne suis pas antisémite.
Ce que je constate simplement, c'est que BHL est un menteur, ou, pour dire le moins, un manipulateur.

Je reviens un instant sur le passage qui m'a le plus choqué dans son papier au Monde, et dont je maintiens, quand on connait la suite, qu'il s'agit d'une manipulation.
BHL écrit : « Nous arrivons à Gori. Nous ne sommes pas au centre-ville. Mais, du point où [nous sommes], nous pouvons constater les incendies à perte de vue. (…) L'odeur, légère, de putréfaction et de mort. [Gori] est une ville géorgienne. Or [les Russes] l'ont brûlée. Pillée. Réduite à l'état de ville fantôme. Vidée. »
On apprendra plus tard, par Marie-Anne Isler-Béguin d'abord, puis par BHL lui-même dans ses réponses à Rue89, que les incendies concernent des champs. Le texte est pourtant rédigé (« Nous ne sommes pas au centre-ville MAIS nous pouvons constater les incendies… ») de manière à faire croire au lecteur que les incendies concernent bel et bien le centre-ville.
Accessoirement, nous apprendrons ensuite que BHL n'a à aucun moment pu constater que Gori a été « brûlée », « pillée », « vidée », puisqu'il n'a pu y pénétrer. Alors soit il invente, soit il se base sur des témoignages, à coup sûr géorgiens, et il eut alors fallu le préciser.

Pour vous bien évidemment, il s'agit là de pinaillages, et d'un mauvais procès fait à BHL.
Et vous vous permettez d'écrire : « Ce qui est sûr c'est que les Russes ont été dans et autour de la ville, et qu'il y eu des dégâts. »
Trop fort !
Créer la confusion entre des champs qui brûlent et une ville de 60.000 habitants « brûlée, vidée, réduite à l'état de ville fantôme », c'est pour vous très anecdotique.
Et d'appeler Stendhal à la rescousse !
Que je sache pourtant, Stendhal ne prétendait pas faire oeuvre de journaliste, mais de romancier.
Et surtout, Stendhal écrivit la Chartreuse de Parme en 1839, 24 ans après Waterloo. Conviendrez-vous qu'il s'agissait alors d'écrire sur une actualité légèrement moins brûlante que celle d'aujourd'hui, où l'on voit par exemple des navires de l'Otan entamer des manoeuvres en Mer Noire ?

Que votre défense et illustration de BHL réponde à de telles questions, précises, au lieu d'aller se perdre entre jets privés et « jolie femme », dont tout le monde se tape.

Portrait de brigadoon

à Clarence Portrait de Clarence De brigadoon

ouf!!! | 02H38 | 24/08/2008 | Permalien

Bravo Clarence ! Mais Riot est parti se cacher, il ne répondra pas… Il calomnie les Riverains et part vite sans se retourner… Le couard crache dans la mare et se sauve… Les copains ont raison comment discuter avec ces gens qui n'ont pas même le sens de l'honneur… ou de le souci de la vérité intellectuelle…
Peut être qu'il attend une rétribution symbolique ou autre de BHL ou est-il secrétement amoureux de lui ?

Portrait de CemoiduKon2

De CemoiduKon2

01H24 | 24/08/2008 | Permalien

Il y a en effet bien important que toutes ces discussions un peu oiseuses.
Dans Le Monde, tjs :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/23/quere…

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