
Le rapport rendu public mardi 5 août, impliquant la France dans le génocide des Tutsi et le massacre des Hutu en 1994, a fait vivement réagir la blogosphère. Le document s'achève par une liste de trente-trois personnalités françaises, dont treize politiques. Pour la première fois, Kigali menace de poursuites judiciaires les Français incriminés. Sur les blogs, experts africains et français mettent eux aussi en cause l'implication de la France.
Le rapport de la commission Mucyo, du nom de l'ancien ministre rwandais des affaires étrangères (Jean de Dieu Mucyo) vient contredire le travail effectué par la commission d'enquête parlementaire française de 1998, dirigé par Paul Quilès, qui exonérait la France de tout responsabilité dans le génocide.
Plusieurs spécialistes avaient pris le contre-pied de ces conclusions, à l'exemple de Colette Braeckman, journaliste belge, spécialiste de l'Afrique centrale. Sur son blog, « le carnet de Colette Braeckman », elle évoque la « détermination de Kigali », à mettre la communauté internationale face à « une terrible réalité » concernant la France :
« Ceux qui croyaient que le Rwanda se servirait de ce document pour négocier la reprise des relations diplomatiques avec la France ou la levée des mandats d'arrêt délivrés par le juge Bruguière contre neuf hauts dirigeants se sont mépris sur la détermination de Kigali, qui a préféré la mise à plat d'une terrible réalité, résumée en trois points : la France connaissait les préparatifs du génocide, elle a participé à cette préparation et pris part à l'exécution du crime. »
Analyses partagées sur les blogs africains
La Jeunesse Unie pour la démocratie en Afrique (JUDA), organisation togolaise, dénonce la posture choisie par la France, suite à la publication du rapport. Dans un post intitulé « Rapport rwandais : la France s'aveugle » , l'organisation s'insurge contre une France, qui « refuse toujours de présenter ses excuses » au Rwanda :
« Le pesant boulet que traîne la France depuis le génocide des Tutsis rwandais s'est considérablement alourdi au creux du mois d'août, avec la publication à Kigali de l'épais rapport de la commission Mucyo. Depuis 1994, le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, le président des États-Unis Bill Clinton, le premier ministre belge Guy Verhofstadt, sont venus à Kigali présenter leurs excuses au peuple rwandais. La France, principal acteur extérieur au Rwanda en 1994 s'y est toujours refusée. Une posture d'avenir ? “
Pour Séni Dabo, du groupe de presse Burkinabé Le Pays, il faut ‘dépassionner le débat’ pour mettre chaque pays face à ses responsabilités. Comme il l'écrit dans son article, cette responsabilité relève plus du ressort du Tribunal Pénal International du Rwanda (TPIR) :
‘On ne verra mieux dans cette affaire, on ne situera mieux le rôle et la responsabilité de tout un chacun (Rwandais, Français, Belges, ONU) qu'une fois la passion apaisée. Pour ce faire, il y a lieu que les débats entre le Rwanda et la France soient dépassionnés, que, comme on le dit couramment, on joue balle à terre.(…) Et ce devrait être beaucoup plus du ressort de la justice internationale à travers notamment le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).’
Avis contraire sur le site de Gaspard Musabyimana, ancien fonctionnaire du gouvernement rwandais. Le journaliste politique Alphonse Bazigira y remet en cause l'implication de la française et dénonce un rapport ‘très biaisé’.
‘Manœuvres de diversion, manipulations ou stratégie de la tension qui rappellent les temps révolus de la guerre froide ? (…) En effet, ce n’ est pas par hasard que ‘le Rapport Mucyo’ très biaisé, sur le rôle d'une certaine ‘France médiatrice’ dans le conflit armé qui saigna le Rwanda et qui, en définitive, conduisit au génocide, tombe après des mois de tergiversations, comme un couperet au moment où la France préside aux destinées de l'Union Européenne. La France entière doit être outrée. Elle se réveille ainsi coupable d'avoir péché, on ne sait pas bien de quoi.”
Des responsables français incriminés
Pour la première fois, le rapport de la commission d'enquête laisse entendre la possibilité de poursuites judiciaires de hauts dirigeants français. Des personnalités telles que Hubert Vedrine (ancien secrétaire général à l'Elysée), Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères de l'époque, Dominique de Villepin (ancien directeur de cabinet aux Affaires étrangères) pourraient être inculpées.
Dans un post intitulé “ Les limites de la realPolitik ”, Alain Juppé parlait déjà au mois de janvier, sur son blog-notes, d'une “falsification inacceptable” de l'histoire :
“Nous assistons depuis plusieurs années à une tentative insidieuse de réécriture de l'histoire. Elle vise à transformer la France d'acteur engagé en complice du génocide. C'est une falsification inacceptable. La diplomatie française ne devrait pas s'écarter de la voie de la vérité et de la dignité.”
L'intérêt des victimes ?
Sur “le site de L'Observateur”, le quotidien burkinabé compare les relations entre les deux pays à un “Je te tiens, tu me tiens par la barbichette judiciaire” :
“Décidément, le génocide rwandais de 94 est un poison dans les relations entre Paris et Kigali.(…)L'épée de Damoclès, qui plane sur des têtes à Paris tout comme à Kigali, n'est, en fait, qu'une menace davantage d'essence politique que judiciaire. C'est aussi la preuve que dans cette guerre de chiffonniers, en réalité, personne ne se bat pour les victimes du génocide. On inculpe à tour de bras pour des raisons non pas de justice mais pour assouvir des intérêts politiques.”
Le traitement de la publication du rapport par les médias fait lui aussi débat. Sur la toile, un même constat revient : le faible écho médiatique du rapport, au profit de la médiatisation des faits divers du mois d'août. Sur son blog “Divagations d'un juriste en liberté surveillée”, le juriste marocain Ibn Kafka dénonce au passage le silence des associations :
“L'écho médiatique et politique de ce rapport est faible, et pas seulement en France - aucune réaction par exemple, à ce jour, de Human Rights Watch, d'Amnesty International ou de la FIDH, plus loquaces sur le Soudan. Pour la France, c'est comme l'écrit le blog du Monde diplomatique, ‘à Paris, en ce 5 août, les chaînes de télévision évoquent des faits divers avant de consacrer, en milieu de journal, quelques secondes aux questions soulevées sur la responsabilité de Paris dans le génocide de 1994.’
Photo : François Léotard, Alain Juppé et Edouard Balladur avant leur audition par la commission d'enquête parlementaire, le 21 avril 1998 (Gareth Watkins/Reuters).





















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De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
14H48 | 21/08/2008 |
Ils doivent être les prochains Milosevic au TPI. Ils étaient au courant. Ils doivent payer.
http://allainjulesblog.blogspot.com/
De brize76
14H55 | 21/08/2008 |
Derrière chaque conflit il y a un, des pays, des intérêts. Alors on de déroge pas même si cela dérange.
Les coupables seront-ils poursuivis ? ? bien sur que non ce sont des politiques. Et des exemples il y en a, la liste est très très longue. Je ne vais pas faire la liste ici car je risquerais de bloquer l'ordinateur de rue 89.
De Rabah AIT MOUHOUB
15H29 | 21/08/2008 |
Pro Minant,
Il n'est pas question que vous à titre personnel portiez une quelquonque responsabilité dans le génocide Rwandais, pas plus d'ailleurs que les Hutus Rwandais survivant. Le principe de responsabilité collective n'existe pas en droit. A chacun sa propre responsbilité. A ce titre, vous n'avez bien sûr pas à vous sentir personnellement coupable de ce qui a pu être fait par les gouvernements passés ou présents de l'Etat dont vous êtes ressortissant. Nul africain sensé n'a d'ailleurs en tête de vous accuser vous ou un autre français en particulier.
En revanche, la responsabilité politique, quand elle existe devrait être assumée. Le problème étant de savoir de quelle manière, mais il me semble que cela est indispensable pour tout projet de réconciliation et de bon voisinage. Vous voyez alors que les fausses mises en perspective de certains responsables de droite ( et de certains de gauche) pour éviter le sujet de la reconnaissance de tel ou tel événement historique, sont des arguments de mauvaise foi. Nul n'a demandé « aux fils » d'assumer les fautes des « pères », mais simplement de reconnaitre la réalité des faits et la responsabilité éventuelle qu'on y a prise. Au passage je vous laisse savourer l'absence de toute référence aux femmes en tant que sujets de l'histoire.
De amilcar
peureux célèbre | 15H33 | 21/08/2008 |
tout d'abord, pourriez-vous enlever ce « les » devant génocide dans la première phrase de l'article.
j'ai lu intégralement ce rapport et, croyez-moi, ce n'est pas une partie de plaisir, c'est éprouvant, c'est une plongée dans l'horreur dont on ne ressort pas indemne.
Il s'en dégage une constance de l'intervention française au Rwanda avant, pendant et après le génocide, ce qui est surement la preuve la plus incontestable, on ne voit pas à quel moment la France aurait changé de politique.
Avant le déclenchement du génocide, la France était partie prenante du côté du gouvernement de Habyarimana et de l'armée rwandaise et a poussé à une radicalisation de cette politique rwandaise vers une ligne hutu extrémiste. Le rôle de l'ambassadeur français à Kigali et des différents gradés présent sur place est clairement décrit dans le rapport et ne pourra être contesté que par une réfutation point par point des accusations portées dans le rapport, ce qui me semble néanmoins difficile, la plupart des documents cités par le rapport sont des documents officiels français. La France a effectivement participé à une politique raciste envers les tutsis avant le génocide, les preuves sont multiples et là encore ne pourront être attaquées que point par point. Il me semble que les exactions nombreuses de l'armée française ne pourront pas toutes être invalidées et il pourra facilement être démontré que la France agissait en contradiction avec les conventions internationales, notamment en entrainant des civils à tuer à mains nues.
Pendant le génocide et sous couvert d'opération humanitaire la France a continué à appliquer une politique radicalement pro hutu extrémiste, en incitant même à tuer des hutus modérés, en ne protégeant pas les victimes tutsies, en commettant de nombreux viols uniquement sur des femmes tutsies, là-encore le nombre de viols pourra être contesté mais les témoignages sont tellement nombreux que tous ne pourront être invalidés.
Le mensonge humanitaire fait partie du cynisme scandaleux de la politique française, on a toujours le prétexte de protéger et exfiltrer les ressortissants européens, prétexte avancé sur la scène internationale et qui permet ensuite de conduire une politique de basses oeuvres et faire ce que l'on veut en fonction des intérêts politiques français ou prétendus tels. Les contacts entre génocidaires et officiels français sont nombreux et documentés, ils ont même été reçu plusieurs fois à Paris, sans jamais favoriser la concertation entre les parties rwandaises, la France était anti- FPR, et a même mis en prison à Paris des proches de Kagamé venus négocier, pour tenter de faire pression sur eux.
Après le génocide,la France a livré des tonnes d'armes au Congo de l'encore vivant à l'époque Mobutu, la encore profitant de l'ambigüité de protéger des réfugiés et en livrant en réalité des tonnes d'armes aux génocidaires en fuite dans un pays ou de nombreux tutsis étaient installés depuis des lustres et créant de ce fait une instabilité durable et sanguinaire à l'est du Congo. Je passe sur les pillages et amputations arbitraires, toutes ces accusations doivent être l'objet d'investigations, on ne peut pas se laisser accuser de la sorte d'avoir couper des membres sans raison à des réfugiés, les médecins militaires présents à Goma et dans l'est-Zaïre en 1994 doivent êtres tous à nouveau interrogés rapidement.
La France a de façon constante participé aux barrages de contrôle, check point tenus par des hutus extrémistes, la France a maintenu et favorisé ces barrages en sachant le sort réservé aux tutsis qui y étaient arrêtés, les tutsis étaient massacrés souvent à quelques mètres des barrages et souvent sous les yeux des militaires français. Le fait que des militaires français participent ainsi au « triage » ethnique en envoyant les tutsis à une mort certaine est à mon sens intolérable, insoutenable et une honte pour la France difficile à réparer, à nos yeux même de français, des militaires de mon pays trient les gens en Afrique selon la mention ethnique de leur carte d'identité, je ne pourrai jamais croiser un militaire français sans penser à cette ignominie.
Que peut faire la France ? il n'y a qu'une seule solution, demander la création d'une commission d'enquête indépendante et internationale, ou d'une cour de justice spéciale pour faire la lumière sur ces accusations gravissimes, la France ne peut être seule à nier ces accusations d'un revers de main alors que la communauté internationale admet unanimement leur véracité, nous ne pouvons être seuls à défendre un point de vue politique alors que toutes les autorités mondiales nous accusent, nous devons faire éclater la vérité sur cette affaire de la plus haute gravité de manière incontestable, et si nous avons commis des erreurs aussi graves soient-elles, nous devons avoir le courage et la dignité de tenter de la réparer, et non de persister, « à la turc », à nier contre vents et marées l'évidence.
Enfin, je remercie amicalement et sincèrement rue89 pour le boulot fait de mettre à notre disposition ce rapport et de permettre un droit de suivi, rue89 est un bon canard, comme quoi la France peut voir naitre le meilleur comme le pire, de disposer d'un media comme rue89 en France est une réelle richesse, merci donc.
à amilcar
De Michael A.
apprenti-chercheur (futur chômeur) | 17H57 | 21/08/2008 |
Je voulais juste faire un petit commentaire fayot :
Merci à amilcar pour sa participation éclairante et surtout, dotée d'un esprit de justice morale trop rare sur ce site comme ailleurs. Les riverains de rue89 sont souvent très énervés ou écrivent avec passion et non avec raison. Cela change et je tenais à le dire.
PS : je ne suis pas un fatal flatteur…
à amilcar
De chacone
chauffeur PL | 18H30 | 21/08/2008 |
100% d'accord ! D'autant plus qu'il y avait les sattelites,qui étaient capables de voir en temps réel se qu'il se passait.
Mais ce« brave roi » (Mitterand)n'a pas daigné lever le petit doigt !
Plus je constate toutes les exactions qu'il a commise,et sa gestion CALAMITEUSE de l'Etat,plus je le déteste !
De Phil2922
Retraite invalidité | 15H53 | 21/08/2008 |
Juppé, il a gardé sa cabane au Canada… ? !
http://phil195829.overblog.com
De François Descamps
o | 16H21 | 21/08/2008 |
Je me souviens de la douceur du soir sur ma colline, là bas, dans le pays des milleco, des grands papillons jaunes qui le matin avec leur ailes me réveillaient en me frôlant la joue. Le délicieux café, la beauté des femmes, la joie de vivre, et cette volonté d'aller vers une vie meilleure des étudiants et des jeunes paysans que j'ai croisés.
En arrivant on m'avait dit de faire attention sur les marchés « si on te vole et que tu ne remarques rien tous le monde sourira, si tu cours après ton voleur tous le monde le tuera à coup de machette ! ». Bigre quel pays bizarre.. Tous les blancs qui me parlaient du Rwanda me disaient « ça va péter un jour, on ne sait pas quand, on ne sait pas comment, mais ça va péter.. » C'était en 1980.
Je vous conseille de lire « Noires fureurs blancs menteurs » de Pierre Péan et de chercher l'enquête du juge Bruguière, et accessoirement.. vous demander à qui profitent tous ces crimes.
à François Descamps
De le soudanais
ici et là | 17H08 | 21/08/2008 |
Pierre Pean, celui qui défend la thèse du double génocide… ? Très peu pour moi, désolé. En revanche pourquoi ne pas lire la trilogie de Jean Hatzfeld Hatzfeld, le bouquin de Philip Gourevitch ; We Wish to Inform You that Tomorrow We Will be Killed with our Familles : Stories from Rwanda (1996), ou la témoignage de Roméo Dallaire, Shake Hands With the Devil ; ainsi que le très instructif « L'inavouable, la France au Rwanda » de Patrick se Saint-Exupery, alors grand reporter au Figaro au Rwanda à l'époque.
Vous pouvez également visionner le documentaire de 2004 : Tuez-les tous ! (Rwanda : Histoire d'un génocide « sans importance »).
Pour plus de lectures :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bibliographie_sur_le_g%C3%A9nocide_au_Rwand…
à le soudanais
De François Descamps
o | 17H55 | 21/08/2008 |
Merci pour votre contribution à ma connaissance.. En cherchant sur Google « Hatzfeld , Gourevitch et Dallaire » je tombe sur le livre de Robin Philpot « ça ne s'est pas passé comme ça à Kigali ». Editions Duboiris. Je ne le connaissais pas, qu'en pensez-vous ?
à François Descamps
De le soudanais
ici et là | 18H27 | 21/08/2008 |
Bien joué le coup de l'innocence ; )
Robin Philpot est un habitué des théories farfelues et des coups en douce, sa crédibilité est largement entamée au Québec et dans le camp souverainiste.
Je préfère de loin un Patrick de Saint Exupéry (qui vient de lancer un des meilleurs titres de la presse française : XXI) ou un Hatzfeld.
à le soudanais
De François Descamps
o | 18H15 | 22/08/2008 |
Innocence, vous ne croyez pas si bien dire ! Je me souviens de mes rencontres à Butare. Je garde au cœur cette brûlure du drame.
j'ai revu à Lille 2004, à l'occasion d'une exposition sur l'Art en Afrique un travail d'artistes belges sur ce drame absolu, j'étais foudroyé.
Mais cette personnelle et légitime sensibilité ne me fera pas crier avec ceux qui hurlent contre la France.
C'est mon pays , que j'aime, (je suis un aborigène français).
Je veux savoir ce qui s'est passé. Oui, je crois qu'il y a eu des défaillances à de nombreux moments, avant pendant et après le drame dans la chaîne des protagonistes français et il faudra les connaître et en tirer les conséquences.
Mais ce drame est surtout Rwandais et c'est à tous les rwandais de parler, de comprendre de chercher la vérité et de la déterrer ! Auront ils la possibilité de faire le patient travail de mémoire entrepris par les cambodgiens chez eux ?
Nous avons mis 200 ans à nous tirer des tueries ignobles des guerres de religions, nous avons mis plus de cinquante ans pour juger les grandes veulerie et ignominie d'une grande partie de notre administration sous Vichy. Avec un peut de temps la vérité sort toujours du puits.
à le soudanais
De bjm
| 21H59 | 21/08/2008 |
Le titre du très bon et bouleversant livre de Patrick Saint Exupéry résume bien la situation :
l'INAVOUABLE ,la France au Rwanda.
inavouable, c'est la clé qui permet de comprendre les dénis de Juppé et consorts…
à le soudanais
De LienRag
00H10 | 22/08/2008 |
J'avoue n'avoir jamais compris pourquoi Pierre Péan, qui jusque-là jouissait d'une réputation de journaliste honnête, s'est impliqué dans une telle politique de désinformation sortie avec leur maladresse habituelle par les services français ?
Si quelqu'un avait de l'information pour éclairer ma lanterne…
De Occam
étudiant | 16H58 | 21/08/2008 |
Si les états-unis ont formulés des excuses officielles consécutivement au génocide rwandais, c'est en raison de leur attitude au conseil de sécurité de l'ONU. En qualifiant à l'époque les événements « d'actes de génocide » et non pas de « génocide » tout court, ils interdisaient à la communauté internationale d'agir en vertu du chapitre VII de la charte des Nations Unies (traitant des actions militaires).
Concernant l'attitude de la belgique, il faut savoir que c'était elle qui disposait du plus grand nombre des militaires dans le pays et qu'elle a délibérément choisi de rapatrier ses soldats, malgré les protestations du général Dallaire (canadien), chef de la mission de l'ONU au rwanda à l'époque.
Pour ce qui est du rôle de la france, nos responsables politiques étaient bien sûr au courant des événements tragiques qui se déroulaient… De là à dire qu'ils ont une quelconque responsabilité dans la tragédie rwandaise il y a un pas à ne pas franchir.
Il est clair que cette affaire n'est que politique et en aucune cas juridique. Le TPIR ne prendra sans doute même pas la peine de relever ce genre d'accusation. Il est du reste évident que Paul Kagamé n'osera jamais attaquer des responsables français car il sait depuis toujours que son dossier ne tiendra pas la route devant le tribunal…
à Occam
De Le Yéti
yetiblog.org | 07H41 | 22/08/2008 |
Vous avez lu le rapport, Monsieur ? Quelle différence en tout cas entre vos affirmations totalement dépourvues de preuves et d'arguments (le troisième paragraphe, notamment) et l'intervention d'Amilcar, étayée et nuancée dans ses conclusions.
à Le Yéti
De Occam
étudiant | 10H14 | 22/08/2008 |
Monsieur Le Yeti,
Je tiens déjà à être honnête, je n'ai pas lu ce rapport. Ma connaissance du génocide vient de ce que j'ai eu l'occasion de travailler auprès d'un avocat chargé par le TPIR de défendre un ancien ministre rwandais accusé de génocide. J'ai eu, à l'occasion des missions qu'il m'a confié, la possibilité de me documenter sur cette période et notamment de lire de nombreux témoignages de tutsis et de hutus modérés.
Si mon troisième paragraphe ne vous satisfait pas, je vous suggère de vous renseigner sur les communications du général Dallaire au conseil de sécurité de l'ONU (dans lequel, faut-il vous le rappeler, la France est membre permanent), vous apprendrez qu'il avait depuis le début de l'année 1994, alerté le conseil sur la tournure des événements. Je vous conseille la vision de ce documentaire :
Shake Hands with the Devil : The Journey of Roméo Dallaire
Sachez-enfin que j'évite de m'étendre trop sur mes sources ou sur mes explications pour la simple raison que « poster » des commentaires trop long peut avoir un effet rébarbatif pour le lecteur. Les informations que j'ai délivré n'en sont pas moins exacts et vérifiables à 100 % si on s'en donne la peine bien sûr…
De ped
professionnel en rien, amateur en t... | 16H59 | 21/08/2008 |
Bonjour
Je me permets de vous signaler un livre « La saison des machettes » de Jean Hatzfeld.
L'auteur rencontrent à de nombreuses reprises des victimes mais surtout des « génocidaires » qu'il écoute et qui racontent « simplement » leurs journées de « travail ». C'est terrible.
Je me permets aussi de vous signaler un autre livre que j'ai lu il y a peu de temps, « Les crimes de l'armée française » de P Vidal-Naquet. C'est « hors sujet » Rwanda, mais ça parle des actions menées par les militaires français en Algérie. Et des responsabilités acceptées, reconnues et non reconnues… !
Les responsabilités et la reconnaissances de telles implications relèvent du fantasme et de la naïveté. L'homme, « l'inhumain » n'est pas capable de celà. C'est sous la douleur et sous la contrainte que les excuses ou ne serait ce que la simple acceptation d'une éventuelle responsabilité peuvent être parfois murmurées par l'Etat… ! Trop d'orgueil, trop de honte, trop de lâcheté, trop d'intérêts… !
Les exemples sont si nombreux… ! De telles histoires se répètent sans cesse. Les dirigeants font des choix, hautement politiques, selon les hauts intérêts de la France et du moment et ensuite, ils noient le poisson dans le labyrinthe du temps, de la confusion et de la désinformation.
La vérité et l'honnêteté n'ont jamais eu leur place avec le pouvoir.
ped
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H25 | 21/08/2008 |
Je dois avouer que je n'étais que vaguement au courant de cette histoire (je savais juste que Rwanda = boucherie), mais après avoir osé lire tous les commentaires et diverses sources plus neutres, je crois que j'ai compris ce qui s'était passé là-bas.
Pour résumer, si j'ai bien compris, la faute de la France est d'avoir fait ami-ami avec les bourreaux et de ne pas avoir rompu cette amitié assez rapidement.
Bref, rien de nouveau, c'est pas la première fois que ça arrive, ni la dernière. Comme cela est aussi arrivé que la France ait la chance (médiatique) d'être du côté des victimes.
De ysengrimus
17H28 | 21/08/2008 |
Pour curer le dossier africain de la France de tout son contenu putride, il va y en avoir pour un baille.
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/30/cfa-continuite-coloniale-fran…
Et cela s'en vient…
Paul Laurendeau
De jmagne
17H32 | 21/08/2008 |
Pour ajouter à cette revue du web, voici ce que je viens de découvrir à l'adresse suivante : http://fr.allafrica.com/stories/printable/200808070881.html
C'est énorme ! C'est totalement confondant pour l'Etat-major de l'armée française. Si je comprends bien, l'Etat-major savait que le génocide à l'encontre des Tutsi avait commencé et a ordonné de laisser faire tandis que les soldats français rapatriaient les ressortissants européens. Et là il n'est pas possible de réfuter l'argumentaire développé dans cet article en invoquant des témoins soi-disant instrumentalisés par Kigali. En effet, l'auteur s'appuie exclusivement sur les propres contradictions de l'Etat-Major français. Et preuves à l'appui puisqu'il se réfère aussi bien à des documents émanant de l'armée qu'aux discours publics de son chef. Conclusion de l'article : Lanxade (chef d'Etat major en 94) est explicitement traité de menteur dans sa tentative de répondre ax accusations formulées à son encontre dans le rapport Mucyo. Lanxade ou bien l'armée ne peuvent-ils pas d'ailleurs attaquer l'auteur en diffamation ? Cela a-t-il été fait ? Quelqu'un a-t-il connaissance d'une telle plainte ? A suivre …
JM
Rwanda : Le mensonge de l'Amiral Lanxade
Rwanda News Agency/Agence Rwandaise d'Information (Kigali)
By Serge Farnel
Paris
Dans une interview accordée ce jeudi 7 Août 2008 au journaliste Olivier Rogez pour « Radio France International » (RFI), l'amiral français Jacques Lanxade, chef d'état-major des armées en 1994 à l'époque du génocide à l'encontre des Tutsi du Rwanda, a répondu aux accusations à son encontre formulées au sein du rapport émanant de la Commission nationale indépendante rwandaise sur l'implication de la France dans ledit génocide, un document rendu publique le 5 Août dernier.
Reprenant un article publié dans la livraison du quotidien français Libération en date du 2 février 1998, le rapport indique que « selon les confidences faites à des journalistes par un officier français qui a requis l'anonymat, l'ordre de ne pas arrêter les massacres fut donné par l'Amiral Lanxade et/ou par le général Christian Quesnot. » Le document consigne un extrait de ladite confidence : « Avant de partir au Rwanda, je passais prendre mes notes chez Lanxade puis mes consignes à l'EMP (Etat-major particulier du Président de la République) ».
L'amiral français, aujourd'hui à la retraite, a démenti, au micro de RFI, avoir donné un tel ordre consistant à ne pas empêcher les premiers massacres qui eurent lieu au moment où se déployait, à partir du 9 avril 1994, l'opération Amaryllis d'évacuation des ressortissants étrangers.
« Ceci est complètement inexact. », a-t-il déclaré à RFI, avant de poursuivre qu » « Amaryllis avait pour objet d'évacuer les Français et plus largement les ressortissants étrangers de Kigali dans une période d'extrême tension, mais il n'y avait à ce moment là », selon l'amiral, « aucune indication (de massacres), il y avait des combats dans Kigali entre l'armée rwandaise et le FPR » (le Front patriotique rwandais).
L'officier mis en cause a ajouté que « comme dans tous ces combats, dans ces régions, il y avait des exactions des deux côtés et la mission de l'armée française était très clairement : vous devez évacuer les ressortissants étrangers et ensuite vous vous retirez. Ce que nous avons fait ».
Or le 25 janvier 2008, l'Agence Rwandaise d'Information avait révélé, par le biais de son correspondant en France qui n'est autre que l'auteur de la présente tribune, une note confidentielle que la mission d'information parlementaire pour le Rwanda n'avait, quant à elle, pas tenu à rendre publique en 1998, et qui, mis en perspective avec les dernières déclarations de l'Amiral Lanxade, démontre l'intention de ce dernier de tromper l'opinion.
Cette note (N° 018/3°RPIMa/EM/CD) que l'officier Henri Poncet, alors commandant de l'opération Amaryllis, lui avait adressé le 27 avril 1994, fait part du « souci permanent de ne pas montrer aux médias des soldats français limitant l'accès aux centres de regroupement aux seuls étrangers sur le territoire du Rwanda ».
Le document indique qu'il s'agit là des provisions consignées dans la Directive n°008/DEF/EMA du 10 avril. Dans cette même note, Poncet fait part de l'autre « souci permanent de ne pas montrer aux médias des soldats français n'intervenant pas pour faire cesser des massacres dont ils étaient les témoins proches. » Or c'est bien à son supérieur hiérarchique, l'Amiral Lanxade, que Poncet adressait cette note dans laquelle il lui faisait part de son respect de la consigne consistant à ne pas intervenir pour faire cesser les massacres.
Et l'Amiral Lanxade n'était alors pas sans savoir qu'il s'agissait là de la mise en ouvre d'un génocide à l'encontre des Tutsi. En effet, l'ordre d'opération Amaryllis lui-même, en date du 8 avril 1994, consigne que « pour venger la mort du président Habyarimana (.) les membres de la Garde présidentielle [rwandaise, ndlr] ont mené dès le 7 matin des actions de représailles dans la ville de Kigali. » Ce document indique par ailleurs explicitement que lesdites représailles incluaient l » « élimination des Tutsi. » »
Aussi l'ordre d'opération Amaryllis établit-il que l'Etat-major français, qui en est l'auteur, savait au moins dès le 8 avril que le génocide à l'encontre des Tutsi venait de commencer et qu'il était orchestré par le gouvernement intérimaire rwandais formé au sein même de l'ambassade de France à Kigali. La récente déclaration de Lanxade selon laquelle il n'y aurait eu, au cours de l'opération Amaryllis, « aucune indication (de massacre) », ou bien qu'il y aurait alors eu « des exactions des deux côtés », est donc, au regard du contenu de l'ordre d'opération Amaryllis, émanant également de la Défense française, une déclaration mensongère.
L'Agence rwandaise d'Information est dès lors en mesure d'établir que, pour répondre des accusations portées à son encontre dans le rapport de la Commission nationale indépendante rwandaise sur l'implication de la France dans le génocide des Tutsi du Rwanda, l'ancien chef d'Etat-major français, Jacques Lanxade, a sciemment menti, ce jeudi 7 Août 2008, sur les ondes de la Radio française RFI.
De hans lefebvre
18H07 | 21/08/2008 |
En premier lieu je tiens à préciser que je n'ai pas lu le rapport en question, mais les accusations à l'endroit de la France semblent excessives, même si elle ne peut-être totalement exonérée et cela à l'instar de la communauté internationale dans sa totalité. LES TÉMOINS ÉTAIENT LÉGION, mais point de pétrole et autre richesse indispensable dans ces contrées. Enfin, il ne saurait être question d'oublier l'histoire douloureuse du Rwanda et de l'instrumentalisation, successive soit des Hutus, soit des Tutsis, fait des colonisateurs Belges. Enfin, comme certains ont pu l'expliquer, le génocide serait aussi le fait de la densité extrême de la population rwandaise (2006 : Jared Mason Diamond de l'Université de la Californie Effondrement - Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Galimard). Le tout est donc fort complexe et ne peut-être expliqué par un seul facteur, mais par un faisceau d'événements et, dans ce sens, les responsabilités sont tout autant multiples. Enfin, la polémique ne devrait pas avoir sa place, le drame qui s'est joué nous oblige à demeurer mesuré ! Aujourd'hui encore, les images me hantent…
http://jeboycotte.org
à hans lefebvre
De LienRag
00H23 | 22/08/2008 |
Comme la suite de l'histoire a pu le démontrer, le Rwanda était la clef du Zaïre, qui lui n'a certes pas beaucoup de pétrole mais a quelques autres richesses tout de même…
De Dufosse
18H08 | 21/08/2008 |
Quelle honte pour la France !
De halifax
18H17 | 21/08/2008 |
Belles éructations haineuses et hystériques de l'anti-France en réaction à l'article. Perso, je crois le rapport français, c'est ballot, hein ? La gauche totalitaire, elle, croit les guignols au pouvoir au Rwanda, mais la gauche totalitaire (un ramassis de cafards toxiques) hait son pays, alors…
à halifax
De Milarepa-voyageurdanslespace
retraité | 18H32 | 21/08/2008 |
Quand on lit ton post, on sait ou elle est la HAINE.
à Milarepa-voyageurdanslespace
De halifax
18H37 | 21/08/2008 |
La HAINE de la gauche extrémiste, ou gauche totalitaire et génocidaire ? Oui, c'est sur. Le communisme est un fascisme comme les autres…
De JCBD
20H38 | 21/08/2008 |
Cher Amilcar,
lorsque vous écrivez :
« La France a de façon constante participé aux barrages de contrôle, check point tenus par des hutus extrémistes, la France a maintenu et favorisé ces barrages en sachant le sort réservé aux tutsis qui y étaient arrêtés, les tutsis étaient massacrés souvent à quelques mètres des barrages et souvent sous les yeux des militaires français »
le problème est que les massacres aux barrières n'ont commencé qu'après le 6 avril 94 et qu'à cette date il n'y avait plus de détachement français au Rwanda.
De sinclair
20H38 | 21/08/2008 |
L'ONU était représente au Rwanda il y avait un peu toute les nations la France était certes bien représentée c'est une vielle habitude qui persiste malheureusement. L'ennui est que tout le monde savait la radio télé des milles collines a appelé au massacre pendant des mois. Et ce n'était pas la première fois qu'il y avait des massacres au Rwanda. Et l'ONU malgré les demandes d'interventions n'a pas bougé. Tout comme elle n'a pas bougée pendant les massacres et exactions perpétrés par les Serbes a Sebreniska et ailleurs.
Ce massacre de 800000 civils n'est pas venu comme ça il y a une histoire qui amène a cela, ou est elle dans cet article qui ne donne que la dernière retombée de l'accusation envers la France. Et pourtant elle remonte aux allemands premiers colonisateur puis aux belges qui ont étiquetés des gens comme étant Tutsi ou Hutu suivant des critères stupides.
Ce débat entre anti et pro confine a l'aveuglement ou chacun assène ses certitudes. Si vraiment l'armée française a commis ou participe a la réalisation du massacre de 800000 civils il faut traduire les responsables devant le TPI et ceux du plus haut niveau a savoir entre autres Balladur et Juppe. Mais il semble que ce soit politique quoique je discerne mal l'intérêt ici et l'article n'offre aucun éclairage non plus la dessus. Me reste juste quelques souvenir de l'époque et un concert des nations qui a passe 3 mois a esquiver le problème.
De Innsa1
20H40 | 21/08/2008 |
Lorsqu'on nous parle d'hommes politiques français qui détournent l'argent publique, ouvrent des comptes au Japon, font des écoutes, ont des enfants cachés ; on comprend tous
Lorsqu'on parle de nos hommes politiques qui s'entendent avec des grosses firmes pour nous polluer (Monsento, Areva etc), ou qui nous cachent la réalité de catastrophes chimiques on comprend tous.
Mais lorsqu'on dit que ces mêmes hommes ont magouillé au Rwanda, là personne ne comprend. Ce n'est pas possible. Mitterrand, balladur, juppé sont des anges etc etc.