Sur le terrain

Immigration : quelle vie après le charter Paris-Bamako ?

Expulsés par la France, les travailleurs sans-papiers connaissent des retours difficiles au Mali. Reportage.

Manif' à Bamako contre l'expulsion d'immigrants par la France, en 2006 (Juan Medina/Reuters).

Au théâtre ce soir, des expulsés jouent leur propre rôle. Interpellation, garde à vue, centre de rétention, reconduite à la frontière, escorte, menottes… Sur scène, neuf personnages égrènent ces étapes du retour forcé sous forme de sketches. Nous sommes à Koulikouro, à une cinquantaine de kilomètres de Bamako.

Parce que le retour des Maliens refoulés est synonyme d'échec, ces comédiens d'un soir s'emparent du théâtre populaire, très ancré dans la tradition, pour exposer une autre facette de l'expulsé : celle du travailleur, soumis au durcissement de la politique d'immigration. Dans le public, Ousmane Diarra applaudit :

« Ici on est peu informé sur les lois des pays d'accueil. Beaucoup de familles pensent que leurs enfants sont renvoyés parce qu'ils ont commis des erreurs graves. Arrivés au pays, les expulsés se sentent comme des étrangers. »

Cet ancien travailleur migrant, lorsqu'il a été refoulé d'Angola en 1996, a créé l'Association malienne des expulsés (AME), pour défendre les droits des migrants. Avec une poignée de compatriotes expulsés d'Arabie Saoudite, de Zambie ou de France (« les Saint-Bernard »), ils cherchaient alors à recouvrer leurs biens dans les pays d'accueil. Aujourd'hui l'AME a élargi son champ d'action. Elle propose soutien humanitaire et permanence juridique aux nouveaux arrivants.

Des saint-Bernard pour aider les « piliers de familles » aux mains vides

Quatre millions de Maliens sont dispersés dans le monde ; « une véritable œuvre sociale ambulante » selon le président de la République du Mali Amadou Toumani Touré. La seule diaspora malienne en France injecte annuellement 180 millions d'euros au pays, un montant supérieur à l'aide publique au développement. Alors le débarquement d'un « pilier de la famille », les mains vides, est souvent mal perçu. Mamadou Keita a passé quatorze ans en France. A son retour il est resté plusieurs semaines terré chez une famille d'accueil à Kalabancoura, quartier proche de l'aéroport où transitent de nombreux refoulés. Impossible pour lui de se rendre chez ses parents, dans la région de Kayes :

« La première fois que j'ai envoyé de l'argent à la famille, c'est comme si j'étais devenu un homme… Arrivé ici, je me demandais ce que j'allais faire, sans relations, sans diplômes… »

Parmi les six membres permanents de l'AME, il est aujourd'hui secrétaire général. Un partenariat signé en 2006 avec la Cimade a donné lieu à un appui financier de 5 000 euros, et depuis juin 2007, l'AME est enfin plus opérationnelle. Elle dispose de deux petites pièces dans le quartier de Korofina, et d'un véhicule, qui permet à Mamadou Keïta de se rendre chaque soir à l'aéroport, où il propose une sorte d'accueil d'urgence aux expulsés. Ensuite, Innah Touré, secrétaire, s'entretient avec chacun d'eux : (Voir la vidéo.)



En 2002, 576 ressortissants maliens ont été refoulés par la France, contre 500 l'année d'avant. Pour le premier semestre 2008, on en compte déjà 351. Des chiffres qui pèsent de plus en plus lourd pour l'AME. Si elle répond aux premiers besoins, en termes d'hébergement, d'écoute, de conseil ou de soins médicaux en cas de violences policières, l'association se heurte à de nombreux écueils. A commencer par la réinsertion sociale des expulsés, dont la plupart ne pense qu'à regagner la France, légalement ou non.

Dans son bureau de fortune, Alassane Dicko, assistant technique, planche sur les recours juridiques possibles et soumet ses questions à la Cimade. Ils cherchent ensemble comment récupérer les biens et les salaires des expulsés. Il se concentrent aussi sur un phénomène qui a tendance à s'accentuer : le renvoi de travailleurs, pères de famille, et souvent mariés à des femmes françaises. Depuis les expulsions de Cachan en 2006, ce genre de cas s'est banalisé, comme l'observe Emma Chaouane, qui effectue son master de recherche en Sciences politiques à l'AME. (voir vidéo)



Le 17 juin dernier, Patrick Stefanini, adjoint de Brice Hortefeux, était à Bamako pour négocier les accords de réadmission et de gestion concertée. Si les autorités maliennes se montrent plus souples dans la réadmission des « sans-papiers », comme le prévoit l'accord, l'AME craint de nouvelles vagues d'expulsions massives. L'heure est aux négociations. Le Mali souhaite réviser à la hausse la liste des métiers « choisis », les fameux secteurs en tension. La France en propose 55, alors que l'accord signé avec le Sénégal porte sur 104 métiers. Une solution doit s'ébaucher d'ici à la conférence euro-africaine sur la migration prévue à Paris les 20 et 21 octobre 2008. Pour l'heure, l'AME continue d'accueillir des expulsés… Le mois de juillet a été étrangement calme. Si ce n'est ce débarquement groupé de 477 Maliens, reconduits par la compagnie Air Europa.

Photo : Manifestation à Bamako contre l'expulsion d'immigrants par la France, en janvier 2006 (Juan Medina/Reuters).

237 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 11H14 | 19/08/2008 | Permalien

Toparticle .

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De Chou marin

kiné | 11H57 | 19/08/2008 | Permalien

Voilà le genre d'article qui fait la différence entre Rue89 et le reste. Et ce qui fait que j'y revient, merci !

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De Triquoise

rouge de honte | 11H22 | 19/08/2008 | Permalien

« La France n'a pas vocation à accueillir toute la misère du monde » qu'il a dit.

Moi je dis que tant qu'elle contribuera à l'entretenir, si !

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euh | 11H28 | 19/08/2008 | Permalien

« Moi je dis que tant qu'elle contribuera à l'entretenir, si ! »

==> Parfait. Mais laisse-moi donc te poser plusieurs questions :

Tu la loges où, « toute la misère du monde » ? Dans quelles conditions lui permettant d'éviter les clapiers que sont les HLM ? Quels boulots as-tu à lui donner, dans une économie en récession ? Comment va-t-on conserver notre système de protection sociale après avoir incorporé des dizaines de millions de citoyens supplémentaires en peu de temps ? Comment faire en sorte que la cohabitation se passe harmonieusement avec les français, qui sont encore loin d'avoir assimilé les précédentes vagues migratoires ?

C'est bien joli, les beaux slogans, mais ça n'est pas avec ça qu'on fait de la politique.

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rouge de honte | 11H45 | 19/08/2008 | Permalien

Je parle de prendre ses responsabilités, ce qu'aucun gouvernement français n'a fait.

Comment peut-on vider ces Etats (qui n'ont de pauvres que ce qu'on en fait) de toutes leurs ressources naturelles et exiger ensuite que ces gens restent dans un pays exsangue ?

Mais là, il y a un souci. De quelles ressources naturelles dispose la grande France ? Hum… rendre ce qui leur appartient et leur en permettre l'exploitation en toute autonomie reviendrait à accepter une forme de dépendance. Terrifiant.

Arrêter de vouloir le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière serait une attitude déjà plus cohérente, mais si loin du monde libéral dans lequel on vit.

Des dizaines de millions, dites-vous ? .. C'est un chiffre qui fait peur. Légèrement exagéré, non ? Mais si c'est pour faire peur, je comprends.

Les français n'ont pas assimilé les précédentes vagues migratoires ? .. vous voulez parler de ces vagues migratoires que l'on reconnait à leur couleur, je suppose, parce que les italiens et les polonais par exemple, sont bien assimilés, eux.

Sinon, pourquoi me tutoyer, on se connaît ? On a expulsé des maliens ensemble ?

Enfin, dans la mesure où j'exige de mes représentants un minimum de cohérence, il est bien évident que cela n'a rien à voir avec la politique. Et c'est tant mieux.

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euh | 12H00 | 19/08/2008 | Permalien

« Sinon, pourquoi me tutoyer, on se connaît ? On a expulsé des maliens ensemble ? »

==> Parce que c'est l'usage, sur le net.

« Comment peut-on vider ces Etats (qui n'ont de pauvres que ce qu'on en fait) de toutes leurs ressources naturelles et exiger ensuite que ces gens restent dans un pays exsangue ? »

==> La politique et l'économie, c'est essentiellement fondé sur des rapports de force, en dépit des efforts accomplis pour introduire un peu d'éthique. Réclamer d'un pays qu'il renonce à une part de sa prospérité uniquement pour des motifs altruistes, c'est profondément illusoire. Si un jour les africains mettent les néo-colonisateurs dehors, ce sera uniquement parce qu'ils auront surpassé en terme de puissance (financière, militaire et donc diplomatique) les européens.

« Des dizaines de millions, dites-vous ? .. C'est un chiffre qui fait peur. Légèrement exagéré, non ? Mais si c'est pour faire peur, je comprends. »

==> 4/6 milliards d'individus vivent dans le Tiers Monde. Si tu offrais à chacun la possibilité de migrer ou bon lui semble, il suffirait qu'1/100 de ces gens (proportion insignifiante) viennent en France pour augmenter d'un seul coup la population de 40 millions. Je ne sais pas comment un tel évènement pourrait se dérouler sans heurts.

« Les français n'ont pas assimilé les précédentes vagues migratoires ? .. vous voulez parler de ces vagues migratoires que l'on reconnait à leur couleur, je suppose »

==> Je parle de ces gens-là, qui ont de surcroît des pratiques culturelles EVENTUELLEMENT (j'insiste bien sur le terme) contradictoires avec les lois et les coutumes françaises. Ca représente quelque chose d'anxiogène pour quelques millions de français, et je serais curieux de voir les trésors de pédagogie que tu vas déployer pour leur expliquer que leurs craintes sont infondées, qu'il n'y aura pas de problème d'incompatibilité culturelle et que tout le monde s'entendra bien comme par miracle. J'aimerais également connaître l'argumentaire que tu tiendras face à un chômeur français peu qualifié, qui peine à joindre les deux bouts, (plusieurs millions de cas en France) qui verra des dizaines de millions de concurrents arriver sur le marché du travail

Portrait de Triquoise

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rouge de honte | 12H32 | 19/08/2008 | Permalien

Etant d'un certain âge, je continuerai à vous vouvoyer, net ou pas net.

« La politique et l'économie ne sont basées que sur un rapport de force ».

Certes, mais l'une comme l'autre n'ont rien de naturel. Ce que je veux dire c'est qu'elles sont strictement ce qu'on en fait. A nous de considérer qu'il n'y a rien d'inéluctable et de changer de système.

Attendre que le rapport de force soit inversé signifie attendre le coup de pied au derrière, alors qu'une sortie par le haut est toujours possible.

 »…il suffirait qu'1/100 de ces gens (proportion insignifiante) viennent en France pour augmenter d'un seul coup la population de 40 millions. » et si ma tante en avait…
Cette possibilité a existé et je ne vois aucun estranger dans mes tiroirs.

Expliquez-moi comment peut-on être contradictoire avec une coutume ?
Par contre, on peut effectivement être hors la loi, mais soyez plus clair, de quoi parlez-vous exactement ?

Que le mélange des cultures soit anxiogène est le résultat de ceux qui, comme vous, génèrent cette anxiété.
J'ai vécu en France et hors de France dans des milieux cosmopolites et ça n'a jamais posé souci à qui que ce soit.

Quant à la ressucée « de l'étranger qui vient prendre le travail des français »… il faudrait renouveler ce discours populiste et creux qui est un véritable non-sens économique et factuel.

Portrait de Fondriest

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euh | 12H49 | 19/08/2008 | Permalien

« Attendre que le rapport de force soit inversé signifie attendre le coup de pied au derrière, alors qu'une sortie par le haut est toujours possible. »

==> Ca signifie donc que tu attends une révolution qui ne viendra probablement jamais, et qui changerait notre mode de fonctionnement à tous. C'est un peu comme si tu raisonnais sur les problèmes écologiques en prenant en compte l'hypothèse d'une découverte scientifique miraculeuse, comme par exemple une source d'énergie propre et inépuisable. En attendant ce « changement de système » et cette « sortie par le haut », que proposes tu en prenant comme cadre le réflexion le monde dans lequel nous vivons (et pas celui que tu fantasmes) ?

« Que le mélange des cultures soit anxiogène est le résultat de ceux qui, comme vous, génèrent cette anxiété. »

==> S'il n'y avait pas les oiseaux de mauvaise augure, les problèmes seraient réglés comme par enchantement ?

« Quant à la ressucée “ de l'étranger qui vient prendre le travail des français ”… il faudrait renouveler ce discours populiste et creux qui est un véritable non-sens économique et factuel. »

==> J'aimerais donc que tu me fournisses un modèle économique valable (et pas une suite de slogans), tenant compte de la réalité (donc pas un monde fantasmé où la révolution prolétarienne s'est déroulée), à l'intérieur duquel l'irruption sur le marché du travail de millions de migrants pour l'essentiel peu qualifiés ne crée pas de concurrence exacerbée avec les chômeurs du marché du travail français (autochtones et étrangers). L'immigration massive créera des emplois, mais tenant compte de la récession économique et du recul industriel, je me demande par quel mécanisme prodigieux on pourra fournir du travail à chacun. Le gâteau sera de moins en moins gros, et tu espères que davantage de gens viennent le manger en conservant les parts aussi grosses qu'auparavant ?

Portrait de Triquoise

à Fondriest Portrait de Fondriest De Triquoise

rouge de honte | 13H15 | 19/08/2008 | Permalien

La seule révolution que j'attends est intellectuelle, et vous n'y aidez pas.

Puisque vous parlez de fantasme, il est certainement plus facile de me dire que je rêve, plutôt que remettre en cause un cadre séculaire qui visiblement vous sécurise, vous.

J'affirme qu'entre la fantasmagorie que vous me prêtez et le cadre hyper-matérialiste dans lequel vous perdez votre âme d'humains, il y a une troisième voie à explorer.

Seulement, tant que les gens percevront le monde dans lequel ils vivent comme un gâteau à ne pas partager, quitte à en crever d'indigestion, on prend le risque que tout nous pète à la figure. Ce jour là, votre chômeur aura du travail, par défaut.

Portrait de Fondriest

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euh | 13H20 | 19/08/2008 | Permalien

Rien à proposer hormis des slogans, donc.

Portrait de pedro66

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informaticien bon à rien | 13H30 | 19/08/2008 | Permalien

Comme d'habitude, des slogans pour se donner bonne conscience et culpabiliser tout le monde, mais rien de concret applicable et efficace, à part dire aux autres de donner plus …

Portrait de Triquoise

à Fondriest Portrait de Fondriest De Triquoise

rouge de honte | 13H34 | 19/08/2008 | Permalien

J'ai déjà proposé, mais vous ne voulez visiblement pas entendre le mot « partage ».

Je reformule :

Prenons un angle de vue inverse. Croyez-vous qu'un malien, un burkinabé ou un marocain ait réellement l'envie de vivre dans un pays qui n'est pas le sien, loin de ses proches, au milieu d'étrangers plus ou moins belliqueux, dans des conditions souvent précaires ?

S'il le fait, c'est qu'il n'a pas les moyens de vivre décemment chez lui.

Pourquoi ?

Parce que le Nord vampirise le Sud.

Penchez-vous sur les exploitations pétrolières du Congo Brazzaville, sur les ressources minières de manganèse du Burkina et posez-vous la question de savoir pourquoi ces richesses ne profitent pas aux autochtones.

Je pars donc du principe que si l'on rendait leurs moyens de subsister décemment chez eux à ces gens, le flot migratoire tendrait à s'amenuiser de lui-même.

Votre part de gâteau comprend la leur, soyez-en conscient.

Portrait de Fondriest

à Triquoise Portrait de Triquoise De Fondriest

euh | 13H45 | 19/08/2008 | Permalien

« Votre part de gâteau comprend la leur, soyez-en conscient. »

==> Je t'invite à expliquer aux pauvres décrits par Néris dans son message, aux chômeurs faiblement (ou pas du tout) indemnisés, aux rmistes, aux smicards, aux types mal payés en CDD, et dont les conditions de vie se dégradent d'année en année, qu'ils ne sont que des gros égoïstes qui doivent renoncer de leur plein gré à une part du peu qu'ils ont déjà. Ils seront certainement très contents d'être catégorisés comme exploiteurs, et responsables de la misère du Sud. Pour les inciter à voter FN, il n'y a rien de mieux.

« Penchez-vous sur les exploitations pétrolières du Congo Brazzaville, sur les ressources minières de manganèse du Burkina »

==> Il est ici question du Mali. Que pille-t-on au Mali, exactement ?

Portrait de albert prékère

à Fondriest Portrait de Fondriest De albert prékère

pouet-pouet | 14H04 | 19/08/2008 | Permalien

@ Triquoise et Fondriest ;

Au moins, vous êtes d'accord sur une chose : ne pas demander aux plus démunis (sans-papiers ou précaires made in france) d'assumer une réalité économique et sociale qui produit de l'injustice, des inégalités ! Chacun protège son miséreux…

Portrait de Triquoise

à Fondriest Portrait de Fondriest De Triquoise

rouge de honte | 14H24 | 19/08/2008 | Permalien

Déjà dit sur un autre fil, le Mali est le 3ème exportateur mondial d'or.

Portrait de Fondriest

à Triquoise Portrait de Triquoise De Fondriest

euh | 14H35 | 19/08/2008 | Permalien

« Déjà dit sur un autre fil, le Mali est le 3ème exportateur mondial d'or. »

==> Pourquoi les migrants maliens ne préférent pas rester au pays pour constituer une force politique révolutionnaire, destinée à exproprier les compagnies occidentales, répartir équitablement le fruit des richesses ainsi obtenues ?

Portrait de LienRag

à Fondriest Portrait de Fondriest De LienRag

20H22 | 19/08/2008 | Permalien

ça s'est une bonne question, à laquelle la réponse est complexe, et peut difficilement être trouvée sans aller voir sur place.
Pour faire court, disons qu'un certain nombre le font (évidemment ils ne sont par conséquent plus des migrants), et lorsqu'ils ne sont pas assassinés (le Mali n'a jamais été le Chili, mais la répression y a existé) cela donne le début de développement qui existe dans ce pays.
Peut-être un minimum de conscience humaine vous amènera-t'il à aller y participer ?
Mais il est vrai que de plus en plus de patriotes émigrent tout de même ou cherchent à émigrer, en se disant que les clefs du Mali (ou du Sénégal, du Niger…) ne sont plus au Mali et qu'il faut aller les chercher là où elles sont.
Et finalement, je me demande si cette tentative de sortie par le haut, si elle est peut-être naïve, n'est pas malgré tout préférable à la méthode des patriotes afghans qui viennent de réussir un coup d'éclat en ce jour ?

Portrait de mechante langue

à Triquoise Portrait de Triquoise De mechante langue

13H49 | 19/08/2008 | Permalien

« S'il le fait, c'est qu'il n'a pas les moyens de vivre décemment chez lui.
Pourquoi ?
Parce que le Nord vampirise le Sud. “

C'est faux .
Soit il trouve son pays pourri attardé sans espoir soit par exemple pour le cas des maliens il vient en france pour pouvoir se ‘ayer’ une ou plusieurs épouses

‘Penchez-vous sur les exploitations pétrolières du Congo Brazzaville, sur les ressources minières de manganèse du Burkina et posez-vous la question de savoir pourquoi ces richesses ne profitent pas aux autochtones.’

On peut considere a just titre que la part des pays producteurs est trop mince . mais prenons le cas du Nigéria . Sur la part qui reste au igéria , les 2/3 sont detournés..par les nigériens . On peut décliner l'exemple a plein d'autres pays comme l'Algérie

‘Je pars donc du principe que si l'on rendait leurs moyens de subsister décemment chez eux à ces gens, le flot migratoire tendrait à s'amenuiser de lui-même.’

Prenons l'exemple de l'Algérie : la rente petroiére ou gaziére est mille fois supérieure a toutes les aides , mais dans vos réves . Pourquoi toute la jeunesse algérienne créve de misére et veut quitter le pays ?

Portrait de Triquoise

à mechante langue Portrait de mechante langue De Triquoise

rouge de honte | 14H43 | 19/08/2008 | Permalien

Justement, vous êtes pile dans mon raisonnement : il est évident que ce genre de situation se répètera.
J'irai même jusqu'à dire que c'est presque nécessaire en ce sens que nous n'avons aucune légitimité à faire LEUR révolution.

Portrait de Neris

à Triquoise Portrait de Triquoise De Neris

Précaire | 17H39 | 19/08/2008 | Permalien

Justement, si nous n'avons aucune légitimité à faire leur révolution, pourquoi devrions-nous supporter leur flux migratoire parce qu'ils ne la font pas, leur révolution ?

En acceptant d'accueillir sans réserve des milliers (des millions ? ) de personnes qui quittent leur pays sous prétexte qu'ils ne supportent plus la situation économique ou sociale ne les empêche-t-on pas de faire leur révolution ?

Vous parlez sans cesse de partage. Ce qui me gêne dans ce mot, c'est que ça implique un donneur et un receveur. Nous donnons, ils reçoivent. Ne pensez-vous pas que vous les confortez dans un certain statut ? pourquoi feraient-ils alors leur révolution pour se réapproprier les ressources de leur pays ?

Ils se sont bien battus pour leur indépendance, pourquoi ne poursuivent-ils pas ?

Qui la fera la révolution qui leur permettra de rester vivre décemment dans leur pays ? si ce n'est pas nous, si ce n'est pas eux ?

Le gâteau, il n'est peut-être pas à partager, le gâteau il est peut-être à conquérir ou à reconquérir.

Portrait de Triquoise

à Neris Portrait de Neris De Triquoise

rouge de honte | 20H50 | 19/08/2008 | Permalien

Dans « partage » vous estimez qu'il y a automatiquement un donneur et un receveur, ce qui implique qu'au départ, il y en a un qui possède tout. Or ma démarche est de rendre à ces gens ce qui leur appartient. Vous avez donc raison, le mo partage est abusif.

S'agissant de la révolution, aidons-les en sortant nos pieds de chez eux.

Portrait de Gina Grimont

à Neris Portrait de Neris De Gina Grimont

22H33 | 19/08/2008 | Permalien

Des militant-es africain-nes, il y en a à foison qui se battent pour que l'Afrique arrête d'être assitée et vampirisée par la France, qui se battent contre la corruption de leur gouvernants, qui se battent pour le droit des femmes. La majorité sont en prison, torturés, oubliés, les autres assassinés. Eh oui, les états africains sont pas encore des démocraties et la France, ex pilleuse n'a rien fait pour les y aider !

Portrait de mechante langue

à Gina Grimont Portrait de Gina Grimont De mechante langue

00H59 | 20/08/2008 | Permalien

..mais dés qu'ils sont au pouvoir ils deviennent tout aussi dictateurs et corrompus que ceux qu'ils ont renversé.

PS « Des militant-es africain-nes » C'est quoi cet orthographe ?

Portrait de Neris

à Triquoise Portrait de Triquoise De Neris

Précaire | 13H05 | 19/08/2008 | Permalien

Quant à la ressucée « de l'étranger qui vient prendre le travail des Français »…
C'est peut-être un non-sens économique et factuel, mais c'est toujours bien ancré dans les mentalités. Et ça, vous ne pourrez pas me contredire, je la vois, je la vis chaque jour, et surtout je l'entends chaque jour.

Je travaille dans l'insertion (association d'aide à l'insertion, comme le langage actuel aime à la préciser), je vois donc défiler « toute la misère du monde » et « toute la misère de France ».

Et ce qui les préoccupe, c'est leur survie respective.

J'encaisse à longueur de journée, les « raciste ! » de « la misère du monde », quand on leur dit non (même pas le temps d'expliquer, ils sont déjà sortis) et les commentaires tout aussi racistes de « la misère de France » sur « la misère du monde ».

Et pourtant, ces deux « misères » se cotoient et se mélangent sans cesse, hébergées aux mêmes endroits, confrontés à la même précarité etc etc.

Mais quand le travail se raréfie, la précarité augmente, les prix flambent etc etc., c'est la foire d'empoigne et l'on cherche des « coupables ».

Comment envisagez-vous de changer le système ? ?
Quand en face, personne ne veut plus écouter, ou seulement ce qui « soulage » un peu sa misère en en faisant retomber la responsabilité sur l'autre.

Portrait de Triquoise

à Neris Portrait de Neris De Triquoise

rouge de honte | 13H24 | 19/08/2008 | Permalien

Réaction simplement humaine.

Demandez-vous quels intérêts elle sert.

Tant que les misères se pointeront du doigt, ce sera de l'énergie perdue à combattre le véritable ennemi, celui qui épargne son gâteau, au détriment de ceux que cette part pourrait nourrir.

Portrait de Neris

à Triquoise Portrait de Triquoise De Neris

Précaire | 18H29 | 19/08/2008 | Permalien

Les intérêts qu'elle sert, je les connais.
Et ça me gave de voir et d'entendre les misères se pointer du doigt au lieu de s'attaquer au véritable ennemi.

Portrait de Triquoise

à Neris Portrait de Neris De Triquoise

rouge de honte | 20H52 | 19/08/2008 | Permalien

Alors nous sommes d'accord

Portrait de Fraise des Bois

à Neris Portrait de Neris De Fraise des Bois

Buveur | 13H36 | 19/08/2008 | Permalien

Et la resucee « le Nord qui vampirise le sud »… vous ne croyez pas que ca suffit non plus ?

Portrait de Piedo

à Fraise des Bois Portrait de Fraise des Bois De Piedo

Assis | 19H01 | 19/08/2008 | Permalien

Vous êtes attendu au comptoir… vos amis attendent vos analyses brillantes.

Portrait de mechante langue

à Triquoise Portrait de Triquoise De mechante langue

13H19 | 19/08/2008 | Permalien

« Comment peut-on vider ces Etats (qui n'ont de pauvres que ce qu'on en fait) de toutes leurs ressources naturelles et exiger ensuite que ces gens restent dans un pays exsangue ? »

Il faudra nous dire ce qu'on a bien pu piller au Mali ?

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