Les Français seraient-ils devenus globalement plus racistes ou au contraire plus enclins au « politiquement correct » ?

Plus d'un mois après le début de l'affaire Siné et le renvoi par Val du dessinateur de Charlie Hebdo pour une brève taxée d'antisémitisme, on ne compte plus la floppée d'articles et tribunes consacrés à l'antisémitisme qui ont déferlé dans la presse - y compris sur Rue89.
Pendant ce temps, Dieudonné faisait le plein dans son théâtre de la Main d'or avec un nouveau spectacle largement boosté par la polémique qui a entouré le baptême de sa fille Plume, 1 an et demi, qui a désormais Jean-Marie Le Pen pour parrain. Rue89 publiait d'ailleurs les images filmées à l'entrée de l'église bordelaise.
Dans la foulée, plusieurs commentateurs taxaient de « raciste » le conseiller de l'Elysée, Henri Guaino, interviewé par Rue89, un an précisément après son discours de Dakar -très contesté pour sa vision de « l'homme africain dans l'histoire ».
Antisémitisme et racisme se seraient donc banalisés en France ? En mars, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) publiait son baromètre annuel, dans lequel 48 % des Français estimaient qu'il y a « trop d'immigrés en France » et 30% se déclaraient explicitement « racistes ».
De leur côté, les instituts de sondage continuent de relever que les déclarations d'intention de vote pour le Front national restent « sous-estimées », en regard des bulletins effectivement glissés dans l'urne : « un phénomène stable », affirme-t-on chez CSA.
Hiatus, donc. Il resterait ainsi une pudeur supplémentaire à dire qu'on vote Le Pen plutôt qu'à se déclarer spontanément « raciste » ? Oui, avance Jean-Daniel Lévy, à l'institut CSA, qui relève que le vote d'extrême droite reste « stigmatisant ». Alors que le terme « racisme » recouvre des réalités très variables aux yeux des sondés, qui peuvent aussi exprimer une hostilité à ce qu'ils regardent comme une montée des communautarismes :
Le sociologue Michel Wievorka, spécialiste du racisme, a une autre lecture :
« Attention : vous pouvez très bien gager que tous ceux qui se considèrent racistes ne le déclarent pas forcément non plus. Et donc que les 30% sont sous-évalués, comme pour le vote FN. Se dire raciste est aujourd'hui condamné par la loi, contrairement au vote FN. D'ailleurs, voter à l'extrême-droite est aujourd'hui considéré comme légitime : le Front national a apporté une légitimité démocratique à ces opinions. »
Pour Michel Wieviorka, malgré ce chiffre de 30%, « le racisme demeure un tabou en France dans la mesure où il est socialement difficile et même interdit de se déclarer raciste ». La France a en effet durci son dispositif légal pour réprimer toutes les formes de racisme - y compris l'antisémitisme. Pour cela, depuis vingt ans, le législateur a modifié le code pénal en plusieurs endroits. Idem pour la loi sur la liberté de la presse.
Depuis que la polémique bat son plein autour des cas Siné et Dieudonné, nombreux sont ceux qui crient à « la réouverture de la chasse aux sorcières »… ou au « politiquement correct ». C'est d'ailleurs ce qu'on a pu lire dans de très nombreux commentaires sur Rue89.
Dans son éditorial du Nouvel observateur de la semaine dernière, Jean Daniel pestait contre « le léger parfum maccartyste qui s'insinue dans les conversations ». Pour regretter plus loin que l'on « préfère procéder à la psychanalyse des antisionistes baptisés aussitôt antisémites pour ne pas faire la psychanalyse du sionisme ».
Sans oublier l'ancien journaliste Maurice Rasjfus, bien connu des habitués de Rue89, qui a voulu réagir. Arrêté au Vel d'hiv enfant, il a signé la pétition de soutien à Siné et s'énerve dans une tribune pour Rue89 :
« Certains de nos confrères sont tellement paniqués à l'idée d'être accusés d'antisémitisme qu'ils ne cessent d'attiser des braises qui peuvent s'avérer dangereuses. Diaboliser Siné permet surtout d'évacuer les scories d'un sinistre communautarisme favorisé depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. »
Michel Wieviorka (qui s'apprête à publier chez Larousse « L'antisémitisme est-il de retour ? “), avance que ‘racisme et antisémitisme se déplacent’. L'universitaire distingue nettement la posture du dessinateur et le creuset idéologique de Dieudonné, qui porte selon lui ‘quelque chose de très neuf en matière d'antisémitisme’ :
L'idée d'un antisémitisme d'extrême-gauche -celui des ‘rouge-brun’, relayée notamment par les travaux de Pierre-André Taguieff ou Alain Finkielkraut- n'est pas nouvelle. Elle se nourrit notamment de l'idée d'une collusion entre la gauche anticolonialiste et la mouvance islamiste antisémite. Par exemple à travers ‘l'islamo-progressisme’, terme apparu au début des années 2000. Michel Wieviorka, lui, minimise ce phénomène, en tous cas en France. Il continue à lire ‘surtout de l'antisionisme’ dans la prose vindicative d'extrême-gauche :
Certes, Siné s'inscrit encore, à 79 ans, dans la lignée de ses années FLN (dont naîtra avec Me Jacques Verges une amitié tardivement désavouée au procès Barbie). Mais Wieviorka relève surtout que l'antisémitisme qui s'exprime aujourd'hui en France, contrairement à celui qu'on reprochait il y a peu à l'extrême-gauche, biberonne plutôt moins à la cause propalestinienne qu'au début des années 2000, en pleine intifada.
Aujourd'hui, certains antisémites restent d'ailleurs assez indifférents à l'existence de l'Etat d'Israël ou à la politique conduite par Tel Aviv. Les détracteurs de Siné arguent du reste que le dessinateur ne s'attaquait, cette fois, qu'à ce qu'il considérait comme une conversion opportuniste… et pas aux colons israéliens ou encore à la religion juive, que ce bouffeur de calottes ne dénigre du reste pas plus que ça dans la chronique du scandale.
Reste donc le vieux lien entre juifs et argent que Siné convoque dans sa chronique du 2 juillet… et pas une kipa. Lui et ses -nombreux- soutiens arguent du droit à l'outrance pour un dessinateur de presse connu pour ses excès protéiformes. Tandis que le public de Dieudonné, de son côté, s'étonne d'être censuré sur les sites d'actualité où ils revendiquent de brocarder ‘le lobby juif dans les médias’ qui ostracisent leur comique favori.
Car parler de ‘lobby juif’ est aujourd'hui interdit. Michel Wieviorka rappelle d'ailleurs que la vigilance contre l'antisémitisme est très élevée en France :
‘Les pouvoirs publics ont maintenant des dispositifs très puissants de connaissance des actes antisémites. La Justice et l'Intérieur se sont largement impliqués dans ce dossier. Alors qu'on n'a pas encore avancé autant dans la lutte contre les autres formes de racisme : ce phénomène est à la fois tellement massif et revêt des réalités tellement différentes qu'il est difficile à mesurer et à combattre. Prenez les seules discriminations : il est admis qu'il n'y a pas la moindre discrimination à l'égard des juifs aujourd'hui.’
Chez CSA, Jean-Daniel Levy, lui, observe tout de même ‘une évolution vers une plus grande sérénité’ à l'échelle d'une quinzaine d'années, au regard de ses enquêtes d'opinion sur le racisme au sens large. Sur des questions spécifiquement axées vers l'antisémitisme, il constate ainsi un repli des clichés antisémites :
Pour le sociologue, la période n'est pas tant maccartyste que globalement excessive parce qu'on ‘ne trouve pas le mot juste pour parler d'antisémitisme’.
Photo : Dieudonné, Siné, Guaino (DR, Audrey Cerdan)





















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De Jambalaya
Le contenu de ce champ apparaît ent... | 23H51 | 17/08/2008 |
Et le racisme est tellement devenu un objet de la société du spectacle que certains humoristes, Debbouze et ses potes en gros, en font désormais le thème central de leurs shows !
Bref le racisme c'est devenu « fun ».
De Charmant
Erudit | 23H55 | 17/08/2008 |
Putain, à croire que le sujet ramène du monde.. Pourquoi toujours choisir l'axe du racisme mondain, du shoah-bizness et de ses proies habituelles (Dieudonné,Le Pen) ou récentes (Siné) pour signifier un éventuel retour de l'antisémitisme ou une fantasmatique persistance du racisme ?
D'abord en France personne n'est raciste, personne ne croît en la supériorité d'une race sur une autre, au pire l'on peut croire en des caractéristiques propres à telles ou telles ethnies, des CARACTERISTIQUES, pas des qualités ou des tares. Ce postulat posé on peut admettre que la xénophobie, elle, existe. Commune à tout homme, en quelque pays que ce soit et selon moi à juste titre.
La France xénophobe ? Oui avec raison. Et elle attends depuis déjà trop longtemps une interrogation collective sur sa politique d'immigration, qui d'une manière ou d'une autre, oriente son avenir vers tel ou tel modèle de société. C'est une abomination que l'état, secondé par la presse, ne souffle mot des chiffres, des rapports, des alertes que nombre de hauts fonctionnaires et d'experts indépendants lancent dans le désert médiatique le plus noir.
à Charmant
De Jambalaya
Le contenu de ce champ apparaît ent... | 00H03 | 18/08/2008 |
Bonjour,
Je trouve ton expression « le désert médiatique le plus noir » tout à fait déplacée, voire stigmatisante. A l'avenir, préfère l'expression « le désert médiatique le plus coloré » voire « le désert médiatique le plus minoritairement visible »
m
Merci
à Jambalaya
De Hemenate
00H04 | 18/08/2008 |
le plus mélaninement prononcé ?
à Jambalaya
De pomponette
=^..^= | 00H15 | 18/08/2008 |
Ce qui est marrant c'est que tu plaisantes avec Erudit sur les mots, sans savoir qu'il vote FN
à pomponette
De Jambalaya
Le contenu de ce champ apparaît ent... | 00H38 | 18/08/2008 |
Faut bien s'encanailler !
à Jambalaya
De pomponette
=^..^= | 00H39 | 18/08/2008 |
Les grands esprits se rencontrent… vous avez un point en commun, dénier le racisme …
à pomponette
De Jambalaya
Le contenu de ce champ apparaît ent... | 01H30 | 18/08/2008 |
Bon on va couper court au procès, j'avoue tout et me repent immédiatement en frappant ma misérable tête avec le dernier opus de Mr Mouloud Aounit.
J'attends ma sentence avec sérénité maintenant que je suis libéré de ce lourd fardeau qui pesait sur ma conscience (désormais mauvaise) !
J'aimerais cependant avoir une deuxième chance et si tu me communiques la liste des infréquentables FN qui hantent ces lieux(on devrait d'ailleurs mettre une petite flamme à côté de leur pseudo pour que les neuneus comme moi puissent les identifier aisément), je jure de ne plus jamais discuter avec eux et même de construire un mur de séparation entre eux et moi !
à Jambalaya
De pomponette
=^..^= | 10H31 | 18/08/2008 |
je n'ai pas de liste, Erudit ne cache pas ses goûts politiques…
à pomponette
De ydcl
13H12 | 18/08/2008 |
Cool, raoul ! Reste zen !
De Jambalaya
Le contenu de ce champ apparaît ent... | 23H57 | 17/08/2008 |
Allez dernier constat !
Le communautarisme ne s'est jamais autant accentué que depuis que le « racisme » est devenu un phénomène médiatique et l'antiracisme une cause politique majeure.
Mais bien sur les bonnes âmes continueront de crier haut et fort « le communautarisme, c'est la faute à Sarko l'américain ! ».
Ya surement quelque chose à gratter là dedans !
à Jambalaya
De pomponette
=^..^= | 00H38 | 18/08/2008 |
Jambalaya 00H57 18/08/2008
Bien sûr le racisme est un phénoméne médiatique, et même que Le Pen n'est pas borgne.. ; -)
à pomponette
De Jambalaya
Le contenu de ce champ apparaît ent... | 01H01 | 18/08/2008 |
Apprend donc à lire un peu ! (cf ma réponse à un de tes coms plus haut)
Le racisme est à la fois une réalité et un phénomène médiatique et je constate juste l'hystérie des médias sur ces sujets, laquelle hystérie ne signifie pas pour autant que le racisme soit plus important en 2008 qu'il l'était il y a 10, 15 ou 20 ans…
à Jambalaya
De Hemenate
01H17 | 18/08/2008 |
Je suis bien d'accord, il y a sûrement sacrément à gratter là-dessous.
L'antiracisme jusqu'auboutiste peut avoir des effets pervers en ce qu'il exacerbe les particularismes et mène aux communautarismes.
(Repli identitaire qui se manifeste aussi bien par la demande de nourriture hallal/cacher dans les cantines scolaires que par la volonté de reconnaître les langues régionales dans la Constitution… )
Communautarisme qui, couplé à des lois mémorielles (fruit de l'antiracisme) comme les lois Gayssot et Taubira (voté par le PS…) qui organise la concurrence victimaire mène à l'exacerbation des… racismes.
Un cercle vicieux en somme.
à Hemenate
De Samsam75
Observateur | 18H05 | 18/08/2008 |
Et c'est pourquoi l'humour apporte un peu de légèreté à ce sujet si compliqué (et si grave)… mais qui s'y frotte s'y pique.
Moi je n'y comprends (presque) plus rien ! ! !
De parti
punishment park | 00H00 | 18/08/2008 |
putain, à croire que je préfère quand tu parles des sex pistols…
De Léonard22
Enseignant | 00H04 | 18/08/2008 |
Le sioniste raciste, on en parle pas.
Un sujet tabou.
67 pour cent des juifs israeliens ne veulent pas avoir d'arabes comme voisins d'immeubles ! ! !
Lu sur ha'aretz (mais j'ai gardé une copie écran).
Cette manie des sionistes à traiter les antisionistes d'antisémites me fait sourire.
Les véritables antisémites, ceux qui détestent à mort les juifs, vont porter la kippa, avoir beaucoup d'amis juifs et mieux infiltrer Israel dans le seul et unique un jour de mieux les étrangler.
Ces antisémites se foutent d'Israel et des palestiniens, et même si les juifs établissaient un État en Alaska, ils chercheraient un moyen de les pointer du doigt.
Les antisionistes sont d'abord contre TOUTE FORME DE COLONIALISME. Et si ce sont des juifs qui sont des colons, les antisionistes les fustigeront non pas parce que juifs mais parce COLONS.
à Léonard22
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 11H04 | 18/08/2008 |
En effectuant comme recherche « 67 pour cent des juifs israeliens ne veulent pas avoir d'arabes comme voisins », il n'y a qu'un renvoi sur Rue89.
Plutôt qu'une copie d'écran, un lien du Ha'aretz serait mieux.
De baxbrin
Enseignant en IdF | 00H04 | 18/08/2008 |
Conclusion de l'article :
« Pour le sociologue, la période n'est pas tant maccartyste que globalement excessive parce qu'on “ ne trouve pas le mot juste pour parler d'antisémitisme ”.
MAIS QUE C'EST VRAI !
Cessez donc de “débattre”. Notre monde ne trouve qu'excès à opposer et confond débat avec confrontation. Se foutre sur la gueule n'est pas débattre ni dialoguer…
C'est pourtant ce que l'on voit ou lit trop souvent…
à baxbrin
De Compte supprimé 6
00H25 | 18/08/2008 |
Bonsoir baxbrin,
Internet a ça de bon, on ne peut pas nous interrompre quand on s'exprime et on ne peut pas utiliser la violence physique pour faire taire l'autre.
On pourrait se contenter d'apprendre par coeur ce qu'il y a dans les livres, mais pour se faire une opinion solide, il faut mettre à l'épreuve ce que l'on pense.
Qui pense peu se trompe beaucoup (Léonard de Vinci).
à Compte supprimé 6
De baxbrin
Enseignant en IdF | 23H16 | 18/08/2008 |
Hum, que voulez-vous dire proselife2 ?
J'ai juste dit que le vrai débat est une notion (presque) absente des médias actuels. Et que le sens des mots se perd gravement. A mon avis, c'est plus qu'un tort : c'est dangereux.
On ne voit plus de débats, mais des pugilats où il doit y avoir un perdant et un gagnant. Exit l'idée que tout le monde pourrait discuter, échanger et en sortir mutuellement enrichi et … amélioré. Les gens sont remplacés par des caricatures, et vous répondez parfaitement sur ce mode… complètement non constructif.
Mais que pouvait apporter un message aussi sibyllin ?
Pourquoi cette notion de « par cœur dans les livres » ? C'est bien mal connaître l'enseignement (quoique si on croit les instructions actuelles…).
Quand à votre citation, vous prétendez que je « pense peu » ?
Alors vous vous « trompez beaucoup ».
De slutlover
01H08 | 18/08/2008 |
Chacun a sa définition du racisme
Pour moi c'est le fait de hiérarchiser la valeur humaine et aussi de pratiquer la discrimination
La loi n'a pas respecté cette définition et est allée au delà donc elle est inique donc elle va nous foutre la merde
Le vrai problème est la discrimination dans les médias au profit des « bronzés avec un look Proche-Orient » au détriment du look largement majoritaire dans la population
(est ce raciste de dire ça ? )
Et ça ça m'inquiète
et aussi que la bible est le texte raciste par excellence et je ne parle pas de la Torah
et du fait qu'on parle toujours de Tsahal aux infos et de l'« armée iranienne » l'« armée syrienne »
l'hébreu serait il langue officielle en France ?
De Grégory
01H53 | 18/08/2008 |
Hmm, il faut absolument que je mette le doigt sur ce que je trouve profondément néfaste dans cet article… Ah oui, je crois que ça commence au « 30 % des Français se disent “ racistes ” » et que ça se crystalise sur « l'idée d'une collusion entre la gauche anticolonialiste et la mouvance islamiste antisémite ». C'est cette tendance à créer des boites très vaguement emblématiques pour tenter d'approcher cette chose mysterieuse : « Les Français. Est Ce Que Sont Ils Des Racistes Ou Bien ? »
Bon. A mon avis, il n'existe pas une chose telle que « Les Français », sauf dans cette logique journalistique qui manque trop de rigueur pour faire de la sociologie, et trop de perspicacité pour faire de la politique. S'il n'y avait pas un tel tabout sur le « racisme », on aurait déjà tous en tête qu'il n'y a pas un, mais des racismes, et que ceux-ci n'ont pas grand chose en commun dans ce qu'ils impliquent.
Tiré de mes observations personnelles :
Il y a le racisme de Tintin au Congo, celui de tes et mes aïeux pour lesquels c'est l'évidence que les noirs sont des branleurs sympathiques qui courent vites et ont le sens du rythme. Les-dits aïeux (« aiilllleuh »)(pardon) encaissent plutot mal que ce soit interdit de dire ce qu'ils voient comme une évidence (et le reflet de la conception qu'on avait de ces choses de leur jeunesse) et votent FN au minimum par vengeance.
(par contre quand c'est un Finkelkraut qui sort les mêmes clichés, on peut au minimum se dire qu'on attend un peu autre chose d'un philosophe.)
Il y a ensuite le raciste communautaire, qui est raciste parce qu'on lui a appris. Selons les cas il se méfie des noirs, des léonards, des homos, des noirs, etc. C'est lui qui embauche Benoit plutot que Mouloud à diplome égal. C'est aussi lui (ou disons, son frère spirituel) qui va faire chier Mme Zylbenstein à la supérette de la téci quand elle fait ses courses. C'est ce racisme là qui mine la société, par contre il n'a rien d'idéologique et sans les encouragements d'élites éclairés (tel que par exemple une bande de « penseurs » des médias que oeuvrerait avec plus d'acharnement que de compétence à transformer les pulsions islamophobes du tout venant en soutien à l'empire)(ou le FN…)( ou Horetefeux…) ça ne fait pas un projet politique. Projet politique indispensable pour que le racisme s'industrialise et endommage en profondeur la société.
Ah. Hortefeux, il a bien un projet politique, notez.
Pour l'exotisme, notons qu'il y a aussi le racisme des fous furieux qui en bavent de haine. De Megretistes, des négationnistes, des voyoux en panne d'action…. Du raciste de grand malade qui sent trop des aisselles pour faire réver les foules. Contrairement aux idées reçus, ce n'est pas ce racisme qui a fait le lit du nazisme. Le nazi eux même prenaient leurs distances avec les « antisémites de leur temps (c'est même un article de Rue89 qui me l'a appris, il me semble).
Et puis il y a le racisme… pardon, l'anti-sémitisme (nuance toujours étonnante, mais passons) de Siné, du monde Diplo, de Dieudonné… De Meyssan.
Siné, qui a épousé une juive.
Le monde Diplo, qui compte des plumes juives.
Dieudonné, qui a fait des années de carrières avec un juif.
Quant à Meyssan, je ne resiste pas au plaisir de vous citer ce passage de l'excellente interview (lien)qu'il a donné à ReOpen :
“Je suis humaniste et j'ai lutté —bien plus que ceux qui m'insultent— contre toutes les formes de racisme, y compris l'antisémitisme. En qualité de président du Projet Ornicar, j'ai même reçu les félicitations du Mémorial Yad Vashem, la plus haute autorité morale en la matière. En qualité de président du Réseau Voltaire, j'ai animé le Comité national de vigilance contre l'extrême droite, qui a réuni chaque semaine pendant plusieurs années les 45 plus importantes organisations de gauche (partis politiques, syndicats, associations, loges maçonniques).”
Faits bien connus depuis un baille, et encore, il ne fait que survoler. Je crois que tout est dans le “bien plus que ceux qui m'insultent”, qui est très gentil puisque la plupart n'ont même rien fait du tout. Au passage j'attends avec intérêt de voir Finkelkraut, Brückner, Redekker ou BHL fricoter professionnellement ou dans le privé avec un ou une musulmane. C'est mon côté mauvais con, sûrement.
En tous cas cette dernière catégorie, c'est (entre autres) le public de Dieudo, qui dit essentiellement à Chloé Leprince qu'il ne se définit pas comme raciste, mais que Chloé Leprince a du mal à entendre (ce en quoi elle a déjà tout d'une journaliste) quand elle fait son énième article sur le sujet. C'est le raciste humaniste, celui qui bêtement ne peut s'empécher de pense que c'est mal, ce qui se passe en Palestine, et a du mal à encaisser la position monolithique de ses politiques et de ses médias dans une démocratie ou la sensibilité des musulmans devrait logiquement compter (à tort ou à raison, mais on en n'est même pas là).
A mon avis (et certes ça m'arrange, vu que j'en suis et pas qu'un peu), ce raciste là représente l'exact contraire du raciste. C'est sauf oubli la seule force vive qui me semble s'opposer au racisme communautaire et aux politiques qui surfent dessus.
Pendant ce temps, Chloé (mais ce n'est pas la seule), n'est capable de penser qu'en terme de statistiques et de classements. Tout le monde bien rangé et bien divisé, à défaut d'être bien compris sur des indignations… pourtant pas bien compliquées.
à Grégory
De Gotch
15306
ancien ouvrier de la banque | 05H24 | 18/08/2008 |
Bravo Grégory, c'est exactement çà !
Les journalistes, sans doute faute de recul, ont bien trop souvent catégorisé les personnes dont il parlent, alors que rien ne ressemble plus à une personne au hasard, qu'une autre personne au hasard, excepté ce quelque chose qui fait que les deux sont uniques.
J'aime bien Siné, j'aime bien Meyssan, le Diplo fait partie de mes lectures, dans les trois cas j'apprécie leur esprit libre. Je ne parlerai pas de Dieudonné, faute de le connaître assez pour me faire une opinion. Mon opinion, pas celle du voisin, ni surtout celle que des journalistes tendent à inciter à avoir. Je n'ai pas dit : les journalistes, là encore on ne peut pas généraliser.
Quant aux « philosophes », du moins ceux cités ici, si une grande douche de deux heures pouvait leur décrasser l'esprit, tout le monde y trouverait sûrement son compte !
Bonne journée, hors de toutes les généralisations, de tous les tabous, de tous les prosélytismes, de toutes les obligations consenties par paresse plutôt que par choix.
De G.GORSE
Etudiant | 01H41 | 18/08/2008 |
Arretons de mélanger vie publique et sphère privée. Dieudonné a le droit d'avoir ses propres opinions politiques et de choisir qui il veut comme parrain pour sa fille. Dieudonné est avant tout un humouriste et ses convictions politiques ne regardent que lui.
à G.GORSE
De Arnaud Aubron
Rue89 | 11H45 | 18/08/2008 |
Sauf quand il en fait profession publique et un argument de vente tout ce qu'il y a de plus public.
à Arnaud Aubron
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 20H15 | 18/08/2008 |
Vous pensez que vous faites mieux que lui ?
à G.GORSE
De parti
punishment park | 23H45 | 18/08/2008 |
c'est quoi au juste un humouriste ?
De Un compte supprime
nc | 02H37 | 18/08/2008 |
Nous sommes entres de plein pied dans une aire de xenophobie officialisee par les politiques de lutte contre l'immigration. Partout sur la planete, il devient de plus en plus difficile d'obtenir un permis de sejour, un permis de travail, un visa longue duree. Ceux-ci sont attribues au mepris des libertes individuelles et a la suite d'investigations poussees : comptes en banque, temoins de moralite, et evidemment tout est plus facile si l'on connait quelqu'un de bien place.
Crsipation mondiale, sur fond de guerres economiques et de conflits religieux, pas besoin de faire des sondages : les racismes sont a la mode, et les peurs ravivees par les medias et les nationalismes de tout bord.
De Zef
Chômeur | 03H44 | 18/08/2008 |
Cet article me fait penser aux travaux d'un historien américain spécialiste de l'antisémitisme (et plus généralement du racisme), bien moins connu en France que Mr Wievorka ou que Mr Taguieff (qui ne fut pas toujours ce qu'il est devenu), historien nommé Gavin Langmuir, et qui disait (entre autres et en résumant abondamment son travail), que le discours raciste se décompose en 3 types d'énoncés :
- Le premier consiste en une généralisation abusive à partir d'une tendance observable (exemple de circonstance en cette période olympique : « les noirs sont de meilleurs athlètes que les blancs ». S'il est vrai que dans de nombreuses disciplines sportives les « noirs » sont plus fréquemment victorieux que les « blancs », cet énoncé sous-entend que c'est justement parce qu'ils sont « noirs » que les noirs gagnent. Or, il est notoirement connu que la mélanine n'intervient en rien dans les résultats sportifs).
- Le deuxième se réfère à un passé mêlant données historiques et données mythiques ou fantasmées (exemple : « les juifs ont tué le Christ ». Or, à ma connaissance, Ponce Pilate n'était pas juif).
- Enfin, le troisième est l'énoncé délirant. Par exemple : « les noirs sont des fainéants qui passent leur temps à forniquer dans leurs cases » ou « les juifs (ou les arabes ou les chinois etc.) volent les enfants blancs et les dévorent ». Cet énoncé n'a aucune apparence d'objectivité. Il relève de la fantasmagorie pure, de l'irrationnel.
Or, jusqu'à présent, le premier type d'énoncé n'est que très (trop) rarement sanctionné par la Loi, abondamment utilisé par certains de nos politiciens (et pas uniquement au FN), parce que, comme nous le dit le présent article, 30% environ de l'électorat français se retrouve dans ce type de discours (sans obligatoirement voter FN pour autant). Plus généralement, dans la vie de tous les jours, il n'est pas rare d'entendre des phrases du genre : « les manouches, c'est des voleurs », « les arabes piquent les allocs des Français », « les noirs sont fainéants » (mais paradoxalement ils sont excellents athlètes) etc… Et environ 1 Français sur 3 n'est pas choqué par ce type d'affirmation. Sans parler de ceux - moins nombreux heureusement - qui adhèrent sans réserve aux deux autres types d'énoncés, et qui votent bien souvent FN (ou plus récemment, Sarkozy).
Il y a bien longtemps (en 1991) Mr Taguieff se demandait comment faire « face au racisme », à tel point qu'il y consacrait deux livres. A l'époque, l'extrême droite représentait 12,5% des suffrages au premier tour des élections législatives (en 1993). Aujourd'hui (en 2007), l'extrême droite ne fait plus que 4,5% des voix aux législatives, mais 30% des Français s'estiment racistes. Ô tempora ! ô mores !
Triste résultat de plus de 20 ans de lepénisation de la vie politique française, de médias et de politiques de tous bords qui agitent depuis trop longtemps la flamme bleu-blanc-rouge pour faire peur à la ménagère, et qui font que le discours lepéniste ne fait aujourd'hui plus peur à grand-monde (à force de crier au loup, la ménagère s'est lassée) et qui, au contraire même, séduit de plus en plus de gens. Et s'il séduit, c'est parce que ce discours est devenu tristement banal. Il est loin le temps du révisionnisme choc à base de « points de détails ». Place au racisme ordinaire, celui du « bruit et de l'odeur ».
A l'heure du politiquement correct à toute heure et à tout prix, il serait inconcevable de laisser un raciste convaincu faire sa propagande xénophobe à une heure de grande écoute (sauf s'il est président de la République ou ministre de l'Intérieur, bien sûr). Alors on préfère passer en boucle des images d'émeutiers de Clichy-sous-bois. Emeutiers qui, comme le rappelait notre bon ami Mr Finkielkraut, sont tous issus des « minorités visibles » (que le politiquement correct est beau dans ses périphrases) - en tout cas, ceux filmés par les caméras des journalistes - ou parler du dernier clip du groupe Justice mettant en scène une bande de casseurs « minorité visible ». C'est tellement plus vendeur, et tout autant efficace en terme d'impact.
Et au final, on se retrouve d'un côté avec des médias faisant le jeu de l'extrême droite (ou de la droite dure façon Sarkozy-Hortefeux) et qui cherchent à nous faire peur avec la menace « étrangers » (TF1 et Cie), et de l'autre, des médias bien pensants type rue89 (et d'autres aux objectifs moins louables) qui cherchent à nous faire peur avec la menace « racistes », voire « antisémites » (puisqu'il est convenu que les Juifs ont droit à un terme rien que pour eux… D'ailleurs, ça serait pas un peu raciste ça ? ).
Choisis ton camp camarade, l'important c'est que tu aies peur !