A debattre 16/08/2008 à 19h06

Le sondage qui assombrit l'été du Parti socialiste

David Servenay | Ex-Rue89

Serait-ce la première mauvaise nouvelle de l’été pour le Parti socialiste ? En tout cas, le sondage Ifop paru ce dimanche dans Ouest-France* donne une piètre image du PS. Choix tactiques, têtes d’affiche et alliances électorales : rien ne semble coller aux attentes des sondés. Effet loupe ou reflet fidèle d’une année en dents de scie pour le PS ?

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Les optimistes pourront toujours dire qu’il ne s’agit que d’un sondage. N’empêche, l’étude que l’Ifop a réalisée pour le compte de Dimanche Ouest-France révèle une image très brouillée du PS. Jugez plutôt :

  • Seuls 29% des sondés considèrent que le Parti socialiste a « un projet pour la France ». 67% pensent qu’il n’en a pas. Il y a deux ans, ce taux était de 38%. Pire : chez les sympathisants socialistes, le résultat n’atteint qu’un petit 48%.
  • Dressant un bilan de cette première année du quinquennat, les sondés ont une opinion médiocre sur la capacité du PS à s’opposer au gouvernement : 52% ne sont pas d’accord avec l’idée qu’il « s’oppose suffisamment au gouvernement ». Là encore, les sympathisants socialistes sont moins sévères, mais pas vraiment convaincus : ils ne sont que 46% à penser que le PS « s’oppose assez au gouvernement ».
  • Dans la course au siège de Premier secrétaire, aucun des chefs socialistes ne semble s’imposer franchement par rapport à ses concurrents. Le classement s’établit de la manière suivante pour l’ensemble de l’échantillon :
    • Dominique Strauss-Kahn (22% des sondés)
    • Bertrand Delanoë (18%)
    • Ségolène Royal (15%)
    • Jack Lang (12%)
    • Martine Aubry (8%)

    A noter : chez les sympathisants du PS, le tiercé gagnant s’inverse : Ségolène Royal (21%), Bertrand Delanoë (20%) et DSK (18%).

Un positionnement tactique difficile à comprendre

Le premier problème du futur patron du PS sera donc de restaurer la crédibilité du parti et de son équipe dirigeante. Est-ce une conséquence de la défaite de 2007 ou une rénovation qui tarde à venir ? Le verdict est cruel : seuls 32% des sondés estiment que le PS a « des dirigeants de qualité ». Ils sont 66% à penser le contraire.

Les choix tactiques des socialistes sont aussi clairement remis en cause. Le PS est perçu comme un parti politique qui ne sait pas s’opposer face au gouvernement et à l’omniprésidence de Nicolas Sarkozy. Manifestement, le principal parti de la gauche a du mal à élaborer un discours à la fois critique et alternatif par rapport aux options défendues par la droite.

Des choix idéologiques trop flous et une stratégie d’alliances en jachère

Plus grave pour les futurs éléphants du PS : les Français interrogés dans ce sondage ont l’air de trouver que le parti évolue hors sol, en dehors de leurs soucis quotidiens. Deux chiffres résument cette impression :

  • Ils ne sont que 43% à estimer que les socialistes sont proches des préoccupations des Français. A l’inverse, 55% jugent que le PS n’est « pas proche » de ces mêmes préoccupations. Une sorte de flottement assez inquiétant, car le constat n’est pas nouveau. Il était déjà apparu de diverses manières au cours de la campagne présidentielle de 2007.

Enfin, sautant une étape qui s’annonce fratricide (celle du Congrès de Reims de novembre), les sondeurs de l’Ifop ont aussi interrogé leur panel sur les choix d’alliances possibles pour le PS. Où l’on constate que le parti pivot de la gauche aura du mal à éviter le grand écart entre les centro-modernistes et les tenants d’une gauche plus radicale :

  • 41% des sondés sont favorables à une alliance du PS avec le MoDem de François Bayrou, 30% avec les autres partis de gauche (PCF, Verts et radicaux) et 18% avec le nouveau parti anti-capitaliste d’Olivier Besancenot.
  • Comme pour les leaders, la hiérarchie change lorsque seuls les sympathisants du PS s’expriment :
    • 45% pour une alliance avec les partis de gauche
    • 38% avec le MoDem
    • 12% avec le parti anti-capitaliste

En résumé, de quoi donner matière à réflexion, en attendant la rentrée du PS lors de ses traditionnelles universités d’été de la Rochelle (du 29 au 31 août) dont le double thème sera plus que jamais d’actualité :

« Pour une alternative crédible en France et en Europe »

* Sondage Ifop sur « L’Image du Parti socialiste auprès des Français », réalisé par interviews au téléphone du 7 au 8 août auprès de 962 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.

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  • Coragyps Atratus
    Coragyps Atratus
    Dans l'attente du moment propice
    • Posté à 19h38 le 16/08/2008
    • Internaute 37338
      Dans l'attente du moment propice

    A noter, 12% des sondés continuent d’auréoler Jack Lang. Ce sondage nous donne précisément le nombre de masochiste au PS.

    Seule Sainte Rita (Sainte patronne des causes désespérées) pourra sauver le PS. Et encore, il faudra en brûler des cierges.

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 20h05 le 16/08/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Parce qu’il était rose leur été ?

    Lien

  • Frère Maxence
    Frère Maxence
    Demandeur d'emploi
    • Posté à 21h19 le 16/08/2008
    • Internaute 50601
      Demandeur d'emploi

    Les résultats de ce sondage ne m’étonnent pas, notamment sur le projet.

    Tant que le PS n’aura pas une véritable unité, il ne sera pas capable de proposer un projet de gouvernement cohérent et consistant.

    Les socialistes aiment bien leurs courants, signes selon eux de la vitalité démocratique de leur parti, mais il faut quand même un minimum d’unité dans un parti pour que l’électeur s’y retrouve. Or le minimum n’existe plus.

    Sur des sujets essentiels (la construction de l’UE, l’économie, le travail), les socialistes sont profondément divisés. Du coup, le PS, pour contenter tout le monde, prend des positions qui n’ont ni queue ni tête.

    Un exemple, leur vision de l’économie. Dans la déclaration des principes, il est écrit que le PS veut un tiers d’économie solidaire, un tiers de secteur public et un tiers de secteur privé. Est-ce réaliste ? Ce genre de déclaration prouve que la direction a surtout cherché à satisfaire toutes les tendances, ce qui forcément débouche sur une espèce de bric-à-brac politique, incompréhensible pour les citoyens.

    Vous ajoutez les querelles de chefs, et on est face à une pétaudière.

    Personnellement, au stade où en est le PS, je ne vois que la scission comme solution, et la création de deux partis différents.

    D’un côté, les nostalgiques du programme commun réellement socialiste, qui pourraient s’allier avec Besancenot et le PCF, et pourquoi pas fusionner.

    De l’autre côté, les partisans de la véritable social-démocratie qui pourraient s’allier avec le MoDem, et là aussi pourquoi pas fusionner.

    Le paysage politique français gagnerait en clarté.

  • Spook 3421
    Spook 3421
    sniper
    • Posté à 21h39 le 16/08/2008
    • Internaute 25586
      sniper

    Malgré son impopularité actuelle, Sarko n’a aucun souci à se faire. La gauche n’est qu’un champ de ruines et aucun leader crédible ne semble émerger de ce qui fut le PS. Car ce dernier n’existe plus depuis le traumatisme causé par l’échec de Jospin au premier tour de 2002 : plus d’idées, plus de doctrine, plus rien ! Alors, les leaders actuels, avec au premier rang Ségolène, font comme tout le monde, c’est à dire de la « communication ». Chacun soigne son image, y va de son bouquin, bref se la joue « people ». De quoi vous dégouter vraiment de la politique.

  • norman
    • Posté à 21h44 le 16/08/2008
    • Internaute 23497

    Ah, le PS ! Désespérance de la vie politique pour des millions de gens qui dégueulent la politique de Sarkozy et de sa bande de libéraux décomplexés. Je suis de gauche, viscéralement de gauche depuis plus de quarante ans. Alors j’ai connu la griserie des succès éphémères, les années Mitterand, l’espoir dans la méthode Jospin. J’ai encore aidé Ségolène à s’opposer à la droite. J’ai à chaque fois ravalé mes colères contre ce parti à la ramasse, peuplé de dirigeants cyniques et calculateurs. Mais cette fois qu’il coule pour de bon ! Ce serait du temps gagné. Les gens souffrentdans ce pays et ont besoin d’une alternative issue du nmouvement populaire. Pas de ces technos style Cambadelis ou Valls, de ces bobos tels Lang ou Delanoé, de ces personnages hors du temps comme DSK ou Hollande. Stop messieurs et mesdames,le seul service que vous puissiez encore rendre au peuple de gauche, c’est de permettre à une nouvelle génération d’accéder aux responsabilités. Le congrès sera, dit-on, ravageur. On peut le craindre, moi je l’espère. Les calculs, les complots, les magouilles signés Aubry, Fabius, Montebourg auront sûrement assez d’efficacités pour enterrer un parti qui avait tant d’atouts et qui les a dilapidés. La crédibilité, c’est le test implacable qui fait ou défait les responsables. Sarkozy, élu président sur l’idée d’une prétendue compétence, ménera ce pays au drame social. Mais le PS ne sera pas la solution de rechange, car on ne bâtit pas l’espérance sur le respect des valeurs libérales. Le marché, la mondialisation sauvage, la privatisation du patrimoine commun (merci Jospin !) sont incompatibles avec le progrès. Dire que les hauts revenus doivent payer pour éviter aux plus modestes de supporter la récession, vous ne l’entendrez jamais dans la bouche au PS. Manuel Valls trouve même que le mot socialisme est ringard. Cela lui arrache la gueule à M.le maire d’Evry. Jaurès, réveille-toi, ils sont devenus nases ...

  • COBRA DE BAB EL OUED
    • Posté à 10h33 le 17/08/2008
    • Internaute 50580
      Actif

    Ah ! Si seulement le PS était un parti de gauche !