
Le congrès du PS approchant, j'ai écrit il y a un mois à tous les ténors. Ma question : « Le PS peut-il être l'avenir de la gauche ? »
Je voulais savoir
s'ils avaient conscience de l'effet de leurs querelles sur l'électorat de gauche, s'ils pensaient que l'unité du PS était encore possible, et si le PS représentait encore l'avenir de la gauche.
A ce jour, j'ai reçu trois réponses, de François Hollande, de Martine Aubry et de Manuel Valls, logiquement très inspirées de leurs contributions. Bien sûr, si d'autres réponses me parviennent par la suite, je les ajouterai.
Commençons par le Premier secrétaire du parti, François Hollande. Il dresse un constat avec lequel on peut difficilement être en désaccord, mais n'apporte pas de réponse directe à mes questions. Il est vrai qu'il a beaucoup donné pendant plus de dix ans pour l'unité du PS, et que maintenant qu'il laisse la place, ce sera au suivant (ou à la suivante) de s'y coller.
Hollande : « Il faut fédérer la gauche »
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Madame,
J'ai bien reçu votre courrier et je vous remercie de me livrer vos réflexions.
La réponse à vos questions se trouve déjà dans la contribution que je présente pour le congrès, où j'appelle à la cohérence du Parti socialiste et de la gauche.
L'UMP a beau avoir ses querelles de personnes, elle est dirigée par le chef de l'Etat lui-même, et elle a fédéré toutes les droites comme jamais -sous la Ve République- le parti du Président n'en avait été capable. C'est un fait historique majeur.
L'extrême droite s'est évaporée et, même si les ressorts de son influence demeurent, son électorat s'est recyclé pour l'essentiel à droite ; quant au MoDem, il apparaît davantage comme une concurrence nouvelle pour la gauche que comme une dissidence à droite.
Nous ne sommes plus en face d'une famille conservatrice éclatée en plusieurs organisations, minée par ses combats de chefs, tiraillée par de vraies différences culturelles, voire philosophiques ; le libéralisme et Nicolas Sarkozy ont gagné bien plus qu'une élection présidentielle, ils ont consacré leur hégémonie respective dans leur camp.
A gauche, nous souffrons, dans ce contexte nouveau, d'une double difficulté. D'abord celle qui relève de nos propres comportements. Nos débats sont regardés comme des contradictions qui atteignent la lisibilité de notre expression. La préparation de la présidentielle conduit a réduire l'autorité du PS par rapport au rôle des personnalités. Et le non-respect, même par quelques-uns, des décisions prises par nos instances, altère le crédit de notre parti.
Ensuite, celle qui tient à nos alliances. L'union de la gauche des années 70 et 80 a vécu ; la gauche plurielle des dernières années aussi. Mais rien ne les a remplacées, sauf des rassemblements de circonstance, au moment des élections locales et des désistements loyaux lors des scrutins de 2007.
Sans structure commune, ni projet de gouvernement, ni candidature unique, la gauche ne peut pas bénéficier d'une dynamique permettant de dépasser les frontières partisanes, de porter haut ses couleurs dès le premier tour de l'élection présidentielle et de donner une cohésion à une future majorité.
Dans cette situation, qui s'étonnera que la droite rêve d'un retour au scrutin majoritaire où elle l'emporterait non du fait d'un rapport de force favorable, mais de son strict avantage comparatif en termes d`unité ? La leçon est claire : il faut fédérer la gauche. Celle qui veut gouverner avec nous. L'extrême gauche est dans une autre logique -celle d'une structuration de la radicalité. Elle doit être mise au défi non de sa sincérité, mais de sa responsabilité : à quoi sert la protestation si elle est impuissante démocratiquement ? Toute l'histoire du mouvement socialiste montre que les grandes avancées sociales ont été obtenues lorsque nous étions au pouvoir. Ces réussites constituent un héritage dont nous pouvons être fiers, qui amplifie encore les attentes à notre égard et qui rend d'autant plus nécessaire notre cohérence de parole et d'action.
Comme Premier secrétaire, j'ai eu à plusieurs moments à affronter les ferments de division. Et je revendique d'avoir fait prévaloir l'unité, au lendemain de 2002 comme la synthèse à la veille des échéances de 2007. C'était mon devoir, dans ma fonction, à des moments où beaucoup de Français s'interrogeaient sur notre capacité à vivre ensemble.
C'est le même esprit qui nous a permis d'engager notre rénovation avec la déclaration de principes qui, désormais, nous réunit tous.
J'ai décidé de ne pas être candidat à ma propre succession. J'avais pris cet engagement en 2005, lors du congrès du Mans. Je le respecte, après plus de dix ans passés a la tête du PS. Je connais les atouts considérables que recèle notre formation politique : le dévouement de ses militants, la densité de son réseau d'élus -avec nos victoires de 2004 et de 2008-, la crédibilité dans l'exercice du pouvoir, local comme national.
Mais je peux aussi mesurer ses fragilités : vulnérabilité dans son assise électorale -notamment lors de l'élection présidentielle-, étroitesse sociologique de sa base -encore trop éloignée de la réalité de notre société-, individualisme des comportements au sommet.
Ces lignes ayant été rendues publiques, vous pouvez bien évidemment les reprendre. Je vous prie de croire, Madame, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
François Hollande
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Martine Aubry, elle, répond plus directement à mon courrier. Celle qui revient fort sur le devant de la scène socialiste avec les Reconstructeurs est, comme à son habitude, directe.
Aubry : « Le parti doit préserver son unité »
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Chère Madame,
J'ai bien reçu votre courrier par lequel vous me faites part de vos réflexions sur l'avenir du Parti socialiste.
Je comprends les doutes qui sont les vôtres concernant l'unité des socialistes. Je déplore, comme vous, que notre Parti donne parfois l'impression d'être plus préoccupé de lui-même que de l'avenir de notre pays.
Je considère néanmoins que le PS doit préserver son unité pour affronter les problèmes d'une société qui s'enfonce dans la crise. Chacun constate que les milieux populaires et les classes moyennes subissent de plein fouet les conséquences néfastes de la politique du gouvernement.
Dans ce contexte, le PS doit proposer un projet alternatif d'une société qui porte haut le niveau d'éducation de chacun, qui donne à tous l'accès à la santé, à un emploi décent et prépare l'avenir de nos enfants en préservant notre planète.
Je suis profondément convaincue que celles et ceux qui ont le plus à craindre de la politique de Nicolas Sarkozy ont besoin d'un Parti socialiste qui rassemble toutes les formidables énergies qui le composent au service d'une seule et même ambition : une société plus juste.
Vous pouvez compter sur moi pour agir dans ce sens.
Je vous prie de croire, chère Madame, en l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Martine Aubry
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Quant à Manuel Valls, nouvel allié de barons socialistes locaux, il détaille davantage sa propre analyse, et je le remercie de m'avoir éclairée sur cette fameuse « théorie des deux gauches » (détaillée ici par Michel Rocard
) dont j'avais entendu parler, et qui me semble en rapport avec les divisions internes au PS.
Valls : « Le PS peine a trouver le ton juste »
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Madame,
J'ai bien reçu votre courrier et j'ai lu avec attention vos analyses sur la situation actuelle du Parti socialiste.
Vos inquiétudes et vos questionnements sont légitimes dans un contexte ou bon nombre d'électeurs éprouvent un sentiment de malaise face aux divergences internes au sein du Parti socialiste.
Enlisé dans des blocages idéologiques, des luttes d'appareil et des querelles personnelles, le PS peine a trouver le ton juste et à construire une opposition solide. Il vit un moment paradoxal : la qualité de l'action de ses élus est reconnue et plébiscitée au niveau local, mais les responsables socialistes ne parviennent pas à théoriser les évolutions de la société à l'échelle nationale.
L'unité et la cohérence ne sont pas pour autant des objectifs inaccessibles pour la gauche, et comme tous ceux qui souhaitent qu'elle redevienne une force moderne et populaire, je milite activement au sein du PS pour que nous apportions des réponses adaptées aux attentes de nos concitoyens.
Si elle est indispensable, la rénovation du PS n'en sera pas moins une tâche longue et difficile. Pour surmonter la fragmentation idéologique et lever un nouvel espoir, l'effort de tous sera nécessaire.
Votre question relative a la « théorie des deux gauches » fait référence à un vieux débat dont les premiers épisodes remontent a la construction du socialisme a la fin du XIXe et au début du XXe siècle. La controverse entre Bernstein et Kautsky, figures historiques de la social-démocratie allemande, représente un épisode décisif qui a permis d'ouvrir le débat sur le renouvellement des doctrines socialistes.
Bernstein dénonçait la schématisation à outrance de la dialectique marxiste, qui ne correspondait plus à la réalité ouvrière, qui se transformait. Il voulait réviser l'analyse marxiste pour l'adapter au XXe siècle naissant, et renoncer aux chimères d'un renversement du capitalisme.
Kautsky se posait, a l'inverse, en gardien de l'orthodoxie marxiste. En France, cette controverse a été relayée par Jaurès et Guesde, qui ont brillamment éclairé le débat doctrinal entre réforme et rupture, chacun traçant sa propre voie vers le socialisme. Aux thèses collectivistes de Guesde, Jaurès opposait un réformisme institutionnel et républicain et une vision du socialisme intimement liée a l'idée démocratique.
Si les termes du débat ont inévitablement évolué au cours du XXe siecle, la coexistence de deux visions de la gauche s'est poursuivie. L'aile réformatrice de Mendès France, profondément ancrée dans la réalité économique de son temps, s'est heurtée au discours « révolutionnaire » de Guy Mollet.
Plus tard, l'existence au sein du mouvement socialiste de « deux cultures » sera théorisée par Michel Rocard, dans un discours percutant au congrès de Nantes de 1977. Il distingue une culture plus jacobine, qui croit au rôle incontournable de l'Etat, guidée par un idéal de justice sociale encore fortement teinté de pensée marxiste. L'autre plus décentralisatrice, plus pragmatique, qui croit au compromis concret et privilégie le rôle majeur joué par le corps social.
Cette dualité a donc ponctué l'histoire de notre parti. La gauche française a eu des difficultés à s'extraire d'une vulgate marxiste qui nous a longtemps empêché de développer une vraie culture réformiste. Le PS aujourd'hui est à un tournant : c'est en confrontant ses ambitions à la réalité qu'il retrouvera des marges pour l'action.
A l'idéal d'une « société sans classe », la gauche doit préférer « l'optimisme du possible ». Bernard-Henri Lévy fait partie des auteurs contemporains qui ont conceptualisé cette coexistence de deux gauches en distinguant une gauche « mélancolique », qui accepte de faire le deuil d'une société idéale, et une gauche bercée de lyrisme, qui se rattache à des valeurs refuges en refusant la confrontation au réel.
Le PS doit donc opérer un changement de paradigme profond, ses réponses doivent réconcilier la justice sociale et l'eflicacité économique, le volontarisme et le pragmatisme, la solidarité et la responsabilité individuelle. Il se trouve face un défi, mais n'est nullement sur la voie de la renonciation. Nous pouvons réussir ce changement et proposer une alternative crédible, claire et cohérente, qui seule permettra de regagner la confiance des Français.
En espérant que notre échange aura répondu à vos attentes et en vous confirmant que vous avez mon accord si vous souhaitez proposer ma réponse à Rue89, je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes sentiments distingués.
Manuel Valls
Cliquez ici pour masquer la réponse
Pour l'instant, donc, pas d'autres réponses. Il faut dire que la période estivale ne s'y prête pas spécialement, et que nos vaillants leaders d'opposition peuvent légitimement être fatigués après une années au cours de laquelle notre agité de Président ne leur a pas vraiment laissé de répit.
Par ailleurs, précisément parce que l'ambiance au sein du parti est à couteaux tirés, ceux qui ont eu le mérite de répondre ont pris plus de risques que ceux qui ne disent mot…
Maintenant, il reste à espérer que tous les responsables du PS ont bien pris la mesure des dégâts au sein de l'électorat de gauche, et que le déjà fameux congrès de Reims permettra de dégager une ligne claire (centriste ou radicale, mais lisible ! ) qui fera taire les antagonismes. Personnellement, j'ai des doutes, mais on verra.
Car, faute de s'exprimer clairement sur une ligne politique décodable par tout lemonde, il y a fort à parier que les électeurs ne se gêneront pas, eux, pour s'exprimer lors des prochains votes. Olivier Besancenot et François Bayrou lesattendent les bras ouverts.
► Article suivi :
Cher Parti socialiste, peux-tu être l'avenir de la gauche ?
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De michel 13
| 22H19 | 14/08/2008 |
Qu'est-ce que c'est que cette gauche ramollie qui ne propose rien d'autre qu'une politique de droite ? Où sont-ils les responsables de gauche qui ont compris que l'Union européenne nous menait directement dans le mur avec la fin de la protection sociale, la disparition des services publics, les délocalisations etc. Le PS ne représente pas le peuple de gauche, il ne représente plus rien. Inutile de proposer de nouvelles contributions au prochain congrès, elles ne seront jamais mises en oeuvre. Les Jospin, Rocard et autres ont voulu mettre en place la social démocratie, le résultat n'a pas été bénéfique pour la « France d'en bàs » ? Qui s'en préoccupe de cette France là ?
à michel 13
De Tweakee
électron libre | 22H35 | 14/08/2008 |
Mais personne s'en préoccupe, tout simplement ! . De toute façon on a signé le traité de Maastrich ce qui fait qu'on est censé être d'accord avec les dérégulations et sans avoir la maitrise de notre politique économique. Les 3/4 des décisions sont désormais prises à un niveau supra-national sans que l'on soit consulté.
à Tweakee
De parti
punishment park | 22H43 | 14/08/2008 |
raoul !
à parti
De kk
star malgré elle | 08H21 | 15/08/2008 |
Pas sûr, ou alors il aurait tout de même gagné en subtilité .
Pour un peu, il nous manquerait ; o)
à kk
De parti
punishment park | 10H25 | 15/08/2008 |
un raoul propre…
à parti
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 11H13 | 15/08/2008 |
Fais gaffe aux hallucinogènes lamorille ; -))
à Les Chats
De parti
punishment park | 12H56 | 15/08/2008 |
j'en suis pas redescendu…
à parti
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H53 | 15/08/2008 |
Ha , ha ! Sacré Billy , va !
http://www.deezer.com/track/1131
à Numerosix
De parti
punishment park | 16H52 | 15/08/2008 |
chapeau…
à michel 13
De Yaumegui_from_Paris
Sur mon fauteuil. | 22H42 | 14/08/2008 |
Salauds de sociaux-traitres ! Ils ont depuis Jaurès, en passant par Blum, Mendès-France, Delors et Rocard sans cesse trahi la classe ouvrière, tandis que les Thorèz, Duclos, Marchais, valeureux militants staliniens, montraient aux classes populaires la vraie voie, celle de la dictature, non pas du prolétariat, mais de la nomenklatura, celle du goulag, celle de la délation…
Vive le marxisme-léninisme ! A bas les traitres ! A bas le niveau de vie depuis 100 ans des pays scandinaves ! Vive le plan et la dictature !
à Yaumegui_from_Paris
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 11H15 | 15/08/2008 |
Je parie que vous avez piqué les hallucinogènes de lamorille. C'est pas bien ça !
à Les Chats
De parti
punishment park | 20H38 | 15/08/2008 |
non non non, il a fumé de l'herbe à chat…
De Compte supprimé 6
22H33 | 14/08/2008 |
Bonsoir,
Hollande ne se représentera pas, Valls n'est pas candidat et Aubry attend Moscovici pour essayer de faire hypothétiquement quelque chose…
Attendons de lire d'autres réponses (si il y en a) pour donner du corps à votre article.
à Compte supprimé 6
De parti
punishment park | 22H55 | 14/08/2008 |
j'attends avec impatience votre motion…
De michel 13
| 22H47 | 14/08/2008 |
En 2005, lors du référendum, les Français ont dit non majoritairement au Traité de constitution européenne. Le PS et l'UMP, gands partis démocratiques s'il en est, ont été d'accord pour ne pas tenir compte de ce résultat significatif, et continuer comme s'il n'y avait jamais eu de référendum. Qui peut admettre ce déni de démocratie ? Comment la « gauche molle » a pu devenir l'allié de la droite, qui n'en demandait pas tant. Comment faire confiance à ces traitres qui demandent l'avis du peuple et n'en tiennent pas compte ? Il est temps de donner un grand coup de balai à cette classe politique qui méprise ses électeurs et ne défend que ses propres intérêts.
à michel 13
De Yaumegui_from_Paris
Sur mon fauteuil. | 22H50 | 14/08/2008 |
Maréchal, les voila !
à Yaumegui_from_Paris
De kk
star malgré elle | 08H24 | 15/08/2008 |
subtil !
argumenté !
De laplote
hello | 22H50 | 14/08/2008 |
http://laplote.over-blog.fr/
à laplote
De jjezfm
(auteur)
Internaute | 17H33 | 15/08/2008 |
trop mimi, ce dessin
ça me fait penser aux bagarres du village d'irréductibles gaulois dans Astérix
mais y a bien que le dessin qui puisse y faire penser
les vrais sont pas aussi marrants
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 23H32 | 14/08/2008 |
Le PS a certainement beaucoup de défauts.
C'est vrai qu'ils sont formatés à sciences-po, l'ENA … nous avons tous été formatés lors de nos études, il suffit de voyager pour ce rendre compte que nous réfléchissons de manière très « française ».
Lorsque je lis :
• Olivier Besancenot et François Bayrou les attendent (les électeurs) les bras ouverts
• Le PS doit déposer son bilan et les vrais gens de gauche recommencer sous un autre nom
• la « sociale démocratie » …
• j'ai toujours voté socialiste, mais …
• Je déteste Sarko. - Mais je déteste encore plus voir Ségolène Royal et François Hollande toujours en train de le critiquer. - Ils ont perdu ! Qu'ils se taisent et laissent la place aux autres ! ! !
Sarko peut continuer allégrement sur sa lancée, cela ne m'étonnerait pas qu'il gagne en 2012. D'ailleurs, s'il perd ce serra parce que les gens de droite se seront alliés contre lui pour mettre quelqu'un de plus « fréquentable » à la place. La bourgeoisie traditionnelle ne supportait pas Sarko et elle pourtant a voté pour lui, car ils votent d'abord pour leurs intérêts. Et le reste c'est de la littérature.
Il faudrait que certains électeurs de gauche comprennent certaines choses.
Si des personnes détestent tellement le Parti Socialiste, qu'elles sont prêtes à voter contre leurs intérêts, c'est dommage pour elles. Moi, en revanche, je fais partie de ces gens qui ne voteront jamais pour ce que la plupart d'entre vous appellent la vrai gauche.
Je ne voterai certainement pas pour la gauche extrémiste, je suis catho, mes enfants sont scolarisés dans le privé et je n'ai aucune revanche sociale à prendre.
Je vote à gauche, parce que j'aimerai un peu plus de justice sociale, j'aimerai que l'on donne les moyens à ceux qui naissent dans des familles défavorisées de s'en sortir, et j'aimerai aussi que l'on assiste vraiment ceux qui ne seront jamais capables de travailler.
La « sociale democratie » cela marche, en Europe du Nord, cela veut dire que l'on ne laisse pas les gens s'enfoncer dans la misère, qu'il y a une réelle volonté d'aider les gens.
L'exemple de l'offre raisonnable d'emploi illustre parfaitement la différence entre la droite et ce que certains appellent avec « la social democratie ». Aux Pays-Bas, comme l'a titre un journal : « Un avocat fera un très bon cueilleur de fraises » Mais, en échange de cette éventuelle déqualification, l'avocat bénéficiera d'un complément salarial, payé par les pouvoirs publics, afin que son revenu soit toujours supérieur à son indemnité de chômage.
En Grande-Bretagne, Tony Blair n'a certainement pas fait assez, mais il venait après Thatcher (1979 – 1990) qui avait tout démantelé (leur système de protection était comparable a celui de la France). Et cette même Thatcher avait été élu parce que les Anglais en avait marre des grèves à répétition très dures.
Il faut que ceux qui sont a la tête du PS cessent de se battre, c'est sur (mais, bon c'est humain, Mitterrand a gagné parce qu'il voulait être chef), mais il faut surtout que les électeurs de gauche comprennent que la gauche cela va de la rose pale au rouge. Après tout, nous avons les leaders que nous méritons.
Donc arrêtez de nous bassiner avec votre idéologie et soyons pragmatiques. Essayons de ne faire ni comme les Anglais (11 annees de Thatcher) ni comme les Italiens qui ont réélu Berlusconi.
à Venezuela
De Yaumegui_from_Paris
Sur mon fauteuil. | 00H00 | 15/08/2008 |
« Donc arrêtez de nous bassiner avec votre idéologie et soyons pragmatiques. Essayons de ne faire ni comme les Anglais (11 annees de Thatcher) ni comme les Italiens qui ont réélu Berlusconi. »
J'adhère à tout et surtout à ça ! Bravo ! (Sauf au futur utilisé à la place du conditionnel - j'aimerais).
à Yaumegui_from_Paris
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 00H18 | 15/08/2008 |
Merci, d'autant plus que ce genre de commentaires n'est pas trop appreciee ici.
Une petite remarque toutefois, je suis desolee pour la faute (mais il est tard, je vis avec 3 langues) - mais si nous Francais etions un peu moins sourcilleux sur ces details, notre langue serait un peu plus parlee.
Un anglophone ne corrigera jamais les fautes qu'il entend.
à Venezuela
De Alain Pacifique
03H07 | 15/08/2008 |
@ venezuela,
» arrêtez de nous bassiner avec votre idéologie et soyons pragmatiques « .
c'est bien ce que j'ai fait aux dernieres presidentielles en votant ségolène, alors que ce qu'elle annoncait pendant la campagne me convenait de moins en moins , jour apres jour. et maintenant, j'en ai assez d'etre de plus en plus dans la compromission et le “ pragmatisme.
pour moi , il n'est pas question de rejoindre une gauche extreme, mais le PS à la sauce centre droit , je n'en peux plus.
l'idée , pour moi, c'est de faire savoir aux dirigeants du PS qu'une partie de leur électorat ne veux plus les suivre dans cette voix là. il manque un parti de gauche en france. c'est peut etre Besancenot qui va le créer ou quelqu'un d'autre.
c'est une période de transition, attendons de voir ce qui va en sortir.
à Venezuela
De kkadim
service public rhone alpes | 08H53 | 15/08/2008 |
donc si je comprends bien votre vision de « gauche » de la sociéte : un ceuilleur de fraise devrait se contenter d'un salaire médiocre et un avocat, s'il fait exactement le même travail, se doit d'avoir un salaire lui permettant « d'assurer son rang social »….. vive la gauche dame patronesse, et surtout ne changeons rien à la société.
je sais je vous rentre méchament dans le lard, mais la gauche catho j'ai jamais supporté.
à Venezuela
De kk
star malgré elle | 09H00 | 15/08/2008 |
J'écris régulièrement au journal de ma région qui écrit comme vous qu'ils veulent plus de démocratie et de justice sociale ; moi je veux la démocratie et la justice sociale.
» j'aimerai que l'on donne les moyens à ceux qui naissent dans des familles défavorisées « dites-vous . En leur permettant de mettre comme vous leurs enfants à l'école privée ; rassurez-vous, le soutien à l'école privé progresse ; vous allez être satisfait pour “plus de justice sociale”
“Si des personnes détestent tellement le Parti Socialiste, qu'elles sont prêtes à voter contre leurs intérêts, c'est dommage pour elles.”
C'est là que vous vous fourrez le doigt dans l'oeil, en votant PS, on ne vote pas pour ses intérets ; quelques exemples ?
- 24 mars 2000, au sommet européen de Lisbonne, Jospin et Chirac ont approuvé un rapport regrettant le retard pris dans ce domaine et recommandant de lever “ les limitations apportées aux fonds de pension ”.
- Au sommet européen de Barcelone, les 15 et 16 mars 2002, Chirac et Jospin, à nouveau unis, signent un document préconisant “ de relever petit à petit l'âge de la cessation d'activité ” ! Ce que le gouvernement Raffarin devait traduire en actes quelques mois plus tard par sa contre-réforme Fillon alignant tous les salariés du public et du privé sur les 40 annuités dans un premier temps, vers les 42,5 et au-delà ensuite.
Et Jospin - avec, semble-t-il, l'accord des autres dirigeants du PS - a regretté de ne pas l'avoir fait lui-même plus tôt ? !
Sud éducation 9 mai 2005
“Comment Charasse, sénateur PS, a réussi à faire financer l'enseignement catho par l'impôt public et comment il va plomber les budgets des communes rurales ?
En rendant l'obligation pour toutes les communes d'attribuer à chacune des écoles situées sur son territoire ou hors territoire (la nouveauté grace à mister Charasse) un ‘forfait communal’ d'un montant compris entre 800 et 1500 euros par élève !
Jusqu'à présent étaient exclues A JUSTE TITRE les écoles privées situées à l'extérieur du territoire communal (d'ailleurs, pourquoi financer ces écoles en règle général ? ? ? 1905, séparation des Eglises et de l'Etat ? ? ? .”
Quant aux personnes qui ont voté Bockel , Besson, Hirsch, Amara, Kouchner, ils ont voté pour leurs intérêts probablement !
Pour ce qui est de Blair, qu'est-ce qui a donc bien pu le pousser à privatiser le transport aérien, la production de la monnaie, le pari mutuel, une partie du système scolaire, une partie du secteur hospitalier …
Mais n'oublions pas que de tous les gouvernements, c'est celui de Jospin qui a le plus privatisé .
“Essayons de ne faire ni comme les Anglais (11 annees de Thatcher) ni comme les Italiens qui ont réélu Berlusconi.”, effectivement, n'élisons pas des Blair, des Brown ou des Prodi, élisons des gens de gauche.
à Venezuela
De jjezfm
(auteur)
Internaute | 17H40 | 15/08/2008 |
je suis catho comme vous et préoccupée par la justice sociale, et je comprends votre argumentaire
mais je ne peux pas me résoudre à une gauche trop modérée, qui accepte qu'un avocat renonce à ses compétences sous prétexte qu'on davantage besoin d'un cueilleur de fraises.
Pour moi, Blair n'est pas de gauche, il est juste moins de droite que les conservateurs, en quelque sorte ; o)
non, je ne crois pas que le centrisme, même de gauche, soit bon pour nous, et que le pragmatisme consiste à renoncer aux luttes de gauche
mais évidemment, je suis d'accord pour éviter Thatcher et Berlusconi. Chez nous, ça risque pas d'arriver, regardez qui ont a élu !
à jjezfm
De kkadim
service public rhone alpes | 08H27 | 16/08/2008 |
bon je révise mon opinion sur les cathos de gauche : tous ne sont pas à mettre dans le même sac.
De Mobile
23H46 | 14/08/2008 |
[…] cette fameuse « théorie des deux gauches ». Je viens de comprendre. Si je descends un fleuve (une rivière, en restant modeste), la rive gauche est bien sur ma gauche. Si je remonte un fleuve, la rive gauche est sur ma gauche bien qu'en le descendant, c'était la rive droite sur ma droite… Voyez le principe ? Ne me revenez pas sur les conventions qui disent que … J'illustre. Pas sortis de l'auberge !
Et la Martine qui dit : « Lille est vilaine ! ». République « KerPlunk™ ».
De aissachris
techelec s/of | 00H04 | 15/08/2008 |
Venezuela loin de moi de vous contredire ou contester vos propos empreints se sagesse, mais le point d achoppement est le pragmatisme dont vous souhaiteriez nous faisions cas, si nous devions polemiquer a ce sujet nous referions les memes discours sans aboutir , car des representants de qq bord soient ils, mais en particulier au PS, il n y a pas de choix a faire, le rose pale et rouge ne s allient pas, les coquins sont demasqués et les pseudos programmes sont bien assimilés par la base. Il manque le leader pour nous convaincre d une unité possible entre toutes nos differences, et excusez si j emploie « nous » .
à aissachris
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 00H24 | 15/08/2008 |
Sur le site de Marianne, j'ai trouve ce titre :
Emile Zola : « Ma vie est bourgeoise, mon oeuvre est socialiste, mon âme est révolutionnaire »