
Le congrès du PS approchant, j'ai écrit il y a un mois à tous les ténors. Ma question : « Le PS peut-il être l'avenir de la gauche ? »
Je voulais savoir
s'ils avaient conscience de l'effet de leurs querelles sur l'électorat de gauche, s'ils pensaient que l'unité du PS était encore possible, et si le PS représentait encore l'avenir de la gauche.
A ce jour, j'ai reçu trois réponses, de François Hollande, de Martine Aubry et de Manuel Valls, logiquement très inspirées de leurs contributions. Bien sûr, si d'autres réponses me parviennent par la suite, je les ajouterai.
Commençons par le Premier secrétaire du parti, François Hollande. Il dresse un constat avec lequel on peut difficilement être en désaccord, mais n'apporte pas de réponse directe à mes questions. Il est vrai qu'il a beaucoup donné pendant plus de dix ans pour l'unité du PS, et que maintenant qu'il laisse la place, ce sera au suivant (ou à la suivante) de s'y coller.
Hollande : « Il faut fédérer la gauche »
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Madame,
J'ai bien reçu votre courrier et je vous remercie de me livrer vos réflexions.
La réponse à vos questions se trouve déjà dans la contribution que je présente pour le congrès, où j'appelle à la cohérence du Parti socialiste et de la gauche.
L'UMP a beau avoir ses querelles de personnes, elle est dirigée par le chef de l'Etat lui-même, et elle a fédéré toutes les droites comme jamais -sous la Ve République- le parti du Président n'en avait été capable. C'est un fait historique majeur.
L'extrême droite s'est évaporée et, même si les ressorts de son influence demeurent, son électorat s'est recyclé pour l'essentiel à droite ; quant au MoDem, il apparaît davantage comme une concurrence nouvelle pour la gauche que comme une dissidence à droite.
Nous ne sommes plus en face d'une famille conservatrice éclatée en plusieurs organisations, minée par ses combats de chefs, tiraillée par de vraies différences culturelles, voire philosophiques ; le libéralisme et Nicolas Sarkozy ont gagné bien plus qu'une élection présidentielle, ils ont consacré leur hégémonie respective dans leur camp.
A gauche, nous souffrons, dans ce contexte nouveau, d'une double difficulté. D'abord celle qui relève de nos propres comportements. Nos débats sont regardés comme des contradictions qui atteignent la lisibilité de notre expression. La préparation de la présidentielle conduit a réduire l'autorité du PS par rapport au rôle des personnalités. Et le non-respect, même par quelques-uns, des décisions prises par nos instances, altère le crédit de notre parti.
Ensuite, celle qui tient à nos alliances. L'union de la gauche des années 70 et 80 a vécu ; la gauche plurielle des dernières années aussi. Mais rien ne les a remplacées, sauf des rassemblements de circonstance, au moment des élections locales et des désistements loyaux lors des scrutins de 2007.
Sans structure commune, ni projet de gouvernement, ni candidature unique, la gauche ne peut pas bénéficier d'une dynamique permettant de dépasser les frontières partisanes, de porter haut ses couleurs dès le premier tour de l'élection présidentielle et de donner une cohésion à une future majorité.
Dans cette situation, qui s'étonnera que la droite rêve d'un retour au scrutin majoritaire où elle l'emporterait non du fait d'un rapport de force favorable, mais de son strict avantage comparatif en termes d`unité ? La leçon est claire : il faut fédérer la gauche. Celle qui veut gouverner avec nous. L'extrême gauche est dans une autre logique -celle d'une structuration de la radicalité. Elle doit être mise au défi non de sa sincérité, mais de sa responsabilité : à quoi sert la protestation si elle est impuissante démocratiquement ? Toute l'histoire du mouvement socialiste montre que les grandes avancées sociales ont été obtenues lorsque nous étions au pouvoir. Ces réussites constituent un héritage dont nous pouvons être fiers, qui amplifie encore les attentes à notre égard et qui rend d'autant plus nécessaire notre cohérence de parole et d'action.
Comme Premier secrétaire, j'ai eu à plusieurs moments à affronter les ferments de division. Et je revendique d'avoir fait prévaloir l'unité, au lendemain de 2002 comme la synthèse à la veille des échéances de 2007. C'était mon devoir, dans ma fonction, à des moments où beaucoup de Français s'interrogeaient sur notre capacité à vivre ensemble.
C'est le même esprit qui nous a permis d'engager notre rénovation avec la déclaration de principes qui, désormais, nous réunit tous.
J'ai décidé de ne pas être candidat à ma propre succession. J'avais pris cet engagement en 2005, lors du congrès du Mans. Je le respecte, après plus de dix ans passés a la tête du PS. Je connais les atouts considérables que recèle notre formation politique : le dévouement de ses militants, la densité de son réseau d'élus -avec nos victoires de 2004 et de 2008-, la crédibilité dans l'exercice du pouvoir, local comme national.
Mais je peux aussi mesurer ses fragilités : vulnérabilité dans son assise électorale -notamment lors de l'élection présidentielle-, étroitesse sociologique de sa base -encore trop éloignée de la réalité de notre société-, individualisme des comportements au sommet.
Ces lignes ayant été rendues publiques, vous pouvez bien évidemment les reprendre. Je vous prie de croire, Madame, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
François Hollande
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Martine Aubry, elle, répond plus directement à mon courrier. Celle qui revient fort sur le devant de la scène socialiste avec les Reconstructeurs est, comme à son habitude, directe.
Aubry : « Le parti doit préserver son unité »
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Chère Madame,
J'ai bien reçu votre courrier par lequel vous me faites part de vos réflexions sur l'avenir du Parti socialiste.
Je comprends les doutes qui sont les vôtres concernant l'unité des socialistes. Je déplore, comme vous, que notre Parti donne parfois l'impression d'être plus préoccupé de lui-même que de l'avenir de notre pays.
Je considère néanmoins que le PS doit préserver son unité pour affronter les problèmes d'une société qui s'enfonce dans la crise. Chacun constate que les milieux populaires et les classes moyennes subissent de plein fouet les conséquences néfastes de la politique du gouvernement.
Dans ce contexte, le PS doit proposer un projet alternatif d'une société qui porte haut le niveau d'éducation de chacun, qui donne à tous l'accès à la santé, à un emploi décent et prépare l'avenir de nos enfants en préservant notre planète.
Je suis profondément convaincue que celles et ceux qui ont le plus à craindre de la politique de Nicolas Sarkozy ont besoin d'un Parti socialiste qui rassemble toutes les formidables énergies qui le composent au service d'une seule et même ambition : une société plus juste.
Vous pouvez compter sur moi pour agir dans ce sens.
Je vous prie de croire, chère Madame, en l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Martine Aubry
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Quant à Manuel Valls, nouvel allié de barons socialistes locaux, il détaille davantage sa propre analyse, et je le remercie de m'avoir éclairée sur cette fameuse « théorie des deux gauches » (détaillée ici par Michel Rocard
) dont j'avais entendu parler, et qui me semble en rapport avec les divisions internes au PS.
Valls : « Le PS peine a trouver le ton juste »
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Madame,
J'ai bien reçu votre courrier et j'ai lu avec attention vos analyses sur la situation actuelle du Parti socialiste.
Vos inquiétudes et vos questionnements sont légitimes dans un contexte ou bon nombre d'électeurs éprouvent un sentiment de malaise face aux divergences internes au sein du Parti socialiste.
Enlisé dans des blocages idéologiques, des luttes d'appareil et des querelles personnelles, le PS peine a trouver le ton juste et à construire une opposition solide. Il vit un moment paradoxal : la qualité de l'action de ses élus est reconnue et plébiscitée au niveau local, mais les responsables socialistes ne parviennent pas à théoriser les évolutions de la société à l'échelle nationale.
L'unité et la cohérence ne sont pas pour autant des objectifs inaccessibles pour la gauche, et comme tous ceux qui souhaitent qu'elle redevienne une force moderne et populaire, je milite activement au sein du PS pour que nous apportions des réponses adaptées aux attentes de nos concitoyens.
Si elle est indispensable, la rénovation du PS n'en sera pas moins une tâche longue et difficile. Pour surmonter la fragmentation idéologique et lever un nouvel espoir, l'effort de tous sera nécessaire.
Votre question relative a la « théorie des deux gauches » fait référence à un vieux débat dont les premiers épisodes remontent a la construction du socialisme a la fin du XIXe et au début du XXe siècle. La controverse entre Bernstein et Kautsky, figures historiques de la social-démocratie allemande, représente un épisode décisif qui a permis d'ouvrir le débat sur le renouvellement des doctrines socialistes.
Bernstein dénonçait la schématisation à outrance de la dialectique marxiste, qui ne correspondait plus à la réalité ouvrière, qui se transformait. Il voulait réviser l'analyse marxiste pour l'adapter au XXe siècle naissant, et renoncer aux chimères d'un renversement du capitalisme.
Kautsky se posait, a l'inverse, en gardien de l'orthodoxie marxiste. En France, cette controverse a été relayée par Jaurès et Guesde, qui ont brillamment éclairé le débat doctrinal entre réforme et rupture, chacun traçant sa propre voie vers le socialisme. Aux thèses collectivistes de Guesde, Jaurès opposait un réformisme institutionnel et républicain et une vision du socialisme intimement liée a l'idée démocratique.
Si les termes du débat ont inévitablement évolué au cours du XXe siecle, la coexistence de deux visions de la gauche s'est poursuivie. L'aile réformatrice de Mendès France, profondément ancrée dans la réalité économique de son temps, s'est heurtée au discours « révolutionnaire » de Guy Mollet.
Plus tard, l'existence au sein du mouvement socialiste de « deux cultures » sera théorisée par Michel Rocard, dans un discours percutant au congrès de Nantes de 1977. Il distingue une culture plus jacobine, qui croit au rôle incontournable de l'Etat, guidée par un idéal de justice sociale encore fortement teinté de pensée marxiste. L'autre plus décentralisatrice, plus pragmatique, qui croit au compromis concret et privilégie le rôle majeur joué par le corps social.
Cette dualité a donc ponctué l'histoire de notre parti. La gauche française a eu des difficultés à s'extraire d'une vulgate marxiste qui nous a longtemps empêché de développer une vraie culture réformiste. Le PS aujourd'hui est à un tournant : c'est en confrontant ses ambitions à la réalité qu'il retrouvera des marges pour l'action.
A l'idéal d'une « société sans classe », la gauche doit préférer « l'optimisme du possible ». Bernard-Henri Lévy fait partie des auteurs contemporains qui ont conceptualisé cette coexistence de deux gauches en distinguant une gauche « mélancolique », qui accepte de faire le deuil d'une société idéale, et une gauche bercée de lyrisme, qui se rattache à des valeurs refuges en refusant la confrontation au réel.
Le PS doit donc opérer un changement de paradigme profond, ses réponses doivent réconcilier la justice sociale et l'eflicacité économique, le volontarisme et le pragmatisme, la solidarité et la responsabilité individuelle. Il se trouve face un défi, mais n'est nullement sur la voie de la renonciation. Nous pouvons réussir ce changement et proposer une alternative crédible, claire et cohérente, qui seule permettra de regagner la confiance des Français.
En espérant que notre échange aura répondu à vos attentes et en vous confirmant que vous avez mon accord si vous souhaitez proposer ma réponse à Rue89, je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes sentiments distingués.
Manuel Valls
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Pour l'instant, donc, pas d'autres réponses. Il faut dire que la période estivale ne s'y prête pas spécialement, et que nos vaillants leaders d'opposition peuvent légitimement être fatigués après une années au cours de laquelle notre agité de Président ne leur a pas vraiment laissé de répit.
Par ailleurs, précisément parce que l'ambiance au sein du parti est à couteaux tirés, ceux qui ont eu le mérite de répondre ont pris plus de risques que ceux qui ne disent mot…
Maintenant, il reste à espérer que tous les responsables du PS ont bien pris la mesure des dégâts au sein de l'électorat de gauche, et que le déjà fameux congrès de Reims permettra de dégager une ligne claire (centriste ou radicale, mais lisible ! ) qui fera taire les antagonismes. Personnellement, j'ai des doutes, mais on verra.
Car, faute de s'exprimer clairement sur une ligne politique décodable par tout lemonde, il y a fort à parier que les électeurs ne se gêneront pas, eux, pour s'exprimer lors des prochains votes. Olivier Besancenot et François Bayrou lesattendent les bras ouverts.
► Article suivi :
Cher Parti socialiste, peux-tu être l'avenir de la gauche ?
9
De otto didakt
citoyen en colère | 20H37 | 14/08/2008 |
franchement il y aurait de quoi rigoler, si l'état de notre pays… :
Hollande : « Il faut fédérer la gauche »
Aubry : « Le parti doit préserver son unité »
Valls : « Le PS peine a trouver le ton juste »
c'est quoi le pssssss
un nouveau parti qui essaie de prendre forme
qui cherche sa « voie »
qui qui qui
consternant !
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 20H46 | 14/08/2008 |
Tout d'abord une remarque qui pourra sembler anecdotique, mais je n'en suis pas sûr : je suis toujours surpris qu'à des questions portant sur le Parti Socialiste on réponde sur des papiers à en-têtes de l'Assemblée Nationale ou de la Mairie de Lille.
Venons-en à la viande à présent.
La réponse de Hollande est certainement très pertinente. Je regrette simplement qu'il se limite à livrer une analyse électorale en faisant l'impasse sur l'analyse politique.
Pour ce qui concerne Aubry, la réponse est décidément rrop lapidaire pour qu'on puisse en tirer quoi que ce soit sur un plan politique. Du moins semble-t-elle avoir conscience que la question du programme est bel et bien une question.
Finalement (et à mon grand dépit), c'est encore Valls qui a le mieux joué le jeu. Pour ce qui est des enjeux idéologiques, il ne les esquive pas. Quant à sa réponse, ma foi, elle est conforme à ce qu'on peut attendre de lui compte tenu du discours qu'il tient habituellement. Mais je serais chien de lui reprocher de jouer cartes sur table et d'être cohérent avec lui-même.
Néanmoins, je crains que cet entêtement à vouloir liquider ce qui demeure une composante essentielle de la gauche (disons, pour faire vite, le guesdisme) ne liquide par la même occasion la gauche dans son entier (je veux dire : la gauche en ce qu'il s'agit de proposer une alternative à l'ordre établi, notamment sur le plan économique).
Depuis ma position d'électeur, je fais le même reproche à l'aile anti-capitaliste en gestation, mais c'est bien entendu le reproche symétrique. Il ne sert à rien de liquider Jaurès. Jaurès sans Guesde ou Guesde sans Jaurès, c'est une gauche hémiplégique qui me paraît vouée à l'échec.
De ce point de vue, j'aurais aimé que Valls nous expose plus en détail l'idée qu'il se fait de l'utilité du Parti Socialiste tel qu'il l'envisage.
En conclusion, je voudrais tout de même saluer le très bel acharnement et le suivi de JJEZFM qui nous offre, à la suite de son initiative, une piste de débats qu'on peut espérer féconds.
De PCM
X | 23H08 | 14/08/2008 |
Tous les commentaires de cet article sont assez piteux, et bien évidemment généralement hostiles au PS comme c'est de coutume.
La question elle-même est idiote : demander à des socialiste si le PS a encore un avenir, et cela à quelques semaines du congrès. On aurait tout aussi bien pu leur demander s'ils ne voulait pas se couper la tête.
A ce jeu là, il est bien naturel que Valls, qui veut tuer le PS, donne l'impression d'une réponse claire (mais est-il encore de gauche et même socialiste alors qu'il soutenait, entre autre, en son for intérieur l'escroquerie de la « réforme » sarkozienne). Plusieurs de ses supporters semblent par ailleurs bien présents ici. A les entendre, il ne faudrait pas s'opposer, dire amen au gouvernement et à Sarkozy. Allez-y, il y a encore de la place avec Besson et Kouchner pour se réjouir du racisme d'Etat qui est institué, des pauvres montrés du doigt comme des profiteurs pendant qu'on donne toujours plus aux plus riches. Vous me faites pitié. Il n'est pas étonnant que Sarkozy ait été élu.
La proposition de Hollande est pourtant claire : le PS doit se fixer pour objectif de gagner l'élection présidentielle et pour cela le PS ne peut gagner seul, il faut donc fédérer la gauche. On ne peut tout de même pas lui reprocher de ne pas donner un programme à 4 ans de l'élection, dont il ébauche par ailleurs les grandes lignes dans sa contribution ; mais encore eut-il fallu la lire (trop difficile sans doute… elle est pourtant consultable sur son blog ou sur le site du PS).
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 23H32 | 14/08/2008 |
Le PS a certainement beaucoup de défauts.
C'est vrai qu'ils sont formatés à sciences-po, l'ENA … nous avons tous été formatés lors de nos études, il suffit de voyager pour ce rendre compte que nous réfléchissons de manière très « française ».
Lorsque je lis :
• Olivier Besancenot et François Bayrou les attendent (les électeurs) les bras ouverts
• Le PS doit déposer son bilan et les vrais gens de gauche recommencer sous un autre nom
• la « sociale démocratie » …
• j'ai toujours voté socialiste, mais …
• Je déteste Sarko. - Mais je déteste encore plus voir Ségolène Royal et François Hollande toujours en train de le critiquer. - Ils ont perdu ! Qu'ils se taisent et laissent la place aux autres ! ! !
Sarko peut continuer allégrement sur sa lancée, cela ne m'étonnerait pas qu'il gagne en 2012. D'ailleurs, s'il perd ce serra parce que les gens de droite se seront alliés contre lui pour mettre quelqu'un de plus « fréquentable » à la place. La bourgeoisie traditionnelle ne supportait pas Sarko et elle pourtant a voté pour lui, car ils votent d'abord pour leurs intérêts. Et le reste c'est de la littérature.
Il faudrait que certains électeurs de gauche comprennent certaines choses.
Si des personnes détestent tellement le Parti Socialiste, qu'elles sont prêtes à voter contre leurs intérêts, c'est dommage pour elles. Moi, en revanche, je fais partie de ces gens qui ne voteront jamais pour ce que la plupart d'entre vous appellent la vrai gauche.
Je ne voterai certainement pas pour la gauche extrémiste, je suis catho, mes enfants sont scolarisés dans le privé et je n'ai aucune revanche sociale à prendre.
Je vote à gauche, parce que j'aimerai un peu plus de justice sociale, j'aimerai que l'on donne les moyens à ceux qui naissent dans des familles défavorisées de s'en sortir, et j'aimerai aussi que l'on assiste vraiment ceux qui ne seront jamais capables de travailler.
La « sociale democratie » cela marche, en Europe du Nord, cela veut dire que l'on ne laisse pas les gens s'enfoncer dans la misère, qu'il y a une réelle volonté d'aider les gens.
L'exemple de l'offre raisonnable d'emploi illustre parfaitement la différence entre la droite et ce que certains appellent avec « la social democratie ». Aux Pays-Bas, comme l'a titre un journal : « Un avocat fera un très bon cueilleur de fraises » Mais, en échange de cette éventuelle déqualification, l'avocat bénéficiera d'un complément salarial, payé par les pouvoirs publics, afin que son revenu soit toujours supérieur à son indemnité de chômage.
En Grande-Bretagne, Tony Blair n'a certainement pas fait assez, mais il venait après Thatcher (1979 – 1990) qui avait tout démantelé (leur système de protection était comparable a celui de la France). Et cette même Thatcher avait été élu parce que les Anglais en avait marre des grèves à répétition très dures.
Il faut que ceux qui sont a la tête du PS cessent de se battre, c'est sur (mais, bon c'est humain, Mitterrand a gagné parce qu'il voulait être chef), mais il faut surtout que les électeurs de gauche comprennent que la gauche cela va de la rose pale au rouge. Après tout, nous avons les leaders que nous méritons.
Donc arrêtez de nous bassiner avec votre idéologie et soyons pragmatiques. Essayons de ne faire ni comme les Anglais (11 annees de Thatcher) ni comme les Italiens qui ont réélu Berlusconi.
De skalpa
actif et militant ? | 08H02 | 15/08/2008 |
http://kprodukt.blogspot.com
De karlM
08H16 | 15/08/2008 |
Je dirais comme nouveau nom de parti SP, société populaire comme au XIXème.
Autres réflexions :
Peut on faire confiance aux socialistes pour orienter la société vers plus d'égalité ?
La réponse est clairement non aux regards des inégalités d'aujourd'hui. Comment expliquer ces échecs historiques ?
Les quelques responsabilités qu'ils eurent s'effondrèrent avec la guerre de 1939-45, un de leur véritable guide, Jaurès, fut assassiné…Deux tristes hasards ?
L'histoire prouve qu'ils se sont souvent préférés s'adapter aux lois des puissants plutôt que d'être franchement du côté du peuple. Par exemple, ils participèrent à l'élimination de l'exceptionnelle démocratie que fut la Commune de Paris. Ils ont toujours été trop attachés à la propriété illimitée ou à la transmission de monumentaux héritages. Les socialistes sont des souverainistes, ils ont donc souvent préféré pencher du côté du droit plutôt que du côté d'une économie de type communiste ou anarchiste, par exemple, bien qu'ils aient toujours revendiqué une orientation socialiste ! ! Les Ferry (colonisateur infatigable), Clémenceau (tueur de grévistes refusant la guerre de 14-18) étaient des socialistes très consensuels, ils ont une historique responsabilité de l'incroyable injustice d'une tel inégale dans la répartition des richesses en France et sur Terre.
Parfois, ils ont accompagnés les luttes du peuple, les avancés historiques des congés payés, des 4o heures, des 35 heures, les progrès salariaux, la sécurité sociale, la limitation du travail des enfants, l'égalité relative, homme-femme se sont inscrits dans la loi grâce à eux…
Depuis 1983, ils ont surtout accompagné la folie capitaliste.(La fin de l'indexation des salaires sur l'inflation par Delors, la privatisation de la masse monétaire. Et en parallèle, ils nationaliseront tout et n'importe quoi de manière purement idéologique alors que ce fut très coûteux… pour ensuite privatiser plus que la droite ! ! ).
Les socialistes revendiquent leur côté « libéral ». C'est indiscutablement beaucoup plus avec eux que les libertés ont progressé, qu'ils se rapproprient ce mot, volé par les riches qui eux profitent de liberté tout en votant des lois liberticides, est plutôt une bonne idée.
Un problème des socialistes est que nombre de leurs cadres sont des nantis, que la République fut pour eux une bonne mère. Ils sont donc toujours très décalés des urgences quotidiennes. La haute administration et les privilégiés de l'ENA ne se sont pas sentis menacés durant les gouvernements socialistes ; le sénat des élus à vie est toujours là, et depuis toujours très à droite ; dans les ambassadeurs français il y toujours beaucoup de noms à particule. La société française est maintenu dans un carcan par quelques élites. Par exemple les nobles qui représentent 0,25% de la société sont prêt de 10 % dans les affaires et la politique (voir les feuillets ci- joint). Faire évoluer ce système bien verrouillé n'est pas simple, mais réclamer le pouvoir puis dire que l'on ne peut rien changer risque de devenir endémique.
Les socialistes ménagent toujours la chèvre et le chou, comme avec les 35 heures pour certains… et pas pour les autres ; comme avec leurs leaders DSK, Valls, les chèvres à droite… Fabius, Emanuelli, les choux à gauche.
Aujourd'hui, ils veulent ratisser au centre, les claques des travaillistes anglais, des Veltroni italiens, le sauvetage de justesse de Zappatero malgré son alliance avec le centre ne leur servent pas d'exemple. Ils semblent donc prêts à assumer l'indigne aimantation de la droite capitaliste. Hélas, ainsi, ils renforcent l'idée que sans le capitalisme, sans le management, l'esprit d'entreprise, il n'y a point d'issue. Ce discours de droite et de droite à gauche est tellement omniprésent que les électeurs deviennent fatalistes, ne votent plus (record historique d'abstention aux municipales) ; ou vote pour le vrai plutôt que pour le clone.
Avec ce choix, ils installent notre démocratie dans un bipartisme exacerbé qui élimine toute pensée alternative, le droite et ses médias (du style TF1) jubilent mais toutes les classes sociales « d'en bas » ont à y perdre.
Les socialistes sont donc devenus (c'est nouveau ? ) favorables à l'économie de marché…encore un poncif, une généralité qui les empêche de définir certains domaines qui ne peuvent pas être livrés à cette loi de l'offre et de la demande : la nourriture de base, les énergies fondamentales, l'éducation citoyenne, la presse d'investigation, la culture humaniste, …
Ponctuellement, à certains moments, l'urgence économique impose d'être interventionniste (les EU ne s'en sont jamais privé déjà Edison s'est approprié l'invention des frères Lumière). Aujourd'hui, la seule loi du marché est destructrice d'environnement (OGM, viande aux hormones, engrais, …l'obsession du rendement contre la vie). Si nous laissons les responsables fascistes Chinois entrer en compétition avec nous, il faudra beaucoup perdre pour gagner ce match contre eux. Les propriétaires de pétrole auront toujours les compagnies aériennes les plus performantes… leurs fonds de pensions rachèteront les fleurons de notre pays…les riches propriétaires français s'en accommoderont mais le petit peuple entre déjà dans une régression sociale.
Les sujets d'innovation qui participeraient à la création d'une nouvelle société sont pourtant connu : l'apprentissage de la solidarité (éducation non-violente), de la coopération, le soutien des SCOOP, la ré-appropriation d'une partie de la création de la masse monétaire, les référendums d'initiative populaire, la révocabilité et l'unicité des mandats, une armée de défense qui provient de la conscription (une armée de spécialistes de la guerre, c'est trop dangereux), la re-localisation (industrie, agriculture, démocratie), une justice citoyenne, des élus louant leur logement…On aimerait vous entendre sur ces sujets plutôt que dans vos querelles.
De trop nombreux socialistes (d'en haut) n'ont pas compris la Re-évolution nécessaire, le changement de paradigme réclamée par les foules. Ils n'ont pas compris que cette pensée unique productiviste entraine un délitement social et environnemental majeur.
L'histoire les jugera, à nouveau, sévèrement car ils auraient pu agir, ils sont aux commandes des régions et ne nombreuses villes.
En conclusion, pas de confiance donc dans l'appareil socialiste, mais heureusement les militants de base commencent à exiger que leurs représentants starisés s'imposent de ne pas oublier qu'ils sont des porte-paroles. Ils doivent les représenter dignement, et enfin efficacement.
C'est urgent face à cette droite extrême.
De sunra7
08H27 | 15/08/2008 |
On est sûr en tout cas que c'est trois là ne sont sûrement pas l'avenir de la gauche.
Chapeau à Manuel Valls pour sa cohérence, et son « parler vrai » très rocardien si ce n'est mendésiste ( qui nétait radical et pas socialiste).Sauf qu'historiquement cette posture ( si ce n'est imposture) n'a rien donné), Mendès a tenu 9 mois au gouvernementet et 20 à geindre dans l'express sur l'irréalismme des autres , Rocard a été d'une nullité confondante à la tête du PS et a plus gouverné avec la droite et le centre qu'avec la gauche.Si c'est ça l'avenir autant rejoindre tout de suite bESSON, Coudert et cie.
Et puis , Qu'est ce que c'est ce type de gauche qui cite BHL, grand thuriféraire du MODEM devant l'éternel, qui assimile le PS au national-socialisme et exige sa liquidation ?
Manuel Valls reflète l'inconscient de ses deux camarades convoqués çi-dessus qui se gardent bien de le dire. Les 35H ont donné à Aubry une image gauchiste qui totalement infondée elle n'est sûrement pas aussi d gauche qu'elle veut faire croire, Hollande est un deloriste (un démocrate chrétien donc), un Bayrou un peu plus à gauche.
Comment voulez vous que ces gens croient à l'avenir du ps et même de la gauche alors qu'ils font tout pour l'affadir dans un brouet social-démocrate (a l'heure où les valeurs républicaines sont ébranlées par la politique sarkozienne « démocrate » à la solde des intérêts particuliers, ce qualificatif a une connotation facheuse).
Aucun ne se rend compte que Sarkozy n'a pas gagné par son programme (les Français en dépit de TF1 ne sont pas devenus néolibéraux et atlantiste) , mais par la radicalité de son propos, de sa démarche et de son programme.De plus la persévérance qu'il met à appliquer son programme en dépit des cris d'orfraie fait qu'il garde les faveurs du coeur de son électorat qu'il maintient mobiliser par ses multiples « polémiques ».
Voilà une méthode à méditer pour toute personne qui se réclame de la gauche de gouvernement, faire ce pour quoi on a été élu , poser des actes qui confortent les classes moyennes et les classes populaires en lieu et place des lecteurs du Nouvel Obs et la commission de Bruxelles.
Ce n'est malheureusement pas avec des socialistes honteux ( comme les 2/3 du Bureau national) qu'on y aririvera.
De sunra7
08H47 | 15/08/2008 |
Je viens de lire l'explication de Michel Rocard, pour quelqu'un qui estime que l gauche étatiste et jacobine a vécu et que le PS reste enféré dans ses illusions,je suis sidéré.
Quelle illusion de penser que le dialogue social ( qui n'est pas une tradition française ,du fait oui oui oui oui de la lutte des classes très ancrées dans le fonctionnement du patronat et des syndicats français) sera le ferment du progrès social avec un Etat faible face au poids des entreprises aujourdh'ui.
Quant à mettre Mendès dans le même panier que Blum , je suis sceptique. Sous le gouvenrment Blum, Mendès était assez hostile au programme du Front Populaire et que la politique pour lui consistera toujours à demander des efforts et des sacrifices aux français sans garantie de résultat.Si la deuxième gauche avait été au pouvoir de tout temps, il n'y aurait jamais d'avancées sociales digne de ce nom car irréalistes, trop occupée aurait-elle été à négocier avec les forces de la réaction.Ce n'est plus la politique comme gouvernement des hommes mais l'administration des choses.
Il « ya surtout la cette question de crédibilité, crédibilité auprès de qui ? de Bruxelles , ou de ses électeurs.Le problème de la deuxième gauche est qu'elle veut être crédible auprès de ses adversaires (le patronat qui votera toujours la droite cependant) alors qu'elle n'obtient rien en retour ( voir ce que Mitterrand au nom de l'idéal européen a coûté à l'économie, à la république française en 1992 en n'insistant pa ssur l'harmonisation fiscale notamment) et ce au détriment de ses électeurs. Ragardons comment Sarkozy prend des mesures économiques d'une inanité totale par rapport à la réalité.
La deuxième gauche nous fera t-elle gagner des élections ? Je n » y crois aps une seconde, la politique il faut rappeler à Mr Rocard ce ne sont aps des conférences à l'ENa , à la brookings ou Friedrich Ebert Stiftung, c'est promettre une idéal au peuple, s'engager pour transformer une réalité qui n'est pas souriante, au lieu de la commenter en compagne de la société civile ( qui n'est pas élue rappelons le). La deuxième gauche est dans ce sesn carrément anti-démocratique.Rien d'étonnant à ce que les penseurs de la deuxième gauche comme Rosanvallon disent la démocratie est contre elle même parce que le bon peuple ne vote pas comme il faudrait…on a vu ce que ça a donné en France , en Irlande….
Toute celà contribue à couper la gauche de l'électorat populaire dont il a besoin pour un électorat volatil plus sensible à l'Europe (sans connaître le contenant) qu'à la fiche de paie ou la quittance de loyer.
De Milarepa-voyageurdanslespace
retraité | 09H20 | 15/08/2008 |
Ce qui est grave, c'est qu'ils sont la pour essayer de gagner des élections et non pour être au service des français ; Depuis longtemps-toujours ? - le PS n'est plus a gauche, mais plutôt a gauche de la droite, et les nouveaux dirigeants Valls entre autres sont les pires. Je suis persuadé qu'ils sont bien contents des réformes faites par l'équipe Sarko, même si elles ne sont pas exactement ce qu'ils souhaiteraient, car ils n'ont jamais eu le courage, eux, de les faire. C'est quand même grace a Jospin que le PS en est la ou il est, et s'il avait était un véritable homme de gauche, il aurait entreprit les réformes des retraites et autres, avec l'obligation de trouver des solutions qui ne pénalisent pas toujours les mêmes, mais le courage politique lui a manqué et, a mon avis, seule Mde Aubry, avec les 35 heures-malgré les difficultés de mise en applications dû peut être a tous les amendements votés contre, a l'époque- a été la seule personne qui a fait une réforme « de gauche » . Ils ne font que gérer un budget, prélevant l'argent comme le fait la droite, sans aucune originalité, sans aucun dissernement ; quand on les écoute maintenant, ils ont des solutions, qu'ils n'ont jamais appliquées du temps ou ils étaient au pouvoir, ils sont prets a franchir la ligne et se retrouver dans le camps adverse. Triste PS, dont tous les dirigeants se tirent dans les pattes, tous moins a gauche les uns que les autres et dont la régénération passera par un grand coup de balai et la redéfinition de ses objectifs ; On entends sans arret que la politique a changée, que la mondialisation a fait évoluer les marchés, mais les problèmes de la majorité des gens, sont eux, toujours les mêmes depuis des siècles ! Ils ont étés, malgré la crise les premiers a voter la prolongation de leur indemnités chomage a 60 mois, tout ça en catamini et la on ne les a pas entendus crier contre la droite….