Portrait

Géorgie : Mikheil Saakachvili, l'exalté du Caucase

Elu à 36 ans, ce nationaliste a promis dès son intronisation de mater les insurrections dans les provinces séparatistes.

Mikheil Saakachvili le 26 mai 2008 à Tbilissi (Reuters)

« Le David géorgien va gagner contre le Goliath russe. » Le 12 août, devant près de 100 000 personnes réunies dans le centre de Tbilissi, le président géorgien Mikheil Saakachvili continue à marteler son discours nationaliste de victoire. Entraînant sa population dans une guerre surprise en Ossétie du Sud, Misha a embarrassé l'Occident et donné l'occasion à la Russie de faire une démonstration de sa force militaire et politique dans la région. Coup de folie ou coup politique ? Portrait d'un jeune président pressé.

Un jeune révolutionnaire d'une trentaine d'années, une rose à la main, discourant pacifisme et démocratie à la tribune du Parlement géorgien. C'est ainsi que Mikheil Saakachvili est apparu aux yeux du monde en 2003. Contestant les élections parlementaires du 2 novembre, le leader du Mouvement national s'autodéclare vainqueur. De manifestations en déclarations fracassantes, l'homme gagne en popularité et contraint alors à la démission le vieux « renard du Caucase », Edouard Chevardnadze.

En janvier 2004, Mikheil Saakachvili devient le troisième président de la Géorgie indépendante . Il a tout juste 36 ans et affiche des objectifs nationalistes forts. Il promet une Géorgie unie et la fin des agitations séparatistes en Ossétie du Sud, en Abkhazie et en Adjarie. Dans cette dernière province, Aslan Abachidzé, le leader des rebelles, est poussé à la démission ; Mikheil Saakashvili parvient à restaurer l'autorité géorgienne dès 2004.

Cette victoire indéniable du nouveau président suscite l'euphorie dans la population géorgienne. Mais déjà, les observateurs s'inquiètent de son volontarisme impatient. Dans une interview accordée à Caucaz.com en 2004, Jean Radvanyi, directeur de l'Observatoire des Etats post-soviétiques à l'Inalco, mettait en garde :

« La manière dont Aslan Abachidze a été amené à quitter l'Adjarie a entraîné, en mai dernier, une certaine euphorie. Elle a sans doute incité le gouvernement à lancer une série d'actions qui ne se sont pas avérées probantes parce que les situations abkhaze et sud-ossète sont totalement différentes de celle observée en Adjarie. Les Adjares sont des Géorgiens musulmans parlant géorgien et faisant partie intégrante de la communauté géorgienne. Or, ni les Sud-Ossètes, ni les Abkhazes n'ont aujourd'hui cette perception. Bien au contraire. Depuis le début des années 1990, un climat de méfiance s'est instauré, puis renforcé suite à des décisions et actions entreprises par Tbilissi. »

L'espoir déçu de la Révolution rose

L'ami de l'Occident, l'homme qui souhaite faire de la Géorgie un membre de l'Otan, a le profil du démocrate idéal. Son parcours d'abord. Des études de droit à Kiev, à New-York et à Washington. Une maitrise parfaite de plusieurs langues : géorgien, russe, français, anglais. Un passage par l'Institut International des Droits de l'homme de Strasbourg. Et une droiture éprouvée. Alors qu'il est ministre de la Justice du président Edouard Chevardnadze, il démissionne avec éclat en septembre 2001. Il accuse les ministre de l'Economie et de la Sécurité d'Etat de corruption et dévoile, en plein conseil des ministres, des photos de leurs propriétés.

Mais le démocrate met son pays au pas et, de sa Révolution rose, il ne reste en 2008 qu'un espoir déçu. L'homme à la physionomie (un peu) bonasse se révèle autoritaire. En octobre dernier, l'ex ministre de la Défense, Irakli Okrouachvili, est arrêté. Cet ancien proche du Président, passé dans l'opposition, fait des déclarations fracassantes accusant Mikheil Saakachvili d'être corrompu et d'avoir fait assassiner plusieurs opposants.

Des manifestations ont lieu dans la capitale, Tbilissi, pour prendre sa défense. Mikheil Saakachvili a utilisé sa rhétorique habituelle et accusé Moscou. Les manifestations sont violemment réprimées. En novembre, le résultat des élections législatives est remis en cause, les opposants manifestent. L'état d'urgence est décrété. Seule la télévision d'Etat est autorisée à émettre. Irakli Okrouachvili trouve refuge en France, où il obtient l'asile politique.

Un président fragilisé après l'aventure ossète

Finalement, Mikheil Saakatshvili est réelu en janvier 2008 au terme d'une élection anticipée dont les résultats sont contestés par une opposition grandissante. Le Président semble avoir appuyé sur l'accélérateur pour tenir ses engagements de campagne et réussir la réunion d'une Géorgie débarrassée du joug russe. Face aux provocations de Moscou, qui soutient ouvertement les séparatistes, le président géorgien réplique.

Repoussée par les Russes dans ces territoires, la Géorgie, malgré le soutien prudent des Occidentaux, est perdante et Mikheil Saakachvili fragilisé. Même si l'opposition et la population sont derrière lui au nom de l'unité du pays et contre Moscou, le président aura à rendre des comptes : David n'a pas vaincu Goliath.

Photo : Mikheil Saakachvili le 26 mai 2008 à Tbilissi (Reuters)

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De TARPON

14H19 | 14/08/2008 | Permalien

je ne pense pas que la Georgie soit perdante ; elle a permis de lever les derniers doutes qui pouvaient subsister quant à la politique de la russie de POUTINE ;
les interets economiques que defend la Russie sont voués à l'echec à partir du moment où elle s'oppose à ceux des etats unis .La Russie,aujourd'hui ,n'est plus une nation en mesure d'inquieter l'Ouest,l'episode du malheureux sous marin l'a montré.La Russie ne peut que gagner du temps ,quelques minutes..

Portrait de bloqué le 24.09.09

De bloqué le 24.09.09

14H23 | 14/08/2008 | Permalien

Est-ce que de taper sur le président géorgien ne nous permet pas d'oublier le sanglant régime russe, qui ne perd pas une occasion de bombarder et de commettre des atrocités contre les civils, et qui assassine si volontiers les journalistes ? Mais c'est un si gentil pays, la russie… parce qu'il nous vend de l'énergie.

Les russes d'aujourd'hui devraient se souvenir de tous les russes morts pour arrêter le nazisme (et sans eux les yankees n'auraient pas pu faire grand chose). Les russes d'aujourd'hui devraient donc éviter de créer un pouvoir équivalent et ne pas donner tous les pouvoirs à une sanglante mafia prédatrice.

Ayons le courage de défendre l'intégrité territoriale de la Géorgie, des Pays-Baltes et de tous les pays frontaliers de la sanglante dictature poutinesque.

Portrait de les_canards

à bloqué le 24.09.09 Portrait de bloqué le 24.09.09 De les_canards

18H35 | 14/08/2008 | Permalien

« Ayons le courage de défendre l'intégrité territoriale de la Géorgie ». Et celle de l'Ossétie du Sud, aux oubliettes ? Quasiment 80% des Ossètes ont demandé - et obtenu - un passeport russe.
Et si la province est séparatiste, c'est précisément parce que les Ossètes ne se sentent PAS Géorgiens.

Que diriez-vous si, dans un article sur la Tchétchénie, un commentateur en appelait au courage de défendre l'intégrité territoriale de la Russie ? Pourtant il s'agit exactement du même principe : celui du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Portrait de le _grand_clown_malade

à les_canards Portrait de les_canards De le _grand_clown_malade

if 6 was 9 | 13H24 | 15/08/2008 | Permalien

Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Même sous la pression d'un autre état ?

Imaginons que l'Ossètie du Sud veuille s'annexer à la Russie, ce qui a l'air d'être le cas. Serait-ce possible que ce soit pour éviter une pression trop forte pour ses petites épaules d'état ossète de la part de Moscou ?

Son choix, même celui-ci, n'a pas à être remis en cause du moment qu'il est spontané et « personnel ».
Mais pouvons-nous quand même aller plus loin que ce choix ? sans l'ignorer j'entends.

La Russie n'est plus le colosse au pied d'argile comme on le disait, et comme on peut l'entendre de nos jours.

Je pense que Moscou a largement les moyens d'emmerder l'ossètie si elle avait le malheur de réclamer son indépendance, que ce soit vis-à-vis de la Russie ou de la Géorgie.

La question que je me pose, qui complique le problème évidemment, c'est L'Ossètie du sud prend-elle tout son droit à disposer d'elle-même ?

Portrait de Thucydide

à bloqué le 24.09.09 Portrait de bloqué le 24.09.09 De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 20H43 | 14/08/2008 | Permalien

« Ayons le courage de défendre l'intégrité territoriale de la Géorgie, des Pays-Baltes et de tous les pays frontaliers de la sanglante dictature poutinesque »

Mais Soh… L'Europe et l'OTAN se sont acharnés à prêcher le contraire lorsqu'il s'est agit du Kosovo serbe !
Cela ne vous interpelle-t-il pas de constater qu'aujourd'hui les rôles sont inversés entre l'OTAN et la Russie ?

Portrait de Saba

à Thucydide Portrait de Thucydide De Saba

07H52 | 15/08/2008 | Permalien

C'est sûr ! mais la logique n'est pas la première qualité de certains commentateurs. L'intégrité territoriale d'un pays ou le droit des peuples à disposer d'eux mêmes sont des principes à géométrie variable selon qu'ils concernent des pays amis ou ennemis ……

Portrait de Grégory

à bloqué le 24.09.09 Portrait de bloqué le 24.09.09 De Grégory

13H45 | 15/08/2008 | Permalien

Que ce genre de suivisme de la propagande atlantiste m'énerve…

La Russie n'est pas un gentil pays. Il n'y a pas de gentil pays. Maintenant je vais faire un petit récapitulatif pour bien rappeller de quoi on parle.

La Russie qui intervient aujourd'hui en Ossétie, intervient donc dans une zone qui compte 70% de citoyens ayant passe port russe - dont la moitié n'ont même pas de nationalité Georgienne. Voilà la zone ou Tbilissi a choisi d'envoyer ses chars.

Pour mémoire, la Tchétchénie comptair elle-même 23% de Russes, qui se faisait très réellement violenter par les indépendantistes.

La Russie ne fait pas spécialement dans la dentelle, certes. La vie ne vaut pas très cher là bas, oui. Et on y tue un certain nombre d'opposants, très certainement.

Mais de là à parler du « sanglant régime russe », il y a un sacré pas. Surtout quand à coté de ça, le leader du monde libre envahit coup sur coup deux pays à l'autre bout du monde, faisant dans le processus des centaines de milliers de mort (à comparer aux 15 000 de la guerre en tchétchénie), dans le but patant de piller les ressources, exacerbant au passage des tensions entre musulmans, chrétiens et juifs, c'est à dire sur la planète tout entière.

La Russie n'est peut être pas une belle démocratie vue de nos métropoles occidentales, mais au moins ses élections ne font elles aucun doute quant à leur légitimité. Là encore, le Leader du Monde Libre ne peut pas en dire autant.

Enfin, ce n'est pas la Russie qui entretient un bagne dans une zone de non droit, un rocher où l'on torture et tue des gens arrêtés sans procès, que l'on relache (enfin, ceux qui survivent) des années plus tard sans rien avoir trouvé à leur reprocher, et ce sans excuse ni compensation. Ce n'est pas la Russie qui autorise ses alliés à torturer sur son territoire, prétant aux bourreaux divers caves bien cachées de leur population qui certes se rappelle que dans leur pays, la torture est illégale.

Ce n'est pas la Russie, non. Ca, c'est l'Europe.

Il est urgent de sortir de ces positions d'ignares moralisateurs. Tu aimes la démocratie ? Ca tombe bien Gringo, moi aussi, et y a une tonne de bouleau chez nous. Quant à donner des avis péremptoires sur des situations dont le peu qu'on connait est diffusée par une presse aux mains d'intérêts plus étatsuniens que russes, on fera ça quand on aura le temps…

Portrait de le _grand_clown_malade

à Grégory Portrait de Grégory De le _grand_clown_malade

if 6 was 9 | 13H17 | 16/08/2008 | Permalien

Bonjour,

Ce que vous dites me parle.

Mais..

« mais au moins ses élections ne font elles aucun doute quant à leur légitimité. »

Vous donnez plus de légitimité à Bush qu'à Poutine ou Medvedev ?

A mon avis, les élections de Poutine, Medvedev et Bush ne valent pas plus les unes aux autres.
Si on parle de trucage, alors autant en parler pour les 3.

Je suis d'avis de dire qu'il ne sert à rien d'accabler la Russie.
Mais que cela n'enlève pas ce que l'état à effectivement fait (ou laisser faire) >> reparlons de la Tchétchènie, d'Anna Politkovskaïa, de la liberté d'expression ! !

Sans oublier que la Russie n'est pas le seul état « poids-lourd » à jouer sur les plates-bandes de l'Ossètie du Sud, les USA veillent au grain et Washington aimerait avoir le bras plus long que ça…

Et ignorer que les USA sont partie prenante dans ce conflit (même à couvert), c'est ignorer que la presse est effectivement TRES gentille avec les USA, voire laxiste.

Et l'Europe dans tout ça… ? Bonne question !
Elle fera avancer le conflit ossète comme elle a fait avancer le conflit tchétchène ?

Portrait de Grégory

à le _grand_clown_malade Portrait de le _grand_clown_malade De Grégory

13H44 | 16/08/2008 | Permalien

Il est vrai que les dernières élections ont montré à la fois des résultats bizarre et levés des critiques de la part d'observateurs… occidentaux. Les observateurs non occidentaux ont au contraire trouvé les élections irréprochables… Qu'en penser ? Que penser du résultat tchétchène, digne d'une république bananière ?

Toutefois, je ne mets pas Bush et Poutine dans le même camp. Bush a truandé l'élection deux fois et l'on sait assez bien comment ça s'est passé. Dans les deux cas, les sondages avant et après les élections le donnaient gagnant de peu ou perdant.

En revance, Poutine jouit d'une réelle popularité dans son pays, que ça plaise ou non à l'occident, tout comme Castro est en fait réellement populaire à Cuba. On peinerait à nommer de qui Poutine volerait la place. Dans ces conditions, je ne peux pas l'accuser d'illégitimité.

Portrait de le _grand_clown_malade

à Grégory Portrait de Grégory De le _grand_clown_malade

if 6 was 9 | 15H31 | 17/08/2008 | Permalien

« En revanche, Poutine jouit d'une réelle popularité dans son pays, que ça plaise ou non à l'occident »

Je l'ignorais. C'est étonnant, pour moi (en tant qu'étranger), de voir que cet homme a un soutient dans le peuple alors qu'il ne joue pas le jeu du peuple.

Il fait partie de ces dirigeants sans scrupules qui étouffent les évènements qui ne lui font pas de pub.

Voilà un an, la journaliste Anna politkovskaïa (reconnue internationalement pour ses publications sur des sujets chauds touchant notamment à la Tchétchénie) s'est fait tuée par pour avoir un discours extrêmement critique à l'encontre du pouvoir russe, ce n'était pas la première. Il y a même eu un collègue à Anna (peu de temps avant sa mort à elle) qui s'est fait assassiner à coups de mitraillettes en sortant d'un ascenseur. Pas très discret, ça sonnait comme un avertissement selon Politkovskaïa.

Et le plus choquant dans l'histoire, c'est que la communauté internationale des journalistes qui suivaient ces affaires savaient qu'un jour ou l'autre…

Donc si ce que vous dites est vrai, dans quelle mesure est-il soutenu ? Est-il soutenu pour la mensongère propagande qu'il diffuse avec ses comparses ? Ou est-il soutenu pour ce qu'il est vraiment ?

Cela mérite toute mon attention, car de ce que j'avais étudié sur la Russie (à la même époque que la mort de la regrettée Anna P.), il ressortait que la montée du nationalisme était des plus inquiétante, rappelant à certains citoyens les tensions de la guerre froide.

Les conditions de vies dans les coins éloignées des grandes villes (chômage, précarité, misère, etc..) étaient grandement responsables de l'apparition d'associations nationalistes.

Associations qui se revendiquaient fascistes et xénophobes ! ! C'est pas rien, d'habitude, on le cache mieux que ça…le « fasci-racisme ».

Si poutine à le soutient du peuple, alors son élection (même truquée ? ) est légitime. Mais je chercherait à connaître les raisons de ce soutient.

Parce que selon moi, les hommes comme Poutine, Bush, Sarkozy ou Berlusconi (sans les comparer nécessairement) sont responsables de la misère des citoyens, que ce soit par leur propos ou leurs politiques ! Et ils accentuent ces situations de violences nationalistes.

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 14H54 | 14/08/2008 | Permalien

Pour avoir des informations valables sur ce problème France-Info faisait appel à un journaliste de la radio suisse romande qui était en Géorgie.
Les infos données par la télévision Suisse Romande donnent un point de vue quelque peu différend de nos chaînes françaises et j'ai tendance à les trouver plus pertinentes que les notres, les suisses analysent plus froidement que nous ce genre de situation internationnale.
Zineb Dryeff nous donne un article bien équilibré qui permet de cerner la personnalité de Saakachvili.
La seule chose qui importe à ce chef d'état c'est son pouvoir quelqu'en soit le prix, y compris celui d'une guerre généralisée et il est consternant de voir des pays, comme la Pologne ou les pays Baltes sans parler des USA, le soutenir.
La position de l'UE dans cette crise est exemplaire car le risque que voulait nous faire prendre Saakachvili était grand et il est à remarquer que malgré sa cuisante défaite (même pas mal) il persiste.

Portrait de compte supprimé 13

à Servais-Jean Portrait de Servais-Jean De compte supprimé 13

19H22 | 14/08/2008 | Permalien

entièrement d'accord avec vous sur l'état d'esprit et l'impartialité de la presse (traditionnelle) française. Tant d'unanimité laisse rêveur.

quant au reste (saakachvili) inutile d'épiloguer. ; -)

Portrait de said sellali

De said sellali

cadre à nantes | 16H56 | 14/08/2008 | Permalien

Saakachvili est devenu un autocrate corrompu jusqu'à la moelle qui est aussi démocrate que je suis suédois.De plus,il refuse d'admettre que plus jamais l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie ne seront géorgiennes car les peuples de ces 2 régions ne le veulent pas et reprendront les armes si nécessaires contre les géorgiens.Aujourd'hui, l'aventurisme de ce médiocre personnage l'a remis à sa place de nain face au géant russe qui l'a corrigé très facilement.Résultat : une armée et un peuple humiliée, une économie dévastée, le prestige de l'ennemi russe rehaussée a peu de frais….
Ainsi,la politique de cet homme a été une véritable catastrophe et je ne doute pas que le peuple géorgien le renversera bientôt car il faut prévoir que cette crapule autocrate ne se laissera pas faire.

Portrait de Alex Engwete

à said sellali Portrait de said sellali De Alex Engwete

Consultant | 03H08 | 15/08/2008 | Permalien

@ Said :
Tu as tout dit ! ! !

Portrait de parousnik

De parousnik

15H07 | 14/08/2008 | Permalien

Mikheil n'a pas vaincu Goliath.
Quand la propagande retire tout ce qui dérange au diable il peut paraître « un ange »….

Portrait de Janus 333

De Janus 333

Slainte! | 15H55 | 14/08/2008 | Permalien

Pas très clair ce Saakachvili, c'est le moins qu'on puisse dire. Le nationalisme exacerbé de certains pays de l'ex-bloc soviétique est parfois inquiétant. Les européens feraient bien de se méfier avant de se jeter à son cou sous prétexte qu'il parle bien le français et l'anglais et qu'il se déclare pro-occidental. Il est avant tout pro-américain : il serait d'ailleurs intéressant de savoir quelles influences il a subies pendant les années passées à New York et Washington… (lire « La stratégie du choc » de Naomi Klein qui montre comment certains pays ont envoyé leurs futurs dirigeants et économistes se former aux USA avec des bourses souvent financées de manière occulte par la CIA pour, une fois au pouvoir dans leur pays d'origine, appliquer les méthodes des théoriciens ultralibéraux américains).

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 15H49 | 14/08/2008 | Permalien

Bonne idée que de rafraichir le portrait d'un type dont l'image était encore celle du gentil leader de la révolution.

Enfin c'est cool cette guerre, ça va peut être faire grimper mes actions Thalès.

Portrait de Exilée

De Exilée

16H49 | 14/08/2008 | Permalien

Chevarnadze etait l'espoir de la Georgie. Il etait un des rares a pouvoir mener la Georgie aussi loin qu'elle le merite. Le president actuel ne doit sa place qu'a la tricherie, aux mensonges (Tiens donc ! un de plus ! ! ). C'est une graine de dictateur.. (tiens donc ! un de plus ! ).
La Georgie est un pays superbe, charge d'Histoire, un pays ou il devrait faire bon vivre !
Si seulement l'occident avait supporte Chevarnadze… Helas, il n'etait pas assez « pro-ouest »….

Le president actuel a choisi d'envahir l'Ossetie du sud. Il a perdu. Les Ossetes veulent vivre dans un independant, c'est leur droit. Ils ont ete agresses par un pays voisin. Dans ce cas, c'est la Georgie qui a attaque en premier.
Les Ossetes et les Abkhazes ont le droit de choisir leur vie. Ce n'est pas a la « communaute intenationale » de dire qui doit les diriger.
Ces peuples sont assez grands pour determiner leur avenir.

La Russie est allee defendre une republique envahie.

Portrait de Alex Engwete

De Alex Engwete

Consultant | 17H16 | 14/08/2008 | Permalien

Le très respecté mensuel de la gauche américaine « The Nation » spécule que le « néocon » Randy Scheunemann, conseiller principal aux affaires étrangères de la campagne de McCain, qui est l'un des architectes idéologiques de la guerre d'Irak et qui jusqu'à très récemment était lobbyiste à la paie du gouvernement de la Géorgie, aurait concocté l'agression géorgienne avec son ancien patron Mikheïl Saakachvili pour donner à McCain l'occasion d'apparaître comme un présidentiable maîtrisant les problèmes de la sécurité dans le monde.
http://www.thenation.com/doc/20080818/scheer2

Portrait de Pas lolo

à Alex Engwete Portrait de Alex Engwete De Pas lolo

fasciné | 08H44 | 15/08/2008 | Permalien

L'hypothèse est reprise dans un article du new statesman.

Un magnifique coup de billard à nombre indéterminé de bandes, avec saakachvili piégé par putine, piégé par chesney.

L'hypothèse de base est que si l'économie reste au centre du débat, McCain n'a strictement aucune chance contre Obama.

Reste à savoir si les russes ne préférent pas, eux aussi, McCain. Après tout, leur situation relative n'a pas l'air de s'être réellement dégradée ces huit dernières années.

http://www.newstatesman.com/europe/2008/08/georgia-russia-ukraine-cheney

Portrait de Jean-François@Carenton

à Pas lolo Portrait de Pas lolo De Jean-François@Carenton

09H16 | 15/08/2008 | Permalien

Excellent lien, très argumenté, merci.
Il a été déjà mentionné quelque part sur ce site tous les attraits de l'Abkhasie, en particulier quant aux investissements immobiliers des « nouveaux riches » russes : en gros, c'est à terme la Côte d'Azur de la Russie.
Selon Wiki (une mine..) : « Forte d'une nouvelle activité viticole, du développement du tourisme (climat favorable) et d'une attractivité globale grandissante qui entraîne une flambée de l'immobilier, l'Abkhazie fait actuellement figure de nouvel eldorado pour les investisseurs russes ». Mais ça n'a probablement rien à voir…

Portrait de BA

De BA

- | 17H39 | 14/08/2008 | Permalien

Le 12 novembre 2006, un référendum a eu lieu en Ossétie du Sud. La question était : « Voulez-vous l'indépendance de l'Ossétie du Sud ? »

Le résultat : 90 % des Ossètes du Sud ont voté OUI à l'indépendance. Leur slogan était : « D'abord l'indépendance, ensuite le rattachement à la Russie ».

Il est donc incroyable que la Géorgie pense encore garder à l'intérieur de son territoire une province qui a voté à 90 % pour son indépendance. C'est ahurissant.

Je recopie un article du Monde.fr :

Ossétie du Sud : large victoire électorale des séparatistes.

Plus de 90 % des votants de cette province de Géorgie ont dit « oui » lors d'un référendum non reconnu par la communauté internationale. Les habitants de Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud, province séparatiste de Géorgie, n'ont pas attendu la proclamation des résultats pour fêter, dimanche 12 novembre 2006, la victoire du « oui » au référendum sur l'indépendance auquel étaient conviés 55 000 électeurs.

« D'abord l'indépendance, ensuite le rattachement à la Russie », ont-ils clamé.

http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi ? offre=ARCHIVES&type_ite…

Portrait de lb410

De lb410

technicien | 17H44 | 14/08/2008 | Permalien

qui a encore dit que l'homme avait la mémoire courte ?
il n'y a pas longtemps il y en a qui ont encouragé S.H. pour lui tomber dessus (comme l'a déjà rappelé qqn plus haut). Probablement que certains va-t-en guerre ont encouragé (voire poussé) Saakachvili à agir, sachant que cela pousserait la Russie à intervenir. Auparavant, les guerres se déclaraient souvent pour faire diversion face aux difficultés économiques. Sans vouloir verser dans l'alarmisme, peut-on vraiment être optimiste sur les intentions des uns ou des autres ? Rue89 vient de titrer « Et si Docteur Folamour était chinois ? » - et si c'était qqn d'autre ?

Portrait de Yvon

De Yvon

17H55 | 14/08/2008 | Permalien

Une fois encore l'administration américaine montre son vrai visage, après le bombardement de Belgrade ( à l'uranium appauvrie), « l'indépendance » du Kossovo, l'intervention et les dégats collatéraux en Irak, en Afganistan,et pousse maintenant un « président » georgien à l'aventure et à la provocation. Résultat , des populations déplacées, victimes accumulant des haines pour des années…Comment l'Europe peut-elle croire que la Russie va accepter des batteries de missiles à ses frontières ? Quant aux « Européens » polonais et autres Baltes, évidemment ils crient à l'agression et appellent à la force.
L'Europe doit se dégager de l'influence américaine et de l'otan pour discuter face à face avec le pouvoir russe. C'est la seule solution d'éviter de futurs conflits dans la Caucase et ailleurs.

Portrait de Yawn

De Yawn

Chomiste | 17H58 | 14/08/2008 | Permalien

C'est amusant et triste à la fois de lire tous ces posts à la gloire de la Russie de Poutine et critiquant qui les anglo-saxons, qui les dirigeants des petites républiques de l'ex-URSS.
Je sais que certains riverains n'aiment pas les références à l'histoire (ont-ils peur de ce qu'il y a à y voir ? ) mais on ne peut s'empêcher de se souvenir que jusqu'en 1939 nombre de militants pacifistes se sont opposés jusqu'au bout à la guerre entre la France et l'Allemagne (Déat demandait à l'époque s'il fallait mourir pour Dantzig comme Hououji_Fuu nous dit qu'il n'ira pas mourir pour la démocratie au Caucase). Même au moment du déclenchement des hostilités en 1939, des français soutenaient que la guerre contre l'Allemagne nazie n'était qu'une manipulation des anglo-américains impérialistes. Et nombre de ces pacifistes se sont retrouvés dans la collaboration avec l'Allemagne en 1940.
Souvenons-nous qu'en 1936, lorsque Hitler a décidé de remilitariser la Rhénanie, le gouvernement du Front Populaire, par posture pacifiste, n'a rien fait. On a su après coup que les instructions de Hitler aux responsables militaires allemands étaient très claires : en cas de mouvement de l'armée française, il fallait laisser tomber.
La même année, toujours par pacifisme, le Front Populaire a refusé de soutenir les républicains espagnols. De leur côté, les gouvernements fascistes allemand et italien ont largement soutenu Franco. Les républicains n'étaient pas des anges et se sont aussi rendus coupables de crimes de guerre mais le résultat est que l'Espagne a subi une dictature pendant près de 40 ans.
Enfin, en 1938, Daladier a reçu un accueil triomphal à Paris pour avoir signé les accords de Munich. On sait aujourd'hui la catastrophe qu'a été la conclusion de cet accord.
Je lis que les ossètes du sud ont demandé leur rattachement à la Russie par referendum et que ça justifie de démembrer la Géorgie. Soit. Mais souvenons-nous également que plus de 90% des sarrois avaient demandé leur rattachement à l'Allemagne en 1935 et que 99% des autrichiens avaient approuvé l'Anschluss en 1938.

Alors évidemment, la Russie de Poutine n'est pas l'Allemagne de Hitler. Néanmoins, nous avons affaire à un pays qui a glissé lentement vers l'autoritarisme, où de nombreuses libertés ne sont plus garanties. Je lis que la Russie a des armes nucléaires et qu'on ne peut donc pas la combattre. Mais l'armement de la Russie ne l'a pas empêchée d'être battue en Afghanistan. Idem pour les américains au Vietnam.
Saakachvili est-il un grand démocrate ? Je n'en suis pas sur. Mais je suis convaincu qu'il est nécessaire de le soutenir face à la Russie de Poutine qui représente un danger réel pour le développement de la démocratie en Europe.

Portrait de thierry reboud

à Yawn Portrait de Yawn De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H40 | 14/08/2008 | Permalien

Bien. Mettons les points sur les i.

Il ne s'agit pas de refuser les références à l'histoire, il s'agit bien plutôt de ne pas se laisser abuser par elles.

Lorsque vous considérez la situation géorgienne actuelle en la lisant comme s'il ne s'était rien passé en novembre 1989, j'ai le sentiment que vous prenez un aller simple pour vous mettre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude.
Donc, puisqu'il faut apparemment le rappeler, le bloc communiste n'existe plus et l'URSS non plus. Il a été vaincu en tant que bloc communiste. La guerre froide telle qu'elle s'est déroulée, elle est finie aussi. Il ne suffit pas que des chars russes passent une frontière pour qu'il soit pertinent d'invoquer Budapest ou Prague. Autrement dit, votre obstination à faire comme si la Russie n'était que la perpétuation de l'URSS risque fort de vous empêcher de considérer les enjeux actuels.
Or ils sont très différents de ceux qui prévalaient alors, ne serait-ce que parce que, contrairement à l'URSS, la Russie s'est à peu près désintéressée de ce qui n'est pas son voisinage immédiat (demandez donc aux Cubains).

Autre différence tout de même un peu majeure, la Russie n'ambitionne certes plus de changer les systèmes politique et économique, bien au contraire ! Elle a parfaitement intégré les canons de la globalisation et elle fait comme tout le monde (du moins, comme tous ceux qui en ont les moyens) : elle s'efforce d'en tirer profit et une situation politique éminente, sinon prééminente. Elle détermine ses intérêts et les défend. Je n'irais pas jusqu'à prétendre que, ce faisant, les Russes contribuent au bonheur radieux de l'humanité, mais je ne vois pas ce qu'il y a à leur reprocher dans la mesure où il ne s'agit là que la manière la plus ordinaire de gouvernement.
Dites-moi un peu, Yawn, qu'est-ce qui vous défrise là-dedans ? Après tout, vous ne trouvez rien à redire à ce que les Etats-Unis se comportent ainsi.

Par ailleurs, d'un simple point de vue technique, pourriez-vous m'indiquer par quels moyens l'Europe ou les Etats-Unis auraient pu appuyer la Géorgie dans cette circonstance ? Par hasard, êtes-vous favorable à ce que l'Iran développe un armement nucléaire ? Parce que, si (comme je le crois) vous n'y êtes pas favorable, je vous laisse le soin d'imaginer ce qu'aurait été la position russe sur ce sujet si les Etats-Unis étaient effectivement entrés en conflit avec la Russie pour un enjeu aussi insignifiant (d'un point de vue stratégique, j'entends) que la démocratie en Géorgie.
Sur cette affaire, Saakachvili s'est conduit comme un imbécile qui crache en l'air et s'étonne de récolter son crachat dans l'oeil. Cette défaite, il s'y est engouffré presque tout seul. Pas de chance pour les Géorgiens, je vous l'accorde : en même temps ils l'ont élu, non ?

Alors oui, mon opinion est que c'est une chose pas forcément mauvaise que les Etats-Unis soient bornés dans l'exercice de leur puissance. Pour tout vous dire, la façon dont ils s'en sont servis quand il n'y avait pas de limite ne m'incite guère à leur accorder une confiance aveugle. Mon opinion est que c'est une chose pas forcément mauvaise que deux crapules (la Russie et les Etats-Unis) se neutralisent relativement en attendant la troisième (la Chine).

Que ce soit, selon moi, une chose pas forcément mauvaise ne signifie pas pour autant que je la tienne pour une bonne. Peut-être simplement est-ce la « moins pire ». Tant que vous jugerez les enjeux internationaux sur des critères moraux, je vous souhaite d'avoir de bons poumons : vous n'avez pas fini de vous indigner pour rien.

Je vous suggère la lecture de ces deux articles, que j'ai trouvés très intéressants.
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/08/13/la-guerre-froide-une-a…
http://www.lefigaro.fr/international/2008/08/14/01003-20080814ARTFIG0002…

Portrait de Yawn

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De Yawn

Chomiste | 20H26 | 14/08/2008 | Permalien

Tout d'abord merci pour les références des articles. Celui de D. Vernet est très intéressant en ce qu'il rappelle que ce n'est pas la guerre froide qui recommence (mais je ne crois pas avoir prétendu le contraire) et que la situation présente est avant tout la marque de la politique impérialiste russe.

Pour répondre à vos arguments, vous noterez que je n'ai pas dit que la Russie se comportait comme l'URSS et donc certainement pas que la Russie n'était que la perpétuation de l'URSS. Le parallèle que j'ai dressé était davantage avec l'Allemagne des années 30. Cela dit, la Russie a toujours eu une politique impérialiste. Il n'y a qu'à voir comment elle a traité la Pologne au XIXe siècle (et il ne s'agissait donc pas de l'URSS).

S'agissant de la politique russe, vous soulignez la différence avec l'URSS en indiquant que l'objectif n'est plus de changer les systèmes politiques et économiques. Mais l'URSS, depuis Staline, n'a jamais cherché à promouvoir le communisme comme système social. Il faut se souvenir quand même que c'est Staline qui a lancé la théorie du « socialisme dans un seul pays » (contre les internationalistes) puis qui a liquidé le Komintern. Dès lors, l'extension de l'empire soviétique par la création du glacis n'a eu comme objectif que de protéger l'URSS, pas d'étendre la révolution. Pour reprendre votre expression, la Russie, comme l'URSS (et comme l'Empire tsariste avant elle) ont toujours eu une bonne connaissance des « canons (c'est le cas de le dire ! ) de la globalisation ».

Ce qui me défrise là-dedans, c'est que cette politique se fait au détriment des peuples. Du peuple russe d'abord qui vit dans un régime autoritaire depuis bientôt 10 ans. Des peuples voisins aussi qui ont vécu pendant des décennies sous la férule soviétique et qui n'en sont sortis que pour risquer de tomber sous la domination russe qu'ils rejettent.
Vous osez affirmer que je n'aurais rien à redire au comportement des Etats-Unis. D'où sortez-vous ça ? ? ? ? Contrairement à vous, je condamne l'impérialisme d'où qu'il vienne. Et l'Irak de 2003 ou le Chili de 1973 me choquent tout autant que la Géorgie de 2008 ou la Tchetchenie.

D'un point de vue technique, l'Europe et les Etats-Unis auraient pu appuyer la Géorgie d'abord en faisant une forte pression politique sur la Russie dès les premières provocations russes. La position de Sarko et Kouchner qui revient à ménager la chèvre et le chou et à dire « pas la peine de désigner l'aggresseur » est méprisable et va être source de problèmes dans un futur proche.

Je comprends votre opinion sur la balance des deux empires mais je ne la partage pas. Le monde a-t-il été pire entre 1989 et 1999 qu'entre 1945 et 1989 ? Je ne le crois pas. Et ce n'est pas en écrasant la Géorgie qu'on améliorera le sort des irakiens de même que l'invasion de l'Afghanistan n'a pas soulagé le sort des chiliens sous Pinochet.

Alors je m'indigne peut-être pour rien. Il est évident que ce n'est pas sur le site de Rue89 qu'on va changer le monde. Mais j'essaie avant tout de garder des repères moraux. On peut satisfaire un petit côté cynique en applaudissant la realpolitik mais je crois qu'en agissant de la sorte, on perd de vue l'essentiel.

Portrait de thierry reboud

à Yawn Portrait de Yawn De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 21H27 | 14/08/2008 | Permalien

Le parallèle que vous faites avec l'Allemagne des années 30 me semble tomber à plat dans la mesure où, vue d'Europe, la Géorgie ne représente à peu près aucun intérêt. (Il est d'ailleurs regrettable que Saakachvili ne l'ait pas compris plus tôt…).

Au sujet de la politique impériale russe, je n'en ai jamais contesté l'existence. Encore une fois, la Russie fait ce que n'importe quel pays (à la relative exception de la Chine) quand il est en situation de le faire. Si la France (pour s'en tenir à nous) n'a plus de politique impériale, c'est tout simplement qu'elle n'en a plus les moyens (encore que notre politique africaine…).
Lorsque vous parlez du projet stalinien de « socialisme dans un seul pays », c'est vrai dans les années 20-30 (et encore faudrait-il être tout à fait certain que Staline était intéressé par le socialisme, ce dont je doute). Mais, dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ça devient beaucoup plus sujet à discussion. Ou alors je me demande bien ce qui est tombé sur la gueule des Polonais, Hongrois, Tchèques et autres…
D'accord, ce n'est pas bien. Et alors ? La pluie mouille, je n'aime pas ça, et alors ? Et alors rien.

Oui, vous avez raison, cette politique se fait au détriment des peuples. Toutefois il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour me faire dire que la « révolution démocratique » (selon la doxa) en Géorgie a été appuyée par les Etats-Unis au mépris du peuple géorgien. Le bénéfice qu'il pouvait éventuellement en tirer n'était guère, du point de vue étasunien, qu'un bénéfice collatéral. L'objectif principal était bel et bien le containment de la puissance russe. On voit le résultat.
Encore une fois, les débats qui mettent aux prises les empires se font au détriment des peuples, et ça ne date pas d'hier. C'est dommage, oui.

Mettons que je me sois trompé sur l'appréciation que j'ai faite de votre position concernant l'action internationale des Etats-Unis. Je vous prie de m'excuser.

Nous approchons du terme. S'il faut savoir si le monde a été pire avant ou après 1989, c'est évidemment difficile à déterminer. Néanmoins, pour ce qui concerne l'Europe occidentale, il me semble que, par plusieurs aspects, on pourrait aisément soutenir que peut-être, oui.
De ce point de vue, il faut sans doute se contenter de ce que l'affrontement russo-étasunien soit à présent circonscris au Caucase (ce qui, au passage, signifierait que la Russie n'a effectivement pas d'autre objectif que de se prémunir sur ses frontières). C'est sans aucun doute con pour les Caucasiens, mais ce n'est pas plus mal pour les autres.

Enfin, je n'applaudis pas à la realpolitik. Je la constate. Et je crains bien que nous en soyons tous réduits à cela.

Portrait de compte supprimé 13

à Yawn Portrait de Yawn De compte supprimé 13

18H37 | 14/08/2008 | Permalien

Il est dommage d'aligner autant de mots pour comparer l'incomparable et d'oublier au passage que la Géorgie (entrainée par les EU et Israel) sous couvert de « maintien de l'ordre » dans sa province Ossète - où résident donc des Géorgiens - n'a pas trouvé de meilleur moyen que de bombarder une ville et des civils grâce à des lance-roquettes multiples Grad.
C'était bien une attaque délibérée.

Fallait-il donc laisser faire ? C'est cela votre conception de la démocratie ? Fallait-il que la Russie reste spectateur ? Ne parlons même pas de l'UE qui n'aurait pas bougé. Que cherchaient les Etats-Unis et Israel (dont les « instructeurs » sont rentrés juste deux ou trois jours avant le déclenchement).

Avant de conclure quoi que ce soit, il est bon de passer en revue toutes les hypothèses et de ne pas désigner le méchant trop vite.

Portrait de Alex Engwete

à Yawn Portrait de Yawn De Alex Engwete

Consultant | 18H45 | 14/08/2008 | Permalien

Allons-y donc tous en chantant d'un pas ferme et les yeux bandés vers l'annihilation nucléaire au nom de la religion de la démocratie ! Est-un une remise en ligne des vieux réflexes de la Guerre Froide ? L'article ci-haut vient de nous rappeler que le président géorgien n'est d'ailleurs qu'un démocrate de nom qui « mugabise » les élections dans son pays…

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