Géorgie : Mikheil Saakachvili, l'exalté du Caucase
Elu à 36 ans, ce nationaliste a promis dès son intronisation de mater les insurrections dans les provinces séparatistes.

« Le David géorgien va gagner contre le Goliath russe. » Le 12 août, devant près de 100 000 personnes réunies dans le centre de Tbilissi, le président géorgien Mikheil Saakachvili continue à marteler son discours nationaliste de victoire. Entraînant sa population dans une guerre surprise en Ossétie du Sud, Misha a embarrassé l'Occident et donné l'occasion à la Russie de faire une démonstration de sa force militaire et politique dans la région. Coup de folie ou coup politique ? Portrait d'un jeune président pressé.
Un jeune révolutionnaire d'une trentaine d'années, une rose à la main, discourant pacifisme et démocratie à la tribune du Parlement géorgien. C'est ainsi que Mikheil Saakachvili est apparu aux yeux du monde en 2003. Contestant les élections parlementaires du 2 novembre, le leader du Mouvement national s'autodéclare vainqueur. De manifestations en déclarations fracassantes, l'homme gagne en popularité et contraint alors à la démission le vieux « renard du Caucase », Edouard Chevardnadze.
En janvier 2004, Mikheil Saakachvili devient le troisième président de la Géorgie indépendante . Il a tout juste 36 ans et affiche des objectifs nationalistes forts. Il promet une Géorgie unie et la fin des agitations séparatistes en Ossétie du Sud, en Abkhazie et en Adjarie. Dans cette dernière province, Aslan Abachidzé, le leader des rebelles, est poussé à la démission ; Mikheil Saakashvili parvient à restaurer l'autorité géorgienne dès 2004.
Cette victoire indéniable du nouveau président suscite l'euphorie dans la population géorgienne. Mais déjà, les observateurs s'inquiètent de son volontarisme impatient. Dans une interview accordée à Caucaz.com en 2004, Jean Radvanyi, directeur de l'Observatoire des Etats post-soviétiques à l'Inalco, mettait en garde :
« La manière dont Aslan Abachidze a été amené à quitter l'Adjarie a entraîné, en mai dernier, une certaine euphorie. Elle a sans doute incité le gouvernement à lancer une série d'actions qui ne se sont pas avérées probantes parce que les situations abkhaze et sud-ossète sont totalement différentes de celle observée en Adjarie. Les Adjares sont des Géorgiens musulmans parlant géorgien et faisant partie intégrante de la communauté géorgienne. Or, ni les Sud-Ossètes, ni les Abkhazes n'ont aujourd'hui cette perception. Bien au contraire. Depuis le début des années 1990, un climat de méfiance s'est instauré, puis renforcé suite à des décisions et actions entreprises par Tbilissi. »
L'espoir déçu de la Révolution rose
L'ami de l'Occident, l'homme qui souhaite faire de la Géorgie un membre de l'Otan, a le profil du démocrate idéal. Son parcours d'abord. Des études de droit à Kiev, à New-York et à Washington. Une maitrise parfaite de plusieurs langues : géorgien, russe, français, anglais. Un passage par l'Institut International des Droits de l'homme de Strasbourg. Et une droiture éprouvée. Alors qu'il est ministre de la Justice du président Edouard Chevardnadze, il démissionne avec éclat en septembre 2001. Il accuse les ministre de l'Economie et de la Sécurité d'Etat de corruption et dévoile, en plein conseil des ministres, des photos de leurs propriétés.
Mais le démocrate met son pays au pas et, de sa Révolution rose, il ne reste en 2008 qu'un espoir déçu. L'homme à la physionomie (un peu) bonasse se révèle autoritaire. En octobre dernier, l'ex ministre de la Défense, Irakli Okrouachvili, est arrêté. Cet ancien proche du Président, passé dans l'opposition, fait des déclarations fracassantes accusant Mikheil Saakachvili d'être corrompu et d'avoir fait assassiner plusieurs opposants.
Des manifestations ont lieu dans la capitale, Tbilissi, pour prendre sa défense. Mikheil Saakachvili a utilisé sa rhétorique habituelle et accusé Moscou. Les manifestations sont violemment réprimées. En novembre, le résultat des élections législatives est remis en cause, les opposants manifestent. L'état d'urgence est décrété. Seule la télévision d'Etat est autorisée à émettre. Irakli Okrouachvili trouve refuge en France, où il obtient l'asile politique.
Un président fragilisé après l'aventure ossète
Finalement, Mikheil Saakatshvili est réelu en janvier 2008 au terme d'une élection anticipée dont les résultats sont contestés par une opposition grandissante. Le Président semble avoir appuyé sur l'accélérateur pour tenir ses engagements de campagne et réussir la réunion d'une Géorgie débarrassée du joug russe. Face aux provocations de Moscou, qui soutient ouvertement les séparatistes, le président géorgien réplique.
Repoussée par les Russes dans ces territoires, la Géorgie, malgré le soutien prudent des Occidentaux, est perdante et Mikheil Saakachvili fragilisé. Même si l'opposition et la population sont derrière lui au nom de l'unité du pays et contre Moscou, le président aura à rendre des comptes : David n'a pas vaincu Goliath.
Photo : Mikheil Saakachvili le 26 mai 2008 à Tbilissi (Reuters)
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De Kipple
Exilé | 11H41 | 14/08/2008 |
J'aimerais bien savoir si c'est Zyneb Drief qui s'occupe de la moderation des commentaires.
à Kipple
De Zineb Dryef
(auteur)
Rue89 | 16H57 | 14/08/2008 |
Bonjour,
J'essaye de les modérer oui. Vous pouvez signalez les commentaires racistes, insultants ou diffamatoires qui m'échappent.
à Zineb Dryef
De Exilée
21H54 | 14/08/2008 |
Vous faites du bon travail. Merci !
parfois, il faut dire merci a ceux qui le meritent.
De Carmagnole
retraité de l'Education Nationale | 11H50 | 14/08/2008 |
Que M.Saakachvili soit un « exalté » n'est pas la « clé » pour comprendre son coup de force contre l'Ossétie du Sud ; des chefs d'Etat exaltés il n'en manque pas ! ! !
Par contre on peut se poser la question sur le rôle des USA dans cette« lamentable affaire » dont la seule victime est la population civile.
Est-ce seulement une coïncidence ( ? ) que C.Rice était« en visite » à Tbilissi le 9 Juiilet ! ! !
G.Bush a toujours le projet d'implanter une base militaire US en Géorgie.Alors… ? Le Président de la « petite Géorgie » aurait-il été « assez fou exalté » pour décider sans l'aval d'un « plus puissant Etat » de se lancer dans une telle opération ?
à Carmagnole
De Compte supprimé le 21 janvier 2
12H49 | 14/08/2008 |
Ça me rappelle un truc. Juste avant la 1ère guerre « du golfe » avec l'Irak, Saddam Hussein disait combien il était ulcéré par le comportement du Koweït qu'il venait de sauver de la guerre avec l'Iran (2 millions de morts Irakiens ? ) et qui persistait à faire baisser le prix du pétrole en augmentant leur production alors que l'Irak avait besoin un gros problème de thunes. Les officiels américains l'assuraient qu'ils ne bougeraient pas s'il donnait une petite leçon au Koweït. On a dit que Mitterrand était prêt à aller à Bagdad en Concorde pour le dissuader de ne pas tomber dans le piège. Nonobstant, Saddam a envahi le Koweït et il en a pris plein la gueule dans les 3mn qui ont suivi.
Gaffe, Saakachvili, tu joues au poker avec de très très grosses pointures. Entre l'OTAN et les US, tu vas te faire écrabouiller, t'es pas dans la bonne catégorie.
JFT_Charenton
De ericj
12H22 | 14/08/2008 |
Vu le profil de « plaque tournante énergétique » de cette région, il est difficile de ne pas voir l'ombre de puissants états dans cette « tartarinade » …
De stangrof
12H26 | 14/08/2008 |
La georgie avait énormément augmenté son budget militaire.
http://www.globalsecurity.org/military/world/georgia/army.htm
Regardez Shakasvili, ce petit « duce “ de pacotille quand un avion passe au dessus de sa tête alors qu'il est responsable des malheur de son peuple.
http://www.1tv.ru/owa/win/ort6_videopage.main ? sender=news&p_topic_id=126…
A bientôt
http://www.ipernity.com/home/stangrof
De Compte supprimé le 21 janvier 2
13H03 | 14/08/2008 |
Ce qui fait peur, c'est à quel point ce boute-feu est totalement impréparé au moindre conflit. Ce type donne des grands coups de menton devant les grands de ce monde (principalement leurs caméras), mais dès qu'on entend un avion à l'horizon (ce clip), ou un hélicoptère, cf. l'épisode désopilant de Kouschner (désopilant = l'épisode, pas Kouschner, quoique), tout le monde se met à plat ventre.
Ce serait bien que ça ce calme, parce qu'il y a quand même des civils qui morflent (entre 10 et 10000, selon les sources).
JFT_Charenton
De Yawn
En exode et heureux de l'être | 19H43 | 14/08/2008 |
C'est vrai qu'en regardant le lien que vous fournissez on voit que la Géorgie a multiplié son budget militaire par 4. Mais en regardant d'autres rubriques de ce site, on réalise que le budget militaire de la Géorgie en 2004 était au niveau de celui du Swaziland. A la différence près que le Swaziland n'a pas de frontière commune avec la Russie, une des premières puissances miliaires au monde qui a une politique impérialiste. On peut donc tout à fait comprendre que la Géorgie ait fait un effort significatif pour accroitre son budget militaire.
à Yawn
De Pas lolo
fasciné | 22H12 | 14/08/2008 |
Juste comme ça, par curiosité, vous pourriez m'expliquer quel est l'intérêt d'avoir quatre chars, plutôt que un, quand le gus en face en a 500.
Amha, il doit y avoir une autre tactique, je subodore pas forcément militaire, pour tirer son épingle du jeu, au moins aussi efficacement que celle mise en oeuvre par Saakach..
De hogan
actif | 12H28 | 14/08/2008 |
Serions-nous en train d'assister d'une certaine manière à un remake du printemps de Prague de 1958, lorsque les chars envahirent la capitale tchécoslovaque pour mettre fin à sa volonté d'indépendance vis-à-vis du Parti Communiste ? Même si les motivations sont bien différentes, il semble que l'entrée des forces russes en Géorgie est moins due à la volonté de défendre la province d'Ossétie qu'à un refus, des années après, d'admettre la fin de l'U.R.S.S.
L'attitude des Etats-Unis dans ces événements est ici très révélatrice, le gouvernement Bush refuse d'envisager la moindre intervention militaire, pour on fois il privilégie la diplomatie.
Pourtant, et ce parallèle vaut ce qu'il vaut, je ne peux m'empêcher de penser aux quelques mois qui précédèrent la Seconde Guerre Mondiale, lorsqu'Hitler se « contentait » de revendications territoriales. Il voulait la Pologne, des négociations eurent lieu avec la communauté internationale, en l'absence de représentants polonais, et on lui offrit la Pologne. S'en suivit un mémorable discours du premier ministre britannique Chamberlain, qui affirma, sûr de lui, qu'Hitler s'en tiendrait là, qu'il ne demandait rien d'autre. On connaît la suite.
Imaginons que le gouvernement russe soit dans l'optique d'une tentative de reconquête de toute ou partie de l'ex-U.R.S.S., à partir de quand, ou de quoi, la communauté internationale déciderait-elle d'intervenir militairement et de s'exposer probablement au conflit le plus important depuis 1945 ? Les Russes ont d'ailleurs de sérieux arguments pour défendre leur « pré carré », ne serait-ce que leur histoire, ou même encore la russophonie de plusieurs de ces pays, il y a également cette « communauté économique » créée à la chute de l'U.R.S.S.. Je vais être très clair, Poutine et Medvedev, même s'ils sont en train de détruire le peu de démocratie qui pouvait exister en Russie, n'ont pas grand-chose de commun avec le Führer, mais la Russie a aujourd'hui un moyen incontestable de pression et de ressources en cas de conflit majeur, l'énergie. C'est aujourd'hui le seul pays au monde à pouvoir afficher une totale autonomie dans l'extraction et la production de l'ensemble des sources et formes d'énergie que nous connaissons, qu'il s'agisse du pétrole, du gaz ou de l'uranium, ceci grâce entre autres et justement à leur étendue territoriale. L'énergie est en train de devenir l'enjeu majeur de notre civilisation puisqu'elle seule détermine aujourd'hui les capacités de production industrielle d'un Etat.
Le tableau n'est pas très rose, il y a en Russie un président élu sur le nom du premier ministre qu'il allait nommer, premier ministre lui-même ex-membre du K.G.B. et quoi qu'il en dise nostalgique non pas de l'ère communiste mais de la puissance que son pays connu à l'époque soviétique. La puissance de la Russie se mesurera à l'attitude volontaire ou pas des autres pays de l'O.T.A.N., un conflit majeur (ou même mineur) avec elle semble cependant exclu, et ça, Poutine et Medevedev l'ont très bien compris, ils savent également que des mesures de rétorsion à l'égard de leur pays sont impossibles.
Il semble avéré aujourd'hui que la Russie n'est attaquable ni militairement, ni diplomatiquement, ni économiquement, ce qui implique que la marge de manœuvre des occidentaux est nulle dans le dossier Géorgien et explique que dans les 6 points du texte de cessez-le-feu il n'est fait mention nulle part de l'intégrité territoriale de la Géorgie, les occidentaux viennent de « rendre » l'Ossétie à l » U.Russie.S.S.
Les U.S.A. sont le « gendarme du monde », et ils viennent enfin de trouver un « voleur » à leur mesure.
à hogan
De clive
12H53 | 14/08/2008 |
Et si les « gendarmes » sont aussi des voleurs…
à hogan
De Courtequeue
13H45 | 14/08/2008 |
2 remarques.
Le fait que l'URSS est (re)devenue la Russie ne change rien à ses intérêts stratégiques et on peut comprendre que ce pays voit d'un oeil méfiant s'installer à ses frontières des Etats Pro-Américains, tout comme les USA qui sont rien moins que bienveillant avec Cuba.
Les parallèles constants à Munich, Hitler la 2GM et tutti quanti sont fatigants. D'autant plus quand ils sont faux.
Vous confondez la Pologne et les Sudètes. Ce sont ces derniers qui ont été abandonné à l'appétit de l'Allemagne.
Dès que les troupes allemandes franchirent la frontière polonaise, France et Grande-Bretagne déclarèrent la guerre à l'Allemagne.
à Courtequeue
De hogan
actif | 16H39 | 14/08/2008 |
Mea culpa, je pensais avoir de meilleurs souvenirs de mes études.
à hogan
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H21 | 14/08/2008 |
Si je peux me permettre une critique, Hogan , votre commentaire est intéressant et pas mal du tout mais il est gâché par votre conclusion, avec le coup des gendarmes et des voleurs ..
Je trouve ca assez inquiétant , mais je crois que pas mal de gens comme moi , qui croient toujours à démocratie occidentale et aux valeurs de l » Europe en théorie , ne croient plus a la démocratie actuelle, aux manoeuvres des USA ( révolutions Orange etc) et à l » Europe telle qu'elle est devenue ..
On fini par comprendre les motivations des russes , ce qui est quand même le comble, parce qu » il devrait être considéré comme l'ennemi, dans cette histoire …
Cordialement
à Numerosix
De hogan
actif | 19H07 | 14/08/2008 |
Il y a malentendu, je n'ai à aucun moment voulu défendre la notion de gendarme du monde que brandissent les Etats-Unis, jusqu'ici ils s'en prenaient à des pays comme l'Iral ou l'Afghanistan présumés plus faibles, mais la Russie c'est autre chose.
Je voulais simplement faire un bon mot tout en soulignant que pour une fois le rapport de force est équilibré.
à hogan
De Compte supprimé le 21 janvier 2
09H00 | 15/08/2008 |
Et si, justement, ce n'était pas une bonne chose que la Russie soit auto-suffisante en matière agricole et énergétique ? Il n'y a rien de pire (de plus dangereux) pour la stabilité mondiale que ces états dépendants de leurs importations pour survivre (le Japon en 42, les US et la Chine maintenant). La Russie est tranquille pour les siècles à venir, d'où cette sérénité sur le visage de Poutine et Medvedev. Faut juste pas venir les chercher.
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 12H40 | 14/08/2008 |
Cela fait longtemps que la Russie rechigne à laisser les Etats-Unis implanter en Géorgie (et autour) une démocratie conforme aux intérêts US. Cela fait longtemps que la Russie prévient qu'il y a des lignes rouges, et cela fait au moins aussi longtemps que les Etats-Unis testent la réalité de ces lignes rouges.
On peut trouver cela immoral autant qu'on veut, il n'en reste pas moins que ça correspond à la réalité des relations internationales et Moscou n'inaugure certes pas la méthode.
Saakachvili a probablement été abusé par des déclarations ambiguës du côté russe, et ces déclarations ont probablement eu pour but de le pousser à la faute.
Reste qu'on peut s'étonner que Saakachvili n'ait pas au moins pris la précaution de s'assurer effectivement de la réalité du soutien des Etats-Unis sur lequel il pouvait compter avant de se lancer dans son expédition ossète.
A vrai dire, j'ai l'impression qu'il aurait pourtant suffi que Saakachvili lise le journal. Je ne vois pas bien par quel miracle les Etats-Unis déjà englués en Afghanistan et en Irak d'une part, soucieux de s'assurer des soutiens russe et chinois face à l'Iran d'autre part, auraient pu se mouiller sérieusement dans cette farce.
Avec toutes les précautions qu'imposent les parallèles historiques, il me semble aujourd'hui réduit à une situation comparable à celle des colonels grecs après le putsch chypriote de 1974 ou celle de la junte argentine après l'aventure des Malouines.
Dans cette affaire, je suis prêt à parier que la Russie aura gagné sur toute la ligne. Saakachvili peut bien rester au pouvoir, la réalité de son pouvoir est vide et à la discrétion de son voisin. Les autres républiques anciennement soviétiques devraient y regarder à deux fois avant de tenter des coups de ce genre-là (quoique l'Ukraine paraisse vouloir faire de la résistance). L'Union européenne et les Etats-Unis vont devoir reconsidérer leur politique russe.
Saakachvili a réussi un coup de maître, et ce n'est rien de le dire !
De PANCH
Cadre | 12H41 | 14/08/2008 |
Il est bon de rappeler qu'on ne déplace pas des centaines de chars en un clin d'oeil. Si le président géorgien a mené des opérations militaires en Ossétie du sud ainsi qu'en Abkazie c'est car les troupes russes se sont amassées à ces frontières peu de temps avant l'ouverture des JO… sans que personne ne s'en inquiète.
Il est facile de faire porter toute la responsabilité du drame humanitaire sur ses épaules. Et c'est bien ce que font tout ceux qui ne veulent pas se « mouiller » (France, Luxembourg, Italie, etc…) en le transformant en bouc-émissaire, mais à qui veut-t-on faire croire que les opérations russes n'étaient pas préméditées ?
La Georgie vient d'être officiellement élue « charpie » (Fils tirés de vieux linges, utilisés comme pansement) du monde moderne, après la Tchétchénie, la bande de Gaza, le Liban… et l'on assiste déjà au premier déplacement de population, massacres, viols.
Ces populations n'ont que le tort d'être à la frontière entre des pôles d'influence différents, qui, par accord tacite -ou par laisser faire-, élisent régulièrement des zones de charpie afin de s'y mesurer.
La communauté internationale se doit non seulement de mettre un terme rapidement à cette GUERRE SALE mais a de plus le devoir d'empêcher la Russie de fagociter ces provinces (Ossétie Sud et Abkhazie).
La russie n'est PAS DANS SON BON DROIT !
Qui le dit !
à PANCH
De Grégory
13H27 | 15/08/2008 |
« Il est bon de rappeler qu'on ne déplace pas des centaines de chars en un clin d'oeil. “
Dans les limites de ses frontières, et par voix de terre, ça va quand même assez vite.
Ceci dit vous faites commencer les hostilités au moment qui arrange votre opinion anti russe. Vous oubliez fort opportunément que Mikheil Saakachvili agite des menaces militaires sous le nez des Russes depuis un moment, que ce soit d'intervention de l'armée Georgienne ou en rentrant dans l'OTAN. Vous oubliez également la réaction modérée de Moscou qui malgré ses avertissements quant à la jurisprudence que créerait le Kossovo (ouvrant la voix de l'indépendance de nombreuses zones, dont l'Ossétie du Sud), il n'a néanmoins pas reconnu l'indépendance de ces provinces, dans une idée de modération.
A mon sens on voit bien qui veut quoi ici car contrairement aux Etatsuniens en Irak (ou ailleurs), les Russes ont clairement dit ce qu'ils souhaitaient pour se retirer. A savoir, de ce que je comprends, une reconnaissance d'une situation ou de nombreux Russes vivent en Ossétie et Abkazie, et doivent être protégé contre les démangeaisons militaires du pouvoir Georgien.
Les Georgiens ont tirés les premiers sur des civils, provoquant l'exode. Je ne vois pas exactement quelle autre réaction la Russie pourrait décement avoir…
De Hououji_Fuu
Racaille Syndicale (oh yeah !) | 12H55 | 14/08/2008 |
Article très intéressant, qui devrait aussi faire la une de journaux comme Libé. Cela permettrait de remettre les choses un peu plus en perspective.
Au lieu de cela, Libé offre aujourd'hui une tribune à BHL et Glücksman, qui se font l'écho des éditoriaux déchirants du Washington Post appelant à « sauver la démocratie » (*). Pire, BHL et Glücksman adoptent la rhétorique des frères Kaczinski, et somment l'Europe d'intervenir. Qu'ils y aillent, s'ils sont si désireux de défendre la grande cause de la « démocratie » ! Mais pitié, que l'on arrête avec ces discours prétendûment généreux et idéalistes.
Washington donne de la voix, mais ne bougera pas, bien trop occupé ailleurs. Alors, l'Europe… Je n'irais pas me faire tuer pour « la démocratie au Caucase », ni pour les beaux yeux de philosphes ou idéologues confortablement engoncés dans leurs fauteuils, au coeur de belles demeures de vacances ou d'appartements de luxe parisiens. Que ceux qui donnent de la voix aillent eux-mêmes défendre leurs idéaux, au lieu de sommer les autres de le faire. Oh, et aussi, quand ils auront bien semé le chaos, les grands idéalistes se feront, j'en suis sûre, un devoir de compenser les hausses de prix du pétrole, les récessions, et autres joyeusetés qui ne manqueront pas de s'abattre sur nous, une fois qu'on aura réussi à bouter le feu au Caucase, et à rejouer le coup de Sarajevo, un peu avant la première guerre mondiale…
Comble de l'absurdité : alors que le document « d'accord de paix » accepté et signé par les deux belligérants ne contient pas de référence au retour des provinces sécessionistes sous souveraineté géorgienne, on assiste à cette scène, filmée, digne d'un film des Monty Python : Kouchner à l'Europe, au sortir d'une réunion des ministres des affaires étrangères, présentant un document sur lequel on a rajouté, griffonnés, quelques mots qui disent que les deux provinces font bien partie du territoire de la Géorgie… Et Kouchner de dire « évidemment, ce document n'a pas necore de valeur juridique. Il faudra une réunion du conseil de sécurité à l'ONU pour l'entériner ». Non, mais où sommes-nous ? C'est à pleurer de débilité. Sous la pression d'anti-européens que nous avons fait l'erreur d'intégrer (enfin, pour certaiuns intérêts ce n'était pas une erreur bien entendu), voilà que l'Europe s'arroge le droit de modifier toute seule un document du type traité de paix, après que les belligérants se soient engagés sur un autre texte ?
On croit rêver…enfin, plutôt cauchemarder.
(*) d'autant plus risible que c'est dans les pages opinion de ce même Washington Post que l'on trouve de plus en plus souvent des « penseurs » pour admirer le totalitarisme à la Chinoise, le miracle économique que cela permet (au prix du maintien dans l'esclavage le plus abject des centaines de millions de personnes, mais après tout, on ne fait pas d'omelettes sans casser les oeufs…), l'ordre et la discipline que le régime chinois fait régner. Ces mêmes penseurs expliquent que le vrai défi, le vrai danger pour la démocratie est ce modèle dictatorial paradis du néo-libéralisme débridé, car il offre une alternative meilleure, et plus alléchante que ce que la démocratie a à offrir. Alors, un peu de cohérence, qu'on arrête avec les injonctions, les plaidoyers et autres éructations contre l'horrible ours russe, et en faveur du « splendide porte-drapeau de la démocratie » qu'est Mikheil Saakachvili.
De unionsbuerger
12H55 | 14/08/2008 |
La Georgie ne fait pas partie de l'Europe. Le Président de ce pays n » a aucun droit d » utiliser le Drapeau Européen. Pourquoi le Président Sarkozy n » a t il pas fait de remarqué, lorsqu'il a visité ce pays mardi ?
à unionsbuerger
De Hemenate
15H44 | 14/08/2008 |
En 1993 le Parlement européen a décidé que le drapeau de l'Union Europénne serait le même que celui du Conseil de l'Europe.
La Georgie à tout à fait le droit d'utiliser ce drapeau puisqu'elle fait partie du Conseil de l'Europe (la Russie aussi d'ailleurs).
Il n'empêche que à mon avis la georgie entretient sciemment la confusion.
De Léon1
13H04 | 14/08/2008 |
Il est difficile de se faire une opinion objective quand tant de victimes civiles et militaires tombent.Pourquoi pas un « patriot act » à l'europeene qui taxerait de traitre tous ceux qui ne soutiennent pas les us et ue.Pour autant nuancons un soutien éventuel aux russes.Ils ne sont pas aveugles ; ils ont déja reproché au concert international d'avoir donné l'indépendance au kosovo,alors pourquoi ne demanderaient ils pas aussi l'indépendance des deux provinces autonomes en territoire georgien mais à population russophone ! ! Les russes voient l'encerclement de leur empire par des bases militaires americaines,ils cherchent(dit-on)à se rapprocher de l'iran.
De le poupre
contempleur | 13H24 | 14/08/2008 |
Y a deux super puissances Les USA et La Russie . Avec toutes les études qu'il a faite le président Saakachvili il la fait exprés de ne pas le savoir , Même mon ami Olive le jumeau de Marius l'avait compris en marchand derrière nathalie sur la pace Rouge ! Les peuples du Caucase depuis le Stalinisme y a pas une oreilles qui dépasses .
à le poupre
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 15H49 | 14/08/2008 |
« Les peuples du Caucase depuis le Stalinisme y a pas une oreille qui dépasse »
Depuis bien avant le stalinisme, en fait.
De Joseph-66
13H32 | 14/08/2008 |
Qui abordera, sur RUE89, et explicitera le rôle occulte de la Fondation Soros, « créateur » du président géorgien ?
De BBZ
13H42 | 14/08/2008 |
@Gabriel RABHI
Vous êtes pas un peu parano…,
les gens qui s'intéressent à RUE89 y trouvent les commentaires qui leur conviennent il est normal que beaucoup de commentaires aillent dans le même sens que l'article, on remarque effectivement sur certains sujet des commentaires agressifs et non fondés dont j'aimerai parfois qu'ils soient censurés. Pour ma part je n'ai jamais couché ni été censuré.
Sur RUE89 on trouve quand même des informations et des points de vue qui s'écartent un peu du consensus généralisé de l'information et c'est bien,pourvu que cela puisse durer.
De SB68
13H49 | 14/08/2008 |
Mouais… une exaltation qui fait 2000 morts par bombardement pendant une nuit, sans sommation mais avec un « cessez-le-feu » signé au préalable, j'appelle plutôt ça de la folie (pas douce).
De l´axe du bien
14H00 | 14/08/2008 |
Qui abordera, sur RUE89, et explicitera le rôle occulte de la Fondation Soros, « créateur » du président géorgien ?
ok, je m´y colle, ou plutôt je file le lien :
http://www.agoravox.fr/article.php3 ? id_article=43124
rue89 s´autorise ce portrait peu flatteur de saakachvili juste apres la guerre, surtout apres ses articles anti-russes. quel courage. les grands médias la ramenent un peu moins, a l´instar de leurs maîtres, disons, leurs « chefs spirituels », pour ne pas froisser ces journalistes qui se croient indépendants (sans compter ceux qui sont des salopards volontaires).
Apres, je vais pas me réjouir parce qu´un empire marque un point contre un autre. on y est tous perdants, géorgiens comme russes our européens, américains, iraniens, que sais-je encore…