Condamné à 500 euros d'amende pour avoir giflé un élève
Mercredi s’est dénoué le procès du professeur de technologie qui avait giflé un élève en janvier dernier. Il a écopé de 500 euros d’amende, moins que ce qu’avait demandé le procureur. Il y a sept mois, le sujet avait fait la une des médias, allant jusqu’à mobiliser le Premier ministre François Fillon, qui avait pris la défense du professeur.
Le 28 janvier dernier, à Berlaimont, dans le Nord, en plein cours, José Laboureur jette à terre les affaires désordonnées de son élève de 6e, Alexandre, 11 ans, qui refuse de les ranger. Puis il plaque le mineur contre un mur. L’enfant traite alors son professeur de « connard ». Ce dernier le gifle en retour. Mais la victime est fils de gendarme. Son père se rend au commissariat, porte plainte et use de tout son poids pour que sa plainte soit suivie d’effet. Le professeur passe 24 heures en garde à vue. Un test d’alcoolémie révèle qu’il a 0,3 gramme d’alcool dans le sang. José Laboureur reconnaît qu’il a des problèmes d’alcool mais qu’il se soigne. Et nie avoir bu avant le cours.
Deux pétitions qui recevront au total presque 30 000 signatures sont lancées en faveur du professeur. De nombreux collègues le soutiennent, notamment le syndicat Snalc-Csen, plutôt classé à droite. Une autre pétition est créée pour soutenir l’élève. Elle a moins de succès. José Laboureur n’est pas suspendu par le rectorat de Lille, mais il part en arrêt maladie. Il est poursuivi pour « violence aggravée sur mineur ». Le 6 février 2008, François Fillon déclare :
« Il n’est pas acceptable qu’un élève traite un enseignant de connard. Je soutiens cet enseignant. »
L’affaire arrive dans un contexte tendu. Le dernier bilan publié par l’Observatoire national de la délinquance (OND) sur les collèges et les lycées publics révèle que dans le recensement effectué par les principaux établissements publics en 2005-2006 (dernière année de référence), les personnels de l’Education nationale ont subi quelque 24 329 agressions et « qu’un enseignant de collège est en moyenne sept fois plus exposé à la violence qu’un professeur de lycée ».
En mars, l’enseignant refuse la procédure de plaider coupable et réclame une audience publique. A la fin du mois, il est condamné à 1 mois de prison avec sursis et 5 mois de suspension de permis de conduire après avoir été arrêté lors d’un contrôle routier à Maubeuge, avec un taux d’alcoolémie de 1,42 g par litre de sang.
Le 25 juin, l’audience se déroule devant le tribunal correctionnel d’Avesnes-sur-Helpe. L’avocat des parents, Me Riglaire, demande pour les dommages et intérêts un euro symbolique. Bernard Beffy, procureur de la République, estime dans son réquisitoire :
« Ce n’est pas une gifle, c’est une scène de violence. (...) Au-delà de ces violences, il y a une volonté d’humiliation. »
Il prend la défense d’Alexandre, qui a depuis changé d’établissement. Le ministère public requiert une amende de 800 euros. Me Villesèche, un des avocats de José Laboureur, rappelle que son client injurié « s’était senti humilié devant sa classe et avait réagi ».
En rendant son jugement aujourd’hui, le tribunal a clairement retenu une faute dans l’attitude du professeur. Dans un communiqué, les avocats du professeur estiment :
« C’est une peine symbolique qui aurait dû conduire à la relaxe. Une occasion importante vient d’être manquée pour l’autorité judiciaire de rappeler également solennellement son devoir de protection à l’égard des enseignants victimes des risques de leur métier exercé dans des conditions de plus en plus difficiles. »
José Laboureur décidera la semaine prochaine s’il fait appel ou non.
Articles suivis :
► Sur les blogs, un bien grand bruit pour une si petite claque
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aquoiboniste
aquoiboniste
Je trouve cette affaire douloureuse.
Un portrait tout en mélanges est fait de l’enseignant (difficulté à gérer un problème d’alcool, incident humiliant en classe, nerfs passés sur un gamin insolent...), et avec moins de nuances pour l’élève et son entourage familial.
Qui n’est pas passé à un fil de ce genre d’incident, particulièrement dans le cadre d’un collège, ou même d’un lycée ?
Il m’est arrivé de « perdre mes nerfs » au bahut, j’ai une ou deux fois hurlé sur un élève, parfois mon vocabulaire a dérapé ; je m’en suis excusée auprès des intéressés (l’un avait 11 ans, l’autre 19 ans).
Et ça s’est arrêté là. Du reste les élèves ont apprécié ces excuses sans me marcher sur les arpions par la suite, et reconnaissant aussi leur attitude très provocatrice qui avait fait qu’une simple humaine avait « pété un plomb ».
Heureusement pour moi, je n’ai pas été happée par la machine judiciaire ou médiatique.
Il nous faut chaque année cotiser quelques 20 euros à l’Autonome de Solidarité, organisme qui nous conseille et nous assiste pour les risques liés à notre travail.
Mes premières années, je ne cotisais pas, sûre que j’étais à l’abri d’un débordement, je sais gérer, pfff, aucun problème.
Rapidement, j’ai changé d’avis.
Et maintenant, l’Autonome fusionne dans la MAIF : cela signifie donc qu’il y a de réels risques, pour lesquels on doit s’assurer, et assurer aussi les tiers contre lesquels nous risquerions de nous heurter.
C’est à la fois dommage et indispensable.
Pour ma part, j’ai un élan de soutien vers l’enseignant de Berlaimont, car je sens que je ne suis pas à l’abri.
Par ailleurs, je crains terriblement, non pas une amende, quel que soit son montant, mais de me briser totalement pour une claque qui aurait peut-être due être balancée par un autre (légitime ?) en d’autres moments.




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