Aux yeux de l'opinion en général, la Chine est l'Empire du mal, le Tibet un paradis perdu, et le dalaï lama un vieux jedi merveilleux, plein de bonté et d'une sagesse infinie, descendu du Toit du monde avec le secret du bonheur et du sens de la vie. Le champion des libertés qui plus est, et de la paix dans le monde. Rien de moins à en croire le chœur des babas boudd et autres bobos d'Occident. Il s'ensuit qu'il ne saurait être question de critiquer « Sa Sainteté ». Elle est, si ce n'est vénérée, intouchable, taboue, d'Hollywood à Saint-Germain-des-Prés. Il est d'ailleurs sidérant de voir, à de rares exceptions près, nos beaux esprits français, d'ordinaire si sourcilleux sur le respect de la laïcité, si prompts à la défendre même quand elle n'est pas menacée, tomber en pamoison devant le chef d'une des « Eglises » les plus obscurantistes sur terre. Paresse ou aveuglement ? Il y aurait pourtant beaucoup à redire sur le chef pas seulement « spirituel » des Tibétains. En effet, si son pays est dans la situation que l'on sait, il en est pour beaucoup responsable. Bel exemple du danger pour un peuple de s'abandonner à la religion et aux religieux pour la conduite de son destin. Car, au-delà des apparences et des affichages (le résistant à l'oppression), le dalaï lama aura essentiellement œuvré à la défense de sa religion et d'une théocratie archaïque au prix de l'indépendance de son pays, sans parler du bonheur et de la souveraineté de « son » peuple. Ce n'est bien sûr pas l'individu qui est en cause, mais ce qu'il incarne, si l'on ose dire.
Des sincérités successives et du renoncement
Les Chinois refusent mordicus de croire le dalaï lama quand il assure avoir renoncé à l'indépendance du Tibet. Sans trop avoir mauvais esprit, et si l'on ne tient pas la réincarnation pour une faribole (l'actuel dalaï lama, quatorzième en titre, et le premier, intronisé comme tel à la fin du XVIIe siècle, seraient le même…), ils ont des excuses.
Car enfin quand « le » dalaï lama est-il sincère ? Quand il reconnaît la suzeraineté de la Chine au début du XVIIIe siècle ou quand, profitant de l'effondrement de l'empire des Qing, il proclame l'indépendance du Tibet au début du XXe ? Quand, au début des années 30, il reconnaît la vassalité du Tibet envers la Chine ou quand, en 1950, après l'entrée de l'Armée populaire de libération au Pays des Neiges, « Sa Sainteté », telle que nous la connaissons maintenant, soutient la lutte pour l'indépendance ? Quand, en 1955, elle remercie le gouvernement chinois des « avantages qu'il a procurés au Tibet » ou quand, aujourd'hui, elle dénonce un « génocide culturel » ? Ou quand, enfin, au terme des années 80, elle déclare renoncer à l'indépendance et envisage de se contenter d'une large autonomie dans un Grand Tibet reconstitué ? Si l'on n'ose mettre en doute la sincérité « du » dalaï lama, difficile d'y voir autre chose qu'une navigation à vue sur la question fondamentale de l'indépendance du Tibet.
Les Tibétains pourraient bien finir par se poser la question de la fidélité du « chef spirituel » à la cause nationale. Les patriotes en tout cas, les plus jeunes d'entre eux notamment et les plus radicaux du Congrès de la jeunesse tibétaine. Eux réclament toujours l'indépendance. De quel droit le dalaï lama, lui, y renonce-t-il ? Quelle est sa légitimité ? Est-ce là la volonté du peuple ? « Sa Sainteté » se bat, en vérité, d'abord et avant tout pour le maintien et la prééminence de sa religion au Tibet. C'est, là, sa certaine idée de son pays.
Est-ce entièrement de sa faute ? De l'obscurantisme et de Sharon Stone
Pour sa défense, le dalaï lama est le produit de sa religion, la créature d'un clergé qui l'a formé -formaté- dès sa petite enfance (il avait 2 ans quand les religieux l'ont pris en main ! ). Sans en avoir lui-même conscience, il est la première victime du bouddhisme tibétain. Il n'est que la figure de proue d'une lignée bouddhiste qui a inventé la théorie de la réincarnation en chaîne du dalaï lama, divine trouvaille qui lui a permis de conserver, pour ne pas dire confisquer, le pouvoir au Tibet.
Il faudrait que les Chinois s'en aillent, certes… Mais il fallait sans doute qu'ils viennent. Sinon, les Tibétains seraient encore des serfs -ce qu'ils étaient, que cela plaise ou non. Le régime communiste est détestable à beaucoup de points de vue, à commencer par celui des droits de l'homme. Mais le régime qu'il a blackboulé au Tibet était bien pire encore, spécialement de ce point de vue, en raison du degré d'« assujettissement du Tibet à la classe des prêtres » pour reprendre l'expression de Giuseppe Tucci.
Jusqu'à 1950, le Tibet était une théocratie obscurantiste maintenant le peuple dans un état d'ignorance et d'aliénation invraisemblables. Il faut être bigrement aveugle pour ne pas reconnaître l'oppression du système mis en place par les religieux au Pays des Neiges, et sa perversité, tenant entre autres à ceci : si l'on est mal en point dans cette vie, c'est qu'on a fait quelque chose de mal dans une existence précédente ; pour améliorer son sort dans une incarnation future, il faut accumuler des bienfaits ; or, le meilleur des bienfaits, celui qui rapporte le plus de « points », consiste à nourrir les moines. Malin.
Les Tibétains ont toujours été pris entre le sabre et le goupillon
On a été bien injuste avec Sharon Stone quand elle a attribué le récent tremblement de terre au Sichuan et ses 80000 morts au mauvais karma des Chinois du fait de leur comportement au Tibet. Après tout, le dalaï lama n'avait rien dit d'autre à propos du séisme en Inde en janvier 2001 et du tsunami dans l'océan indien de noël 2004 : « C'est certainement le résultat d'un mauvais karma. Il n'y a pas de souffrances injustes. » Qu'il se trouve en Occident, en France en particulier, des gens pour s'agenouiller devant cette pensée de progrès, si pleine de sagesse et de tolérance, est proprement confondant.
Savent-ils tous ces gens que le dalaï lama condamne l'homosexualité (une « mauvaise conduite ») et l'avortement ? Savent-ils que dans l'idyllique société tibétaine sur laquelle il régnait avant l'arrivée des Chinois, on traitait (et on traite encore) les aveugles et autres handicapés en parias pour la raison que leur état est le signe qu'ils sont possédés par des démons ou qu'ils ont commis des péchés dans une autre vie ? Savent-ils que la merveilleuse justice tibétaine coupait les mains ou les pieds des voleurs récidivistes, par compassion et pour leur éviter de commettre de plus grands péchés ? Savent-ils aussi que dans cette société si évoluée, le dernier homme politique (laïc) à avoir tenté à la fin des années 30 de démocratiser le pays et de développer l'armée, menaçant de ce fait le pouvoir temporel du dalaï lama ainsi que les revenus et privilèges des religieux, fut accusé de complot contre l'Etat et condamné à avoir les yeux arrachés, châtiment sinon courant du moins en usage, à telle enseigne qu'on remettait au supplicié un médicament pour atténuer la douleur et dont le malheureux, avant de mourir, confia à ses fils qu'il était peu efficace ? Savent-ils enfin, c'est moins anecdotique qu'il y paraît, que le football durant l'enfance de « l'océan de sagesse » (traduction du mongol dalaï et du tibétain lama ; titre honorifique décerné pour la première fois au XVIe siècle par Altan Khan, quand le Tibet était sous la domination mongole) fut interdit par les autorités religieuses tibétaines, craignant que l'engouement suscité par ce sport n'affaiblisse leur emprise sur les esprits… ? De la naïveté
Un être éveillé peut-être, mais éclairé ? Après soixante ans de « règne » de l'actuel dalaï lama, au vu des résultats — la Chine est plus que jamais chez elle au Tibet —, on est en droit de se poser la question. Gyalpo Rinpoché, « Souverain très précieux » (dénomination employée par les Tibétains), a échoué. Comment ? En prônant, en imposant même la non-violence, seule voie possible. Tout en soulignant que la lutte armée serait suicidaire parce qu'inégale. Les Israéliens, les Palestiniens, les Irlandais, pour ne citer que ceux-là, s'en voudront d'avoir agi différemment.
Tout le monde peut se tromper, même l'« océan de sagesse ». La non-violence est sa plus grande erreur. N'est pas Gandhi qui veut. Mais surtout, la situation en Inde était rigoureusement inverse, et la non-violence rendue efficace par la résistance passive : rien ne pouvait fonctionner sans les Indiens. Qu'un Tibétain se croise les bras et il se trouvera mille Chinois pour le remplacer ! La non-violence, c'est bien quand ça marche, disait en substance Simone Weil, et que l'ennemi est d'accord.
Au train où vont les choses, si rien ne contrarie le mouvement, le Tibet sera bientôt submergé par les millions de colons han. Les Tibétains disparaîtront sans bruit dans l'océan du sang chinois. L'« océan de sagesse » ne pourra rien contre cet océan-là. Il est peut-être déjà trop tard. En Mongolie, le processus est presque fini, dit-on, au Xinjiang, il suit son cours. La submersion ethnique. Pékin use d'une autre expression : chan shazi, « ajouter du sable ». Mao, en son temps, avait justifié cette politique ainsi :
« La Chine est grande : nombreuse, vaste et riche en ressources naturelles. Mais ce sont les Han qui ont le nombre, et les minorités qui ont l'espace et les ressources. »
De fait, l'ethnie Han constitue 92 % de la population chinoise, le reste regroupant 55 minorités ethniques ou nationales, dont les Tibétains.
L'erreur de la non-violence n'est pas seulement due à une défaillance du jugement. Elle tient aussi à une certaine hypocrisie du bouddhisme tibétain qui, sur ce point, ne se distingue guère des autres religions. Il réprouve la violence, mais comment s'est-il imposé contre le bön, la religion qui prédominait au Tibet au XIe siècle, sinon par la force et l'assassinat ? Et comment la lignée des gelugpa, les Vertueux (dite aussi des bonnets jaunes) à laquelle appartient le dalaï lama, a-t-elle pris l'avantage sur les autres au XVIIe siècle (notamment celle des nyingmapa, les Anciens, dont le chef est le panchen-lama, deuxième autorité religieuse du Tibet) si ce n'est par le fer et par le sang… et avec l'aide des Chinois ? Et une fois sur le trône, histoire de ne pas se faire déloger, on trompète que la non-violence est sacrée. Malin, là encore.
Les meilleurs ennemis du monde
Le dalaï lama finira-t-il un jour par gagner la partie contre les Chinois ? Sa vision d'un grand Tibet reconstitué, commandée par le renoncement — définitif ? — à l'indépendance, semble relever d'un pari sur l'avenir et sur l'effondrement du régime communiste.
Or, c'est une vue de l'esprit de penser que, à l'instar de l'Empire soviétique, la fin du communisme à Pékin, qui arrivera bien un jour, permettrait ipso facto au Tibet de recouvrer la liberté. Comme si son « annexion » par Mao en 1950 était un accident de l'Histoire, et non le résultat d'une politique d'extension conduite résolument par l'empire du Milieu pendant trente siècles. Politique qui a abouti également à l'absorption de la Mandchourie, de la Mongolie, du Turkestan oriental et des régions méridionales. Il ne faut pas tout confondre, ni prendre ses désirs pour des réalités. Le Tibet n'est pas l'Allemagne de l'Est ni la Pologne. La muraille de Chine, c'est autre chose que le Mur de Berlin.
Mais, pour certains, tout serait en bonne voie : la pression de l'opinion publique internationale, les manifestations contre la flamme olympique, ont payé ; le dialogue a été rétabli entre Pékin et le dalaï lama. A-t-il abouti à une impasse ? Qu'à cela ne tienne, il reprendra, les babas boudd donneront de la voix ainsi que tous nos beaux esprits et grands intellectuels qui se battent contre la tyrannie à des milliers de kilomètres de distance.
Il faut être bien optimiste, naïf ou ignorant pour croire que la solution passe par là. Les discussions, c'est une constante des relations tibéto-chinoises depuis que le bouddhisme s'est installé au Tibet : les deux parties parlent et négocient depuis mille ans ! Dans le dessein, pour les religieux tibétains, de rester maîtres chez eux, pour les Chinois de rester maîtres du Tibet. Et en mille ans, pour conserver leur position au Pays des Neiges, les religieux tibétains ont fait toutes les concessions, abandonné des pans de souveraineté et des territoires entiers à la Chine.
En réalité, et c'est là le cœur de la tragédie tibétaine : Pékin et le dalaï lama ne peuvent se passer l'un de l'autre. Objectivement.
Les Chinois ne pouvaient rêver de meilleur ennemi que le dalaï lama. De moins dangereux, de plus inefficace. Ils ont tout intérêt à le conserver. En s'en prenant à lui, ils confortent son autorité et son empire sur les esprits, à l'intérieur comme à l'extérieur du Tibet. Ils empêchent l'émergence d'une révolte armée qui couve dans les rangs de la jeunesse tibétaine. Le dalaï lama, quant à lui, a intérêt à ce que Pékin s'en prenne à lui. C'est la seule façon qu'il a de pérenniser son pouvoir, le sien, mais aussi celui des gelugpa et plus généralement celui des hiérarques de la théocratie tibétaine, et de demeurer le « pape » du bouddhisme, qu'il n'est pas, sauf en Occident.
Un « jeu » qui, depuis des siècles, a toujours le même perdant : le peuple tibétain.
► A lire : « La Prisonnière du Tibet », de Patrick Hutin (éditions Robert Laffont)




















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à moijepense
De amipb
Chef de projet à Barcelone | 10H54 | 13/08/2008 |
Et vous, qui paye vos factures ? On peut avoir le détail de vos comptes ? Et pouvez-vous ensuite nous expliquer pourquoi ces comptes justifient vos actions ? Désolé, je cherche la logique là-dedans. Et oui, les comptes du gouvernement tibétain en exil sont consultables. Il n'en est pas de même des gouvernements chinois, américains ou même français…
à pitchounette
De sapsanyi
15H51 | 13/08/2008 |
« gouvernement en exil de Dharamsala est bel et bien un gouvernement laïque avec un premier ministre élu, »
Qui vote ? Qui élit ce gouvernement ?
De cyrillem
informaticien | 11H40 | 12/08/2008 |
Cela fait beaucoup plaisir qu'un média ose enfin mettre les pieds dans le plat
Enfin !
De newf
essaye de s'en sortir | 11H46 | 12/08/2008 |
Merci pour cet article ! Enfin un point de vue éclairé sur ce sujet, çà fait du bien. J'espère que d'autres articles du même genre combattront encore la pensée unique dans la rue89.
à newf
De Pépé la Jactance
insituable | 12H23 | 12/08/2008 |
Merci aussi.
Par expérience fâcheuse d'une, je me protège tant que je peux de toutes les religions.
Le boudhisme, malgré qu'il ait sans doute moins de mort au compteur que les grands religions monothéistes (surtout le catholicisme et l'islam), reste un dogmatisme, fonctionnant avec des rites immuables. Sa variante tibétaine, dont la pointe de la pyramide est un enfant kidnappé à sa naissance et dressé comme un singe savant, est immonde.
Et je me marre quand, au nom des valeurs les plus spirituelles gnagnagna, ses fidèles s'habillent de tenues uniformes, s'entourent de cent mille colifichets qui feraient prendre une drag-queen pour un prédicateur mormon, et passent leurs temps dans des temples plus kitchissimes que l'arrière boutique d'un antiquaire spécialisé dans les orientaleries.
Quand ce kitsch et ces colifichets relèvent d'une tradition, mon dieu, passe encore (mais pas par moi).
Quand ils sont importés chez nous où n'existe aucune tradition, et pire quand ils servent à défigurer des sites remarquables (allez donc voir ce qu'est devenu la Chartreuse de Saint-Hugon dans le massif de Belledonne), là ça chie un max.
Attention, pas d'ethnocentrisme chez moi. D'un seul point de vue esthétique, l'art généré par cette religion en vaut bien d'autre. C'est juste que là il ne cherche pas à s'intégrer, à s'associer (allez au Portugal voir l'alliance du gothique et du manuélin) mais à s'imposer.
Remarquez, s'imposer, chez une religion, c'est de naissance, non ? Que celle-ci se pare des atours séduisants de la coolitude ne le rend que plus redoutable.
PS Pour autant, cela ne fait pas de moi un partisan de la sinisation du Tibet. Surtout quand cette sinisation a le visage puant du capitalo-communisme à visage inhumain des post-maos expulseurs de paysans, enfermeurs d'ouvriers, exploiteurs de migongs etc.
à Pépé la Jactance
De FreddySpow
00H01 | 13/08/2008 |
« s'imposer, chez une religion, c'est de naissance, non ? »
oui, c'est de naissance !
avatar congenital d'un cortex inadapté et immature
le cerveau humain est structuré pour croire en une puissance superieure, quelle qu'elle soit, du moment qu'elle remplit la peur du neant…
de toute facon l'humanité n'a que deux alternatives :
disparaitre en pigeant et en s'effacant sagement de la carte
disparaitre sans avoir compris quoique que ce soit et en s'effacant de la carte aussi…
à Pépé la Jactance
De amipb
Chef de projet à Barcelone | 10H57 | 13/08/2008 |
Pourquoi commenter sur le bouddhisme lorsque l'on n'y connait rien ? Le dogmatisme est tout le contraire de l'enseignement du Bouddha, toute chose enseignée pouvant et devant même passer le filtre du doute. « N'écoutez pas ce que je dis, expérimentez-le, et si c'est mauvais pour vous, rejetez-le » - Une pensée dogmatique du Bouddha…
à amipb
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 11H55 | 13/08/2008 |
Mon dieu (si je puis me permettre ; -), ce ne serait pas la première religion à dire blanc et faire noir.
Par ailleurs, pour pourvoir trouver que ce que dit Bouddha mauvais pour nous après l'avoir expérimenté, il faut bien l'avoir d'abord écouté. Logique, non. Donc, ce « N'écoutez pas ce que je dis, expérimentez-le, et si c'est mauvais pour vous, rejetez-le », c'est du pipeau incohérent (zcuz le pléonasme). CQFD, hihihi.
De Humain
12H25 | 12/08/2008 |
Faut-il parler de religion, de confession ? De poltique ? Voire… Faut-il parler d'indépendance ?
C'est quoi l'independance ?
En France, depuis deux siècles nous essayons de mettre en place un état vraiment laique… C'est long ! ! Mais est-ce pour remplacer une religion par une autre ?
Que l'on s'accuse d'avoir été, depuis des siècles sous la coupe de Dieu, de la chrétienté en général et des catholiques en particulier est une chose douloureuse pour l'ensemble de notre société. Un pouvoir doit-il être assujetti à une religion quelle qu'elle soit ? Je ne le pense pas.
L'indépendance ? C'est en ce nom que l'on commet tant de crimes.
Le Tibet deveant independant, gagne peut être en autonomie ce que la Chine perdrait en interet ?
Il en est de même pour nombre de pays.
Avant de « croire » (ou de ne pas croire le leader) du Tibet, ou celui de la chine, sait-on répondre à la question : indépdendant, mais indépendant de quoi ?
Un simple « non » de la part d'un pays comme la France en europe, (ou plus recemment pour l'Irlande) remet en cause une parte de notre indépendance !
Mais dans ce cas, faut-il parler d'indépendance, ou simlement d'expression d'un point de vue simplement « différent » ?
En général on ne parle que d'indépendance « politique », mais celle ci est sous tendue par « économique », elle même par « sociale » laquelle est grandement fonction, dans sa forme du contenu de ce que dans nos démocraties on nomme une « constitution ».
A l'heure où tant de pays deviennent in-dépendants, comme la Bosnie, le Kosovo et tant d'autres comme bientôt l'Ossétie…
A ce même moment certains « perdent » leur indépendance… comme le Niger, les pays de la corne de l'Afrique….etc.
De micke
utopiste | 11H51 | 12/08/2008 |
« la france est une théocratie obscurantiste maintenant le peuple dans un état d'ignorance et d'aliénation invraisemblables. Il faut être bigrement aveugle pour ne pas reconnaître l'oppression du système mis en place par les banquiers et les marchands d'armes au Pays des fromages qui puent, et sa perversité, tenant entre autres à ceci : si l'on est mal en point dans cette vie, c'est qu'on a pas travaillé assez en trichant et en mentant pour gagner plus »
on dirait que l'auteur découvre que système social = domination de tous par quelques uns.
wake up mec ou restes-en au roman de gare steup, ta pensée est tout sauf laïque, elle est complètement conditionnée tout autant que celle de ceux qui croient aux lois karmiques de la manière honteuse dont tu les résumes.
à micke
De V.B.
Doctorant | 10H55 | 13/08/2008 |
Effectivement. L'objectivité de cet écrivain autoproclamé est discutable…
De ysengrimus
11H52 | 12/08/2008 |
Sans la lutte sourde de l'Occident contre le régime chinois, le dalai lama serait un clown inepte qui n'intéresserait personne. Votre article est excellent. Une trés saine analyse de la question.
Paul Laurendeau
à ysengrimus
De MarcTibo
"Change Can Happen", Explorateur, O... | 04H37 | 14/08/2008 |
Et cela vient d'un enseignant ! C'est l'hopital qui se fout de la charité. On vous traite souvent de pitre quand vous enseignez ?
Vous pensez sans doute que l'occident a attendu l'expansionisme du communisme Chinois pour s'intéresser à la pensée orientale ?
Vous êtes un ignorant inepte !
De unagi
Fatalitas | 11H56 | 12/08/2008 |
Pékin et le dalai lama ne peuvent se passer du Tibet.
Un titre plus honnête vous ne croyez pas ?
Je suis d'accord avec le ridicule de la croyance d'une partie des français pour le Bouddhisme et le Dalaï Lama. Je ne trouve pas moins ridicule la posture inverse celle d'une laïcité pervertie qui ne trouve sa légitimité que par le prisme du religieux. Vous avez besoin du Dalaï Lama.
Le peuple tibétain n'a jamais attendu l'assentiment de ses chefs religieux pour se révolter de la même manière pour assoir vos théories vous fantasmez un Tibet qui n'est qu'obscurantisme et soumission, l'histoire vous dément.
Un article dans le diplo attribut la destruction de la majorité des temples dans les années 60 par les tibétains eux même, ils ne sont pas les « bons sauvages » de votre fable.
Vouloir d'une révolte armée au Tibet démontre de votre part votre respect pour la vie humaine.
Un peu d'histoire, désolé pour la longueur :
Le nouveau statut d'indépendance prôné par le Tibet depuis 1911 est mis à l'épreuve avec la victoire des communistes sur le Kuomintang. En 1949, après des années de lutte civile, Mao fonde la République Populaire de Chine et en 1950 entreprend
d'achever sa conquête de la Chine avec l'envoi de plus de 30 000 soldats au Tibet (ainsi qu'en Mandchourie et au Xinjiang) afin de « libérer » le peuple tibétain du féodalisme et de réunifier la Chine disloquée par les combats. L'armée tibétaine qui ne compte que 4 000 hommes n'offre que peu de résistance et le Tibet est rapidement occupé. Un appel de désespoir est alors lancé par le XIVè dalaï-lama à la communauté internationale, par le biais des Nations Unies, pour condamner l'incursion. Aucun pays cependant, à
l'exception du Salvador, n'est partisan d'une motion de résolution contre le gouvernement communiste. N'ayant pas d'autre choix que d'entamer les négociations avec la Chine, une délégation de représentants Tibétains part pour Pékin, et signe en 1951 l'« Accord en 17 Points » qui lui est imposé, sans pouvoir obtenir l'aval du chef spirituel qui se trouve au Tibet. L'accord établit une nouvelle relation entre le Tibet et la Chine, similaire au système actuel « un pays – deux systèmes » de Hong Kong et Macau, dans
laquelle la Chine promet de respecter le particularisme tibétain en échange de la souveraineté de Pékin sur le territoire tibétain.
Aussi, la cohabitation se fait rapidement difficile et l'étau chinois se resserre. En 1951,
en réaction à la présence des Chinois, apparaissent les premières luttes nationalistes armées, principalement chez les Khampas, habitants de l'Est dont une partie du territoire sera par la suite annexée à la province chinoise du Sichuan. Désireux d'établir de bonnes relations entre Pékin et Lhassa pour éviter un durcissement préjudiciable à tous, le dalaï- lama réagit cependant avec fermeté contre la rébellion et somme les Khampas de rendre leurs armes. En réponse aux exigences du guide spirituel et après plusieurs défaites qui témoignent du manque de moyens des rebelles, l'activité de la guérilla diminue
considérablement. Mais avec le début de la collectivisation des terres et une domination
de plus en plus répressive, un noyau dur de rebelles Khampas se constitue et reconstruit une base, cette fois au sud du Tibet. Ils forment un mouvement de résistance qui prend le nom de « Quatre fleuves-Six montagnes » et réussissent progressivement à former une
armée de 15 000 hommes. Le Kuomintang et surtout la CIA s'intéressent alors à ce mouvement qui offre un relais interne pour déstabiliser le gouvernement chinois ; ainsi,un soutien externe apparaît pour la première fois à la cause tibétaine. A partir de 1957,
des opérations de parachutage de matériel et d'armes commencent, ainsi qu'un entraînement important dans les tactiques de lutte de guérilla, dans le cadre duquel 150 Tibétains sont envoyés aux Etats-Unis pour être entraînés par des agents spéciaux. Ainsi,
plusieurs attaques contre les Chinois ont lieu en 1957 et 1958 et la résistance s'étend progressivement au Tibet central, surtout au sein des monastères qui prennent, en parallèle, conscience de la menace chinoise sur la religion. La tension culmine en mars
1959, lors des célébrations du nouvel an, quand les Chinois sont soupçonnés de complot visant à kidnapper le dalaï-lama. Une semaine d'émeutes importantes contre la domination chinoise fait 10 000 morts et l'armée chinoise réplique en bombardant Lhassa.
à unagi
De micke
utopiste | 12H03 | 12/08/2008 |
merci pour ces points, mais c'est le romancier de saint-lazare qui devrait s'excuser pour sa misère intellectuelle ;
le plus terrifiant c'est que tous nos consommateurs qui voient le monde derrière un écran applaudissent…
à micke
De unagi
Fatalitas | 12H18 | 12/08/2008 |
« Car enfin quand “ le ” dalai lama est-il sincère ? Quand il reconnait la suzeraineté de la Chine au début du XVIIIe siècle ou quand, profitant de l'effondrement de l'empire des Qing, il proclame l'indépendance du Tibet au début du XXe ? Quand, au début des années 30, il reconnait la vassalité du Tibet envers la Chine ou quand, en 1950, après l'entrée de l'Armée populaire de libération au Pays des Neiges ».
on est loin de la misère intellectuelle comme de l'intellect.
à unagi
De photosieste
à l'Est | 13H59 | 12/08/2008 |
C'est si difficile a imaginer que les enjeux changent d'un siècle à l'autre ?
à photosieste
De unagi
Fatalitas | 14H23 | 12/08/2008 |
il vous faut poser la question à p huskin, moi je n'en ai jamais douté.
à photosieste
De micke
utopiste | 17H40 | 12/08/2008 |
on est d'accord,
mais c'est un débat sémantique (je crois)
faut-il en ce qui concerne l'auteur de ce torchon racoleur parler de misère intellectuelle ou de totale absence d'intellect,
telle est la question
après réflexion misère intellectuelle c'est effectivement trop gentil,
c'est ici par exemple du pur terrorisme intellectuel que d'oser comparer la chine du xxieme qui a détruit et réduit à néant l'incroyable richesse et diversité spirituelle, artistique et culturelle de la chine du passé
De LauFin
cadre sup | 12H03 | 12/08/2008 |
Un très bon article qui met bien en balance les choses.
Pour ceux qui s'intéresse à la question, voici un autre article sur le Tibet, si Rue89 accepte de faire passer ce lien.
http://www.radio86.fr/decouvrir-et-apprendre/la-societe-chinoise/6504/je…
à LauFin
De solstice
pigiste | 12H26 | 14/08/2008 |
Euh, l'auteur est totalement bidon. Si vous creusez un peu, l'article est une aimable compil de ce qu'on peut lire en cherchant un peu…
Je vais demander ce qu'elle pense de l'Ossétie à mon contact à l'agence de voyage du coin…
De BrunoC
( ° ) ( ° ) | 12H04 | 12/08/2008 |
» Rien de moins à en croire le chœur des babas boudd et autres bobos d'Occident. «
Aaaah les bobos… ça faisait bien trois articles qu'on leur avait pas reproché quelque chose à ces cons.
De Pierre Haski
Rue89 | 12H09 | 12/08/2008 |
Oserai-je aller à contre courant du concert de louanges de cet article de mon ancien condisciple et ami Patrick Hutin ? Est-ce parce que je me trouve à Pékin que cet article me gène ? Non pas dans ce qu'il dénonce de l'obscurantisme passé et sans doute actuel des théocrates bouddhistes tibétains. Mais dans ce qu'il laisse la porte ouverte à la politique chinoise de pseudo-autonomie au Tibet, de négation de la culture tibétaine, de colonisation rampante de ce territoire, et de manipulation du bouddhisme tibétain.
Obscurantisme pour obscurantisme, il aurait été bienvenu de rappeler le kidnapping du panchen lama par les autorités chinoises, plus jeune prisonnier politique au monde qu'on a jamais revu, ou encore cette extraordinaire directive d'un gouvernement communiste (donc athée) interdisant les réincarnations de lamas sans autorisation… Si on veut faire passer la cause du Tibet pour un affrontement entre deux monstres, l'un mystiques, l'autre matérialiste, au moins qu'on expose les méfaits des deux.
Je suis d'accord avec Patrick Hutin sur une phrase, celle où il dit que la venue de la Chine au Tibet était sans doute nécessaire en 1950 pour libérer les Tibétains du servage. La Chine a eu une occasion historique d'aider à l'émancipation des Tibétains. Mais au-lieu de cela, Mao a voulu faire des Tibétains des maoistes, ce qui n'est guère mieux, et ses successeurs veulent en faire des capitalistes chinois de deuxième catégorie, ce qui n'est pas non plus le nirvana. Cet article aurait pu rappeler tout ça. Voilà ce que ça m'inspire, vu de Pékin…
à Pierre Haski
De unagi
Fatalitas | 12H13 | 12/08/2008 |
Merci de votre réponse mais une certaine forme de laïcité ne s'embarrasse pas de ce genre de considération, dans le genre je trouve Mélenchon moins hypocrite.
à Pierre Haski
De Bruvas
16H12 | 12/08/2008 |
La culture Tibétaine ? Cela fait un paquets d'années qu'elle est modelée par les Lamas pour asservir le peuple Tibétain. Le Bouddhisme Tantrique et son adaptation Tibétaine ne sont pas des cultures, ce sont des outils de domination. Il ne restait déjà plus grand chose de la culture Tibétaine avant l'arrivée des chinois. Les anglais s'y étant même attaqué, au passage, profitant que le pouvoir chinois soit trop faible pour défendre son vassal.
Les nomades Tibétains ne sont pas des enfants de cœurs. et se battent volontiers au couteau pour des broutilles. C'est cette culture là qu'il faut préserver ?
J'ajoute que votre dernière phrase me fait bondir. Vu de Beijing (je m'y rend chaque année ainsi que dans d'autres régions de la chine), ce sont les occidentaux qui tentent de transformer les chinois en consommateurs bêlants ! Fête de noël, fast-food, grosses voitures et 4x4 de ville, haute-couture et cosmétiques de marques, voilà ce qui aurait du vous choquer à Beijing !
Les chinois font malheureusement ce que les occidentaux les poussent à faire, et si cette gangrène arrive chez les Tibétains, autant que ce soit par les chinois. Car un jour les chinois se réveilleront (et ça ne va pas tarder), les sages Kong Zi(Confucius) et Lao Zi(Lao Tseu) seront de nouveau plus importants que le père-noël coca-cola et leurs préceptes protègeront les Tibétains en même temps que les Chinois.
Deng Xiaoping a dit « enrichissez vous ! », il n'a pas dit « consommez ! »…et ceux qui veulent vraiment protéger les Tibétains devraient déjà commencer par tenter de protéger les chinois.
à Pierre Haski
De johnGalt
libre penseur | 16H40 | 12/08/2008 |
P.Haski : « …Mao a voulu faire des Tibétains des maoistes, ce qui n'est guère mieux, et ses successeurs veulent en faire des capitalistes chinois de deuxième catégorie… »
Et sur quoi vous basez vous pour dire « de deuxieme categorie » ? Les Tibetains n'ont pas les memes droits que les Hans ? Nous voulons des faits pas des insinuations de deuxieme categorie.
à johnGalt
De V.B.
Doctorant | 11H00 | 13/08/2008 |
Mais c'est un fait ! Les discriminations n'ont de cesse au Tibet, qui subbit une colonisation massive de la part des Han !
Allez donc jetter un oeil sur :
http://www.leavingfearbehind.com
et cultivez-vous.
à Pierre Haski
De hans lefebvre
17H52 | 12/08/2008 |
Cher M. Haski, votre réponse est la bienvenue, et dans un commentaire plus avant je faisais remarquer à M. Hutin que son point de vu n'était pas sans rappeler celui de M. Mélenchon il y a quelques mois et au sujet duquel j'écrivais ce billet :
http://jeboycotte.org/index.php ? /archives/13-M.MLENCHON-OU-LES-TRIBULATI…
Ce dernier occultant complètement les méfaits chinois à l'endroit du peuple tibétain au prétexte de leur régime féodal arriéré. Ceci me faisant penser à une vision négationniste de cette histoire commune.
Bien à vous
http://jeboycotte.org
PS : Vous trouverez dans ce billet un renvoi vers une bibliographie commentée remarquable.
à Pierre Haski
De Pierrrrre
18H13 | 12/08/2008 |
« 我在北京 »
这一切都为我们嘲讽!
à Pierrrrre
De unagi
Fatalitas | 21H35 | 12/08/2008 |
冒昧