Aux yeux de l'opinion en général, la Chine est l'Empire du mal, le Tibet un paradis perdu, et le dalaï lama un vieux jedi merveilleux, plein de bonté et d'une sagesse infinie, descendu du Toit du monde avec le secret du bonheur et du sens de la vie. Le champion des libertés qui plus est, et de la paix dans le monde. Rien de moins à en croire le chœur des babas boudd et autres bobos d'Occident. Il s'ensuit qu'il ne saurait être question de critiquer « Sa Sainteté ». Elle est, si ce n'est vénérée, intouchable, taboue, d'Hollywood à Saint-Germain-des-Prés. Il est d'ailleurs sidérant de voir, à de rares exceptions près, nos beaux esprits français, d'ordinaire si sourcilleux sur le respect de la laïcité, si prompts à la défendre même quand elle n'est pas menacée, tomber en pamoison devant le chef d'une des « Eglises » les plus obscurantistes sur terre. Paresse ou aveuglement ? Il y aurait pourtant beaucoup à redire sur le chef pas seulement « spirituel » des Tibétains. En effet, si son pays est dans la situation que l'on sait, il en est pour beaucoup responsable. Bel exemple du danger pour un peuple de s'abandonner à la religion et aux religieux pour la conduite de son destin. Car, au-delà des apparences et des affichages (le résistant à l'oppression), le dalaï lama aura essentiellement œuvré à la défense de sa religion et d'une théocratie archaïque au prix de l'indépendance de son pays, sans parler du bonheur et de la souveraineté de « son » peuple. Ce n'est bien sûr pas l'individu qui est en cause, mais ce qu'il incarne, si l'on ose dire.
Des sincérités successives et du renoncement
Les Chinois refusent mordicus de croire le dalaï lama quand il assure avoir renoncé à l'indépendance du Tibet. Sans trop avoir mauvais esprit, et si l'on ne tient pas la réincarnation pour une faribole (l'actuel dalaï lama, quatorzième en titre, et le premier, intronisé comme tel à la fin du XVIIe siècle, seraient le même…), ils ont des excuses.
Car enfin quand « le » dalaï lama est-il sincère ? Quand il reconnaît la suzeraineté de la Chine au début du XVIIIe siècle ou quand, profitant de l'effondrement de l'empire des Qing, il proclame l'indépendance du Tibet au début du XXe ? Quand, au début des années 30, il reconnaît la vassalité du Tibet envers la Chine ou quand, en 1950, après l'entrée de l'Armée populaire de libération au Pays des Neiges, « Sa Sainteté », telle que nous la connaissons maintenant, soutient la lutte pour l'indépendance ? Quand, en 1955, elle remercie le gouvernement chinois des « avantages qu'il a procurés au Tibet » ou quand, aujourd'hui, elle dénonce un « génocide culturel » ? Ou quand, enfin, au terme des années 80, elle déclare renoncer à l'indépendance et envisage de se contenter d'une large autonomie dans un Grand Tibet reconstitué ? Si l'on n'ose mettre en doute la sincérité « du » dalaï lama, difficile d'y voir autre chose qu'une navigation à vue sur la question fondamentale de l'indépendance du Tibet.
Les Tibétains pourraient bien finir par se poser la question de la fidélité du « chef spirituel » à la cause nationale. Les patriotes en tout cas, les plus jeunes d'entre eux notamment et les plus radicaux du Congrès de la jeunesse tibétaine. Eux réclament toujours l'indépendance. De quel droit le dalaï lama, lui, y renonce-t-il ? Quelle est sa légitimité ? Est-ce là la volonté du peuple ? « Sa Sainteté » se bat, en vérité, d'abord et avant tout pour le maintien et la prééminence de sa religion au Tibet. C'est, là, sa certaine idée de son pays.
Est-ce entièrement de sa faute ? De l'obscurantisme et de Sharon Stone
Pour sa défense, le dalaï lama est le produit de sa religion, la créature d'un clergé qui l'a formé -formaté- dès sa petite enfance (il avait 2 ans quand les religieux l'ont pris en main ! ). Sans en avoir lui-même conscience, il est la première victime du bouddhisme tibétain. Il n'est que la figure de proue d'une lignée bouddhiste qui a inventé la théorie de la réincarnation en chaîne du dalaï lama, divine trouvaille qui lui a permis de conserver, pour ne pas dire confisquer, le pouvoir au Tibet.
Il faudrait que les Chinois s'en aillent, certes… Mais il fallait sans doute qu'ils viennent. Sinon, les Tibétains seraient encore des serfs -ce qu'ils étaient, que cela plaise ou non. Le régime communiste est détestable à beaucoup de points de vue, à commencer par celui des droits de l'homme. Mais le régime qu'il a blackboulé au Tibet était bien pire encore, spécialement de ce point de vue, en raison du degré d'« assujettissement du Tibet à la classe des prêtres » pour reprendre l'expression de Giuseppe Tucci.
Jusqu'à 1950, le Tibet était une théocratie obscurantiste maintenant le peuple dans un état d'ignorance et d'aliénation invraisemblables. Il faut être bigrement aveugle pour ne pas reconnaître l'oppression du système mis en place par les religieux au Pays des Neiges, et sa perversité, tenant entre autres à ceci : si l'on est mal en point dans cette vie, c'est qu'on a fait quelque chose de mal dans une existence précédente ; pour améliorer son sort dans une incarnation future, il faut accumuler des bienfaits ; or, le meilleur des bienfaits, celui qui rapporte le plus de « points », consiste à nourrir les moines. Malin.
Les Tibétains ont toujours été pris entre le sabre et le goupillon
On a été bien injuste avec Sharon Stone quand elle a attribué le récent tremblement de terre au Sichuan et ses 80000 morts au mauvais karma des Chinois du fait de leur comportement au Tibet. Après tout, le dalaï lama n'avait rien dit d'autre à propos du séisme en Inde en janvier 2001 et du tsunami dans l'océan indien de noël 2004 : « C'est certainement le résultat d'un mauvais karma. Il n'y a pas de souffrances injustes. » Qu'il se trouve en Occident, en France en particulier, des gens pour s'agenouiller devant cette pensée de progrès, si pleine de sagesse et de tolérance, est proprement confondant.
Savent-ils tous ces gens que le dalaï lama condamne l'homosexualité (une « mauvaise conduite ») et l'avortement ? Savent-ils que dans l'idyllique société tibétaine sur laquelle il régnait avant l'arrivée des Chinois, on traitait (et on traite encore) les aveugles et autres handicapés en parias pour la raison que leur état est le signe qu'ils sont possédés par des démons ou qu'ils ont commis des péchés dans une autre vie ? Savent-ils que la merveilleuse justice tibétaine coupait les mains ou les pieds des voleurs récidivistes, par compassion et pour leur éviter de commettre de plus grands péchés ? Savent-ils aussi que dans cette société si évoluée, le dernier homme politique (laïc) à avoir tenté à la fin des années 30 de démocratiser le pays et de développer l'armée, menaçant de ce fait le pouvoir temporel du dalaï lama ainsi que les revenus et privilèges des religieux, fut accusé de complot contre l'Etat et condamné à avoir les yeux arrachés, châtiment sinon courant du moins en usage, à telle enseigne qu'on remettait au supplicié un médicament pour atténuer la douleur et dont le malheureux, avant de mourir, confia à ses fils qu'il était peu efficace ? Savent-ils enfin, c'est moins anecdotique qu'il y paraît, que le football durant l'enfance de « l'océan de sagesse » (traduction du mongol dalaï et du tibétain lama ; titre honorifique décerné pour la première fois au XVIe siècle par Altan Khan, quand le Tibet était sous la domination mongole) fut interdit par les autorités religieuses tibétaines, craignant que l'engouement suscité par ce sport n'affaiblisse leur emprise sur les esprits… ? De la naïveté
Un être éveillé peut-être, mais éclairé ? Après soixante ans de « règne » de l'actuel dalaï lama, au vu des résultats — la Chine est plus que jamais chez elle au Tibet —, on est en droit de se poser la question. Gyalpo Rinpoché, « Souverain très précieux » (dénomination employée par les Tibétains), a échoué. Comment ? En prônant, en imposant même la non-violence, seule voie possible. Tout en soulignant que la lutte armée serait suicidaire parce qu'inégale. Les Israéliens, les Palestiniens, les Irlandais, pour ne citer que ceux-là, s'en voudront d'avoir agi différemment.
Tout le monde peut se tromper, même l'« océan de sagesse ». La non-violence est sa plus grande erreur. N'est pas Gandhi qui veut. Mais surtout, la situation en Inde était rigoureusement inverse, et la non-violence rendue efficace par la résistance passive : rien ne pouvait fonctionner sans les Indiens. Qu'un Tibétain se croise les bras et il se trouvera mille Chinois pour le remplacer ! La non-violence, c'est bien quand ça marche, disait en substance Simone Weil, et que l'ennemi est d'accord.
Au train où vont les choses, si rien ne contrarie le mouvement, le Tibet sera bientôt submergé par les millions de colons han. Les Tibétains disparaîtront sans bruit dans l'océan du sang chinois. L'« océan de sagesse » ne pourra rien contre cet océan-là. Il est peut-être déjà trop tard. En Mongolie, le processus est presque fini, dit-on, au Xinjiang, il suit son cours. La submersion ethnique. Pékin use d'une autre expression : chan shazi, « ajouter du sable ». Mao, en son temps, avait justifié cette politique ainsi :
« La Chine est grande : nombreuse, vaste et riche en ressources naturelles. Mais ce sont les Han qui ont le nombre, et les minorités qui ont l'espace et les ressources. »
De fait, l'ethnie Han constitue 92 % de la population chinoise, le reste regroupant 55 minorités ethniques ou nationales, dont les Tibétains.
L'erreur de la non-violence n'est pas seulement due à une défaillance du jugement. Elle tient aussi à une certaine hypocrisie du bouddhisme tibétain qui, sur ce point, ne se distingue guère des autres religions. Il réprouve la violence, mais comment s'est-il imposé contre le bön, la religion qui prédominait au Tibet au XIe siècle, sinon par la force et l'assassinat ? Et comment la lignée des gelugpa, les Vertueux (dite aussi des bonnets jaunes) à laquelle appartient le dalaï lama, a-t-elle pris l'avantage sur les autres au XVIIe siècle (notamment celle des nyingmapa, les Anciens, dont le chef est le panchen-lama, deuxième autorité religieuse du Tibet) si ce n'est par le fer et par le sang… et avec l'aide des Chinois ? Et une fois sur le trône, histoire de ne pas se faire déloger, on trompète que la non-violence est sacrée. Malin, là encore.
Les meilleurs ennemis du monde
Le dalaï lama finira-t-il un jour par gagner la partie contre les Chinois ? Sa vision d'un grand Tibet reconstitué, commandée par le renoncement — définitif ? — à l'indépendance, semble relever d'un pari sur l'avenir et sur l'effondrement du régime communiste.
Or, c'est une vue de l'esprit de penser que, à l'instar de l'Empire soviétique, la fin du communisme à Pékin, qui arrivera bien un jour, permettrait ipso facto au Tibet de recouvrer la liberté. Comme si son « annexion » par Mao en 1950 était un accident de l'Histoire, et non le résultat d'une politique d'extension conduite résolument par l'empire du Milieu pendant trente siècles. Politique qui a abouti également à l'absorption de la Mandchourie, de la Mongolie, du Turkestan oriental et des régions méridionales. Il ne faut pas tout confondre, ni prendre ses désirs pour des réalités. Le Tibet n'est pas l'Allemagne de l'Est ni la Pologne. La muraille de Chine, c'est autre chose que le Mur de Berlin.
Mais, pour certains, tout serait en bonne voie : la pression de l'opinion publique internationale, les manifestations contre la flamme olympique, ont payé ; le dialogue a été rétabli entre Pékin et le dalaï lama. A-t-il abouti à une impasse ? Qu'à cela ne tienne, il reprendra, les babas boudd donneront de la voix ainsi que tous nos beaux esprits et grands intellectuels qui se battent contre la tyrannie à des milliers de kilomètres de distance.
Il faut être bien optimiste, naïf ou ignorant pour croire que la solution passe par là. Les discussions, c'est une constante des relations tibéto-chinoises depuis que le bouddhisme s'est installé au Tibet : les deux parties parlent et négocient depuis mille ans ! Dans le dessein, pour les religieux tibétains, de rester maîtres chez eux, pour les Chinois de rester maîtres du Tibet. Et en mille ans, pour conserver leur position au Pays des Neiges, les religieux tibétains ont fait toutes les concessions, abandonné des pans de souveraineté et des territoires entiers à la Chine.
En réalité, et c'est là le cœur de la tragédie tibétaine : Pékin et le dalaï lama ne peuvent se passer l'un de l'autre. Objectivement.
Les Chinois ne pouvaient rêver de meilleur ennemi que le dalaï lama. De moins dangereux, de plus inefficace. Ils ont tout intérêt à le conserver. En s'en prenant à lui, ils confortent son autorité et son empire sur les esprits, à l'intérieur comme à l'extérieur du Tibet. Ils empêchent l'émergence d'une révolte armée qui couve dans les rangs de la jeunesse tibétaine. Le dalaï lama, quant à lui, a intérêt à ce que Pékin s'en prenne à lui. C'est la seule façon qu'il a de pérenniser son pouvoir, le sien, mais aussi celui des gelugpa et plus généralement celui des hiérarques de la théocratie tibétaine, et de demeurer le « pape » du bouddhisme, qu'il n'est pas, sauf en Occident.
Un « jeu » qui, depuis des siècles, a toujours le même perdant : le peuple tibétain.
► A lire : « La Prisonnière du Tibet », de Patrick Hutin (éditions Robert Laffont)




















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De LaP
Motard a Perigueux | 11H14 | 12/08/2008 |
Ca donne à réfléchir en effet : Dès qu'on mélange politique (pouvoir temporel) et spiritualité, ça devient vite ingérable.
Pour cette raison, de nombreux chefs spirituels tibétains ont depuis longtemps toujours refusé de se méler de politique.
Si ca a pu leur eviter de se faire arracher les yeux, c'est pas bête de leur part…
Par contre j'ignorais que le Panchen Lama était chef de la lignée Nyingma. Pour moi il a toujours été Gueloug, et n'a rien à voir avec les Nyingmapas. Mais je me trompe peut-être.
Par contre en ce qui concerne la création de lignées de réincarnations, les dalai lamas ne sont pas les premiers…
Ma modeste contribution : Les textes disent qu'en effet, nourir des moines est vertueux, mais que la chose la plus vertueuse à faire est de se retirer des activités mondaines, et de méditer pour atteindre l'Eveil, pour le bien de tous les êtres quels qu'ils soient : )
à LaP
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 19H45 | 12/08/2008 |
@ LaP : Si on veut voir le bouddhisme tibétain selon Milarepa, c'est génial. Le Tibet comme exemple de développement social l'est moins. Idem pour les Soufis et les cénobites du bas Moyen-âge. Le religion est INTRINSÈQUEMENT un obstacle au développement d'une société dans le sens moderne du terme.
Voyez mon Évangile : -)
http://nouvellesociete.org/QB.html
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De esala
libéral égaré rue89 | 11H29 | 13/08/2008 |
c'est bien connu : quand plusieurs anachorètes se réunissent, ils deviennent cénobites.
et s'ils restent calmes, on peut « les cénobites tranquilles » ;
à esala
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 11H57 | 13/08/2008 |
Et s'ils pouvaient laisser les nôtres tranquilles (dit autrement : nous lâcher la grappe), eux et leurs disciples, ce serait encore mieux, hihihi.
à pierrejcallard
De LaP
Motard a Perigueux | 15H19 | 13/08/2008 |
Pierre :
Je ne connais pas vraiment les écrits qui rapportent ce qu'aurait dit le Bouddha à l'époque, mais je n'ai jamais entendu parler de choses en rapport avec la gouvernance d'un peuple, d'un pays, etc.
Du moins pas directement. Ce qui me fait penser que le bouddhisme ne traite pas de politique. Il s'agit d'une voie personnelle.
Je ne sais pas si la religion est forcément un obstacle, mais, j'ai été élevé dans le principe de la laïcité (la vraie, celle des gens cultivés, pas celle de Sarko), et bien que moi meme bouddhiste (qui l'eut crû), je serai toujours pour la séparation de l'eglise (quelle qu'elle soit) et de l'Etat.
à LaP
De MarcTibo
"Change Can Happen", Explorateur, O... | 05H47 | 14/08/2008 |
Et c'est sans doute le seul aspect positif de cet article ! Donner à réfléchir … mais il y a quand même certaines limites que même la rédaction de Rue89 - pourtant à la limite du libertaire - devrait établir.
D'abord, je remercie Pierre Haski de rééquilibrer le débat. Il est vrai que la théocratie Tibétaine post-invasion Chinoise laisse perplexe lorsqu'on écoute les discours à l'eau de compassion du Dalai Lama.
Qu'était véritablement la vie des Tibétains avant la Chine, le servage était-il si généralisé que cela ? Il y a des témoignages – pas toujours concordant, d'Alexandra David-Neel à Giuseppe Tucci – qui nous rappellent une vie moyenâgeuse mais qui s'accordent à reconnaître une vision différente de la vie, de l'être. Il y a également ceux tels que Michael Parenti, la RPC (et son musée de Lhassa) et apparemment notre auteur qui s'échinent à casser le mythe Tibétain. Il y a aussi des journalistes et chercheurs (Strong, Goldstein, les Gelder) si pressés de débugguer le mythe Tibétain que deux ou trois interviews suffisent pour leur donnent les clés du décodage. Si les motivations de la RPC ne font pas de mystère, j'ai un peu plus de mal à comprendre un romancier comme Mr. Hutain de nous servir l'argument de la secte obscurantiste et de son leader pas vraiment légitime qui ne sait sur quel pied danser. Si vous souhaitez critiquer, faites, le, mais avec un peu plus de respect. Que je sache, le Dalai Lama, et les Tibétains n'ont pas encore posé de bombes dans le centre de Beijing. Ni dans un métro Parisien. N'ont pas pris en otage une délégation de sportifs Chinois, ni armé des enfants. Et ne se sont pas engagé dans des stratégies subversives de gouvernements « amis ». Hollywood n'est pas l'Angola ou le Darfour que je sache. Quant à l'aide la CIA … quelle autre de 1950 à 1980 ? La France ? La votre ? Et pour votre information une partie non négligeable provient de personnes qui payent près de $5,000 pour s'asseoir et écouter des paroles qui semblent leur faire du bien. Vous y voyez du mal ?
Je n'ai aucune légitimité pour parler au nom du peuple Tibétain ni pour juger un moine en qui beaucoup trouve inspiration et espoir, et quant à la question essentielle à mes yeux des droits de l'homme et des peuples à disposer d'eux-mêmes, elles sont constamment violées, et pas seulement au Tibet (l'auteur devrait se pencher sur la question du Xinjiang, des relations Sino-Xiongnus, Sino-Mongols et Sino-Uyghurs). Il n'y a aucun doute – pour ma part – que l'invasion Chinoise a eu un effet électrochoc révélateur et salutaire. Il n'y a pas de souffrance inutile … lisez les écrits du Dalai Lama et d'autres Lama et vous vous rendrez compte de l'évolution de leur pensée. Si cela vous amuse de critiquer l'incohérence politique de cet homme, allez-y ! Il n'a pas fait l'ENA ni Harvard, il n'est pas habitué à la valeur immortelle de ces propositions ou positions politiques (complètement contraire à la pensée Boudhique) … j'imagine le père pépère Hutain assis dans son fauteuil s'imaginant découvrant des nouveaux pays mais pas un seul moment il n'imaginerait une mer ou un désert sans fin … pas évident de s'adapter. Vous savez, il avait un choix : être moine.
Par contre je souhaite éclairer ceux qui le veulent bien sur le Bouddhisme Tantrique Tibétain. Si vous ouvrez un jour le Bardo Todol (si possible commenté), vous vous rendrez compte que les moines ne font aucun mystère de la nature même du Bouddhisme Tibétain, de ses sources, de son évolution, de la présence des Dieux (différents de la conception Judéo-Chrétienne), de l'influence du Bon, … L'essence même du Bouddhisme est de se délivrer des souffrances de ce monde en se détachant de ses sources, tant que nous n'arrivons pas à nous libérer de nos attaches terrestres, nous revenons sur terre sous une autre vie. À l'inverse, une fois atteint l'état de Bouddha (ou l'éveil) le cycle de la renaissance est rompu. Un Bouddha peut alors choisir de revenir sur terre afin de guider d'autres personnes à atteindre l'éveil. Ce sont les Boddhisattvas, le Dalai Lama en est un. En le comparant à un Dieu vivant (concept très occidental), vous faites preuve d'obscurantisme.
Parlant « d'église obscurantiste », je me demande qui est aveugle ou paresseux. Je trouve votre article insultant, il cherche à détruire plutôt que construire. Auriez-vous l'honnêteté de nous dire si vous avez vous-même demandé à des Tibétains de partager leur foi, leur vécu, leur expérience spirituelle ou leur délivrance d'un esclavage spirituel qu'ils ont subi toute leur vie ? Votre dernière phrase est d'ailleurs amusante … « Un “ jeu ” qui, depuis des siècles, a toujours le même perdant : le peuple tibétain “ cela me fait penser au peuple Palestinien …
J'espère que votre roman est un peu plus fouillé. Tout au plus je souhaite que vous ayez réussi à convaincre quelques riverains de l'acheter. Le lire par contre … j'espère que vous aurez fait un effort de style.
De moijepense
11H17 | 12/08/2008 |
BRAVO et merci
quleques petits détails sur le financement du Dalai Lamaet de sa secte n'auraient pas éte superflus
à moijepense
De dinlay
(Mai 68 pas mort) | 17H17 | 12/08/2008 |
Plus tard, dans quelques années, dans beaucoup d'années… on nous distillera des bribes de vérité.
En attendant, il n'est pas inutile de savoir que depuis le tout début du conflit, depuis la fuite de 1959, le Dalaï Lama est soutenu à bout de bras par la CIA.
Il est tellement gentil cet homme-là, n'est ce pas ?
C'est une icône du « monde libre ».
à moijepense
De amipb
Chef de projet à Barcelone | 10H48 | 13/08/2008 |
Qu'est-ce qui vous empêche de vous renseigner. Les comptes sont publics. Par ailleurs, financement par la CIA ou pas, qu'est-ce que ça change pour les tibétains ?
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 11H24 | 12/08/2008 |
Magré ton agressivité occidentale , nous ne te respectons , frère Patrick , comme nous respectons tous les insectes qui vivent , marchent , volent , grattent le papier et rampent sur la terre .
Et nous allons prier en rond avec le Grand Précieux pour ton miserable Karma :
ding , ding .
ooooOOOOOOOOOM ! oooooooOOOOOOM ! oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooM !
oooooOOOOM !
POOON ! POOON !
à Numerosix
De Pépé la Jactance
insituable | 12H17 | 12/08/2008 |
« Prier en rond » et ron petit patapon, Pin Pon Pin Pon, attention Numérobis, une belle voiture blanche arrive avec une croix rouge dessus ; -)
à Numerosix
De OISANS38
retraitée | 13H17 | 12/08/2008 |
à numérosix : beau lapsus calamae !
Vous avez écrit : « nous ne te respectons, comme… » la suite logique de « ne » est « pas ! ! ! !
Quand devons-nous vous croire ?
à OISANS38
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 15H34 | 12/08/2008 |
Quand devons-nous vous croire ?
-Quelquefois, mais pas souvent .
Cordialement
à Numerosix
De petit pain
16H26 | 12/08/2008 |
.
S'agit-il de croire ?
.
à Numerosix
De Libertad
citoyenne et altermondialiste | 08H45 | 13/08/2008 |
Merci Numérosix ! Comme tu le dis, nous allons prier pour le misérable Karma de frère Patrick et de sa clique d'obtus incultes.
Tashi Deleg !
De pete sampras
étudiant | 11H24 | 12/08/2008 |
http://carpediempolitique.hautetfort.com
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 11H26 | 12/08/2008 |
Ils ont interdit le Football , les Tibetains ?
Ca , c'etait bien , quand meme ..
à Numerosix
De moijepense
14H59 | 12/08/2008 |
Vous avez déja mangé dans un resto tibètain vous ? moi oui et je peux vous dire que la « bière tibètaine chaude “ c'est autre chose que la Kro ! !
à moijepense
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 15H48 | 12/08/2008 |
Hola oui . Les momos du resto Tibetain à coté de la Katmandou Guest House dans le quartier Thamel sont un vrai délice ainsi que ceux du restaurant de la Rue St Geneviéve à deux pas du Panthéon ..
( A moi faut pas m'en raconter question aventure au coin de la rue avec le Guide du Routard Népal et le guide de l » Etudiant , parce ce que vraiment j'en ai bavé )
à Numerosix
De moijepense
16H14 | 12/08/2008 |
non non moi je te parle des années 80 à Darjeeling chez les réfugiés… l'eau chaude versée directement sur l'orge dans un bout de bambou tu attends 5 minutes … ca ca décoiffe sec !
à moijepense
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H09 | 12/08/2008 |
J'imagine ..
à Numerosix
De FreddySpow
17H30 | 12/08/2008 |
« Ils ont interdit le Football , les Tibetains ?
Ca , c'etait bien , quand meme .. »
Daccord avec toi numerosix, voila un indéniable bon point pour eux !
j'aime les gens qui interdisent le football
ils sont si rares
j'ai moi-meme interdit le football
y'a pas plus tard que 3 jours
mon voisin de camping immatriculé 01 et qui arbore un tee-shirt FCB avait mis son autoradio a fond les mannettes pour suivre un match en direct
je suis intervenu : « bonsoir, excusez-moi, vous allez certainement me trouver tres desagreable mais là je n'ai pas envie d'ecouter un match de foot »
je pense qu'il m'a effectivement trouvé tres desagreable, en tout cas il a baissé le son, n'ai plus entendu qu'un filet mignon et indistinct des vocalises du commentateur, se confondant avec un paon qui criait « leon » non loin du camping
les tibetains ont-ils interdit les paons ?
la question me travaille desormais…
si il lit rue89, peut-etre qu'il pense que je suis pro-tibet maintenant… (le voisin, pas le paon)
ps : sa femme m'a trouvé moins desagreable semble-t-il, elle est passé ce matin devant moi en m'adressant un « bonjour » tres souriant… (elle doit etre pro-tibetaine elle aussi…)
ps2 : saisi d'un soupcon je suis allé verifier sur wikipedia si les paons ne venaient pas de chine, en fait pas vraiment mais ô surprise, le paon figure sur le drapeau de la Ligue nationale pour la démocratie Birmane…
les paons sont donc boudhistes ! normal qu'il essayent de couvrir l'autoradio du voisin… CQFD
De sapsanyi
11H26 | 12/08/2008 |
La dalai lama cumule les fonctions religieuses et politiques. C'est peut-être la qu'est le problème. Mais personne d'autre ne fédère et ne peut se faire entendre sur la scène internationale. Sauf peut-être le Congrès de la jeunesse tibétaine qui tend à se détacher du vieux leader ?
la où je ne vous suis pas c'est lorsque vous parlez des atrocités commises au nom de la religion. je ne remets pas en cause les faits que vous citez mais nous sommes en 2008 et c'est le pouvoir chinois qui a pris le relais, ce n'est pas plus reluisant. Les tibétains quand à eux ont certainement évolué de ce coté vous ne croyez-pas ? Enfin, je suis tentée de croire qu'ils devraient pouvoir tenter leur chance de vraiment diriger leur pays-région-province autonome ( je suis pas sure de la dénomination à adopter).
Autre problème dont on ne parle jamais : si vous vous êtes déjà baladé à Xiahe, vous avez pu constater que le ville est coupée en deux : un côté ouigour et un coté tibétain. POur cette séparation si nette ? est-ce la volonté des autorités chinoises ou bien l'incapacité des deux communautés à vivre ensemble ?
De jmendes
cadre | 11H30 | 12/08/2008 |
Merci Patrick, je pense que tu dénonces beaucoup de chose dont les occidentaux ne sont pas au courant
Ton texte nous donne a réfléchir et permets d avoir une nouvelle vision de ce qui se passe la bas
à jmendes
De V.B.
Doctorant | 11H02 | 13/08/2008 |
Dommage que ca soit une vision qui à la fois déforme la vérité historique, fait montre d'un manque de recul, est fortement influencé à la fois par la propagande chinoise et par un manque manifeste de connaissance du boudhisme en général.
De edo
et alors? | 11H35 | 12/08/2008 |
En très résumé, le dalaï est un con mais plus que le gouvernement chinois ? Donc autant laisser les chinois détruire une civilisation/culture.
Suivons ce raisonnement un peu plus loin : Hitler, un gros con, on est bien d'accord ? Staline aussi, ben si quand même, il était pas très très gentil. Mais c'est pas grave car il était moins vilain que ce très vilain Hitler.. Youpie !
J'adore ce genre de raisonnement digne d'un collégien et qui est le votre, enfin tout du moins dans votre présentation.
Qui vous dit que le Tibet ne se serait pas modernisé lui aussi sans les Han ? Soyons un peu fous et peut être aurait il pu suivre le destin du Bouthan qui semble une bien tranquille contrée alors que sombrement dominé par un ignoble roi (enfin anciennement je sais).
Enfin, rien ne justement l'empêchement « des peuples à disposer d'eux même », ça fait peut être grand phrase passéiste mais pas pour moi : je préfère un peuple qui cherche sa voie plutôt qu'un autre la lui dessine (et là franchement c'est plus on gomme tout et on reprend le pinceau).
ps : qui devrait peut être en préambule, oui il y a beaucoup de conneries dites ou faites par les occidentaux là dedans, vous en relevez moults mais ca ne justifie toujours pas votre point de vue
à edo
De LaP
Motard a Perigueux | 12H54 | 12/08/2008 |
> Qui vous dit que le Tibet ne se serait pas modernisé
> lui aussi sans les Han ?
Ben ils restaient dans leur fonctionnement paysan « basique » tout à fait volontairement à cause d'une ancienne prophétie (1000 ans d'âge) qui disait un truc du genre « Quand il y aura des chariots avec des roues et des oiseaux de fer dans le ciel, le Tibet sera détruit et son peuple éparpillé aux 4 coins du monde ».
C'est une des raisons pour lesquelles ils étaient allergiques à tout progrès. Ca a pas empéché les oiseaux de fer de se poser chez eux pour leur vomir les militaires communistes.
à edo
De pitchounette
cinéphile | 15H42 | 12/08/2008 |
Tout à fait d'accord avec vous, edo. Cette critique du dalai lama me paraît profondément injuste et pleine d'une agressivité inexplicable. Il est un peu fort d'accuser le Tibet de 1950 de tous les maux alors même que le 13ème dalai lama (le prédécesseur de l'actuel) a accompli des réformes considérables avant même l'invasion chinoise de 1950 pour la modernisation (notamment politique) de son pays. Efforts que son successeur poursuit aujourd'hui inlassablement. Comme par hasard, l'article omet de rappeler que le gouvernement en exil de Dharamsala est bel et bien un gouvernement laïque avec un premier ministre élu, et que le Dalaï Lama, grâce à ces réformes qu'il a accompagnées, n'est rien de plus qu'un « honorable conseiller » de ce gouvernement (un peu comme la Reine d'Angleterre est la souveraine honorifique du royaume tout en étant chef de l'Eglise Anglicane).
Pour ce qui est de la ligne non-violente du Dalaï Lama, comment pourrait-il en être autrement ? Depuis l'annexion chinoise, il y a eu de multiples révoltes armées de la part des tibétains (notamment en 1989). Toutes ont été matées par le pouvoir chinois dans un véritable bain de sang. Pire, à chaque fois, la Chine a pris prétexte de ces révoltes pour intensifier encore la sinisation du Tibet et l'anihilation de la culture tibétaine.
Quant aux prétendues velléités du Dalai Lama de soi-disant tout faire pour s'assurer que sa propre dynastie conserve la mainmise sur le bouddhisme tibétain cela n'a aucun sens : le Dalai Lama a publiquement indiqué, à plusieurs reprises, qu'il souhaitait que ce soit le peuple tibétain qui décide de la pérennité de l'institution à sa mort, par référendum.
Bref, prétendre que l'intervention de la Chine aurait été bénéfique pour sortir le Tibet d'un prétendu régime féodal cruel, c'est une vaste blague : d'abord parce que point de vue cruauté, la Chine de Mao se pose là ! Ensuite et surtout parce-que la transition vers un régime éclairé était déjà en marche avant l'invasion chinoise. Sans l'invasion de la Chine, il y a fort à penser que le régime tibétain aurait poursuivi son évolution pour ressembler à quelque-chose comme le gouvernement en exil de Dharamsala, qui, encore une fois, est un gouvernement laïque et démocratique.
à pitchounette
De violeta
psy | 15H53 | 12/08/2008 |
« LA » vérité est toujours au milieu du fleuve : difficile d'aller la rechercher et… au milieu justement !
à pitchounette
De moijepense
08H56 | 13/08/2008 |
Qui paye les factures de gaz et d'électicité ? les fidèles par leurs dons ? des subventions ? de qui ?
il publie des comptes avec un budget ce gouvernement laic et démocratique ? je serais bien curieux moi de savoir qui paye les chateaux en France ?