Dans le film d'animation « Wall E », les hommes déléguent tout à leurs robots. Une fiction ? Plutôt une anticipation. Démonstration.
C'est le carton ciné de l'été. « Wall E », le dernier né du studio d'animation Pixar dont la critique (presque) unanime a dressé les louanges, a déjà attiré plus de 740 000 spectateurs la première semaine dans les salles françaises, prenant presto la tête du box-office, loin devant « Hulk », l'autre grosse sortie de l'été.
Les héros de cette épopée romantico-écologico futuriste ? Deux robots, seuls sur une Terre que l'homme a dû fuir, chassé par la pollution et la prolifération des déchets. Avec une grande maestria graphique, le film montre des humains obèses, confits dans l'oisiveté, se déplaçant dans des fauteuils roulants (enfin, « lévitants »), laissant une myriade de robots s'occuper de tous les travaux à bord de la station spatiale où ils sont réfugiés.
Une des interrogations du film tient dans cette nouvelle distribution des tâches : si les robots sont partout, quelle place reste-t-il aux hommes ? Et ce n'est pas qu'une question théorique, à réserver à nos arrière-petits-enfants. Ainsi, lors du dernier Salon de la recherche et de l'innovation début juin, le Laas, laboratoire du CNRS, présentait son travail sous la forme d'un robot humanoïde qui se mouvait et déplaçait des objets avec une agilité confondante.
Un des scientifiques présents me confirma ce qu'un de ses collègues m'avait déjà confié deux ans auparavant : les robots humanoïdes capables de remplacer l'homme dans la majorité de ses tâches seront sur le marché d'ici vingt à trente ans.
Des robots humanoïdes aussi génériques que nos ordinateurs actuels
Pourquoi humanoïde ? Parce que ces robots devront pouvoir agir dans le même environnement que le nôtre et utiliser les mêmes outils. Ils seront aussi génériques que nos ordinateurs actuels, pour que chacun les utilise sans grande préparation, et seront suffisamment polyvalents pour que le même robot soit capable d'ouvrir une porte ou bien de visser un boulon.
Certains robots d'aujourd'hui sont perçus comme d'aimables amusements. comme le Qrio de Sony… (Voir la vidéo.)
… ou le Asimo de Honda : (Voir la vidéo.)
Pourtant, une véritable course s'est engagée dans ce domaine. Les laboratoires s'attachent autant à présenter des robots qui nous ressemblent qu'à résoudre des problèmes liés à l'intelligence (le déplacement anthropomorphe [reproduisant la démarche humaine, ndlr], la préhension, la vision, l'interaction avec les humains, le développement d »équivalents à nos sens).
C'est sans doute pour être en tête de cette compétition que le gouvernement sud-coréen souhaite que chaque foyer intègre un robot d'ici à 2015-2020. De son côté, le Japon souhaite développer des robots intelligents de seconde génération exportables à travers le monde en 2015.
Le ministère japonais de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie a consacré en 2007 près de 2 milliards de yens au soutien de projets de robots parfaitement autonomes et aptes à prendre leurs propres décisions sur leur lieu de travail.
Le gouvernement japonais estime que le secteur de la robotique sera une composante essentielle du développement économique pouvant atteindre un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 26 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.
Jobs possibles : cueillir des pommes, servir au comptoir, changer les couches…
Le but d'une robotisation n'est pas forcément de produire plus et mieux qu'un homme, mais de le supprimer. Toutes les tâches dépendantes du savoir-faire plutôt que de la conception sont susceptibles d'être robotisées : cueillir des pommes, réparer une automobile, traduire, servir derrière un comptoir, s'occuper d'élevages d'animaux, changer les couches d'un enfant ou pratiquer une opération du cerveau.
Et contrairement à ce que l'on peut imaginer, ce sont les services à la personne qui pourraient être robotisés en premier : au Japon et en Corée, les robots sont d'abord envisagés comme aides aux personnes âgés. L'automatisation a amélioré la rentabilité en améliorant la productivité humaine. La robotisation améliorera la rentabilité en retirant l'homme du processus de production.
On pourra avoir un exemple de l'impact de la robotisation sur le travail avec les voitures robotisées qui seront sur le marché bien avant les robots humanoïdes. Aux Etats-Unis, le Pentagone a décidé que dès 2015, un tiers de ses véhicules terrestres devrait rouler sans pilote. La Darpa organise pour cela des courses ouvertes aux constructeurs du monde entier,
comme l »Urban Challenge. (Voir la vidéo)
On peut supposer que les premières voitures robots appartiendront à des sociétés de taxi. Cela n'a rien d'étonnant puisque 18 véhicules de ce genre sont en cours de test à l'aéroport britannique d'Heathrow et d'autres au nouveau centre d'exposition de Rome ainsi qu'en Espagne dans la ville de Castellón, dans le cadre du projet européen CityMobil, qui réunit 10 pays et 28 partenaires dont la RATP et l'Inria. (Voir la vidéo)
Des problèmes de droit se poseront inévitablement lorsque ces voitures s'inséreront réellement dans la circulation, comme la responsabilité en cas d'accident. Mais une solution juridique finira inévitablement par s'imposer. Dès lors, tous les taxis de France seront menacés de disparaître, et parce que la robotique est parfaitement générique et versatile, ce seront les chauffeurs de bus, les transporteurs routiers et les livreurs qui seront remplacés en une à deux générations automobiles, c'est à dire entre quatre et huit ans.
Comme toutes les nouvelles technologies, les robots adaptés au marché s'imposeront en moins de dix ans. Dès lors, aucune entreprise ne pourra faire l'économie de sa robotisation massive pour rester dans la compétition économique. Aucun pays ne pourra se l'interdire si son voisin l'autorise, et à moins que toutes les nations ne reviennent à un fonctionnement autarcique, l'ensemble de la planète robotisera le travail.
Nos sociétés doivent se préparer à la raréfaction brutale du travail
Selon l'évolution actuelle de la robotique, la raréfaction du travail interviendra d'ici vingt à trente ans au maximum, et elle surviendra à une vitesse telle que nos sociétés seront incapables de réagir correctement. C'est à ce défi qu'il faut faire face, et non pas à la fin du travail, qui reste néanmoins un aboutissement quasi certain.
Nous devons préparer nos sociétés à supporter la raréfaction brutale du travail :
- Que signifie-t-elle pour nos sociétés construites sur la valeur travail ?
- Quelle sera la reconnaissance sociale pour ceux qui ne travailleront pas ?
- Comment organiser le travail rare ?
- Le travail rare est-il encore travail ou bien l'accès réservé à une source d'enrichissement pour quelques privilégiés ?
Et surtout, comment va-t-on redistribuer la richesse demain, quand l'on sait que dans la France d'aujourd'hui, les revenus du travail restent plus imposés que ceux du capital -en 2002, le taux implicite sur le travail était de 41,8 % et le taux d'imposition implicite sur le capital de 36,6%, selon la Commission européenne ? C'est un fait, la question n'est plus « comment faire pour que les gens travaillent encore ? “, mais ‘comment faire pour vivre sans dépendre de son travail ? . Le questionnement essentiel d'un certain Karl Marx, en somme…
Photo : Wall E, robot-héros du dernier dessin animé signé Pixar (Walt Disney).




















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à Jean-François@Carenton
De elLolo
15H37 | 10/08/2008 |
J'ai du mal à comprendre cette agressivité qui, en plus, sent l'ignorance à plein nez (et la bêtise).
Vos boutons STOP et REWIND font parties du quotidien, donc de la réalité : lecteurs de musiques, de DVD, de Blue-ray, télécommandes de Tv, etc. Il sont faciles à associer à n'importe quelle séquence connue d'actions donc à la cueillette de fraises ou au serrage de boulons… Vous avez besoin de mettre des sentiments pour ÇA ? ! « Mon petit boulon, ne t'ai-je pas trop serré ? » dira le robot sentimental ? Dans la réalité, il y a plein de choses automatisables.
Pendant que vous vous foutez des développements technologiques, les japonais (depuis l'État) investissent énormément dans la conception de robots pour l'aide à la personne. Demain, il y aura peut-être une volonté de la société pour généraliser leur usage (pourquoi prendre des congés maternité et s'occuper de votre nouveau né alors que le robot peut le faire ? ! Au boulot ! ).
Plutôt que de regarder votre nombril et de vous moquer de ce qui est montré à « des journalistes (stagiaires ? ) incultes », vous devriez commencer à vous demander comment empêcher l'introduction de robots là où les relations humaines sont importantes (par exemple les services à la personne, le changement des couches de bébé), et les multiplier là où la main humaine n'apporte finalement rien (le fameux serrage de boulons).
à elLolo
De Jean-François@Carenton
19H15 | 10/08/2008 |
C'est pas de l'agressivité, c'est de la lucidité. Je suis ingénieur depuis 30 ans, alors les effets d'annonce sur les révolutions technologiques, ça me fait rigoler. Citez moi UNE seule avancée technologique dans le dernier quart de siècle : le TGV, Ariane, l'homme sur la Lune, les PC, les fibres composites ? Que dalle. La robotique, l'intelligence artificielle, ce sont des disciplines qui n'ont STRICTEMENT rien pondu depuis 30 ans.
Qu'on puisse penser que l'objectif ultime de la science ce soit un robot pour torcher les bébés, je n'aurais jamais pensé qu'on puisse descendre aussi bas. L'exemple vient de vous, merci. Moi, pour ça, j'étais plutôt dans le genre analogique, genre contact humain. Je ne pensais pas perdre mon temps.
Qu'on puisse dire « pourquoi prendre des congés maternité et s'occuper de votre nouveau né alors que le robot peut le faire ? ! » est honteux et consternant. Vous avez pensé à la SPA ?
JFT_Charenton
à Jean-François@Carenton
De Tyb
(par ici, par là) | 09H22 | 11/08/2008 |
« Citez moi UNE seule avancée technologique dans le dernier quart de siècle : »
Internet (le WWW plus précisément), le WiFi, la micro-micro-informatique (baladeur mp3, UMPC, et autres téléphones portables), les écrans plats, les drones, etc… etc… etc…
à Tyb
De Jean-François@Carenton
10H32 | 11/08/2008 |
Wow, le WiFi, exploiter la bande 2.4 GHz pour transmettre de l'information, comme les Talky-Walky Fischer Price, ça c'est de la révolution technologique. Mettre des caméras sur des petits avions munis de moteurs de tondeuse à gazon avec une liaison RF, c'est trop cool.
Vous êtes exactement la preuve de ce que je dis : comme vous êtes sevré de toute innovation technologique depuis 1/4 de siècle (= une génération), le moindre « buzz » sur « Ça m'intéresse » vous apparait comme une avancée majeure de l'Humanité ; le mec qui a inventé la télé HD, et celui qui a inventé le format DVD, ils devraient mériter le prix Nobel, non ?
A propos, tiens, juste une info, le mec qui fait gagner des 100taines de milliards de dollars aux Coréens, le mec qui a travaillé sur les cristaux liquides (dans ta tête, traduis « LCD » et « TFT »), c'était un Français, Pierre-Gilles de Gennes. Lui c'était un Savant.
JFT_Charenton
à Jean-François@Carenton
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H11 | 11/08/2008 |
Le nanotube de carbone ?
Le décryptage du génome humain ?
Les cellules souches ?
Le four micro-onde ?
L'airbag ?
Je suis d'accord avec toi, montrer des robots qui font mumuse avec une balle, c'est pour montrer à la masse que finalement les chercheurs font quelque chose, car s'ils commencent à expliquer les recherches sous-jacentes et les détails techniques de leur découverte, il n'y a plus personne dans la salle…
Mais oser dire que rien n'évolue depuis 30 ans, c'est n'importe quoi !
Si 30 ans d'ingénierie ça rend aussi blasé de la vie, je vais continuer à me ruiner la santé en espérant claquer avant d'en arrive là : D
à elLolo
De Pourquoi
être pensant | 21H24 | 10/08/2008 |
Pourquoi doit on investir pour que des machines aident la personne et pas pour que des personnes n'aient pas besoin de machine.
C'est pas rentable ?
Cela rendrait trop indépendant ?
De delavergne
journaliste | 12H27 | 10/08/2008 |
Très intéressant ce sujet. Merci François Bugeon.
Le dernier « Un oeil sur la planète » était consacré au Japon. Instructif, comme d'hab'. Pour ceux qui ne l'ont pas vu, un chercheur - qui avait son humanoïde - expliquait simplement que pour eux le robot est complémentaire à l'homme. C'est un ami. Alors que pour nous, occidentaux, c'est la méfiance qui prévaut.
Perso, je ne comprends pas comment sur une planète surpeuplée, on continue à tout robotiser et à supprimer du travail pour l'homme… Mais bon, je ne suis qu'un Français terre à terre ; -)
à delavergne
De h2b1
Retraité & Bénévole | 17H04 | 10/08/2008 |
moi aussi, très terre à terre, merci delavergne.
juste une pensée : le travail pour l'homme est-ce une obligation, une nécessité ou vraiment un plaisir ?
Si ce n'est pas un plaisir, vive les robots qui bossent !
à delavergne
De meg
20H32 | 10/08/2008 |
Le Japon commence à vieillir et la population en age de travailler va se réduire considérablement. Les japonnais n'aiment pas beaucoup l'immigration. Ils viennent par exemple de voter de nouvelles lois imposant la prise des empreintes digitales des voyageurs étrangers qui passent dans les aéroports nippons* (les immigrés coréens vivant au Japon depuis le XIXeme ont encore un statu d'étrangers). Pour soigner sa population vieillissante l'Europe « pense » plutôt à l'immigration, alors que le Japon semble préférer la robotisation, d'ou cette recherche dans le secteur des « aides aux personnes ». La culture insulaire et assez repliée du Japon et les problèmes de surpopulation doivent jouer dans ce choix (j'accuse pas les japonnais de xénophobie, quant on habite un pays doter d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale on a pas de quoi pavoiser). Comme cela a été dit dans un commentaire, les japonnais sont moins méfiants (ou plus enthousiastes) que nous vis à vis de la technologie, tout cela peut expliquer cette frénésie pro-droïdes au soleil levant. Je ne pense pas que l'Europe va se robotiser de la même manière.
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La robotisation de certaines tâches dangereuses, contraignantes ou abrutissantes me semble souhaitable. Mais je pense par exemple au gâchis qui est fait avec les OGMs, une technologie qui me semble avoir un potentiel énorme mais qui est très mal utilisé à cause de la logique de profit du capitalisme. Je me souviens d'une annonce dans le JT, je devais avoir 10 ans. Un mec en blouse blanche présentait les OGMs qui venaient juste d'être « mis au point » et déclarait très enthousiaste qu'« il n'y aura plus jamais de faim dans le monde ». 20 ans plus tard voyons le résultat…
Alors pour la robotisation du service à la personne qui libérera l'Homme du travail, je le sent pas.
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* Sur les empreintes digitales au japon, le blog d'une française expatrié au Japon ;
http://lariviereauxcanards.typepad.com/la_riviere_aux_canards/2007/10/re…
http://lariviereauxcanards.typepad.com/la_riviere_aux_canards/empreintes…
De lesuperdidou
Saltimbanque | 12H33 | 10/08/2008 |
Qui veut faire sa lessive à la main au lavoir en bas de le rue ?
à lesuperdidou
De Jean-François@Carenton
21H45 | 10/08/2008 |
La machine à laver, dans sa forme actuelle, a été inventée à la fin des années 40. C'est pas un robot qui simule la Mère Denis avec son battoir et son accent à la con. Il n'y a pas un gramme de robotique là dedans et ça marche très bien (et sans doute à cause de ça).
JFT_Charenton
PS : il est intéressant de remarquer tout ce qu'il y a de rétrograde dans ce qu'on nous présente comme des robots « modernes » : un corps surmonté d'une tête avec 2 yeux, deux bras prolongés par 2 mains, tout ça en tôle galvanisée, c'est la science-fiction des années 30. Les vrais robots, ceux qui soudent des pipe-lines, qui posent des câbles sous-marins, etc… sont infiniment plus complexes, et plus intéressants. Ils ressembleront à quoi, les robots-torcheur-de-bébé, ou les releveurs-de-vieux-qui-vient-de-tomber ?
à Jean-François@Carenton
De Lupus Michaelis
Instantiation en cours... | 02H24 | 11/08/2008 |
La machine à laver est pourtant un robot ménager.
Et puisque tu es ingénieur, tu sais très bien pourquoi il y a tant d'efforts sur les robots humanoïdes : c'est rassurant. Parler à un « être » qui nous ressemble est rassurant. C'est stupide, mais les humains le sont généralement.
Quand à comparer la compléxité de robots donc l'utilité n'est pas la même est particulièrement malhonnête.
On ne peut refuser aux concepteurs de robots humanoïdes l'exploit de faire tenir un robot humanoïde debout, de le faire marcher, voir courir, qu'il soit capable de percevoir son environnement de manière assez semblable à ce que perçoit l'homme.
Quand au releveur de vieux, tu m'excusera, mais j'aurais moins honte de dépendre d'une machine que d'un humain. Parce que le sentiment de dépendance sera moins honteux vis-à-vis d'un être artificiel plutôt que d'un humain.
Par contre le torcheur de bébé, dans une société sans travail je n'en vois l'intérêt que dans les crêches, ou les centres de reproduction automatisés ; )
à Lupus Michaelis
De Jean-François@Carenton
04H14 | 11/08/2008 |
L'expression « robot ménager », ça vient de chez Moulinex. Une machine à laver déroule un programme basique, jusqu'il y a quelques années codé en dur dans une série de cames et de switchs. Par contre les « rovers » qu'on envoie sur Mars ont effectivement des capacités d'adaptation en fonction de la nature du sol, de la pente, etc. Réagir d'une façon non triviale en fonction d'un environnement changeant, là ça devient intéressant.
Je reconnais que concevoir un robot bipède qui ne se casse pas la gueule est hyper pointu, c'est effectivement un exploit, qui ne sert à rien. Le côté humanoïde ne sert à rien. Maintenant, si on veut une image rassurante devant soi, on peut utiliser un miroir (pour les névrosés), une peluche ou une icône, à la limite une télé bloquée sur JP. Pernaut, mais franchement, un robot, c'est malsain.
De Saheyus
Rêveur invétéré | 12H48 | 10/08/2008 |
« Si les robots font tout le boulot, que va faire l'homme ? »
Vivre, peut-être ? On peut toujours rêver un peu et imaginer que les humains comprendraient que le « boulot » n'est pas leur vie, tout comme l'entretien de leur corps et de leur esprit n'est pas un « boulot ». A partir de ce point, on peut toujours imaginer des gens ne travaillant que quand ça leur chante pour faire le boulot qui leur plaît, on pourrait aussi imaginer imaginer que les arts et la philosophie pourraient devenir des occupations plus courantes, plus sérieuses et mieux estimées. Et puis, une vie, est-ce assez long pour aimer, apprendre et rire ?
Je sais, je délire.
Mais, de toutes façons, la question ne se pose même pas pour moi. Enfin, pas pour beaucoup de monde, juste pour une toute petite élite. Car ce que la contre-utopie de Wall-E a d'incohérent et d'invraisemblable, ce ne sont pas les robots, ce n'est pas l'usage qu'en font les humains. C'est bien plutôt que nous n'aurons jamais l'énergie fossile suffisante pour faire tourner quoi que ce soit qui y ressemble à grande échelle (les voitures, les fauteuils volants, les robots humanoïdes, ça sera seulement pour les élites, vous en faites pas), et que d'ici à ce qu'on aie épuisé totalement pétrole, gaz et charbon, et qu'on songe réellement à une exploitation ingénieuse des énergies renouvelables, on aurait déjà fait sauter la Terre et l'humanité aura à moitié disparu.
Et les animaux eurent beaucoup d'enfants, fin.
« les robots humanoïdes capables de remplacer l'homme dans la majorité de ses tâches seront sur le marché d'ici vingt à trente ans. »
Et ils ont prévu de les faire marcher à quoi, au juste ? Dans 20 à 30 ans, on sera en pleine crise de l'après-pétrole, on sera en pleine pénurie d'uranium. Le moment idéal pour faire des bêbêtes mécaniques à tout va, c'est évident.
PS : Qu'on ne s'y trompe pas, j'ai beaucoup aimé Wall-E. Mais je ne considère pas ce film comme un film « futuriste », mais un film « utopique ». Il présente notre société telle qu'elle serait si elle avait les moyens et l'envie d'amener la société de consommation au dernier degré. Ce n'est pas un film prophétique, on ne pourra jamais faire ce que les humains ont fait dans Wall-E, mais ça doit justement nous pousser à réfléchir sur MAINTENANT.
à Saheyus
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 16H52 | 10/08/2008 |
Je ne m'inquiète pas pour l'énergie. Les énergies du futur renouvelables ou pas sont déjà dans les cartons de groupes comme Total, Suez, Bolloré et consœur.
Simplement, dans une logique de prix maximum, a quoi bon mettre sur le marché des énergies concurrentes au pétrole alors qu'il suffit de continuer sur celui ci jusqu'a son épuisement (donc de monter à son prix maximum) puis d'embrayer directement sur la nouvelle énergie au même prix que la dernière goutte de pétrole ?
Dévoiler maintenant les énergies développées serait une erreur de businessman débutant.
à Homer555
De Saheyus
Rêveur invétéré | 17H35 | 10/08/2008 |
Oui sans doute, mais comme je l'ai dit, on aura rasé la moitié de la planète avant que ça n'arrive. Si les grands groupes attendent la fin du pétrole, puis la fin de l'uranium, puis la fin du gaz, puis la fin du charbon, les guerres pour l'appropriation des ressources naturelles et la destruction de l'environnement viendront a bout de l'humanité tôt ou tard.
De kdb
12H47 | 10/08/2008 |
pour quoi pas instaurer aux patrons une sorte de cotisation pour tout robot qui fait le travail d un humain
à kdb
De otto didakt
citoyen en colère | 20H24 | 10/08/2008 |
et pourquoi pas la révolution et le pouvoir dans les mains du peuple pendant que vous y êtes ?
hi hi
De stangrof
13H16 | 10/08/2008 |
Bonjour, ce film est une éniéme expression de la déshumanisation. Notéz que ces « robots » ont des « émotions » et que le robot « femelle » se nomme EVE.
Pendant que les spectateurs s'identifient inconsciemment aux personnages, ils oublient la réalité et sont programmés comme des computers.
Cela fonctionne trés bien sur les plus jeunes. Comment endoctriner des kmhers verts ? C'est simple
Les humains sont des virus !
Les flics du climats se « forment » : -(
http://www.ipernity.com/blog/stangrof/81271
A bientôt
http://www.ipernity.com/home/stangrof
De Saheyus
Rêveur invétéré | 15H43 | 10/08/2008 |
« Les humains sont des virus ! »
Je le pense depuis ma plus tendre enfance et sans aucune aide extérieure. Comme quoi.
« Notéz que ces “ robots ” ont des “ émotions ” et que le robot “ femelle ” se nomme EVE. »
Les « robots » ont des « émotions », mon dieu ! quelle hérésie !
Il ne vous est jamais venu à l'idée que s'il existait une intelligence artificielle extrêmement évoluée, capable de réagir à toutes sortes de situations, de communiquer, d'être en colère ou triste (ce n'est pas difficile à imaginer, même un tamagotchi simule ça), capable, enfin, de réfléchir par lui-même, et, soyons fou, d'apprendre des choses comme d'en oublier, alors peut-être cette intelligence artificielle ne serait pas très différente de la nôtre ?
Vous devriez regarder des films comme Metropolis. Les idées de robots qui semblent bien vivants, c'est très vieux, ça ne date pas de l'écologie, et ça n'a rien à voir avec la lobotomisation des têtes blondes.
Pour ma part, je me suis identifié à Wall-E, de façon parfaitement consciente, et il y a pas mal de réflexions à en tirer.
Une bonne oeuvre est une oeuvre qui amène à s'identifier à ses personnages, c'est ainsi.
à Saheyus
De sarkophage_xyz
19H56 | 10/08/2008 |
Bien naze : les robots n'ont pas et n'auront pas d'émotions, ils ont des programmes, le point commun avec les humains c'est qu'on peut programmer les humains. (a voter bernique par exemple).
à sarkophage_xyz
De Lupus Michaelis
Instantiation en cours... | 02H30 | 11/08/2008 |
Je n'en suis pas convaincu. Si on peut actuellement réduire l'homme à une machine biochimique, et un robot à une machine silliconique, la question est de savoir si les émotions peuvent être issues d'un processus différent de celui de notre cerveau.
à Lupus Michaelis
De sarkophage_xyz
19H44 | 11/08/2008 |
A mon humble avis vous êtes dans le domaine de la croyance pure.
à sarkophage_xyz
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 23H57 | 12/08/2008 |
Ca me parait difficile vu que Lupus s'interroge.
Vous en revanche, vous ne vous interrogez pas, vous SAVEZ. On se demande bien comment.
à sarkophage_xyz
De Saheyus
Rêveur invétéré | 09H18 | 13/08/2008 |
C'est vous qui êtes dans la croyance pure. Considérer qu'il est totalement impossible de recréer artificiellement quelque chose de naturel (à savoir les émotions), c'est supposer que la matière et l'esprit sont deux choses différentes. Hors, considérer que l'esprit EST matière, relève moins de la croyance que penser le contraire.
Après, il est évident que les humains n'ont pas les moyens de créer artificiellement pensée et émotions, et il est fort probable qu'ils n'en auront tout simplement jamais les moyens. Mais, en théorie, ça n'a rien d'impossible.
à Saheyus
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 21H22 | 14/08/2008 |
C'est à moi que vous répondiez ?
Je suis en tout cas de votre avis. Je vais même plus loin car je ne sais pas en vertu de quoi vous pensez pouvoir dire :
« il est évident que les humains n'ont pas les moyens de créer artificiellement pensée et émotions, et il est fort probable qu'ils n'en auront tout simplement jamais les moyens ».
Il me parait difficile d'avoir un avis aussi tranché sur une question aussi difficile et aussi débattue.
à PonG
De Saheyus
Rêveur invétéré | 11H15 | 15/08/2008 |
Euh, non PonG, c'est à Sarkophage que je répondais (en reprenant d'ailleurs ses mots). J'ai l'impression que le système de commentaires bug souvent, depuis un mois ou deux, des gens me répondent souvent en ayant essayé de répondre à quelqu'un d'autre, et vis-versa.
« Il me parait difficile d'avoir un avis aussi tranché sur une question aussi difficile et aussi débattue. »
Oui, c'est vrai, ce n'est pas forcément une question aussi évidente. Mais pour moi, l'horizon de l'humanité n'est plus très très loin, et je doute qu'on aie le temps nécessaire pour en arriver là. Je pense aussi qu'on reste encore très loin de ce qui serait la première véritable intelligence artificielle, essentiellement car une telle intelligence devrait être capable de réellement percevoir notre monde, c'est à dire être capable de voir, d'entendre, de sentir… Seule une machine avec des capacités dans ces domaines pourrait s'approcher du vivant (sans parler qu'elle devrait pouvoir apprendre, avoir un caractère, etc).
Enfin, pour que la chose soit vraiment convaincante, il faudrait réussir à faire deux choses inutiles, mais donc indispensable. En premier lieu, il faudrait que personne, à part éventuellement le concepteur, ne soit en mesure de « disséquer » la personnalité de la machine, ni de prévoir ses réactions ; Que penserait-on d'un humain à qui on pourrait demander la liste et le degré exacte de chacun de ses traits de caractère ? il faudrait que la machine elle-même ne puisse pas se comprendre tout à fait. Ensuite, il faudrait qu'elle puisse, non seulement réfléchir de façon autonome, mais encore agir physiquement de façon autonome.
Ce sont deux points qui ne définissent absolument pas le vivant, mais sans eux (et d'autres auxquels je ne pense pas), on ne considèrera jamais la machine que comme une machine.
à Saheyus
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 19H43 | 15/08/2008 |
Oui j'ai eu ce petit soucis aussi. J'aime vraiment bien cette rue, mais le système de gestion des commentaires laisse décidément passablement à désirer. Bref.
Sinon sur le fond, je ne suis pas sûr que les critères que vous ennoncez soient indispensables pour juger de la réalité d'une intelligence. Dans notre présent échange par exemple, j'imagine (enfin j'espère : )) que vous êtes aussi convaincu de la réalité de mon intelligence que je le suis de la vôtre. Et si je vous disais que je suis un robot, vous seriez, je pense, à peu près persuadé que « ça y est, on y est arrivé ».
C'est d'ailleurs l'idée du test de Turing. Si l'on s'en tient à ce test (qui me semble le seul échappant à l'arbitraire dans son principe), il n'est pas certain qu'on soit si loin d'une véritable IA…
En revanche, s'il s'agit de la construire, j'ai moi aussi le sentiment que la complexité qu'induit le rapport sensitif au monde est indispensable à l'émergence d'une conscience. Mais ce n'est qu'une conjecture. Encore une fois, bien malin celui qui sait…
De sarkophage_xyz
19H52 | 10/08/2008 |
Record de naze pour un commentaire aussi pertinent, je n'ai pas vu ce film et ce n'est pas dans mes intentions d'y rémedier bientot mais j'ai vu les bandes annonces et c'est tout a fait l'impression que j'ai eu d'une nième propagande de disnolywood.
à sarkophage_xyz
De Yann Guégan
Rue89 | 22H49 | 10/08/2008 |
Et si vous alliez voir le film pour vous faire un avis sur la question, plutôit ? Je l'ai vu, et j'ai été bluffé à la fois par la virtuosité graphique et l'inventivité du scénario, et j'ai été plutôt séduit par le propos, très critique vis-à-vis de la société de consommation, ce qui est je crois très nouveau pour une superproduction d'animation de ce genre.