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La Russie fond sur la Géorgie dans l'indifférence générale

Alors que Moscou bombarde ce dimanche les faubourgs de Tbilissi et de Gori, l'Occident fait preuve de son impuissance.

Troupes russes en route vers l'Ossétie du Sud, samedi (Denis Sinyakov/Reuters)

Pour avoir une ultime preuve que le terrorisme islamiste pourrait un jour être le cadet de nos soucis, il suffisait de regarder vendredi la couverture de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques par la BBC.

D'un côté de l'écran coupé en deux, des feux d'artifice étaient tirés tandis que des milliers de danseurs chinois aux costumes exotiques se contorsionnaient pour se faire colombes, cosmos ou autres…

De l'autre, des chars russes grisâtres faisaient route vers l'Ossétie du Sud, province rebelle de Géorgie. L'effet était frappant : deux des puissances mondiales émergentes étaient en train de s'exhiber.

Le conflit s'intensifie


Alors que l'aviation russe bombarde les faubourgs de Tbilissi et Gori, en Géorgie, cette dernière aurait décrété un cessez-le-feu immédiat afin d'entamer des négociations. La Russie dément cette information et assure « ne pas vouloir envahir la Géorgie ».

Les forces de Moscou auraient toutefois repris la « capitale » d'Ossétie du Sud, Tskhinvali. Tbilissi a de son côté massé des troupes long de la frontière abkhaze, qui se considère en état de guerre à partir de dimanche 22 heures. Au total, les autorités russes parlent de 2 000 victimes du conflit en Ossétie du Sud, tandis que les Géorgiens assurent qu'il n'y aurait quasiment pas de victimes civiles.

Bernard Kouchner devait arriver à Tbilissi dimanche soir. Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne, est attendu en début de semaine.

La différence, bien sûr, est que l'un de ces deux événements était en préparation depuis des années, tandis que l'autre, s'il n'est pas une surprise totale, n'était pas programmé pour cette semaine. Et cela aussi a un sens. La contestation chinoise du pouvoir occidental a des racines anciennes et est, d'une certaine manière, prévisible. De manière générale, les Chinois ne font pas de gestes brusques et n'essaient pas de provoquer de crises.

La Russie, au contraire, est une puissance imprévisible, ce qui rend toute réponse plus difficile. En fait, la politique russe est devenue si opaque qu'il est très difficile de dire pourquoi ce conflit « froid » vient de connaître une soudaine escalade.

Des sources russes disent que la Géorgie a, la première, lancé l'invasion de l'Ossétie du Sud, dans le but de pacifier cette région séparatiste. Pendant ce temps, la Géorgie dit que ses troupes ont pénétré dans la « capitale » d'Ossétie du Sud en riposte à des attaques rebelles de plus en plus fréquentes depuis une semaine -des années en fait-, mais aussi au bombardement aérien russe du territoire géorgien.

Un conflit aux racines anciennes

Mais il y a d'autres acteurs impliqués -paramilitaires, provocateurs, forces de maintien de la paix, dont certains membres (russes) auraient été tués- et une suite d'événements complexes à décrypter. Des tensions précédentes -en Ossétie du Sud et en Abkhazie, autre région géorgienne à avoir déclaré son indépendance- avaient pu être calmées sans recours à la guerre. Mais quelqu'un voulait, sans aucun doute, que cette guerre-ci éclate.

Les deux camps ont des raisons anciennes de combattre. Les Russes ont intérêt à empêcher Tbilissi de rejoindre l'Otan, ce que souhaite la Géorgie, démocratie à l'occidentale -que George Bush a qualifiée de « phare de démocratie ». De ce point de vue, les Russes vont probablement l'emporter. Aucun pays occidental ne voudrait d'un allié impliqué dans un conflit militaire majeur avec la Russie.

Hopital improvisé dans un sous-sol de Tshinvali, en Ossétie du Sud, dimanche (Denis Sinyakov/Reuters)

Le pouvoir géorgien, au contraire, est persuadé que la menace constante d'une agression russe, couplée au refus occidental d'intégrer son pays à l'Otan, l'oblige à faire la démonstration de son autonomie. Le président géorgien Saakashvili a acheté des armes dans ce but. Ceux qui le connaissent savent qu'il était persuadé qu'un conflit était inévitable mais pouvait être gagné s'il était conduit intelligemment.

Vendredi soir, alors que les soldats russes se battaient en Ossétie du Sud -à seulement quelques dizaines de kilomètres de Tbilissi- il semblait que ses calculs étaient erronés. La Russie n'a pas envoyé 150 chars traverser la frontière pour perdre ce conflit.

Reste le fond de cette affaire : la Géorgie aurait dû faire marche arrière face au précipice -et elle devrait le faire si c'est encore possible- mais le déploiement russe, si massif et soigneusement préparé, pas seulement en Ossétie du Sud mais aussi en Géorgie, est totalement inacceptable.

Autre conclusion indiscutable ? Quel que soit le pays sur lequel on rejette finalement la faute de l'escalade de cette semaine, l'Ouest n'a que très peu d'influence sur le résultat final. L'appel de Saakashvili à l'aide et au soutien moral -« Il ne s'agit pas de la Géorgie, a-t-il déclaré à CNN, mais de l'Amérique, de ses valeurs“- ne rencontrera pas d'écho, à moins que Moscou ne le souhaite.

Des troupes géorgiennes pendant le bombardement de Gori, samedi (Gleb Garanich/Reuters)

Chacun fait de son mieux, c'est vrai : même si j'écris tout cela, des dizaines de diplomates et chefs d'Etat encombrent les lignes téléphoniques entre Pékin et le Caucase, essayant d'amener les deux parties à cesser immédiatement les combats et à ne s'occuper que plus tard de savoir qui a lancé les hostilités. Peut-être y arriveront-ils, mais peut-être aussi que ceux qui ont voulu que cette guerre démarre veulent qu'elle continue.

Carte de Géorgie établie par la CIA.

Quoi qu'il en soit, c'était il y a deux, ou même quatre ans, qu'il fallait s'intéresser à ce conflit ; qu'est née cette faille de sécurité dans le Caucase ; que cette faille est devenue dangereuse ; que la guerre est devenue probable ; qu'il est devenu clair que la Géorgie, allié enthousiaste des Etats-Unis, ne s'en sortirait pas indemne ; qu'une invasion victorieuse de la Géorgie, pays dans lequel les Etats-Unis entretiennent des troupes, aurait des conséquences néfastes pour l'Occident. Tout cela était clair depuis longtemps.

Lâcheté, faiblesse, manque d'idées et, par-dessus tout, distraction d'autres événements, ont mené à cette absence de réactions. Maintenant, il est peut-être trop tard.

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12 commentaires sélectionnés

Portrait de Valence

De Valence

Allemagne | 20H33 | 10/08/2008 | Permalien

Qui a imposé en Europe cette situation où l'influence et l'autorité sont fonction de la force et de la volonté qu'on met à l'employer ? Il est absurde de dire que face à la Géorgie, les Russes agissent comme du temps de la Guerre froide. Face à la Géorgie, les Russes agissent comme font les Américains depuis sept ans. On voit d'où vient le modèle.

http://www.dedefensa.org/article.php ? art_id=5338

Certains jugent que la Géorgie tient une place privilégiée dans la dynamique du Pentagone ; ce n'est certes pas à la hauteur de la position d'Israël pour le Moyen-Orient mais c'est le même principe : constituer un foyer de puissance déstabilisatrice pour entretenir dans une vaste zone stratégique une tension permettant, paraît-il, aux intérêts du complexe de se placer. Cela va de la vente des armes (le BMDE) aux pipe-lines pétroliers et, bien entendu, à l'insécurité des frontières russes. Il s'agit toujours de la même mécanique déstructurante du désordre, ou de l'expansionnisme aveugle dont les effets menacent évidemment tout le continent (y compris l'UE) en y installant une tension permanente. L'impuissance conceptuelle des Européens à percevoir cette réalité est un phénomène d'une puissance et d'une persistance remarquables.

http://www.dedefensa.org/article.php ? art_id=5335

Portrait de Francois Toulouse

De Francois Toulouse

20H44 | 10/08/2008 | Permalien

Oui, enfin bon n'oublions pas qu'à la base ce sont les forces géorgiennes qui ont lancé une offensive dans la nuit du 7 au 8 août 2008 en Ossétie, alors que commençaient les Jeux olympiques d'été de 2008 !
Il suffit pour le savoir de ne plus regarder nos médias qui parlent sans arrêt de l'agression russe.
Les russes ne sont pas des anges, mais il y a une stratégie d'encerclement des alliés des Etats Unis autour de leurs terres. Quel serait la réaction des Etats-Unis si un pays limitrophe de leur territoire devenait un allié étroit de la Russie ?
Avant de donner tous les torts aux russes, il faut se rappeller que les Etats Unis sont un pays autrement plus impérialiste et sanglant hors de ses propres frontières
Oui, sanglant : si les américains veulent un jour exporter la démocratie chez vous, un conseil, refusez !

PS : on peut en me lisant croire que je suis pro-russe dans ce conflit, ce n'est pas le cas, j'essaye avec mes petits moyens de rééquilibrer cet article que je trouve va t'en guerre et pro US…

Portrait de Daniel R

De Daniel R

Visiteur d'entreprise | 20H42 | 10/08/2008 | Permalien

Ce qui est clair, c'est que :

- La Russie a décidé d'isoler l'Europe de toutes sources terrestres d'approvisionnement en gaz et pétrole.

- Qu'elle cherche à organiser un OPEP du gaz, pour pouvoir démultiplier son pouvoir de contrôle sur cette matière première stratégique.

- Que, par conséquent, l'Europe se retrouve pied et poing lié car aucune menace de sanction n'est possible ou crédible du fait de la dépendance énergétique.

- Que la politique de l'Europe, le peu qui existe, est naïve et inadaptée à sa réalité géographique car aveuglément alignée sur le modèle US.

- Que les USA en perdition, n'ont ni les moyens, ni intérêts directs à intervenir et donc à menacer.

- Que les Russes considèrent leurs ex du Caucase comme faisant toujours partie de leur empire, et qu'à leur habitude, ils utiliseront la force sans mesure pour les mettre au pas.

Et pour finir, si j'étais Géorgien, je m'inquiéterais de la prochaine arrivée de Sarkozy à Moscou. Il va sans aucun doute se prendre les pieds dans le tapis, conclure un pseudo deal à la noix que les Russes n'appliqueront pas, revenir en France avec la certitude d'être enfin le grand homme que le monde attendait, et allez dîner au Fouquet's pour oublier tout ça.

Les Géorgiens n'avaient pas besoin de ça !

Portrait de Alexander Doria

De Alexander Doria

étudiant | 20H46 | 10/08/2008 | Permalien

Je n'ai jamais été un franc pro-américain, mais transformer son anti-américanisme en un soutien aux visées expansionnistes de la Russie, voilà qui me choque profondément. Certes, Saakachvili a eu tort de reprendre l'Ossétie par la force au lieu de chercher un arrangement qui lui aurait donné le statut d'une république autonome au sein de la Géorgie, mais juger celle-ci comme une marionnette entre les mains de bush, et la victoire des Russes comme une revanche des plus faibles sur les plus forts, voilà qui dépasse l'entendement.

Quand nos pacifistes munichois auront compris que la conquête de la Géorgie (notez bien que Poutine refuse tout cessez-le-feu) n'est que la première étape vers une reconstitution de l'empire Russe, ils auront tout compris. Cela fait quelque temps déjà que je notais que la situation de la Russie était éminemment comparable à celle de l'Allemagne d'après-18 : vaincue, mais non décapitée. Elle a perdu sa puissance d'antan et a a été humiliée sans avoir été détruite. Si on ferme les yeux sur la Géorgie, et demain, pourquoi pas, sur les pays Baltes, on risque fort de se réveiller un jour avec les armées russes à Paris et à Berlin. Après tout l'Europe est une proie facile : seule la France a une armée continentale suffisament compétente, et notre cher Président est en train de la réduire à néant.

L'homme étant ce qu'il est, le pire n'est jamais improbable, ni la répétition des pages les plus graves de notre histoire. Bien qu'on essaye d'occuper les populations avec les jejux du cirque chinois — et ce dans l'intérêt bien compris de nos chers patrons d'entreprises — il n'est pas encore trop tard pour qu'elles ouvrent les yeux et tuent dans l'œuf un processus qui risque fort d'être dramatique.

Le tout n'est pas de soutenir la Géorgie qui n'est pas toute blanche, mais de s'opposer à la Russie. Notre avenir en dépend probablement.

Portrait de Sylvie et Nicolas

De Sylvie et Nicolas

21H22 | 10/08/2008 | Permalien

Cet article me parait reposer sur des axiomes biaisés.
Qu'est donc ce « pouvoir de l'occident », qui serait aujourd'hui en jeu ?
Nous assistons plutôt dans le Caucase aux conséquences désastreuses d'une stratégie élaborée à Washington, par un pouvoir précisément défini : le gouvernement des Etats Unis.
L'Histoire dira sans doute que dicter sa loi à la Russie et à la Chine -et ceci dans leur propre zone d'influence- n'a jamais été véritablement à la portée de Washington.
Vladimir Poutine vient de siffler la fin de la récréation. « L'Occident » serait bien inspiré de cesser d'agiter des marionnettes telles que Saakachvili. Et George Soros pourrait employer sa fortune à des projets plus constructifs.

Portrait de fermtag

De fermtag

21H38 | 10/08/2008 | Permalien

Je me pose quand même beaucoup de questions, compte tenu des élément que j'ai pu entrevoir à droite et à gauche (aucun rapport avec la politique).
Si je me plante et/ou que vous avez d'autres info, faites le savoir.

Je crois que l'Ossétie du sud a un status de quasi indépendance et est très majoritairement pro-russe.

Que le président Géorgien, Mikheil Saakachvili, est très loin d'être un saint, pour ne pas dire un réel dictateur et que son pouvoir est sur le déclin.

Que l'agression est partie de Géorgie (probablement avec un calendrier bien calculé.

La Russie étant l'alliée de l'Ossétie du Sud.

Aux vue de ces événement, la réaction de la Russie de défense de l'Ossétie du Sud me paraît tout à fait légitime.

J'ai l'impression (c'est une impression) que Saakachvili essaye de reconstituer la « grande géorgie » en criant « au loup » les méchants russes, alors qu'ils ont déjà infiltré l'Abkhsie et sont très malmené au Sud par la province d'adjarie, en rebellion contre le pourvoir en place.

Autres problèmes :

- La Géorgie est membre du conseil de l'UE.
- La Russie est membre du conseil de sécurité de l'ONU et a un droit de veto.
- Les russe ne sont pas timbrés : redessiner leur frontière pour intégré des règions sécessionnistes extérieures n'est pas vraiment une priorité (il ont déjà assez de problèmes internes).

Une hypothèse sérieuse pourrait être les enjeux pétrolifères en Géorgie (pipline trans-géorgien), celle-ci étant soutenue par les USA alors que la Russie essayerait de prendre le contrôle de l'acheminement du pétrole du Caucase… possible. Voir si les Russes vont avancer ou se limiter aux frontières d'origine. En tous ca, ce serait à un prix diplomatique extrêmement élevé. Tellement que ne sait pas si ils pourraient se l'offrir.

Une autre hypothèse intéressante serait que ce soit une diversion pour mobiliser des troupes américaines dans la région afin de lancer une attaque sur l'Iran (urgente, car Bush Jr vit ses derniers instants…)…

À voir dans les jours qui viennent, mais je crois qu'il est encore beaucoup trop tôt pour blâmer l'un ou l'autre des belligérants. Et que, comme d'habitude, quand on aura les éléments pour mieux juger, il sera trop tard, hélas.

Si vous avez des idées/infos (factuelles et donc dépassionnées) sur cet écheveau, je suis preneur !

Portrait de Chénine

De Chénine

22H22 | 10/08/2008 | Permalien

Lorsque le Tibet veut se séparer de la Chine, tout le monde en général( et les bobos en particulier), soutien le Tibet. Et quand l'Ossetie veut se séparer de la Georgie, tout le monde soutien la Géorgie ! ! !
Putain, j'y comprends rien…

Portrait de Valence

De Valence

Allemagne | 23H34 | 10/08/2008 | Permalien

Monsieur Guégan,

cet article a été publié dans les 2 journaux, le Washington Post et Slate.
Slate appartient à la Washington Post Company depuis le 21 Décembre 2004 et Anne Applebaum est membre du comité de rédaction du Washington Post :

http://en.wikipedia.org/wiki/Slate_(magazine)

Anne Applebaum is a columnist and member of the editorial board of the Washington Post.

http://en.wikipedia.org/wiki/Anne_Applebaum

Portrait de caro

De caro

délinquante avérée | 23H48 | 10/08/2008 | Permalien

excusez-moi, mais je croyais que le sujet était la Russie et la Géorgie.

Me serais-je trompée ?

Portrait de Alex Engwete

De Alex Engwete

Consultant | 05H20 | 11/08/2008 | Permalien

C'est vraiment triste de voir Rue89 se faire l'écho des mensonges de la presse américaine. Reprendre de tels navets produits par des partenaires ne fait que tirer la réputation de Rue 89 vers le bas ! … Pour commenter ce tract propagandiste gribouillé par quelqu'un qui n'a aucune idée sur la situation prévalant dans la région, je dirais que c'est le président géorgien qu'il faudrait accuser d'« agression » puisque c'est lui qui a lancé l'assaut sur la capitale de l'Ossétie du sud pendant ce qui aurait dû être une période de trêve olympique, tuant plus d'un millier de civils ossètes et de soldats russes membres du corps du maintien de la paix. Croyait-il donc que la Russie allait se croiser les bras pendant que des Ossètes, russes à 80%, se font massacrer ? Il est d'ailleurs grand temps que la communauté internationale accepte l'idée d'une indépendance totale de l'Ossétie du sud tout comme elle a avalisé l'indépendance du Kosovo. Les Ossètes ont une culture et une écriture totalement différentes de celles de la Géorgie et les Géorgiens sont perçus comme des colonisateurs en Ossétie du sud !

Portrait de Pierre Haski

De Pierre Haski 9

Rue89 | 09H50 | 11/08/2008 | Permalien

@cairvoyance/Libre penseur. J'imagine que votre pseudo révèle votre grand sens de l'humour. Site d'extrême gauche ! Mazette, c'est Anne Applebaum qui va être surprise, elle qui est une des éditorialistes vedette du Washington Post et de Slate.com aux Etats-Unis, pas vraiment des officines ultra gauchistes, tout au plus « libérales » dans le contexte américain. Pour compléter sa biographie (disponible si vous cliquez sur son nom), Anne Applebaum a écrit la meilleur étude (disponible en français) sur le système du Goulag en URSS, et a reçu le prix Pulitzer, principale récompense du journalisme américain. Et j'aimerai bine savoir sur qui le kärcher est passé parmi les auteurs de Rue89 depuis son lancement ? C'était pire avant 2007 ? Mais ça n'existait pas ! ! ! Le site a été lancé en mai 2007. Question clairvoyance, il y a des progrès à faire.

Portrait de Philippe Perchoc

De europhilou

Président de Nouvelle Europe | 12H05 | 11/08/2008 | Permalien

>> Saakashvili a tenté le coup de force et il a perdu. Je pense que l'acceptation de la Géorgie dans l'anti-anti-chambre de l'OTAN a renforcé la confiance des géorgiens, tout comme leur succès à ramener l'Adjarie dans le giron de Tbilissi.
Pourtant, le moins que l'on puisse dire est que Poutine avait prévenu.

>> les Européens et les Américains ont commis deux imprudences majeures :
- reconnaître le Kosovo
- laisser mourir le traité FCE : puisque la Russie est sortie du traité comme rétorsion au bouclier anti-missiles, elle a pû bouger ses troupes dans le Nord-Cacuase, ce que le traité réglementait jusque-là

>> Enfin, le retour de la Russie dans la région est marqué par de multiples indices :
- durcissement de leur position sur la question des pipelines
- mise de la Tchétchénie en coupe réglée et traçage de pipelines qui contournent cette république
- surveillance arméno-russe de la frontière avec la Turquie
- délivrance de dizaines de milliers de passeports russes en Ossétie et en Abkhazie
- et pour couronner le tout : Jeux Olympiques de Sotchi à seulement 24 km de l'Abkhazie !

>> Aujourd'hui, Moscou demande la tête de Saakashvili. Elle estime que le Caucase est son près carré alors que l'Ukraine, la Moldavie et les Pays baltes lui ont échappé ou sont en passe de le faire

Toutes ces infos sur une carte
http://www.nouvelle-europe.eu/index.php ? option=com_content&task=view&id=499&Itemid=55

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