La poésie doit-elle mourir pour exister ? Au moment où l'émission radiophonique « Poésie sur Parole » animée par André Velter disparait des grilles de programme de France Culture après vingt ans d'antenne, on constate que la poésie souffre d'une mauvaise image auprès du grand public.
Non, en fait, la poésie est un peu mise à l'écart, tolérée certes, mais mise à l'écart quand même, au profit du consensus médiatique. Certes, il y a les efforts louables du Printemps des Poètes, il y les marchés de la Poésie, dont celui de la place Saint-Sulpice, en juin, à Paris.
Quid de la poésie dans les grandes radios privées (Europe 1, RTL) et sur les plateaux télévisés (talk-shows et émissions littéraires) ? La poésie, c'est beaucoup de livres, mais tirés à très peu d'exemplaires, des circuits de distribution aléatoires (hormis les sites marchands) : vente par correspondance, souscription et peu de représentation dans les librairies généralistes, où l'on vend du poète mort (Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire, Aragon, Prévert…) et des réminiscences scolaires, et très peu de poète contemporain, vivant !
Il ne s'agit pas d'éduquer le grand public, mais de pousser les grands médias à enfin prendre conscience du problème. A l'image de ces enseignants, dont beaucoup sont poètes ou amateurs de poésie qui pour la plupart n'hésitent pas à parler des poètes et de la poésie, à transmettre et à partager.
► Addendum le 30/1. France Culture n'a pas finalement pas supprimé l'émission « Poésie sur Parole ». C'est André Velter, lui-même, qui a décidé de l'arrêter. Depuis août 2008, Sophie Nauleau présente une nouvelle émission sur la poésie « Ça rime à quoi ? » qui la remplace.




















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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 12H27 | 10/08/2008 |
Yippee ! I'm a poet, and I know it.
Hope I don't blow it.
Bob Dylan
à Numerosix
De asozial
aus Berlin | 08H25 | 11/08/2008 |
tu connais la parodie de dylan par syd barrett ?
à asozial
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H14 | 11/08/2008 |
Non .
Ou je pourrais trouver ça , Asozial ?
…trouvé sur Deezer . Pas mal . Merci Azocial .
à Numerosix
De asozial
aus Berlin | 17H21 | 12/08/2008 |
de rien… ceci dit, j'adore barrett mais je n'ai jamais compris l'intérêt de dylan… c'est grave ?
à asozial
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H11 | 12/08/2008 |
Absolument PAS !
Chacun son truc ..
De stangrof
12H36 | 10/08/2008 |
Bonjour, Tant mieux ! La poésie va enfin se libérer du conformisme ambiant pour passer dans les médias et redevenir une arme de contestation authentique, du spleen et de la liberté d'expression. Le grand public a été abruti par la télé et ce n'est pas demain que ça changera ! Mes grands-parents avaient été très peu a l'école et ont commencé a bosser a 13 ans. He bien, ils récitaient par coeur un ou deux poémes.
Est ce ainsi que les hommes vivent ?
A bientôt
http://www.ipernity.com/home/stangrof
De camilla77
indépendante | 12H55 | 10/08/2008 |
Pour moi, ça n'est pas un pb du tout… Nos esprits sont déjà suffisamment formatés comme ça pour qu'on en rajoute avec de la poésie à la télé ! ! ! La poésie n'est pas seulement l'idée un peu bobo et éthérée qu'on lui prête, ni formelle, ni culturelle, elle n'est pas seulement cela. C'est un cri, une façon de vivre, de lutter. Je doute que les cahiers de poèmes écrits en prison par des condamnés ou ceux jetés par avion aux soldats combattants aient fait l'objet de débats médiatiques. La culture doit avoir une place, c'est une évidence vitale. Mais je crois que c'est à elle de se la faire. Et on peut rajouter qu'il suffit d'observer les murs, certains films, certains livres, courants musicaux de toutes sortes (rap compris) pour y découvrir cette poésie déplorée. C'est quoi,la poésie ? Entendons nous d'abord sur le terme. Un flux, un courant artistique, une manière figée de voir les choses, le rappel des immenses voix du passé qui elles-mêmes, souvent, rappelons le pour n'en citer que quelques unes, sortaient du caniveau ? … La place de l'art doit se faire elle même pour avoir une force. Et plus on l'étouffera, plus elle s'infiltrera, avec une nouvelle inventivité. Ce qui ne m'empêche pas d'être très triste de la disparition de cette émission, qui, dois-je le dire, même en grande amatrice de poésie, avait tendance à… M'ennuyer ? ; )
à camilla77
De asozial
aus Berlin | 17H42 | 12/08/2008 |
oui c'est de la faute aux bobos qu'il y a de la poésie et qu'il n'y en a plus.
De ysengrimus
13H24 | 10/08/2008 |
La nouvelle niche de la poésie, l'ami inconditionnel du texte court : Internet…
http://www.ecouterlirepenser.com/poesie.htm
Paul Laurendeau
De Pol_Liber
intermittent profiteur | 13H11 | 10/08/2008 |
Aujourd'hui quand on veut la lune on est plus poête on est astronaute.
à Pol_Liber
De dalun
15H36 | 10/08/2008 |
loic lantoine …
à Pol_Liber
De Ghalem
14H32 | 11/08/2008 |
« on est plus poête on est astronaute. » pourquoi c'est pas pareil ?
De sachab
13H22 | 10/08/2008 |
Et pourtant, les éditeurs qui prennent des risques existent bel et bien. « Rave » de Baptiste Landon est un recueil surprenant :
http://www.underbahn.net/097742247X.html
et ça, c'est quoi ? http://yweb.com/22d
De zorglub
insulaire en exil | 13H45 | 10/08/2008 |
La poésie contemporaine ne chante plus… Elle rampe
Elle a cependant le privilège de la distinction…
Elle ne fréquente pas les mots mal famés… elle les ignore
On ne prend les mots qu'avec des gants : à « menstruel » on préfère « périodique », et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires ou du Codex.
Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.
Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, c'est la poésie qui illustre le mot.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds, ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.
Le poète d'aujourd'hui doit appartenir à une caste, à un parti ou au Tout-Paris.
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.
La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie. Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
L'embrigadement est un signe des temps.
De notre temps les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires sont encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.
Mozart est mort seul,
Accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd.
Il fallut quêter pour enterrer Béla Bartok.
Rutebeuf avait faim.
Villon volait pour manger.
Tout le monde s'en fout…
L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie !
La Lumière ne se fait que sur les tombes…
Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien d'épique
La musique se vend comme le savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende il ne reste qu'à en trouver la formule.
Tout est prêt :
Les capitaux
La publicité
La clientèle
Qui donc inventera le désespoir ?
Avec nos avions qui dament le pion au soleil,
Avec nos magnétophones qui se souviennent de « ces voix qui se sont tues »,
Avec nos âmes en rade au milieu des rues,
Nous sommes au bord du vide,
Ficelés dans nos paquets de viande,
A regarder passer les révolutions
N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,
C'est que c'est toujours la Morale des autres.
Les plus beaux chants sont les chants de revendications
Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.
A L'ÉCOLE DE LA POÉSIE ET DE LA MUSIQUE ON N'APPREND PAS
ON SE BAT !
(Léo Ferré, Il n'y a plus rien, 1973)
à zorglub
De dalun
15H50 | 10/08/2008 |
» en l'an 2000 plus de musique ! … » léo férré .ps : j'adore le texte au dessus et la façon qu'il a de le dire …LEO EST VIVANT , guillevic est vivant , la poésie grouille , malaxe les mots ..il arrive que des humains s'en emparent, un temps …maintenant et en tous lieux , les mots vivent , activent les sens …la vie quoi …juste des passeurs pour déclencher le flot de mots…faire vivre la culture au quotidien , laisser les chiens hurler , « je suis un chien “ disait il le LEO….faut fouiller les librairies il existe des trésors…
à dalun
De zorglub
insulaire en exil | 16H05 | 10/08/2008 |
texte de Léo Ferré ci dessus interprété (Préface) par Bernard Lavilliers sur l'album « Clair Obscurs » de 1997 ; -)
à zorglub
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H44 | 10/08/2008 |
Merci zorglub j'adore cette chanson !
http://www.leoferre.net/
à Les Chats
De zorglub
insulaire en exil | 21H00 | 10/08/2008 |
Les Chats,
c'est mon plaisir : -)
à zorglub
De zénon denon 84
Bonne | 10H27 | 11/08/2008 |
, MERCI,
Zorglub,
Que voila des choses bien senties,
Bien dites ,
Bonne journée ,pour moi ! ! !
à zénon denon 84
De zorglub
insulaire en exil | 13H45 | 11/08/2008 |
Franquin ne vous aurait pas désavoué : -)
à zorglub
De dalun
16H10 | 11/08/2008 |
le franquin ! ! !
De pablico
13H48 | 10/08/2008 |
Merchandazing. c'est le mot clef de la réussite.
si un investisseur, prend la poésie en main, et en fait une marchandise, peut-être que ….
mais la poésie est un cri révolutionnaire, un cri dérangeant, un pleur, une joie profonde, alors elle est cachée, elle devient intime pour notre monde « people » ou tout doit être conformisme, bling bling, m'as-tu-vu, mode, « essaye de me ressembler », « copie moi », « copions nous les uns les autres » etc etc
De dalun
15H59 | 10/08/2008 |
quand à france culture ? ? je ne comprend pas ce qu'il arrive….ou peut être trop bien ! ! reste quelques découvreurs , mais les temps sont pauvres ….
De virginie78
Éteignez votre TV et apprenez à lir... | 16H15 | 10/08/2008 |
Il y a un endroit à Paris ou j'aime beaucoup emmener mon fils c'est le café des Poètes, 30 rue de Bourgogne. Pour cela, nous nous faisons beaux, nous prenons le train, le métro.
On y écoute des poèmes, on y clame ses poèmes, , des poèmes s'y trouvent publiés, on y mange aussi à la bonne franquette
Petit café, créé par Jean-Pierre Rosnay, ancien résistant de 39-45, et qui continue sa résistance avec les mots, l'amour et sa magie.
Pour en savoir plus :
http://www.poesie.net/index.php
à virginie78
De dalun
19H18 | 10/08/2008 |
alors la , chouette chouette que c'est vachement bien ces lieux qui se propagent… paroles en tête…
De uclu
16H23 | 10/08/2008 |
C'est difficile de partager un poème ; j'en lis beaucoup, souvent les mêmes, c'est « intime », Celan Mandelstam, et tant d'autres, comment partager ?
à uclu
De zorglub
insulaire en exil | 16H41 | 10/08/2008 |
l'art est difficile à faire partager ; -)
De philon
17H13 | 10/08/2008 |
Le sort de « Poésie sur Parole » avait été en fait largement réglé dès la rentrée de 2004, avec la suppression de l'ensemble des poèmes dissimulés harmonieusement dans la grille, juste quelques minutes entre deux émissions. Quant à l'actualité des livres de poésie, elle avait déjà pris un sérieux coup dès 1999, avec la suppression du Panorama de France Culture
Maintenant la direction de France Culture préfère inviter les pdg d'Orange, de Disneyland, de la Fnac ou de Nokia le samedi matin. Apparemment, tout ce petit monde qui s'est emparé de France Culture semble heureux de bavarder entre boutiquiers et politologues de comptoir. Cette évolution calamiteuse a été parfaitement décrite l'année dernière dans le livre : « France Culture, La destruction programmée d'une université populaire »
De Riboulet
poète-artiste peintre | 17H14 | 10/08/2008 |
La culture est-elle encore de ce monde ? Pourquoi adjoindre encore ce mot à France ? La poésie existe je l'ai entendue au fond de ma campagne, là où les marais la dissimulent parmi joncs et iris. Je l'ai écoutée, là où les arbres de ma forêt l'enferment comme une nef de cathédrale.
Cher Eric Dubois, la poésie ne peut mourir. Les confidences poétiques se font au creux d'une main vers le creux de l'oreille pour ces qui ne s'appellent ni Villepin ni Albanel.
Déjà que les poètes n'avaient qu'un printemps chaque année pour exister ! Les poètes respirent, doucement parcimonieusement. Poussons un coup de gueule pour les sortir de l'ombre. La poésie ne fleurit pas qu'au printemps. Sa saison c'est l'éternité.
à Riboulet
De zénon denon 84
Bonne | 10H31 | 11/08/2008 |
Sur !
D'ici que Fr Cul nous sucre
« les détraqués “ ça va etre tristre …