Sur le terrain

Rueil : autour de la cité, le mur de la honte… ou du renouveau ?

Construite dans le cadre de la « résidentialisation » du quartier, l'enceinte haute de 3 mètres provoque la colère des habitants.

Une partie du mur qui entoure la cité à Rueil (Audrey Cerdan/Rue89).

« Qu'est-ce qu'on fait ? Des travaux, vous voyez bien. » L'ouvrier ne comprend pas la question qu'on vient de lui poser : « Vous construisez un mur ? “ Il n'y voit pas même un possible sujet de conversation : ‘Oui, c'est ça. On construit un mur.’ Epais, le mur. D'une hauteur de plus de 3 mètres par endroits, il longe les extrémités de la petite cité de la Fouilleuse à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine.

Dressé face aux immeubles HLM, cette centaine de mètres de béton gris en construction inquiète les habitants. Le dos contre la porte d'un immeuble aux tons rouges, de grands adolescents fulminent : ‘Ils veulent nous planquer, ils veulent cacher la misère.’ Un plus bavard que les autres montre du doigt un bâtiment de l'autre côté de l'avenue, de l'autre côté du mur : un centre commercial E.Leclerc.

Il raconte qu'à Noël, il y a des décorations là-bas. Aucune chez eux. Il raconte aussi qu'avec les vigiles du Leclerc, c'est la guerre :

‘Ils nous détestent et nous aussi. Ils nous provoquent et même s'ils peuvent pas nous interdire de rentrer, ils s'arrangent pour nous faire sortir. Ils sont là… C'est une milice, les vigiles. Ils veulent nous casser…’

‘C'est Leclerc qui veut nous cacher. Pour vendre tranquille aux bourgeois.’

Les autres acquiescent bruyamment et multiplient les anecdotes. Un adulte confirme : au mois de juin une bagarre a opposé un jeune du quartier à un vigile. La construction du mur a commencé quelques semaines après, déclenchant ainsi la rumeur chez les plus jeunes : ‘C'est Leclerc qui veut nous cacher, genre on est une tache. Pour vendre tranquille aux bourgeois.’

Depuis le centre E.Leclerc qui fait face à la cité (Audrey Cerdan/Rue89).

En face, l'enseigne se fait imposante. Installé là depuis une quinzaine d'années, E.Leclerc a racheté une grande partie des terrains l'avoisinant. Des travaux d'extension sont d'ailleurs en cours depuis des semaines. Au service voirie de la mairie, on déplie le plan d'aménagement, et on explique de façon précise et détaillée que le bloc de béton gris n'est pas un mur de séparation.

Un double projet, réfléchi depuis 2004, vise en effet à restructurer l'ensemble du quartier : l'élargissement de l'avenue de la Fouilleuse -liée à l'extension de E.Leclerc-, et la réhabilitation de la cité.

Et la paroi de béton ? La mairie explique qu'il s'agit simplement d'un mur de soutènement, la cité n'étant pas construite au même niveau que l'avenue. On assure qu'il n'a jamais été question de ghettoïser le quartier : ‘Au contraire, on travaille au désenclavement de ce ghetto.’

Mais comment espérer désenclaver en construisant un tel mur ? La mairie explique que cette cité est la seule qui pose problème dans la ville :

‘Le bailleur, France Habitations a décidé de résidentialiser la cité. Il y aura plusieurs petits blocs, avec des grilles sécurisées, des digicodes, des places de parkings. C'est très bien. Là, les gamins préfèrent détériorer l'immeuble voisin plutôt que le leur, et il y a constamment des tensions liées aux places de parking. Avec les résidences, le ghetto, les dégradations, ce sera fini.’

Le projet est mené par la ville et le bailleur dans le cadre du plan global de réhabilitation mené par l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru). Depuis un an et demi, des travaux modifient la physionomie de la cité : un immeuble a été détruit, une grande voie cyclable et piétonne est en chantier, un centre administratif sera construit derrière…

Une partie du mur qui entoure la cité à Rueil (Audrey Cerdan/Rue89).

‘Résidentialisation’, mode d'emploi


On découpe en petits lots des grands espaces pour bien séparer espace public et privé. Les habitants peuvent ainsi s'approprier leur habitat et sont amenés à se responsabiliser (respect des espaces communs).

Les urbanistes alertent sur les dérives sécuritaires dans certaines cités et parlent de ‘bunkerisation’. En gros, une résidentialisation réussie doit associer protection/sécurité et amélioration réelle de la qualité de vie.

Un mur végétal, un grillage : ‘Ce sera très classe.’

Le bloc de béton séparant la cité de l'avenue commerçante produit tout de même un drôle d'effet chez qui le regarde. Hostile, moche, imposant. ‘Mais ça va changer ! On est en travaux là ! , s'agace-t-on au service voirie de la ville. La fin du chantier est prévue pour l'automne. Là, on promet du changement.

Des talus seront placés en contrebas du mur, qui sera entièrement végétalisé. Ce sera classe’, affirme fièrement la mairie. France Habitations va même ajouter un ‘très beau’ grillage au dessus du mur. Toujours dans le même but : ‘désenclaver, tout en sécurisant’.

Le mur végétal ‘très classe’ et le ‘beau’ grillage ne font pourtant pas l'unanimité dans la cité. Les uns regrettent les arbres qui ont été coupés avant l'engagement des travaux, d'autres ont peur de l'enfermement.

Les locataires des étages inférieurs souffrent d'un vis-à-vis désormais bétonné, et un habitant de la cité ‘depuis trente ans’ jure que ‘c'était mieux avant’. A ces plaintes plutôt classiques de riverains en colère s'ajoute la même amertume que chez les jeunes. Un quinquagénaire rejette la résidentialisation et pointe la marginalisation du seul quartier difficile d'une ville bourgeoise :

‘Il y a une différence nette entre le Rueil du haut et le Rueil du bas. On nous enferme là pour que des kékés jouent tranquillement avec leur bagnoles. C'est hypocrite de dire qu'on veut ouvrir notre quartier. Avec ces résidences, on va le fermer.’

Les architectes chargés du projet, les frères Jade et Sami Tabet, sont spécialisés dans la conception d'opérations de logements sociaux et d'équipements sociaux d'urgence à Paris et en région parisienne. Dans un article paru dans Les annales de la recherche urbaine, Jade Tabet s'interroge sur les objectifs sécuritaires de ces projets de résidentialisation.

Plusieurs projets de ce type sont réalisés depuis les années 90 dans les cités. Les réactions des riverains sont globalement les mêmes : crainte d'être enfermés, scepticisme face aux promesses, méfiance face au mot même de ‘résidence’, connoté rupin.

Les expériences précédentes avaient une lacune : le manque d'information et de concertation avec les habitants. Alors que la mairie estime avoir été suffisamment à l'écoute des habitants, à la Fouilleuse, on parle de ‘mur de Berlin’ ou de ‘paravent’. Aucun des riverains interrogés n'a été capable d'expliquer à quoi allait servir le mur.

L'ouverture qui permet l'accès à la rue (Audrey Cerdan/Rue89).

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Portrait de P a z

De P a z

21H06 | 06/08/2008 | Permalien

Petite video du parisien par ici

http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoafYBE_.html

Portrait de anachronix

De anachronix

21H57 | 06/08/2008 | Permalien

Une question on va ou la ? ?

Un semblant de faux semblant, je ne dis rien contre l article il a sa raison d etre
Mais quand je vois : « -cela dit la fouilleuse est bien l'endroit le plus nuisible de rueil, etant entendu que le niveau general de nuisance a rueil est particulierement bas. » CAfait peur

Tiens pourquoi un mur a coté de chez moi , voire meme des remparts gardes par des CRS ou les pandores ….
Mais comme le modele republicain francais a toujours tenté d assimiler et non d integrer et bien la solution de facilité est de ghettoiser et en plus on le montre

Ou on va t on ? ? ? ?

Portrait de norman

De norman

21H58 | 06/08/2008 | Permalien

Les murs sont faits pour être mis à bas ; les ghettos pour disparaître. Ainsi va l'espèce humaine, à Chicago, Berlin ou Reuil-Malmaison …

Portrait de Recordman

De Recordman

du commentaire replié | 22H39 | 06/08/2008 | Permalien

Les gens ne vont pas au supermarché pour voir de la misère mais pour consommer, et c'est bon pour la croissance. En plus ça permet d'écarter tous les petits voyous qui perturebent le centre.

Il faut arrêter un peu avec cet angélisme

Portrait de Yann Le Houelleur

De Yann Le Houelleur

journaliste (à l'étranger) et dessi... | 00H42 | 07/08/2008 | Permalien

Vous faites un excellent site, varié et ouvert à tous les courants d'opinions, en principe. Je fais partie de ceux considérent Rue 89 comme « une lecture incontournable ». Mais la tendance n'est-elle pas de sombrer dans le misérabilisme quand on décortique des sujets sociaux nécessairement brûlants ? En France, comme ailleurs, quand on parle de gens prétendument discriminés, on a tendance, dans maintes sphères intellectuelles, de penser que la faute incombe uniquement ou surtout aux « bourgeois ». Moi-même, je ne suis pas bourgeois, pas grand-chose en définitive (le statut de journaliste, comme tant d'autres profession, est passablement dévalorisé), mais je crois que les gens fragilisés, en mal d'intégration, doivent aussi consentir des efforts nécessaires pour se faire accepter et passer de l'autre côté du mur. Sinon, l'on sombre dans cette déliquescence sans fin qu'est l'assistanat déployé à tout vent.
Pourquoi les habitants de la cité HLM dont vous parlez, s'ils s'estiment gênés par le mur en construction, ne constituent-ils par une association, ne signent-ils par une pétition destinée aux élus, n'entament-ils pas des négociations avec le Centre Edouard Leclerc, dont on comprend qu'il défend ses intérêts, comme toute entreprise produisant des richesses (dont tous les assistés - et les autres - profitent, puisque les impôts acquittés servent à gaspiller tant d'argent souvent).
Il y a une certaine naïveté, dans cet article, qui m'amuse, une sorte de volonté de discerner le machiavélisme. Les choses sont plus compliquées que ceci. Une certaine France est en train d'en avoir ras-le-bol de cet assistanat trop abondant, de ce manque croissant de sens de la citoyenneté, qui finit par condamner notre pays à entrer peu à peu dans le cercle des pays du tiers-monde. (Et nous y avons un solide pied, déjà ; vivant dans un pays en voie de développement, je m'en rends compte plus que jamais…) Surtout, qu'on ne dise pas « ce journaliste est de droite » ; je ne raisonne pas en ces termes. Mais la remise sur pied de notre Nation si mal en point passe par la nécessité de faire prendre conscience A TOUS LES CITOYENS qu'ils sont maîtres de leur destin, que nos institutions et notre démocratie le permettent, que le temps du misérabilisme et des complaintes éternelles est révolu… Si certains ne veulent pas jouer le jeu, ne veulent pas s'instruire, ne veulent pas faire les démarches nécessaires pour sortir de la pauvreté et de l'exclusion, ils n'ont qu'à s'en prendre à eux… pas vrai ? Après tout, qui finance la réfection et l'embellissement de ces cités défavorisées ? Les pouvoirs publics, donc l'ensemble de la communauté payant des impôts…
Y. Le H.

Portrait de CN46400

à Yann Le Houelleur Portrait de Yann Le Houelleur De CN46400

09H20 | 07/08/2008 | Permalien

« Edouard Leclerc, dont on comprend qu'il défend ses intérêts, comme toute entreprise produisant des richesses (dont tous les assistés - et les autres - profitent, puisque les impôts acquittés servent à gaspiller tant d'argent souvent). »

OK c'est bien connu que Leclerc est une entreprise philantropique puisqu'elle est en bagarre constante contre « la vie chère »….Au fait c'est quoi la position de Rueil sur le barème de la loi SRU ?

Portrait de kkadim

à Yann Le Houelleur Portrait de Yann Le Houelleur De kkadim

service public rhone alpes | 10H13 | 07/08/2008 | Permalien

effectivement « les choses sont plus compliquees », vos écrits par contre sont une collection d'idées toutes faites dans la grande série « salauds de pauvres qui gaspillent les impôts ».

Portrait de BobLaMouche

De BobLaMouche

subversion + construction = substru... | 09H39 | 07/08/2008 | Permalien

J'habite Rueil depuis plus de 30 ans et j'ai eu l'occasion de voir la ville se transformer… Cette histoire de mur, c'est l'arbre qui cache la forêt. Déjà l'ancien maire Jacques Baumel nous avait « offert » le quartier Rueil 2000, une sorte de La Défense bis où viennent se concentrer les bureaux des entreprises les plus nuisibles qui soient (banques, biotechnologies, etc.) Un quartier qui draîne de l'extérieur des dizaines de milliers de personnes chaque jour, et complètement mort soir et week-end. Ou bien le service de « surveillance » des propriétés privées par la police municipale pendant les vacances… Mais alors depuis que Patrick Ollier est arrivé (simplement comme suppléant à la mort de Baumel, puis élu avec une belle majorité), c'est le feu d'artifice !

Entre les préoccupations de la mairie de tranformer toute friche ou bout de jardin en parking dans le cadre du plan de déplacement, le programme de vidéosurveillance à 5 millions d'euros (c'est bien connu, Rueil c'est Harlem, faut nettoyer tout ça), l'installation d'une nouvelle grande surface, et surtout ah surtout la « démocratie participative » tant vantée par Ollier, où l'on a le droit de poser des questions au maire et à ses sbires mais eux se gardent bien le droit de ne pas y répondre… eh bien il y en aurait à dire sur Rueil !

Bon et pour en revenir au sujet de l'article, on peut voir la résidentialisation comme une version moderne des fameuses « enclosures » anglaises. Ce qui ne présage rien de bon…

Portrait de Sire

De Sire

. | 10H45 | 07/08/2008 | Permalien

J'habite Rueil 2000 et je trouve que le portrait que vous faites de ce quartier est de bien mauvaise foi.
Dois-je vous rappeler que l'implantation de toutes ces entreprises (sièges sociaux notamment)à Rueil 2000 donne du travail à des miliers de Rueillois et franciliens ? Et qu'elles rapportent à la ville des dizaines de millions d'euros qui servent ensuite à améliorer notre cadre de vie.
Et puis, c'est quoi des entreprises nuisibles ?

« complètement mort soir et week-end » Est-ce vraiment un mal d'avoir un quartier calme et silencieux après 20h ?

Rueil peut quand même se targuer d'avoir un tiers de sa surface dédiée aux espaces verts. Dépeindre Ollier comme un horrible faiseur de parkings, c'est un peu limite.

Et certes, le système de videosurveillance n'était pas indispensable pour une ville sûre comme Rueil.

Quant à la « démocratie participative », je n'en suis pas fan, mais quelque chose me dit que si elle n'éxistait pas, vous seriez le premier à vous en plaindre…

Et puis ça suffit avec cette histoire de mur, les habitants de la Fouilleuse aiment bien se faire plaindre, le fait est que parler de « misère » dans leur cas est juste grotesque. La Fouilleuse, c'est Neuilly comparé à la Courneuve, Stains, Le Blanc-Mesnil et j'en passe.
Les commentaires sur ce site ne relèvent pas le niveau. Certains ont eu le mauvais goût d'oser la comparaison avec le mur de Jérusalem et les camps de concentration, ça donne une idée du niveau de réflexion des internautes…

Portrait de BobLaMouche

à Sire Portrait de Sire De BobLaMouche

subversion + construction = substru... | 11H32 | 07/08/2008 | Permalien

De mauvaise foi, je n'espère pas, mais que nous ayons une perception différente des choses qui nous semblent importantes, très certainement !

Pour répondre à votre question --
Entreprise nuisible : entreprise dont l'objet, les modes d'actions ou principes de fonctionnement nuisent à l'autonomie des individus, les dépossèdent de leurs mode de vie pour les remplacer par un monde industriel. Qu'est-ce que ce charabia peut bien signifier ? Par ici la bonne soupe : http://netmc.9online.fr/

Quant à la démocratie participative, elle ne se déclame pas, elle se vit. À Rueil, elle est torturée, achevée et définitivement enterrée.

Portrait de ALLAIN JULES C@MMUNICATION

De ALLAIN JULES C@MMUNICATION

09H39 | 07/08/2008 | Permalien

Le mur de l'Apartheid en France ! C'est Israël sur Seine en plein nez. http://allainjulesblog.blogspot.com/

Portrait de kkadim

De kkadim

service public rhone alpes | 09H58 | 07/08/2008 | Permalien

je voudrais pas être méchant, mais la derniére phote de l'article ne montre pas un mur de trois métres de haut, et l'on dit qu'il fait cent métres. faudrait peut être relativiser les choses. les rumeurs des banlieues qui prêtent de mauvaises intentions aux « bourgeois », et les « progrés » et autres « améliorations » des municipalités sont monnaie courante. il y a sans doute un peu de tout, mais il n'est pas besoin de mur pour ghettoiser : prenez Lyon : la ligne de métro reliant le nord au sud, de la duchére aux minguettes, deux « cités », s'arrête avant ces ZUS, les derniéres centaines de métres sont à faire en bus. pas de mur ici, mais une façon bien nette de marquer le territoire. on pourrait multiplier les exemples.

Portrait de lilith21

De lilith21

no comment | 11H31 | 07/08/2008 | Permalien

Dans un pays dit civilisé et développé, nous ne tirons aucune leçon de l'histoire, évidemment : mur de berlin, mur en Israël, mur à Rueil donc…

Mais le pire, c'est le cynisme triomphant qui permet à des technos de faire croire que l'ouverture se fait par le cloisonnement…

La France est mure pour la violence, c'est à craindre

Portrait de Octave65

De Octave65

Révolutionnaire. | 11H37 | 07/08/2008 | Permalien

Un mur sympa plein d'avenir ….
On se croirait à Gaza en voyant la dernière photo, êtes vous sûr d'avoir pris la photo en France ? ? ? ? ?
Ce n'est pas possible, il doit y avoir une erreur …
Mais bon…
Bref, ce mur est une excellente chose et les jeunes du quartier devraient demander une subvention à la mairie pour acheter du matériel et de la peinture pour peindre le mur …
De futurs talents artistiques en perspective…
Certains pourront exprimer leurs rancoeurs contre le pays qui les nourrit sans effort mais dont ils se gardent bien de quitter car ils savent qu'ailleurs ils crèveraient de faim….
Bref ;
Ceux qui ont fait construire le mur de cette taille ont eu la permission avec l'administration , composée en majorité de sympas socialos .
Alors , si ce mur est critiquable, c'est l'administration qui en est avant tout responsable pour avoir donné l'autorisation de le construire …
Il fallait le rappeler…
sur ce..
cqfe

Portrait de LeSageHeureux

De LeSageHeureux

Sage et Heureux | 12H12 | 07/08/2008 | Permalien

J'habite à Rueil depuis plusieurs années et je me rends fréquemment au quartier en question.

Le projet d'urbanisation remonte à deux ans et l'un de ses objectifs affichés était d'ouvrir la cité de la Fouilleuse au reste de Rueil. Mais jamais, grand jamais, dans les réunions de présentation de ce projet, il n'était question de construire un mur.

Comme le souligne l'article, personne parmi les habitants de la cité ne comprend l'intérêt de ce mur. Quel est le problème que ce mur est censé résoudre et est-ce que c'est la bonne solution ? Ne va-t-il plutôt renforcer les frustrations (à tort ou à raison) et mettre de l'huile sur le feu ?

Ce qui me semble encore plus grave, c'est que ce sont ces habitants de la cité qui y vivent, qui payent leurs loyers et qui payent leurs taxes d'habitation, et par conséquent, il me semble que c'est leur quartier, et que rien ne doit se faire sans leur accord. Or, il suffit d'aller leur poser la question pour se rendre compte qu'ils n'ont jamais été consultés sur ce mur.

On attise bêtement le feu sur un coup de tête qu'on finira par regretter à moins que le vrai but ne soit effectivement de créer les conditions de la ségrégation à l'américaine.

Portrait de minod

De minod

dans le réseau. | 12H24 | 07/08/2008 | Permalien

Idée reçue.

Ce mur stigmatise la cité, et surtout ses habitants, mais faudrait pas pousser mémé dans les orties.

Un mur c'est une séparation. Oui, c'est vrai. Une séparation entre un endroit qu'on appelle la rue, et un autre endroit, qui peut etre un jardin, une cour, un logement ou une bibliothèque. Un mur c'est - aussi - un créateur de rue, et donc de ville. Je m'explique.

Une des questions posées par les cités et autres quartiers de grand ensembles est la rue. Dans les dits grands ensembles, la rue est abolie, pour laisser place à des terrains ouverts - parfois des jardins, des parkings, d'autres fois des terrains vagues.

Edifier un mur - et même pour des mauvaises raisons - peut donc produire autre chose qu'une ghettoïsation : une insertion de l'îlot (la barre) dans un tissu urbain . Délimiter l'emprise visuelle de la barre en montrant ses limites.

Cela fait sans doute partie du processus de normalisation. Faire entrer la cité dans le moule prévu par la ville : la rue.

Mais la question n'est pas d'être pour ou contre. La question est plutôt de saisir l'opportunité. Ce mur va enclaver la cité - c'est un fait - et créer de nouveaux défis.

Que faire de ce mur, déjà ? Le donner à des graffeurs plutot qu'a des « artistes » de Paris, ou à des architectes-durables pour qui la facade végétale est une réponse miracle ?

Et que faire du terrain autour de la barre ? En faire un jardin, un square, un terrain de boule, un cicuit de kart, un centre aéré, des terrasses de café, une venelle commerçante … ou bien le laisser tel quel ?

En enfermant les habitants dans leur cité, le mur focalise sur ce point : le terrain autour de la barre est semi-privatif. Les habitants de la cité en ont l'usufruit. Il faudrait juste le valoriser, pour en faire un endroit ou l'on est content de vivre.

Reste maintenant à convaincre bailleurs et élus locaux. Mais il n'y a que les habitants de la Fouilleuse qui peuvent lancer le mouvement.

Portrait de le nain voleur

De le nain voleur

13H38 | 07/08/2008 | Permalien

bienvenue dans banlieu 13
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=54107.html
ou comment passer de la fiction a la réalité
un pays ultra policier et un beau mur qui sépare la banlieu chic des pauvres
on est en plein délire

Portrait de emilie31

De emilie31

urbaniste | 14H13 | 07/08/2008 | Permalien

L'urbanisme aujourd'hui tente de recréer de l'urbanité dans les villes.
Définition de l'urbanité : savoir-vivre ensemble.

La contruction d'un mur de 3m est bien évidement la dernière chose à faire si l'on veut facilitier les échanges entre les habitants d'une même ville.

Quelques principles DE BASE qui devraient être appliqués partout : l'important reste la perméabilité des espaces et la libre circulation des individus qu'ils soient à pied, en vélo ou même en voiture. L'espace public, accessible à tous donc, est le lieu privilégié des rencontres et des échanges, premier élément de création des villes. La sécurité des espaces publics passe par une surveillance passive des habitations et autres immeubles avec vue directe sur ces espaces.

La construction de ce mur empêche donc la libre circulation des habitants et les oblige à faire des détours importants pour sortir de leur « résidence ». Perméabilite zéro.
Ce mur, qu'il soit vert ou pas, reste un mur… bouchant la vue des résidents et particulièrement ceux des étages bas, créant ainsi des « coins fermés » favorisant les activités illicites. Sécurité zéro.
Où est l'espace public ? Où est le lien de la Fouilleuse avec le reste de Rueil ? Les cheminements piétons vers le centre commercial et le centre-ville ? Qualité de vie zéro.

La première chose à faire pour la mairie de Rueil serait certainement de s'entourer de gens compétents et capables de proposer des solutions viables et surtout durables, organisant la proximité, mixant les populations et favorisant les échanges.

Portrait de Pierrrrre

De Pierrrrre

14H20 | 07/08/2008 | Permalien

La France est mûre pour se protéger de murs,
et puis des murs,
c'est en_béton pour ceux qui essayent de les franchir,
pas pour ceux qui s'en protègent.

Une France enceinte…

« Un jour, des millions d'hommes quitteront l'hémisphère sud pour faire irruption dans l'hémisphère nord. Et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils, c'est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire. »

Portrait de Humain

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De Humain

16H13 | 07/08/2008 | Permalien

Ceci est quasi la phrase d'un turc, repris par un autre Turc, « les minarets sont nos bayonnettes, les dômes nos casques et les mosquées nos casernes »…

Quand au final, nous faisons tout pour que cela arrive.

Est-ce une bonne chose ?

Je ne sais…

Portrait de Madiran

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De Madiran

(Business Analyst) | 18H07 | 07/08/2008 | Permalien

A Pierrrre,

Vous reprenez là les termes du discours du président Houari Boumediene devant l'ONU en 1974.

Portrait de minguinhirigue

De minguinhirigue

Architecte | 10H40 | 08/08/2008 | Permalien

Je croyais que depuis le temps, les urbanistes et architectes avaient compris que faire une mur, quitte à ce qu'il soit mur de soutènement, ça reste un barrière ! Peut importe la verdure et les beaux grillages qu'on souhaite y mettre…

Le fait de faire des cul-de-sac peut entrainer deux dérives majeures : le flicage permanent aux seuls points de traversée de la barrière, ou le raketage permanent à ces même points stratégiques dans une logique de contrôle de territoire par des bandes… Chouette la vie dans les citées rénovées…

Accessoirement, ceux qui pensent que mettre des digicodes et des grilles dans une cité où tout ce qui est commun est systématiquement démoli est une solution ? Qu'ils m'expliquent.

La seule solution est l'ouverture à l'autre, pour combattre le malaise par la reconnaissance mutuelle. Oui c'est beaucoup plus dur, mais mettre des barrières plus hautes n'empêchera jamais les délits… Seul le respect mutuel peut régler le problème. Et la carte respect n'est pas seulement dans la main de ceux qui sont violents, mais aussi dans celle de ceux qui pratiquent au quotidien l'indifférence face aux douleurs des autres.

Portrait de ketch

De ketch

journaliste | 12H33 | 08/08/2008 | Permalien

Rueil est nul. Je le sais, j'y habite. Le prototype de ces banlieues 92/78 qui, tout en pétant plus haut que leur c.., transpirent le conformisme et l'ennui. Le paradis formaté des familles cadres-sup, endettées à vies pour offrir à leur marmaille perpètuellement endimanchée « le cadre de vie » tranquille qui sied à leurs études. D'ailleurs Passy-Buzenval, la boîte privée BCBG la plus caricaturale de l'ouest parisien, trône sur les hauteurs de la ville.

Quant à la Fouilleuse, qu'en dire ? Un pet de lapin comparé aux 4000 de la Courneuve et autres vraies cités de la vraie banlieue, celle du 93 ou 95. Mais cette « cité“- qui n'est en fait qu'une résidence un peu populaire sans grand tapage- est la terreur de la bourgoisie rueilloise, plus à la recherche de phantasmes propres à la réveiller que de mixité sociale.

C'est en tout cas, en cette période d'été où la ville est particulièrement sinistre, le seul endroit de Rueil qui bouge encore un peu, au milieu du chantier chaotique que l'on doit au nouveau prince du quartier, M. Michel-Edouard Leclerc.

De toutes façons, que peut on espérer d'une ville qui, systématiquement, élit au premier tour le représentant de la droite la plus conforme à ses intérêts, quand bien même il aurait un QI proche de zéro ?

Bref, Rueil, on l'aime ou on la quitte. Moi, je m'en vais bientôt.

Portrait de Pentelique

De Pentelique

consultant biotechnologie | 14H47 | 08/08/2008 | Permalien

La Honte, elle est pour qui et quel coté du mur ?

Portrait de la vigilante

De la vigilante

scandaleuse | 16H37 | 08/08/2008 | Permalien

je me souviens des propos de nombreux journaliste lors d'échaffourés dans certaines banlieues beaucoup de journaux parlaient d'« Intifada » de Beyrouth ou que sais-je encore et bien voila ils le font le mur comme à RAMALLAH mais les journalistes fourvoyés du gouvernement ce garde bien de faire ici la comparaison…

Portrait de jeff5000

De jeff5000

15H58 | 09/08/2008 | Permalien

a la droite qu on a vote, ses malades et ses vieux qu on exclut, qu on met dans les mourroirs, le service de sante public qui devient precaire, ces personnes qui ne trouvent pas de travail qu on chasse et les sdf qu on chasse aussi des villes

ces politiques soutenues par le gouvernement sans aucune honte (rama yade (droit de l homme) ,fadela amara (secretaire d etat a la ville) et madame boutin ministre de la ville (toutes UMP)

c est ghettos qu on cree comme au bon vieux temps…
avec l'argent du contribuable

bienvenue en france

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