Une offre d'emploi publiée par l'ANPE relance la polémique sur la « culture du chiffre et du résultat », souvent reprochée à la politique de Nicolas Sarkozy. L'annonce propose un poste d'instituteur en classe de CM2 dans une école privée, emploi rémunéré au smic horaire (8,71 euros), soit moins de la moitié du salaire de cette profession. Autre problème : confier la charge d'une classe d'enfants de 9 à 10 ans à une personne recrutée via un contrat d'accompagnement à l'emploi, destiné à des chômeurs « rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières ».
Curieusement, l'annonce a été suspendue, puis modifiée. La qualification du poste a régressé : ce n'est plus un instituteur qui sera recruté mais un « animateur débutant ». Dans le même temps, la rémunération a augmenté : de 8,71 euros à 12 euros de l'heure. « Il faut proposer toutes les offres possibles aux demandeurs d'emploi pour trouver une solution pour chacun » se défend la direction de l'ANPE, pour justifier ses incohérences. Et de préciser :
« Nous considérons qu'une personne rencontre des difficultés sociales et professionnelles particulières lorsqu'elle est au chômage depuis plusieurs mois, généralement plus d'un an. »
Une manière selon l'ANPE, d'intégrer ceux qui ont vu leurs chances de trouver un emploi diminuer au fur et à mesure du temps, au détriment parfois du niveau de rémunération.
« Une situation inquiètante »
Employer une personne diplômée à moindre frais sous prétexte de l'insertion professionnelle ? Pour Philippe Sabater, secrétaire nationale du syndicat SNU-ANPE-FSU (majoritaire au sein de l'agence), « l'ANPE souffre d'un type de gestion guidé par la pression du résultat ».
Même constat pour Delphine Zoughebi, avocate exerçant dans le droit du travail. Selon elle, cette situation « inquiètante » résulte de la « pression exercée sur le personnel de l'ANPE » :
La fusion Unedic-ANPE mise en cause
Une situation qui pose également des questions à long terme. La loi « droits et devoirs des demandeurs d'emploi », qui doit entrer en application à partir du 1er janvier 2009 –au moment de la fusion Unedic-ANPE-, permettra en effet aux agents du service public de l'emploi de sanctionner les chômeurs qui refuseraient une « offre valable d'emploi ». Dans ce contexte, ce genre d'annonces pourrait donc avoir de plus lourdes conséquences. Car le demandeur d'emploi devra revoir ses exigences à la baisse au fur et à mesure du temps qu'il reste au chômage (rémunération, qualification, zone géographique du poste). Une mesure voulue par Nicolas Sarkozy pour atteindre le « plein emploi ».
La fusion de l'Unedic (réseau de l'assurance chômage), avec l'ANPE apparaît elle aussi comme un « facteur risquant de renforcer la pression exercée sur le personnel de l'ANPE, qui sera préjudiciable au demandeur d'emploi », selon Philippe Sabater :
Delphine Zoughebi voit elle aussi dans cette fusion une « recherche plus poussée du résultat » et remet en cause « le système de notation inhérent aux administrations » :
Objectif affiché de cette union : diminuer le nombre de chômeurs par conseiller et faire chuter le taux de chômage à 5%. A quel prix ?



















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De yapadebug
12H15 | 06/08/2008 |
L'offre ANPE était la suivante :
Numéro d'offre 651155N Offre actualisée le 31/07/08
INSTITUTEUR/INSTITUTRICE H/F (Code Métier ROME 22111)
AU SEIN D'UNE ÉCOLE PRIVÉE, VOUS ASSUREZ LES COURS D'UNE CLASSE DE CM2.
Lieu de travail : 95 - SARCELLES
Type de contrat : CONTRAT A DUREE DÉTERMINEE DE 6 MOIS
Nature d'offre : CONTRAT ACCOMPAGN. EMPLOI (CAE)
Expérience : SOUHAITÉE DE 1 A 2 ANS
Formation et connaissances : DIPL. NIV. BAC+3 EXIGÉ
Qualification : Employé qualifié
Salaire indicatif : HORAIRE 8,71 Euros
Durée hebdomadaire de travail : 20H00 HEBDO
Taille de l'entreprise : 20 A 49 SALARIÉS
Secteur d'activité : FORMATION CONTINUE D'ADULTES
Il vous suffit de chercher une école primaire privée à Sarcelles pour savoir laquelle.
De Philippe17000
France | 13H47 | 06/08/2008 |
Faux ! Les établissements d'enseignement (quels qu'ils soient, même privés) ont droit au CAE, contrat de travail a durée determinée de 6 mois renouvelable (maxi 24 mois selon les régions) avec une prise en charge de l'Etat via le Cnasea allant de 50 à 80 %, selon les cas des demandeurs d'emploi et les régions. Bon nombre d'auxiliaire de vie scolaire par exemple sont recrutés via le CAE, ce qui permet à l'Etat de financer des postes et de faire baisser les chiffres du chomage, car à la fin des CAE, la personne est virée (9 fois sur 10) et remplacée par une autre personne en CAE toujours. C'est la précarité par rotation ! !
De gribouillemoqueur
15H22 | 06/08/2008 |
Je peux apporter mon témoignage sur le coté qui peut sembler surnaturelle de l'offre de l'ANPE. J'ai travaillé il y aura presque 2 ans pour un lycée professionnel privé pour remplacer une enseignante en congés maternités. J'avais deux classes de BTS et une classe de 1ère. La charge horaire était variable puisque les élèves étaient en alternance dans l'hotellerie, allant de 7H jusqu'à 14H de cours par semaine. Seuls étaient payés le cours en face à face avec un tarif horaire brut d'environ 11 €. Bien entendu le temps consacré aux préparations, assez spécifiques pour ce public, les sujets et les copies à corriger n'étaient pas rémunérées.
En gros sans faire de calcul, je percevais un salaire de 350-400 € par mois pour faire un travail d'agrégé. je dois avouer que regardant ce qu'il est difficile d'appeler un salaire, 1) je me disais que je devrais mieux faire des ménages tout en reconnaissant qu'une femme de ménage ne pouvait pas faire mon travail, 2) que le pseudo concours de l'agrégé ne pouvait en rien expliquer un tel écart de traitement,
et que finalement dans ce pays, il y a des gens qui vivent trés bien à l'abris de règles ou de privilèges, qu'ils font finalement payer aux autres.
Personnellement, à l'époque, considérant la situation, je me suis expatrié en Irlande. Oui, j'oubliais, la petite annonce venait aussi de l'ANPE, personne ne m'a obligé, et personne me proposait autre chose excepté hors de France.