Ni Bachelot ni Kouchner ni Joyandet n'iront à la conférence mondiale de Mexico. Tout un symbole pour les associations de malades.

Dimanche s'ouvre à Mexico la XVIIe conférence mondiale de lutte contre le sida. L'évenement, qui doit durer cinq jours, réunira 22000 personnes, dont moult chercheurs, représentants associatifs et responsables politiques de tous pays… sauf de France : ni Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, ni Bernard Kouchner, aux Affaires étrangères, ne seront présents. Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la Coopération, ne fera pas davantage le voyage, ayant gagné Dakar la veille pour y retrouver Bill Clinton à un rassemblement Unitaid.
Provocation ou simple cafouillage ? Vendredi, les cabinets ministériels justifiaient cette absence comme ils pouvaient.
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Au secrétariat d'Etat à la Coopération, qui dépend du Quai d'Orsay, on assurait à Rue89 que l'implication d'Alain Joyandet dans le dossier sida se traduisait par sa présence au Sénégal. Or, l'événement à Dakar, qui démarrait ce samedi, ne fait que mordre sur le début de Mexico. Certains participants enchaînent d'ailleurs les deux. Pas Alain Joyandet, qui comptait rentrer à Paris avant de partir en vacances le 9 août.
Bachelot ira à Pékin mais sèche Mexico
Il y a deux ans, lors de la précédente conférence mondiale, c'est toutefois Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, qui avait fait le déplacement. Cette année, le porte-parole de Roselyne Bachelot argue d'un problème d'agenda :
« L'emploi du temps est surchargé à cause de Pékin et de la présidence française de l'Union européenne. Mais un conseiller ainsi que deux représentants de la Direction générale de la Santé seront à Mexico. Il y aura aussi l'ambassadeur sida, très compétent. »
C'est vrai que Louis-Charles Viossat, nommé à ce poste il y a un an, lira à Mexico mardi matin un message de Nicolas Sarkozy. Ce discours est censé démentir tout désengagement de la France, un pays réputé en pointe en matière de lutte contre le VIH. Mais il en faudra plus pour rassurer le milieu associatif. Bruno Spire, président de Aides, a été reçu par Roselyne Bachelot quelques jours avant de s'envoler pour Mexico, où Rue89 l'a joint par téléphone :
« Je ne doute pas de l'intérêt personnel de la ministre. Mais je ne crois pas à ces problèmes d'agenda : la conférence de Mexico est prévue de longue date, la présidence européenne aussi. D'ailleurs, Pékin ne commence pas avant la fin de la semaine prochaine, elle pouvait choisir d'autres priorités si vraiment la France tenait à avoir une parole publique. »
Pour lui, cette absence à Mexico trahit bel et bien un désengagement symbolique de la France sur le sida… « alors que même Bush vient de prendre des décisions importantes ! “. On a en effet appris en juillet que les Etats-Unis tripleront les investissements publics dévolus au VIH, et autoriseront les séropositifs à voyager sur le territoire américain.
Coté gouvernement, on nie pourtant tout sacrifice des ambitions françaises. A la Coopération, le cabinet affirme que ‘le volet sida est entièrement imbriqué dans notre diplomatie’ :
« Nous avons de très bons résultats grâce à la double action à travers le Fonds mondial, dont la France reste le premier contributeur derrière les Etats-Unis, et Unitaid, né de l'idée de Jacques Chirac de taxer les billets d'avions pour financer la lutte contre le sida dans les pays en développement. Grace à Unitaid, le taux de prévalence est de 0,7% au Sénégal ! Ce n'est vraiment pas le bon sujet sur lequel nous faire un procès ! “
Des investissements traditionnellement élevés… mais des inquiétudes
C'est vrai que les investissements français dans le Fonds mondial de lutte contre le sida,la tuberculose et le paludisme restent très élevés (voir encadré). Pourtant, Aides et Act Up parlent bien de désengagement, y compris financier. Pour Bruno Spire, de Aides, ‘on fait le minimum mais on supprime des aides techniques, par exemple des postes sur le terrain destinés à ouvrir des programmes, agir dans les hôpitaux’. Chez Act Up, on estime aussi que le financement français de la lutte contre le sida n'est pas à la hauteur des promesses de Paris :
« Sous Jacques Chirac, on sentait un réel souci que la France soit à la pointe. C'est fini : à Mexico, on se contente d'envoyer des gens qui n'ont aucun pouvoir et on est loin de l'engagement du G8, il y a deux ans, pour l'accès universel aux soins d'ici 2010. Pour remplir cet objectif, il faudrait que la France débloque 1 milliard par an… alors qu'au G8 cette année elle a voulu réduire son enveloppe, de 300 millions d'euros à 280 ! “
Act up souligne par ailleurs que l'absence de la France, qui préside l'UE, est d'autant plus criante que ‘l'Europe devrait peser de tout son poids sur l'industrie pharmaceutique pour autoriser la fabrication de génériques au lieu de protéger les labos.’
Il y a 33 millions de séropositifs dans le monde.
Photo : Sarkozy et Bachelot dans le service de lutte contre le sida du Kremlin-Bicêtre (Pierre Verdy/Reuters)


























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De laplote
Illustrateur | 18H27 | 02/08/2008 |
http://laplote.over-blog.fr/
De daniel
18H49 | 02/08/2008 |
On comprend bien que le Sida est un fléau, mais le problème aujourd'hui est dans la prévention et l'information et ce essentiellement dans les pays peu développés, je pense en particulier à certain pays Africain où le Sida décime littéralement la population.
La recherche n'est évidemment pas à négliger, mais vraiment le plus important et le plus urgent, je crois c'est la prévention. Le sida n'est pas contagieux hors rapport sexuel ou transfusion sanguine on peut donc tout à fait la circonscrire si on s'en donne les moyens.
Ainsi plus que la non-représentation de Bachelot ou de Kouchner, c'est bien l'absence de Jouyandot qui me parait regrettable.
Enfin, j'écris cela mais je me rends compte que circonscrire une maladie qui touche un énorme pourcentage de la population n'est pas du tout satisfaisant, pas acceptable…
Peut-être est ce la perception qu'on a de cette maladie. Elle touche une population relativement faible en France et donc on s'en désintéresse…
De MarcTibo
"Change Can Happen", Explorateur, O... | 19H45 | 02/08/2008 |
US $11,3 milliards … c'est la somme que ce Fonds Mondial a engagé dans la lutte contre le Sida, la TB et le palu, maladies qui causent la mort de + de 6 million de personnes chaque année.
Que représentent ces chiffres ? Le premier équivaut aux bénéfices net de Exxon Mobile sur 3 mois de l'année (2è quarter), cela représente également la valeure boursiere de Ford, c'est assez d'argent pour nourrir 185 million d'enfants d'Afrique pendant 1 an.
Le second, c'est 1/1000è de la population mondiale, c'est la population du Paraguay ou du Togo, c'est également le nombre de Juifs européens exterminés par les nazis.
Alors on peut s'arreter à la non-présence de Sarko and Co à Mexico, ou on peut aussi agir, en son nom propre :
- Avec 7.5 euros, c'est un filet qui permet de lutter contre le paludisme, assez grand pour protéger une famille de 4.
http://www.theglobalfund.org/fr/donate/
http://www.nothingbutnets.net/
- Avec 1 euro, vous nourrissez 1 enfant pendant 1 semaine.
https : //secure.my-websites.org/supporter/donatenow.do ? n=gbss&dfdbid=1044…
- Avec 10 euros vous participez à la formation d'une infirmière au Camodge ou en Angola …
http://www.douleurs.org
Et comme disent si bien les humanitaires, il n'y a pas de montant trop petit.
De durutti91
fonctionerf | 19H29 | 02/08/2008 |
Heureusement que les états ne se désengagent pas car la solution ne viendra pas des labos, le sida est avec le diabète, la seule maladie rentable à ce jour. Contenir la maladie rapporte plus que de la soigner.
Pourquoi trouver une réponse trop vite, pourquoi sinon certains programmes de recherches ont étés récemment mis de côté aux profits de ceux concernant les aspects confortables de la maladie ?
Nous financeront le futur vaccin avec nos impôts et les labos ramasseront la mise ensuite.
Sous Chirac, il y avait Line Renaud qui n'a jamais démérité, avec sarko, qui qui ya ?
Le sida n'est plus une maladie branchée et porteuse pour les politiques.
Quand vous êtes malade et que vous apprenez que les recherches sont réorientées puis que l'état ralentira son engagement ! C'est pas la meilleure nouvelle de l'année.
Ami malade chronique, il te faudra être patient, seul un chercheur fou et désintéressé pourra nous sauver.
Désolé, j'écris sous le coup de la colère .
De The last Puppet
Etudiant | 20H32 | 02/08/2008 |
Cet article s'insurge symboliquement contre les comportements symboliques du gouvernement.
Mais dans les faits ?
Roselyne Bachelot à Mexico pour la lutte contre le SIDA ?
Elle fera 3 photos et partira sans n'avoir rien appris.
De caro
délinquante avérée | 22H18 | 02/08/2008 |
« informer c'est choisir », dans un sens, c'est vrai, c'est choisir le domaine et dans le domaine le sujet et dans le sujet privilégier tel ou tel aspect.
Il y a un moment que j'ai dû me mettre entre parenthèses, mais, puisqu'on parle du sida, j'aurais aimé savoir ce qu'est devenue la personne qui fait ou faisait la grève des soins en France. Elle, elle peut expliquer pourquoi le sida n'intéresse pas les autorités, pourquoi la recherche est en panne, pourquoi tout est affaire de gros sous, mais pas pour tout le monde.
La France ne va pas à Mexico ? peut être les autorités ont-elle peur de se faire accueillir par quelques huées … ça la foutrait vraiment mal ! Au moins, en n'y allant pas, les autorités sont en adéquation avec leur manque d'actions dans le domaine de la santé (entre autres), si ce n'est la fermeture de centres hospitaliers et les franchises (médicales, parce que les franchises des discours… c'est un autre problème)
De Auda Louis
Retraité du BTP | 09H29 | 03/08/2008 |
Eh ! bien,alors ?
Je ne vois pas en quoi la présence de ces personnalités apporterait une chance de plus à ceux qui sont atteints ?
Est-ce que cela inciterait ceux qui ne veulent pas se protéger à le faire ?
Les inconscients prendraient-ils plus de précautions si Sarkosy et les autres allaient là bas ?
pour moi,je ne crois pas que cela changerait quoi que ce soit ! les gens qui peuvent attraper le sida doivent d'abord être prudents et prendre les précautions qui s'imposent,les chercheurs doivent pousser plus loin leurs investigations sur le sujet,mais je ne vois pas en quoi,le sida étant un fléau médical et d'hygienne personnelle,le fait de se rendre à une conférence(à grands frais,et le sida coûte déjà très cher à tous à cause de quelques immatures)pour nos représentants,pourrait apporter un soulagement et un espoir d'eradication pour cette terrible maladie !
Seuls,ceux qui ne veulent rien voir ni entendre,ne sont pas renseignés sur le sujet,on en parle tous les jours sur les journeaux,la télé,la radio etc…
Alors,si on ne le sait pas ! ….
De amilcar
peureux célèbre | 13H13 | 03/08/2008 |
« Grace à Unitaid, le taux de prévalence est de 0,7% au Sénégal ! » si le sujet n'était pas si grave ça ferait rire, cette phrase est dramatiquement drôle pour deux raisons, parce que ce score sénégalais est ancien avec effectivement une prévalence relativement faible comparée aux « scores » astronomiques des pays d'Afrique australe, et depuis cette époque bénie où le sida ne faisait pas trop de ravages au sénégal les choses ont mal changé, la prostitution dans l'est du pays autour des marchés est une catastrophe qui touche plusieurs pays et aura des répercussions dans l'avenir, donc grace à unitaid ou avec la complicité d'unitaid tous les chiffres sont faux et sont extrapolés à partir de ce qu'on a trouvé sur la table, le risque de voir le sénégal ratrapper malgré unitaid les prévalence à 2 chiffres du sud du continent est plus menaçant que ce qu'ils disent