Le procès de « Duch », l'ancien directeur du centre d'interrogation et de torture S21 sous le règne des Khmers rouges, s'est ouvert mardi à Phnom Penh. Lors de son inculpation, en août 2007, Philip Short, auteur d'une biographie de Pol Pot, avait analysé la personnalité de Duch et son rôle dans le génocide. (De nos archives)

Philip Short, ancien journaliste de la BBC et auteur de « Pol Pot : Anatomie d'un cauchemar » (ed. Denoël), une biographie de l'ancien dirigeant khmer rouge, commente pour Rue89 l'inculpation de L'ancien directeur du centre d'interrogation et de torture de Phnom Penh, S21, Kang Kek Ieu, connu sous son nom de guerre Duch. Ce dernier est le premier inculpé par le tribunal spécial chargé de juger les crimes des Khmers Rouges au Cambodge.
Le régime de Pol Pot, au pouvoir de 1975 à 1979, avait entrepris la suppression de tout opposant au régime, provoquant ainsi la mort de près de deux millions de personnes. Le 18 juillet dernier les procureurs avaient demandé l'inculpation de quatre autres anciens khmers rouges sans préciser leur identité. Philip Short explique ce qui a poussé cet ancien instituteur à chapeauter le système carcéral et tortionnaire Khmer Rouge.
Alors que Duch était retenu dans une prison militaire depuis 1999, son inculpation était, pour Philip Short, un premier pas nécessaire, mais sans surprise.
Les quatre autres dirigeants dans la ligne de mire du Tribunal sont probablement Nuon Chea, secrétaire général du Parti et principal lieutenant de Pol Pot, Ieng Sary, l'ex-ministre des Affaires Etrangères, Khieu Samphan, l'ex-président, et Meas Muth, gendre du chef militaire Ta Mok, mort l'an dernier. Mais leur inculpation ne semble pas évidente, pour les mêmes raisons qui ont rendu difficile l'établissement du tribunal.
Short affirme que l'inculpation de Duch ne constitue pas une menace pour les membres de l'actuel gouvernement qui ont pourtant joué un rôle dans le régime Khmer Rouge. Il s'agit d'une première étape qui fait avancer le travail du Tribunal mais ne pose pas les questions de mémoire nécessaires pour que le Cambodge dépasse cette étape de son histoire.
Photo : l'ex-Khmer rouge Kang Kek Ieu, alias Duch, lors de son procès jour d'audience le 17 février (Adrees Latif/Reuters)
Rectifié le 01/08/2007 à 18h00 suite à une erreur sur les dates du pouvoir Khmer rouge. Merci à l'internaute qui nous a signalé l'erreur.
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De
13H43 | 01/08/2007 |
mais elle a le mérite d'être là… pour ne pas oublier les gens qui sont morts sous le silence occidental.
La diplamtie à ses règles souvent très peu humaines.
http://www.peuples.net/
De
18H14 | 02/08/2007 |
Il est à signaler que le site recommandé plus haut est juste un site politique anti-libéral de plus….
Rien à voir avec le Cambodge et le génocide…
De Thierry75
16H42 | 01/08/2007 |
Vous commencez votre article par une bourde énorme : non, les Khmers Rouges n'ont pas été au pouvoir de 1970 à 1975, mais de 1975 à 1979 !
à Thierry75
De Pierre Haski
Rue89 | 17H19 | 01/08/2007 |
Faute d'inattention corrigée, merci.
De Alexad
16H52 | 03/08/2007 |
« Nécessaire mais pas suffisante », et surtout tellement tardive comme toujours ! !
De
10H54 | 19/08/2007 |
L'inculpation de Duch par ce tribunal hybride, permet surtout au gouvernement cambodgien de se débarrasser d'un prisonnier dont l'incarcération est depuis longtemps inconstitutionnelle. Il ne s'agit en fait que d'un « transfert » d'une prison à l'autre. Comme le dit justement Ph. Short, le « témoignage » de cet inculpé n'éclairera en rien l'Histoire et les raisons qui ont amené les K.R à leur politique absurde. On peut douter par ailleurs (pour les raisons évoquées par Mr Short) que les principaux dirigeants soient jamais amenés à comparaître. Pas davantage Norodom Sihanouk dont le témoignage serait essentiel. A défaut d'un procès pour les Khmers rouges, ce sera donc le procès de S21 où, faut-il le rappeler, 85% des victimes ont été des cadres khmers rouges, purgés pour avoir été suspectés de saboter la révolution ou de faire le jeu de l'ennemi vietnamien.
Chinois, Américains, Vietnamiens (les créateurs des Khmers rouges) et autres donneurs de leçons sur la mémoire pourront se féliciter d'un tel exercice de « clarification historique » et continuer de se partager ce qu'il reste du Cambodge.
Justice pour le paysan cambodgien ?
Bruno Carette
De histoiresdasie
21H11 | 21/08/2007 |
@ Bruno Carette.
Il est faux de dire qu'à S-21, « 85% des victimes ont été des cadres khmers rouges ». C'est plutôt le contraire. Il y a eu des Khmers rouges (cadres ou non) qui ont été « purgés », tués, victimes de paranoïa politique ou accusés d'être « faibles » (c'est à dire : un peu humain) vis-à-vis de l'ennemi de l'Angkar.
Il est certain que le futur procès ne satisfera personne, ni les pourfendeurs d'un procès « pour l'Histoire », ni les tenants purs et durs du Droit, à l'anglo-saxon. Mais au moins, il permettrait de chatouiller les consciences. C'est déjà ça de pris !
Il est faux de dire que les Vietnamiens étaient les « créateurs » des Khmers rouges. Certes les derniers ont aidé les communistes cambodgiens à se structurer, les ont armé (avec les Chinois), ont entrainé le Cambodge dans la guerre dite « américaine », mais ils n'ont pas crée les Khmers rouges génocidaires.
Vo Trung Dung
De musicmess
intellectuelle précaire | 14H02 | 17/02/2009 |
Ce qui est extraordinaire est cette dichotomie entre présence et silence.
Oui, on sent l'impact du régime Khmer Rouge, partout où l'on va. Une grande partie des familles dont les parents ont vécu ces années sont devenues de réelles matriarca. Beaucoup de femmes ont perdu leurs maris, et ont eu à faire face à cette période, ou il fallait élever une famille, la nourrir, en deux mots, tenter de la faire survivre…
Et pourtant, personne n'en parle. Les mots sont inutiles, il suffit de voir leurs yeux quand le seul mot d'Angkar est prononcé, et on comprend qu'on ne peut aller plus loin.
Ces procès ne ramèneront jamais ceux qui sont morts, mais apportera peut-être quelques réponses…
On peut s'étonner que le premier jugé soit Douch… Peut être était-il représentatif de l'horreur Khmer Rouge, mais je me demande néanmoins pourquoi le premier à comparaître n'est pas Nuon Chea, le camarade n°2, l'idéologue, qui lui est considérablement plus agé et qui a été hospitalisé il y a peu de temps…
De jabier 31087
consultant dans les Landes | 15H09 | 17/02/2009 |
Les Khmers rouges ont été les instigateurs d'une utopie qui a tournée en tragédie. Une utopie mal théorisée, mal digérée. Encouragée par le régime Chinois, la Corée du Nord et Norodom Sihanouk le roi de l'époque qui l'avait souhaitée. Pour faire cesser les agissements horribles il aura fallu l'intervention du Vietnam à peine débarrassé de la guerre contre les USA.
Aujourd'hui le pouvoir Cambodgien issu de…on ne sait pas trop. Mais je crois que la corruption y règne, mais ce n'est pas le seul régime qui engendre cette lèpre.
Les ex membres des khmers rouges doivent se tenir planqués dans les méandres de cette administration corrompue. Un peu comme certains nazis ont pus survivre confortablement en Allemagne de l'Ouest et de l'Est.
Ce n'est donc pas ce genre de régime qui va permettre que la justice passe en toutes équités. On ne peut donc souhaiter à ce peuple attachant que laisser passer le temps pour que les souvenirs s'effacent sans esprit de vengeance.
De GLADIATEUR
Cadre | 16H01 | 17/02/2009 |
Il était temps que les criminels Khmers soient traduits devant les tribunaux, mais celà n'est pas suffisant. Il faudrait traduire tous ceux qui sont encore vivant et qui se terrent quelque part dans le monde.
De rezareza
rezareza | 16H07 | 17/02/2009 |
une arme a feu
des cranes en sang
welcome en enfer
le monde n'est plus de ce monde
De AlexG2008
temporaire | 17H21 | 17/02/2009 |
De Okotoks
Expatrié | 18H10 | 17/02/2009 |
Je suis avec intérêt les articles sur le Cambodge de Rue89. En fait, je me demandais ce qu'était devenue ce camp S21. Est-il devenu un lieu de mémoire ou est-il laissé à l'abandon ? Existe-t-il également une volonté de mémoire parmis les communautés cambodgienne vivant à l'étranger ? A priori, elles subissent moins le climat régnant au Cambodge.
à Okotoks
De AlexG2008
temporaire | 08H34 | 18/02/2009 |
Le musée de Tuol Sleng est un ancien lycée (Tuol Svay Prey : la colline du manguier sauvage) situé à Phnom Penh qui a été transformé par les Khmers rouges en centre de détention, de torture et d'exécution entre 1975 et 1979. Le lycée avait alors comme nom secret prison de Sécurité 21 ou S-21.
Actuellement ce lycée peut être visité. Il contient, outre les restes quasi complets des bâtiments de torture et d'emprisonnement, de nombreux objets de torture et de très intéressantes archives.
Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Tuol_Sleng pour la suite : )
De den
20H18 | 17/02/2009 |
Allez , encore un peu de patience et ce monsieur se trouvera avec un crâne identique à ceux des gens qu'il a exterminé, un crane nu sans viande, ni sang autour. La vie est la plus grande des justices lorsqu'elle se trouve suivit de la mort.
Et il y a des cons qui voudraient que l'homme devienne immortel.
Des nasillons en perspective.