
Gilberto Gil retourne à la chanson et c'est une bonne nouvelle, non seulement pour la chanson, mais même pour le gouvernement brésilien ! Le ministre de la Culture a annoncé mercredi qu'il quittait son poste après cinq années dans le gouvernement de Lula, pour se consacrer pleinement à sa carrière artistique.
Pendant cinq ans, Gilberto Gil a fait le grand écart entre le ministère et la scène, se faisant même rappeler à l'ordre par le comité d'éthique du gouvernement pour ses apparitions musicales en tant que ministre. Il a donc dû se mettre « en vacances » chaque fois qu'il voulait faire un concert, ce qui l'a démangé à plus d'une occasion.
Il a plusieurs fois confié qu'il souhaitait retourner à ses premiers amours musicaux, et c'est sur scène qu'il s'éclatait, bien plus qu'aux réunions du Conseil des ministres.
Ainsi, sur cette vidéo tournée il y a un an…
Grande figure de la musique brésilienne, emprisonné sous la dictature militaire, Gilberto Gil n'a pas toujours fait l'unanimité en tant que ministre de la Culture. La vidéo ci-dessous le caricature, le montrant hésitant, incapable d'articuler une idée. Une caricature de l'homme politique, pas du chanteur.
Gilberto Gil rejoint la longue liste des ministres de la culture issus du monde artistique, de Melina Mercouri en Grèce, à Jorge Semprun en Espagne, sans oublier, bien sûr, Jack Lang, qui dirigea pendant longtemps le festival de théâtre de Nancy avant de devenir le ministre de la Culture de François Mitterrand. On a d'ailleurs pu voir Jack Lang en compagnie de Gilberto Gil sur une scène place de la Bastille, en 2005, lors d'une visite de Lula en France. Ministres ou showmen ? Difficile à dire…
► Rectificatif, 31/7/08 à 16h30 : le concert de la Bastille était en 2005, pas l'an dernier comme indiqué initialement. Merci à l'internaute qui l'a signalé.



















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De brasil80
Puxador | 13H12 | 31/07/2008 |
Bonjour les clichés !
Gilberto Gil est un des fondateurs du tropicalisme dans les années 60 et ne peut en aucune façon être réduit à la bossa-nova !
La bossa-nova, c'est une musique de bourgeois de Rio, pas du tout populaire au Brésil (qui fait encore de la bossa-nova ? Des américains, des brésiliens expatriés, des français qui se la pètent en se croyant brésiliens…), alors que Gilberto Gil est bahianais et populaire.
De Pierre Haski (auteur)
Rue89 | 13H35 | 31/07/2008 |
C'est réducteur, d'accord, mais c'est une formule pour un titre ! Vous aurez remarqué que vous ne retrouvez pas mention de la bossa nova dans le texte.
De brasil80
Puxador | 13H49 | 31/07/2008 |
Désolé de m'être emporté, je comprends bien que c'est une formule pour un titre, mais en tant que passionné de musique brésilienne, j'aimerais tant qu'elle soit moins caricaturée.
Bon, à part çà, comme je le dis par ailleurs, merci à Rue 89 d'exister : je vous lis depuis longtemps, mais je ne me suis inscrit qu'aujourd'hui…
De petit chahut
15H51 | 31/07/2008 |
@Brésil80 :
« en tant que passionné de musique brésilienne, j'aimerais tant qu'elle soit moins caricaturée »
C'est pour ça que vous résumez la bossa à une musique de bourgeois de Rio (c'est pas caricatural du tout, ça ; -) ! ! )
Il me semble en tout cas que la bossa a bel et bien inspiré Gilberto Gil à ses débuts, et qu'elle garde ses lettres de noblesse et ses adeptes dans le Brésil d'aujourd'hui… D'ailleurs, vous qui n'aimez pas les caricatures, comment pouvez-vous parler du Brésil comme d'une entité homogène où l'on n'écouterait plus de bossa ? Bien sûr qu'on en écoute et qu'on en fait encore, cette musique est un des piliers de la culture brésilienne, on retrouve son influence dans de nombreux répertoires actuels.
Enfin me trompé-je ou vous montrez-vous un tantinet méprisant à l'égard des Brésiliens expatriés ? Savez-vous que les plus grands musiciens brésiliens se sont expatriés pendant les périodes de dictature pour pouvoir s'exprimer librement et ne pas finir en prison ? Si aujourd'hui aucun artiste n'est plus menacé, bien sûr, certains peuvent apprécier le recul que leur offre l'expatriation et l'enrichissement de leur art que peut provoquer la vie dans un pays étranger.
Bref, j'ai trouvé votre intervention franchement à côté de la plaque, si je puis me permettre… Bien plus que le titre de Rue 89.
De brasil80
Puxador | 16H21 | 31/07/2008 |
J'adore la bossa, mais c'est plus un trip nostalgique : la création musicale actuelle au Brésil, où tout ne me plaît pas, a largement dépassé ce style déjà fort daté. Je connais d'excellents spécialistes (ethnomusicologue notamment) qui expliquent que la bossa, çà n'est pas vraiment de la musique brésilienne, au mieux de la musique faite au Brésil…et encore !
Certes le Brésil n'est pas une entité homogène, mais justement, on ne va pas le résumer à la bossa ! C'est pour çà que je me suis un peu emporté, et mon post est lui-même caricatural, je l'admets, mais traiter un sujet aussi vaste en quelques lignes, çà n'est pas à ma portée ; -)
Quant aux expatriés, aucun mépris, en tout cas moins qu'avec des brésiliens « au pays » dont j'ai souvent entendu dire que beaucoup de musiciens DURABLEMENT installés en Europe (les réfugiés comme Chico Buarque ou Caetano Veloso il y a bientôt 40 ans n'y étaient pas venus pour faire carrière) étaient trop mauvais pour faire carrière au Brésil. Là encore, c'est caricatural ; -)
Je connais des brésiliens installés en France qui font du bon boulot, mais pas souvent dans la création, beaucoup dans la resucée constante des standards…ou dans le quasi pastiche, pour des raisons alimentaires que je ne méprise pas du tout. Moi-même je « bricole » dans les classiques du samba, je trouve ma démarche tout à fait louable ; -))) …mais je ne prétendrais pas renouveler la musique brésilienne !
In fine, désolé de vous avoir énervé : -)))
De Xtophe
16H32 | 31/07/2008 |
Qu'il reste à la musique Gilberto Gil, il n'aurait d'ailleurs jamais du la quitter. j'ai eu l'occasion de le voir une fois en conférence de presse ; tout le monde était à ses pieds et seul un journaliste, inlassable, revenait sur les questions politiques « que comptez-vous faire » ? « quel est votre budget » … Des questions bien simples me direz-vous, et bien Gilberto ne répondait pas, pirouettait et ramenait tout sur le terrain de « j'aime bien jouer de la guitare en france, les français sont sympathiques »… c'était d'un pitoyable et ce n'était pas une vidéo qui le caricaturait mais bien l'homme face aux journalistes.
je ne sais même pas s'il y a eu un bilan de ses actions en 5 ans. je mange avec des brésiliens ce soir, on va bien voir…