a debattre 29/07/2008 à 12h09

Foot : Sarkozy et Platini veulent mieux protéger les jeunes talents




Nicolas Sarkozy à l'Emirates Stadium de Londres en mars (John Stillwell/Reuters).

« J'aimerais qu'il y ait en Europe une exception sportive comme il y a une exception culturelle ». Le 10 juillet, lors de son grand oral au Parlement européen Nicolas Sarkozy allait droit au but. Comme, lui Michel Platini se bat pour que l'on reconnaisse que le sport n'est pas une marchandise comme une autre. Objectif revendiqué : protéger les plus jeunes joueurs des abus du foot business.

L'idée fait son chemin : après en avoir parlé à Brest, le 12 juillet, les ministres des sports de l'Union européenne en débattront le 7 août, à Pékin.

Pourquoi revendiquer un tel statut ? Parce que le sport aurait « des fonctions sociales, éducatives et culturelles », selon le mémorandum franco-néerlandais sur ce sujet. Des valeurs pas toujours évidentes, tant les affaires de racisme et les bastons entre supporters rythment les saisons.

Après le « 2+2 » et le « 3+3 », l'UEFA est passée au « 4+4 »

Présidée par Platini, l'UEFA a déjà mis en place des garde-fous pour protéger la formation des jeunes joueurs. Ainsi, pour la saison 2006-2007, le grand ordonnateur du foot européen a imposé aux clubs européens un système de quotas, surnommé le « 2+2 ». Chaque équipe doit avoir deux joueurs issus de son centre de formation, et deux de centres de formation d'autres clubs, mais de la même fédération.

La saison dernière, la règle est même devenue « 3+3 », et la saison prochaine verra la fin de ce processus avec l'instauration du « 4+4 ». Mais l'UEFA a dû attendre le 28 mai pour que la Commission européenne apporte sa caution à cette pratique . Et qu'elle la juge compatible avec le principe de libre circulation des personnes au sein de l'Union.

« Notre position est très claire », affirme John Macdonald, porte-parole du commissaire chargé de la jeunesse Jan Figel : « La commission ne peut pas accepter l'imposition des quotas sur la nationalité. » Le « 4+4 » est donc une manière habile de contourner cette interdiction.

Mais que les dirigeants des grandes formations se rassurent, ils pourront toujours aligner un onze de départ avec 100% d'étrangers, en laissant les joueurs locaux sur le banc des remplaçants. Lors de la dernière finale de Ligue des champions entre Manchester et Chelsea : sur les 36 joueurs sélectionnés, 10 étaient Anglais.

Certains clubs voient leurs centres de formation pillés par les grands d'Europe

Aujourd'hui, l'UEFA voudrait que la Commission aille plus loin. D'abord, en lui reconnaissant le droit d'interdire le transfert des mineurs. Et ce, au nom de cette fameuse « spécificité sportive ».

L'enjeu est de taille. Il s'agit de pousser les clubs à continuer d'investir dans leur centre de formation. Aujourd'hui, les jeunes talents de ses viviers sont régulièrement pillés par les clubs les plus riches. Ainsi, Rennes craint que Manchester United s'empare de son joyau, le Breton Jérémy Hélan, âgé de 16 ans. Dans ce contexte, interdire le transfert des moins de 18 ans, « c'est une évidence », explique Patrick Rampillon, responsable du centre de formation.

Ensuite, William Gaillard, porte-parole de l'UEFA, confirme que l'équipe de Platini souhaite « qu'une fois pour toutes, la Commission dise clairement jusqu'où l'UEFA peut aller dans son effort de régulation ». La France et les Pays-Bas poussent en ce sens. « Aucun des pays de l'UE ne se sont exprimés à l'encontre du projet », affirme-t-on au cabinet de Jouyet : « L'Allemagne et le Royaume-Uni le soutiennent également fortement. »

Les Anglais, dont les clubs sont parmi les plus riches, possèdent pourtant toute une ribambelle de stars internationales. La concurrence est rude pour les jeunes pousses britanniques. Ce qui fait dire à Steven Gerrard, joueur emblématique de Liverpool, qu'il faut des quotas. Pendant que Chelsea, Liverpool et Manchester flambaient dans les compétitions de clubs, l'équipe nationale ne se qualifiait même pas pour l'Euro 2008.

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  • luatwork
    luatwork
    Travailleur idéaliste
    • Posté à 12h28 le 29/07/2008
    • Internaute
      Travailleur idéaliste

    Nantais, je regrette qu'effectivement, nous ne retrouvions plus dans le FCN les valeurs qui ont fait ce club, et en premier lieu, son centre de formation. A tel point que notre irreductible « ennemi » fraternel, Rennes pour ne pas les nommer, est passé largement devant, faisant de son centre de formation le meilleur de France.
    L'époque 1995 offrait au FCN une de ses meilleures équipes, avec énormement de joueurs issus de son centre.
    Aujourd'hui, le FCN remonte, doucement, nous revenons par la petite porte, dans une morne Ligue 1.
    L'équipe ? beaucoup viennent d'ailleurs : mais comment faire pour être compétitif aujourd'hui sans ces internationaux (Klasnic, quelle classe ce mec ! mais je m'égare) ?

    La solution était simple pourtant : conserver ce centre de formation.

    Et vous savez quoi ? La chute, la destruction de ce centre est arrivée lors du rachat du club (tiens, on parle argent) par un groupe : Dassault.
    Ne serait-ce pas l'ami de ? ....

    donc oui, le foot business tue le sport, mais quel foutage de gueule de la part de notre président que de vouloir montrer du doigt ses clubs qui réussissent en pillant nos centres de formation (pouvons-nous parler ici de fuite de cerveau ? ...)
    Pourquoi ne sommes nous pas capable de conserver ces joueurs ?
    Parce que l'argent intéresse plus ces joueurs justement (dernier exemple en date avec le transfert avorté de Puygrenier à Sainté)
    Parce que les joueurs préfèrent aller au bras de fer pour rompre un contrat (Briand qui veut partir de Rennes pour aller à... Paris)

    Ramenons le foot à ce qu'il est déjà : un simple sport

  • skalpa
    skalpa répond à d.antoniovski
    actif et militant ?
    • Posté à 16h54 le 29/07/2008
    • Internaute
      actif et militant ?

    Ben, désolé, mais cela me fait doucement rire lorqu'on parle de valeurs ou « des fonctions sociales, éducatives et culturelles » du sport...
    Et qu'on rejete cela uniquement sur les supporters.
    Non, je n'ai pas retenu que cela de Zidane, j'ai retenu aussi ses contrats avec Danone et consorts, j'ai retenu son affiche géante sur le port de marseille, j'ai retenu le rêve quasi-inaccessible qu'on promet à des gamins qui tapent dans la balle, j'ai retenu le salaire mirobolant, etc...

    de plus, je n'ai rien contre Zidane, à proprement parler, mais c'est un saint-bol....

  • floleq
    floleq répond à luatwork
    • Posté à 17h12 le 29/07/2008

    Ca fait tellement plaisir de voir un Nantais vanter le Stade Rennais (enfin les quelques qualités qu'il a). C'est vrai qu'en tant que Rennais, je suis fier de notre centre de formation. Et je déplore la débandade de ce grand club qu'est le FC Nantes et qui les a conduit en ligue 2. Pas pour longtemps heureusement, vivement le prochain derby !

    Mais la situation n'est pas nouvelle. Je me rappelle avoir vu des joueurs comme Wiltord ou Dabo quitter le stade rennais comme des mal propres une fois avoir bien profiter du centre de formation. Tout ça pour dire que c'est surtout les joueurs qui provoquent cela, et pas tant les clubs. Ils recherchent l'alliance du prestige et du salaire, avec priorité au salaire quand même.
    cf Yohann Gourcuff parti à Milan pour cirer le banc et revenu aussi sec en France.

    Il faut renforcer les contrats qui lient les joueurs au club formateur. Il y en a déjà mais trop faibles pour résister à quelques millions d'euros.
    Ou alors on fait grimper la pantoufle à 50 millions minimum, comme ça au moins le club qui perd son joueur peut s'en racheter des bons. Et le club acheteur ne pourra pas faire ça pour 10 jeunes joueurs à chaque saison.

    Vive le sport sur Rue89 ! !

    PS : Briand est nul, archi-nul, et le stade devrait payer le PSG pour qu'il le prenne.