TRIBUNE 28/07/2008 à 17h47

Politique du logement : de gros moyens pour de petits objectifs

DAVID DUPRE | Taxidermiste politique

Dans le débat public, il est fréquent de moquer le décalage entre les grandes ambitions et les petits moyens. Au contraire, le projet de loi Plan d’accès pour le logement (Palo) adopté ce lundi matin par le Conseil des ministres se résume mieux ainsi : ambition étroite et grands moyens.

L’étroite ambition, c’est la mise en œuvre méthodique du slogan présidentiel, « la France des propriétaires ». En un an, Christine Boutin a prouvé qu’elle faisait partie des bons élèves de la classe Sarkozy. Non contente d’être une intense communicante, elle a avancé méthodiquement, désarmant les adversaires (le 1% logement, une partie du monde HLM), poussant son avantage et enrobant le tout de ce très personnel conservatisme compassionnel.

Depuis l’installation pendant un mois du ministère du Logement sur la place Bellecour à Lyon jusqu’à aujourd’hui, que de chemin parcouru ! Le projet de loi Palo fait la synthèse d’un an de travaux ministériels.

Le gouvernement mène une mission de démantèlement

L’article premier du projet de loi prévoit l’obligation pour les bailleurs sociaux de signer avec l’Etat, objectifs et sanctions éventuelles chiffrés. Ce dispositif marque le retour de l’Etat dans le logement social.

En 2004, la décentralisation du logement ayant été refusée par le gouvernement Raffarin lors de l’acte II de la décentralisation, le jacobin qui sommeille en chaque Français pourrait se réjouir du retour volontarisme d’Etat.

Malheureusement, il déchantera vite : le gouvernement est en mission de démantèlement. Après cinq années de libéralisme mou à attendre le salut par le marché et l’investissement privé (les milliards d’euros de réduction d’impôts engloutis par les dispositifs Robien et Borloo), on passe aujourd’hui au libéralisme de choc et à l’attaque frontale du parc social.

Un peu dissimulée, la vente des HLM est au cœur du projet de loi. En un an, on est passé de l’incitation (printemps 2007 : « ce serait bien de vendre »), à la négociation (hiver 2007 : « mettons-nous d’accord sur la vente ») à l’obligation sanctionnée dans les futures conventions (été 2008 : « vendez »). Les conventions Etat-bailleurs ne porteront pas sur les objectifs de construction, mais sur la vente et l’accession, qui sont les deux seules priorités gouvernementales.

L’accession sociale à la propriété, vedette du projet de loi

L’accession sociale à la propriété est la vedette du projet de loi et se voit reconnaître le statut d’authentique logement social, intégré dans les inventaires de logements de sociaux (loi SRU) dressés chaque année par les préfets.

Depuis plus d’un siècle, l’accession sociale reste une pratique minoritaire, avec quelques milliers de logements produits par an. Les coopératives HLM qui sont en pointe sur le sujet savent le coût est d’autant plus élevés que les opérations sont vraiment sociales et sécurisées.

Comment l’Etat financera-t-il la généralisation de cette pratique sympathique sans mettre un euro nouveau sur la table et en se contentant de pointer du doigt l’hypothétique « magot » des HLM et de siphonner le trésor des « présumés coupables » du 1 % ? Peu financés, les futurs programmes d’accession seront donc faiblement sécurisés et pas vraiment sociaux.

S’il y a deux gagnants, il y a un grand perdant : le logement locatif social. Dans la continuité de la loi Dalo, le parc social n’a plus désormais vocation qu’à accueillir uniquement les pauvres et les très pauvres. Le gouvernement veut faire imposer la conception la plus restrictive du logement aidé.

C’en est fini du modèle largement ouvert (plus de 60% des ménages français aujourd’hui éligibles) : le logement social relèvera désormais d’une forme de charité publique. La petite classe moyenne se devra au contraire d’être sur le marché, de fournir les candidats à l’accession à la propriété rêvée ou d’habiter à 70 kilomètres de son lieu de travail.

La politique du logement mobilisé autour d’objectifs étriqués

Personne ne reprochera au gouvernement de faire des choix politiques, même idéologiques (« Non, madame le ministre ce n’est un gros mot »). On ne fera pas non plus reproche au président de ne pas avoir annoncé la couleur dans la campagne et lors de son discours cadre de Vandoeuvre-les-Nancy (décembre 2007).

Cependant, on pourra lui reprocher la mobilisation de la politique logement au service d’un objectif étriqué (« 70% de propriétaires occupants ») en décalage complet avec l’ampleur de la crise que connaît le pays, les régions Ile-de-France et Paca en tête.

Le projet de loi Palo constitue le discours de la méthode pour parvenir à ce nirvana libéral. En face, le monde HLM est divisé le 1 %, fragilisé et l’opposition aux abonnés absents, se contentant de dénoncer les « régressions » sans tracer une autre voie face à un président cohérent et conséquent.

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  • DAVID DUPRE
    DAVID DUPRE
    Auteur(e) de l'article Taxidermiste politique
    • Posté à 18h47 le 28/07/2008
    • Internaute 36901
      Taxidermiste politique

    Euh non, c’est l’inverse.

    • pablico
      pablico répond à DAVID DUPRE
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h59 le 28/07/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      ah bon.. les yeux étant les moyens et le petit ventre l’objectif à remplir ! rires !
      alors un marteau- pilon pour écraser une mouche : -)

       
      • DAVID DUPRE
        DAVID DUPRE répond à pablico
        Auteur(e) de l'article Taxidermiste politique
        • Posté à 19h55 le 28/07/2008
        • Internaute 36901
          Taxidermiste politique

        Exactement ! ! ! !
        L’Etat est à l’offensive parce que le candidat-président a décrété qu’il fallait qu’il y ait en France 70 % de propriétaires occupants (un genre de moyenne européenne). Un très bel objectif statistique...et politique !

        Mais par rapport à l’ampleur de la crise, on est dans le registre du dérisoire. Toute la politique logement est mobilisée (certains instruments sont simplement délaissés) pour atteindre cet objectif.

        • pablico
          pablico répond à DAVID DUPRE
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 20h13 le 28/07/2008
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          ils vont retomber dans le travers bien de chez nous, on essaye de soigner l’effet et non la cause.
          C’est toujours la même chose, la cause dérange trop de monde important, et il y a et il y aura toujours les mêmes effets....

      2 autres commentaires
  • Di
    Di
    • Posté à 20h08 le 28/07/2008
    • Internaute 8231

    Madame Boutin parle de maisons (à la vente) à 15 euros par jour. Si j’ai bien compris, l’acheteur paie 15 euros par jour (minimum 450 euros par mois, donc) pour la maison pendant 25 ans. Ensuite, il devra payer le terrain, (prix à déterminer dans 25 ans, si j’ai bien compris). Admettons que l’acheteur ait 30/40 ans au moment de la signature du contrat avec l’Etat, il finira de payer sa maison vers ses 55/65 ans, moment de la retraite, ou moment où les employeurs ne se gênent guère pour licencier le personnel devenu « trop vieux » à leurs yeux. Restera donc encore le terrain à payer, et certainement des travaux à effectuer dans ladite maison, surtout après 25 ans... Mais le revenu de l’acquéreur sera forcément plus bas à ce moment-là, d’où le haut risque de saisie dudit bien.

    Ces « maisons à 15 euros/jour » ne peuvent être « intéressantes » que si la somme de 450 euros/mois est inférieure au loyer actuellement payé par lui. Sinon, il pourrait bien aller droit vers un remake des sub-primes. Il aura dépensé plus pour finalement, avoir rien du tout.

    Faut aussi pas oublier de rajouter au 450 euros/mois, les charges, car une maison, même petite, ça coûte ! Est-il prévu que ces maisons soient exonérées d’impôts (foncier, locaux) ?

  • Lewlill
    Lewlill
    végéteuse
    • Posté à 20h38 le 28/07/2008
    • Internaute 15858
      végéteuse

    Concernant le logement locatif et les petites classes moyennes, je perçois bien le problème : comme pour tout maintenant il faut vraiment être au fond du trou pour pouvoir prétendre à la moindre aide.

    Toutefois, lors d’un stage dans une mairie (d’une grande ville) je suis passée par le service « logement social » (en fait j’etais là car il était obligatoire d’être au moins deux pour accueillir un public réputé « violent » et « imprévisible »...ah ! ces pauvres qui refusent leur destinée avec dignité ! !). J’ai été très étonnée d’entendre que la première question posée aux « postulants » était :
    -« Avez-vous un CDI »
    -« heu non je fais de l’interim » (ou pire : je suis au chomage)
    -« ah oui mais nous on a besoin d’être assurés que vous payerez, vous ne serez pas prioritaire » (traduction : votre dossier va directement au fond du placard dont il ne sortira jamais).
    C’est ainsi que systématiquement les heureux élus étaient des petits jeunes (en couple de préférence et sans enfant) avec un CDI. Voir des familles se faire refoulées sous pretexte qu’elles étaient trop pauvres ou vivaient des situations précaires, était terrifiant !

    J’ai vu aussi des principes a priori plutot interessants étre totalement pervertis...comme la mixité sociale : à l’origine pour désenclaver les quartiers dits « sensibles », la mixité a légitimé le fait de favoriser les « blancs » demandant un logement, sous pretexte qu’un coin regorgeait déja d’Algeriens ou de Sénégalais...Pas la peine de préciser qu’en contrepartie on ne favorisait pas l’accession aux « beaux » quartiers.

    Alors si vous me dites que ca va empirer...je sens revenir la nausée.

  • Carmagnole
    Carmagnole
    retraité de l'Education (...)
    • Posté à 21h18 le 28/07/2008
    • Internaute 44234
      retraité de l'Education (...)

    CE PLAN D’ACCESSION A LA PROPRIETE EST UNE VASTE ESCROQUERIE A MOYEN ET LONG TERME ! ! !
    Autoriser un endettement sur 30 voir 40 années pour les « bas revenus » est à coup sûr gonfler les dossiers de surendettement pour les années à venir ; au moindre « incident“de la vie (chômage,maladie,divorce,...)c‘est LE PLONGEON ASSURE !

    Pour preuve le scandale des subprimes’ aux USA.Le Congrès américain a adopté ce Samedi un vaste ‘plan de sauvetage’ de l’immobilier ; la crise a été qualifié de ‘la plus grave depuis 1929 dans ce domaine’.En 2007,1 700 000 foyers ont eu leurs maisons saisies et ont été expulsés ; les banques annoncent 3 000 000 de cas pour 2008 ! ! !
    Ce qui est sûr c’est que Neuilly peut dormir tranquille ; la loi SRU sur les 20% de logements sociaux disparaîtra ! ! !
    Ce qui est sûr c’est que le budget logement pour 2009 diminue de 7%...donc moins de construction HLM ! ! !
    Enfin quid de la qualité de construction de ces maisons ? Allez visiter les ‘chalandonettes’ des années 70 ! ! !

  • Carmagnole
    Carmagnole
    retraité de l'Education (...)
    • Posté à 21h54 le 28/07/2008
    • Internaute 44234
      retraité de l'Education (...)

    Je complète mon commentaire de 21h28 après lecture de déclarations de M.Touati ;
    Ce Monsieur,chantre du libéralisme,pourfendeur de la gauche,admirateur de Sarkozy déclare : » la demande de logement est au plus bas depuis 1996...nous sommes en train de vivre une récession. »
    Etonnant non après les déclarations lénifiantes de son amie C.Lagarde et de tous ses copains du gouvernement !

  • survivant
    • Posté à 22h24 le 28/07/2008
    • Internaute 25864

    Et si l’opposition au lieu d’être aux abonnés absents était en accord avec cette directive ? Le grand Paris est en marche et beaucoup de personnalités politiques toute tendances confondues ont vocation à ce projet. Aujourd’hui le parc locatif intra mureaux pour les classes moyennes est un rare privilège faute de moyens (ne parlons pas des ventes). D’ailleurs, ce qui se font appeler les bobos se rabattent sur la proche banlieue parisienne. Le karcher peut commencer son nettoyage. En changeant les populations des banlieues cela va faire reculer ce que le ministre de l’intérieur d’alors nommait, lors de son déplacement à Argenteuil <> pour qu’elle à son tour recule vers les proches campagnes loin des transports en commun et de la capitale. Pour les smicards et autres contractuels qui ne pourront pas acheter et qui jusque là occupaient le parc HLM limitrophe de Paris. Ceux là devront reculer d’une quinzaine à une vingtaine de Km de Paris pour retrouver une HLM à louer. C’est splendide quand même la démocratie libérale ou l’argent prime sur l’humain.

  • la champenoise
    • Posté à 22h29 le 28/07/2008
    • Internaute 27942

    Le président de la République et son gouvernement croupion, bien à l’aise dans leur bulle, n’ont toujours pas compris que le pouvoir d’achat en berne des Français ne leur permet plus d’acheter pour se loger, sauf à s’appeler Bolloré, Bouygues, Tapie (bientôt) ...

  • Tintinac
    • Posté à 23h54 le 28/07/2008
    • Internaute 15124

    Borloo devait faire un tabac avec son plan. Nous avons vu.

    Boutin veut faire mieux. Nous verrons.

    Mais c’est bien connu, les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien y croire.

  • VinceDeg
    • Posté à 00h05 le 29/07/2008
    • Internaute 36941

    Y’à un truc que je trouve pas super clair dans votre article. Le titre annonce des ambitions restreintes et de gros moyens. Pour les ambitions restreintes, ça va : « L’étroite ambition, c’est la mise en œuvre méthodique du slogan présidentiel, “ la France des propriétaires ”. ». Par contre, les gros moyens, c’est quoi ? En fait le titre m’avait fait croire qu’il s’agissait de gros moyens financiers (entendre : un plan avec plein de millions d’euros). Voulez-vous signifier plutôt « ils ont sorti la grosse artillerie gouvernementale pour lancer leur bidule ? »

    Sinon, si y’a un économiste qui traine par là, je voudrais savoir un truc. Est-ce que la mise sur le marché locatif d’une quantité importante de logements sociaux (pour étudiants, familles de classe moyenne, etc...) aurait une chance, par effet d’offre et de demande, de faire baisser le reste du marché ? Et du coup, imaginons que l’état monte un plan de rachat massif de logements existants, associé à un plan de construction pas trop foireux sur le plan urbanistique. Est-ce que, à très long terme, en prenant à la fois les entrées d’argent en loyers et l’argent économisé via des loyers plus bas, on peut juger que cet investissement serait rentable pour le contribuable ?

    • désinscrit-
      désinscrit- répond à VinceDeg
      • Posté à 08h10 le 29/07/2008
      • Internaute 736

      Désolé je suis pas économiste : -/ mais des solutions pour augmenter les offres de logement et faire baisser les prix, je suis à peu près sûr qu’il y en a plein (des mesures ni de droite ni de gauche, adoptables immédiatement à une très large majorité).

      Par contre elles ne seront jamais adoptés, ça jouerait trop contre les gros promoteurs (qui préfèrent des prix hauts qui rentabilisent plus vite leurs nouveaux ensemble).

      Cette dernière mesure, « tout le monde propriétaire » c’est je pense surtout une manière de favoriser les « bâtisseurs » avec un marché de l’immobilier qui baisse (et qui entrevoit la crise).

      • DAVID DUPRE
        DAVID DUPRE répond à désinscrit-
        Auteur(e) de l'article Taxidermiste politique
        • Posté à 18h47 le 29/07/2008
        • Internaute 36901
          Taxidermiste politique

        Si tous les gars du monde...
        La société, c’est le choc des intérêts et des passions. La politique perd sa vocation en niant les conflits qui en découlent. Donc, je ne crois pas qu’il existe des mesures « Alexandre Jardin » qui feraient l’unanimité et qui seraient d’une redoutable efficacité.

        Comme tout conflit, la crise a eu ses gagnants. Combien d’agences immobilières ouvertes en dix ans dans votre ville ? Les grosses concentrations dans l’immobilier ? N’avez-vous jamais été démarché par un intermédiaire du business Robien/Borloo ? Ces gagnants ne sont pas omnipotents pour autant. Ils peuvent influencer le politique sans ourdir un grand complot.

    • DAVID DUPRE
      DAVID DUPRE répond à VinceDeg
      Auteur(e) de l'article Taxidermiste politique
      • Posté à 10h16 le 29/07/2008
      • Internaute 36901
        Taxidermiste politique

      L’accroche se veut un peu paradoxale (avec le risque d’être boiteuse) : je discutais du projet de loi avec un confrère qui me dit, c’est comme d’habitude, grandes ambitions sans moyen..blabla..rien de neuf sous le soleil.

      Je lui dis : non. Cette fois, c’est l’inverse. A une réserve près, austérité budgétaire oblige, l’Etat ne met pas un sou sur la table. D’ailleurs, il finance l’ANRU parc privé (que je ne discute pas dans l’article) avec le 1%. D’une manière générale, il nationalise le 1%....

      Sans être économiste, le logement est un marché. La crise est une crise de l’offre. A moyen terme, il faut développer l’offre. A ce titre, le projet Boutin est dérisoire : on va mettre l’argent public sur quelques milliers de logement en accession alors qu’il faudrait ,comme vous le dites, investir. Le logement est une infrastructure. Loin d’être seulement une question sociale, c’est aussi un enjeu d’attractivité économique (on le voit en IdF et en PACA à la pointe de la crise). Sans parler du développement durable car l’étalement urbain est une façon de s’adapter à la crise.

  • sinclair
    • Posté à 08h46 le 29/07/2008
    • Internaute 2580

    Joli blaireau comme icône. Bel animal qui souffre injustement de l’utilisation de son nom a des fins péjorative comme le con d’ailleurs.

    Cette future loi Palot(e) est dans le sens de l’action gouvernemental médiatiser faire mousser pour pas un rond. Si elle était pleinement appliquée les effets pourraient être dévastateur.

    Une chose est réalisée le démantèlement de la loi SRU déjà assouplie ce qui avait provoquer le déplacement de feu l’abbé Pierre a l’assemblée plaidoirie vaine.

    Le but est de vendre ce qui est vendable, de détruire ce qui est mal famé et de vendre des crédits pour des maisons a 15€ en fait plutôt 18 à 19€ pendant 30 ou 40 ans le terrain étant acquis en dernier en cas de non paiement du terrain la somme récupérée alors tendra vers zéro.

    Second but virer ceux qui sont soit dans un HLM trop grand et ceux qui sont pas trop pauvre. Effet soit les rendre encore plus pauvre voire a la rue, soit les repousser loin des lieux de travail.

    Au passage le gouvernement pense bien récupérer un peu d’argent dans les caisse des HLM et du 1%.

    On avait oublié les Chalandonnette puis apprécie le battage médiatique du plan Borloo on va adorer la loi Palo de Boutin. Après la précarité au travail celle du logement va se développer.

  • DAVID DUPRE
    DAVID DUPRE
    Auteur(e) de l'article Taxidermiste politique
    • Posté à 10h22 le 29/07/2008
    • Internaute 36901
      Taxidermiste politique

    La gauche traite un peu la SRU comme un fétiche. Vu le nombre de programme d’accession qu’on sera capable de sortir, on est plus dans le coup de canif. Mais symboliquement, c’est très fort. Politiquement, réussi.

    Le problème de la SRU (particulièrement en Ile-de-France), c’est que ce devrait la ligne de départ, le rattrapage alors qu’on la considère comme la ligne d’arrivée. Il faut avoir en tête que l’échéance est 2021 (ça sonne comme un titre de S-F) ! La SRU en l’état fonctionne, le bilan 2005-2007 est pas mal. Ce devrait être un argument pour accélérer plutôt que d’attendre 2021 pour constater que ça ne va toujours pas.

  • LeSultanDeBruni
    • Posté à 10h31 le 29/07/2008
    • Internaute 32613
      .

    Di|mère déchaînée 20H48 a raison.
    Je reviens sur les maisons à 15 euros par jour. Ce prix tient actuellement compte de l’APL. Dans une quinzaine d’années, quand les ménages ne seront plus éligibles à l’APL, leurs remboursements seront plus élevés ...
    Propriétaires, oui, mais d’un crédit. Ce programme est un véritable piège à cons !
    Et on se demande si ce n’est pas encore un cadeau fait aux petits copains du BTP Bouygues, Eiffage etc
    En définitive, ce sera le gros BTP et les organismes financiers (le bon sens près de chez vous) qui feront la bonne opération.

  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 11h11 le 29/07/2008
    • Internaute 42204
      en boule

    Je n’arrive toujours pas à comprendre en quoi tenter de devenir propriétaire pourrait constituer un idéal enviable. En ces temps où la crise des subprimes montre la précarité qu’entraîne un endettement à long terme. En ces temps où personne ne peut être assuré de conserver son salaire très longtemps, sans parler de son lieu d’affectation.
    Etre enchaînée 30 ans, 50 ans à un crédit, à un lieu qui aura peut-être cessé de me convenir dans 5 ans ? Je ne sais pas ce que l’avenir peut m’apporter comme changements de directions (volontaires ou subis), et je me refuse à tabler sur des certitudes.

    • DAVID DUPRE
      DAVID DUPRE répond à Jack Sullivan
      Auteur(e) de l'article Taxidermiste politique
      • Posté à 18h35 le 29/07/2008
      • Internaute 36901
        Taxidermiste politique

      Je partage votre scepticisme sur la propriété.
      1. En Europe, on trouve de tout. Des pays remplis de propriétaires-occupants comme la Slovaquie et la Hongrie, des pays remplis de locataires comme l’Allemagne et les Pays-Bas. Entre les deux, un dégradé. Il n’y a pas de modèle unique. Et il est amusant de voir les pays remplis de PO se plaindre de l’immobilité de la société.

      2. Fini la gentille inflation qui balayait les dettes. Aujourd’hui, on est souvent propriétaires d’un crédit.

      3. Qu’on le regrette ou qu’on s’en réjouisse, les Français aspirent à la propriété. Et pas seulement dans les sondages, dans les faits. Le bon sens populaire dit qu’il vaut mieux rembourser un emprunt qu’être locataire...Les conseillers financiers savent que souvent il vaut mieux être un locataire à bon taux d’épargne placés dans des produits mobiliers qu’un propriétaire dont l’épargne est engloutie dans un seul produit immobilier.

      4. Politiquement, c’est habile. C’est un vrai thème de droite. De mobilisation de l’électorat. La déduction d’intérêt des prêts immobilier a été pendant la campagne une vraie mesure signal pour le peuple de droite (non ce n’est pas une coquille). Je suis avec vous. La mesure n’a pas eu grands effets mais peu importe. Il continue sur ce thème.
      Les études électorales sont sans équivoques : il y a une forte corrélation entre la propriété de son logement et le vote de droite.

      Le rapport à la propriété est très culturel. En témoigne, la mobilité des propriétaires américains qui serait inconcevable en Europe.

  • noemie45
    noemie45
    retraitée
    • Posté à 18h54 le 29/07/2008
    • Internaute 49245
      retraitée

    Je rêve : j’habite depuis 30 ans dans un HLM parisien. La quasi-totalité sont des gens à faibles revenus ou à revenus moyens qui paient des surloyers... Tous ces projets de loi sur le logement créent une ambiance de panique, du jamais vu ! Les personnes agées, les malades, les handicapés, les gens qui ont des familles et ont crée des réseaux d’amis dans leur quartier sur toute une vie, on les envoie où ? On veut déshabiller Pierre pour habiller Paul ! Madame Boutin : c’est du délire pur et simple !

  • DAVID DUPRE
    DAVID DUPRE
    Auteur(e) de l'article Taxidermiste politique
    • Posté à 23h35 le 29/07/2008
    • Internaute 36901
      Taxidermiste politique

    Ces inquiétudes sont raisonnables :
    - Trois refus de mobilité vaut résiliation du bail.
    - Pour les plafonds (200% quand même !), c’est trois ans pour partir.

    « Fort avec les faibles, faible avec les forts »

    Malgré l’ampleur de la crise, il faut prendre en compte la dimension humaine du logement. ça n’est pas un bien comme les autres.Le logement, c’est une vie, des voisins, un quartier. On n’en change pas comme de voiture. Sans verser dans le sentimentalisme, le peu de mobilité arrachée ne sera qu’un goutte d’eau par rapport aux besoins.

  • Makno06
    Makno06
    Vendeur
    • Posté à 13h06 le 30/07/2008
    • Internaute 47840
      Vendeur

    Rien de bien changé depuis plus de 20 ans, et pour ceux qui aurait la mémoire courte depuis 30 ans. On assiste à un phénomène étrange ou on construit à tout va, plus de 450 000 logements construits en 2007, et ou l’accès devient plus difficile. En effet il n’est pas simple de disposer de 3 ou 4 fois de revenue pour acceder à un logement.
    Sur la Côte d’Azur même la CCI s’en inquiète car de plus en plus d’entreprise ne s’installe pas dans la région en raison des coûts du loyer. Un F3 dans le privé vaut au moins 700 à 800 euros soit un revenue minimum de 2100 à 3200 euros nets. Cela vous exclu de fait de l’APL, et dans le 06 des aides du FSL.
    En clair il ne fait pas bon d’être smicard ou légérement au dessus dans ce département.
    Dans le même ordre d’idée on assiste un éloignement croissant des populations à faible revenu vers l’intérieur des terres. Cela veut dire un acces plus difficile aux emplois de la cote, et aussi aux différents services public. On retrouve le même phénomène qu’à Paris à partir des années 70. La rénovation urbaine a fait migrer des pans entiers de la population parisienne vers la loingtaine banlieu. De mémoire un géographe, Hervé Viellard Baron, avait eu l’occasion de l’analyser.
    La solution tous propriétaire n’est encore qu’un leurre pour cacher l’objectif principal du projet, moins d’aide financière de l’Etat, ponction du 1% logement, et surtout plus d’imposition d’un minimum de logement sociaux. L’Abbé Pierre doit bien se marrer d’où il est.
    Pour conclure, ras le bol d’attaque sur le PS concernant le logement social et des solutions à trouver. Beaucoup des élus PS sont directements issus de ces villes à très fort taux de logements sociaux. Des projets il y en a, et celui de Paris en est la preuve. Positif ou négatif mais qui a le mérite de mettre les pieds dans le plat, quels logements demain à Paris.
    Donc arretons nous de la jouer, et constatons que depuis son retour au pouvoir la droite n’a jamais essayé de favoriser non seulement l’accés, mais aussi le maintien dans les lieux des populations à faible ressource. Baisse de l’APL, des plafonds, pas de construction significatif de logements sociaux, mais aides aux secteurs privés avec la loi Robien.
    Bref continuons à survivre dans ce qui nous tiens de logement,d’essayer de s’y maintenir, cela veut dire de ne pas se faire expulser, et d’avoir à la fois un peu de chance et beaucoup de courage.