Tribune

Sarkozy, Guaino et l'Afrique : où est la rupture ?

Henri Guaino est une plume orgueilleuse. Un an après le très controversé discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, voici que le conseiller spécial du président de la République justifie dans Le Monde ces mots prononcés en juillet 2007 dans un amphithéâtre devant un parterre d'étudiants sénégalais.

Visiblement, il n'a pas digéré l'accusation de « racisme » formulée plus tard par Bernard-Henri Lévy, en pleine promotion de son livre. On le comprend. Mais, à trop vouloir donner des leçons, on attire les moralistes.

Personne n'a sérieusement songé à taxer Henri Guaino de raciste patenté

Passons sur la discussion de salon, Hegel, Senghor, Lévi-Strauss, Mounier et Braudel. Là où Henri Guaino se trompe, c'est que personne n'a sérieusement songé à le taxer de raciste patenté. La (re-)lecture du discours de Dakar, fort bien tourné, en apportera d'ailleurs une confirmation à ceux qui doutent. Pourquoi Henri Guaino, le « gaulliste social », le concepteur de la « fracture sociale » de 1995, le laudateur de Jaurès et de Blum en 2007, serait devenu subitement un partisan des infâmes théories de Gobineau ? Henri Guaino fait mieux, il nous invite à discuter son point de vue :

« Toute l'Afrique n'a pas rejeté le discours de Dakar. Encore faut-il le lire avec un peu de bonne foi. On peut en discuter sans mépris, sans insultes. Est-ce trop demander ? Et si nous n'en sommes pas capables, à quoi ressemblera demain notre démocratie ? “

D'accord, alors relisons. Voici la citation complète du passage incriminé, qui ne s'arrête pas à la première phrase retenue dans Le Monde :

‘Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès.

Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable ou tout semble être écrit d'avance.

Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin.’

A chacun de juger, mais aujourd'hui encore, pour qui vit l'Afrique au quotidien, la description est anachronique. Tous les jours, l'Afrique et les Africains inventent la modernité. Regardez un peu ce qu'en pensent les Chinois, qu'Henri Guaino n'a pas pris la peine de citer à Dakar.

La suite relève surtout du cliché : l'Africain est un ‘paysan’, le continent est déchiré par ‘les guerres sanglantes’, mais il a heureusement un ‘imaginaire merveilleux’ et une ‘sagesse ancestrale’. Jusqu'à l'apogée sur la colonisation, les ‘routes’, les ‘ponts’, l'Européen qui ‘féconde les terres vierges’, qui pouvait être ‘méchant’ ou ‘bon’. Quel mouvement dialectique ! Mais la réalité, où est-elle ? Cinq raisons de douter de la ‘politique des réalités’

Si cette question se pose aujourd'hui, c'est précisément parce qu'un an après ce discours de Dakar appelant à une ‘politique des réalités’, il est temps de dresser un état des lieux de la ‘rupture’ tant vantée du printemps 2007.

D'abord, contrairement à ce qu'avance Henri Guaino, la presse africaine a immédiatement mal reçu ce message. Qu'on relise donc les éditos de la presse sénégalaise. Ou encore les analyses des Africanistes qui, avec un peu de recul en février 2008 à l'occasion du voyage en Afrique du Sud, regardaient Dakar avec la même méfiance. Pourquoi ? J'y vois au moins cinq raisons réalistes : ► La nucléarisation incontrôlée du continent. L'histoire est connue entre l'ex-madame Sarkozy et les infirmières bulgares, la France a vendu une centrale nucléaire au colonel Khadafi dans des conditions encore troubles.

Le maintien d'une politique de défense incohérente. Depuis l'affaire tchadienne, où Paris soutient à bout de bras un président fatigué mais jugé irremplaçable, Nicolas Sarkozy n'a pas encore réalisé la promesse de révision des accords de défense annoncée au Cap.

L'allégeance aux circuits de corruption internationaux. Comment considérer autrement le limogeage brutal du secrétaire d'Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui avait osé critiquer le sage Omar Bongo, recordman toutes catégories de la longévité présidentielle (quarante ans au pouvoir) et des placements patrimoniaux ? ► La faiblesse chronique des crédits de la coopération. L'aide publique au développement (APD) pour 2008 n'atteint toujours pas l'objectif intermédiaire de 0,5% du Revenu national brut pour 2010 ; tandis que seul 1% de cette aide transite par les ONG, contre 8,5% au Royaume Uni et 11% en Allemagne ; sur ce sujet, la France est le pays européen le plus mal classé de l'OCDE.

L'oubli des engagements particuliers. En entrant en fonction, le président Sarkozy a pris soin de multiplier les gestes symboliques en recevant Elisabeth Borrel, Osange Silou-Kieffer… Depuis, qu'a-t-il fait de plus que son prédecesseur ? Pire, serait-on tenter de répondre, car le temps fait son oeuvre.

Faut-il donner raison à ceux qui disent que Nicolas Sarkozy ne s'intéresse pas à la politique étrangère et encore moins à l'Afrique ? Que le ‘développement partagé’, les ‘projets communs’, la ‘stratégie commune dans la mondialisation’ et la ‘politique d'immigration négociée ensemble’ resteront lettre morte ? Un doute sur la sincérité de l'engagement africain d'Henri Guaino

Pourtant, les dirigeants africains n'ont pas été avares en compliment sur la démarche présentée lors d'un discours qualifié de ‘révolutionnaire’ par le président ivoirien Laurent Gbagbo. Je veux parler du discours du Cap, en février 2008 devant le parlement sud-africain, bien plus novateur que celui de Dakar. Mais Henri Guaino a-t-il écrit ce texte ? Il serait l'oeuvre d'une plume plus discrète. Pourtant, là encore, la rupture est infiniment lente.

Enfin, on peut avoir un doute sur la connaissance du terrain africain et sur la sincérité de l'engagement d'Henri Guaino. En relisant le discours de Dakar, une phrase m'a sauté aux yeux (mea culpa, elle avait échappé à la première lecture), car elle reprend les pires antiennes de l'ère Mitterrand-Pasqua-Balladur. Je veux parler de cette allusion au Rwanda, glissée au détour de ce passage consacré à la responsabilité de la France dans l'histoire africaine :

‘La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictateurs. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspillages et de la pollution.’

Fort bien. Mais pourquoi parler ‘des génocides’ ? Quels sont-ils ces ‘génocides’ ? En existe-t-il d'autres que celui qui se déroula du 7 avril à la fin de l'année 1994 dans les collines rwandaises, ainsi que le définit le texte de reconnaissance officielle de l'ONU ? Je n'en vois pas.

En revanche, je sais que la confusion est savamment entretenue depuis la conférence de presse finale de François Mitterrand au sommet franco-africain de Biarritz, en novembre 1994. Le président français avait, le premier, joué de l'ambiguïté, accusant les forces du FPR (Front patriotique rwandais) de commettre, eux aussi, le pire contre les vrais génocidaires que l'armée française protégeait dans les forêts du Kivu.

Depuis, Hubert Védrine, Dominique de Villepin et d'autres ont publiquement repris l'expression. J'ai aussi noté que nos relations avec Kigali n'ont pas vraiment évolué depuis un an. Alors, de quelle ‘rupture’ parle-t-on ? Dernier détail : lorsqu'Henri Guaino parle ‘d'Eurafrique’, comme d'un horizon d'espoir à la nouvelle politique française, il ne fait que reprendre une expression utilisée par… Pierre Messmer, en 1959, lors d'une conférence devant les stagiaires de l'Ecole supérieure de guerre. Une trace de gaullisme dans la rupture, sans doute…

Addendum, le 29/07/08, à 13h00 : Nous avons corrigé l'article, suite à ce message :

‘Dans cet article, fort intéressant, il est dit qu'au début de son mandat, le président a fait des gestes symboliques en recevant certaines familles de victimes ; et l'article cite la famille Ben Barka. Précisément, la seule famille de victime qui n'a pas été reçue par le président est la famille de Mehdi Ben Barka. Meilleures salutations, Bachir Ben Barka-Fils aîné de Mehdi Ben Barka.’

Avec nos excuses à la famille Ben Barka.

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Portrait de pablico

De pablico

21H18 | 27/07/2008 | Permalien

« L'homme africain est entré dans l'histoire et dans le monde, mais pas assez.

quel est le critère pour savoir si ils sont rentré assez ?

cela veut dire quoi : assez, pas assez, trop ?

ce n'est pas une mesure, ce n'est qu'une pauvre impression, ce n'est ni précis ni scientifique.

Assez ! ! Vous ne parlez pas assez, ou trop.

(ridicule)

Portrait de ysengrimus

à pablico Portrait de pablico De ysengrimus

02H54 | 28/07/2008 | Permalien

Quand ils ne contrôlent même pas 50% de leurs finances nationales, on est certainement dans le « pas assez »…

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/30/cfa-continuite-coloniale-fran…

Paul Laurendeau

Portrait de vieux grincheux

à ysengrimus Portrait de ysengrimus De vieux grincheux

libre penseur | 06H43 | 28/07/2008 | Permalien

Notre « civilisation », qui est entrée dans l » Histoire, l » a tellement marquée que la planète est en train de nous le rappeler…puisque desormais,ce n » est pas nous qui fonçons dans le mur mais le mur qui nous fonce dessus.

On visionnera avec intérêt cette vidéo, et on la diffusera au plus grand nombre afin de ne pas dire qu » on ne savait pas…
http://tvbruits.org/spip.php ? article950

merci à Tv bruits, qui fonctionne avec de petits moyens, alors si vous avez de la thune qui dort, vous savez où vous pouvez l » utiliser (LOL ! ! ! ) et entrer dans l » Histoire qui s » écrit.

Merci à Utopimages….

Votre dévoué Vieux Grincheux

Portrait de clomani14

à vieux grincheux Portrait de vieux grincheux De clomani14

Paris | 07H28 | 28/07/2008 | Permalien

Vieux Grincheux, j'ai vu cette vidéo récemment et cela m'a fait beaucoup de bien.
Une fois qu'on l'a vue, qu'on a lu le livre sur la stratégie du choc de Naomi Klein, eh bien on trouve ce qu'écrit M. Guaino pathétique.
L'Afrique est pillée par le monde occidental depuis des lustres, et me paraît beaucoup plus vivante et alerte que nous, pauvres Européens ancrés sur nos certitudes ethnocentristes, incapables de repenser le monde différemment. Quant à l'histoire, si les Africains n'avaient pas été niés parce qu'exploités par les colonisateurs, on connaîtrait d'autres grands hommes hormis Nelson Mandela.
Honte à M. Guaino… que le grand cric le croque… et qu'on le mette dans une grosse marmite bouillante, avec plein de méchants Africains en train de le faire suer (je parle du terme culinaire bien sûr). ; o))

Portrait de Pépé la Jactance

à clomani14 Portrait de clomani14 De Pépé la Jactance

insituable | 07H46 | 29/07/2008 | Permalien

Les Africains sont peut-être méchants et cannibales, mais ils ont du goût.

Jamais ils ne pourraient manger une telle carne.

Portrait de kinsa

à vieux grincheux Portrait de vieux grincheux De kinsa

| 12H31 | 28/07/2008 | Permalien

Une autre vidéo, sur le silence criard des oubliés de l'Histoire, le point de vue des damnés des colonies .
« Si l'argent, d'après Augier, vient au monde avec une tache naturelle de sang sur la joue, le capital naît dégouttant de sang et de boue des pieds à la tête. »
Karl Marx - Le Capital (1867)

CASEY - Dans nos histoires

Portrait de Beryl

à ysengrimus Portrait de ysengrimus De Beryl

14H44 | 28/07/2008 | Permalien

Extrait de « La raison dans l'Histoire », par Hegel :

« Pour tout le temps dans lequel il nous est donné d'observer l'homme africain, nous le voyons dans l'état de sauvagerie et de barbarie, et aujourd'hui encore, il est resté tel. Le Nègre représente l'homme naturel dans toute sa barbarie et son absence de discipline.

La référence à Hegel pour situer le discours de Dakar, de Guaino et Sarkozy, n'est pas une causerie de salon, comme le dit l'auteur de l'article. Sans doute n'a-t'il pas lu “La raison dans l'Histoire” (1820/3l) de l'auteur de la Phenoménologie de l'Esprit. Il est pourtant instructif de faire ressortir du Discours de Dakar (rédigé par Gaino), des analogies évidentes trahissant une reprise délibérée des thèses de l'inventeur du concept de l'Esprit objectif. Voici quelques extraits, fort éclairants sur l'européanisme récurrent d'une certaine pensée française, illustrée par Henri Gaino.

Dans “La raison dans l'Histoire” au chapitre IV- Par.3/a, pp245/269-Ed10/18L'Afrique », Les passages ci-dessous sont à comparer à ceux du discours de Dakar, en ce qui concerne le rapport des Africains à l'Histoire ; à croire que Henri Gaino a effectué, au moins sur le fond, un copié/collé du texte de Hegel, dont il a repris peu ou prou la vision du philosophe de l'Idéalisme, sur l'Afrique et les Africains :

(Je rajoute ma 1ère citation) « Pour tout le temps dans lequel il nous est donné d'observer l'homme africain, nous le voyons dans l'état de sauvagerie et de barbarie, et aujourd'hui encore, il est resté tel. Le Nègre représente l'homme naturel dans toute sa barbarie et son absence de discipline. »

(………..)

« La forme générale du caractère africain (….) est difficile à comprendre, car il diffère complètement de notre monde culturel : il a en soi quelque chose d'entièrement étranger à notre conscience. »

(……)

Les Africains (…) ne sont pas encore parvenus à cette reconnaissance de l'universel. Leur nature est le repliement sur soi.

(……….)

Dans son unité indifférenciée et concentrée, l'Africain n'en est pas encore arrivé entre lui, l'individu singulier, et son universalité essentielle. »

(……….)

 » Nous trouvons ainsi en Afrique, ce qu'on a appelé
l » é t a t d » i n n o ce n c e, l'unité de l'homme avec Dieu et avec la nature. C'est en effet l'état d'inconscience de soi (…..) Le « paradeisos » est un parc habité par des animaux, dans lequel l'homme vivait lui aussi dans l'état animal et était aussi innocent, ce que précisemment l'homme ne doit pas être. « 

(……….)

 » Ce qui est limité à une vie naturelle, n'a pas pour soi-même le pouvoir d'aller ao-delà de son existence. »

(……..)

 » l'Afrique n'a donc pas, à proprement parler, une histoire. Là-dessus, nous laissons l'Afrique pour n'en plus faire mention par la suite… »

(…..)

Ce que nous comprenons, en somme, sous le nom d'Afrique, c'est un monde a n h i s t o r i q u e non développé, entièrement prisonnier de l'esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l'histoire universelle. »

(Débat révélateur. Henri Guaino représente ici une conception européaniste ignorant parfaitement les thèses contemporaines de la philosophie de l'Histoire ; par exemple, le renversement de la thèse hégélienne dans les travaux de Michel Foucault et sa récusation quasi radicale de l'histoire comme sens (absolu) de la destinée humaine.)

- Extraits du discours de Dakar, qui ne laissent aucun doute sur l'archaïsme de « l'idée blanche » (formule d'Edgar Morin), près de deux siècles après l'école Hégélienne (moule de la pensée européenne de la période des totalitarismes et du racialisme occidentaux) :

(……….)

 » Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. »

(……..)

 » Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès. »

(……)

 » Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout semble être écrit d'avance. »

 » Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. »

 » Le problème de l'Afrique et permettez à un ami de l'Afrique de le dire, il est là. Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. »

 » Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. »

 » Le problème de l'Afrique, c'est de rester fidèle à elle-même sans rester immobile. »

« Le problème de l'Afrique, c'est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire. »

 » Le défi de l'Afrique, c'est d'apprendre à regarder son accession à l'universel. non comme un reniement de ce qu'elle est mais comme un accomplissement. »

(……)

 » La faiblesse de l'Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce grand métissage. »

Cette dernière saillie prouve au moins que Henri Guaino ignore ou feint d'ignorer que nous sommes tous, de par le monde, les lointains arrière-petits-enfants de Lucie, la « jeune » éthiopienne, vieille de 3 millions d'années, et que ce sont nos chers Homo Erectus qui essaimèrent la planète, à raison de 50 kms par génération ; et que ce sont donc des Africains « pas assez entrés dans l'Histoire » qui ont pourtant présidé à la naissance de l'humanité, au gré de métissages ancestraux et créateurs de civilisations.

Hegel ne pouvait pas le savoir.

(Par ailleurs, ce qui est aussi à déplorer, ce n'est pas la culture lacunaire ou dogmatique etc. de la personne Henri Guaino, mais que des élucubrations d'un autre âge aient été dites par le président de la République française, au nom des Français…)

Portrait de Ndjocka

à Beryl Portrait de Beryl De Ndjocka

irrégulier | 23H25 | 28/07/2008 | Permalien

C'est effarant, Beryl, mais merci beaucoup.

Portrait de vieux grincheux

à Beryl Portrait de Beryl De vieux grincheux

libre penseur | 06H56 | 29/07/2008 | Permalien

j » adhere total à cette analyse, et si nous poussons un peu plus loin sur les pré-supposés qui ont permis à Hegel cette demonstration, nous nous apercevons que la vision du monde platonicienne et aristotelicienne qui est la notre et qui nous est inculquée par l » education, pourrait bien ne pas être la seule qui rende compte d » une coherence et d » une logique de l » Universel..

c'est celle qui a été développée et validée en supposant que l » humain est sujet, la nature etant objet. L » humain etant sommé d » asservir la nature à son compte…

Or, les « decouvertes » de la mecanique quantique viennent remettre en question cette magnifique description du monde, cette classification, par le fait que deux ondes/particules puissent être en relation malgré leur « éloignement » de plusieurs millions de kms..cf l » experience d » Alain Aspet sur l » intrication..
Le débat, du moins, a-t-il été lancé par O Costa de Beauregard sur l » existence d'une « causalité rétrograde » qui infirmerait alors, le fondement linéaire du concept même d » Histoire…

Les tenants de la causalité relativiste objecteront qu » au niveau macroscopique et newtonien (2eme Loi de la Thermodynamique), les propriétés quantiques du monde de l » infiniment petit ne se verifient pas, c'est oublier un peu vite que le macrocosme est composé d » atomes, protons, neutrons, hadrons, quarks, etc…

De plus, la dichotomie esprit /matiere, qui nous conduit à exprimer leurs relations en termes de domination de l » un sur l » autre ne serait-elle pas aussi un leurre.. ?

Et si nos perceptions, acculturées par des années de gavage pavlovien, notamment les perceptions situées dans les plages, dite spirituelles, si ces peceptions n » étaient rien d » autre que de hautes frequences décodées par d » autres organes que les 5 sens qui fondent la base du materialisme…

Diantre ! plus d » affrontement entre spiritualistes et materialistes, renvoyés dos à dos vers leurs megalomanies et desirs de pouvoir ! ! !

Il n » est pas dans mon propos d » affirmer ou d » infirmer une assertion, mais de douter fortement du bien fondé des « valeurs » de cette « civilisation » au regard des souffrances infligées quotidiennement, non par une fatalité qui n » est plus de saison, mais bien par l » humain,dans sa volonté de domination, bourreau de l » Autre, son frère…

En cela, les religions portent une responsabilité qu » il faudra bien nommer devant le tribunal des dieux de la progression….comment , en effet, accepter ces millions de morts au nom de dieux d » amour… ? ? ?

Les scientistes devront egalement nous expliquer, et avec eux les goinfres et leurs valets de Guaino, comment ils echapperont au jugement de CRIMINELS CONTRE L HUMANITE…

Votre dévoué Vieux Grincheux

Portrait de brigadoon

à pablico Portrait de pablico De brigadoon

ouf!!! | 07H53 | 29/07/2008 | Permalien

Ce qui est terrible c'est l'inculture de Gaino et de ce gouvernement : « L'homme africain » c'est quoi ? Du Sud au Nord, d'Est en Ouest, au fil de l'Histoire et dans les diverses cultures africaine il y aurait qu'un type d'homme (et de femme) ? Je pense que la misère intellectuelle est enfin au pouvoir en république française et que ce discours est insultant celui d'un maître pour son esclave fraîchement affranchi ! Quant au sens de l'histoire, les mythes/histoire moderne en Afrique et à la sagesse des anciens, cette tentative anthropologique de Gaino d'expliquer par la tradition le sous développement africain est d'un grotesque qui ferait peur à un étudiant de 1ère année d'anthropologie. L'Afrique n'a cessé d'être dans l'Histoire depuis les débuts de l'humanité, l'histoire n'est simplement pas vu de la même façon si on est du côté du manche ou de la cognée, si on est blanc colon ou noir esclave, si on est prolo ou patron… C'est l'histoire des grands hommes versus celle du petit peuple… Avant de dire des sottises Gaino ferait bien de s'imprégner de l'Histoire des annales, de l'anthropologie culturelle et de notre africaniste célèbre G.Balandier ou plus simplement tourner 7 fois sa langue dans sa bouche (ou celle de quelqu'un d'autre.

Portrait de rapatapoulos

De rapatapoulos

| 19H17 | 27/07/2008 | Permalien

Si ce texte est pour parler de l » Afrique il est insuffisant, si c'est pour parler de Henri Gaino, il est superflu, comme ces mots que je viens de rédiger.

Portrait de Weatherboy

à rapatapoulos Portrait de rapatapoulos De Weatherboy

Comédien dans un système oligarchiq... | 19H23 | 27/07/2008 | Permalien

Sans doutes, mais tant que certains n'auront pas compris, comme Le Monde par exemple, que ce sont les mots de Guaino sur l'Afrique qui sont superflus, celà restera nécessaire

Portrait de Weatherboy

De Weatherboy

Comédien dans un système oligarchiq... | 19H21 | 27/07/2008 | Permalien

Comme pablico, je recopie ici le commentaire que j'avais initialement posté suite à le brève indiquant la sortie de l'article du Monde. Très bon article de Rue89 sur le sujet au passage

Toute l'Afrique n'a pas rejeté le discours de Dakar ?
Evidemment, tant que l'Afrique n'a pas rejeté les Bongo, N'Guesso et autres pantins articulés, il serait même curieux qu'il en soit autrement. Et doit-on donc en tirer une conclusion ?

Je trouve d'une incroyable hypocrisie -néanmoins habituelle concernant le journal Le Monde et l'Afrique- que ce journal donne encore une fois la parole à ce Guaino, individu abreuvé de lectures et d'une mentalité digne du XIXème siècle, alors même que celui-ci avait accordé une place minimaliste à la critique du livre y répondant :
L'Afrique répond à Sarkozy
Contre le discours de Dakar
http://www.galgui-info.com/SORTIE-DE-LIVRE-L-AFRIQUE-RePOND-a-SARKOZY_a1…
Un travail issu d'un collectif 23 intellectuels africain déconstruisant ce discours.

D'un certain côté certains diront : tant mieux, tant la critique du Monde sur ce sujet était ridicule et fortement décriée.
Mais ce qui est plus grave, c'est plutot que ce même journal ai refusé un droit de réponse à l'attaque qu'il avait lancé, en passant cette réponse sous silence :

« Droit de réponse par Jean-Luc Raharimanana**, refusé par Le Monde »
05/03/2008

Alors qu'attendent donc encore certains d'un seul petit individu comme Guaino ? Qu'ils sont incapable d'attendre d'un collectif d'intellectuels africain ?
Est-on censé voir là l'avis d'un esprit « éclairé », d'un « intellectuel », entre une tribune de Finkilekraut et un éditorial de B.-H. Lévy sans doute ?
Certains en sont donc t-ils encore à cette époque où c'est ce Blanc mythique qui fait l'ethnographie des autres peuples de cette Terre et non l'inverse ?
Désolé pour eux mais il serait peut-être le temps de prendre le chemin radicalement inverse, en écoutant peut-être avant tout ce que les africains ont à dire de l'Afrique, et peut-être même de l'Europe.

Mais il est vrai que, comme l'écrivait Anne Mathieu à propos des écrits de Sartre sur la guerre d'Algérie, sur ce terrain là : « Il n'est pas certain que ces mots soient plus faciles à entendre aujourd'hui qu'en 1962. »
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/11/MATHIEU/11678
Et effectivement à une époque où il est encore difficile pour certains de lire les écrits de Sartre, voire mieux de Fanon sur la décolonisation, quoi de surprenant que certains aient encore besoin de nos jours de se pencher aux oreilles d'un Guaino en se couvrant les yeux.

Portrait de Courageux anonyme

De John Lénine

20H02 | 27/07/2008 | Permalien

 » Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. « 

C'est une définition du bonheur , pour moi.

Bien avant que l'argent ne vienne tt gacher .

Portrait de TonyMo

De TonyMo 22269

Athée in Heaven | 20H33 | 27/07/2008 | Permalien

Guaino s'adresse-t-il au père de Barack Obama ?
Guaino connait-t-il tous les royaumes d'Afrique et que lui en déplaise l'Égypte c'est l'Afrique. Akhénaton ne ressemble pas physiquement pas à Guaino.

Mais j'espère que ses paroles toucherons l'orgueil des dictateurs Africains qui ont plus pensé à leur compte en banque qu'à leur peuple. Maintenant c'est la Chine qui pille le continent…

I'av a Dream qu'un jour AREVA construit une école d'ingénieur au Niger. Les jeunes Touaregs vont pouvoir apprendre à extraire eux-mêmes leur uranium dans un respect écologique.

Portrait de zecky

De zecky

20H39 | 27/07/2008 | Permalien

« La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. » (C'est la technique Sarkozy, on retrouve ces explosions de portes ouvertes à plusieurs reprises-pédophile, fraudeurs)) on ne peut pas nier ! Mais dire ceci ne veut pas dire qu'elle n'en ait aucune. Il est évident que la colonisation n'est pas l'origine de tous les maux de ce continent. Elles sont plurifactorielles, imputables aux Africains( en particulier les dictateurs ), aux conséquences de la colonisation ( perturbations socio-économique et frontalières) de la décolonisation ( soutenir un dictateur permet visiblement de sauver 5 ou 6 Français, comme lui vendre des mirages rapporte des euros ) mais aussi et surtout des politiques contemporaines qui ont suivies. Elles ressemblent plus à de la colonisation par intérim, Taylor, Mugabe, Bocassa (comme Bouteflika « Mr Urnes bourrées, ETC)…niant les libertés de leur peuple mais en affirmant le faire pour leur bien ! Le tout, bien sur, en honorant les contrat d'exploitations des ressources ! Les entreprises auront peut être un jour à rendre des comptes : verser des aides n'est pas tout, encore faut-il vouloir s'assurer de savoir QUI elles aident ?
Dernière remarque : si ce n'est pas du racisme c'est un manque de nuances assimilable à de la bétise. Pour nuancer pourquoi pas les deux ?

Portrait de skalpa

à zecky Portrait de zecky De skalpa

actif et militant ? | 09H40 | 28/07/2008 | Permalien

Et si la rupture venait de là ?

http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de dideix

De dideix

21H24 | 27/07/2008 | Permalien

nous sommes tous africain a la base c'est le berceau de l'humanitée mais notre soit disant civilisation a devalisée toutes les richesses du continent ,a propagée des croyances qui n'etait pas les leurs ,a toujours considerée l'homme noir comme un etre inferieur, je suis ecoeuré quand j'entend ces politiques se mastuber de joie sur l'immigration ,honte a nous ,a ceux qui nous gouvernent, c'est inhumain de parler de quota quand on parle de souffrance humaine tous gouvernements confondus trouvent des milliards pour faire des guerres mais pour nourrir ou proteger l'humain ils renaclent,SARKO comme les autres ont la mort de centaines de gens sur les mains du a leurs arrogances colonialiste

Portrait de trashtest

De trashtest

21H31 | 27/07/2008 | Permalien

Quel contre-feu Guaino essaye-t'il d'allumer ?
Les « moralistes » devraient se poser la question…

Portrait de BobLaMouche

De BobLaMouche

subversion + construction = substru... | 21H46 | 27/07/2008 | Permalien

Effectivement, le texte d'Henri Guaino n'est pas raciste. En revanche, il est très certainement anti-primitif (ce qui est peut-être pire à mon sens). Le concept d'histoire, ou plutôt d'historicisme, est fondamentalement issu de la Modernité. Ainsi ces propos sont complètement en adéquation avec la culture dont la France institutionnelle se réclame à corps et à cris comme héritière, à savoir celle des Lumières. Cette culture, par sa nature même, est destinée à s'étendre universellement.

À ce titre, il est tout à fait significatif que l'auteur de l'article regrette amèrement que l'aide au développement soit toujours réduite à une portion congrue. Car c'est bien le développement (*) (officiel, ou occulte via la corruption, la « Françafrique », etc.) qui vient déraciner le paysan « sans histoire » pour le jeter dans les méandres de l'économie mondialisé. Son univers est tranformé par une cause extérieure, son imaginaire est colonisé.

D'où un certain paradoxe : le texte de Dakar est dénoncé de toutes parts, bien souvent par des personnes qui sont par ailleurs tout à fait d'accord avec sur le fond !

(*) Gilbert Rist définit ainsi : « le développement est constitué d'un ensemble de pratiques parfois contradictoires en apparence qui, pour assurer la reproduction sociale obligent à transformer et à détruire, de façon généralisée, le milieu naturel et les rapports sociaux en vue d'une production croissante de marchandises destinées, à travers l'échange, à la demande solvable »

Portrait de Ndjocka

à BobLaMouche Portrait de BobLaMouche De Ndjocka

irrégulier | 23H35 | 27/07/2008 | Permalien

Cher Bob, pardon, mais je ne comprends pas bien votre propos. Je passe sur l'effrayant « Anti-primitif ». « Le concept d'histoire, ou plutôt d'historicisme, est fondamentalement issu de la Modernité. » Suggérez-vous que ce que vous nommez « historicisme » ne fait en rien partie intégrante de la, ou plutôt des cultures africaines ? Que c'est un hasard si les noms de fondateurs tels Soundjata Keita (à la tête d'un immense empire au XIIIe siècle), par exemple, Aho Houegbadja et tant d'autres, sont parvenus jusqu'à nous par la seule voie orale ? Un hasard, et non la volonté d'historiens du cru, témoins et chantres, présents depuis toujours en Afrique ?

@David Severnay
Le texte de M. Guaino est désolant d'inculture, merci à vous de le souligner. Mais vous décidez que personne ne peut le considérer comme raciste. Ah non ? Beaucoup, pourtant, n'ont pas trouvé d'autres qualificatifs ! Puis-je vous demander ce que vous considérez comme raciste et comme ne l'étant pas ? Parce que, sauf si vous me démentez, catégoriser des personnes en fonction de leur appartenance ethnique, les considérer du haut de son propre complexe de supériorité, ça existe et ça porte un nom, me semble-t-il..

Portrait de BobLaMouche

à Ndjocka Portrait de Ndjocka De BobLaMouche

subversion + construction = substru... | 08H49 | 28/07/2008 | Permalien

Chez les peuples primitifs, il n'y a généralement pas de notion d'histoire en tant que vécu : la société est et a toujours été, immuable. Tout changement, mutation, nouveau contexte est rapidement absorbé dans l'imaginaire collectif comme s'il avait été là depuis toujours. Ce qui n'empêche pas que d'un point de vue extérieur, il y ait des changements tout à fait visibles. Mais ils ne sont pas rattachés à un vécu (en tant que changement) et une conscience de la part de ceux qui les vivent. Bien sûr, les grands mythes, récits religieux, hauts faits gerriers, etc. qui sortent de ce cadre. Mais on ne peut pas vraiment parler d'histoire en tant qu'étude et conscience de la population de sa propre évolution.

Ce que je veux dire, c'est que Guaino n'a pas forcément tort dans sa description quand il dit que « l'homme africain » (les femmes ? Assume-t-il un public machiste ? ) vit une histoire cyclique et non linéaire, car l'histoire linéaire est typiquement un concept moderne (sauf peut-être exceptions, je ne suis pas expert en la matière). Bien sûr ce n'est pas tout noir tout blanc, il y a actuellement de grandes disparités (en Afrique comme sur d'autres continents). Les cultures primitives tendent à disparaître, d'où son expression « pas assez », qui est ici un jugement de valeur, aux conséquences à mon avis inadmissibles vu la position politique qu'occupe celui qui rend ce texte public.

Rentrer dans l'histoire (linéaire) présuppose donc que l'on abandonne ses mythes et ses représentations de la nature, devenus incompatibles avec la Modernité. Fondamentalement, vouloir faire rentrer ainsi des gens dans l'histoire, c'est nier l'aspect vital et essentiel de leur culture. Faire disparaître des cultures (les relégant au mieux à des vestiges que l'on exhibe dans des livres ou des musées) est pour moi une intention criminelle.

Après on peut toujours se demander si l'anti-primitivisme doit être considéré comme du racisme ou comme une forme de mépris fondé sur des bases différentes, transversales. J'aurais tendance à penser qu'il s'agit du deuxième cas, mais pour moi cette question est secondaire (cependant je comprends que ça puisse intéresser les tribunaux).

EDIT (addition) :

Pour dire les choses plus simplement, le discours de Guaino relève du positivisme dur (au sens : forcé). Or, plutôt que de critiquer cette idéologie et son application tout azimut, il semble que les contestataires du texte haussent la voix pour dire que c'est injuste, les Africains étant déjà « positivisés », ou que cette « positivation » ne va pas assez vite à leur goût.

Portrait de Ndjocka

à BobLaMouche Portrait de BobLaMouche De Ndjocka

irrégulier | 22H49 | 28/07/2008 | Permalien

Décidément, je ne vous suis pas.
M. Guaino, par la voix de son mentor, discourant à Dakar, capitale d'un état souverain, s'adressait-il à un peuple primitif ? ?
Mais de quoi parlez-vous, enfin ?

Portrait de BobLaMouche

à Ndjocka Portrait de Ndjocka De BobLaMouche

subversion + construction = substru... | 01H31 | 29/07/2008 | Permalien

Je vais tenter de reformuler une nouvelle fois.

Si vous vous placez sur un point de vue extérieur à l'humanité, atemporel, alors effectivement tout à une « histoire ». La question ne se pose même pas.

Mais prendre cet position est un choix délibéré et peu intuitif, sauf pour les modernes que nous sommes, parce que la tournure d'esprit nécessaire à cette acrobatie fait partie de notre culture.

Pour d'autres cultures en revanche, et cela se retrouve chez les peuples dits primitifs, prendre un tel point de vue extérieur n'a aucun sens, et conséquamment la notion d'histoire aussi.

Je crois que c'est sous cet éclairage qu'il faut interpréter les propos de Guaino. En tous cas, ça m'apparaît ainsi de manière très claire. L'extrait comparé de « La raison dans l'Histoire » d'Hegel par Beryl (quelques messages plus haut) est tout à fait révélateur de la logique philosophique empruntée par Guaino, et me conforte dans ma lecture. Je ne pense pas qu'il affirme que les africains n'ai jamais fait partie de l'histoire. Ce serait indubitablement faux, ne serait-ce que par l'esclavagisme et la colonisation. Il veut dire que qui n'a pas de conscience historique n'a pas d'histoire et donc pas d'avenir, ce qui est autrement différent. Il leur reproche donc leur tournure d'esprit : pas suffisamment modernistes, c'est-à-dire guidés par le progrès et tendant vers une direction (celle prise par l'histoire). Bref de ne pas envisager les choses sous l'angle : aujourd'hui est mieux qu'hier, et demain sera encore mieux.

En se mettant à sa place (de dominant), on comprend sa rationalité : l'esprit moderne est un préalable indispensable au déploiement de l'économie, de la politique et de la technoscience, elles mêmes instruments de domination. Guaino est d'ailleurs parfaitement explicite sur le sujet de l'économie un peu plus loin dans son texte.

En dernier lieu, je voudrais clarifier le fait que je prétend aucunement que l'Afrique est primitive et ce de manière uniforme. Mais il y a des composantes, des résidus, en marge de ou hybridés avec le modernisme apporté par la colonisation. Ces résidus sont manifestement gênants pour les plans de M. Guaino. Son discours ne s'adresse évidemment pas à des primitifs, mais aux « missionnaires » qui iront convertir les récalcitrants.

Portrait de David Servenay

à Ndjocka Portrait de Ndjocka De David Servenay (auteur)

Rue89 | 09H28 | 28/07/2008 | Permalien

Parce que, sauf si vous me démentez, catégoriser des personnes en fonction de leur appartenance ethnique, les considérer du haut de son propre complexe de supériorité, ça existe et ça porte un nom, me semble-t-il..

Ndjocka, je suis assez d'accord avec votre définition d'une vision raciale de l'histoire. Mais justement, ce n'est pas ce que je lis dans le discours d'Henri Guaino, qui insiste à de nombreuses reprises sur le principe d'égalité dans la relation entre l'Europe et l'Afrique, idem sur la notion de fraternité.

Je ne vois pas dans ce discours de référence à une catégorisation « ethnique », à un « complexe de supériorité » assumé comme tel. C'est plutôt, à mon sens, la manifestation d'une grande méconnaissance de l'Afrique en général et des Africains en particulier.

Maintenant, rien ne vous interdit de faire la démonstration du « racisme » d'Henri Guaino…

Portrait de destribat

à David Servenay Portrait de David Servenay De destribat

anti-corruption | 10H43 | 28/07/2008 | Permalien

Mais il me semble bien qu'une des principales cause du raciste c'est justement l'ignorance.

Portrait de BobLaMouche

à destribat Portrait de destribat De BobLaMouche

subversion + construction = substru... | 11H00 | 28/07/2008 | Permalien

Non, c'est la volonté de domination qui est la « cause » du racisme. Je rappelle d'ailleurs que la théorie sur les races a connu un succès significatif auprès des scientifiques dans la première moitié du XXème siècle, pour être finalement discréditée un peu plus tard.

Portrait de destribat

à BobLaMouche Portrait de BobLaMouche De destribat

anti-corruption | 11H10 | 28/07/2008 | Permalien

Attention, j'ai bien dit une des causes.

Portrait de BobLaMouche

à destribat Portrait de destribat De BobLaMouche

subversion + construction = substru... | 11H46 | 28/07/2008 | Permalien

principales

Portrait de kinsa

à BobLaMouche Portrait de BobLaMouche De kinsa

| 13H09 | 28/07/2008 | Permalien

Bien évidemment ce n'est pas l'ignorance la cause du racisme mais bien la volonté de domination. Et l'origine de cette volonté de dominer vient de l'exploitation de l'homme par l'homme. Le racisme n'est qu'un prétexte pour justifier, et « rendre vertueux », naturel, et donc nécessaire ce qui ne l'est pas en réalité. La légitimation du crime par les nations colonisatrices a permis l'expansion du capitalisme et l'enrichissement de celles-ci par l'exploitation d'autres peuples. Aucun homme ne peut être en dehors de l'histoire, que certains ( classe bourgeoise) décident de dire qu'il existe des hommes sans histoire est une tentative de faire oublier aux nouvelles générations la réalité de l'hisoire pour poursuivre l'exploitation.
« L'histoire est la véritable histoire naturelle de l'homme. »
Karl Marx - Contribution à la critique d'économie politique (1859)

« C'est en Afrique, à la fin du siècle dernier, que l'impérialisme fit son entrée sur la scène mondiale. Voici venu le temps de l'expansion comme but politique suprême, de la race comme fondement du corps politqiue, de la bureaucratie comme principe de domination. Aucune considération éthique n'est autorisée à entraver la progression de la domination blanche - française, britannique ou allemande - et déjà , l'usage impitoyable de la terreur. (…) Mépris de la loi, justification de l'illégalité, éclatement des partis et des structures politiques : l'Europe travaille avec acharnement à l'avènement du système totalitaire. » Hannah Arendt - L'impérialisme II, les origines du totalitarisme - 1951.

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