Ainsi, le père qui a laissé sa petite fille mourir dans sa voiture est mis en examen.
Consternation pour cette famille brisée à vie. Perdre un enfant est déjà une horreur qu'on ne souhaiterait pas à son pire ennemi. Le perdre en se sachant responsable, c'est encore pire.
Ecoeurement devant les réactions sur Internet, décidément la meilleure et la pire des choses. Une fois de plus, trop de gens parfaits qui savent tout, qui jugent de tout, qui condamnent tout sans nuances, voir ceux qui réclament la castration et même le retour de la peine de mort. Qui mettent sur le même plan ce malheureux et ceux qui tuent volontairement leurs enfants.
Pourquoi suis-je ainsi consterné et écœuré ? Parce que j'aurais pu me trouver à la place de ce père.
Si ma fille était morte, ma vie se serait arrêtée
Il y a vingt-cinq ans, j'ai moi aussi oublié mon bébé, ma fille, sur un parking, et dans des conditions comparables à celles de ce drame. Heureusement, quelqu'un l'a vue et m'a prévenu, une ou deux heures après, je crois. Et je pense sincèrement que, pris par mon travail, je ne serais pas revenu à ma voiture avant la fin, je ne me serais pas inquiété, intimement persuadé de l'avoir déposée chez sa nourrice.
Si elle était morte, ma vie se serait arrêtée. Elle vit toujours, bien sûr, rassurez-vous, ne sautez pas sur votre portable pour appeler la police. Et si elle m'aime comme elle m'aime, si je suis, avec son copain et son frère, un des hommes de sa vie, c'est qu'elle sait que j'ai toujours fait ce que j'ai pu pour la rendre heureuse. Et que je continue.
Mais pourquoi avais-je agi ainsi ? Parce que je suis atteint d'une maladie qui fait en général rire les autres et souffrir le malade : la distraction. Maladie hélas inguérissable, qui vous punit tous les jours.
Je pourrais écrire un recueil de mes distractions quasi-quotidiennes, du temps et de l'énergie perdus avec ça : rendez-vous ratés, objets égarés, feux grillés, voiture introuvable car garée dans un endroit inhabituel. Je pourrais vous énumérer tout ce que j'ai en double voire en triple : montre, carte bancaire, clés de maison ou de voiture.
Cet homme va être jugé, alors qu'il a déjà reçu sa condamnation
Raison pour laquelle il m'est arrivé de rentrer un soir, d'ouvrir le coffre, de laisser les clés dessus, de repartir le lendemain avec l'autre trousseau en laissant ma voiture en pleine ville avec les clés bien visibles, à croire que ma ville ne compte aucun voleur. Et les fois où je m'arrête pile sur un trottoir, me demandant ce que je suis parti faire ? Ça vous amuse, hein ? Pas moi…
Cet homme va donc être jugé. Jugé alors que les tribunaux sont encombrés, que la majorité des affaires à juger vont trop lentement. Jugé et condamné alors que sa condamnation il l'a déjà reçue, et que c'est une condamnation à être un mort-vivant.
Jugé alors que ce parking a vu passer des centaines de personnes. Distraits, eux, ou indifférents, comme ces Italiens qui ont continué à bronzer sur une plage où venaient de se noyer deux fillettes roms ?





















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à joelindien
De ogareff
17H45 | 24/07/2008 |
Ah oui moi aussi j'ai fait ça, et en plus, voiture garée en double file ! Quand je m'en suis rendu compte deux ou trois heures après, coup de bol, elle était toujours là mais j'ai quand même été puni puisque j'avais mis mes warnings qui avaient vidé la batterie.
De noloy
émigré français | 17H29 | 24/07/2008 |
Le mème jour, le parlement a voté une augmentation de la durée du travail notamment pour les cadres. Mais peut-être que cela n'a aucun rapport !
à noloy
De Mon-Al
roturière :-) | 17H42 | 24/07/2008 |
? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Effectivement ? ? ? ? ? ? ? ?
Car vous sous-entendez sans doute que c'est le stress du travail qui est la circonstance atténuante de ce drame ?
à Mon-Al
De ogareff
17H53 | 24/07/2008 |
Ah ben là c'est clair : pas de travail, pas de mort ! Bosser tue, ma pauvre dame, mais ça on le savait déjà…
à Mon-Al
De ngu
de passage | 14H40 | 25/07/2008 |
si tel était le cas, ce serait tous les jours que des enfants mouraient à cause du stress de leurs parents, trop de travail etc…or , et heureusement, ce n'est pas le cas…
à ngu
De VyGER
Ingénieur informaticien | 01H05 | 26/07/2008 |
Les dernières statistiques remontent à 10 ans (1998), mais ça donne un ordre de grandeur.
Les accidents de la vie courante (généralement évitables) causent plus de 18 000 décès par an et 20% sont des enfants de moins de 5 ans.
http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/acc_dom/donnees01.htm
Autre page intéressante :
http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/acc_dom/donnees03.htm
Il y a en moyenne 10 enfants qui meurent chaque jour d'un accident « de la vie courante ». Les 2/3 d'un accident domestique.
De Blackhawk
de quoi je me mêle? | 17H45 | 24/07/2008 |
Beaucoup de choses bizarres dans cet article, qui tient plus de l'avis personnel passionné plutôt que d'une mise en lumière pertinente de ce phénomène.
« Le perdre en se sachant responsable, c'est encore pire. » Justement, savoir s'il est responsable, et s'il se sent responsable, c'est ce que va déterminer l'enquête judiciaire. Il pourrait souffrir de troubles, par exemple. Donc évitons de remplacer la justice dans une affaire grave.
Puis du grand n'importe quoi :
« Mais pourquoi avais-je agi ainsi ? Parce que je suis atteint d'une maladie qui fait en général rire les autres et souffrir le malade : la distraction. Maladie hélas inguérissable, qui vous punit tous les jours »
Eh Non, la distraction n'est pas une maladie,dommage. Sinon, il est clair que les tribunaux vont être bien calmes, grâce à l'auteur de l'article : enfant oublié ? distraction (oubli d'un être vivant comparé à un oubli de clefs, on notera l'équivalence) Papi malade auquel on n'a pas donné le traitement ? pas meurtre, mais distraction.
Les prisons sont pleines de personnes distraites, en fait.
Si on commence à laisser passer de telles horreurs au nom de la « distraction », bonjour les meurtres dissimulés. C'est pour éviter ça et pour comprendre ce qui s'est passé (sait-on si ce n'est pas un meurtre, d'ailleurs ? ) que la justice intervient.
La distraction, ça se corrige au prix de la concentration supplémentaire.
De Pierrrrre
17H46 | 24/07/2008 |
»….Moi aussi, j'ai oublié mon bébé dans ma voiture…. »
→→ Ben moi aussi, avais zappé la nounou, avais garé la voiture au boulot, et jeté un coup d'oeil comme ça, pour vérifier si j'avais bien éteint les phares.. j'en ai encore des cauchemars…
Une voisine à qui une employée d'une supérette a ramené sa fille oubliée au magasin…
Et une gamine toute seule dans le chariot d'un supermarché, maman qui pensait que papa s'en occupait, et vis et versa…
Faut avoir eu des gamins pour comprendre l'humilité nécessaire au jugement des fautes d'inattention des autres.
Merde, je vous laisse, je viens de monter de la cave que j'ai refermé à clef, et j'entends ma femme qui tambourine au soupirail.
à Pierrrrre
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 22H41 | 24/07/2008 |
Je vous avais bien dit qu'octave, incorrect et autres étaient bien pire que Pierre.
Ce n'est pas la première fois que je le remarque.
Alors allez y molo avec Pierre, il n'est pas toujours désagréable.
Au fait Pierre comment va ton vélo ? J'espère que tu as enfin trouvé une solution pour ne plus te le faire taxer. Ou alors tu as encore une histoire « drôle » à nous raconter ; -))
à Les Chats
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 11H47 | 25/07/2008 |
Je plussoie : et en plus, là il fait preuve d'humour !
De jojoh
Photographe | 18H08 | 24/07/2008 |
Et le pharmacien qui a oublié son bébé dans la voiture la semaine dernière, a-t-il été mis en examen ?
Merci de me répondre si vous avez le temps
Saluts
J.
à jojoh
De Béatrice1
| 22H13 | 24/07/2008 |
Oui.
De Blackhawk
de quoi je me mêle? | 18H11 | 24/07/2008 |
jojoh, on est trop distrait pour vous répondre.^^
De Arwene
18H14 | 24/07/2008 |
Non, un enfant ne se manifeste pas en permanence par des bruits ou des mouvements. Beaucoup d'enfants s'endorment, même, en voiture. J'ai toujours été sidérée de voir à quel point ma fille est calme, en voiture, alors que son frère aîné, au même âge, faisait un tel barouf qu'il aurait été impossible de l'oublier. J'ai toujours eu peur d'oublier ma fille, tellement elle est discrète, par nature.
Un tel oubli est un accident. C'est un accident tragique, épouvantable, et ça me fait d'autant plus hurler que je suis persuadée que ça peut arriver à n'importe qui. On a tous des coups de mou. On n'est pas Super(wo)man ! Aucun de nous.
La distraction est une maladie à partir du moment où elle est vécue comme une maladie par la personne qui la subit. Que croyez-vous qui définisse la maladie ? Le microbe ? Sûrement pas ! Des tonnes de maladies ne sont pas infectieuses : épilepsie, spasmophilie, maladies génétiques ou post-traumatiques, que sais-je… Des tas de maladies, aussi, ne sont pas répertoriées parce qu'elles existent à un état plus ou moins fort : combien d'épileptiques s'ignorent parce que leurs crises ne durent qu'une demi-seconde, une demi-seconde d'absence, de « distraction », qui s'oublient aussitôt. A moins qu'un jour, elles ne provoquent un accident.
Attention, A. Nonym, je ne dis pas que vous êtes épileptique, c'est juste un exemple que je prends, je ne fais pas de diagnostic sur le web, et en plus je ne suis pas toubib. Par contre, je suis épileptique, heureusement reconnue, donc sous traitement, et je connais les limites que mon organisme ne peut et ne doit pas franchir, telles que le manque de sommeil, l'alcool ou les lumières dans les yeux…
Pour en revenir à cette tragique affaire, j'espère de tout mon coeur que toute la famille (à commencer par le père) aura accès à un sérieux suivi psychologique. Je leur souhaite, comme à chacun de nous qui vivons des accidents à un moment ou un autre, de s'en remettre, autant que faire se peut.
Condoléances
De dragon29
invalide a douarnenez | 18H30 | 24/07/2008 |
l'exemple du stress au travail peut aussi expliquer cet oubli , un soucis au travail , et il part en ferlmant sa voiture , ou peut etre comme on dit tête en l'air , de toute façon pas l'intention de tuer son enfant , la vie de ce couple est détruite je pense que la mise en examen il doit complètement s'en foutre , il a perdu ce bébé de 3 ans suite a une erreur pour lui et sa femme c'est l'horreur je pense qu'ils auront du mal a s'en remettre pas besoin de justice pour en rajouter .
De killerdemouches
18H46 | 24/07/2008 |
A chaque fois que j'entends parler d'un drâme similaire, je pense aussi a la détresse des parents. Je suis persuadé que la plupart de ceux qui ont eu un enfant savent que cela peut arriver. Mais on préfère s'empresser de juger….
L'erreur est humaine. Je défie n'importe quel parent de m'affirmer qu'il n'a jamais fait d'erreur dans l'éductation de son enfant.
Alors, bien sûr, et heureusement, tout le monde n'oublie pas son enfant. Heureusement, toutes les distractions ne finissent pas mal.
Mais, si l'on condamnent les personnes à qu'il arrive ce type d'accident, alors, doit-on aussi condamner ceux qui ont eu un seconde d'innatention pendant laquelle l'enfant est parti se jeter sous une voiture ? Ou ceux qui ont vu leur enfant dévorré par le chien du voisin ?
Comme le dit cet article, les parents ont déjà été sanctionné. Comment se reconstruire, en tant qu'individu, en tant que couple, en tant que famille, après un tel drâme ? Mieux vaut essayer d'accompagner, plutôt que ce condamner, afin de permettre a ceux qui ont survécu de se reconstruire.
De Blackhawk
de quoi je me mêle? | 18H58 | 24/07/2008 |
ils ne sont pas condamnés, ils sont mis en examen.
De FreddySpow
19H14 | 24/07/2008 |
faut-il vraiment invoquer la « distraction » ?
ne faudrait-il pas plutot reflechir sur la place des enfants au sein de nos stress ?
il me semble que ce nouveau parent brisé cherchera et trouvera le fil de ce qui clochait à ce point dans sa vie pour qu'il en oublie son enfant dans la voiture…
pour qu'un enfant ne se retrouve pas oublié sur un trajet creche-travail ou supermarché-maison ou que sais-je encore, il y a AUSSI des CHOIX de VIE possibles de la part des parents…
alors soyons humbles, car ces parents oublieux savent desormais quels choix de vie ils auraient du faire…
qui ici peut pretendre etre a l'abri de ce genre de piege ?
qui peut garantir l'absolue coherence de ses choix de vie ?
paix a l'ame de ces enfants partis dans la souffrance sur l'autel du boulot/auto/dodo/consommation…
compatissons pour ces parents demolis !
De Coragyps Atratus
Dans l'attente du moment propice | 19H03 | 24/07/2008 |
Il faut relativiser les choses. De plus, mettre ce père de famille en prison ne résoudra strictement rien. La société va se donner bonne conscience sans doute. Le nombre d'enfants oubliés dans une auto et qui en sont morts doit être ridiculement bas.
Il y a sans doute plus de chance pour un enfant, de mourir dans un accident de voiture dû, non pas à la distraction, mais à cause d'une imprudence, d'une alcoolémie ou de la vitesse.
De même, ils ont plus de chances de mourir fauchés par une voiture en traversant une route.
Quant à la maison, les accidents domestiques font partie de la première cause de mortalité des enfants (va t'on mettre en examen les parents qui auraient laissé une bouteille d'eau de javel à porté de leur gosse ? ).
Les accidents sont, par essence, profondément bêtes et peuvent tous être évités mais malheureusement ils ne le sont pas. Cela prouve encore que nous sommes des êtres humains.
De kstet78
cadre | 19H05 | 24/07/2008 |
Bonjour,
Si je vous comprends bien, vous déplorez l'indifférence des personnes face à ce qui se passe devant leur nez. Il est vrai que désormais nous oublions de voir notre responsabilité au quotidien : le devoir d'agir et de réagir.
Je pense que, justement, sans nier la douleur de cet homme, sans nier une maladie liée à la distraction, le mettre en examen c'est lui rappeler qu'il était responsable de son enfant. Il avait le devoir moral et juridique de protéger et de veiller au bien être de sa fille.
Malheureusement, il a failli à sa tâche. La société se doit de lui rappeler qu'il est responsable de ce qui vient de se passer. Qu'il doit en rendre des comptes. C'est à la justice de décider ensuite si cet homme doit être condamné ou non.
Je crois que l'on ne peut pas, dans un premier temps, reprocher l'indifférence générale, le désinvestissement de chacun dans la prise de responsabilité. Puis, dans un second temps, être indigné par cette mise en examen qui ne fait que rappeler la responsabilité de cet homme et non le condamner.
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 19H06 | 24/07/2008 |
J'aimerais profiter de se sujet pour jeter une question (posée dans le sujet) en pâture à la foule pour débattre.
Car je n'ai pas trouvé ma réponse dans les commentaires. Pour l'instant la tendance est plutôt le débat sur l'inattention.
Alors voici : En cas d'accident (et j'insiste sur ce mot) ayant entrainé des conséquences grave (blessés, morts) mais sans intention de nuire. En gros, faire le mauvais geste, au mauvais moment, au mauvais endroit.
Pensez vous qu'il soit utile de condamner cette personne ?
Je pense que blesser quelqu'un ou le tuer est déjà une condamnation très importante. Je me pose la question de l'utilité même d'un procès. Ne devrions nous pas avoir dans le système judiciaire la notion « d'accident » ?
Pour l'instant, hormis la lourdeur de la peine, un meurtrier est traité de la même manière qu'une personne qui à eu un accident.
à Homer555
De Pierrrrre
19H29 | 24/07/2008 |
»….Alors voici : En cas d'accident (et j'insiste sur ce mot) ayant entrainé des conséquences grave (blessés, morts) mais sans intention de nuire. En gros, faire le mauvais geste, au mauvais moment, au mauvais endroit.
Pensez vous qu'il soit utile de condamner cette personne ? … »
→ civilement, oui, pénalement, non.
à Pierrrrre
De poustache999
anarcho fouteur de merde profession... | 11H38 | 25/07/2008 |
pierre fais gaffe j'ai eu oui dire que le pere avais fumer un petard en cachette … peine de mort ! ! !
à Homer555
De Béatrice1
| 01H07 | 25/07/2008 |
« Pour l'instant, hormis la lourdeur de la peine, un meurtrier est traité de la même manière qu'une personne qui à eu un accident. »
Bien sûr que non ! Il y a toute une gradation des accusations et quelqu'un qui a tué accidentellement ne sera pas du tout traité comme un assassin qui avait prémédité son geste !
En cas d'accident, on détermine également si le fautif avait une conduite imprudente ou pas : si on roule saoul et en excès de vitesse, on est considéré comme coupable par imprudence, et c'est normal.
Mettre cette personne en examen ne signifie pas la « condamner », encore moins la condamner à la prison.
De Rouille_Encagée
Citoyen du monde | 19H27 | 24/07/2008 |
Les gens jugent comme on respire. Il est presque une nécessité pour eux que de trouver des coupables, des gens à condamner. Dans les deux derniers faits d'actualité similaires que sont la mort de ces deux enfants dans une voiture, on a eu à chaque fois toute une foule de personnes bien pensantes qui condamnaient le pauvre père. Et je dis bien le pauvre père : car le plus grave était que ces personnes qui condamnent ne parlaient jamais de l'état de détresse psychologique dans lequel était le parent. On entendait à chaque fois : « c'est un irresponsable », « c'est grave », « faudrait l'enfermer », et des plus belles ; mais jamais on entendait quelqu'un dire : « ce pauvre homme est anéanti ». Car il l'est, et on ne veut pas le voir.
Mais alors pourquoi ces gens condamnent-ils ? Pour le plaisir ? Car ils croient détenir la vérité ? Peut-être un peu des deux ; mais il me semble qu'il existe aussi une autre raison, qui leur échappe certaine. Au fond, quand on condamne l'autre, qui condamne-t-on ? Cette question peut paraître absurde de par son évidence : évidemment, on condamne l'autre ! Et si les choses étaient plus compliquées ? Et si, quand je condamnais l'autre, je me condamnais moi-même ? En condamnant l'autre, je me condamne moi-même, car l'autre est le moi que je pourrais potentiellement être. Je sais, moi, que j'aurais pu faire la même chose, et en condamnant l'autre que je ne suis pas et que je pourrais être, je m'évite d'être ce qu'il est. Ce qui fait peur, ce n'est pas tant ce que l'autre a fait que ce moi je pourrais faire. C'est de moi dont j'ai peur quand je condamne l'autre. C'est parce qu'il est dans les potentialité de mon être de pouvoir être comme un autre que je condamne l'autre pour m'éviter d'être cet autre. C'est en quelque sorte du préventif pour soi-même. Les gens s'en foutent du père en question : ce qu'ils voient, c'est eux.
Quand j'évite à tout prix le détail (qui n'en ai pas un) de l'état de choc du père, que fais-je sinon nier ce qui atténue les circonstances du drame ? Car si j'atténuais, j'aurais moins de raisons de condamner l'autre et par là de me condamner moi-même. Cette moralité que l'on s'impose à soi-même à travers l'autre ne doit pas subir d'obstacle : et pour cela, on utilise la mauvaise foi ou on ne voit que ce qui nous arrange.
De Thomas GREDAT
| 19H28 | 24/07/2008 |
Je suis absolument sûr à 110% que je n'oublierai JAMAIS mon enfant à l'arrière de mon véhicule par temps de forte chaleur. Absolument sûr, puisque je n'ai pas d'enfants.
Quand j'en aurai, on en reparlera.
L'année dernière, stigmatisation de Francis Evrard, le violeur du petit Enis, récidiviste. Coupable, certes, mais aussi détraqué, insuffisamment surveillé et qui aurait dû être soigné, ce que ne permet pas le manque de moyens.
Stigmatisation de Romain Dupuy, meurtrier d'une infirmière à l'hôpital psychiatrique de Pau. Coupable, certes, mais pénalement irresponsable en raison de son aliénation mentale. Dans les deux cas, les Français apprennent que « justice » est synonyme de « vengeance ».
Cette année, stigmatisation d'un père qui doit vivre avec la douleur d'avoir perdu un enfant ajoutée à celle d'en être responsable. Un troisième poids s'ajoute : il n'est pas responsable, mais coupable.
Je veux bien que la justice s'applique, et même s'applique avec rigueur. Je suis également d'accord pour qu'elle s'applique avec la même rigueur pour tous. Que l'on aille donc chercher Georgina Dufoix, auteure du fameux « Responsable, mais pas coupable », puisque, d'après madame Dati, éminente experte en linguistique, les deux termes sont synonymes.
Que l'on aille également chercher les ministres de l'Intérieur et de la Justice qui se sont succédé depuis une ou deux décennies, et qui sont si peu empressés d'accorder les moyens nécessaires au suivi et à la prévention de la délinquance sexuelle. Si je ne m'abuse, cela peut se qualifier de « non assistance à personnes en danger ».
Qui est responsable (ou coupable) de l'entassement de détenus dans les prisons françaises, dans des conditions sanitaires qui ont été réprouvées par la Cour Européenne des Droits de l'Homme ?
Le message est clair depuis quelque temps : pas de pitié pour la canaille. Et la canaille, c'est nous.
Ceux qui hurlent avec les loups ne le font que pour être certains que cela n'arrive qu'aux autres.
Quant à moi, je n'ai retenu que deux ou trois choses du Nouveau Testament. L'une d'elles est cette phrase : « Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre ». Que le chanoine de Saint-Jean-de-Latran inspire à ses ouailles cette sainte pensée !
Moi, sachant que je n'ai pas vécu ce qu'on vécu ce père de famille et A. Nonym, je choisis de me taire et ne pas accabler.
à Thomas GREDAT
De Millecalottes SARKASTIK
Variable | 05H03 | 25/07/2008 |
Très bien. 5 Pastilles
De intransigeante
agent administratif | 19H35 | 24/07/2008 |
moi aussi ,j'ai oublié mon fils ,il y a une trentaine d'années , je suis rentrée du travail , bouiné à l'appartement et sur les coups de 19 heures , ,un grand moment de détresse , j'avais oublié mon fils à la garderie, effectivement les conséquences n'auraient pas été dramatiques, mais j'ai oublié mon fils,il avait 3 ans, aujourd'hui il en a 35 et je ne sais même pas si je lui ai raconté cette horreur car effectivement c'est incompréhensible une maman ne peut pas oublier son enfant
De MarcTibo
"Change Can Happen", Explorateur, O... | 19H46 | 24/07/2008 |
Comment ne pas se rappeler ce proverbe attribué aux Sioux : « Avant de juger un homme, marche deux lunes dans ses moccassins » ?
à MarcTibo
De Thomas GREDAT
| 19H56 | 24/07/2008 |
On peut aller plus loin : « Ne montre pas les fautes d'autrui avec un doigt sale » (proverbe italien).