
Radovan Karadzic, leader des Serbes de Bosnie, a enfin été arrêté. De 1992 à 1995, la guerre de Bosnie a fait plus de 200000 victimes. Lui est sous le coup de 11 chefs d'accusation retenus par le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (avril 2000) pour génocide, extermination, meurtre, crimes contre l'humanité, terreur et prise d'otage entre 1991 et 1996. Retour en images sur les principaux crimes du boucher de Srebenica.
Août 1992 : « Des camps au coeur de l'Europe »
Des camps de concentration sont ouverts par le Parti démocrate serbe (SDS). Des milliers de civils croates et musulmans de Bosnie y sont détenus dans des conditions inhumaines. L'Europe découvre les images de ces hommes décharnés en 1992. Les Serbes les présentent comme des prisonniers de guerre pour se défendre : « Ils sont maigres, mais c'est la guerre. » Les journalistes qui ont tourné ces images affirment qu'il s'agit de civils et diffusent des photos prouvant des actes de tortures.
Février 1994 : siège et bombardements de Sarajevo
Radovan Karadzic est accusé d'être l'un des organisateurs du siège de Sarajevo, du 5 avril 1992 au 29 février 1996. Les bombardements, les tirs et les privations multiples ont fait plus de 12000 morts et des dizaines de milliers de blessés. Le 5 février 1994, un obus touche le plus grand marché de la ville. 61 personnes sont tuées, les blessés sont transportés sans civières. Radovan Karadzic accuse les musulmans d'avoir bombardé eux-mêmes le marché.
Juillet 1995 : le massacre de Srebrenica
Entre le 11 et le 18 juillet 1995, 8000 personnes ont été tuées « de manière organisée, massive et systématique » (TPIY) par l'armée serbe dans la ville de Srebrenica. Sur les images tournées par des Serbes (seules caméras autorisées), on voit des vieillards, des enfants et des femmes marcher, des sacs sur le dos. Le général Radko Mladic, toujours en fuite, distribue du chocolat. L'envoyé spécial d'Antenne 2, Giles Rabic, apparaît à l'écran. Le ton est grave, découragé : « Ils en ont assez qu'on les regarde mourir en direct et qu'est-ce que vous voulez qu'on leur dise sinon qu'ils ont raison » :
Juillet 1995 : prise d'otages onusiens
Plus de 200 Casques bleus ont été détenus par les forces serbes entre le 26 mai et le 2 juin 1995. Certains ont été maltraités. Lors de l'attaque de Srebrenica, 65 Casques Bleus hollandais sont à nouveau pris en otage. Le 13 juillet, ils sont libérés ; les Serbes disent les avoir retenus pour leur sécurité.
Décembre 1997 : les témoins
Depuis sa démission en 1996, Radovan Karadzic est en fuite. Les victimes parlent, parfois à visage couvert, par peur des représailles. Dans ce reportage, Vélibor Ostojuc, vice-président du gouvernement serbe de Bosnie et président contesté de la nouvelle commission des droits de l'homme en Bosnie Herzégovine, est soupçonné d'avoir participé aux massacres et tortures des populations de la ville de Foca : « J'ai été élu sur proposition de tous les présidents de groupe du gouvernement et je ne vois pas où est le problème. »
Des rescapés racontent : « Les soldats jettaient les gens comme des briques dans la Drina, d'autres leur tiraient dessus », « ils violaient même des femmes de 70 ans. Ils m'ont cassé les dents -avec un marteau. Ils ont dessiné des croix sur mon dos et ma tête. Je n'arrive plus à marcher droit, je titube comme si j'avais trop bu. » Le président de la commission nie l'existence des camps.
























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De Petit_ours
actuellement étudiant en Argentine | 21H36 | 23/07/2008 |
Je n'arrive jamais à savoir ce que je pense de ce TPI. Certes, il est digne et certainement indiscutable que ce procès doit avoir lieu, et je suis convaincu qu'un important travail d'investigation doit être mené pour mettre Karadzic devant ses responsabilités.
Et pourtant, comme toujours, je me dis avec amertume que ce n'est toujours qu'un pis-aller. Je considère encore et toujours qu'il y a une impunité qu'aucun tribunal ne pourra briser : nous ne pouvons et ne devons pas le faire souffrir autant qu'il a fait souffrir ses victimes.
Et même si la loi du Tallion n'est moralement pas acceptable, je ne peux m'empêcher de haïr quand je vois les images de tels procès, quand je vois des Maurice Papon jouer les vieillards qu'il serait indigne de faire souffrir, les Eichmann se cachant derrière son statut de fonctionnaire obéissant… Toujours, de tels criminels évitent d'assumer leurs actes.