Les publicitaires sont par métier des gens étroitement liés à l’air du temps, soit pour le créer soit pour le suivre. Et parmi les thèmes dans l’air du temps, la disqualification des pères roule dans le peloton de tête. Comme le prouvent au moins deux publicités : Celles pour un lait en plastique, où un père nunuche et distrait (donc en lunettes, c’est un binoclard qui écrit, là) se fait régulièrement bâcher par un enfant plus savant que Claude Allègre, apitoyé que dis-je agacé de voir que l’auteur de ses jours est une pauvre tanche.
Et celle, encore plus destructrice, où un père ravi rentre at home en annonçant à sa famille l’achat d’une nouvelle voiture. Toute la smala sort, s’écrase le nez de joie sur les vitres de la huitième merveille du monde… dans laquelle monte LE VOISIN, flatté de tant d’admiration, limite compatissant devant ce qui va suivre. Car Popa, tout sourire, attend devant ce qui, ça saute aux yeux bien sûr, n’est qu’un tas de boue carrossé par Quasimodo. Et la tribu déshonorée rentre cacher sa honte, enfants en tête, lui passant devant sans un mot mais avec tout le mépris possible.
Voilà l’abjection (petite, mais costaude). Si Popa avait rejoint son foyer en ayant bu sa paie ou acheté un truc superflu comme l’intégrale de l’œuvre de Madame Sarkozy III ou le nouveau portable qui-fait-tout-et-même-grille-pain, on eût compris que Madame soit vénèr (pas les enfants, qui n’ont pas à juger leurs parents). Mais il a acheté la voiture du type qui convient exactement à la famille (ici, un monospace).
Il a donc fait son travail de père. Et n’importe quel pékin un peu au fait de l’offre automobile sait qu’il existe des modèles plus ceci ou moins cela, mais qu’aucun constructeur ne prendrait le risque de chercher à vendre une voiture vraiment ratée, au point que des gosses tirent la tronche à celui qui, jusqu’à preuve du contraire, les loge et les nourrit.
Ajoutons que ces pubs ne sont pas les seules à jouer sur ce ressort, que quelquefois c’est popa-moman qui se font mettre minable. Jamais la mère seule. Étonnant, non ? PS : J’entends d’ici quelque séguélaphile me dire : humour, second degré et tu coupes les cheveux en quatre dans le sens de la largeur, PMB. C’est ça, c’est ça.














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PMB, tu coupes les cheveux en quatre dans le sens que tu veux, ça fait toujours plaisir de te lire !
;-)
maia
pourquoi on n’aurait pas le droit de se foutre des pères ? c’est plutôt sain, et je ne pense pas que deux pubs à la con soient hélas le symptôme d’un vacillement profond du patriarcat.
Comme on doit se foutre de la fête des mères chosifiées par Pétain!!
Grosse erreur de De Gaulle: au lieu de créer la fête des pères, il aurait dû supprimer la fête des mères!!!
ce n’est pas de gaulle qui a créé la fête des pères, c’est un truc comme le syndicat des marchands de cravate…
Je suis d’autant plus d’accord que le lait me fait vomir.
Surtout, les pubs pour les voitures me font toujours le même effet : elles m’énervent! J’ai l’impression qu’en grosses lettres rouges clignotantes sur l’écran est écrit : « Achète, connard ». Vraiment, je ne supporte pas : ces pubs parlent vraiment à nos plus bas instincts. Ce qu’évoque ce petit article.
Du coup, j’ai pas le permis pour m’en prémunir.
N’empêche que je suis pacsé et que j’ai deux enfants. Je vais voir s’ils me respectent et je tapoterai un nouveau message pour dire quoi.
En ce qui me concerne la pub en elle même me donne envie de vomir. Sauf les pubs anglaises pour la bière, allez savoir pourquoi (je vous donne un indice, ça me fait marrer)
dénigrer le popa-moma au nom de son affirmation de soi, bravo les enfants!!
dénigrer le popa-moma au nom de la pub, de la mode et autre connerie, c’est trop con et trop nul les enfants…
on vous manipule, et on commence à prendre le pouvoir sur vous.
et si ces pubs n’étaient que le reflet du vécu des seuls publicitaires ?
euhh…. tu l’as trouvée où l’intégrale de l’œuvre de Madame Sarkozy III, … qu’on évite le domaine…
L’intégrale je sais pas, mais j’ai trouvé des CD de Madame Monmari dans un bac de soldes à Intermarché. Enfin, trouvé, non : seulement aperçu.
Les mères sont déjà parfaites (dans la pub) : propreté rutilante dans la maison, repas adaptés, hygiéniquss ET bons, elles ont toujours Kinder-chocolat sous la main (signe de la perfection absolue), les enfants peuvent rentrer avec leurs chaussures boueuses sans s’essuyer à minima les pieds ou essuyer leurs mains pleines de chocolat sur le tee-shirt tout blanc, peu importe, elles lavent aussitôt avec le sourire et tout étincelle à nouveau de propreté!
Alors, c’est bien le minimum que ces crétins de pères, qui ne font rien de ces choses grandioses, qui ne savent pas qu’il y a toujours kinder-chocolat dans le placard de la cuisine, ne se trompent pas au moins sur le choix capital et crucial de la nouvelle voiture !
Mais enfin Danielle on ne peut pas se raser avec le nouveau Mach 12, sentir bon et avoir la patate malgré la journée passée a trader comme un ouf sur les marchés et rouler dans le désert pour se sentir fort ET savoir ou se trouve le kinder chocolat…
Un peu de jugeotte que diable.
moi j’ai trouvé la solution, je suis père au foyer.
gros avantages pour leurs pub de merde qui ne s’adressent jamais a moi ni à mes confrères ( si si , on est plus nombreux qu’ils le croient !!)
C’est vrai, Alcide, toutes mes excuses, mais au moment où j’ai écrit ce commentaire je venais de m’apercevoir que je n’avais plus de Kinder-chocolat dans le placard de la cuisine. Vous comprendrez dans quel état d’inquiétude, voire d’angoisse, je me trouvais alors…
Bof…
C’est un détail (comme disait l’autre). La pub n’abaisse pas que les pères, elle abaisse tout le monde.
- dis maman t’as bien pris les antibiotiques de papa
- non, il n ‘est plus malade
- mais maman le médecin a dit qu’il faut les prendre jusqu’au bout
- ah, c’est vrai ?
Entre un père qui ne sait pas se soigner seul et une mère débile, elle n’est pas gâtée la merdeuse….
La pub est à l’origine d’une révolution : c’est l’enfant qui décide ce qu’il mange et quand il mange. A part le fait d’en faire des Tyrans, ça fait des petits gros.
La pub ça adutifie l’enfant et infantilise l’adulte. La pub c’est grave.
« A part le fait d’en faire des Tyrans, ça fait des petits gros. »
Mangez 5 fruits et légumes frais par jour. www.manger-bouger.fr
Une révolution cette phrase en bas de chaque pub!!! ;-)
Sur « viedemerde.fr » je me souviens avoir vu un commentaire excellent sur le sujet : un gosse de 5 ans matte la télé et voyant ce message passer pendant son dessin annimé sort « C’est ça prends moi pour un con. »
Vrai ou non, je crois que c’est caractéristique du problème …
Pour continuer sur le sujet, la pub et les enfants, je me souviens d’un article sur la suède qui avait interdit toute pub a destination des enfants : pas de pub avant, aprés ou pendant les emissions destinées aux enfants; pas de pub mettant en scène des personnages annimés, ou encore des « icônes » enfantines, en bref plein de mesures destinées à vérouiller complètement le sujet (et franchement je me souviens que ça m’avait limite choqué tant les limitations au final dépassaient le cadre de la pub en destination des enfants.)
Les annonceurs, médias, publicitaires avaient gueulé, mais le gouvernment n’avait pas cédé.
Au final, ils ont trouvé la solution : ils ont monté une chaine jeunesse en langue suedoise, mais qui serai basé en angleterre et serai diffusé sur le cable.
Bruxelles trancha : cela respecte les règles européennes, et interdire de transmettre aurai été une atteinte aux droits de la télé …
c’est l’esprit soixante-huitard qui a imposé l’enfant roi, individu auquel on ne saurait rien imposer!
Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de soixante-huitard dans la pub!
How hiya PMb ?
le tit de vot artikle me plé il me rapèle dou je viens !!!
Cher Sitan, le titre que j’avais proposé à Rue89 était « Mammie écrase les prouts, la pub écrase les pères ». Cela pour ne pas faire de pub à ce géant du supermarquette.
Mais comme eux sont des gens sérieux, responsables et t’essaieras et t’essaierais, ils ont jarté mon calembour pas bourbon.
Mais comme vous êtes un gens créole malin, vous avez pigé d’où venait ce titre. Bravo !
Tiens, je vais aller me réécouter « La Rivière Tanyé » !
« La Rivière Tanyé »
tanié pMB
Tanié avek un i
pa un Y
ssa me fé tou bizzar de korijé le toubab de serre vis
com di mon peuhti frair cheikoumar ke jador
NO cONFUSE SIIISTA :
la rivièr Tanié pran un i
alor ke Tanya La riVière pran un Y
L ne pran pa ke ssa dayeur
BON RESTE COMME Tu é
mon coquinou de cotonou
t’a bocou de charme
écé kom sa kon tèm
BiG uP au gens malin pMB
1 siko gens malien
sava cent dir
peace and love de ce monde en fête
ONE love
gros bizu
Désolé, vous me voyez désolé d’avoir à vous adresser ma critique. Et c’est trop souvent la même. Comment se fait-il que se retrouve ici aussi ce travers tout à fait français d’utiliser les mots des autres pour décrire une réalité à soi. Comment expliquer que se retrouve ici, dans le texte, « un père ravi rentre at home ». Je sais, je sais… un québécois encore ! Mais ne voyez-vous donc pas ? Que cela de l’article, pourtant très important et juste, on le voit aussi ici au Québec, capte mon attention. Ce qui étonne, c’est que tous chez vous, semblez cautionner ce travers qui est plus que scandaleux. Qui sont les véritables français, est-ce nous petit village francophone en Amérique du nord ? La moindre des choses est de réagir, il me semble !
Et toc, PMB ! Prends ça ;-)
Le paradoxal est que je suis un défenseur actif de notre langue, et critique de l’emploi abusif de mots anglais. Exemple : je n’emploie pas « mail » mais « courriel », « blog » mais « blogue », « walkman » mais « baladeur ».
Alors pourquoi ai-je ici transgressé ma règle ? Tout simplement parce que j’ai voulu rester dans la tonalité un brin humoristique de mon texte. Et qu’il arrive qu’on passe pour ça par l’anglais.
Par exemple : ce pauvre père qui croyait avoir résolu son problème fingers in the nose, en fait l’a eu in the baba ! La mother s’est foutu de lui devant ses gosses : wa la tehon !
le dernié paragraf é bien
gemme bien kan tu te lach un peu é ke tu parl avek ton keur
pmb
cé pour plan multilingue de base ou ben alor produit du matriarcat brut ?
:-)
J’apprécie que vous preniez le temps de me répondre. Voyez dans ma démarche qu’une préoccupation saine face au fait de la place de la langue française dans le monde d’aujourd’hui. Je sais que vous pouvez être tout autant intéressant et remarquable dans votre langue que vos autres collègues auteurs - écriveurs de ce blogue. Vous n’avez surtout pas besoin de farandoles. Et merci milles fois d’envoyer vos courriels partout et à tout le monde !
cher valda, j’ai vécu au Québec à Québec et je sais aussi bien que toi que les québécois ont tout autant que nous autres français de France, l’habitude d’employer des mots, expressions anglaises de toutes sortes, et que de plus très très souvent, vous francisez des mots anglais ou les traduisez de façon si littérale que son synonyme français (de france) en est oublié ! mais c’est pas plus mal ! vive le mélange des langues, l’évolution du vocabulaire, les trébulations des expressions ! l’imagination de l’oral !
Il ne suffit pas d’avoir vécu au Québec, connaissez-vous notre culture ? Le fait que nous soyons nord-américain pose une difficulté inhérente au maintien de notre langue et de notre culture particulière. Maintenant, que nous ne soyons pas sans reproche face à la qualité de notre langue, rien à redire là-dessus, mais vous devriez reconnaître que ceci est la raison même de notre entêtement. D’autant que nous ne comprenons pas le vôtre à vous plaire des mots des autres et à les utiliser à tout vent. Ce qui me déçoit profondément est que vous en êtes conscient et que vous le faites quand même, ça paraît bien d’utiliser la langue des états-uniens. Et surtout, ne dites pas « des américains», je suis américain ! J’attendais l’ARGUMENT sur «l’évolution du vocabulaire», nous l’avons tellement entendue. À vous lire, je comprends que vous en faite une histoire de rien. Eh bien continuez, la France ce sera nous !!
En même temp l’évolution de la langue, c’est un fait historique, elle se fait par l’usage, très rarement par des décisions intellectualisées. C’est comme ça qu’on ne parle plus beaucoup latin en Europe…
Mais en l’occurence, « at home » est plus une question d’oralité que de langue. Ce n’est pas un anglicisme courant, on le dit toujours comme s’il avait des guillemets. Et on dit « chez soi » d’habitude.
Je comprend qu’au Quebec, le français soit un combat de resistance face à l’anglais. Ici c’est forcément différent…
je suis désolée, j’ai volontairement employé un ton léger, je ne voulais pas rentrer dans de trop grandes discussions ou argumentations. Je connais bien la culture québécoise, j’ai même travaillé dessus, avec vos conteurs pour être plus exacte, et je me suis très bien rendue compte des enjeux de la langue. Il est vrai qu’en France, tout 60millions que nous sommes, nous ne faisons pas très attention, et que la considération du français, du vovabulaire en passant par l’orthographe, oral ou écrit, n’est pas à l’ordre du jour. Mais ne soyez pas trop déçu. Ce n’est pas pour autant que le travail et les efforts effectués par les francophones d’amérique du nord, et surtout de la province de Québec sont déconsidérés, ou moqués !Mais vous devez comprendre à votre tour, que n’étant pas « en danger permanant »,notre français ne se préoccupe pas de se défendre et accepte plus volontier les intrus anglophones et autres.
Il me font parfois marrer les maudits quebecois. Toujours a prendre la defense de la langue francaise, et puis quand on parle avec eux, ils ont des expressions bizarre. Une fois que je devisait avec un amis de Quebec, il m’expliquer avoir eu la surprise de se faire voler son velo. Il me dis: « Mah j’comprends pas: Les tires etaient flats et y’avait plus de brake… » . Bon, pendant ce temps la, ses gosses (au sens français ;-) mangeait chez Mc do un « festin joyeux »!
C’est de bonne guerre, en réponse « aux maudits français» si souvents dit par de nombreux québécois ! Je ne suis pas de ceux là, sauf lorsque j’en rencontre de véritables. Vous avez raison, certains d’entre nous parlent un français anglicisé et j’en suis le premier déçu. Mais ici il s’agit d’autres choses. Vous avez une grande expérience de cette merveilleuse langue. Vous faites pourtant le choix de lui tourner le dos en toute conscience, je ne comprends pas ! Je m’xcuse auprès de l’auteur - écriveur de cet article pour le détournement de son blogue. Je promets de ne plus recommencer.
Quoique… Quelquefois le mélange des genres fait de jolies choses …
http://www.paroles.net/chanson/15811.1
Bien trouvé ! et c’est comique à souhait. Je vous félicite pour la trouvaille. Bien entendu, quoi en redire ! Gille Vigneault quand même… je ne le reprendrai certainement pas. Mais disons que vous comprenez mon propos sur la question de la langue et des emprunts à la langue anglaise. Vous ne voudriez pas, j’imagine, me faire comprendre que notre lutte pour la langue est inutile et mal venue. Au Québec, l’Office de la langue française veille au grain. M Vigneaul relevait par sa chanson la réalité des travailleurs d’autrefois qui bossainet pour des patrons anglais et qui ainsi portaient la culture de ceux à qui appartenait le capital.
Non, bien sûr, c’était juste une galéjade ! Et parce que j’adore Gille Vigneault.
Mais je comprends tout à fait votre lutte pour la sauvegarde de la langue.
Oui, mais au Québec, on a souvent de l’anglais déguisé en français! Ex. D’où ce qu’il vient votre « arrêt-court » au baseball (ou baiseballes?)? De « shortstop », n’est-ce pas? En français de France, on dirait « intercepteur » ou quelque chose dans ce goût-là. Le respect de la sémantique a plus d’importance que l’anglicisme.
Ceci dit, j’ai beaucoup d’admiration pour la réforme de la langue initiée au Québec il y a 30 ans. C’est pas les Québécois qu’on prendrait à dire « pin’s » pour épinglette. Ah mais!
L’Office de la langue française du Québec prend bien soin de se pencher sur chaque cas qui se présente. Dans le cas du baseball, qui est un sport essentiellement nord-américain, il devient difficile de s’éloigner du terme générique sans transgresser l’intention ou le sens premier de l’action. J’ajoute que l’Office a le pouvoir de décider de ce qui sera français de ce qui ne l’est pas. Je crois que chez vous il y a cette instance également.
est ce que 2 exemples suffisent à faire une généralité ?
en tout cas l’hypothèse est intéressante. Peut être que la opub est en train de rendre les hommes plus humains car faillibles. si c’est le cas ça devrait plutôt vous réjouir de ne pas avoir à être superrambo tout le temps.
parceque nous les mères on reste condamnées à mettre la table ou la lessive en ayant l’air de sortir de chez le coiffeur et la manucure (perso j’y arrive pas)
http://blog.plafonddeverre.fr/
à chacun son interpretation. Dans le cas de la pub sur la voiture, moi je suis outrée par l’image venale et vraiment conne de la femme, qui se comporte comme une gourde. Quelle mere stupide, quels momes cons. Moi en voyant cette pub, que je zappe maintenant, j’ai encore vraiment eu honte de l’image donnée à la femme.
Vous dites que les femmes sont mieux traitées dans la pub !
Alors qu’on les montre à longueur de pubs comme des arrièrées mentales obnubilées par la moindre tâche sur un maillot, le moindre poil qui dépasse sous un dessous de bras, la moindre ride qui apparaît au coin de la bouche ! Franchement, je ne pense pas que l’image de la femme soit particulèrement valorisée dans la pub.
Remarquez, ce que j’en dit…. Je ne regarde plus la télé. :-)
Ces pubs renforcent une conception de la famille tout à fait archaique, qui ne correspond pas à la réalité, mais qui est un espèce de fantasme pour les publicitaires et les conservateurs, c’est à dire :
- le père qui travaille, c’est lui qui gagne l’argent de la famille, généralement cadre ou de ce niveau (voir le décor habituel), c’est lui qui achète la voiture,
- la mère généralement femme au foyer, elle s’occupe de la lessive, du ménage, d’élever les enfants, mais elle s’occupe aussi d’elle, elle s’achète un tas de produits de beauté, prend garde à sa ligne grace aux yaourts 0%…
- les enfants, généralement deux, un garçon et une fille, intelligents, sur les traces de leurs parents…
Elle n’est pas bien la famille française ?
C’est vraiaiaiai, ça !
La pub est un catalogue de lieux communs du plus pur style « almanach Vermot ».
Seuls, les gosses arrogants et le chef de famille « executive » à grosse cylindrée s’en sortent sans ridicule ! D’ailleurs, les histoires de pognon sont réservées à ces messieurs qui semblent toujours mieux placés pour résoudre ces questions fondamentales que ces dames, toujours futiles, évaporées et bêtasses (comme la blonde qui croit qu’on a changé de voiture, alors que non !)
Mais que dire de belle-maman toujours snob, bête, méchante, ignorante…
Les beaux-pères mal embouchés, les futurs gendres mort de trouille.
Simplifions simplifions, il en restera toujours quelques choses.
Quelques réponses et un développement :
@ Asozial :
Bien sûr qu’on peut se moquer ! Et de tout : vous, moi, surtout vous ;-) Cela n’interdit pas de s’interroger sur cette moquerie-là.
@ Olympe blogueuse :
Oui, deux pubs seulement (mais il y en a peut-être d’autres) ne font pas preuve, juste indice. J’ai deux (mauvaises) excuses : une je ne suis pas sociologue, deux je regarde la télé à dose homéopathique. C’est pour ça que je souhaite avoir des réactions, tant pour critiquer que pour compléter, venant entre autres de gens du travail social, de la justice, de l’université.
@ Pseupseudodo ;-)
Je crois ceux qui me disent qu’en Séguélie la femme n’est pas mieux servie que l’homme, notamment dans les pubs sexistes.
@ tous :
Je n’ai pas cherché à traiter un thème « femmes contre hommes », à sous-entendre que cette déqualification serait à l’initiative des femmes, même si elles peuvent y jouer un rôle pour régler de vieux comptes du temps de la soumission au pater familias. Ni à exonérer les hommes de leur part de responsabilité.
Donc, encore une fois, je souhaite que ça phosphore sur ce sujet précis, même si on peut épiloguer sur le paragraphe précédent. Je me lance avec une hypothèse : cette déqualification a commencé avec l’augmentation du chômage, quand il est devenu chômage de masse. Un père qui ne ramène plus d’argent à la maison, ce qui est traditionnellement son rôle, perd son droit à parler. Nous avons vécu ça dans notre famille il y a quarante ans quand mon père a subi des revers professionnels graves. Lui qui jusque là était une référence s’est progressivement interdit de l’ouvrir. Fin du passage perso.
Et un autre : elle s’est accompagnée, et cela vaut aussi contre la mère, d’une surqualification de l’enfant, traité soit en fragile bibelot de luxe soit en copain dont il convient de s’assurer des bonnes grâces (et attention, ne faites pas de moi un adepte de SuperNaouri).
Voilà une ébauche de réflexion, que je vous jette en pâture. C’est selon moi ce que doit être un article sur Rue89 : non plus une brillante somme close imposée ex-cathedra comme dans un média classique (qu’il se nomme Le Monde, Télérama ou, héhé, Charlie Hebdo) mais un « work in progress » (pas taper, mon ami Valda du Québec*)
* Jeu de mots sur une superbe chanson de Claude Besson : Mon ami Pierre du Québec.
on peut d’autant plus se moquer que la moquerie d’une forme de pouvoir peut contribuer à sa déconstruction.
déboulonnons joyeusement le pouvoir paternel source de névroses multiples (dont le sarkozysme) et ayant largement fait la preuve de son inanité, pour laisser la place à l’amour parental et surtout une réflexion sensible sur comment établir la meilleure relation possible entre parents et enfants, et ce dans l’intérêt des individus et non pas de la reproduction des rapports de domination et de consommation…
et arrête de regarder la télé, tu n’auras plus l’occasion de t’en plaindre - il y a beaucoup plus de travail à faire dans la réalité - c’est comme si tu postais pour protester que ton héroïne est coupée au verre pilé !
Et dire qu’il y en a qui osent se plaindre de la suppression de la pub sur les chaines publiques…
Tout à fait d’accord avec votre conception d’un article sur Rue89.
La surqualification de l’enfant me paraît inévitable, c’est l’évolution de la société qui l’impose :
- les familles ont maintenant un nombre d’enfants réduit
- de plus en plus de parents se projettent dans leurs enfants et essaient de réaliser à travers eux leurs ambitions qu’ils n’ont pas pu réaliser eux-même. Cette ambition tourne bien entendu autour de la réussite sociale telle qu’ils peuvent en avoir l’image.L’image de la famille qui a réussi est en permanence présente dans les pubs. C’est la base du marketing : il faut que ceux qui regardent la pub se reconnaissent dans celle-ci et ait envie de dire : « voila, je veux être cela ! je veux faire comme lui ! »
Il me semble que c’est plutôt ce dernier point qui conduit à la sacralisation de l’enfant. Je pense que la conséquence peut être une perte d’autonomie de l’enfant.
@ toutes les femmes: j’ai toujours cru que vous étiez plus intelligentes, les pubs pour parfums s’adressent à vous en générale et perso j’en ai jamais pigé aucune.
Pour les parfums homme, c’est beaucoup plus simple: tu met le parfum et toutes les femmes tombent à tes pieds et tu deviens même riche et beau. Le publicitaires vulgarise beaucoup plus avec nous. ;-)
Par contre, j’aimerais attaquer la société Axe pour publicité mensongère: J’ai mis leur produit et je me suis posté sur la plage les bras écartés (faut que le vent emporte les effluves de mes dessous de bras) et… il ne s’est rien passé (à part que j’avais pas l’air con droit comme un I, les bras en croix au milieu de la plage). Normalement une horde de nanas en rut et assoiffées de sexe auraient du me sauter dessus .Je réclame remboursement!!!
Pour répondre à l’exemple de la bouteille de lait. Il faut quand même remarquer qu’il y a seulement quelques années, un homme pouvais encore expliquer ce qu’est la bouteille de lait. « Dit papa, c’est quoi cette bouteille de lait? »
Homer555, c’est normal que tu ne te fasses pas attaquer par des femelles en rut, parce que la femelle en rut est une impossibilité biologique (on dit « en chaleur » pour elles, « en rut » pour les mâles). Voilà pour la parenthèse de la biologiste.
Sinon, pour rebondir (pum pum) sur l’article:
« Ajoutons que ces pubs ne sont pas les seules à jouer sur ce ressort, que quelquefois c’est popa-moman qui se font mettre minable. Jamais la mère seule. Étonnant, non? »
C’est surtout faux.
Témoin cette récente pub pour les conserves de maïs « biîip »:
LA MAMAN (montrant l’étiquette de la boîte de conserve): - Alors tu vois là y’a écrit que c’est plein de bonnes choses, sans sucre ajouté, moulé à la louche sous la mère (NdA: bon OK je brode)
L’ENFANT: - Ah mais tu sais lire toi?!?
(et les deux de rire de cette délicieuse pique)
J’ai dû tomber cinq ou six fois sur ce spot, et chaque fois je trouve ça 1) terriblement pas drôle et 2) assez méprisant (mon fils m’entendrait braire s’il s’avisait de me parler comme ça).
Ce n’est un secret pour personne que la pub s’adresse à des « cibles » groupées par grands archétypes. Autrement dit, ça fonctionne en moulinant des clichés. Y compris sexiste.
Ceci dit, il fera drôlement plus chaud qu’aujourd’hui le jour où je me sentirai personnellement offensée par une publicité, sachant que c’est par nécessité taillé à l’emporte-pièce.
Il vous semble injuste que seule le père soit ridiculisé mais c’est au contraire tout à fait logique.
Il se trouve que le père représente en général l’autorité, il est le pilier de la famille. Voir le roi trébucher en se faisant un croche-pattes a toujours fait rire, le bouffon du roi se moquait de ce dernier, et qui n’a pas rit du roi dagobert ? c’est donc tourner au ridicule l’autorité qui fait rire. Avec la mère cela n’aurait pas eu le même impact, car elle est associé à l’aspect « liens », « affection », de la famille. Le père est à l’ordre et à la hiérarchie, ce que la mère est à l’unité et à l’essence même de la famille. Si on avait tourné au ridicule la mère, la blague aurait alors penché du côté immoral de la balance.
C’est pourquoi il fallait nécessairement que ce soit le père afin que la blague puis être appréciée à sa juste valeur.
Moi la pub, à chaque fois cela me fait aux première minutes de « l’arrangement » de Elia Kazan :
Une jolie petite maison de cadre, la radio diffusant la pub, les toasts éjectés par le grille pain sur la table du jardin, une épouse proprette et attentionnée, des jolis enfants blonds, puis le mari prend sa voiture pour aller au travail et…pète un plomb…superbe :-)