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Thaïlande-Cambodge: bruit de bottes autour d’un temple

Soldat cambodgien devant le temple Preah Vihear (C. Sokunthea/Reuters).

(De Phnom Penh) Malgré l’inscription, en début de mois, du temple de Preah Vihear sur la liste du patrimoine mondial, l’Unesco ayant laissé le soin au Cambodge et à la Thaïlande de régler leur différend frontalier dans cette zone, un nouvel épisode vient d’attiser la discorde entre les deux voisins. Les deux pays ont amassé des forces armées et une étincelle suffirait à enflammer la situation.

Rappel des faits  : trois Thaïlandais, vêtus comme des religieux, ont escaladé dans la nuit de lundi à mardi la barrière sise sur la frontière entre les deux pays. Cela en vue de gagner le temple de Preah Vihear pour y accrocher des drapeaux aux couleurs de leur pays selon les uns, pour venir s’y recueillir selon d’autres.

Ils ont été arrêtés par les autorités cambodgiennes pour violation du territoire cambodgien. Depuis le 22  juin, le Cambodge maintient fermé le poste-frontière de Preah Vihear, une précaution prise pour contenir d’éventuels débordements populaires thaïlandais à la suite de la tenue de manifestations de ce côté de la frontière.

Déploiement de 500  soldats thaïlandais

En milieu de journée, une quarantaine de militaires thaïlandais armés pénétraient à leur tour sur le territoire khmer. Tandis que d’autres forces armées thaïlandaises étaient déployées le long de la frontière, faisant face à leurs collègues cambodgiens déjà en poste. Depuis, leur nombre a grimpé jusqu’à 500  hommes.

Leur mission  : obtenir la libération de leurs compatriotes ainsi que les documents que les autorités cambodgiennes leur ont fait signer et dans lesquels ils reconnaissent avoir illégalement franchi la frontière, empreintes digitales à l’appui. Des documents que les Thaïlandais disaient vouloir brûler.

Les négociations se sont éternisées entre les deux parties, les Cambodgiens ayant, dans un premier temps, rechigné à accéder à la deuxième condition imposée par la partie thaïlandaise, selon le vice-gouverneur de la province de Preah Vihear, Long Sovann. Il confiait, mardi 15  juillet en fin de journée, "ne pas comprendre" pourquoi les militaires thaïlandais, installés dans la pagode sise au milieu du promontoire au sommet duquel se dresse le temple, refusaient toujours de partir alors que les autorités cambodgiennes avaient satisfait pleinement leur demande.

"Nous avons relevé que l’inscription du temple sur la liste du patrimoine mondial a suscité beaucoup de mécontentement chez les Thaïlandais."

Le porte-parole du Conseil des ministres Phay Siphan, en charge du dossier de Preah Vihear, a fait le voyage en hélicoptère. Accompagné de journalistes, il désirait leur démontrer sur place que le territoire cambodgien suit le tracé tel qu’indiqué sur la carte reconnue par la Cour internationale de justice de La Haye en 1962. Après en avoir fini avec ses explications, Phay Siphan a demandé aux soldats thaïlandais occupant la pagode de Preah Vihear, située à 300  mètres en contrebas du temple, d’en sortir. Son intervention n’a pas été suivie d’effet.

De chaque côté de la frontière, Cambodge et Thaïlande ont renforcé la présence des forces armées. Les représentants des autorités khmères se montrent pour la plupart frileux à commenter l’affaire, qui intervient à dix jours des élections législatives. Les habitants de Preah Vihear confiaient se préparer à toute éventualité. L’issue de cette affaire est, dorénavant, entre les mains des hauts dirigeants des deux royaumes.

En partenariat avec le site d’information indépendant cambodgien ka-set.info


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Par snooze
13H46    19/07/2008

En tout cas cette affaire nous invite à réfléchir sur cette notion de patrimoine mondial qui pour l’instant ne génère que des problèmes autour de ce temple.
Car au delà d’une stratégie de développement économique de la part du gouvernement cambodgien (développer le nord du pays, encourager les touristes à rester plus longtemps dans le pays et à découvrir autre chose que Angkor), l’une des vraies motivations de cette demande d’inscription de Preah Vihear auprès de l’unesco, est d’affirmer définitivement l’appartenance de ce site au Cambodge.
Au delà de cette affaire, il faut quand même savoir que depuis que des rumeurs d’inscription sur la liste du patrimoine mondial courent (projet lancé vers 2004), les alentours du temple font l’objet de spéculation foncière (j’ai même entendu parler de casino) et je crois même avoir lu que deux ou trois personnes ont été tué dans des histoires d’expropriation. Tout cela n’est pas très reluisant côté Cambodge.
Certes, les thaïlandais ne sont pas nets dans cette affaire, mais cela dit cela me dépasse, je ne comprends pas pourquoi khmers et thaie ne sont pas capables de s’entendre sur un tel sujet. Les cambodgiens d’ailleurs auraient peut être pas mal de choses à apprendre de la façon dont les thais gèrent leurs sites historiques…. Bref, voilà pourquoi, on devrait vraiment bien réfléchir à cette notion de patrimoine mondial qui certe permet de protéger nos chefs d’oeuvre, mais je trouve qu’elle se réduit parfois trop à un simple label touristique…