polemique

Bedos: « Val est à Charlie ce que Sarkozy est à la France »

L’humoriste Guy Bedos, qui soutient de longue date le journaliste Denis Robert dans la bataille de prétoires l’opposant à Clearstream, a fait parvenir à Rue89 cette lettre ouverte à Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, dans laquelle il réagit au renvoi du dessinateur Siné.

"Philippe Val,

Tu es à Charlie Hebdo ce que Sarkozy est à la France.

A la différence près que lui a été élu ; toi, dans des conditions qui m’échappent et dont je me tape, tu as fait un coup d’Etat. Me revient une phrase que j’avais écrite à propos de certains politiques, de droite ou de gauche, et qui, au regard de ton attitude, te concerne aujourd’hui : "Ce n’est pas en crachant dans les miroirs qu’on guérit de l’eczéma. Ça les démange et ils se grattent sur la peau des autres."

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Après t’être acharné -c’était une urgence ! - sur Denis Robert, dont manifestement tu ne connais ni les livres ni les films, voilà que tu t’en prends à Bob Siné, que, brutalement, tu vires pour antisémitisme. Il y a longtemps que les lecteurs attentifs de "Charlie" savent ce qui vous oppose à propos du conflit israélo-palestinien. Prétexte, donc.

Antisémite, Siné ? As-tu lu David Grossman et Amos Oz, écrivains israéliens qui, sans relâche, luttent, en Israël, contre l’actuel pouvoir israélien ? Antisémites eux aussi ? Moi, qui ai dit sur la scène de l’Olympia "je ne confondrai jamais Ariel Sharon et Bibi Netanyahu avec Anne Franck et Primo Levi", suis-je pour autant un néonazi qui s’ignore ? Je pourrais te mépriser, je te plains."


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Par Spirou
15H06    18/07/2008

Val est passé du côté des néo-cons après le 11/09. Son torchon a relayé allégrement les thèses de Bush et des extremmistes de la MB. Il est en croisade, avec Caroline Fourest et les autres prétendus journaleux. Et dans cette croisade, il y a les bons et les méchants. Les bons sont les gentils occidentaux et Israël, qui incarnent la démocratie, la liberté et balblabla. Les méchants, c’est les autres, c’est à dire ceux qui ne pensent pas comme VAL et Fourest et qui refusent de hurler avec les loups quand il s’agit du phénomène religieux ou du conflit israélo-palestinien.

Tout le monde a remarqué son penchant pro-Bush et pro-israélien. Cela transpire dans son journal et dans ses interventions TV. Lui et Fourest sont entrés en croisade et quiconque s’aventurerait à les contredire sera châtié. Bedos à raison, VAL n’appréciait pas les dessins qui dénonçaient l’attitude d’Israël.

Voilà comment in musèle la presse et comment on aboutit épurer les médias de tous ceux qui parlent en mal d’Israël : accusation d’antisémitisme.

C’est arrivé au journaliste de RFI et à bien d’autres.

 
Par boeuf mode
15H23    18/07/2008

Il était un petit canard qui avait bien bien rigolé au milieu d’une presse terne et frileuse. Inventif, irrévérencieux, iconoclaste, le journal bête et méchant regorgeait de talent. Fondé en 1960 par le professeur Choron et François Cavanna, on pouvait y lire avec délectation de bien belle signatures tes que Topor, Reiser, Delfeil de Ton, Cabu, Gébé ou encore Wolinski. Des couvertures aussi impertinentes qu’hilarantes bravaient la censure avec brio. Sous de Gaulle, des interdictions de parution frappaient régulièrement le mensuel mais à chaque fois, le baveux bavard renaissait de ses cendres encore tièdes et continuait son œuvre salvatrice. Il s’appelait Harakiri.

Suite à la mort du grand Charles, une manchette jugée déplacée engendrait une nouvelle interdiction et obligeait le désormais hebdomadaire à changer de nom pour continuer à exister. Ainsi naissait Charlie Hebdo. Il allait nous faire rire jusqu’en 81. Suite à des problèmes financiers et à son refus de bénéficier de revenus publicitaires, le journal s’arrêtait. En 92, Pas mal d’anciennes signatures historiques plus un certain Philippe Val reprenaient le journal. En 2004, après le décès de Gébé, Val, déjà rédacteur en chef, devenait en outre directeur de la publication. Doté des pleins pouvoirs, il allait sensiblement transformé Charlie Hebdo. L’attitude autoritaire et les prises de position de l’ancien gauchiste devenu réactionnaire provoquaient démissions et licenciements au sein de la rédaction. Friand de plateaux télé et de stations de radios, il inondait désormais nos ondes de sa pensée un brin néo-libérale et un tantinet islamophobe.

Le vieux Siné, anar patenté et anticlérical notoire, faisait figure de dinosaure au sein de la nouvelle équipe. De nombreux conflits l’opposaient déjà à l’ambitieux Philou. Sa dernière saillie allait provoquer sa perte. Le 2 juillet, il écrivait : “Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! ” On peut trouver ça déplacé, pas drôle, acide… Mais est-ce qu’au sein d’un journal satirique, la rédaction d’un tel paragraphe doit aboutir au licenciement de son auteur pour antisémitisme ?

Le mois dernier, le même Siné avait lancé dans la même tribune: ” j’avoue que, de plus en plus, les musulmans m’insupportent et que, plus je croise les femmes voilées qui prolifèrent dans mon quartier, plus j’ai envie de leur botter violemment le cul ! J’ai toujours détesté les grenouilles de bénitier catholiques vêtues de noir, je ne vois donc pas pourquoi je supporterai mieux ces patates à la silhouette affligeante et véritables épouvantails contre la séduction !” On peut trouver ça déplacé, pas drôle, acide… Mais personne à l’époque, surtout pas Val n’avait trouvé à redire. Pourtant, dans le même esprit, les propos du dessinateur auraient pu être aisément qualifiés d’anti-islamiques. Y’avait-t-il deux poids deux mesures chez Val ? Qu’était donc devenu l’apôtre de la liberté d’expression de l’affaire des caricatures de Mahomet ? Les religions n’étaient-elles pas toutes traitées à la même enseigne sous le crâne dégarni du fossoyeur de Charlie ? Etait-ce la crainte du procès envisagé par la famille de Jean Sarkozy qui avait provoqué cette décision ubuesque ? En mémoire du formidable brûlot qu’avait été ce fleuron de la presse libertaire, on avait juste envie de dire : Val, de grâce, quittez vite ce journal, vous lui ôtez son âme…
http://ruminances.unblog.fr/

 
Par Ours breton
15H59    18/07/2008

j’ajoute mon  » Merci Monsieur Bedos » à celui des autres
je voudrais dire à : Cavanna,Oncle Bernard,Luz,Polac,Catherine,Riss,Charb et tous les autres muets de Charlie Hebdo …. Quelle déception !!!!!!
Mais qu’avez vous fait de ce Journal ?
Ce n’est plus un journal pour ….. des lecteurs C’est devenu LE Journal de Philippe VAL et si les lecteurs ne s’y retrouvent plus , qu’importe !!!!!!

Il y avait en France 2 journaux qui vivaient sans Pub : Charlie et Le Canard
il n’y en a plus qu’un : Le Canard….
Ce sont les « annonceurs » (Darty,Sarkozy..) qui font maintenant la loi comme dans un Figaro,France-soir,le Nouvel Obs ou Libération…….

Message personnel à Siné : Restez le même on a besoin de gens comme vous et il faut être « inculte » pour vous taxer d’antisémitisme

 
Par Ga
16H04    18/07/2008
 
Par newf
19H31    18/07/2008

Peut-être serait-il temps de se calmer là non? A lire les posts on a basculé dans le grand n’importe quoi: on compare Val à Sarko, Siné serait subitement devenu un penseur incontournable, bientôt vous allez dire que Charlie devient un journal de droite! Faudrait peut-être pas pousser mémé. La vérité est que tout çà n’est qu’une affaire d’égo entre 2 journalistes et que Siné, qui d’habitude conchie les médias est en train de s’en servir pour régler ses comptes. On pense ce qu’on veut de Val mais il a au moins le mérite de tenir son journal et çà doit pas être simple tous les jours de manager une équipe d’anars par définition ingérables. Quant à Bedos, il fait comme d’habitude, il mélange tout et notamment l’antisémitisme et l’antisionisme et il est persuadé être un grand penseur parce qu’il a la faculté de gueuler plus fort que tout le monde. La vérité est qu’il est une boursouflure autosuffisante qui s’érige en donneur de leçons alors qu’il est le symbole même de la gauche caviar. Justement lui est plutôt nouvel obs que Charlie. Et comme il a un sens de la répartie hors du commun, je pense qu’il m’infligerait un de ses célèbres « je t’emmerde » qui a le mérite d’élever le débat.

 
Par Toby E
19H22    18/07/2008

Cette affaire nous apprend entre autres :
- que Cavanna et Cabu sont bien morts, contrairement à une légende tenace. En effet, tous ceux qui les ont connus savent qu’ils se seraient immédiatement et publiquement solidarisés avec Siné;
- que, quand on lui demande poliment, Askolowitch est en mesure de dire à Val où il doit faire;
- que Val fait où on lui dit de faire.